Face à la gauche plurielle, la morale et l'efficacité commandent l'Entente à droite !
La pantalonnade qui a abouti le week-end dernier à l'élection d'Anne-Marie Comparini à la présidence du Conseil Régional de la région Rhône-Alpes est la suite logique de la volonté exprimée le 20 mars dernier par le Président de la République, ]acques Chirac, de faire de la diabolisation du Front National l'axe majeur de la vie politique française.
La première conséquence s'est fait sentir immédiatement, à l'occasion de l'élection de l'ensemble des présidents des Conseils régionaux, où la consigne donnée par l'Élysée a été de tenir pour nulles les voix des élus du Front National. Moyennant quoi, six régions sur il où une nette majorité de droite avait été décomptée dans le fond )es urnes, ont élu un président de gauche, en particulier en Ile-de-France, où Édouard Balladur, qui aurait disposé d'une majorité absolue avec le concours des voix du EN., a préféré livrer la région au socialiste jean-Paul Huchon, avant de déserter les travées du Conseil régional.
Pour avoir bravé l'interdit présidentiel Charles Millon dut affronter le tribunal médiatique. Ce qui lui valut immédiatement un grand succès dans l'opinion publique et se traduisit par l'adhésion quasi spontanée de plus de vingt mille adhérents à son mouvement politique La Droite. Mais, fidèle en cela à sa culture centriste, Charles Millon crut habile d'accepter les voix du Front National tout en proclamant qu'il n'en tiendrait jamais compte... Alors que la morale la plus élémentaire aurait dû lui dicter une position inverse, c'est-à-dire accepter les voix du Front National et, bien sûr, en tenir compte, d'une façon ou d'une autre.
Cette fois-ci, un petit groupe de dix élus UDF collaborationnistes,fort du soutien unanime de la gauche plurielle, du PS. au PCF, prétend gouverner seul une région qui a voté,il y a dix mois, majoritairement à droite (la gauche plurielle n'a eu que 60 élus sur 157 et les sondages d'opinion continuent à donner l'avantage à Charles Millon).
Nous voilà retournés aux beaux temps de la IVème République,quand des groupuscules genre UDSR (alors la formation du François Mitterrand) prétendaient faire et défaire les gouvernements, en se riant des principes démocratiques les plus élémentaires.
De même que les politiciens de la Vème République, ceux de la fausse droite d'aujourd'hui, le paieront cher Car ce n'est certainement pas par altruisme que Jean.Jack Queyranne a refusé de prendre une présidence, pourtant lucrative, qui était à sa portée. C'est évidemment pour exacerber les divisions à droite et mieux engranger pour son parti les bulletins de vote la prochaine fois, dès les prochaines municipales, à Lyon, en Mars 2001.
En cela, il ne fait que suivre l'exemple de son maître François Mitterrand-A son tour, la fausse droite serait bien inspirée de tirer elle aussi la leçon enseignée à tous par l'ancien Président de la République. A partir du moment où la gauche dite plurielle sait,quand il le faut,se rassembler,la droite n'a pas d'autre choix que d'en faire autant, malgré et au delà des divisions qui la traversent. Sauf à accepter que la gauche reste au pouvoir indéfiniment...
Alain Dumait
EDF: de nouveaux super-privilèges au nom des 35 heures !
Pour créer des emplois, Lionel Jospin et Martine Aubry sont arrivés au gouvernement avec deux idées géniales : augmenter massivement le nombre des fonctionnaires (un peu en créant de nouveaux postes de fonctionnaires dans le cadre du budget, et beaucoup au travers du trompe l'oeil des emplois jeunes, dont tout le monde sait qu'ils se transformeront tous au bout de cinq ans en emplois publics) ; et réduire la durée du travail, en application du principe que le travail, comme les revenus et la fortune, constituent un gâteau qu'il convient de partager équitablement.
Depuis deux mille ans, c'est le point de départ de toutes les doctrines socialistes ...
Au titre du second point, on a donc eu une première loi sur les 35 heures destinée à inciter les entreprises à négocier avec les syndicats une réduction des horaires avec, en contrepartie, l'embauche de nouveaux salariés, l'État mettant la main à la poche - c'est-à-dire dans celle des contribuables ... - pour subventionner tous les accords passés sous cet auspice.
Pourtant, jusqu'à présent, le succès a été maigre. Les chiffres officiels parlent de moins de dix mille emplois créés à ce jour au titre des 35 heures. .
Il fallait donc, pour le gouvernement, une locomotive, sous la forme d'un accord choc, qui ne pouvait être signé que par une entreprise publique. Autrefois, c'eût été Renault, longtemps " vitrine de la politique sociale de la France ", aujourd'hui, c'est EDF Direction et syndicats viennent de s'y mettre d'accord, en effet, sur une réduction généralisée du temps de travail devant permettre le recrutement, très rapidement, d'environ six mille emplois nouveaux. Le gouvernement espère que cet accord fera tâche d'huile ...
On nage en plein délire. EDF est d'ores et déjà une entreprise dont les salariés jouissent de nombreux avantages. L'un de ceux-ci consiste à travailler moins que partout ailleurs.
Europe des quinze: les Allemands ne veulent plus payer !
l'Europe coûte cher à la France. Notre participation financière au budget des Communautés s'élèvera en 1999 à 95 milliards de francs. Mais elle coûte encore plus cher à l'Allemagne.
Depuis le début, dès les premières années du Marché commun, l'Allemagne a été littéralement le financier de la construction européenne. Elle voulait l'Europe d'avantage que tout autre. Et le pays, dès la fin des années 50 était aussi plus prospère que tout autre.
Aujourd'hui, les choses ont changé. L'Allemagne ne veut plus payer pour l'Europe. En tout cas, plus dans les proportions ou elle l'a fait jusqu'à présent. Et on la comprend !
Dans l'Europe des Quinze telle qu'elle est actuellement configurée, et sur la base de l'année 1995, neuf états membres de l'Union Européenne sont des contributeurs nets tandis que les six autres sont des bénéficiaires nets.
Les quatre premiers pays contributeurs nets sont dans l'ordre, l'Allemagne qui apporte 53,8 % de la contribution nette totale, suivie du Royaume-Uni (18,9 %), des Pays-Bas (8 %) et de la France (6,8 %). Ces chiffres figuraient dans le rapport spécial de la Commission des Finances du Sénat sur le projet de loi des finances pour 1999 établi par Denis Badré, sénateur centriste des Hauts de Seine sur les crédits du budget des affaires européennes.
Abus de bien public
Enquête sur les milliards gaspillés par l'Etat. Les chiffres, les preuves, les responsables
Louis Bériot, journaliste, ancien directeur d'antenne de France 2, publie un nouvel ouvrage :Abus de bien public.
Si le titre n'était pas suffisamment explicite, il suffirait de lire la dédicace :" ce livre est dédié à tous les jeunes que les générations au pouvoir ont ruinés. Les dettes de la nation, les promesses de retraite, le poids de la bureaucratie sont autant de boulets que les jeunes vont avoir à tirer pendant les prochaines années. Il est aussi dédié à tous les Français actifs, chef d'entreprise, artisan, commerçant, agriculteur, travailleur indépendant, à tous ceux qui se battent pour maintenir la France la tête hors de l'eau ".
Il s'agit donc pour l'auteur de mettre en évidence les abus de toute nature qui placent notre pays en danger de dépôt de bilan financier, mais aussi, de dépôt de bilan moral et culturel. Pour ne rien dire - mais l'auteur ne se place pas sur ce terrain - du dépôt de bilan politique auquel nous assistons tous les jours.
Attention, le propos de Louis Bériot n'est pas du tout de traquer les " affaires " ou les " magouilles ". D'autres s'en chargent. Il s'agit plutôt pour lui de dénoncer des pratiques qui, pour être légales, n'en sont pas moins scandaleuses et constituent, toujours sous le couvert du service public et du social, des abus de " bien public ",
On s'en doute, la liste est longue. Les exemples concernent aussi bien le Ministère des affaires étrangères (qui, à l'ère d'Internet, entretient toujours, à grands frais, plus de 300 ambassades et consulats et semblent vivre à l'abri de toutes les révolutions en matière de communication), que celui de la culture (où l'augmentation constante des subventions s'accompagne d'une désaffection également constante du public pour la culture officielle), ou celui de l'éducation (où l'augmentation des crédits publics est strictement parallèle au taux d'analphabétisme).
On reconnaîtra au fil des pages, une inspiration souvent voisine de celle d'un certain nombre d'articles parus dans les colonnes de cette publication. C'est que, comme nous, Louis Bériot épluche scrupuleusement, non seulement les rapports officiels et les documents parlementaires, mais également toutes les études issues des quelques organismes indépendants qui existent, et en particulier, les études de l'iFRAP.
Bien que ne comportant " que " 390 pages, le livre de Louis Bériot rassemble une somme considérable d'informations. Ce qui lui permet d'étayer sérieusement un acte d'accusation accablant à l'égard de ceux qui devraient être au service de la nation et qui, hélas, ont mis la nation à leur service.
L'espoir de l'auteur réside finalement dans l'aventure européenne, susceptible " de rendre caduc et dérisoire le maintien de nos archaïsmes ", avec la " complaisance et la connivence des politiques, de droite comme de gauche, à l'égard des bureaucrates, des syndicats, des frileux, des " tire-au-cul " toujours demandeurs de plus de protection et d'interventions publiques.
Québec: encore un échec de l'Etat-providence
L'iFRAP, Institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques*, consacre le dernier numéro de ses "dossiers" (novembre décembre 1998) à une étude sur le cas du Québec, signée par un Canadien français, jean Legoupil , qui étudie la période de 1960 à nos jours, qui a vu la mise en place d'un Etat providence " à la Française ", avec les conséquences économiques désastreuses et inévitables auxquelles on pouvait s'attendre, et la nécessité, dont les dirigeants du Québec commencent à prendre conscience, d'avoir à faire machine arrière pour revenir à un modèle entreprerieurial, jusqu'en 1960, était au pouvoir au Québec le parti de l'Union Nationale qui était un un parti classiquement conservateur, résolument partisan d'un État minimum. Pour ainsi dire, jusqu'à cette époque, il n'y avait aucune entreprise à capitaux publics. Même l'éducation, au Québec, était prise en main par des établissements privés, presque toujours religieux. Les écoles publiques étant gérées localement, sans intervention de l'administration québécoise.
Tout change avec l'arrivée du Parti Libéral provincial qui met en place, sur le modèle européen, un véritable État providence : création de nombreuses sociétés d'État, création d'un ministère de l'Éducation en 1964, puis, avec l'arrivée au pouvoir du Parti Québécois de M. René Lévesque, développement d'une Caisse de dépôt, intervenant massivement, en particulier dans les secteurs de l'énergie et des matières premières. Parallèlement, le nombre de fonctionnaires et de salariés du secteur public s'accroît pour représenter 23,5 % de la population active en 1989 (21 % en 1995), c'est-à-dire nettement plus qu'aux États-Unis ou au Canada anglophone, même si c'est sensiblement moins qu'en France, Aujourd'hui, la " Belle Province " fait son bilan. Le chômage y est plus élevé à, qu'ailleurs en Amérique du Nord. Les salaires réels, en pouvoir d'achat, ont eu tendance à baisser depuis quinze ans.
Comme si le développement de l'Etat-providence Québécois avait empêché les habitants de cette province de profiter de la prospérité ambiante, La comparaison du taux de chômage au Québec et en Ontario est significative : d'un côté 11,50%, de l'autre 8,5 %. Du coup, les Québécois qui le peuvent, ceux qui, envers et contre tout, ont pratiqué le bilinguisme ...- émigrent en masse vers les provinces anglophones.
Heureusement, maintenant, les yeux s'ouvrent. Le plein emploi réalisé aux États-Unis depuis plusieurs années est une évidence indiscutable. Le Québec change de cap. Son expérience, avec ses espoirs et ses déceptions, nous donne la mesure du chemin que nous aurons nousmêmes à parcourir...
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La chronique de Claude Reichman: La droite explose
Les bouleversements que subit la droite française ne peuvent être vraiment compris que si l'on se réfère à la tectonique des plaques et à la dérive des continents. Il s'agit de mouvements de très grande amplitude, s'opérant lentement et de façon inexorable. Le clivage droite-gauche, nous n'avons cessé de le dire dans ces colonnes, est fondamental.Après avoir, pendant un siècle, divisé les Français en royalistes et républicains, il les sépare aujourd'hui en collectivistes et libéraux. Les collectivistes pensent qu'il n'est de salut que dans l'intervention d'organismes étatiques enrôlant de force les individus afin de les contraindre à se comporter selon une rationalité arbitrairement proclamée. Les libéraux, au contraire, font confiance à la personne et à sa capacité d'agir selon son véritable intérêt, qui n'est pas antagoniste de l'intérêt public, dans la mesure où celuici naît du choc et de l'accommodement des actions individuelles.
Or ce clivage essentiel a été gravement perturbé par le ralliement aux idées de gauche d'une partie de la droite française, alors même que celle-ci se faisait élire par les libéraux et prétendait les représenter.
C'est ainsi que s'est créé ce que certains, comme Alain Griotteray, appellent "la droite molle", et d'autres "la fausse droite". La vérité a éclaté aux yeux de tous lorsque Jacques Chirac et Alain Juppé ont provoqué, en 1995, un électrochoc fiscal, pratiquant une politique que la gauche n'avait jamais osé meure en oeuvre aussi brutalement. Et c'est à partir de ce moment-là que l'électorat s'est mis à bouger, lentement mais puissamment, chacun s'efforçant, aidé de sa boussole intime, de retrouver sa route et recherchant des hommes politiques capables de les représenter vraiment.
L'élection à la présidence de la région Rhône-Alpes est un nouvel épisode de ce vaste mouvement. La droite a de nouveau éclaté et l'on a assisté à un début de recomposition, puisque les centristes ont fait élire leur candidate grâce aux voix de l'ensemble de la gauche, tandis qu'une partie des gaullistes et des représentants du Front national se ralliaient au candidat libéral.
Charles Millon a échoué dans sa tentative de créer un nouveau parti de droite qui continuerait à tenir à l'écart les représentants du Front national tout en acceptant les suffrages de leurs électeurs. De même, le Front national a échoué - et éclaté - en prétendant arriver seul au pouvoir et en multipliant les provocations de langage, repoussant ainsi les modérés, qui sont majoritaires à droite, mais aussi et surtout en rendant inacceptable à une bonne partie d'entre eux l'idée même d'entente à droite, sans laquelle la droite n'a pas la moindre chance de reprendre le pouvoir.
Raymond Barre - dont on a peine à suivre le raisonnement, puisqu'il n'a pas de mots assez sévères pour fustiger le spectacle désolant offert par l'élection à la présidence de la région Rhône-Alpes, tandis que sa plus proche collaboratrice s'y faisait élire non sans son aval - n'a cessé de dire qu'avant la recomposition, il y a la décomposition. A cet égard, il avait vu juste. Nous assistons en ce moment au croisement des deux phénomènes. La décomposition s'achève, la recomposition commence. Et celle-ci se fera sur le thème de l'entente à droite. De nouvelles formations politiques vont naître, des regroupements se produire. Il manque évidemment un homme- ou une femme - capable d'être le catalyseur et le rassembleur. Mais il n'est pas d'exemple qu'un pays en mal de représentation n'ait pas fini par le trouver.Ayons donc confiance dans nos idées, et le reste suivra.
La France est entrée dans une phase de grand changement économique et social. La politique ne peut pas ne pas s'adapter au nouveau cours des choses. C'est pour ne l'avoir pas compris que les formations de droite, sans exception aucune, ont éclaté.
Leurs dirigeants vont le payer cher, mais la France va y gagner gros.