Sommaire du N°204

 

Quand les socialistes subventionnnent les privilégiés

Fondamentalement, la France souffre d'un excès d'emplois publics par rapport aux emplois privés, seuls vraiment créateurs de richesses et de prospérité.

Hélas ! la politique des socialistes consiste, par idéologie ou par facilité, à accentuer cette hypertrophie plutôt qu'à y porter remède...On pouvait croire qu'instruits par les expériences des socialistes espagnols ou hollandais, des démocrates américains, des travaillistes britanniques ou australiens, ils s'orienteraient vers une politique d'encouragement à l'emploi productif. Et voilà qu'ils retombent dans les errements des emplois subventionnés ou payés sur fonds publics...

Après quelques années de moindre croissance, les emplois de fonctionnaires de l'État recommencent à augmenter depuis deux ans. Les emplois-jeunes, d'emblée subventionnés à 80%, ne sont rien d'autre que des emplois publics garantis, à terme de cinq ans. Et la loi sur les 35 heures "profite" en premier lieu aux secteurs qui se singularisent déjà par une moindre durée du travail, comme les entreprises publiques, ou les secteurs qui vivent depuis longtemps en concubinage avec l'administration, comme les constructeurs automobiles.

Travailler moins ! C'est le mot d'ordre génial pour créer des emplois des socialistes, qui ne connaissent donc aucune autre incitation à bien faire que la subvention publique...

Une telle politique, déjà mise en oeuvre à différentes reprises, notamment en 1936 et en 1981, a toujours échoué. Mais elle devrait au moins, à court terme, provoquer la reconnaissance électorale de ceux qui en bénéficient...

Car Lionel Jospin, qui est au pouvoir depuis prés de 20 mois, dans la roue de Jacques Chirac, et grâce à la dissolution-suicide, a lancé sa pré-campagne présidentielle. Il sait qu'il sera jugé sur l'emploi. Et sur la sécurité.

Sur le premier point,il lui suffira, pour gagner, pense-t-il, de conforter la France des emplois protégés.

Sur le second,l'exercice est plus périlleux, car l'attente est générale. Elle ne s'inscrit pas dans les clivages sociologiques et politiques traditionnels. D'où le discours double et fourbe du gouvernement :langage sécuritaire d'une part, et concessions permanentes aux instigateurs des violences dans les banlieues d'autre part.

Un fil conducteur permet de relier pour les comprendre toutes les initiatives de Lionel Jospin : pour lui, les voix qui lui seront nécessaires demain s'achètent aujourd'hui,avec l'argent des contribuables.

C'est l'explication de sa politique dite de l'emploi. Mais c'est aussi celle de sa non-politique de sécurité. JeanPierre Chevènement a pour mission de gagner du temps.

Sans faire de peine à personne. C'est ainsi que les policiers et les gendarmes, qui n'en avaient pas convenance, ne seront pas "redéployés". Et pendant ce temps-là, les subventions pleuvent par dizaines de milliards sur les banlieues blafardes :le moindre projet sportif, social ou culturel,la réhabilitation des tours et des barres,les emplois bidons, sont dopés à tout-va. Pour qu'une apparence de paix civile tienne jusqu'aux prochaines élections.

Le courage, ce sera pour plus tard... peut-être....

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Les avertissements du général Salvan

Le général Jean Salvan, 66 ans, était l'invité, vendredi dernier l5 janvier, du Carrefour indépendant et libéral, animé par Yves-Marie Laulan. Pour répondre à la question : "que vaut encore l'armée française !".

Lorateur - qui a démissionné de son commande-ment en 1991, avant d'écrire "La paix et la guerre" - dresse d'abord, sans fioritures, un état des lieux de la pensée unique militaire, marquée par une parfaite continuité Mitterrand-Chirac-Jospin, dont la politique consiste à réduire le poids économique des armées dans le budget de la nation, en demandant aux responsables militaires d'être plus efficaces, en étant moins gourmands en credit dits publics. Depuis 1990, c'est une réduction de crédits de l'ordre de 60 milliards de fr que les armées ont du supporter. Et qui aboutit à placer les forces françaises résiduelles sous l'autorité de l'Amérique, dans le cadre de décisions prises à Washington ou Bruxelles.

En réalité, pour jean Salvan, ces considérations, qui pourraient apparàtre comme étant de "bonne gestion", cachent en fait des choix culturels et politiques. La France ne veut plus faire la guerre.

Elle n'entend poursuivre qu'une politique de paix à tout prix, malgré toutes les raisons qu'elle aurait, et qu'elle devrait avoir, de se préparer à la guerre, pour se défendre des envahisseurs qui s'avancent et qui sont à nos portes.

Il rappelle que la débâcle de 1939 a d'abord été financière, avant d'être militaire, conséquence inéluctable de l'impréparation générale, voulue par les élites politiciennes.

Du coup, bientôt,les crédits consacrés à la police et à la gendarmerie seront supérieurs à ceux de nos armées. La sécurité intérieure primera sur la sécurité extérieure,comme sila première pouvait être assurée indépendamment de la seconde...

Les chiffres cités par le général Salvan sont saisissants. Non seulement l'Allemagne est beaucoup mieux armée que nous le sommes, mais encore, sur plusieurs plans, la Suisse et la Suède nous dépassent, par exemple en nombre de chars de combat...

La question, qui n'a évidemment jamais été posée aux Français est alors de savoir si les Français veulent ou non une nation puissante ou devenir une proie désarmée. Car on ne défendra pas la France contre les Français et il est toujours incertain de compter sur l'assistance d'autrui.

Le général Salvan relie alors les problèmes de sécurité intérieure et extérieure. Les riches , dit-il, ont toujours constitués des proies pour les pauvres. C'est vrai pour les personnes comme pour les nations. Si les civilisations ne se valent pas, c'est aussi qu'elles savent plus ou moins bien se défendre...

La conclusion du général Salvan, compte tenu de la démission des élites politiques, est qu'il convient de rendre la parole au peuple. Car sa sécurité le concerne au premier chef.

Claude Reichman a le mot de la fin :"la situation est grave, mais pas désespérée, même si les hommes politiques essayent de nous faire croire le contraire, à savoir que la situation est désespérée mais pas grave !"

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Clivage gauche-droite: même Attali a compris !

A droite, le séisme entraîné par les déclarations de Jacques Chirac le 20 mars 1998, jetant l'anathème sur les électeurs ayant voté pour le Front National et tendant à exclure du fonctionnement démocratique des assemblées d'élus les représentants de cette formation, n'en finit pas de générer de nouvelles secousses. Après la tragi-comédie de l'élection d'un élu UDF au Conseil régional de Rhône-Alpes, avec le soutien unanime de la gauche, cette semaine, c'est au tour d'une association d'élus locaux réputée pour son oecuménisme, le MNEL, Mouvement national des élus locaux, d'exploser, préférant ne pas tenir ses assises à l'Hôte de ville de Paris, ce samedi 23 mai, plutôt que de s'y trouver confrontée à la simple présence de Charles Millon qui, malgré lui, demeure ainsi le symbole pour les uns de la compromission avec le Front National, pour les autres d'une ouverture d'esprit, refusant au moins l'engrenage de la guerre civile ...

La gauche n'a pas ces problèmes. Ni sur le plan pratique, ni sur le plan philosophique.

Au plan politique, le plus grand pragmatisme préside à ses décisions, au moins au plan électoral. L'élection se fait-elle au scrutin majoritaire ! La gauche plurielle désigne un candidat unique dans toutes les circonscriptions où la victoire est possible. L'élection se fait-elle au scrutin proportionnel ! Chacune de ses composantes en mesure de dépasser le seuil minimum va à la bataille sous son drapeau.

La gauche a, du clivage droite-gauche, une conception pratique et réaliste.

Elle en a aussi, souvent, il faut bien le dire, une juste appréciation philosophique.

Dans une tribune libre publiée dans le numéro daté du 6 janvier 1999 du journal " Le Monde ", Jacques Attali, l'ancien gourou de François Mitterrand, plaide pour une nouvelle politique, résolument orientée vers l'augmentation des dépenses publiques, en particulier dans le domaine de l'éducation et de la santé. L'auteur n'en méconnaît pas les conséquences. Il en résulterait une réduction de la croissance, sous l'effet d'une moindre rentabilité du capital, les profits ne pouvant être, en effet, à la fois prélevés pour alimenter l'Etat-providence, et en même temps réinvestis pour créer de nouveaux emplois. Mais une telle orientation constituerait, selon lui," un progrès de civilisation ".

Et Jacques Attali ajoute : " Telle sera demain la principale distinction, radicale, profonde, entre la gauche et la droite. Elle suppose de considérer à droite, la vie comme une propriété privée, qu'il appartient à chacun d'entretenir et de valoriser Et à gauche, comme la finalité même de toute activité sociale ".

Notre intellectuel-multicartes national a tout compris ! Depuis 2 500 ans, le clivage politique essentiel est bien là : entre ceux qui considèrent que chaque individu est, de droit naturel, propriétaire et donc responsable de lui-même, de son avenir de sa famille et de ses oeuvres, tandis que d'autres prétendent que les individus seraient les esclaves de la société, d'un Léviathan tyrannique.

Attali a raison : tel est bien le profond clivage entre la droite et la gauche.

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Un monde américain

(cet article est une tribune libre il ne s'agit pas de l'avis du journal ni du mien : note de l'auteur de ce site).

Le cinéma français est en train de mourir, comme tous les cinémas nationaux-A l'exception du cinéma américain, qui n'est pas un cinéma national mais qui est autre chose, l'usine à rêves ou le système à tuer les peuples...

Le cinéma français fait moins de 25% des entrées en 1998. Et ses entrées, c'est "le Dîner de cons" et "les Visiteurs 2". Pas de quoi se vanter, pour le pays de Godard et Resnais, de Rohmer et Bresson ( tous âgés d'au moins soixante-dix ans ; il ne s'est plus rien passé en France depuis la Nouvelle Vague). Le cinéma américain fait 70% des entrées, et le reste du monde 5%. Qui peut citer un film turc, un film malien, un film brésilien ? Le monde n'existe plus ; il a été remplacé par Hollywood.

Personne ou presque ne s'en plaint. Le phénomène est assez ancien pour que tous les esprits s'y soient accoutumés. En 1981 déjà, François Mitterrand regrettait que sur deux cent trente films diffusés à la télévision, deux cents fussent américains. Il doit y avoir deux mille films aujourd'hui par an à la télévision et deux mille films américains. Un film américain a en moyenne cent fois plus de chances d'être vu qu'un film européen.

Il y a de bons films américains ; mais il y a aussi de bons films ailleurs. Enfin, on peut le penser, puisque plus personne ne va les voir. En Amérique, 98% des films diffusés sont américains. Personne ne s'en émeut. Costa-Gavras faisait remarquer que l'Amérique était un pays protectionniste sur le plan culturel comme le Japon sur le plan commercial. Mais le Japon importe quand même pour deux cents milliards de dollars de marchandises par an, alors que l'Amérique n'importe aucun film étranger.

A part "Quatre mariages et un enterrement", tourné en anglais avec des acteurs américains, ou "Le cinquième élément", tourné avec de l'argent français, mais en anglais et avec des acteurs américains. On parle de pensée unique ; mais il y a aussi la projection unique, qui concerne aussi la télévision avec les séries américaines et les jeux américains adaptés qui représentent plus de la moitié des émissions diffusées.

On me répondra qu'il ne s'agit que d'images : mais l'homme moderne passe entre douze et vingt ans de sa vie devant un poste de télévision ; plus qu'avec Dieu assurément ! Et les images sont le deuxième poste à l'exportation, après l'aéronautique, de la balance commerciale de la première économie du monde.

Ici se pose le problème important de la concurrence et des monopoles en France : une culture gauchiste, financée par le contribuable, a précipité le triomphe américain, fondé sur l'industrie du divertissement (divertissement capable de produire quand même des Tarantino et des "Truman shows"..). Mais est-ce une raison pour accepter passivement, c'est-à-dire d'une manière très socialiste, que partout dans le monde la culture populaire devienne une culture américaine ?

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Conseils de Balladur à Jospin

Edouard Balladur, en sortant de l'École Nationale d'Administration, parmi les meilleurs de sa promotion, entra directement au Conseil d'État à 28 ans, où il suivit la filière : auditeur, maître des requêtes, avant de devenir, en 1984, Conseiller d'État.

Un de ses prédécesseurs, membre également du grand corps du Conseil d'État, Georges Pompidou, l'appela à ses côtés, d'abord à l'hôtel Matignon en 1964 puis à l'Élysée. Ce fut un bon conseiller, dévoué et efficace.

En 1974, à l'occasion de l'élection présidentielle provoquée par le décès inopiné de Georges Pompidou, il ne fut pas de ceux qui approuvèrent le ralliement de Jacques Chirac à Valéry Giscard d'Estaing. Puis, en 1976, il se tint éloigné du complot qui aboutit à livrer le mouvement gaulliste à Chirac. Et en 1981, il n'était pas favorable à l'affrontement Giscard - Chirac...

Ce n'est qu'à partir de 1983 ou 1984 qu'Édouard Balladur devint le conseiller très écouté du Maire de Paris d'alors, C'est lui qui parvint à le convaincre qu'en cas de victoire de l'opposition en 1986, il ne pourrait refuser le poste de Premier ministre. C'est ainsi qu'il devint le théoricien de la cohabitation institutionnelle s'opposant, sur ce terrain précis, aux thèses contraires de Raymond Barre.

Mais, si Édouard Balladur considérait qu'il était impossible au leader de la droite de refuser les responsabilités gouvernementales après une victoire indiscutable aux élections générales, il affirmait aussitôt après que la cohabitation ne pourrait être durable qu'à la condition que le Président de la République laisse vraiment le Premier Ministre gouverner.

C'est pourquoi, en 1986, Chirac comme Balladur faisaient l'hypothèse qu'avec un Président de la République offensif comme François Mitterrand, le gouvernement de cohabitation pourrait difficilement durer plus de trois mois.

On sait ce qu'il advint. Le 14 juillet 1986, François Mitterrand refusait de signer les ordonnances de privatisation. Jacques Chirac décidait de rester quand même au gouvernement et, vingt mois plus tard, était battu aux élections présidentielles. Édouard Balladur, ministre d'État du gouvernement Chirac, lui non plus, n'était pas partisan, pour un veto présidentiel, d'interrompre les délices de la cohabitation. Le ministre d'État était plus lucide quand il n'était que conseiller...

Quand les nouvelles élections générales de 1993 se profilent à l'horizon, Édouard Balladur, on le sait, perfectionne sa théorie de la cohabitation : le problème, selon lui, n'est pas tant la cohabitation entre un président de gauche et un Premier ministre de droite, qu'entre ce dernier et un concurrent présidentiable. C'est ainsi que, sans doute trop confiant, Jacques Chirac laissa Édouard Balladur briguer le poste de Premier ministre de François Mitterrand.

Avec la suite que chacun a encore en mémoire ...

Mais, pour autant, les avis d'Édouard Balladur étaient tout à fait pertinents même s'ils n'ont pas été correctement mis en oeuvre par son auteur lui-même !

Du point de vue de bon fonctionnement des institutions, la cohabitation au sommet de l'Etat entre un Président de la République appartenant à un camp et un Premier ministre appartenant à un autre, est forcément une situation difficile à gérer. Elle devient carrément désastreuse à partir du moment où on y ajoute le choc d'ambition présidentielle, qu'elle soit dite ou non.

Si Lionel Jospin voulait pouvoir donner toute la mesure de ses capacités au gouvernement, et profiter pleinement des pouvoirs qu'il détient sur les cinq ans de la législature 1997-2002, disposant non seulement d'une majorité absolue à l'Assemblée Nationale mais également de l'incapacité où Chirac se trouve, psychologiquement, de dissoudre une deuxième fois, il serait bien inspiré non pas seulement de se garder d'annoncer ses ambitions présidentielles, mais encore, bien au-delà, d'annoncer qu'il ne sera tout simplement pas candidat aux prochaines élections présidentielles.

Mais, le dirait-il, qui le croirait ?

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Aux sources de la prospérité américaine

Il va de soi que les États-Unis sont un pays où n'existe aucune protection sociale, où les pauvres et les vieux sont laissés sans soins, où vous pouvez mourir dans la rue sans être secouru et où 40 millions de personnes ne peuvent s'assurer contre la maladie. Si l'on faisait un sondage sur ce thème, nul doute que les Français corroboreraient massivement ces affirmations. Or elles sont fausses, radicalement fausses. Comment ont-elles pu s'imposer dans notre pays, alors qu'il suffit de connaitre un peu les États-Unis pour découvrir une réalité qui se situe aux antipodes de la caricature qu'on nous en peint ? La raison est à en chercher dans la presse française, où les journalistes de gauche forment une écrasante majorité, même dans les journaux réputés de droite. Reconnaitre que les États-Unis ne sont pas un désert social serait admettre que le capitalisme n'est nullement synonyme d'égdisme exacerbé et d'impitoyable sélection par la réussite. On ne peut s'étonner non plus qu'aucun livre n'ait jusqu'à présent remis les choses en place. Ceux qui écrivent sur ces sujets en France sont eux aussi pour la plupart de gauche et quand ils sont de droite,les journalistes de gauche, qui montent une garde vigilante dans tous les médias, font en sorte qu'on ne parle pas des ouvrages politiquement incorrects.

Le mérite de Christian Gérondeau n'en est que plus grand d'avoir brisé le mur du silence par un ouvrage d'une qualité exceptionnelle et dont le titre,"Candide au pays des libéraux" décrit parfaitement sa démarche. Candide, Gérondeau l'était assurément quand, ayant constaté lors de ses voyages aux États-unis que, décidément, le tableau qu'il y apercevait ne ressemblait en rien à celui qu'on en peignait en France, il décida d'étudier plus à fond le problème. Rien ne disposait ce polytechnicien qui avait fait une brillante carrière dans les services de l'État et les cabinets ministériels avant de passer dans le privé, à devenir le découvreur d'un nouveau monde, sinon le fait qu'il est, comme tous les vrais intellectuels,'un esprit libre et curieux. Et dénué de toute vocation idéologique. Les faits, rien que les faits, et leur analyse rigoureuse, telle est la démarche qu'il avait mise en oeuvre dans ses précédents ouvrages, consacrés à l'énergie et aux transports, ses deux domaines de prédilection, et qu'il vient de mettre au service de la vérité sur l'Amérique.

On découvre dans son livre que les États-unis disposent d'un système de retraite par répartition, appelé d'ailleurs "Sécurité sociale", complété par des fonds de pension qui assurent à la grande majorité des Américains une vieillesse aisée, que les pauvres bénéficient d'une assurance maladie gratuite appelée "Medicaid", et que les personnes âgées en ont une aussi, dénommée "Medicare". Et que les 40 millions de personnes dépourvues de toute assurance maladie ne sont ni pauvres ni âgées, mais jeunes dans leur immense majorité et pourvues d'un

emploi, et qu'elles ont décidé de se passer temporairement de protection soit parce qu'elles veulent en faire l'économie en misant sur leur jeunesse et leur bonne santé, soit parce qu'il s'agit d'immigrés qui économisent au maximum afin d'aider leur famille restée au pays ou de se constituer un pécule.

Et d'ailleurs qu'est-ce qu'un pauvre aux ÉtatsUnis ? Quelqu'un qui vit au dessous du seuil de pauvreté. Or celui-ci évolue avec l'enrichissement du pays et,comme l'horizon, bouge quand on avance. Actuellement fixé à 96 000 francs par an pour une famille de quatre personnes, il ne comprend ni les nombreuses aides sociales (logement, tickets de nourriture etc.), ni la valeur de la maison, alors que de nombreux Américains en sont propriétaires. Être pauvre aux États.Unis n'est donc pas une situation atroce, comme nos idéologues de gauche voudraient nous le faire croire. Le livre de Christian Gérondeau va également aux sources de la prospérité américaine : une formidable capacité à créer des emplois, grâce à une flexibilité maintenue en dépit d'importants mécanismes de redistribution. Ceux qui n'ont pas lu Gérondeau courent grand risque de mourir idiots !

 

Christian Gérédeau, "Candide ou pays des libéraux" 318 pages, 120 fr (Albin Michel).

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