Sommaire du N°206
Repentance, quotas des femmes:
La politique de discrimination positive ("affirmative action") a été inaugurée aux ÉtatsUnis par le président démocrate John Kennedy, en 1961, non seulement pour plaire à certains groupes sociaux réputés défavorisés - d'abord les Noirs, puis les femmes - mais aussi, explicitement, pour "surmonter les effets présents d'une discrimination passée".
Repentance et discrimination positive sont deux aspects différents de la même politique.
Jacques Chirac a cru devoir inaugurer son septennat, en 1995, en exprimant solennellement, au nom de l'État français, sa repentance à l'égard du peuple juif, pour les persécutions dont il a été la victime et auxquelles quelques fonctionnaires du gouvernement de Vichy auraient prêté la main.
Puis la repentance est devenue une mode générale. Elle s'est exprimée à l'égard des peuples autrefois colonisés, à l'égard de toutes les minorités, à l'égard des "exclus", des "jeunes" des banlieues... C'est aujourd'hui au tour des femmes d'en être l'objet, sous la forme du projet de loi en cours de discussion sur la parité et visant à faire obligation aux partis politiques de désigner autant de candidats hommes que femmes. La procédure du référendum constitutionnel, qui avait été écartée pour la ratification du traité d'Amsterdam, est même sérieusement envisagée pour le faire adopter, malgré les sages réticences du Sénat, finalement seul gardien des principes fondamentaux de la démocratie, compte tenu de l'impéritie de Chirac...
Selon l'adage "deux erreurs ne font jamais un droit", les Américains, forts de plus de 35 ans d'expérience, font aujourd'hui un bilan très négatif de cette politique. Et c'est un président démocrate qui préside aujourd'hui à son démantèlement C'est à ce moment-là, alors que les Américains en reviennent, que notre classe politique, presque unanime, s'engage résolument dans cette impasse. Les postes réservés aux femmes par quotas seront dévalorisés et dévalorisants.
Car on ne peut pas élever une personne ou un groupe de personnes, en lui donnant des fauxdroits, qui nient sa dignité individuelle.
La prévision économique est une science de singes !
Comme chacun sait, sur les marchés des changes, l'euro a commencé son existence en fanfare : pendant huit jours, il s'est valorisé par rapport au dollar. Les spécialistes nous annonçaient qu'il faudrait bientôt 1,2 dollar pour acheter un euro. Mais, depuis un peu plus de trois semaines, l'euro perd du terrain et il ne faut plus que 1,1343 dollar pour acheter un euro.
On estime en général qu'en terme de pouvoir d'achat un dollar devrait valoir environ 6,50 Fr. Si les parités monétaires reflétaient la parité des pouvoirs d'achat, l'euro, à quelques cents près devrait donc valoir un dollar tout rond. (c'est-à-dire 5,78 F seulement).
D'autres spécialistes nous annoncent quotidiennement une crise économique majeure aux États-Unis. Il y a dix ans, on montrait du doigt leur déficit budgétaire. Aujourd'hui, on souligne leur déficit commercial et la faiblesse de leur épargne domestique. Pourtant, en attendant, l'économie américaine caracole de succès en succès. Loin de ralentir la croissance s'accélère,les créations d'emplois aussi.
Tout se passe comme si le marché se moquait complètement des augures des experts. En effet, partout à travers le monde, d'immenses quantités de dollars sont accumulées par des agents économiques étrangers. Tout simplement parce qu'ils préfèrent conserver des avoirs en dollars qu'en toute autre monnaie. Et c'est ainsi que le monde finance l'Amérique, c'est ainsi que le dollar est en effet la monnaie mondiale.Toutes les critiques des économistes n'y pourront rien.
Sans être à l'abri d'un coup de tabac, l'économie Américaine fonctionne efficacement sur les principes vertueux : les entreprises sont en mesure de dégager des taux de profit importants, qui sont réinvestis efficacement, ce qui permet la création de deux à trois millions de nouveaux emplois chaque année.
Sur le long terme, les économistes pessimistes ont parfois raison. Comme disait, en effet, le plus célèbre d'entre eux, Keynes, " à long terme, nous sommes tous morts ". Mais, en attendant, mieux vaut souvent faire confiance à un singe qu'à un économiste. Comme le démontre cet exercice auquel se livre chaque année le Wall Street journal qui organise une compétition entre, d'une part, cinq des meilleurs analystes de la bourse de New York, et d'autre part, cinq chimpanzés. Les premiers, avec leur science, désignent les valeurs de la cote qui leur paraissent les plus prometteuses, Les seconds les désignent avec leurs queues préalablement trempées dans un pot de peinture. Et les résultats sont souvent à l'avantage de ceux-ci ...
Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de lois économiques, ni que les prévisions sont toutes vaines. Mais ce qui veut dire qu'il y aura toujours plus de sagesse dans les millions de décisions prises quotidiennement par les acteurs d'un marché que dans toutes les déclarations d'ailleurs et heureusement contradictoires de tous les experts de la planète.
Alain Foucart
Le socialisme criminogène
Ca ne rate jamais et ce n'est pas une coïncidence fortuite : dès que les socialistes reviennent au pouvoir, le nombre des pseudo-demandeurs d'asile et des actes de délinquance s'accroît peu après de manière considérable. Cette fois-ci, et côté délinquance en folie, on est servi : élèves qui mettent le feu ou l'ouvrent carrément dans les établissements scolaires, meurtres en pleine journée dans les trains, innombrables voitures brûlées, commerces pillés, policiers accueillis par des tirs d'armes à feu, étudiants contraints de fuir une résidence universitaire. lmpossible de ne pas savoir à quoi s'en tenir sur la réalité d'une guérilla civile systématique et à connotation raciste déclenchée dans et à partir de certaines banlieues.
Mais pour Jospin, tout cela n'est "qu'incivilités" (nouveau terme éteignoir pour dire violence et criminalité) et pour lui, comme pour nombre de ses ministres, le mot "sauvageon" est déjà excessif (alors que "sauvage" et "barbare" conviendraient mieux !). Et lorsque ce même Jospin prétend - deux ans après Tony Blair qu'il faut en revenir à la "responsabilité individuelle", personne ne peut prendre au sérieux ce voleur de valeurs bien décidé à ne pas passer aux actes. Et pour cause : pour lui comme pour tous les socialistes et autres gauchistes et marxistes, la principale raison de ce déferlement de la criminalité n'est pas d'ordre moral ou institutionnel, mais sociologique (le soidisant "racisme") et économique (le chômage).
Pour ce qui est du chômage, c'est en partie vrai, mais pas dans le sens où le pensent les socialistes dont l'attachement aveugle à l'Etat-providence et sa ruineuse contribution à une dépense et une hyper-réglementation publique est la cause majeure du déficit d'emplois en France. L'essentiel n'est cependant pas là : dans les autres pays où sévit un fort chômage Allemagne, Espagne...- l'on n'assiste pas à l'éclosion d'un anarcho-banditisme de masse !
Le coeur du problème se tient en fait dans l'idéologie criminogène que le socialo-marxisme diffuse dans notre société depuis des décennies et qui inspire la pratique politique actuelle. Non seulement les socialistes, quels que soient leurs prêchi-prêcha en faveur d'un prétendu "équilibre", font tout ce qu'ils peuvent pour accroître démesurément une immigration souvent culturellement non adaptée aux exigences de la civilisation occidentale, mais ils excusent d'avance toutes les violations du Droit dont se rendent coupables les "jeunes", dont nul n'ignore qu'en tant que délinquants (tous les jeunes ne le sont pas !), ils sont à 90% issus de cette immigration d'ayant droits.
D'une manière générale, pour un socialiste, un délinquant est avant tout une victime - de la société et du capitalisme. D'où leur compassion dévoyée, leur complaisance, leur angélisme permissif et finalement, de fait, leur complicité. Car les candidats délinquants ne sont pas fous : se sachant d'avance excusés et assurés de ne pratiquement pas être sanctionnés, ils auraient tort de se gêner et de se passer de leursjeux favoris :détruire,agresser,piller. Pour eux, c'est "risque zéro" - avec la bonne conscience et la revendication de droits exorbitants en plus.
1 . Comme l'a rappelé Alain Dumait, c'est le Club de l'Horloge qui a, le premier, parlé de "préférence nationale". Il a proposé le concept dans son livre de 1985, la préférence nationale, réponse à l'immigralion (Albin Michel), publié sous la direction de Jean.Yves le Gallou. Nous avions constaté que l'on faisait de moins en moins de différences entre Français et étrangers et nous avions estimé que cette situation ne pouvait perdurer sans conduire à la disparition de la nation.
Il ne peut y avoir de nation, en effet, sans que la loi lasse un minimum de distinction entre les nationaux et les étrangers : c'est ce que nous avons appelé la préférence nationale. la nation est une communauté. Or, aucun groupe social n'a d'existence s'il n'y a pas quelque distinction entre ceux qui en font partie et ceux qui lui sont extérieurs. ce principe est absolument général : il n'est pas d'association, d'Eglise, de club ou de parti, qui n'oppose un dedans et un dehors, qui n'établisse une frontière autour des membres du groupe. Dans le même ordre d'idées, nous avons aussi introduit la notion de "préférence familiale", qui a eu moins de succès, mais qui se justifie pour les mêmes raisons.
D'une certaine manière, en disant cela, j'enfonce des portes ouvertes... mais l'idéologie dominante est rebelle aux vérités premières.
D'où le succès de la notion d'exclusion, que nous avons étudiée dans un livre de 1995, le Refus de l'exclusion, nouvelle expression de l'utopie égalitaire (lettres du monde). Un minimum de réflexion démontre que l'exclusion ne saurait se confondre avec l'injustice, qu'il existe des exclusions légitimes et que l'on ne saurait même concevoir un ordre social qui n'en définirait pas, la propriété, par exemple, repose sur des relations d'inclusion-exclusion : le propriétaire a un droit exclusif sur les biens qui lui appartiennent. De fait, ceux qui proclament qu'il faut "refuser l'exclusion" sont les premiers à la pratiquer à l'encontre de leurs adversaires politiques.
Ainsi, du moment qu'une nation existe, elle a le droit d'exclure les étrangers du territoire national, et de réserver tel ou tel droit à ses nationaux. on peut discuter de l'étendue de cette préférence nationale, mais on ne peut pas la récuser dans son principe sans refuser la nation elle-même.
Et cela reste vrai quelle que soit la conception de la nation. Si j'étais libertarien, par exemple, je verrais la nation comme une copropriété. De même que les copropriétaires d'un immeuble ont le droit, ou devraient avoir le droit, de limiter l'accès aux parties communes, de même les citoyens, copropriétaires de la nation, ont le droit de restreindre le séjour des étrangers sur le domaine public.
2 - Contrairement à ce que l'on dit souvent, la préférence nationale n'implique pas nécessairement le protectionnisme. Dans notre ouvrage de 1985, nous écrivions même : "En réalité, la préférence nationale, bien comprise, n'est pas une préférence pour le producteur national, mais une préférence pour le consommateur national, et elle implique le libre-échange entre les nations." Cette afirmation catégorique mérite sans doute d'être nuancée, mais j'observe que bs avocats du protectionnisme ne réclament, le plus souvent, que la préférence européenne, c'est-à-dire le relèvement du tarif extérieur commun, et non le rétablissement de barrières douanières entre la France et ses partenaires du Marché commun. Nous ajoutions, dans le même livre : "le libre-échange des marchandises et des capitaux réduit beaucoup la propension à émigrer des entreprises françaises n'auront pas envie de faire venir une main-d'oeuvre bon marché, si elles ont la possibilité de s'établir là où celle-ci se trouve ; et les habitants des pays pauvres renonceront à s'expatrier si des capitaux étrangers et des débouchés à l'exportation leur fournissent sur place les emplois désirés. on peut donc dire que, dans une large mesure, les échanges de marchandises et de capitaux sont un substitut des échanges de population. " Ainsi, il est vraisemblable que le protectionnisme renforce les pressions migratoires, et demande d'autant plus de volonté politique si l'on veut leur résister.
En revanche, la préférence nationale implique, nécessairement, une certaine discrimination dans la distribution des droits sociaux, ceux-ci sont un aimant pour les populations affamées du tiers-monde, et il est certain que la remise en cause de l'Etatprovidence réduirait l'immigration cependant, les choses étant ce qu'elles sont, il est indispensable de réserver certains droits sociaux aux Français et peut-être aussi, aux Européens), c'est le cas aux minimums, des allocations familiales, dont le but est d'aider au redressement de la natalité française, et non d'aggraver l'exubérance démographique des populations issues du tiers-monde. De plus, il est clair que les immigrés illégaux, qui violent la loi du simple lait de leur présence sur le territoire national, ne devraient pouvoir prétendre à aucune espèce de droit social. En outre, même dans une société purement libérale, où toute redistribution forcée aurait disparu, deux catégories de droits devraient être réservées aux nationaux. Ils constituent le noyau de la préférence nationale. ce sont ( l ) le droit de vote, ( 2 ) le droit de séjour perpétuel sur le territoire national ,or, force est de constater que la nation est combattue sur ces deux plans. le traité de Maastricht a donné le droit de vote aux prétendus "citoyens européens" pour les élections locales, qui, toutes locales qu'elles soient, désignent des élus investis de prérogatives de puissance publique ; et il y a fort à parier que la prochaine revendication concernera les immigrés non européens.
Quant au droit de séjour perpétuel, il a été accordé, en pratique, à une bonne partie des immigrés en situation régulière par la loi de 1984 qui a créé un titre de séjour de dix ans, renouvelable de plein droit.
Ainsi, la préférence nationale n'est pas "une" réponse à l'immigration, parmi d'autres, mais bien "la" réponse, et la seule possible, en ce sens que foule politique qui vise à rétablir la nation dans ses droits suppose qu'une certaine différence soif laite entre les nationaux et les étrangers.
3 . la préférence nationale est elle compatible avec le libéralisme ? A mon avis, cela ne fait aucun doute. C'est seulement un libéralisme utopique et mondialiste qui peut reluser l'idée de nation et la préférence nationale qui en découle. un libéralisme conséquent doit intégrer le sens des traditions et l'idéal de la nation, celle synthèse nationale-libérale que défend le Club de l'Horloge a été illustrée, dans le monde anglo-saxon, par Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Elle représente un puissant courant qui traverse l'Occident fout entier, et c'est sur celle base, et sur celle base seulement, que l'on pourra faire, en France, l'union de la droite.
Puisqu'elle est inhérente à l'idée de nation, la préférence nationale ne peut pas non plus être en contradiction avec la tradition républicaine issue de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Rappelons qu'en 1932 le Parlement français a voté à l'unanimité dans les deux Chambres (avec l'abstention des communistes une loi de préiérence nationale qui demandait au gouvernement de fixer, par décret, un maximum à l'emploi des étrangers dans chaque branche de l'économie ; cette loi s'est traduite par l'expulsion de centaines de milliers d'immigrés italiens ou polonais. C'est donc une imposture de se réclamer de la République pour condamner la préférence nationale.
Il est vrai que la formule a été utilisée par le Front national, où Jean-Yves le Gallou l'a introduite. Mais il est absurde de rejeter une idée juste au seul motif qu'elle est prônée par un parti que certains n'aiment pas et qui n'est pas "politiquement correct. Tout au plus peut-on discuter des modalités d'application du principe, qui est incontestable en lui-même.
Il faut féliciter le Front national d'avoir défendu le principe de la préférence nationale. Mais il serait bon, dans la perspective de l'union de la droite, qu'il ne soif plus le seul la préférence nationale doit devenir la référence commune de fous ceux qui sont attachés à la nation.
Ronald Reagan: dix ans après par Guy Millière
En février 1989, Ronald Reagan quittait la présidence des États Unis. Sans doute faudrait-il rappeler à toutes fins utiles que Ronald Reagan a été l'un des rares hommes politiques démocratiques en ce siècle à avoir dit ce qu'il ferait et à avoir fait ce qu'il disait.
Cette cohérence, cette absence de préoccupation pour les sondages d'opinion ne l'a pas empêché d'avoir été le président des États Unis le plus populaire en ce demi-siècle. Ce qui en soi constitue une leçon utile à méditer pour les multiples opportunistes sans avenir qui encombrent aujourd'hui le paysage politique occidental.
Ronald Reagan était aussi et surtout un homme de convictions qui n'a jamais hésité à parler clair, quitte à choquer, et qui pensait qu'il avait, en défendant les valeurs de l'Amérique, à défendre les valeurs plus vastes qui ont fait la grandeur de la civilisation occidentale. Contre vents et marée, contre les grandes peurs et les tabous des bien pensants, il a parlé du bien et du mal, de la liberté individuelle et de l'esprit d'entreprise, de l'éthique du capitalisme et de la valeur fondatrice du droit, et il s'est fait entendre et respecter.
Il à fait davantage aussi puisqu'il a montré qu'un homme déterminé, dans une position et une ère stratégiques, peut changer le monde-Avant les années Reagan, nul ne pensait que les États-Unis retrouveraient leur position de leadership et préserveraient leur statut de première puissance économique de la planète. C'est pourtant ce qui s'est passé et les mesures prises sous Reagan, de dérégulation en réformes fiscales, y sont pour beaucoup.Avant les années Reagan, la micro-informatique n'existait pas, nul ne parlait de mondialisation, ceux qui disaient la nécessité de juguler l'inflation et ceux qui clamaient que trop d'impôt tue l'impôt n'étaient guère écoutés. C'est le venture capitalism, le capitalisme du risque valorisé par Reagan qui a permis la naissance de la quasi-totalité des entreprises qui ont créé concrètement la micro-informatique.
Ce sont les doctrines développées par les principaux conseillers de Reagan qui ont créé les outils et les règles qui prévalent désormais en matière de commerce mondial, d'inflation ou de fiscalité.
Mais Reagan, de facto, a accompli plus important encore. Dès son entrée en fonction, il a parlé du communisme comme ''un triste et bizarre chapitre de l'histoire de l'humanité dont les dernières pages sont en train de s'écrire".
Mille journalistes en Europe ou en Amérique l'ont alors pris pour un fou ou pour un irresponsable. Huit années seulement après que cette phrase ait été prononcée, le mur de Berlin tombait et avec lui commençait la chute du système communiste international. Cette chute n'a rien eu d'un hasard. Elle a été suscitée, accélérée, pensée.
Sans Reagan, il est fort vraisemblable que le réarmement matériel et moral de l'Occident ne se serait pas produit. Sans Reagan enfin et saoe la chute du communisme, nous n'aurions pal assisté à ce retour massif à la démocratie dans une Amérique du Sud où les militaires ne pouvaient plus parler de danger communiste et ol le terrorisme était en déroute puisque dépourvu de sa principale base logistique et financière À bien y regarder, les héros de la liberté ne sorti pas si nombreux. Ronald Reagan a, mieux qut quiconque en ce demi-siècle, servi la dignité et la liberté de tous les hommes.
La société du néant
Notre société peut-elle être encore contestée ? Le livre de Michel Houellebecq, "les particules élémentaires" a lancé un grand pavé dans la mare du spectacle. Accusé de nihilisme par les uns, d'esprit réactionnaire par les autres, ce roman décrit le destin de deux frères et de quelques personnages secondaires qui tous s'enlisent dans la société du néant.
Un des deux frères est prof en banlieue ; la description pathétique de son existence rappelle à quel point le métier d'enseignant est devenu une tragédie existentielle.
Frustré sexuel, naturiste maladroit, essayiste contrarié, Bruno connait même une tentation raciste dans la banlieue minable où comme le dit Houellebecq il doit tenter de promouvoir des produits culturels dépassés, les oeuvres littéraires. Son frère Michel va tenter quant à lui de remplacer l'homme et il va y parvenir.
N'est-il pas scientifique et spécialiste du clonage?
En fait Houellebecq pose les vraies questions de cette fin de siècle comme cela n'avait plus été fait depuis dix ans. Ce qui est surprenant, c'est sa médiatisation. On aurait pu laisser crever ce livre comme on laisse crever presque tous les livres aujourd'hui. Mais cela n'a pas été le cas. Sans doute parce qu'une partie éclairée de la Gauche a compris le danger Certains ont compris l'alliance de fait du capitalisme et du discours libertaire qui se manifeste au coeur de l'appareil médiatique aujourd'hui (lequel consacre Cohn-Bendit comme son candidat).
Houellebecq écrit :"s'ils se situaient en principe dans une perspective de contestation ducapitalisme, les périodiques libertaires s'accordaient avec l'industrie du divertissement sur l'essentiel : destruction des valeurs morales judéo-chrétiennes, apologie de la jeunesse et de la liberté individuelle."
Houellebecq écrit encore, au risque de passer pour très réactionnaire : "lieu privilégié de liberté sexuelle et d'expression du désir, le Lieu du Changement devait naturellement, plus que tout autre, devenir un lieu de dépression et d'amertume".
Sur la destruction de la famille, il note que "la libération sexuelle eut pour effet la destruction de ces communautés intermédiaires, les dernières à séparer l'individu du marché. Ce processus de destruction se poursuit de nos jours." Tocqueville avait décrit l'individu séparé de sa patrie dans le cadre de l'état démocratique, mais il n'avait su ou pu prévoir que l'individu serait en cette sacro-feinte fin de millénaire séparé de sa famille. Il n'a comme dit Bruno rien à transmettre. Il ressemble plus à son temps qu'à son père.
La société du néant a certes de beaux jours devant elle. Nietzsche annonçait il y a un siècle déjà que "le désert croît ; malheur à qui recèle des déserts." Et il n'avait pas vu les centres commerciaux, les villes nouvelles et les émissions de télévision. À l'exploitation de l'homme par l'homme a succédé la consommation de l'homme par l'homme. On le voit, Houellebecq n'a fait que reprendre une tradition de dénonciation critique du monde moderne, originaire de droite et récupérée par la gauche. Sait-elle ce qu'elle fait seulement.
Le mépris du peuple
Ne soyez pas page 2 !".
L'apostrophe a été lancée par Alain Duhamel à Franz-Olivier Giesbert, directeur du Figaro, lors d'un débat sur Europe 1. Et le meneur de jeu de préciser à l'intention des auditeurs, qui ne sont pas tous forcément au courant des arcanes de la presse parisienne, qu'il s'agit de la page 2 du Figaro. Qu'a donc fait de mal cette deuxième page, qui justifie une aussi ferme injonction ? Dirigée par Max Clos, elle porte le titre de page "Opinions" et, chaque jour, il s'y publie deux à trois articles émanant de personnalités diverses, ainsi qu'un courrier des lecteurs. La tonalité générale de celui-ci est de droite. Ce qui s'y exprime, c'est l'indignation des Français devant le triste spectacle de la vie politique et sociale de notre pays, le laisser aller général, la société d'assistance, la violence à l'école et dans les banlieues: Bien entendu, d'autres sujets, des plus variés, sont abordés dans ce courrier, mais il n'est pas exagéré de dire qu'il est vraiment l'expression de la France profonde. C'est évidemment ce que ne lui pardonnent pas les plumitifs, les babilleurs et les bavasseurs de la classe parlante, qui considèrent qu'ils ont, eux et eux seul, le droit de parler en notre nom, et qui, bien entendu, font entendre un son de cloche rigoureusement contraire. Pour eux, il y bien de la misère et il faut, pour la soulager, prendre aux laborieux tout ce qu'ils gagnent afin de le distribuer aux paresseux et aux pèlerins venus d'ailleurs.
lls considèrent que la violence des "jeunes" est compréhensible et excusable, parce que la France n'a pas fait assez pour les intégrer, et au simple mot de fermeté, ils poussent des cris d'orfraie, comme si l'on avait proposé d'égorger leurs petits protégés. Il n'est pas de tradition, entre journalistes, de s'attaquer publiquement, sauf à fleurets mouchetés. Étant l'agressé, Max Clos, s'est autorisé une réplique dans sa chronique hebdomadaire. Elle a fait plaisir à plus d'un, et nous vous la livrons : "Pour M.Duhamel, la page "Opinions" est sans doute le comble du politiquement incorrect. Venant d'un gourou commentateur gauchisant, mais ayant honte de l'avouer, insupportable de suffisance, je considère que c'est un compliment, un "hommage que le vice rend à la vertu" (La Rochefoucauld)."
Autre média, autre Duhamel. Sur LCI, Olivier Duhamel (aucun lien de parenté avec le précédent), professeur de droit et député socialiste européen, débat avec Henri Guaino, ancien commissaire au plan.
Comme celui-ci fait remarquer que, dans l'affaire de la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité d'Amsterdam, on se refuse à donner la parole au peuple, le Duhamel de service laisse tomber d'une voix méprisante ;"Oh ! le peuple. Il n'a jamais rien décidé." Voilà donc ce que pense un des hérauts de cette gauche "fraternelle et généreuse", la gauche de "Jaurés, Blum, Mendès-France", comme aiment à le crier dans les meetings leurs orateurs. Fraternelle ! Généreuse ! Ces petits marquis poudrés vivent bourgeoisement, et même luxueusement pour certains, dans des quartiers aérés et protégés où l'on ne brûle pas - pas encore - de voitures. lls dînent à la Coupole ou à la Closerie des Lilas, louent les livres de leurs amis, qui, à leur tour, font grand compliment des leurs, et s'endorment tout contents et fiers d'eux, en se murmurant :
"Je suis vraiment quelqu'un de bien. Ceux qu'ils abusent le plus, ce ne sont pas les gens de droite, qui éprouvent à leur endroit les sentiments qu'a exprimés Max Clos, mais "le peuple de gauche", qui se figure que ces précieux ridicules expriment ses idées mieux et plus élégamment qu'il ne pourrait le faire lui-même. Tromperie que tout cela. Et imposture. Le peuple de gauche a pour ces médiocres gourous les yeux d'orgon pour Tartufe. Mais même aux plus aveugles regards, la vérité finit toujours par apparaître. Et alors là...!