Sommaire des 4vérites N°208

Tout irait bien.... sans eux, les politiciens qui nous mentent, et qui nous volent !

Ils nous mentent, en alimentant de faux débats : les problèmes bien réels de la société française ne s'appellent ni PACS, ni parité hommes/femmes, ni réforme du Sénat, ni 35 heures, mais plutôt dépenses publiques, fiscalité, sécurité, immigration et état de droit.

Ils nous mentent même en nous disant, et sans ciller, l'inverse de la vérité. Le bellâtre Dominique Strauss-Kahn, empâté mais toujours péremptoire, ose affirmer que "notre fiscalité sur les entreprises n'est pas plus lourde que chez nos voisins". Il est vrai qu'il a choisi le très complaisant"Figaro Economie" pour tenir ce propos, qu'aucun dirigeant du MEDEF ne se chargera de contredire.

Il suffit pourtant, pour être éclairé, d'observer la fuite à grandes jambes hors de France des capitaux français, des entreprises patrimoniales petites ou moyennes par milliers, et de nos jeunes diplômés par dizaines de milliers.

Et, pour comparer la situation qui est faite aux entreprises en France et chez nos voisins immédiats, il ne faut pas se contenter de regarder l'impôt sur les sociétés, la taxe professionnelle et les cotisations sociales. Il faut également considérer l'ISF (taux 0% en Italie, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, au Royaume Uni), les plus values immobilières (0% en Allemagne, en Suisse, en Belgique), et les droits de succession sur les parts d'une entreprise (0% en Suisse et au Royaume Uni, 3% en Belgique, 30% maximum en Allemagne et 40% en France...).

Noel Goutard, président du groupe Valeo, est l'un des rares grands patrons français à dire les choses comme elles sont :"le poids de l'Etat s'aggrave chaque année en France...Il y a la France qui travaille, d'un coté, et l'Etat qui dépense, de l'autre" (lundi 15 février, in " La Tribune ").

Pendant ce temps-là, les classes médiatiques et parlantes se mobilisent pour protéger Fabius, Chirac couvre Dumas, et les chefs de partis cumulards veulent nous faire croire qu'ils iront bientôt siéger à Strasbourg une semaine par mois, et travailler à Bruxelles deux jours par semaine...Comme Balladur s'était engagé à siéger au Conseil régional d'Ile de France, alors qu'il n'y est resté que le temps de mettre en place une majorité socialo-communiste, pourtant miniritaire...

Les vraies bonnes nouvelles, il faut aller les chercher dans ces petits entrefilets perdus sur le coté des pages intérieures de nos "grands journaux" si veules. En 1998, le nombre d'entreprises vouées au Multimédia est passé de 600 à plus de 2000 ! Canal+ a encore augmenté son chiffre d'affaires de 19% ! Dans les métiers de l'image et de l'audiovisuel, la croissance annuelle est de 15% par an !

Le commerce sur Internet explose ! Là, on recrute à tour de bras ! Ce sont les PME qui mènent la danse !...

Tout irait bien, en somme, pour nos enfants et nos petitsenfants-Tout irait bien, sans eux, les politiciens, de la vielle gauche comme de la fausse droite, qui nous mentent, et qui nous volent !

Jean Rouxel

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Les conséquences de l'affaire Clinton

L'affaire Clinton a ceci d'intéressant que, telle qu'elle a été présentée, elle a unanimement retourné l'opinion américaine et mondiale contre le Sénat et en particulier les républicains. Et grenouille de tonner contre l'hydre réactionnaire, chrétienne-fondamentaliste ou le puritanisme.

Certes le Sénat américain n'est pas représentatif de la population américaine. Sur cent sénateurs, il n'y a que trois noirs, neuf femmes, et une bonne cinquantaine de milliardaires. Il y a aussi le fait que ces vieux wasps sont choisis par des cohortes de chrétiens mobilisés beaucoup plus là-bas qu'ici - lors des primaires et qu'ils se font une certaine idée de l'Amérique qui n'est plus de mise à l'aube de l'an 2000.

Clinton a des ennuis avec la justice, pour escroquerie, pour parjure, pour harcèlement sexuel.

Clinton est un politicien moderne, sans foi ni loi, qui se croit tout permis précisément parce qu'il est moderne. Il a déserté, il s'est drogué, il a trompé sa femme, il a sous-loué des chambres de la Maison Blanche aux stars hollywoodiennes. Clinton a compris qu'il n'y avait plus de scandales et que l'on pouvait tout se permettre à notre époque ; à l'exception de quelques menus larcins comme de s'en prendre aux nouvelles vaches sacrées (le mot est du cinéaste Verhoeven), les minorités ethniques.

Et ce sont justement les minorités qui le défendent au sénat, achevant de marquer que Clinton est un politicien cool et branché, un Cohn-Bendit à l'américaine. Les wasps républicains du sénat n'ont qu'à bien se tenir et en dépit de leur argent et de leurs réseaux, ils risquent d'être balayés lors des prochaines élections. Comme l'a rappelé Clinton, les Blancs seront minoritaires en l'an 2050 aux ÉtatsUnis. Et, à moins d'être clonés, ils risquent de disparaître, comme en Europe.

C'est pourquoi la gauche américaine a réussi à exploiter ce procès pas comme les autres. L'arroseur a été arrosé et l'inquisiteur a été diabolisé. Les républicains filent un mauvais coton (blanc) et ils risquent de finir dans les poubelles de l'histoire avec une opinion publique exaspérée qui consacre dans les sondages le cher Bill.

Si l'opinion a été exaspérée, c'est la faute des médias. Or les médias sont traditionnellement démocrates ou libéraux, du moins les médias qui comptent, lls sont aussi moutonniers, mais ce n'est pas là le problème. Qui a donné l'idée aux médias de ne parler que de Clinton et de Lewinsky pendant un an ! On pouvait bien prévoir que les Américains en auraient assez ; et on l'a sans doute prévu : la mauvaise information chasse la bonne, comme la mauvaise monnaie chasse la bonne.

Clinton a été sauvé par ceux-là même qui étaient censés souligner et rappeler ses fautes aux yeux de l'opinion publique. Dans notre société soit-disant sur-informée, on sait de moins en moins le pourquoi et le comment des choses. On ne peut qu'en souligner le caractère de plus en plus aberrant. Les républicains ont-ils été les dindons de la farce médiatique qui vient de se jouer en Amérique ! et pourquoi donc ! Et, plus généralement, pourquoi les hommes de droite sont-ils toujours, sont-ils systématiquement (à la notoire exception de Ronald Reagan) les victimes de l'outil médiatique (outil qui est surtout un message) !

Nicolas Courteille

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Vers une VIeme république sans constitution

Le professeur Charles Zorgbibe, professeur de droit public à la Sorbonne, était l'invité, au café Le Procope, le jeudi 11 février, du Carrefour indépendant et libéral, animé par Yves-Marie Laulan. Pour répondre à la question :"Va-t-on vers une VIeme République ?".

L'orateur - qui a été recteur de l'université d'Aix-en-Provence - dresse d'abord, à grands traits, l'évolution de la pratique constitutionnelle française depuis quarante ans.

Au départ, dans le contexte de la guerre d'Algérie et dans les conditions du retour au pouvoir du général de Gaulle, les Institutions de la Veme Républiques semblaient précaires. Les années 70 et 80 ont marqué leur enracinement, avec le ralliement aussi étonnant que spectaculaire de François Mitterrand.

Aujourd'hui, avec la pratique de la cohabitation, ont est surtout frappé par la "plasticité" de notre constitution, Charles Zorgbibe voulant sans doute dire par là qu'on en est arrivé à faire dire au texte constitutionnel à peu près l'inverse de ce qu'avaient en tête ses pères fondateurs...

En vérité, notre Constitution recouvre non pas un mais cinq régimes politiques différents, pouvant être mis en oeuvre et fonctionner à partir du même texte, au gré des situations et des volontés personnelles du chef de l'Etat ou des responsables des majorités politiques. Comme si nous avions non pas une mais cinq constitutions, emboîtées l'une dans l'autre, comme des cartes, avec lesquelles ont joue, prêtes à sortir tout à tour !

Il y a tout d'abord le régime voulu par le général de Gaulle, accentué par la réforme de 1962, qui est celui de "l'accord direct entre le peuple et son guide" (expression du général de Gaulle de 1964). Un régime dont le refus d'un référendum sur le traité d'Amsterdam montre à quel point nous nous sommes éloignés... Il y a ensuite le regime e substitution prévu par l'article 16. Il y a aussi le régime parlementaire qui a resurgi en période de cohabitation, avec une lecture ultra représentative de la constitution , qui est manifestement contraire à l'esprit de ce que voulait le général de Gaulle.

Il y a une quatrième constitution, qui résulte de la ré interprétation des textes par le Conseil constitutionnel, selon la pratique introduite par Robert Badinter, conçue comme un frein à la démocratie, directe ou parlementaire.

Cinquième constitution : celle qui résulte des textes européens, ordre juridique supérieur sous lequel vient se placer celui de notre constitution originelle.

Aujourd'hui, dans le fonctionnement réel de nos institutions, le texte constitutionnel - apparemment rigide - joue un rôle réduit, du fait même de sa plasticité. De ce fait, le décalage s'accentue entre la société civile et la vie politique, de moins en moins démocratique, aggravé par le décalage entre les promesses électorales et les politiques effectivement suivies, avec l'intervention grandissante des médias, pouvoir qui n'est même pas évoqué par la constitution...

Quarante et un ans après 1958, le problème est donc redevenu le même : rendre au peuple sa souveraineté !

Alain Foucart

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Pour l'entente à droite reunion du 23 janvier 1999 , thême: la préférence nationale oui ou non ?

Il y a une solution à l'insécurité et au chômage. C'est une question de volonté politique concernant l'immigration ! par Paul Lambert

la question qui nous préoccupe et nous angoisse tous, ici, est la survie e la France menacée de mort par des maux très graves dont, en premier lieu : le clômage, l'insécurite et l'immigration. Sont-ils curables. ? Avons-nous atteint le point de non-retour ? la préférence nationale est elle la solution ?

Il y a deux laçons d'aborder les problèmes :

- par le faut, par les concepts,

- par le bas, par les faits.

Mon méfier de conseil en Organisation de Gestion Industrielle pendant 35 ans dans une centaine d'entreprises m'a appris l'approcle par la réalité des faits.

La préférence nationale, dans le domaine de l'emploi, consiste à inciter, ou à contraindre les entreprises à embaucler de préférence un Français plufôt qu'un étranger.

Je vais fonder ma réponse sur frais exemples vécus :

-le premier concerne un poste de sablage dans une usine de mécanique. l'ouvrier était enfermé dans une cabine étanche, et il sablait des pièces au jet. Puis, il ouvrait la porte, évacuait la pièce, prenant la suivante, refermait la porte, et recommençait.

Ce poste " consommait " un homme l'an, malgré tous les masques et systèmes protecteurs. Au bout d'un an, souvent, il parfait à l'hôpital, et quelques années plus fard, il était mort.

A l'époque, l'ouvrier était un maglrébin puis, ne trouvant plus de maglrébins, on avait pris des africains.

J'avais dit au contremaître : Pourquoi garde-t'on un tel poste de travail, alors qu'il suffirait de le remplacer par une machine à sabler automatique ?

Il m'avait dit : il y a des montagnes d'investissements à taire et peu d'argent. on pare donc au plus pressé. Tant qu'on trouvera des volontaires aour ce poste, il ne sera pas prioritaire.

- deuxième exemple : dans une fonderie, un ouvrier reçoit des pièces très lourdes, sur lesquelle il doit couper des parties au chalumeau. il travail accroupi, par terre, et fait un travail épuisant, alors :

qu'il suifirait d'installer un montage à rotules, à niveau, pour qu'il puisse travailler debout, voir assis, et sans fatigue. l'ouvrier est Magrébin.

- troisième exemple : dans la même fonderie, un ouvrier s'épuise la moitié de son temps à pelleter du sable pour le remettre dans une machinf vibrante, parce que les rebords n'étant pas assez hauts, le sable passe par-dessus et tombe par ferre pendant les vibrations. l'ouvrier est maghrébin.

Ces exemples sont sans doute extrêmes, mais j'en ai connu des dizaines, dans des dizaines d'entreprises.

ils ont pour point commun d'ourir des conditions de travail, de saleté, de pénibilité inacceptables, voire inhumaines, alors que les solutions techniques étaient simples : il allait simplement prendre le temps et la peine d'y réfléchir ; mais pourquoi se donner cette peine puisqu'on trouvait toujours un immigré payé au smic pour le faire, alors qu'il y a des probèmes partout et d'une urgence impérative?

la " préférence nationale ", dans ces cas, aurait consisté à inciter l'entreprise, voire la contraindre, à proposer ce travail prioritairement à des Français : aucun, ni jeune, ni vieux, n'aurait accepté.

Pour que le problème soif résolu, il aurait fallu que l'entreprise ne trouve aucun " client " pour ce poste de travail : alors le problème serait devenu priorifaire et aurait été résolu.

C'est ce que les dirigeants politiques japonais ont compris, en interdisant de façon constante, depuis les années 50, le recours à une main d'oeuvre immigrée en provenance des pays sous-développés voisins : ce recours interdit aux entreprises de se moderniser en leur ouffrant la solution de facilité. Au contraire, l'impossibilité de cette facilité oblige les entreprises à se remettre en cause de A à Z et à réinventer l'usine pour l'adapter à une main d'oewre nationale exigeante parce que de bon niveau culturel sachant parler, lire, écrire, compter, réfléchir, critiquer, et suggérer). Alors, on découvre les gains de productivité fantastiques que l'on peut faire quand l'ouvrier règle lui-même sa machine, contrôle lui-même ses pièces, planifie luimême ses tâches, et.., et suggère des améliorations : on arrive à ce que j'appelle l'usine sans chefs ", ou l'usine de l'ouvrier artisan.

Je raconte et développe tout cela dans mon livre " la France aliénée ", et dans un résumé de quatre pages intitulé " vérités et mensonges de l'immigration ", également diponible.

Alors, pour résoudre nos problèmes de chômage, d'insécurié et d'immigration, la première question à se poser est :

- " Avons.nous besoin pour notre économie de faire appel à une main d'oeuvre immigrée en provenance de pays sous-développés ? " la réponse est un non franc et massif, même lorsqu'on est en situation de plein emploi comme dans les années 70.

Je renvoie les sceptiques au livre ou au texte que j'ai mentionné et à l'exemple du Japon, parti de eoucoup plus bas que nous dans les années 50, et arrivé beaucoup pus faut que nous, au deuxième rang mondial, grâce à sa politique d'interdiction de 'immigration.

- la question subsidiaire est : l'immigration est-elle une solution à la misère des pays d'émigration ? " là aussi, la réponse est un non, franc et massif.

Je n'en donnerai que deux preuves :

Nous souffrons nous-mêmes de phénomènes d'émigration de beaucoup de nos jeunes qui vont chercher du travail en Angleterre, au canada, aux Etat-Unis, etc ... Est-ce que cela nous aide en quoi que ce soit ?

* Deuxième exemple : la population africaine est de 800 millions de personnes.

Imaginons que par humanisme, on accepte 800 000 Africains supplémentaires, soif 1 pour mille : est-ce que cela aiderait l'Afrique en quoique ce soit ? si j'ai devant chez moi mille miséreux et si, par charité, j'en accueille un, est-ce que cela résoudra le problème ?

la première conclusion résultant de ce double " non " est que nous devons inscrire dans la constitution que : " la France, pays développé, s'interdit le recours à une main d'oeuvre en provenance de pays sous-développés parce que celui-ci est néfaste à sa compétitivité, immorale par sa connotation esclavagiste, et nuisible au développement des pays d'émigration, qui est une nécessité pour l'humanité entière, tant au plan moral qu'économique ".

La deuxième mesure complémentaire, est la mise en oeuvre d'une vaste poitique d'investissements dans les pays d'émigration et la suppression de toutes les subventions publiques données aux dirigeants de ces pays, qui sont détournées ou gaspillées.

Cette politique doit suivre deux règles :

La première est que ces investissements soient rentables, de leçon à être consentis par des entreprises privées, et non à la clarge des contribuables.

La deuxième est qu'il est infiniment plus utile à un pays sous-développé qu'on y investisse dans mille projets de 500 000 F plutôt que dans un seul projet de 500 Millions; troisième mesure corollaire de la première, est la suppression totale de ce qui attire les immigrés en France : les aides Sociales. c'est la seule leçon de mettre lin à l'immigration : pourquoi un immigré dépenserait-il son argent, emprunterait-il, ou risquerait-il sa vie pour venir en France si c'est pour rien ?

La quatriéme est la taxation de l'utilisation d'une main d'oeuvre étrangère, similaire aux droits de douane sur les produits importés : c'est la concrétisation de la préférence nationale. Elle doit être prolongée par une politique de " retour ", avec suppression de l'expulsion par la force, dont chacun a pu constater l'inefficacité : il suffit que l'expulsé hurle, se roule par ferre, se cogne la tête contre les murs, fasse la grève de la faim, voire se couvre d'excréments... pour que les expulseurs renoncent.

Pour procéder à des retours en masse,la seule solution réaliste, en France, est l'intérêt au retour.

Si la personne a le choix entre : - rester en France, sans ressources, sans travail, sans aucune aide sociale, - ou retourner dans son pays d'origine ou celui de ses parents, en conservant pendant un an tous les avantages sociaux qu'il avait en France, il y retournera, sans aucun doute.

La cinquieme mesure est la suppression du droit du sol, et l'inscription dans la constitution du principe : " Etre Français, cela s'hérite ou se mérite ", assorti d'un délai de deux générations pour la probation du mérite.

En clair, la deuxième génération peut être déchue de la nationalité française tout autant que la première.

Les critères du mérite sont d'aimer la France, donc de la connaître, la respecter, et la servir, et en tout premier lieu le respect absolu des lois françaises :

Toute infraction, même la plus bénigne, telle que la fraude dans les transports, le tagage, l'insulte à agent public... sera sanctionnée de la déchéance de la nationalité française.

En conclusion : nos maux majeurs et mortifères insécurité, chômage, immigration - sont solubles. C'est une question de volonté politique.

Renaissance 95 BP 23, 92204 Neuilly cedex

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Tribune libre par B.Trémeau

Reconstruire l'agriculture française

Je lis sagement et régulièrement votre hebdomadaire depuis que je me suis abonné et j'en apprécie en général les articles. Mais la tribune libre de jean-Yves Queinnec ne passe pas. Elle ne donne qu'une facette trop réduite de la réalité. je vous adresse donc en tribune libre ma position sur ce point.

En 50 ans, les progrès technologiques réalisés dans le domaine agricole ont totalement bouleversé la façon de travailler des agriculteurs : ils ont des engins ou des engrais de plus en plus performants. De ce fait, en 50 ans, la population agricole française est passée globalement de 50 % à 5 %. La surface moyenne d'une exploitation agricole est passée de moins de 5 hectares à plus de 50 hectares. Il y a 50 ans, un hectare de blé rapportait moins de 50 quintaux et aujourd'hui, le cap fatidique des 100 quintaux à l'hectare est dépassé.

Du fait des progrès techniques, il y a aujourd'hui dix fois moins d'agriculteurs en France, mais un agriculteur, au lieu de nourrir un citadin en nourrit 20. Les fils d'agriculteurs chassés par l'évolution technologique sont allés trouver du travail en ville.

lls y ont alors produit des télévisions, des voitures, un enseignement ou une médecine de qualité, dont nous profitons tous.

Mais le coût humain de cette évolution technologique très rapide, trop rapide, a été énorme : désertification des campagnes, création d'immenses et sinistres banlieues. Et c'est dans les banlieues, pas à la campagne, qu'on jette des pierres sur les gendarmes ou qu'on brûle les voitures,tandis que les nuisances polluantes sont apparues dans les campagnes.

Ce n'est pas en s'opposant à l'évolution technologique qu'on trouvera la bonne solution.Il ne faut pas interdire « les gros élevages industriels avec salariés esclaves » ou « les concentrations d'entreprises " et revenir à l'agriculture de jadis. Il faut par contre s'opposer efficacement mais raisonnablement à toute pollution, ce qui n'est pas forcément évident.

II existe certainement en dehors de la production agricole de masse, dont la qualité s'améliore de jour en jour, une production de qualité, que les Français gourmands savent toujours apprécier et payer un bon prix. Les vignerons l'ont parfaitement démontré. Le Mâcon-village est déjà un excellent vin . Mais il existe certains Puligny-Montrachet qui se vendent dix fois plus cher.

Attention : il faut des années d'efforts techniques et de promotion commerciale pour démontrer qu'un poulet de Bresse fermier est nettement meilleur qu'un vulgaire poulet de batterie, donc capable d'être vendu deux ou trois fois plus cher...

L'avenir économique des campagnes est certainement dans des productions alimentaires de qualité. Mais il est aussi ailleurs. Plus on habite dans les villes pour y travailler et devenir plus riche, plus on a besoin d'aller dans les campagnes voir un chevreuil bondir en hiver sur la neige, entendre les oiseaux chanter au printemps dans les haies, sentir la bonne odeur d'un frais sous-bois en été ou cueillir des rosés dans les prés en automne. Ce n'est plus de blé ou de vin dont rêvent aujourd'hui les citadins devenus riches. C'est d'une nature belle et équilibrante.Aux campagnards de trouver les moyens de les attirer, de les accueillir, de les loger surtout. lls sont prêts à payer bien plus cher une odeur de printemps qu'un kilo de blé, même biologique.

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Aprés Le Pen, toujours Le Pen !

Plusieurs lecteurs m'ont demandé de revenir sur mon article de la semaine dernière « Les médias passent aux aveux : l'insécurité est bien liée à l'immigration (on enterre trop tôt le Front National) ». Et me demandent de citer mes sources !

Je me contenterai de renvoyer mes correspondants au seul article de Daniel Schneidermann (in Le Monde du 29 janvier page 14, "HorizonsAnalyses'), représentatif de beaucoup d'autres, dont plusieurs parus également dans Libération. Je cite quelques extraits : « le débat démocratique et son relais journalistique sont depuis près de quinze mois ( pourquoi quinze mois d'ailleurs ?) cadenassés par l'obsession, parfois inconsciente, de "ne pas faire le jeu du Front Nafional" Comme si, mus par un réflexe de temps de guerre, responsables politiques, intellectuels et journalistes avaient été obsédés par le souci de dissimuler sur la peinture de la cité tout ce qui pouvait faire tache, de peur que les assaillants ne s'en aperçoivent "Ne parlons pas trop fort les murs ont des oreilles" : tel était le mot d'ordre au temps du lepenisme triomphant Sur les sujets qui se trouvent au coeur du discours d'extrême droite, cette autocensure était devenue un réflexe,..» (texte complet en photocopie sur simple demande).

Daniel Schneidermann, toujours fine mouche, conclut son article, intitulé " Penser l'après-Le Pen" en disant : "Ce dégel idéologique peut être la meilleure ou la pire des choses. Ses conséquences sont imprévisibles. Mais on y va. "

Si bien que les grands quotidiens nationaux, pour rattraper sans doute le temps perdu, continuent à surenchérir dans le réalisme en matière de traitement de l'insécurité dans les banlieues. Le Parisien de ce mercredi publie " la carte des cités interdites " . On est passé du secret.défense/langue-de bois, à la banalisation étalée à la une .

J'ajoutais que les médias avaient peut-être enterré trop tôt le FN. Là aussi vous êtes plusieurs à me demander des explications (vous voulaient toujours en savoir plus, et vous nous demandez d'être toujours le plus précis possible,..)

Je me réfère, par exemple, sur ce point, au commentaire de Jérôme Sainte-Marie, directeur des études politiques de l'institut BVA, qui, commentant le sondage paru le 21 janvier dans les colonnes de Paris-Match, écrit : "le rapport de force politique mesuré à travers les intentions de vote aux élections législatives est marqué par la réanimation de la sensibilité frontiste. tombées à 11% en décembre, les intentions de vote en faveur d'un candidat Front National gagnent trois points, essentiellement aux dépens du candidat Démocratie Libérale. L'actualité des banlieues et de l'école ces dernières semaines n'a pas manqué de favoriser ce regain et c'est parmi les ménages se situant en dessous de la moyenne des revenus que les intentions de vote en sa faveur augmentent le plus nettement. de manière connexe, le score du candidat FN parmi les ouvriers passe en un mois de 18 à 25% ".

Jérôme Sainte-Marie n'est pas membre du FN.

Moi non plus. Mais il me semble que l'après Le Pen risque de ne pas se dérouler exactement comme le souhaitent les médias, II se fera encore avec Le Pen !

Bernard Piard

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Le seul organe de l'entente à droite !

Dans cette chronique hebdomadaire . où je prends désormais la place occupée si brillamment depuis le 8 septembre 1995 par Claude Reichman . je m'eforcerai, autant que je pourrai, de tenir compte des lettres que vous êtes nombreux à m'adresser chaque semaine, et auquel je ne peux faire réponse toujours, à cause de l'abondance de ce courrier, et malgré son grand intérêt.

À la rédaction des "4 Vérités.Hebdo" nous nous efforçons en permanence d'être aussi prêts que possible de nos abonnés. Nous sommes à leur écoute constante. Nous publions dans chaque numéro des extraits significatifs de vos lettres. Nous reprenons certains des articles proposés.

Mais surtout, vos remarques et vos réflexions inspirent les nôtres et nourrissent nos développements.

Ainsi de notre ligne politique et de son évolution. À l'origine, en 1974, "Les Quatre.Vérités", était un bulletin mensuel destiné à des chefs d'entreprises indépendantes, petites ou grandes. La vie politique et sociale était simplement un élément déterminant de leur survie comme de leur prospérité. Les fondateurs - Yvon Gattaz, Michel Drancourt, Octave Gélinier, Jacques Plassard . étaient, et sont toujours, des partisans farouches de l'économie de marché.

Le 2 septembre 1994, nous sommes devenus hebdomadaire, et résolument grand public (depuis lors, notre prix au numéro n'a pas varié : 6,50 F seulement, soit moins d'un euro !).

Notre ligne éditoriale est résolument libérale.

La réduction de la dépense publique, et des règlements absurdes qui en découlent, sont notre credo permanent. Vos lettres, dés la fin de l'année 1995, nous ont dicté le concept de "l'Entente à droite", à l'origine du Comité du même nom.

Car, si le libéralisme a un sens précis, il n'est pas chez nous, à lui seul, le critère déterminant du clivage droite/gauche, lequel constitue, dans tous les pays vraiment démocratiques, la pierre angulaire du débat politique efficace. Nous sommes donc des libéraux, ouverts et accueillants aux idées nationales et nationalistes.

Rassemblera droite,pour battre la gauche,non seulement politiquement mais aussi idéologiquement, nécessite un retour à ce clivage droite/gauche,sans exclure personne.

Chaque semaine, vous êtes plusieurs à nous interroger sur les limites, selon nous, de "l'Entente à droite".

Je réponds : personne se disant "de droite" ne doit en être exclu. Ni du FN, ni du RPR, ni de l'UDF ni de DL. Mais l'union à droite ne se fera pas par un rapprochement direct entre RPR et FN !

Il faut donc une stratégie.

Celle que nous proposons s'inspire de celle mis en oeuvre dès 1963 par François Mitterrand.

Certains, comme Defferre, à cette époque, pensaient qu'il serait plus facile de faire l'Union de la gauche en commençant par rassembler la SFIO, le MRP et le parti radical. François Mitterrand pensait au contraire qu'il fallait commencer par le plus difficile à faire avaler, au plan médiatique et électoral : l'entente avec le parti communiste (alors affreusement stalinien et totalement inféodé à Moscou !) Lhistoire lui a donné raison.

De même, l'entente à droite doit aujourd'hui commencer à être recherchée du côté de ce qu'il est convenu d'appeler l'extrême droite, pour ensuite s'élargir aussi loin possible vers ce que sont actuellement le RPR et DL.

Telle est la ligne politique que prône aujourd'hui "Les 4 Vérités.Hebdo", en excluant seulement et provisoirement) ceux qui eux-mêmes excluent et prononcent des anathèmes à droite.

Mais nous gardons notre libre parole et notre jugement indépendant. Nous n'approuvons pas Le Pen quand il parle"d'ennemi" à droite,à propos des partisans du traité d'Amsterdam ; nous désapprouvons Maigret quand il va distribuer des tracts pour protester contre la privatisation de FranceTélécom ; nous regrettons que Millon ait cru devoir accepter les voix des élus FN de Rhône-Alpes,ce qui était très bien, mais sans en tenir compte, ce qui était immoral. Nous remarquons que Philippe de Villiers flirte une élection sur deux avec le RPR ;nous notons que Madelin se tait quand il faut choisir entre le FN et le PCF ;et nous sommes désolés que Charles Pasqua prétende rassembler la gauche et la droite...

Nous sommes libres. Car nous ne dépendons que de nos abonnés payants fidèles, qui sont cette semaine 11.109, et qui sont nos véritables actionnaires.

Cette chronique sera désormais un compte rendu hebdomadaire à eux adressée.

Alain Dumait

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