Sommaire du N°209 Samedi 27 février 1999
La fausse droite est toujours à la remorque de la gauche socialo-communiste !
Philippe Séguin a raison quand il dit que l'opposition, aussi largement regroupée que possible, le 13 juin prochain, doit s'opposer avec détermination, à la liste de la gauche plurielle. C'est une évidence. Mais elle doit aussi le faire en développant des thèmes qui lui soient propres, caractéristiques d'une culture et de valeurs différentes-Avec un programme et des propositions de droite, pour s'opposer démocratiquement à la gauche.
Las ! Le président du RPR prône pour l'Europe une politique d'uniformisation généralisée, il souhaite une harmonisation fiscale et appelle de ses voeux une Europe sociale... Exactement le programme des socialistes, ceux de chez nous ou ceux d'ailleurs ! Et si un doute était encore possible,il précise que selon lui Jospin a au moins deux succès à son actif : les 35 heures et les emplois-jeunes !... (Europe 1, vendredi 20 février ; 8 h 20).
On a déjà un président de gauche à l'Élysée, voilà qu'on a un homme de gauche à la tête du RPR et comme tête de liste pour les européennes ! Même en numéro 2, Alain Madelin ne pourra rien faire d'autre que de jouer les faire-valoir, avec pour seul intérêt d'assurer des bonnes places pour une poignée de ses amis...
Il laisse dire par un de ses lieutenants, son vieux complice également venu de l'extrême droite Claude Goasguen, qu'il a l'ambition, un jour, de jeter les bases d'un rassemblement des droites,englobant Charles Millon et Philippe de Villiers. Que n'a-t-il tenté de mettre cette stratégie en oeuvre dès cette élection, dont la nature et les modalités se fort bien à une telle entreprise !
Car, après le 13 juin, une élection générale anticipée, législative ou présidentielle, n'est plus impossible. Jacques Chirac,fort d'une popularité invraisemblable et malgré l'expérience déshonorante de 1997, peut, par exemple, vouloir écourter un piteux septennat, en s'appliquant à lui-même les règles d'un nouveau quinquennat.
Les candidats à l'élection présidentielle, dont Madelin pourrait légitimement faire partie seraient alors pris à contre-pied- Et contraints de demeurer avec le RPR dans une relation de vassalité.
C'est dommage, non pas pour l'avenir personnel de tel ou tel, mais pour l'avancée des idées libérales, dont Madelin est un porte-parole, encore timide, mais auquel les médias sont néanmoins attentifs...
Air France, France Télécom, EDF....
On se réjouit beaucoup de la bonne affaire réalisée par quelques millions de Français qui ont acheté des actions Air France à l'occasion de la privatisation très partielle de cette compagnie nationale. Mais on observera que cette opération, qui laisse pour l'instant le contrôle complet de la société à l'État, qui l'exerce bien sûr en partenariat avec de tout puissants syndicats, revient à faire payer aux Français au moins deux fois cette entreprise : comme contribuables, ils viennent tout juste de payer 20 milliards de francs ; et ils ont dû en rajouter encore pour devenir actionnaires...
Le mois prochain, la même opération sera proposée sur le Crédit lyonnais, sauf que là, la note pour le contribuable a été tellement salée que le chiffre demeure un secret d'État, même s'il n'a pas été démenti qu'il s'établit autour de 200 milliards de francs (d'avantage qu'une année du budget de la défense nationale...) ! Les recettes de la privatisation partielle, là encore, aboutiront à vendre aux Français un actif qui leur appartient déjà. La privatisation des entreprises nationalisées serait sans doute plus populaire si elle se faisait par distribution directe à tous les contribuables français. Mais le "droit de cuissage" semble être dans la culture des entreprises et des services publics français.
C'est ainsi que France Télécom vient d'abaisser ses tarifs de 15 % sur le prix de ses communications autre que locales, en ajoutant, il est vrai, 10 F par mois sur la facture d'abonnement. Il s'agit, pour cette entreprise toujours publique, mais maintenant cotée en Bourse, de torpiller l'offre de Cégétel, entreprise privée concurrente, dont l'offre est exactement égale ... à la baisse annoncée par France Télécom : 10 F par mois d'abonnement et réduction de 15 % sur les communications autres que locales. France Télécom reprend donc purement et simplement à son compte l'offre commerciale de son concurrent en la banalisant.
Or, pour accéder aux services de Cégétel, encore faut-il disposer d'un téléphone fixe et donc, pour l'instant, il faut passer par France Télécom. La concurrence n'est possible et admise que subsidiairement, à la condition d'être tolérée par le mammouth public ou issu du secteur public.
C'est exactement la même chose avec la télévision privée : vous ne pouvez accéder à TF1 qu'à la condition de payer la redevance qui finance exclusivement les chaînes publiques.
France Télévision, France Télécom, aujourd'hui Air France et demain EDF et la SNCF La concurrence arrive. Mais les entreprises publiques, leurs dirigeants et leurs syndicats prétendent bien conserver durablement leurs privilèges.
N'est-ce pas une conception très soviétiforme de la concurrence et de la privatisation ?
Michel Rondepierre
4 Propositions anti-violence
Au début du siècle, 80 % des missionnaires dans le monde étaient Français, les mères de famille nombreuses étaient honorées et nos soldats morts pour la France étaient donnés en exemple aux enfants. A la veille du troisième millénaire, les églises de nos villages sont fermées à cause des vols, les homosexuels défilent dans les rues et on remet la Légion d'honneur aux communistes espagnols. Depuis des décennies, les socialistes marxistes n'ont eu cesse de détruire les structures du pays en prenant pour cibles la religion, la famille, la patrie. La gauche hurle si un professeur donne une gifle à un élève impoli, si un gendarme tire sur un malfaiteur ou si un commerçant se défend contre un cambrioleur. Depuis des lustres, la police ne peut plus pénétrer dans certains quartiers des grandes villes,
Aujourd'hui au pouvoir, nos socialistes ont donc à faire face à une violence sans précédent dans les rues et dans les écoles. lls récoltent ce qu'ils ont semé. Entre un ministre de l'Intérieur qui prend enfin conscience du danger et un garde des Sceaux idéologue et mitterrandiste, le premier ministre soucieux de son image sur les écrans, hésite à prendre les mesures sérieuses qu'impose la situation.
Aussi draconiennes que soient ces mesures devenues inévitables, elles ne suffiront pas si nos gouvernants ne changent pas de comportement et ne promeuvent pas des réformes en profondeur en s'attaquant aux causes de cette violence.
1. La famille reste le pilier de toute société humaine depuis la création du monde. Ne pas la protéger, c'est se désintéresser de la formation de la jeunesse de demain, donc de l'avenir de la nation.
2. L'Éducation nationale a fait faillite. Non seulement, le nombre des illettrés a augmenté, mais l'éducation sociale et civile a été négligée. Sous sa forme actuelle, l'Éducation nationale est devenue ingérable. Il est grand temps d'admettre le principe du choix de l'école et de confier ce secteur aux régions.
3. La proportion d'immigrés dans beaucoup de localités a dépassé le seuil acceptable. Si nous ne voulons pas voir se multiplier les ghettos qui refusent d'accepter nos lois, nos moeurs,il est urgent de fixer les normes qui permettront un équilibre raisonnable.
4. Les énormes ensembles immobiliers à l'image des prétendues " cités radieuses " d'après guerre ont engendré l'ennui et la désespérance.Arrêtons ce genre de construction ; que les urbanistes, les architectes et les promoteurs imaginent des solutions plus humaines.
Ne nous leurrons pas, c'est seulement à ces conditions que le climat de violence auquel nous assistons commencera à régresser.
Philippe Quennoüelle, président de l'Union pour la Liberté
On nous dit sans cesse ici ou là que la France est le pays des droits de l'homme, alors que l'idée de droits de l'homme existait déjà en GrandeBretagne, et de façon stable, plus de cent ans avant 1789. la France est plutôt, hélas, le pays du travestissement de l'idée de droit...
On nous dit de même que la Révolution française nous a lait passer de la nuit de l'Ancien Régime à la lumière de la république et de la liberté, alors que c'est pendant la Révolution française qu'a eu lieu, du côté de la Vendée, le premier génocide à justification idéologique des temps modernes, et que c'est au moment de la Révolution française aussi qu'on a, au moment de la Terreur, guillotiné par milliers ceux qui n'adhéraient pas aux dogmes de la pensée unique de l'époque.
Nos enfants apprennent à l'école une version falsifiée de l'histoire, une version à peine digne des pires manuels soviétiques, et sous prétexte de cours d'éducation civique, ils se voient inculquer le solidarisme socialiste obligatoire, l'esprit de la lutte des classes et parfois la haine envers leur propre civilisation.
On nous parle de liberté de l'information, mais d'un journal à l'autre se retrouvent les mêmes analyses et le même regard posé sur le monde, comme si ceux qui parlent ou qui écrivent suivaient un mystérieux mot d'ordre venu d'en haut.
On nous parle de démocratie, mais le choix auquel nous sommes confrontés est toujours davantage un choix entre des candidats interchangeables, imprégnés d'un identique mépris du peuple, mépris qu'ils ont appris à pratiquer de longue date dans cette véritable école des cadres du Parti qu'est l'École nationale d'administration.
On nous parle de droit et d'état de droit alors que (je,regrette de le dire ) la France n'a jamais été un Etat de droit digne de ce nom et n'a jamais disposé des repères stables du droit, elle qui depuis deux siècles ne s'est jamais vraiment remise des crimes robespierristes, et n'a cessé de tituber de république éphémère en empire et de monarchie reconstituée en régime autoritaire...
On nous parle de gauche humaniste et respectueuse des droits des hommes, et on nous parle de droite dangereuse et parfois peut-être un peu "fasciste"...
Comme si nous ne savions pas que d'un boul à l'autre de l'errance ivre et meurtrière qui lui tient lieu d'histoire, la gauche n'a cessé de mépriser concrètement l'être humain, de le manipuler ou de le reconduire à diverses formes de servitude.
Et comme si nous ignorions que fous les totalitarismes qui jonchent ce siècle et tous les génocides dignes du triste nom de génocide trouvent leurs racines dans des idées de gauche et des idées socialistes, que ce socialisme sait le socialisme soviétique, le socialisme fasciste, le socialisme national hitlérien ou le socialisme castriste, tellement à la mode aujourd'hui chez les intellectuels de gauche.
La droite, elle, a dans son héritage, n'en déplaise à ses contempteurs, des valeurs qui n'ont jamais été, jamais, celles de la gauche, des valeurs d'honneur, valeur "ringarde" aux yeux de la gauche, des valeurs de droiture et de respect, la valeur du droit précisément qui lait tant partie de l'héritage de la droite que dans diverses langues, en anglais par exemple, les mots se confondent et que si droite est right, droit est right aussi.
Le crime le plus terrible de la droite molle, le crime le plus terrible de cette droite que j'appelle maladroite pour dire qu'elle semble un peu gauche, est d'avoir oublié ses valeurs pour courber la tête honteusement devant ses adversaires.
En ce contexte, notre tâche essentielle, ce doit être non seulement l'union à droite, ce doit être l'union autour des valeurs de la droite réafirmées.
Et pour réauirmer ces valeurs, pour les brandir, pour exiger que soit respecté le respect dont elles sont porteuses il nous faut, ces valeurs, les redéfinir.
C'est pour cela aussi, c'est pour cela, surtout, que nous sommes là...
Nous sommes là pour exiger au nom supérieur du droit et de l'honneur, qu'on sorte enfin de ce fonctionnement totalitaire qui ne dit pas son nom et qui lait osciller ce pays de corruptions en prébendes et de François Mitterrand en Roland Dumas, et nous sommes là pouj demander que soit établi, enfin, un véritable Etat de droit en France. Après deux siècles, il ne serait que temps.
Nous sommes [à pour rappeler qu'un Etat de droit, c'est un Etat qui considère que sÎ fâche essentielle et presque unique est de veiller au respect des droits de propriété des hommes pur euxmêmes et sur leurs biens, et non un Etat qui désarme sa police, récompense les délinquants et rackette ceux qui entreprennent...
Nous sommes, là pour rappeler qu'un État de droit, c'est un Etat dans lequel existent des règles fixes et stables qui,peuvent servir de grands repères, et non un Etat dans lequel les règles changent au gré des combinaisons, des magouilles et des convenances des politiciens professionnels...
Nous sommes là, et c'est le coeur même de ce qui nous réunit aujourd'hui, pour affirmer, sur le plan des principes, qu'un État de droit est un État dont les membres peuvent décider d'accepter ou de ne pas accepter de nouveaux membres en toute souveraineté, et décider de ce que sont les règles d'adhésion, et non pas un État dans lequel on dit aux citoyens qu'ils n'ont qu'à accepter et subir face à la police de la pensée...
Nous sommes là pour dire qu'un État de droit est un Etat dont les membres peuvent choisir qui vient y vivre en immigrant, et un État dont les membres peuvent choisir et préférer légitimement ceux qui seront fiers de devenir membres de l'Etat de droit plutôt que ceux qui proclament leur haine et leur mépris pour les règles du droit...
Nous sommes là pour dire enfin, et c'est aussi le coeur de ce qui nous réunit ce matin, qu'un État de droit peut, à qualifications égales, préférer ceux qui sont membres de l'État de droit à ceux qui n'en sont pas membres, et ce pour une raison évidente : être membre a et doit avoir une signification et une valeur, être membre cela renvoie à une adhésion plus forte à des règles, à des contrats, à tout ce qui permet qu'un état de droit reste, dans la durée, un État de droit.
La préférence nationale ainsi relue peut légitimement, je l'affirme en tant qu'intellectuel libéral, faire partie des valeurs du droit et de l'État de droit, et peut s'inscrire au sein des combats à mener pour l'union à droite.
Les socialistes y trouveront à critiquer, bien sûr, mais faut-il redire nous ne sommes pas là, surtout pas pour plaire aux socialistes (rien ne m'inquiéterait plus que de voir que mes propos plaisent à des socialistes), et faut-il redire aussi que leur morale et leurs règles ne sont pas les nôtres, eux qui corrompent, pervertissent ou assassinent tout ce qu'ils touchent, eux qui préfèrent toujours les criminels aux victimes et les délinquants aux honnêtes gens.
Certains libéraux y trouveront à critiquer peut être aussi, mais sans doute devraient-ils se demander alors s'ils ne pensent pas sous l'ombre portée de leurs adversaires, ce dont, en toute fraternité, on ne leur tiendra pas grief, c'est si difficile de penser droit par les temps qui courent...
J'en viens aux Etats-Unis, enfin...
Les États-Unis déplaisent à la gauche et c'est bier normal puisqu'ils incarnent l'accomplissement des valeurs de la civilisation occidentale et que la gauche n'a que haine et mépris pour la civilisation occidentale. ils déplaisent à droite aussi pariais, et c'est moins normal, et cela montre l'impact des idées de gauche bien au-delà de la gauche.
Les États-Unis, quoi qu'en disent leurs nombreux détracteurs, sont un Etat de droit, stable dans ses valeurs et ses principes, et ce depuis deux siècles.
Après avoir permis l'immigration libre, les ÉtatsUnis ont posé des règles strictes à l'immigration sans que personne aux États-Unis n'y ait jamais vu une atteinte aux valeurs fondamentales du droit.
Les États.Unis, depuis des décennies, pratiquent clairement la préférence nationale sans que quiconque aux Etats-Unis y voie une atteinte aux principes du droit. Un non-Américain aux ÉtatsUnis ne peut être engagé pour un emploi que si est fournie la preuve qu'à qualification égale aucun Américain ne pourrait occuper le poste.
Devenir Américain est toujours un honneur, une cérémonie, et jamais une simple formalité. Les valeurs fondatrices n'ont pas été oubliées. Cela devrait nous donner à réfléchir. ici, en France, les valeurs fondatrices de la civilisation occidentale s'oublient. Pire : ceux qui nous gouvernent et tiennent le pouvoir intellectuel les détruisent sciemment et cyniquement.
Et pour que la destruction se parachève, ils se réunissent à Versailles pour confier le pouvoir à des technocrates sans scrupules qui n'auront bientôt plus de comptes à rendre à personne puisqu'ils ne seront nulle part, dans cette abstraction virtuelle appelée Euroland.
Il nous faut réagir et réagir avant qu'il ne soit trop tard, il est bien tard déjà...
Une vieille phrase, voici deux siècles, une vieille phrase que j'aime citer disait ceci : quand la tyrannie est à bord, le soulèvement est un devoir moral.
La tyrannie est à bord depuis longtemps. Le soulèvement devient un devoir.
Nous pourrions être champions du monde !
Il est surprenant que le peuple se soit laissé berner par le message officiel ressassé depuis juillet sur le sens de la victoire de nos footballeurs à la Coupe du monde. On nous parle d'une France multiraciale et multicolore qui n'aurait pu vaincre sans l'apport de nos populations d'origine "beur" et "coloniale", comme si la population d'origine européenne avait une faiblesse ethnique fondamentale qui n'avait de chance de se régénérer qu'en se mêlant aux enfants de l'immigration : n'est-ce pas une forme de racisme que de passer son temps à souligner ainsi les races des citoyens français ?
En fait, il fallait plutôt voir dans cette victoire la plus belle illustration du libéralisme patriotique. Voici pourquoi. Libérale, au sens pur du terme, est la victoire de joueurs qui acceptent depuis leur prime jeunesse la compétition et le travail harassant pour se dépasser voire sortir de leur condition ; tous se sont frottés, comme nos entreprises, aux confrontations internationales, dans leurs clubs ou sous le maillot tricolore, pour s'aguerrir et progresser ; la plupart se sont même exportés, comme nos jeunes chercheurs et entrepreneurs, non seulement pour s'enrichir net d'impôt, mais aussi pour apprendre au contact des autres d'autres façons de jouer.
Tous acceptent la sélection permanente, la règle du jeu et les sanctions sévères qui frappent les fauteurs de trouble, tant honnies par nos élites bien-pensantes trop heureuses de n'avoir plus à vérifier leur valeur depuis leurs derniers examens ou concours. Chacun, admi-
rablement dirigé par un véritable manager, a compris l'intérêt personnel de jouer dans un total esprit d'équipe plutôt que de persévérer dans l'individualisme forcené et irresponsable qui mène toujours à faire porter à la collectivité les échecs, pour mieux solliciter son assisUn Zidane aurait-il réussi sans l'amour filial, le respect des lois et des cartons rouges, l'ambition et le travail ?
Patriotes au sens noble du terme, tous ces joueurs l'ont été lorsqu'ils chantaient à plein poumon la Marseillaise, soutenus par un public solidaire. La fierté de porter le maillot tricolore, d'ériger à la face du monde cette coupe tant espérée, d'apporter le bonheur à tout un peuple, ont marqué le comportement de ces joueurs qui méritent bel et bien l'hommage de la patrie, même s'ils sont retournés très vite chez nos voisins européens pour gagner un salaire bien mérité. Ce n'était pas un assemblage de races, mais la fusion de citoyens fiers de porter leur drapeau et indifférents à ces considérations indignes ; ce n'était pas la France des assistés, mais celle des véritables combattants de la gloire qui ont obtenu une victoire bien méritée.
Quel dommage que nos politiciens et médias n'aient pas fait cette analyse : ils auraient pu montrer à nos citoyens déprimés par l'assistance perpétuelle, l'exclusion croissante et la progression inéluctable d'une fonction publique stérile et impuissante - qui n'a de cesse de pourchasser le contribuable épuisé de nourrir la Bête - qu'avec leur talent, leur imagination, leur furia francese, leur créativité si appréciée des autres pays, et finalement leur grande richesse, les Français avaient les moyens de devenir eux aussi champions du monde économique.
Mais, pourquoi donc passons-nous tant de temps à nous hàir et nous méfier les uns des autres, alors qu'un but visible par tous et une méthode rigoureuse de gouvernement pourrait nous fédérer tous dans un projet d'aussi grande envergure que peut l'être une Coupe du monde pour un footballeur. Quel gâchis !
Les médias ont trouvé leur candidat : ils se reconnaissent dans le volubile Daniel Cohn.Bendit, leader charismatique de Mai 68, venu d'Allemagne pour réconcilier la société civile avec le libéralisme et avec l'Europe.
Il faut reconnaître que l'homme a du courage, par les temps qui courent : il défend le libéralisme, il s'en prend aux droits acquis ; il défend l'Europe, il s'en prend aux monopoles en France j il attaque la pensée unique de la vieille gauche, il défend les fonds de pension ; il s'en prend au lobby nucléaire français, qui a dépensé mille milliards en vingt ans sans jamais demander son avis au contribuable-électeur.
En un certain sens, Cohn-Bendit est plus méritant que d'autres parce qu'il prône un libéralisme cohérent : celui qui respecte les libertés individuelles, toutes les libertés individuelles.
Il rompt le schéma classique qui unit les conservateurs et les libéraux. En fait, le libéralisme libère l'homme de ses coutumes et de ses croyances ancestrales, de ses contraintes nationales et familiales. Il nous fait rompre avec le passé et en cela il est plus libertaire et "jouissif" que n'importe quel autre système d'organisation politique et économique. Il a plus révolutionné la société que le communisme, partout où il s'est imposé.
Cohn-Bendit vient de la gauche révolutionnaire i il a en face de lui Alain Madelin. Madelin, malgré tous ses efforts, passe encore assez mal dans les médias. Il est victime moins de son passé que de ses alliances avec les conservateurs. Madelin a plus à voir avec Dany le Rouge qu'avec Christine Boutin. Mais on sent bien que nos deux compères ont plus d'une idée en commun et qu'ils incarnent le centre politique actuellement : du libéralisme, de l'Europe et des libertés individuelles. L'opposition droitegauche va encore durer Mais elle est dépassée par une opposition apparue lors du référendum à Maastricht et qui elle aussi trouble le champ politique, notamment lors d'élections aussi idéologiques que les élections européennes : le clivage entre centre et périphérie.
Nous avons évoqué la notion de centre, qui rassemble aussi bien les libéraux que la gauche-caviar et ceux qui ne veulent pas apparaître comme des laissés-pour-compte de l'histoire.
La périphérie s'organise autour d'un axe Le Pen-Bourdieu, ou Pasqua-Bourdieu, si l'on veut être moins polémique. Entre ces pôles, pour des raisons historiques, il n'y aura que haine et malentendus. Pourtant, les deux pôles s'opposent à la mondialisation, au capitalisme et à ses conséquences (immigration ou exclusion, perte d'identité nationale ou sociale, complexes culturels dus à un sentiment d'inadaptation) ; ils ont la même cible, et ils sont euxmêmes la cible des médias de l'établissement- Le Pen est diabolisé, Pasqua et Bourdieu sont ringardisés : gauche dure, nationalisme et archéo-gaullisme sont à ranger parmiles accessoires de l'histoire,11 reste à voir si leur relative importance actuelle est le chant du cygne de l'exception française ou s'ils incarnent une certaine modernité, celle qui remet en cause les "eaux glaciales du calcul égoïste" et "le règne autocratique de la marchandise"...
La chronique politique d'Alain Dumait: Millon + Villiers = une Europe de droite
Le fait majeur de la vie politique française, qui va évidemment à l'encontre de toutes les idées reçues, et qui n'est à peu prés jamais souligné par personne, est, sans conteste possible . le croiriez-vous ? la montée continue, depuis de longues années, du concept de droite !
En 1966, interrogés par la SOFRES, les Français n'étaient que 24 % à se dire "de droite" ; interrogés trente ans plus tard par Louis.Harris ils étaient devenus 34 % ! Dans le même temps "la gauche" progressait également, mais de trois points seulement (38 %), tandis que "le centre" reculait de 31 à 14 %. Autant dire qu'il s'efondrait, avant de disparatre sans doute, en tout cas comme force politique autonome.
Non seulement les Français se retrouvent et se situent fort bien sûr l'axe droite-gauche . ils ne sont que 10 % à ne pas le faire . mais encore, dans le détail de l'expression de leurs opinion, ils démontrent, sondage après sondage, qu'ils sont de plus en plus "à droite" : ils sont toujours contre la peine de mort, pour la limitation du droit de grève dans les services publics, ils mettent en tête de leurs préoccupations les questions de sécurité intérieure, et veulent, dans leur immense majorité, qu'on contrôle mieux l'immigration...
Mais, sur certaines questions, ils se divisent à l'intérieur de chacune des deux grandes familles politiques. C'est en particulier le cas en ce qui concerne les affaires européennes.
Avec la ratification du traité d'Amsterdam, après Maastricht, c'est évidemment la question de la souveraineté nationale qui est posée.
Souverainistes et anti-souverainistes se retrouvent en effet dans les deux camps. Et nombreux sont nos correspondants qui nous pressent de nous rallier à ce nouveau clivage.
C'est ce que nous refusons. Car il reviendrait à méconnaître que le clivage droite/gauche s'inscrit, lui, dans la durée, qu'il se maintient au-delà des circonstances, y compris des moments historiques les plus dramatiques (Occupation, guerres d'Indochine ou d'Algérie...) Certes le clivage souverainistes/fédéralistes est parfaitement légitime. Mais il ne doit pas occulter le clivage droite/gauche, qui sera toujours en vigueur dans 20 ou 50 ans, quand on ne parlera plus, depuis longtemps, du traité d'Amsterdam.
Le 8 décembre dernier nous avons consacré un numéro spécial à ce projet de traité (n°198). Et nous avons titré "non à un État-providence européen !" Mais nous célébrons aussi les vertus d'une Europe qui est aujourd'hui la seule voie nous permettant d'échapper progressivement à toutes les politiques publiques monopolistiques, si chères aux partisans de l'exception française...
Sans doute serions-nous davantage séduits par le thème de la défense de la souveraineté nationale si celle-ci avait été mieux défendue, depuis 30 ans, par des politiciens qui n'ont eu de cesse de piétiner nos libertés !
Qu'on s'en réjouisse ou non,Amsterdam sera ratifié comme Maastricht l'a été. Le débat politique doit maintenant se porter vers l'avenir et pas vers le passé. Et le combat qui demeure, c'est toujours celui de la droite contre la gauche, celui de la responsabilité des individus contre l'irresponsabilité collective abrutissante, celui des droits légitimes de propriété contre l'excès du prélèvement public,avec ses gâchis et ses scandales.
Quand arrive le temps des élections, c'est ce clivage droite/gauche qu'il convient de retrouver. C'est vrai pour les élections européennes du 13 juin prochain comme cela le sera pour les municipales de mars 2001. Car il y a toujours, pour l'Europe comme pour la plus petite de nos communes, une politique de droite à opposer à une politique de gauche !
Bien sûr, pour le 13 juin, le mode de scrutin - et l'absence dramatique de vie démocratique à l'intérieur des formations politiques, toutes contrôlées par des dirigeants largement autoproclamés - poussent à l'éparpillement.
Les électeurs de droite ne pourront certainement pas voter pour des listes de gauche ou même pour la liste de la fausse droite, emmenée par un Philippe Séguin de plus en plus ouvertement social-démocrate. lls seront donc confrontés à un morcellement de l'offre politique qui se présente à eux. Deux listes FN, une liste Pasqua, qui prétend, à tord, rassembler aussi bien à droite qu'à gauche, et deux autres listes, emmenées par Philippe de Villiers et Charles Millon.
Le regroupement de ces deux initiatives, encore incertaines, justement parce qu'elles sont incarnées par deux hommes courageux, se réclamant de la droite, et ayant des sensibilités européennes différentes, mais complémentaires, serait certainement un signe d'entente à droite qui mériterait d'être salué. Et encouragé.