Sommaire du N°211 du Samedi 13 mars 1999

Sang contaminé: plusieurs milliers de victime du PC ( politiquement correct)

 

On peut résumer « l'affaire du sang contaminé » en quelques phrases simples, de la façon suivante :

- tous les pays du monde ont été confrontés, en 1985, au problème de la multiplication du nombre des cas de personnes contaminées par le virus du Sida, après transfusion sanguine;

- les autorités françaises ont réagi, dans l'ensemble, plutôt plus vite que celles des autres pays européens;

- pourtant le nombre de morts a été chez nous proportionnellement cinq à dix fois plus élevé!

- Pourquoi ? Parce que, dés 1983 ou 1984, et en tout cas dès le premier semestre de 1985, partout ailleurs, avant même qu'on adopte les tests de dépistage et les procédés de chauffage, on a effectué une sélection efficace des donneurs de sang.

- Sélection? Vous avez dit "sélection" ? Mais sélection de qui ?

Mais des sujets « à risque », bien sûr ! Tous les autres pays ont fait ce qu'il fallait faire d'urgence, en l'état des connaissances scientifiques d'alors :

sélectionner les donneurs, arrêter de ponctionner à tout va dans les prisons, écarter des dons du sang les homosexuels, les toxicomanes, les Zàirois et les Häitiens.

Une circulaire, d'ailleurs, le prescrivait (presque) explicitement. Mais, ce n'était pas "correct ", et elle ne fut pas appliquée ! 4000 morts... Un procès honnête aurait dû éclairer ce point. Il a été noyé parmi beaucoup d'autres et ce grief n'a pas été retenu dans le jugement final...

Le procès du PC (politiquement correct) est instruit ailleurs, tous les jours, par l'opinion publique elle-même. L'immigration incontrôlée, les zones de non-droit, la délinquance au quotidien, sont d'autres conséquences criminelles du politiquement correct. L'excès du fiscalisme n'est du même ordre. Ils tuent. Ils blessent.

Ils nous dépouillent, Ils désespèrent les meilleurs de nos concitoyens. Ils font fuir à l'étranger les plus doués de nos jeunes diplômés. Mais personne n'en assume et n'en assumera la responsabilité pénale. Car le complot du PC mêle ensemble non seulement les hommes politiques de gauche et de la fausse droite, mais aussi les médias et la classe parlante. Qui prétend monopoliser, au nom du peuple, le droit de parler, de dire le droit, le vrai, le faux, le bien, le mal.., et le politiquement correct!

Jean Rouxel

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Lu pour vous " le malheur du siècle" par Alain Besançon

 

Alain Besançon, spécialiste mondialement reconnu de l'histoire du totalitarisme communiste, membre de l'Institut, dans ce nouvel essai (165 p 110 fr) , constate tout d'abord que tout ce siècle qui s'achève a été traversé par le communisme et par le nazisme. Mais, alors que l'un tombe aujourd'hui dans l'oublie, le souvenir de l'autre semble pouvoir brûler d'un feu perpétuel. C'est cette inégalité dans la mémoire que s'efforce d'expliquer le professeur Besançon.

Les deux formes distinctes du totalitarisme ont été, l'une comme l'autre, des systèmes de destruction physique, de destruction morale et de destruction politique. L'auteur y consacre ses trois premiers chapitres et en volume, un peu plus de la moitié de son livre.

L'usure et la faillite des systèmes totalitaires ont heureusement un caractère inévitable. Si l'on veut bien faire l'hypothèse, pour un instant, qu'Hitler aurait pu gagner la deuxième guerre mondiale, ou simplement aboutir à une paix de compromis avec les alliés coalisés, on peut, à partir de cette situation imaginaire, s'interroger sur les chances de pérennité qu'aurait eues le régime nazi. Pour Alain Besançon, ce régime se serait alors usé, selon des lignes sans doute analogues à celles du régime léniniste.

Mais justement, si le système totalitaire nazi a été renversé par la force, l'histoire contemporaine ne compte aucun exemple de renversement par la force d'un système communiste (si l'on veut bien mettre à part le cas unique de l'île de Grenade où, en effet, un régime communiste a été renversé par une invasion massive en bonne et due forme, et malgré un concert de contestations, non seulement de tous les pays communistes, mais également d'un grand nombre de pays occidentaux bien-pensants .) Par rapport à tous les autres ouvrages récents parus sur le totalitarisme (voir en particulier Stéphane Courtois, "le livre noir du communisme", Robert Laffont 1997), l'originalité principale du livre d'Alain Besançon réside dans ses deux derniers chapitres intitulés "théologie" et "mémoire", où l'auteur s'interroge, d'un point de vue chrétien, sur le concept "d'unicité de la Shoah".

On laissera à Alain Besançon la responsabilité de certaines de ses affirmations (par exemple : "l'antichristianisme juif est moins incohérent avec la foi juive que l'anti-judàisme des chrétiens qui se mettent immédiatement, de ce fait, en contradiction avec leur foi" ). Mais on lui accordera le grand mérite d'avoir abordé la question, et de l'avoir fait sans tabou.

B. P

Le malheur du siècle, essai d'Alain Besançon
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La grande trouvaille socialiste travailler moins et gagner plus !

Les socialistes, et plus généralement les hommes de l'État, en bons utopistes, sont des marchands d'illusion. Non seulement, ils introduisent des réformes, ils créent de supposés droits sociaux, en reportant toujours leur financement sur les générations futures, mais encore, ils soutiennent des contre-vérités économiques. Ainsi, sous nos yeux, la loi sur les 35 heures prise en application d'un principe évidemment stupide selon lequel c'est en travaillant moins qu'on peut produire plus et, au passage, trouver une solution au problème du chômage généralisé.

On peut admettre qu'un certain nombre de nos contemporains soient fâchés avec les règles les plus élémentaires du bon sens et de l'arithmétique.

Il est vrai, en outre, que le fonctionnement des mécanismes économiques les plus rudimentaires échappent encore à beaucoup de Français.

De bonne foi, peut-être, certains s'imaginent que la richesse, la production, les biens de consommation, cela se partage, même si ça ne tombe pas du ciel, comme nos ancêtres sans doute, selon des règles très autoritaires, se partageaient autrefois - il y a moins de dix mille ans - leurs maigres cueillettes.

Et, en effet, le socialisme utopique est probablement une résurgence de l'époque paléolithique...

Cependant, avant Lionel Jospin et Martine Aubry en 1997, on a déjà eu François Mitterrand et Pierre Mauroy en 1981, On a eu alors les 39 heures et la retraite à soixante ans.

Non seulement, on a vu les résultats, mais, au moins pour la retraite à soixante ans, même les experts estampillés "socialistes" reconnaissent qu'il s'agissait d'une erreur majeure.

Aujourd'hui, il n'est question que de travailler plus longtemps, et au moins jusqu'à 65 ans, Ce sont les très officielles propositions du Commissariat au plan (encore une institution fossile soviétiforme...) : d'ici vingt ans, plus personne ne pourra prendre sa retraite sans avoir travailler au moins 42 ans et demi. Pour les

jeunes diplômés qui, à 27 ou 28 ans ne sont toujours pas dans la vie active, cela signifie une retraite après 70 ans, Pour ne rien dire, des jeunes chômeurs qui désespèrent, pendant de longues années, de trouver un vrai job...

Si le mythe de la retraite à soixante ans vient de s'écrouler,les mêmes experts,à quinze ans d'intervalle, comme toujours, disant d'abord une chose, puis son contraire, gageons que celui de la semaine des 35 heures s'évaporera bientôt.

Car, quelle logique y aurait-il à travailler moins chaque semaine ou chaque année, mais plus longtemps et à un âge peu avancé de sa vie ?

D'ailleurs, les pays les plus prospères, en particulier, les États-Unis, sont aussi des pays où on travaille davantage que chez nous-Aussi bien en termes annuels que sur la totalité de la vie active, Ce sont aussi des pays où une plus grande part de la population active est au travail, y compris du côté des femmes,..

Les Français ont la mémoire courte, Mais les faits sont têtus...

Alain Foucart

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"Pour l'entent à droite" ,reunion du 23 janvier 1999

Nous poursuivons la publication d'extraits significatifs des interventions prononcées par les orateurs qui se sont exprimés à la tribune à l'occasion de notre deuxieme convention, samedi 23 janvier. Le théme général était: " la préférence national, oui ou non ?"

Préférence nationale ou suicide d'une nation ?

Aimez-vous les uns les autres », nous dit le Christ dans l'Évangile. Mais, il ajoute aussitôt : " Tu aimeras ton prochain comme toi-même. ", ( "Comme toi même" , parole qu'il convient de méditer. Car comment aimer les autres, si d'abord et surtout, on ne s'aime pas soi-même, et ceux qui sont comme nous,qui ont en commun avec nous la langue, l'histoire, la tradition, le souvenir de tous ceux qui nous ont précédés sur cette terre de France. Que nous aimons, plus que nous-mêmes.

Car la haine de soi mène inexorablement au suicide. Or nous assistons au lent suicide d'une nation, la nôtre,la France.

En effet qu'est-ce qui fait qu'une nation, qu'une collectivité, une communauté d'hommes vive, qu'elle existe au monde !

Renan nous le dit : "C'est la volonté de vivre ensemble". Dans cette formule, la plus belle, claire que l'on ait prononcé sur la nation,il y a deux choses.

- vivre. À la base, la vie, les hommes. Sans hommes, plus de droit,plus d'histoire,plus de Constitution, plus de nation. Rien. Le désert des hommes.

- ensemble. Des hommes qui partagent une identité en commun, une même identité.

Or notre pays est menacé par deux périls mortels jumelés, car vont souvent ensemble :

- le déclin démographique qui autorise, encourage, facilite, une immigration de peuplement, ou de substitution de population.

- et la perte du sens de l'identité, de sa propre identité, dont le clone mortel est le multiculturalisme, ou encore l'Europe sans nations, celle qui mijote doucement dans la marmite infernale de Bruxelles.

Or,réfléchissons un instant. Dans ce début d'année, la dernière de ce millénaire qui s'achève,la nation vient de perdre successivement deux des attributs majeurs qui font d'elle une nation,l'armée et la monnaie.

La monnaie, depuis quelquesjours. Puisqu'aujourd'hui, le franc n'existe plus. Il n'est qu'une décimale, une subdivision de la vraie monnaie, celle de Francfort,

l'euro. Ce que les légions hitlériennes n'avaient pas réussi à faire, supprimer le franc, nos gouvernements successifs, de gauche comme de droite, tous unis dans un même combat, contre la France, l'ont fait.

Or, la fonction régalienne par excellence, c'est le droit de battre monnaie. Depuis les débuts balbutiants de la royauté, avec le sou carolingien, puis la livre tournois de Philippe Le Bel, puis le franc révolutionnaire. Depuis toujours, le droit de battre monnaie a été dévolu à l'autorité de l'État qui conduit la nation. Désormais, il sera dévolu à Francfort.

Larmée. Là, cela a été plus lent, moins spectaculaire, pas encore tout à fait achevé. Mais c'est en route. La défense nationale, la protection de la nation contre l'ennemi a été la prérogative de l'autorité de l'État, quelle que soit sa dénomination. Or on voit la démolition insidieuse, invisible, mais trop réelle de l'instrument de défense de la France. On ne consacre plus aujourd'hui que 2,2 % du PIB à l'armée, contre 4 % environ il y a 20 ans. Nous avons 3 ou 4 fois moins de canons, de tanks, d'avions de combat, d'hélicoptères que l'Allemagne. En termes d'équipements militaires,la France c'est... la Suisse. Nous reposons donc sur les États-Unis, ou l'Allemagne, ou l'Angleterre pour nous défendre.

Avec la fin de la conscription, remplacée par une dérisoire journée d'information, - pourquoi pas une minute de silence à la mémoire de l'armée, - le dernier creuset de la nation vient d'être brisé. Car, dans le passé, comment se forgeait cette volonté de vivre ensemble, qui faisait que les Bretons, Corses, Réunionnais, Alsaciens ou Basques avaient le sentiment d'appartenir à la même nation! Par l'armée qui permettait à des jeunes venus de tous les horizons de vivre ensemble une expérience collective forte, au service d'une cause transcendantale, la défense du pays.

Reste l'école, me direz-vous... sans rire. Mais comment ne pas rire devant les pitoyables déclarations de Mme Ségoléne Royal qui ne maîtrise pas bien l'orthographe, ou les rodomontades de M.Allègre, notre dégraisseur national de mammouth,dont il a un peu la tête. Lécole n'est plus un lieu d'apprentissage, de la langue, de l'histoire du pays, du civisme, mais un espace de violence, de frustrations et de haine.

Suicide d'une nation, Oui,il y a bien volonté délibérée de briser ces structures,ces liens,ces ciments qui font tenir ensemble les éléments disparates dont l'ensemble forme néanmoins une nation.

Sans caricaturer,le symbole le plus visible de l'appartenance à la nation française n'est plus le drapeau, qui se fait discret, même sur les édifices publics, la Marseillaise, que l'on entend de moins en moins, même si nos joueurs de foot du Mondial ont fini, dit-on par l'apprendre,- mais la carte de Sécurité Sociale, symbole d'une société qui n'existe plus que par le ventre, ou le bas-ventre-

Oscar Wilde disait plaisamment « s'aimer soi-même, c'est s'aimer pour la vie. » Derrière cette boutade se cache peut-être une profonde vérité. Car aimer ce que l'on est, ce que l'on veut être, plutôt que ce qui vient de l'autre, de l'extérieur, de l'étranger, c'est peutêtre cela la vie, la préférence pour la vie, la préférence nationale, la préférence pour la nation.

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Bon pour les Canaques, mais pas pour les Français !

par Guy petibon, responsable d'association

Prenons un exemple de préférente nationale, celle accordée par les socialistes aux Canaques. Le 1er janvier 2000 , la Nouvelle-Calédonie s'installera dans le nouveau statut que le Congrés,vraie gauche, et fausse droite confondues,lui a accordé :

1.Annulation des décisions précédentes, 2. Priorité d'embauche absolue aux Canaques, c'est la préférence Canaque, 3. Sévère réglementation de l'immigration pour conserver la majorité aux Canaques.

Comme le fait remarquer Philippe De-villiers : pourquoi ce qui est recommandé pour les Canaques est interdit pour les Français?

Il n'y a que deux façons de reprendre le pouvoir :

1. Ou bien M, jospin, fort de sa minorité plurielle, en place par défaut de la droite morcelée, déjà en dificulté avec Madame Voynet, ne peut s'entendre avec Daniel Cohn.Bendit, dont les Allemands n'en voulant pas non plus, viennent de nous faire cadeau, et alors alphabétiquement et historiquement,après la « gauche plurielle »,c'est la « gauche plus rien ».

l-Ou bien l'Entente à Droite rassemble la majorité de Droite en France, mais cela suppose de passer outre aux petitesses concernant l'arrivisme - ce n'est même pas de l'ambition - de chacun.

Le chômage lui-même pourrait être réduit, voir éradiqué - cela n'a rien d'impossible -, et quatre actions suffiraient :

1-réduire les impôts et les charges publiques, 2,supprimer les rigidités et le laxisme de notre système économique et social ( par exemple sortir de la litanie du financement ridicule et exorbitant des 35 heures de Martine Aubry), 3, réformer notre système éducatif et surtout de formation professionnelle, 4, enfin et surtout, arrêter le développement incontrôlé de l'immigration.

Que viennent chez nous comme ailleurs tous les hommes qui, munis d'un contrat de travail, veulent comme d'autres dans le passé s'intégrer à la France !

Et non pas tous ceux qui, porteurs de strabisme, lorgnent à la fois du côté de la Mecque et du côté de notre distribution d'avantages sociaux, car il faut choisir.

En 1992,lorsque le RPR était encore le premier parti politique de France - celui des Français qui ne supportaient pas la fuite et l'abandon -, Philippe Séguin écrivait :

" La nation qui n'est plus, ni grande, ni même souveraine, entretriendrait-elle la mémoire de la France? " Que resterait-il de l'histoire de la France si quelque norme européenne venait interdire aux États un enseignement qui ne faciliterait pas assez l'abandon de souveraineté?

La communauté pourrait parfaitement bannir de nos cultures ce qui contrarie son inspiration à un État fédéral intégré.

On observera que la souveraineté française étant inaliénable,selon la déclaration des droits de l'homme et la Constitution même de la République, nulle renonciation ni prescription ne saurait en interdire le rétablissement Hélas, hélas, hélas! On a depuis fait remarquer à Philippe Séguin que l'ambition de sa carrière exigeait de prendre la position inverse.

Je suis un européen convaincu, partisan d'une Europe des nations, celle où ce ne sont plus les eurocrates apatrides de Bruxelles qui contrôlent les Nations, mais celle où les Nations contrôlent ses fonctionnaires bruxellois. Une Europe où la garde du drapeau européen est assurée par les drapeaux des Nations, non par un fanion publicitaire qui confirme que nos drapeaux, sauf pour le "Mondial", sont définitivement rangés au placard.

N'oublions pas qu'il y a plus de 100 millions d'hommes qui parlent allemand en Europe ce qui veut dire, qu'après Amsterdam et après l'élargissement, il y aura dans une Europe où les décisions se prendront à la majorité, le tiers des voix étant donné aux Allemands.

On avait peur que les Allemands ne nous refassent la guerre (et pourquoi grands dieux?) rassurez-vous, ce n'est plus pour eux la peine, sous la pression des Américains, les Européens, par Amsterdam imposé, auront construit de l'Atlantique à l'Oural la grande Mitteleuropa, l'Europe allemande! Ils décideront en particulier dans cinq ans de la politique d'immigration en France.

(Extraits)

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Redressements: il n'y a pas de cas desespéré !

Le redressement d'entreprises en difficulté n'est jamais une sinécure. Mais, les exemples abondent, non seulement aux États-Unis, mais dans tous les pays du monde et même en France.

C'est vrai dans tous les secteurs, aussi bien l'automobile, la banque, l'informatique, que les loisirs ou la restauration collective. Des groupes aujourd'hui aussi puissants que Bolloré ou Schneider sont des exemples bien vivants de purs phénomènes de résurrection : le groupe Bolloré a été racheté un franc symbolique par son président actuel à la compagnie financière d'Edmond de Rothschild, tandis que le groupe Schneider, à la fin de 1980, au départ du baron Empain, au moment où il a été pris en main par Didier Pineau-Valencienne, ne valait plus qu'une poignée de millions de francs.

Le redressement d'un pays, de ses finances publiques en particulier, est une entreprise encore plus difficile. Mais, elle est également possible. De nombreux exemples sont là pour le confirmer.

On a souvent évoqué le cas de la Nouvelle Zélande, qui, avec des majorités social-démocrates a procédé, dans le courant des années 80 à un véritable démantèlement des structures de son état providence.

On cite souvent le cas des Pays-Bas comme des réformes introduites dans plusieurs pays scandinaves, en particulier le Danemark.

Un exemple ltalien est plus intéressant car c'est celui d'un pays latin, réputé laxiste,et où l'État, traditionnellement,est considéré comme faible, ne pouvant s'appuyer, de surcroît que sur des majorités politiques éphémères et disparates.

Pourtant, depuis cinq ans, l'Italie est parvenue à réduire de moitié sa dette publique en même temps que la part de la dépense publique dans le produit intérieur brut était sensiblement diminuée.

Un autre exemple mérite notre attention. Celui-là se situe aux antipodes. C'est celui de la Corée du Sud.

Pas plus tard que l'été dernier, ce pays très dynamique était entraîné dans l'engrenage de la dévaluation, d'une part, par la remise en cause de la monnaie de la Thäilande, et d'autre part, par les faiblesses de son système financier à la fois rigide, dominateur et peu productif. En échange d'une aide massive, le gouvernement de Séoul a suivi scrupuleusement les consignes du Fond Monétaire lnternational, le si décrié FMI. Des entreprises publiques ont été fermées, de la concurrence a été introduite massivement dans le secteur financier, on a laissé flotté la monnaie sans recourir au contrôle des changes. Et, aujourd'hui, après six mois seulement de réformes, le pays, d'après les dernières informations publiées, a déjà repris le chemin de la croissance. On parle d'une expansion de 5 % pour 1999 !

La France n'est ni la Nouvelle-Zélande, ni les Pays-Bas, ni l'Italie, ni la Corée du Sud. Mais elle est certainement aussi capable que certains de ces pays de redresser la situation qui est la sienne, en particulier, en matière de chômage.

À la seule condition de tourner le dos résolument au socialisme et au fiscalisme. Ce qui suppose que l'on place à la tête du pays des hommes politiques déterminés à mener une autre politique..,

Bernard Piard

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Fausse Droite et fausse Gauche

par Nicolas Mériadoc

Un très intéressant ouvrage de Serge Halimi, chercheur et journaliste au Monde Diplomatique, « Les Nouveaux Chiens de garde », a montré que s'il y avait une fausse droite, il y avait aussi une fausse gauche.

Cette fausse gauche est apparue au milieu des années 80, lorsque la gauche de Mitterrand a choisi la carte européenne et la carte du libéralisme, même s'il s'agit du libéralisme "à la française". Cette gauche a en général rompu avec les salariés (sauf les privilégiés du secteur public dont on vient d'apprendre qu'ils travaillent jusqu'à vingt-neuf heures par semaine...), avec tous les populismes qu'ils soient de gauche ou de droite.

La fausse gauche a rejoint la fausse droite dans la même adoration de choix béats : l'Europe, l'euro, le marché mais aussi l'État, les "drouad'lom», la diabolisation de tous ceux qui ne sont pas d'accord. Halimi donne l'exemple des grèves de décembre 1995. À l'époque, tous les nouveaux chiens de garde critiquaient les grévistes et les vitupéraient. Absolument tous, qu'ils fussent de droite ou de gauche-Tous les grands médiatiques interviewés étaient opposés à ces grèves, comme ils sont opposés par exemple à l'entente à droite.

Quel que soit le sujet, les chiens de garde de droite ou de gauche sont d'accord. Cette homogénéisation médiatique a bien sûr des sources politiques et sans doute économiques : c'est ce qu'on appelle la pensée unique imposée par les institutions financières internationales et par les grands capitalistes étatiques à la française qui tirent les ficelles de la presse de droite comme de gauche.

Halimi donne les exemples de journalistes qui ne donnent pas entière satisfaction : ils sont renvoyés séance tenante, comme Polac et July (souvent cible par ailleurs de ce petit livre) le furent de TF1, ou bien comme Françoise Giroud le fut du "Journal du Dimanche". Bref, c'est le chien gras de La Fontaine. Ces chiens gras (600000 francs par mois pour PPDA) ne sont pas libres.

Ils peuvent ne pas l'être et s'en satisfaire.

Halimi dresse un portrait peu reluisant d'Alain Duhamel, spécialiste de tout et qui incarne à lui seul la pensée unique telle qu'on l'applique à la France. Duhamel passe partout, dans "Libé", sur Antenne 2, sur France 3, sur RTL, et publie ses éditoriaux dans une dizaine de magazines et de journaux régionaux. Visiblement, alors que cela fait trente ans que nous subissons sa médiocrité et ses truismes politiciens, nous n'en avons pas encore fini de le voir et de le lire. Au fait, je parlais de fausse gauche : Duhamel est-il seulement de gauche!

Duhamel appartient à ce que Minc appelle le cercle de raison. Il y a le cercle de raison, des gens qui nous dirigent depuis quarante ans et font la même chose, qu'ils soient socialistes ou gaullistes, et il y a le cercle de déraison. La vraie droite, la vraie gauche.

Le problème que ne pose pas Halimi dans son livre est le suivant : est-ce que l'opinion publique aime vraiment être dirigée au centre, comme le pensait Duverger, ou est-ce qu'elle l'est par les chiens de garde! Ce centre politique est apparu avec la démocratie moderne et avec le développement de la presse. Mais est-il si naturel ou bien a-t-il été savamment et constamment  entretenu ?

Les nouveaux chiens de garde,
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Lepénisation de l'opignion et soviétisation des ( fausses ) élites !

De temps à autre, tel ou tel commentateur (Alain Duhamel ou Serge July, par exemple), reprend encore l'expression " lepénisation des esprits " qui fit florès il y a déjà une quinzaine d'années. Il entend par là ramenerà l'état de simples illusions les maux dont la dénonciation constitue en effet les leitmotivs des interventions du leader du Front national. Ce qui revient à affirmer que, dans ce pays, l'immigration incontrôlée ne poserait en définitif aucun problème, que l'insécurité dans les cités de banlieue devrait être relativisée, que le fiscalisme ne serait pas pire qu'ailleurs, et que le chômage massif ne serait pas de la responsabilité des politiciens qui nous gouvernent depuis 25 ans... C'est " tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien!... ", l'air qu'on nous rabâche tous les soirs au JT de 20 heures.

Jean-Marie Le Pen aura pour longtemps le grand mérite d'avoir été le premier à dénoncer avec vigueur quelques-uns des maux réels dont souffre notre société en même temps que les dérives totalitaires qui prétendent interdire qu'on en débatte sereinement et normalement.

C'est si vrai que tous les sondages d'opinion confirment que ses thèmes de prédilection recueillent un assentiment qui, encore aujourd'hui, va bien au-delà des électeurs qui accordent leurs suffrages à sa formation politique.

En 1985, réclamer la sélection des donneurs de sang, avec questionnaire sur leur vie privée, c'était aussi, sans doute, une manifestation de la " lepénisation des esprits"... Et quand jean-Marie Le Pen parlait de « sidaïques », c'était l'époque où Laurent Fabius disait entendre « judaïque »...

Finalement, paradoxalement, l'expression "lepénisation des esprits" a sans doute fait davantage pour favoriser le développement du Front national et son installation dans le paysage politique français que tous les meetings et les banquets nationaux organisés autour de jean-Marie Le Pen...

C'est tout le paradoxe de "l'antifascisme" contemporain, support du politiquement correct, idéologie adoptée aussi bien par les derniers staliniens que par les tenants de la technocratie bourgeoise, qui prétendent tous dénoncer une doctrine qui n'est plus défendue par personne,et qui sont donc contraints de présumer le crime raciste, à tort et à travers, sans jamais pouvoir le démontrer, et pour cause! Leurs fantasmes sont si éloignés des réalités vécues par les Français que leurs campagnes aboutissent souvent à l'inverse de l'effet recherché. Et ce que Le Pen ne doit pas à son talent,il en est redevable, sans doute , au fait d'avoir été la cible de cet antifascisme-là, apparemment triomphant.

Comme l'antifascisme, l'antilepénisme, qui s'acharne à dénoncer une menace imaginaire, a pour fonction objective de faire accepter tous les dysfonctionnements, toutes les pathologies du monde actuel, qui seraient comme de moindres maux au regard du mal absolu du supposé fascisme renaissant*. Car, pendant ce temps-là, la soviétisation de l'économie et de la société française continue à grands pas. L'éducation, la santé, la prévoyance,la culture et même le logement sont autant de domaines à propos desquels un consensus fausse droite/gauche marxiste considère désormais qu'ils échappent, en fait ou en droit, totalement ou largement, à la sphère marchande et de la responsabilité individuelle. Les grands groupes financiers sont à peu prés tous dirigés par des représentants de la nomenklatura. Les relations du travail sont placées sous le contrôle des syndicats. La spoliation fiscale progresse chaque année.

Entreprendre et créer des richesses est bureaucratiquement découragé...

Je ne suis pas sûr qu'il faille déplorer la «lepénisation des esprits ». Mais je sais que la soviétisation de nos élites autoprodamées nous conduit tout droit au désastre!

* Dons son dernier ouvrage « communisme et nazisme, , 25 réflexions sur le totalitarisme au XXe siècle » (Editions Le Labyrinthe, 41 rue Barrault 75013, Paris, 150 pages, 120 F), Alain de Benoist note finement que « le nouvel antifascisme n'est qu'un moyen parmi d'outres, mois non des moindres, de se voir ouvrir les portes des médias et des chaînes de télévision »...

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