Sommaire du N°212 samedi 20 mars 1999

Edith Cresson: un super cadeau de François Mitterrand !

Edith Cresson a d'abord fait une entrée discrète dans la vie politique française : au bras de François Mitterrand. C'était en 1966. Il avait 47 ans et elle en avait 32... La dame, qui avait fait une bonne école d'attachées de direction (HECJF), n'avait pas froid aux yeux. Son protecteur, qui épousait la cause des femmes, la présentait comme promise à un grand avenir politique. Et c'est ainsi qu'elle fut envoyée en mission, dans la Vienne. Avec un succès évident, puisqu'elle devint tour à tour député (1981), puis maire de Châtellerault (1983). En 1981, avant l'élection présidentielle elle avait su organiser chez elle (rue ClémentMarot, dans le VIIIe, à Paris) un dîner avec le candidat de la gauche unie et celui du RPR qui s'appelait Jacques Chirac. Ce dernier lui en sera d'ailleurs reconnaissant...

En 1991, ayant usé Michel Rocard, et grandement contribué à son discrédit, le président Mitterrand ressortit, comme un joueur son joker, Édith Cresson, première femme Premier ministre en France, dont il fit don à la France, comme il l'avait déjà fait du savant Fabius.

Las! Dès sa première intervention à l'Assemblée nationale, on sut qu'elle avait raté son examen de passage. Son " caractère " , et la misogynie du milieu des politiciens professionnels firent le reste : Pierre Bérégovoy n'avait plus qu'à recoller les morceaux...

Mais François Mitterrand lui promit un lot de consolation. Qui lui permettrait de tenir son rang d'ancienne excellence de la République. Ce fut la Commission de Bruxelles (1994).

Démontrant ainsi par là, aux connaisseurs, au moins deux choses : qu'il était grand seigneur avec toutes les dames qu'il avait su un jour séduire, et que n'importe qui pouvait aller siéger à la Commission européenne. François Mitterrand aurait d'ailleurs dit, après avoir signé un décret y nommant la chanteuse Georgette Lemaire, qu'il envisageait de nommer aussi son labrador Baltique au Conseil économique et social, II voulait signifier que tout lui était permis.

C'était le temps de la corruption. Édith Cresson en est malgré elle le symbole. Non pas que la Commission de Bruxelles fonctionnât jusque-là dans la rigueur et les scrupules moraux. Mais Édith sut y mettre, en plus, cette touche de cynisme, qui fit déborder le européen...

Jean Rouxel

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Fiscalisme européen: Les anglais sont toujours contre

Le goût immodéré des politiciens de gauche pour l'égalitarisme raboteur (voir la chronique d'Alain Dumait ) a une raison : la gauche, soit par conviction, soit par démagogie, demeure marquée par la pensée primitive, et considère l'envie triviale comme une valeur éthique !

Dans ces conditions, tout est bon pour prélever et pour redistribuer, pour confisquer et pour assister ou pour subventionner. Politique constante aussi bien de la gauche marxiste que de la fausse droite dirigiste. C'est le "fiscalisme", selon l'heureuse formule de Jean-Marie Le Pen, qui caractérise si bien la situation de la France, dont la part des dépenses publiques par rapport au produit intérieur brut a augmenté de plus de 50 % depuis moins de 25 ans !

Sur ce critère, il y a bien une différence très nette entre la gauche et la droite, Par exemple en matière européenne.

La gauche est favorable à de nouveaux impôts européens, en particulier sur l'épargne (un taux de prélèvement de l5% sur les revenus de l'épargne est envisagé), comme à une taxe sur les transferts de capitaux, Elle juge indispensable une augmentation des moyens mis à la disposition de la Commission, comme elle milite depuis plus de dix ans pour de grands emprunts européens...

La fausse droite française, comme programmée pour faire toujours l'inverse de ce que lui demandent ses électeurs, mais semblant n'avoir aucune philosophie politique, exige des diminutions d'impots dès qu'elle se trouve dans l'opposition (et fait l'inverse quand elle est au pouvoir). Mais elle se déclare néanmoins favorable à une harmonisation fiscale, qui implique pourtant que les pays les plus modérés fiscalement s'alignent sur les plus prédateurs. C'est la position de Chirac.

Le chancelier britannique de l'Échiquier, Gordon Brown, en revanche, a réafirmé récemment, pour sa part, son opposition à toute harmonisation fiscale en Europe. En même temps qu'il confirmait la baisse de l'impôt sur les sociétés, qui sera désormais au taux maximum de 30 %, et pour les plus grandes sociétés seulement...

Avec l'harmonisation, l'alignement se ferait par le haut-Avec la concurrence et la compétition entre les politiques publiques, la palme ira à la plus eficace, et donc, selon tout bon libéral, au moins disant fiscal, au moins gourmand en dépenses publiques, en subventions et en redistributions.

La droite, unanime, souhaite conserver précieusement tous les éléments de notre identité nationale, de nos particularismes et de nos racines.

Comment ne pas voir qu'il y a contradiction entre harmonisation fiscale et identité !

On attend qu'un seul leader de la droite parlementaire française prenne position contre l'harmonisation fiscale européenne. Jusqu'à présent on a entendu Séguin qui est pour Millon et de Villiers sont contre. On aimerait bien entendre Madelin.

Si possible avant les élections européennes du 13 juin...

Benard Piard

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Légtime défense:

des citoyens armes, pour faire baisser la criminalité

Aux États-Unis, le droit de porter une arme, bien que consubstantiel aux libertés civiques issues de l'époque de la guerre d'indépendance, a beaucoup reculé, jusqu'en 1977, année où seuls 7 États sur 50 maintenaient encore le droit des simples citoyens à porter une arme (dissimulée), sous réserve d'une autorisation administrative non discrétionnaire, c'est-à-dire automatiquement accordée à tout citoyen n'ayant pas de casier judiciaire.

Mais, au cours des 15 années suivantes, 10 autres États ont à leur tour adopté des réglementations "non discrétionnaires". Et aujourd'hui ce sont au total 31 états qui ont libéralisé le port d'arme. Une situation qui permet des études criminologiques objectives.

Il se trouve que les résultats de ces recherches ne vont pas dans le sens du politiquement correct mais exactement en sens contraire ! Dans les États et les « counties » où la libéralisation est appliquée, le nombre de meurtres, de viols et d'agressions violentes a sensiblement diminué. Une généralisation du droit de porter des armes à l'ensemble des États-Unis aurait même permis, selon une étude récente d'un professeur d'économie à l'université du Québec, John Lott, d'éviter en 1992 quelque 1 500 décès et 4000 viols...

L'explication réside dans le fait que le contrôle des armes à feu affecte évidemment davantage les honnêtes gens que les criminels, car seuls les premiers sont sensibles aux sanctions pénales prévues par la loi.

Non pas que l'autorisation de porter une arme entraine un armement légal généralisé des citoyens, au contraire : seuls 2 à 5 % des bénéficiaires potentiels demandent effectivement l'autorisation de s'équiper. Mais l'insécurité change de camp et les criminels prennent peur,

L'objection consiste en général à craindre que des citoyens paisibles risquent de se transformer en assassins occasionnels, De perdre la tête. Et de dégainer à la première occasion, pour le moindre accident de circulation. Or c'est exactement l'inverse qui a été observé aux États-Unis

Du coup, dans les 31 États observés, les criminels ont dû en rabattre : les délinquants se livrent à de moindres délits, ou bien changent de cibles. C'est ainsi qu'en Floride, où le port d'arme a été libéralisé en 1987, la délinquance générale à sensiblement diminué, tandis que les agressions à l'égard des touristes ont beaucoup augmenté, les malfaiteurs préférant s'attaquer à des personnes qui, elles, ne bénéficient toujours pas du port d'arme..

Le plus troublant dans ce débat, qui concerne il est vrai davantage les États-Unis que l'Europe, se caractérise plutôt par des affirmations péremptoires que par des arguments rationnels et vérifiés par l'expérience. La gauche idéologique, représentée par Bill Clinton, demeure farouchement hostile au droit de porter des armes. Et refuse d'en discuter...

(D'après Pierre Lemieux)

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"Pour l'entente à droite", reunion du 23 janvier 1999 Nous poursuivons la publication d'extraits significatifs des interventions prononcées par les orateurs qui sont exprimés à la tribune à l'occasion de notre deuxieme convention, samedi 23 janvier. Le théme général était: " La préférence nationale, oui ou non ?"

La préférence nationale n'est pas l'urgence.

par Jean-Christophe Mounicq, jounaliste

Préfèrence nationale est-ce que cela veut dire qu'il faut préférer une Citroën Saxo à une Toyota ? Pas facile de choisir parce que la Saxo est souvent fabriquée au Portugal et la Toyota assemblée en Grande-Bretagne. En plus je veux pouvoir essayer les deux et décider par moi-même laquelle je préfère. Cela veut-il dire qu'il faut préférer une banane martiquaise à une banane sud-américaine? Franchement cela dépendra du goût et du prix. Et puis a-t-on le droit d'imposer une préférence? On a plutôt l'impression que l'OMC (l'Organisation mondiale du commerte) interdit de favoriser un produtteur plutôt qu'un autre.

Un débat sur la préfèrence nationale : quand on repense aux cris d'orfraie qu'a provoqués Édouard Balladur on devine que ce sujet est intertit par le "politiquement correct ". Je n'aime pas le politiquement correct. Neuf fois sur dix on veut m'empêcher de dire ce que je pense. Comme tous les dèmocrates et les libéraux, je déteste qu'on m'interdise et surtout qu'on m'interdise de réfléchir. Une question de principe. La grandeur de l'homme, qui le distingue a priori des animaux, c'est qu'il pense.

Alors pensons.

La préfèrente nationale excite tout le monde car elle concerne les êtres humains. Quand on évoque la préfèrence nationale, la plupart de nos concitoyens - parce qu'on leur a dit : "c'est pas bien" - s'imaginent que cela signifie préférer un homme blanc à un homme noir... ou jaune. Et cela ne serait effectivement pas bien. Ce serait du racisme. Seulement voilà : personne n'a parlé de « préfèrence raciale ». Non. Ce dont il s'agit c'est de la préférente nationale. Pas raciale. La préfèrente nationale veut dire préférer ses nationaux.

Préférente :fait de préférer ? référer: aimer mieux.Aimer mieux?

J'ai des cousins suédois et italiens,des amis anglais et américains.

Je les aime mieux que des Français que je ne connais pas. Dont je dois être contre la préférente nationale. Quelque chose cloche.

Cela ne doit pas être ça la préférente :le fait d'aimer mieux. Ce verbe a dû être détourné de son sens premier. Prèférente on doit l'entendre dans le sens de Favoriser.

La préférente nationale,donc, ce serait favoriser un Français (qu'il soit blant,jaune ou noir) à un non national,un étranger (qu'il soit blant,jaune ou noir). Par exemple :devant une porte d'entrée,on ferait passer une femme française d'origine malienne devant une Amèricaine.Veux-je cela? Bof! Non,je ferais plutôt passerla grosseAméritaine un peu handicapèe devant la jeune Française svelte d'origine malienne. Une question d'èducation. Non cela ne doit pas ètre ça non plus la prèférente nationale.

Et si c'était embaucher un Français plutôt qu'un étranger? Oui, une prèfèrente à l'emploi ! Imaginons : je suis diretteur d'école.

J'ai besoin d'un professeur d'anglais. Deux candidats se présentent : un Français et un Australien. Qui ont des qualifications et des expériences équivalentes. Eh bien, je crois que je prendrais l'Australien : je prendrais l'Australien parce qu'il maitrise forcément mieux l'anglais que le français.

Mais alors je suis encore contre la préférence nationale, me dira-ton. Bizarre. D'habitude ce sont les gens de gauche qui sont contre la préférence nationale. Et moi jusqu'à présent j'avais l'impression d'être de droite. Oui, les Français sont tous à gauche. Mitterrand, Baladur, Jospin et Chirac, ils sont tous à gauche. Sauf moi. Et Claude et Alain (Alain Dumait), et Guy et Alain (Alain Laurent) et Yves-Marie et Alain (Alain Griotteray) - c'est fou ce quil est courant ce prénom Alain chez les libéraux - et quelques autres. Et beaucoup d'autres d'ailleurs qui sont dans cette salle. En général nous pensons de la même façon. Et nous sommes à droite.

Mais là, je ne comprends pas, je préfère le prof d'anglais australien.

Comment? Il y a un probléme! je ne pourrais pas engager l'Australien ? l'Education nationale ne le permettrait pas ? QUOI ?

Non.Vous rigolez ?Vous dites ça pour me déstabiliser À l'Éducation nationale, ils sont tous à gauche! Et les gens de gauche ils sont contre la préférence nationale. Sauf les fontionnaires, me dites vous ? Sauf les salariés protégés ? Chez eux ils se sont organisé une préférence nationale. Comme ça en s'appuyant sur les gens qui sont protégés par la préférence nationale, ils peuvent lutter contre la préférence nationale... chez les autres.

Le débat se complique. Admettons que la préférence nationale existe. Et que le problème ce soit de l'étendre ou de la supprimer.

Reprenons. D'abord c'est quoi un national? Quelqu'un qui a la nationalté française ! OK, et comment s'obtient-elle la nationalité française ? Par hasard ou presque : il suffit d'être né sur le territoire français. Exemple : une femme enceinte portugaise passe ses vacances en France; elle accouche pendant ses vacances; son enffant est français. À tel point d'ailleurs que pendant très longtemps les membres de l'élite algérienne prenaient l'avion pour accoucher à Marseille, afin que leurs enfants aient la nationalité française. On ne savait jamais. Depuis que l'Algérie est entrée en guerre civile, ceux qui l'ont fait ne le regrettent pas. On appelle cela le droit du sol ou jus sali en latin. Pour cette raison,les voyous qui brûlent les voitures dan la banlieue de strasbourg ou deToulouse, même s'ils sont la plupart du temps d'origine immigrée et africaine, ne sont pas des adolescents algériens ou ivoiriens mais des jeunes Français.

Bon, alors, pourquoi voulez-vous que je préfère ces jeunes voyous français à des jeunes Russes,Vietnamiens ou Brésiliens respectueux de leur prochain? Franchement On peut comprendre que lesAllemands évoquent la préférente nationale.lls ont su rester une population homogène parce que leur critère de nationalité est basé sur le droit du ring, le jus sanguini. Même si le SPD veut l'abandonner aujourd'hui En Allemagne, la préférence nationale peut avoir un sens-En France,avec les millions d'étrangers qui sont devenus Français, on a du mal à saisir l'intérêt de cette notion.

La nation existe-t-elle encore ?

Réféchissons sur le mot national. La nation. Renan la définissait comme : "Un plébiscite de tous les jours. Une notion est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire n'en font qu'une, constituent cette âme. L'une est dons le lassé, l'autre dans le présent tient est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de faire croitre l'héritage qu'on à reçu individis". Avec l'immigration massive a disparu le passé commun. Cette violence qui monte, "la violence des rues" pour reprendre le titre de l'excellent livre de Christian ]elen, cette violence qui se généralise laisse penser que le désir de vivre ensemble, est en train de pair en fumée.Alors franchement, entre ce passé qui n'est plus commun et ce futur que beaucoup ne veulent plus construire ensemble, la nation existe-t.elle encore ailleurs que dans un imaginaire Lyrique ?

les cinq ou six millions de musulmans résidant sur le temtoire national acceptent-ils nos lois ? sont-ils prêts à renier le Coran, qui veut que la loi islamique passe toujours avant la loi d'un État quel qu'il soit ! On peut en douter En tous les cas cela leur sera extremement difficile. Admettons que la question religieuse n'est pas la préoccupation première de la plupart des « jeunes » c'est-à-dire des jeunes voyous. lorsqu'ils s'en prennent à tous les symboles de l'État, conducteurs de transport en commun, pompiers, professeurs ou policiers, quels messages délivrent-ils ces jeunes Français? Sinon qu'ils ne veulent cas de la France, de la nation française ?

Résumons et concluons. La préférence nationale : je m'en moque.

Cela ne m'empêche cas de me faire "une idée certaine de la France" pour faire référence au dernier livre d'Alain Griotteray auquel j'ai eu l'honneur de participer.

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Liberté et propriété: contre la dictature molle française !

par Claude Reichman, président du Parti pour la liberté

La réunion que nous avons tenue aujourd'hui est un événement. Car pour la première fois, ensemble, nous avons brisé un tabou. On n'avait pas le droit de parler de la préférence nationale, il est maintenant établi en France qu'on a le droit d'en parler Et on l'a fait avec beaucoup de science de la part des orateurs qui se sont exprimés, beaucoup de culture, beaucoup de retenue, beaucoup d'humanisme, beaucoup de civilité, et pour tout dire, beaucoup de foi. Car, si les orateurs qui nous ont parlé, que ce soit à la tribune ou dans la salle, n'étaient pas animés par l'amour de leur pays et par h haute idée qu'ils se font de l'homme, ils ne seraient pas ici, et ils ne tenteraient pas de sauvegarder ce qui est l'essentiel pour nous, c'est-à-dire nos valeurs fondamentales.

Lorsque la civilisation est en danger, lorsque la situation est périlleuse, Confucius avait l'habitude de dire qu'il fallait faire un dictionnaire. Certains y ont vu la volonté du sage de se réfugier dans sa thébaïde.Il n'en est rien. Il voulait simplement dire qu'il fallait revenir au sens des mots. Pour les libéraux que nous sommes, pour les nationaux que nous sommes ,il y a deux mots qui fondent notre croyance au plan social et politique :la liberté et la propriété. Ces deux notions sont absolument indissociables. Il n'y a pas de liberté sans propriété, il n'y a pas de propriété sans liberté.

Liberté de penser ? Elle n'existe plus en France. Liberté de s'exprimer ? Elle est confisquée. Liberté de travailler ? Elle est empêchée. Liberté d'entreprendre ? Elle est pénalisée.

Liberté de disposer de sa vie ? Elle est montrée du doigt.

Propriété de son pays? Nous ne sommes plus propriétaire de notre pays. Propriété de ses biens? Nous en sommes expropriés. Propriété d'accueillir qui l'on veut chez soi?

Nous n'avons plus le droit de le faire. Nous devons accueillir ceux qui ont décidé de venin Nous avons abandonné les valeurs qui ont fondé h France et qui, précisément, étaient ces valeurs de propriété et de liberté.Il faut donc y revenir, et pour cela,il va falloir que nous luttions pour mettre en évidence un troisième principe, qui est beaucoup plus important encore que les deux autres,car il est d'ordre phylogénétique,c'est le sens de l'adaptation.

Si nous sommes ici, le 23 janvier dans une salle du Palais des Congrès, c'est parce que depuis quatre milliards et demi d'années, depuis la cellule primitive jusqu'à ce jour, nous avons su nous adapter Aujourd'hui, la France ne sait plus s'adapter Elle est faite de catégories sociales qui prônent haut et fort leur refus de s'adapter S'adapter ne veut pas dire céder à toutes les modes du temps. Cela ne veut pas dire accepter toutes les idées qu'on vous propose, ou qu'on vous impose. Cela veut dire simplement faire une étude et une analyse sérieuse de la situation. Savoir ce que l'on veut et savoir comment on peut y arriver. Et pour cela, récuser toute idée qu'on ne tient pas pour vraie.

Pour cela il suffit de revenir à Descartes. Descartes ne défendait pas d'autres principes que celui-là.

Donc,revenons à ces principes.Essayons de les faire valoir et surtout, ne négligeons pas la venu d'espérance. Je suis très triste d'apercevoir autour de moi, en permanence,et de rencontrer des gens qui sont moroses,qui sont désespérés, et qui finalement se demandent s'il n'est pas trop tard pour changer le cours des choses. Ils se trompent, car rien n'est inéluctable. Rappelez.vous, en 1988, qui aurait dit que la Russie s'effondrerait et redeviendrait un pays d'importance moyenne? Qui aurait dit que le mur de Berlin s'effondrerait ? Nous savons qu'aucune dictature n'est éternelle. Pas plus les dictatures qui méritent ce nom aux yeux du public que celles qui se cachent sous des dehors prétendus démocratiques. Nous sommes, en France, actuellement, dans une dictature. Une dictature molle à certains égards, comme Tocqueville l'avait annoncé, mais une dictature qui se fait de plus en plus dure.

Nous sommes entrés dans un véritable climat de guerre civile, et ceux qui ne pensent pas correctement, comme nous, sont devenus des ennemis du peuple. Or qui parle au nom du peuple! Des gens qui ne l'aiment pas ! Des gens qui pensent que le peuple n'a pas le droit à la parole. Il y avait, il y a quelques jours, un débat sur une chaîne de télévision entre un juriste et un ancien commissaire au plan, et le juriste disait : « Mais le peuple n'a rien à dire, il n'a jamais rien dit. »Voilà ce que pense aujourd'hui la classe parlante, celle qui a le droit de s'exprimer.

Et bien nous, nous pensons le contraire! Nous pensons que le peuple a quelque chose à dire! Et même que c'est à lui que doit revenir le dernier mot. Alors, nous avons besoin d'espérance, nous avons besoin de patience, nous avons besoin de foi et nous avons besoin d'un peu de raison. Le démon gaulois de la division a fait que nous sommes déjà très éparpillés. Nous allons l'être sans doute encore un peu plus bientôt. Mais au fond, une fois que nous serons complètement atomisés, peut-être qu'un choc positif fera que nous nous réunirons à nouveau et que nous reconstituerons d'abord une droite et ensuite un pays. C'est en tout cas le message d'espoir que je voulais vous délivrer

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Quand les hommes de l'Etats deviennent des capitalistes, les inspecteurs des Finances jouent au Monopoly !

Réagissant à l'OPE de la BNP sur l'établissement financier qu'il préside, et alors qu'il est associé depuis plusieurs semaines dans un processus de regroupement avec la Société générale, André Lévy-Lang, 61 ans, a eu une réaction spontanément offusquée. Il a dit : « Si maintenant on autorise en France les OPA inamicales, tout va devenir permis ! » Évidemment, pour l'instant, en France, on en est loin.

D'abord, l'offre de la BNP est une offre d'échange de titres, et non pas de rachat en espèces. Il s'agit de payer "en papier" et pas "en espèces". La BNP a beau dégager 7 milliards de bénéfices annuels, elle n'a pas les moyens de payer son opération autrement qu'en émettant de nouveaux titres.

C'est une première observation. Aux États.

Unis, où les raids financiers sont monnaie courante, les actionnaires préfèrent toujours les achats ii en espèces », même si,bien sûr,ils sont presque toujours financés à crédit.

La deuxième observation tient au caractère finalement relatif de l'agressivité que traduit cette opération.

Certes, par son ampleur, dans ce secteur de la banque, l'opération traduit un changement de mentalité et de moeurs important. La BNP comme la Société générale ne sont sorties du secteur public que depuis quelques années, tandis que Paribas, essentiellement banque d'affaires, recouvrait en même temps son statut privé.

Mais ces trois établissements demeurent tout de même des chasses gardées de la nomenclature, et des inspecteurs des Finances en particulier, corps auquel appartiennent aussi bien Michel Pébereau, 57 ans, président de la BNP que Daniel Bouton, 48 ans, président de la Société générale. Les trois protagonistes sont comme par hasard d'anciens hauts fonctionnaires (du Commissariat à l'énergie atomique, pour André Lévy-Lang, qui est lui ancien élève de Polytechnique), et tous sont passés du service de l'État à la haute finance.

Ils doivent moins leurs fonctions et leur légitimité à leurs actionnaires qu'à leur appartenance à la caste des apparatchiks publics.

Leurs actionnaires sont issus des noyaux durs, imaginés et constitués au départ justement pour organiser l'autocontrôle des grands groupes financiers français au profit de la nomenclature. Les actionnaires n'appartenant pas au cercle proche du pouvoir politique, celui d'auiourd'hui ou celui d'hier, n'y ont pas d'autres droits que celui de vendre ou de conserver leurs titres...

Les banques françaises, comme l'ensemble du secteur financier, sont sans doute en marche vers la libre concurrence et le capitalisme ordinaire. Mais, pour l'instant, on est encore loin du compte. L'État n'est plus propriétaire, ce n'est même plus lui qui désigne directement les dirigeants, mais ses hommes, formés par lui, et qui lui doivent tout; sont touiours là. Un peu comme en Russie, ou en Chine...

jean Foucart

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Euro: gaspillage et tromperie sur la marchandise

Tribune libre par Guy Millére

Souvenez-vous. C'était il n'y a pas si longtemps. Le lancement de la monnaie unique s'était fait au son des feux d'artifice et des bouteilles de champagne qu'on débouche. On nous promettait monts et merveilles. L'Europe aurait une monnaie susceptible de rivaliser avec le dollar, les coûts de transaction entre les entreprises européennes se trouveraient supprimés et la prospérité longtemps promise allait enfin être au rendez vous...

Moins de trois mois plus tard, l'euro poursuit sa dégringolade face à la monnaie américaine, un peu plus de huit pour cent de baisse à ce jour. Les perspectives de croissance française, comme c'était prévisible, sont revues en direction d'hypothèses basses, et toutes les données disponibles montrent que l'Allemagne entre dans une phase de stagnation sans doute, de récession peut-être.

En lieu et place de la cohérence invoquée entre les pays de l'Union européenne apparaissent des dissensions de plus en plus nettes. La France entend que l'Allemagne continue à financer la politique agricole commune, les dirigeants allemands, eux, se font tirer l'oreille et expriment des réticences nettes. Un programme commun aux partis socialistes est concocté pour les élections européennes, mais les Anglais ne veulent pas qu'y figure le projet d'harmonisation fiscale et sociale cher à Lionel Jospin. François Hollande obtient que le mot «flexibilité», proposé par les Anglais, mais tabou en France soit retiré. Si, comme c'est prévisible, l'année 1999 se poursuit dans un contexte de turbulences, les tensions vraisemblablement ne feront que s'accentuer.

C'est ce qui arrive lorsqu'on veut mettre la charrue avant les boeufs. On ne peut construire une société à partir d'une monnaie, sinon dans des rêves abscons de technocrates. La prospérité économique ne se décrète pas et ne se construit pas dans des cabinets ministériels ou dans les salles de conférence de l'ENA.

La prospérité implique la liberté des échanges, certes, mais aussi et surtout la liberté d'entreprendre, la diminution du poids de l'État et le

recul des réglementations. Or, rien n'est fait en Europe aujourd'hui dans ces trois domaines cruciaux.

Pendant que nos ministres continuent à répéter les mêmes discours vides, pendant qu'on nous distribue des brochures coûteuses destinées à faire entrer dans nos crânes la certitude en les vertus de l'euro, d'autres entreprennent. Ailleurs. De l'autre côté de l'Atlantique d'autres accomplissent et réussissent- Ailleurs Dans le pays du dollar. L'indice Dow Jones ne montre aucun signe de fléchissement, bien au contraire. L'économie américaine croit actuellement à un rythme annuel supérieur à 5 %, et il se crée plus de dix mille nouveaux postes de travail par jour aux États Unis.

Le chômage américain se maintient aux alentours de 4,3 %, ce qui signifie une situation de plein emploi. Dans un article sur l'effet de l'euro voici quelques jours, un éditorialiste du «Wall Street journal» notait avec un peu d'ironie qu'il ne sert à rien d'ajouter une couche de peinture fraîche sur une vieille voiture rouillée. Les points de rouille ressortent rapidement, bien plus rapidement qu'on ne l'imagine. Mieux vaut, continuait l'éditorialiste, utiliser la peinture une fois que la voiture a été remise en état, sinon ce qu'on fait s'appelle gaspillage et tromperie sur la marchandise.

Qui en Europe aujourd'hui ose dire que les économies européennes sont singulièrement rouillées et auraient un besoin urgent d'être remises en état avant qu'il ne soit même envisagé de passer aux étapes ultérieures!

Personne ou presque. Qui ose dire que poser une apparence de nouveauté sur des économies rouillées s'apparente au gaspillage et à la tromperie! Personne ou presque, là encore.

C'est à la capacité de dire la vérité, fût-elle difficile à entendre, que les grands hommes se distinguent des arrivistes et des vaniteux qui jonchent les allées de la politique politicienne.

Faudrait-il penser que l'Europe ne dispose plus d'hommes capables de dire la vérité, ou faudrait-il songer, ce qui serait plus triste encore, qu'il n'y a plus grand monde pour entendre la vérité !

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Peut on encore se dire "de droite" quand on est pour le partage du travail et contre le capitalisme ?

Dans sa dernière livraison, la revue " Éléments ", très influencée par l'écrivain philosophe Alain de Benoist, outre un manifeste de " la nouvelle droite », publie une sorte de typologie des « 36 familles de la droite ». Le nom de votre serviteur apparait au titre de la 8eme famille, celle de la droite libertarienne.

La thèse centrale de ce document est que le clivage droite/gauche « perd chaque jour un peu plus de sa signification ». « S'afirmer de droite sans outre précision n'indique plus rien. »

On remarquera tout d'abord que la nouvelle droite, après avoir nié l'intérêt du clivage, s'empresse de s'y inscrire, au titre de « la 36eme droite »...

Il est certainement utile d'approfondir et de détailler la grande diversité des courants idéologiques qui traversent et qui constituent la droite française. À partir de là,il est facile d'apercevoir certaines oppositions fortes entre les individualistes et les personnalistes, entre les libéraux et les constructivistes, entre les fédéralistes et les nationalistes, les pàiens et les croyants,la droite révolutionnaire et la droite contre-révolutionnaire, les gaullistes et les , écologistes... Et on en arrive d'autant plus facilement à la conclusion que rien ne peut rapprocher ces segments de l'opinion qu'on se garde bien de rechercher le moindre point commun !

Le clivage droite/gauche n'a de sens véritable que s'agissant du fonctionnement de la vie politique, dans un système de représentation démocratique de l'opinion. On conçoit que des philosophes qui déconnectent l'histoire des idées de la vie politique concrète puissent minimiser l'importance du clivage droite/gauche. Et on comprend que, s'agissant d'intellectuels qui rejettent les principes démocratiques, et en particulier la représentation du peuple par des élus au suffrage universel, ils en viennent même à le nier. Car sans lui, plus aucune représentation démocratique efficace n'est possible!

De droite comme de gauche, les partisans sincères du système démocratique, partent plutôt, pour leur part, du constat de la permanence du clivage droite/gauche.Tel que l'expriment, dans leur diversité, les représentants de toutes les différentes familles politiques, et tel que le ressentent les électeurs eux-mêmes, qui, en certaines circonstances, se placent tout naturellement sur cette échelle.

À partir de là, de façon empirique, par approximations, les penseurs s'efforcent de déterminer le vecteur le plus commode pour classer les différents courants de la droite.

Les critères de l'origine sociale, de la religion, de la modernité, du progrès, l'attitude face au tiers-monde, à l'État, à l'Europe sont à peu près inopérants. En général, ils conviennent que c'est finalement sur le critère de l'égalité que le classement s'avère le plus fructueux. La droite supporte les inégalités et ne fait pas de leur réduction l'alpha et l'oméga de toute politique publique. La gauche est obsédée par l'égalité, au point d'admettre avec indulgence toutes les dérives liberticides de l'égalitarisme, soviétiforme ou non.

Il est vrai qu'à cet égard la nouvelle droite défend le droit à la différence, en tout cas au plan culturel, sauf quand il s'agit des salaires, du temps de travail... Car la nouvelle droite est anticapitaliste ! Elle est pour l'impôt mondial, contre la division du travail, pour les politiques d'autosuffisance !

Il faut toute l'indulgence d'un libéral raisonnable (comme moi !) pour admettre qu'une telle école puisse trouver sa place au sein de la droite. Surtout que, pour Alain de Benoist et ses disciples, le "libéralisme", tel qu'ils le voient, constituerait l'essence... de la "vraie" gauche !

Restons donc au seul plan politique et considérons ici, simplement, que "la vraie droite" : c'est "ni Jospin ni Chirac" !

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