Sommaire du N°220 samedi 22 mai 1999
35 heures: les faits économiques attendent les socialistes au tournant !
Le PS, au gouvernement depuis bientôt deux ans, a mis en tête de son programme la réduction du temps de travail et le passage à une durée légale de 35 heures, au lieu de 39, sans diminution de salaire.
Le fait que la France sera le seul pays au monde à mettre en oeuvre une telle politique n'impressionne absolument pas nos apprentis sorciers : ce ne sera pas la première fois, en effet, qu'ils s'imaginent pouvoir avoir raison seuls contre tous. C'est l'éternelle illusion de l'exception française.
Même le rappel des expériences historiques de 1936 et de 1981, unanimement reconnues comme des échecs, y compris par des économistes "de gauche" (comme Alfred Sauvy), ne parviennent pas à ébranler ces doctrinaires, qui, en bons démagogues, ont fait leur le slogan d'une bonne partie de leurs troupes, syndiquées et fonctionnarisées, "moins j'en fais et mieux je me porte !"...
Le diagnostic de leurs théoriciens est totalement faux. La France ne souffre pas d'un excès de travail mais au contraire d'une insuffisance d'emplois productifs. Dans les pays qui réussissent mieux que nous, comme les ÉtatsUnis, les personnes en âge d'exercer un emploi travaillent en moyenne, tout au long de leur vie active, 25 % de plus que chez nous! Quand il faudrait déréglementer le droit du travail on introduit de nouvelles contraintes, qui seront évidemment génératrices de fraudes et de travail au noir (toujours premier bénéficiaire de toute mesure de réduction du temps de travail).
Quand il s'est agi,dans un premier temps, d'introduire les 35 heures dans les grandes entreprises,la manoeuvre était réalisable. En contrepartie de cette absurdité,l'entreprise récupérait en effet un peu de souplesse, et ramassait au passage d'agréables subventions.
Mais, quand il s'agit, et nous y sommes, de passer à la généralisation des 35 heures, y compris pour les PME et les entreprises commerciales, c'est-à-dire la partie la plus vivante du tissu économique, les dégâts prévisibles vont être considérables.
Directement, c'est facile à imaginer Mais aussi indirectement. Car, pour financer l'opération, le gouvernement met au point une infernale usine à gaz.
Les salariés seront payés 39 heures. Les entreprises récupéreront une partie de cette charge sous la forme d'exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires (jusqu'à 1,8 % du SMlC). Lesquelles seront financées par de nouveaux prélèvements sur les entreprises.
Si bien qu'au total le passage aux 35 heures, non seulement pèsera lourd sur les entreprises, mais sera financé en totalité par de nouvelles charges sur les entreprises!
C'est à dire bien sûr, en définitif, par les contribuables, sous la forme d'une nouvelle augmentation des prélèvements obligatoires!
Jean Rouxel
Comme les médias obéissent, il faut essayer de leur commander !
Maurice Krebs (Soissons - 02) nous écrit le 10 mai dernier : « je prends connaissance chaque semaine avec beaucoup d'intérêt - et un certain plaisir - de votre publication. j'ai trouvé avec vous des idées et des appréciations en phase généralement avec les miennes, et à l'opposé de la grande majorité des médias de tout poil... j'en viens à me dire une fois de plus que les médias sont rémunérés pour nous bourrer le crâne... » Cette lettre est parfaitement représentative d'une partie importante du courrier que nous recevons chaque semaine.Vous êtes nombreux à vous demander comment faire pression sur les médias, comment faire en sorte qu'ils deviennent un reflet plus fidèle de l'opinion réelle.
Il y a deux façons efficaces de faire pression sur les médias, en agissant au niveau de leurs deux points sensibles : la publicité d'une part, les ventes d'autre part, ventes au numéro ou ventes par abonnement.
Les annonceurs "tiennent" les médias dans la mesure où la publicité qu'ils y passent représente une fraction significative du budget de ces entreprises. La présence massive des annonceurs publics influence les médias dans un sens souvent éloigné des intérêts des petites entreprises non-annonceurs.
Les journaux sont également très sensibles au niveau de leurs ventes. Que les lecteurs désertent et l'entreprise se trouvera évidemment en difficulté.
Tout journal, tout rédacteur en chef, tout rédacteur est particulièrement attentif au courrier de ses lecteurs. Qu'ils reçoivent, sur un sujet donné, des dizaines ou des centaines de lettres, dans un sens différent de celui de la rédaction et on observera souvent, et rapidement un changement de cap.
C'est d'ailleurs exactement ce qui se passe sous nos yeux dans l'affaire du Kosovo où plusieurs grands médias (Le Monde, Le Figaro, Antenne 2...) commencent à mieux rendre compte des différents points de vue.
Certes, différentes dispositions légales, auxquelles s'ajoutent diverses manigances font que les entreprises médiatiques ne sont pas toutes des entreprises comme les autres. Il y a le secteur public de l'audiovisuel, dont plus de la moitié de ressources dépend du bon vouloir du gouvernement. Il y a le statut de la presse avec différentes dispositions dérogatoires et fiscalement avantageuses qui permettent au pouvoir de "tenir" assez bien les patrons de presse (qui, comme tous les patronats, est assez peu représentatif des entreprises du secteur...).
Et il y a surtout le caractère, pas toujours rationnel, qui s'attache à la communication, élément essentiel de tout pouvoir, et qui fait que, chez nous, les médias qui échappent à la sphère publique sont tombés dans les mains de groupes financiers qui ont pour caractéristiques de vivre largement des marchés publics.
Si bien que, s'il est effectivement possible d'influencer les médias, leur capacité de résister à l'opinion publique, d'aller souvent à son encontre, demeure remarquable. Et regrettable...
Paix au Kosovo: déjà deux mois de perdus !
A l'aune de ses résultats, la décision de l'OTAN d'attaquer la Serbie et d'y bombarder jour après jour plusieurs milliers d'objectifs, a été catastrophique, Non seulement, pour la Serbie dont les équipements, militaires, bien sûr, mais également civils, sont, sans doute, au trois quarts détruits. Non seulement pour les Kosovars, qui sont plus d'un million à avoir dû fuir. Mais également, relativement aux perspectives de paix dans la région.
À Rambouillet, il y a deux mois, les Serbes ont accepté toutes les conditions des pays dits du "groupe de contact" à l'exception de celle qui portait sur la nature des troupes qui devaient être envoyées sur place pour assurer le maintien de la paix civile. La Serbie refusait que le Kosovo devienne un territoire purement et simplement occupé par l'OTAN. Mais, elle acceptait le principe d'une force de paix comme il en existe actuellement dans 19 parties du monde (Chypre, Sud.Liban, Angola, Guatemala, Sierra Leone...). Les effectifs d'une telle force, non pas pour contrôler mais seulement surveiller un territoire d'environ 10 000 kilomètres carrés étaient estimés à plus de 20000 hommes.
Au lieu de cela, si l'OTAN voulait s'engager dans ce qu'il est convenu d'appeler "une opération terrestre", c'est au moins 200 000 hommes qui lui seraient nécessaires avec des perspectives de pertes et de dégâts autrement plus considérables.
Bien que certains boutefeux poussent dans cette direction (notamment chez nous quelques intellectuels irresponsables et
quelques médias comme L'Express), cette hypothèse demeure tout à fait invraisemblable.
On est donc ramené à la case départ. Les diplomates russes ou finlandais s'efforcent de revenir au point où la négociation se trouvait avant la rupture de Rambouillet. Et tout ce qui s'est passé depuis n'est que gâchis et décombres...
quelques médias comme L'Express), cette hypothèse demeure tout à fait invraisemblable.
On est donc ramené à la case départ. Les diplomates russes ou finlandais s'efforcent de revenir au point où la négociation se trouvait avant la rupture de Rambouillet. Et tout ce qui s'est passé depuis n'est que gâchis et décombres...
À l'aune des considérations morales qui semblent avoir présidé à cette barbare et funeste décision, on attend encore des arguments vraiment convaincants. La semaine dernière, dans son article du Monde, Régis Debray a parfaitement relativisé les torts des uns et des autres
dans le contexte d'un embrouillamini historique inextricable.
La morale politique, et surtout sur le terrain des relations internationales, est différente de la morale individuelle. Celle-ci fait déjà l'objet de débats qui alimenteront jusqu'à la fin des temps les réflexions des philosophes. Mais, les règles les plus élémentaires de la morale internationale restent à inventer. En attendant, le prétendu "droit d'ingérence" défendu par de faux moralistes n'est rien d'autre que la nouvelle souricière de l'Occident.
Sans doute, y a-t-il un lien étroit entre une décision juste et une décision efficace. C'est en tout cas le point de vue des idéalistes réalistes.
Mais, en politique tout particulièrement, une décision catastrophique pour les peuples ne peut certainement pas être juste.
Bernard Piard
L'Etat-nation est l'ennemi des peuples !
Pour les élections européennes du 13 juin la liste RPR-UDF se présente pour "l'Europe unie des États-nations"i. Sans doute cette formule n'a-t-elle pas plus de sens que beaucoup d'autres, et son seul intérêt est simplement de "faire gaulliste", comme d'autres "font jeune".
Probablement soufflée par l'Élysée on n'est pas étonné qu'elle ait été adoptée par Nicolas Sarkozy. On est davantage surpris qu'elle soit acceptée par le libéral averti Alain Madelin...
Car toute l'histoire de la libération des peuples, de leur lutte pour la liberté, leur émancipation, la reconnaissance de leur souveraineté, est exactement celle du recul de l'État, lequel ne se confond en rien avec la nation, qui n'est jamais si forte que lorsque sont clairement dissociés les concepts d'État et de nation.
L'historien Dominique Venner ( Enquête sur l'histoire , janvier-février 1999) cite à juste titre, pour illustrer cette idée, l'exemple du Québec, au Canada. Abandonnés par l'État en 1763, les Français du Québec ont continué indiscutablement à constituer une nation et à la faire vivre, même sous la sujétion d'une souveraineté étrangère. À l'extrême, l'État n'a rien à voir avec idée de nation. La culture libre contribue davantage et mieux à sa consolidation.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les sentiments nationaux les plus forts se trouvent dans des pays où l'État sait demeurer modeste. Il y a une nation suisse, forte de toutes ses diversités, mais l'État fédéral suisse est réduit au strict minimum.
Certes, l'exacerbation de l'idée nationale - qui engendre presque toujours les guerres contemporaines - résulte souvent de l'effondrement de l'État. Que n'entend-on des réflexions du genre : « Du temps de l'URSS... » ou « Du temps de Tito... » Mais c'est bien la superposition entre l'idée de nation et celle d'État qui a conduit ces constructions artificielles à leur ruine !
Y aurait-il - là encore! - une exception française ? Rien ne le démontre! La culture subventionnée est nulle, le creuset de l'Éducation nationale fabrique des illettrés, et la solidarité nationale, dont on se gargarise, aboutit chaque week-end à des scènes dignes de L'intifada, dans nos banlieues abandonnées aux immigrés inassimilés !
L'État est l'ennemi de toutes les richesses identitaires. Depuis que les rois capétiens ont introduit la doctrine tabou du centralisme administratif.
D'où l'ambigùité du débat sur l'Europe : qui détruit l'État, ce qui est une bonne chose, en même temps confronte nos cultures à d'autres, ce qui est à la fois risqué et stimulant, mais qui aussi, prétend être également un nouvel État, l'Euroland, à son tour niveleur et destructeur d'identités et de nations.
Non à un super-État européen, bien sûr ! Mais oui à une Europe libératrice des États-nations, vraiment défenderesse de la souveraineté des individus, mettant en oeuvre le beau principe de la subsidiarité !
Et donc, non à l'Europe unie des États-nations !
Et d'une !
Alain Foucart
Retour d'Amérique
A chaque fois que je rentre des États-Unis, la France m'inquiète et m'afflige- Les visages sont tristes, presque lugubres, et fort peu de gens ici semblent heureux de vivre. L'agressivité est latente et pour peu qu'on ne démarre pas assez vite au feu rouge, les coups de Klaxon et les insultes pleuvent.
Plutôt que de parler des moyens d'accomplir sa vie ou des mille manières de faire fortune,les livres dans les vitrines parlent sempiternellement de l'emprise des multinationales sur le monde ou des méfaits de l'« ultra-libéralisme ». Dans les journaux et dans les conversations, on parle du chômage et du vieillissement de la population, de la crise des retraites ou de la chute de l'euro face au dollar Et les réponses fusent aussitôt, comme un aboiement et comme si elles étaient le fait d'un réflexe pavlovien : c'est la faute à la mondialisation, et, souvent, c'est la faute aux États-Unis.
Un des signes les plus sûrs du déclin d'une société est l'incapacité de ceux qui la composent à assumer leurs propres responsabilités. Et de moins en moins de gens en France semblent prêts à assumer leurs propres responsabilités. C'est tellement plus facile de dire que nos difficultés économiques viennent de l'extérieur, de l'autre côté de l'Atlantique, cela évite de se remettre soi-même en question et cela permet de croupir dans l'autosatisfaction. C'est tellement plus facile de dire que tout est toujours de la faute des autres, les étrangers, ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux qui réussissent mieux que nous, ceux qui font preuve de davantage de vitalité que nous...
Un autre signe clair révélant le déclin est le développement du ressentiment. Il y a de la délinquance dans les banlieues, mon cher? C'est à cause de ces satanés immigrés au teint basané. Mais bien sûr, ce n'est jamais à cause des politiques sociales qui ont créé une immigration malsaine, ce n'est jamais à cause du refus des socialistes d'assigner à la police les tâches qui devraient être les siennes... Il y a, et cela m'attriste de le dire, davantage, bien davantage, de racisme et de xénophobie en France aujourd'hui qu'il n'y en a chez les petits Blancs du Sud profond américain...
L'un de mes meilleurs amis californiens, dans un livre publié voici un peu plus de dix ans, écrivait qu'il n'y a que deux valeurs et deux seulement qui puissent circuler dans une civilisation : l'amour de la réussite et la haine de l'autre. Lamour de la réussite semble abandonner la France toujours davantage. La haine de l'autre y prospère. Mon ami ajoutait que les civilisations dans lesquelles la haine de l'autre prospère sont condamnées au chaos et aux poubelles de l'histoire.
Pendant que les États.Unis avancent dans l'amour de la réussite - car, n'en déplaise à leurs contempteurs, les États.Unis avancent dans l'amour de la réussite - il m'arrive parfois de me dire que la France glisse vers les poubelles de l'histoire. Si j'écris encore en langue française, s'il m'arrive encore de me battre pour les idées de liberté, c'est parce que j'espère encore un peu que le futur n'est pas écrit, et que nous n'avons pas franchi le point de non retour au-delà duquel nous serons tous défenseurs d'un socialisme suicidaire ou membres d'une droite nationaliste, frénétiquement anti-américaine et crispée sur les lambeaux d'une gloire évanouie.
Alain Madelin pourrait s'affranchir le 13 juin de la tutelle chiraquienne
Pour la vie politique française, l'après 13 juin sera peut-être un autre jour. Les échéances électorales suivantes seront municipales (mars 2001), puis présidentielle (avril 2002) et législatives, la même année, sans doute après l'élection présidentielle, à moins qu'elles ne soient anticipées...
Mais les mêmes questions demeureront posées, en particulier à la droite, la gauche étant, depuis 1995, en bon ordre de marche et parfaitement en mesure de faire face efficacement, électoralement parlant, à toutes les situations pouvant advenir.
La stratégie de Jacques Chirac est claire : il est candidat à sa réélection. Il compte sur le prestige de sa charge pour s'imposer face à son concurrent socialiste, qui sera probablement Lionel Jospin. Il n'a pas oublié son propre dialogue en direct à la télévision, en 1988, avec François Mitterrand, devenu son concurrent, quand celui-ci lui rappelait la subordination qui résultait de leurs fonctions respectives.
Chirac est prêt à aller même plus loin dans le même registre : en défendant la même vision de la société que son adversaire socialiste et en ne l'affrontant finalement que sur le terrain de la crédibilité personnelle.
Mitterrand, au moins, avait su se démarquer clairement du gouvernement dont la Constitution l'obligeait à présider les conseils du mercredi. Chirac, au contraire, et jusqu'à présent, n'a jamais cru devoir marquer sa différence, ni sur les 35 heures, ni sur les choix budgétaires, ni sur l'immigration, ni sur la sécurité, ni sur le PACS, ni sur les retraites, ni sur la PAC... Sur le terrain de la politique étrangère, il est difficile de dire qui s'aligne sur l'autre, Mais, en politique intérieure il est évident que c'est Chirac qui s'aligne sur le PS, sans avoir d'ailleurs apparemment beaucoup à se forcer!
La démission de Séguin a mis un terme à l'illusion d'un RPR autonome par rapport à Chirac. Sarkozy ne restera d'ailleurs à la tête du parti du président qu'à la condition de prendre ses consignes à l'Élysée. Et de les observer méticuleusement.
Les cas de Madelin et de Bayrou sont différents. Le premier aura 56 ans en 2002. Le socialiste et en ne l'affrontant finalement que sur le terrain de la crédibilité personnelle.
Mitterrand, au moins, avait su se démarquer clairement du gouvernement dont la Constitution l'obligeait à présider les conseils du mercredi. Chirac, au contraire, et jusqu'à présent, n'a jamais cru devoir marquer sa différence, ni sur les 35 heures, ni sur les choix budgétaires, ni sur l'immigration, ni sur la sécurité, ni sur le PACS, ni sur les retraites, ni sur la PAC... Sur le terrain de la politique étrangère, il est difficile de dire qui s'aligne sur l'autre, Mais, en politique intérieure il est évident que c'est Chirac qui s'aligne sur le PS, sans avoir d'ailleurs apparemment beaucoup à se forcer!
La démission de Séguin a mis un terme à l'illusion d'un RPR autonome par rapport à Chirac. Sarkozy ne restera d'ailleurs à la tête du parti du président qu'à la condition de prendre ses consignes à l'Élysée. Et de les observer méticuleusement.
Les cas de Madelin et de Bayrou sont différents. Le premier aura 56 ans en 2002. Le second n'aura que 51 ans il peut attendre, et avoir intérêt à faire équipe avec Chirac, qui sait le dorloter.
En revanche, autour d'Alain Madelin, des voix s'élèvent pour qu'il prenne plus d'autonomie dès le soir du 13 juin. On le pousse à être sans tarder candidat à la candidature présidentielle. On lui fait valoir que c'est sans risque :il ne peut qu'y gagner en stature et en influence. Il est le seul, en eflet, médiatiquement, à pouvoir défendre le programme libéral. S'il reste subordonné à Chirac ce message ne serait plus défendu par personne, ou pire encore (du point de vue des responsables de DL) pourrait l'être par quelqu'un d'autre. Une surprise est donc possible de ce côté. Mais elle est improbable.
Pourtant, les études d'opinion indiquent qu'au moins un tiers des électeurs ayant voté pour Chirac le 7 mai 1995 sont opposés à la réalisation d'un second mandat. Et les mêmes sondages montrent que les électeurs de droite ne se reconnaissent pas dans la politique menée par la fausse droite de 1993 à 1997, ni dans le discours tiédasse de l'opposition parlementaire.
Le peuple de droite attend une recomposition. Charles Millon a, un moment, incarné cet espoir. On dit que Charles Pasqua et Philippe de Villiers pourraient prendre une initiative après le 13 juin. Mais on retombe alors sur la question incontournable des relations de la droite parlementaire, souverainiste ou fédéraliste, avec le Front national, qu'il soit uni ou divisé. Sans lui, sans ses électeurs, leurs convictions et leurs valeurs, la droite est vouée soit à l'échec soit à la colonisation intellectuelle de la gauche-Avec lui, dans le cadre de "l'Entente à droite", une alternative est possible, après avoir contraint les dirigeants de la fausse droite à choisir leur camp.
Les municipales constitueront à cet égard un meilleur champ d'expérimentation que les européennes.