Sommaire du N°223 Samedi 3 juillet 1999

Après le Kosovo et les élections européennes, le clivage droite/gauche revient en force !

Max Gallo, ancien ministre socialiste et auteur à succès, aura finalement été le seul "homme de gauche" à voter pour la liste de Charles Pasqua. Celle-ci n'a décollé dans les sondages qu'à partir du moment où, renonçant à sa funeste ligne "droite-gauche", il a fait alliance avec le réputé "réactionnaire" Philippe de Villiers. D'ailleurs, parmi les observateurs avertis, à peu prés personne n'est allé rechercher avec sa loupe des électeurs de gauche parmi les bulletins Pasqua-Villiers.

Tout au long de la campagne pour ces élections européennes on a souligné le clivage "souverainistes/fédéralistes". Mais il ne vaut plus rien pour la prochaine élection municipale.

Du point de vue de la fausse droite, le clivage le plus fort réside dans le degré respectif de liberté des uns et des autres par rapport à Jacques Chirac. C'est pourquoi le ii fédéraliste » Balladur est plus proche de Charles Pasqua que ne l'est Philippe Séguin... C'est pourquoi, dans la bataille de Paris, Pasqua est du côté de son ancien Premier ministre, contre Jean Tiberi.

Sans doute, les bombardements de l'OTAN sur la Serbie ont-ils profondément divisé l'opinion, à droite comme à gauche. Mais c'est ainsi depuis toujours : les partisans de l'intervention extérieure, et ceux d'un certain isolationnisme, se sont toujours retrouvés dans les deux camps.

Ceux-ci sont parfaitement définis par jeanChristophe Mounicq (page 2), comme par jean d'orgeix (page 4) : moins d'impôts et plus de sécurité d'un côté, toujours plus de redistribution et multiculturalisme de l'autre.

Dés le 17 juin au soir, la gauche, apparemment divi- sée, refaisait son unité derrière Lionel jospin pour affronter les prochaines échéances électorales. La fausse droite institutionnelle, dite républicaine, avec son inoubliable bilan, accentuait son morcellement, sans revenir à ses valeurs, sans répondre à l'attente de l'opinion. Ses dirigeants continuent à plastronner. Sans voir que la seule stratégie qu'ils , n'ont finalement jamais tenté de faire prospérer est celle de l'Entente à droite.

Jean Rouxel

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Pour en finir avec Philippe Séguin

Par Jean-Christophe Mounicq

Pour se sortir de l'ornière dans laquelle elle se trouve, la droite française n'a pas d'autre alternative que de renouveler ses idées et ses hommes. Pour les idées, rien de plus simple.

Philippe Manière les a parfaitement résumées lors d'une émission sur France 2 le lendemain des européennes. Dans tous les pays occidentaux, les partis de droite ont un programme clair qui comporte deux éléments. Le premier concerne la réduction de la dépense publique et des impôts.

Le second tourne autour du rétablissement de la sécurité. « Moins d'impôts, plus de sécurité » : un slogan simple et compréhensible de tous. Nul besoin de faire travailler des commissions de « spécialistes » ou de réunir un grand congrès « fondateur ». Il est lamentable qu'en France aucun parti dit de droite n'ait été capable ni de formuler ni d'adopter une telle ligne directrice.

La raison principale tient aux hommes. Le jeu politique français est complètement verrouillé par quelques-uns. Réseaux, notamment énarchique, financement public et copinage médiatique nous condamnent à revoir sans cesse les mêmes.

Les Français renvoient valéry Giscard d'Estaing en 1981 : sorti par la grande porte de l'Élysée, il rentre par le soupirail d'un conseil régional et s'accroche à la présidence de l'UDF.

Ce qui vaut pour un homme politique autrefois prestigieux ne se dément pas pour des personnages secondaires. Ainsi en est-il de Philippe Séguin qui croit avoir réussi son « grand retour » sur le devant de la scène à la dernière de Michel Field. Et tous les médias de faire leur gros titre sur ce non-événement.

On croit rêver Qu'incarne Philippe Séguin sinon le prototype d'énarque social-démocrate lyrique et creux dont les Français ne veulent plus?

Quelles sont ses idées sinon des idées de gauche qu'il a cherché à imposer à un parti qui se dit de droite? Quelles sont ses qualités en dehors de son timbre vocal de stentor et de sa masse physique impressionnante, sinon la velléité et l'ambigùité ? Ce « penseur » a bâti sa carrière politique en expliquant que le RPR était trop à droite ; alors que les gaullistes faisaient une politique de gauche.

Cet « opposant » a reconnu deux succès au gou-

vernement Jospin : les emplois-jeunes et les 35 heures; alors que ces deux mesures socialomalthusiennes aux coûts énormes sont des absurdités et déjà des échecs dans la lune contre le chômage. Cet ii homme de conviction » s'est renié pour faire carrière ; alors qu'il s'est déconsidéré aux yeux des souverainistes en votant le traité d'Amsterdam.

L'ancien président du RPR ne sait pas qu'il n'a plus d'espace politique. Il a voulu créer la surprise en annonçant de manière schizophrénique : « j'ai lintention de rester au sein du RPR, mais de vivre ma vie. » Bravo! Des grandes déclarations courageuses comme celle-là, on en redemande!

Certains commentateurs se sont néanmoins extasiés sur tant d'intelligence politique : « Philippe Séguin, fin analyste, joue sur les deux tableaux. Si situant à mi<hemin entre le RPR et le RPf il sait qu'il sera le seul, le moment venu, à pouvoir réaliser la synthèse. » Mais, pourquoi Jacques Chirac et Charles Pasqua lui feraient-ils des cadeaux? En raison de son caractère ombrageux, caractériel et imprévisible? Parce qu'il n'a eu cesse de bouder l'Élysée avant que de déserter en pleine bataille ? Parce qu'il n'a pas eu le courage de ses convictions profondes et a laissé Charles Pasqua défendre seul la souveraineté nationale et une certaine idée de la

France?

Soyons sérieux : Philippe Séguin a été un mauvais ministre des Affaires sociales (incapables de boucher le trou de la Sécu ou de pérenniser le financement des retraites), un mauvais maire (hors d'état de contenir les dépenses municipales et les impôts), un mauvais président de l'Assemblée nationale (impuissant à rendre son rôle à cette pâle chambre d'enregistrement), un mauvais défenseur du non à Maastricht (médiocre dans son débat face à François Mitterrand), un mauvais président du RPR (échouant à réaliser la synthèse) et un mauvais opposant (inapte à tenir une ligne critique claire). Pour les Français, pour la France, pour la droite, le mieux serait qu'il perde son dernier mandat : député des Vosges.Afin qu'il retourne d'où il n'aurait jamais dû sortir : la fonction Publique. .

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La croissance c'est DSK ou les Français ?

Récemment, dans une émission de télévision, Dominique Strauss-Kahn déclarait : « je ne suis pas seulement le ministre des Impôts et de la fiscalité, je suis aussi le ministre de l'Économie et de la croissance.»

L'air n'est pas nouveau : quand l'économie va mal, c'est de la faute des Français - parce qu'ils ne consomment pas assez, parce qu'ils épargnent de trop, parce que les chefs d'entreprise n'embauchent pas suffisamment... - tandis que quand l'économie va bien ou un peu mieux, comme c'est le cas actuellement, c'est grâce à l'intelligence et à la clairvoyance de nos bien-aimés dirigeants !

Il n'y a d'agents productifs, créateurs de richesses, que privés. Les fonctionnaires, les dirigeants des structures publiques peuvent bien jouer un rôle déterminant pour le bon fonctionnement du système, mais ils ne sont pas eux-mêmes, directement, créateurs de richesses.

Les pouvoirs publics,l'ensemble de l'administration, qui est à leur service - et en principe au nôtre - ont une mission fondamentale à accomplir : assurer le bon ordre et la tranquillité, non seulement des citoyens eux-mêmes, personnes physiques, mais également la sécurité et, au-delà, un environnement favorable pour les entreprises.

De ce point de vue,il y a, en effet, des bons et des mauvais ministres de l'Économie et des Finances. Il y a ceux qui créent pour les entreprises un environnement plus favorable - moins d'impôts, moins de cotisations, moins de réglementations, moins de contrôles... - et ceux qui s'ingénient à créer au contraire un environnement moins favorable.

Toute la question est de savoir à quelle catégorie appartient monsieur Dominique Strauss-Kahn.

Admettons qu'il ne soit pas le ministre le Plus directement responsable de la loi ravageuse sur les 35heures.

Il se vante lui-même de distribuer aux entreprises un grand nombre d'aides et de subventions. Le gouvernement "aide" toutes sortes de secteurs et d'activité, de la recherche au cinéma, du textile à la presse... et ce serait donc grâce à lui que ces secteurs subsisteraient.

L'ennui, c'est que cette politique d'aides et de subventions généralisées est contestée non seulement par nos meilleurs économistes, mais également par une foule d'autres observateurs qui peuvent difficilement être soupçonnés d'être de mèche avec le patronat ou les tenants de "l'ultra-libéralisme".

Un rapport vient d'être édité par l'Assemblée nationale rendant compte des travaux et des auditions d'une commission d'enquête « sur certaines pratiques des groupes nationaux et multinationaux et leurs conséquences sur l'emploi et l'aménagement du territoire ».

Les témoignages des syndicalistes (CGT, CFTC, CFDT) sont unanimes : le système français d'aides, inspiré par une logique de subsides accordés sans contrôle ne peut que déboucher sur des comportements de recherche de rente ou d'effet d'aubaines.

Et cela vaut pour tous les types d'aides, à l'emploi, à la recherche, à l'exportation, à l'aménagement du territoire...

Ces aides coûtent doublement chers à l'économie : il faut les financer par les prélèvements, et elles sont beaucoup moins bien utilisées que ne l'auraient été les mêmes sommes d'argent dépensées par les titulaires légitimes de ces revenus.

Dominique Strauss-Kahn s'imagine être un bon ministre des Finances parce qu'il pousse à la redistribution. Mais, c'est précisément la raison pour laquelle il n'est pas un bon ministre de l'Économie.

Bernard Piard

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La fraude fiscale est largement un mythe !

l'iFRAP* continue, mois après mois, son salutaire travail d'examen du fonctionnement réel de l'administration française.

Chacun de ses dossiers permet de mesurer un peu mieux l'écart qu'il y a entre l'angélisme affiché des objectifs, et la réalité des turpitudes de cette fonction publique, dont les dirigeants prétendent mettre la France à leur service, et faire le bien des Français, même malgré ou contre eux !

La dernière étude de l'iFRAP porte sur un sujet parmi les plus délicats qui soit : la fraude fiscale.

Résumons les idées reçues sur cette question, et soigneusement véhiculées par l'ensemble des médias, y compris la presse réputée de droite ou même les journaux financiers : les Français qui, comme chacun sait ne sont pas comme les autres, sont des fraudeurs invétérés. Les sommes qui échapperaient au fisc seraient plus importantes encore que celles qui tombent dans son escarcelle! Il suffrait pour recueillir cette manne d'augmenter le nombre des fonctionnaires de la DGI. La lutte contre la fraude - « sport national français » - serait non seulement rentable, mais également morale, les agents du fisc étant de véritables chevaliers blancs, agissant pour le bien commun et le bonheur de la société...

La réalité est exactement à l'inverse !

D'abord la fraude véritable, celle qui résulte de l'intention de dissimuler des revenus au fisc, qu'il convient de distinguer des inévitables erreurs, induites par la complexité des textes, ne serait que de 10 milliards de francs. On est loin des 250 ou 300 milliards dont on nous rebat les oreilles...

Les agents du fisc mettent en avant qu'ils rapportent beaucoup d'argent et qu'il serait donc rentable d'investir dans la création de nouveaux emplois de contrôleurs des impôts.

D'après les calculs de l'iFRA? et en tenant compte des enveloppes (en liquide), le coût du contrôle serait supérieur à son rendement.

C'est d'ailleurs corroboré quand on sait que la Direction générale des impôts emploie autant de fonctionnaires que le service similaire américain, alors que le nombre de contribuables est dans un rapport d'un à cinq !

On est en pleine désinformation. Le plus grave étant bien sûr que l'excès des contrôles et la traque permanente dont sont victimes les contribuables, particuliers comme entreprises aboutit chaque année à l'exil de plus de 100 000 contribuables créateurs de richesses, et à la disparition de plusieurs dizaines de milliers d'entreprises et de plusieurs centaines de milliers d'emploi.

La solution? Que le Parlement reprenne le contrôle de cette administration folle.

Conformément à l'esprit et à la lettre de la déclaration des droits de l'homme. Car si le législateur ne contrôle pas les agents du fisc, s'ils sont livrés à eux-mêmes, comme c'est exactement le cas, c'est la démocratie qui est en péril. nous y sommes !

Alain Foucart

iFrap, 8 rue d'Uzès, 75002 Paris

Tel: 01.42.33.29.15

Fax: 01.40.26.47.19

Abonnement annuel: 600 F.

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Le nouveau clivage entre libéraux-libertaires et nationaux-républicains

Tribune libre par Henri Guaino, ancien commisaire général au Plan

Il y aura toujours une gauche et une droite, si on entend par là qu'il y aura toujours une majorité et une opposition, mais les termes gauche et droite recouvrent depuis deux siècles des réalités très différentes.

À une époque, la gauche c'était ceux qui prenaient acte de la Révolution. Et la droite, c'était ceux qui ne voulaient pas en entendre parler, ceux qui voulaient refermer cette parenthèse, ceux que l'on appelait les réactionnaires; évidemment ce débat est dépassé depuis très longtemps.

Après, cela a été le fascisme contre l'antifascisme. Cela a été l'économie de marché contre l'économie planifiée. Cela a été la liberté à l'Ouest et l'oppression à l'Est.

Tout cela n'est plus d'actualité. Il y a dans chacun de ces camps traditionnels qui épousent encore les contours des partis politiques, il y a des fractures très profondes.

Si on cherche à les ordonner, elles se répartissent autour d'une seule et unique fracture, à mon avis, qui dépasse toutes les autres et que l'on voit émerger dans la violence des polémiques sur tous les sujets, l'éducation, l'ordre public, la Corse, le Kosovo, les langues minoritaires...

Cette fracture, c'est celle qui sépare d'un côté ce que j'appellerai les libéraux-libertaires - et de l'autre les nationaux-républicains.

Un libéral-libertaire est quelque chose de très particulier. C'est par exemple Daniel Cohn Bendit. je veux dire par là que c'est l'idée selon laquelle il n'existe plus rien d'autre comme réalité sociale, politique et économique, d'abord qu'un grand marché mondial qui est un grand tout, indifférencié, uniforme et plus qu'une seule philosophie sociale et politique, qui est celle de la liberté des moeurs et de la promotion des minorités. Il n'y a plus d'ordre social, il n'y a plus de frontières, il n'y a plus de spécificités culturelles nationales et tout le travail des hommes politiques aujourd'hui serait de nous faire rentrer progressivement dans ce grand tout.

Ce n'est même pas l'universalisme de jadis, de la France républicaine, des lumières, non ce n'est pas cela. C'est une forme de mondialisme.

Puis, de l'autre côté - appelons-le comme cela puisque c'est à la mode depuis que "Le Monde" a choisi cette formule et qu'il faut bien assumer à un moment donné les mots qui s'installent - on a des "nationaux-républicains", je veux dire par là ceux qui pensent qu'il y a encore une place dans le monde tel qu'il est, pour un État, pour une nation, pour une république. Ceux qui pensent qu'il y a encore la place pour un projet de civilisation, pour l'expression d'une volonté collective.

Alors on peut mettre dans cette volonté collective des choses parfois très diverses. Et le fait même de penser qu'il existe une volonté collective et qu'elle a encore un pouvoir sur les événements dessine une ligne de partage politique très profonde. De même, par exemple, que penser qu'il existe encore un intérêt général qui n'est pas, qui ne peut pas être que la somme des intérêts particuliers, est un choix idéologique déterminant quel que soit ensuite le contenu que l'on donne à cet intérêt général. Et le fait de penser qu'une société, c'est autre chose qu'une juxtaposition de communautés et de tribus dessine exactement la même fracture.

D'un côté, il y a le communautarisme, les mafias, les tribus et les féodalités et de l'autre, il y a encore une fois une certaine idée de l'ordre social, de l'intérêt général, du socle commun de valeurs, sur lesquelles on fonde un contrat social.

D'un côté, il y a la dépolitisation absolue de la société, et de l'autre côté, il y a la reconnaissance de la primauté du politique sur tout le reste.

* Ce texte est un court extrait de l'intervention d'Henri Guaino devant le Carrefour indépendant et libéral, le jeudi 17 juin 1999.

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La chronique D'Alain Dumait: Pour l'Entente à droite, nous attendions mieux de Madelin, de Millon et de Pasqua ...

Notre honnêteté réside d'abord dans la grande attention que nous accordons au courrier de nos lecteurs, dont nous rendons compte, le plus souvent possible, en pages 4 et 5 ( abonnez vous pour les lires ). Mais, faute de place, nous ne pouvons publier que quelques-unes de vos lettres, qui sont toujours nombreuses (en moyenne une dizaine par jour).

90 % de ce courrier a un caractère politique et porte sur les péripéties de la vie publique française.

Notre èditorial du 12 juin, intitulé "Pourquoi je vais voter Pasqua", a suscité de nombreuses réactions, dèfavorables dans la proportion de75 %, et souvent violentes (avec menaces à la clef de ne plus s'abonner à notre revue...).

Comme ce courrier continue à être abondant, nous revenons encore une fois sur les èlections européennes du l3 juin et nous élargissons notre propos au concept d'Entente à droite, dont plusieurs correspondants se demandent s'il a encore aujourd'hui un quelconque intèrêt...

Nous croyons au clivage droite/gauche et à sa permanence,au.delà de l'évolution apparente et circonstancielle de son contenu.

Comme Jean.Christophe Mounicq (voir page 2 nous pensons qu'aujourd'hui la droite c'est "moins d'impôts et plus de sécurité"-Tandis que la gauche c'est toujours plus de redistribution, donc plus d'impôts et davantage de contraintes. Et,aujourd'hui,au nom du multiculturalisme, ce sont aussi des frontières ouvertes comme des passoires, la formation de bandes ethniques violentes dans nos banlieues, et moins de sécurité pour nos personnes et nos biens.

Nous militons pour l'entente à droite, de toute la droite, c'est-à-dire de tous ceux qui se disent eux-mêmes de droite.

Ce qui concerne un ensemble qui devrait théoriquement aller de Jean.Marie Le Pen à Édouard Balladur.

Ceux qui refusent le clivage droite/gauche s'excluent de cette entente à droite. Et ceux qui prononcent des exclusives, en particulier à l'égard du FN s'en excluent également.

Car la pratique politique, au-delà de la qualité des hommes, de leur intelligence et de leur tempérament, au-delà de l'eflcacité des organisations et des moyens mis en oeuvre, est faite pour 5 % d'un bon programme (qui peut tenir sur une carte de visite) et à 95 % d'une bonne stratégie. Ce que François Mitterrand a démontré pour la gauche dans les années soixante et soixante-dix.

Et la bonne stratégie, pour la droite, consisterait à faire l'inverse de ce qu'elle a fait depuis quinze ans : à s'entendre avec le Front national (qui y est prêt), sur la base d'un programme commun de la droite (qui serait facile à élaborer).

C'est d'ailleurs la seule stratégie gagnante pour la droite pour les prochaines élections municipales.

Quand la droite, la fausse et la vraie confondues, est à 60 % du corps électoral, elle peut se permettre d'être divisée, et la droite dite républicaine peut mépriser la droite de conviction et ses 15 % d'électeurs. Mais quand la gauche remonte, qu'elle est à 47 ou 48 %, la fausse droite doit considérer autrement la droite dite extrême, même si celle-ci s'efftitait à l2 %. La politique c'est, si possible, des convictions, mais c'est toujours un peu d'arithmétique élémentaire.

Sans une entente à droite, en particulier à Paris, beaucoup de mairies passeront à gauche, alors que l'électorat sera resté à droite, comme en mars 1998 pour la région Île-de-France et quelques autres.

j'ai eu l'occasion de le dire souvent depuis cinq ans : j'apprécie le discours libéral d'Alain Madelin. j'ai applaudi le courage de Millon et j'ai voté pour Pasqua le 13 juin, afin de donner une nouvelle leçon à Chirac. Mais aussi longtemps que l'un ou l'autre de ces responsables ne prend pas l'initiative de rompre le cercle de la diabolisation construit par le politiquement correct médiatique autour du Front national, de ses idées et de ses électeurs, aucune rénovation durable de la droite et de la vie publique française ne pourra avoir lieu.

C'est dans cette voie que nous militons,comme éditeur d'un journal d'opinion,comme élu indépendant à Paris et comme responsable politique libre de toute allégeance.

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