Sommaire des 4verites N°229

Nous serons tous des juifs iraniens !

En mai 1968, avec leur formule "Nous sommes tous des juifs allemands", les étudiants du Quartier latin n'avaient rien inventé. Déjà, en 1962, John Kennedy avait dit, de la même façon, "je suis un Berlinois.". Depuis très longtemps, au moins depuis jésus Christ, et même peut-être avant, des hommes, ou des groupes d'hommes, se sont levés pour porter sur leurs épaules les péchés d'autrui, pour exprimer leur solidarité à l'égard de minorités opprimées, ou même pour partager une injustice ou un opprobre. Il y a toujours eu des justes et des courageux prêts à exposer leurs poitrines pour recevoir les coups et les balles. Pour préférer la compagnie des lépreux à celle des bien portants.

Force est de constater qu'ils ont été très peu nombreux, que ce soit au temps des guerres de Religion, des guerres civiles, des persécutions, des conquêtes coloniales... Et rien n'indique, bien au contraire, que le courage soit aujourd'hui plus fréquent parmi nos contemporains qu'il ne l'était il y a cinquante ans ou deux mille ans.

C'est pourquoi on compte davantage, et de plus en plus, sur les autres, sur la collectivité, et donc sur les dirigeants politiques pour pallier cette couardise. La solidarité n'est plus individuelle, elle est devenue universelle!

On est donc tous « solidaires » des Chinois qui manifestent sur la place Tian-Anmen, des étudiants iraniens qui réclament plus de libertés et des 13 juifs iraniens actuellement menacés d'exécution.

Pourquoi pas! En ces temps de médiatisation, le seul fait de passer au journal de 20 heures suffit parfois en effet à refréner la violence des dictateurs... Mais il convient alors de ne pas être sélectifs. Foin des discriminations ! Il faut protester aussi fort pour le droit des Noirs et des Blancs; pour la vie des juifs, des chrétiens ou des bouddhistes du Tibet. Il ne faut plus laisser passer la moindre injustice, la plus petite atteinte aux droits de l'homme, et mettre sur le même plan aussi bien nos compatriotes que les Zoulous des antipodes.

Mais voilà que je dérape. Car tous les Zoulous sont désormais nos compatriotes ! (À la seule condition pratique d'avoir accès à CNN...).

Jean Rouxel

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Impôts: il faut se méfier de ceux qui ne font pas mal !

Depuis toujours les utopistes totalitaires sont à la recherche de nouveaux impôts, dont les taux seraient faibles, dont la perception serait à peu près indolore pour les assujettis, et susceptibles de rapporter gros, afin d'entretenir un État-mammouth hypertrophié et dévorant.

Toute l'histoire de la fiscalité est jalonnée de projets de cette nature. Hier c'était l'impôt sur l'énergie.Aujourd'hui c'est l'impôt sur les transactions bancaires, ou sur les opérations de change (taxe Toybin). On parle aussi d'une taxe sur les communications par lnternet.

Certaines de ces idées qui paraissent aujourd'hui farfelues peuvent néanmoins devenir réalités demain. Il en fut ainsi de l'impôt sur le revenu, débattu à partir de la fin du XIXe siècle ; de la taxe sur la valeur ajoutée, inventée en France par un inspecteur des Finances, Maurice Lauré, et désormais adoptée par presque tous les pays du monde (à l'exception notable des États-Unis); de la taxation des plus-values, généralisée à partir des années soixante-dix; de la CSG, inventée il y a moins de dix ans ; ou de l'impôt sur la fortune, instauré en France par les socialistes il y a quinze ans seulement.

Il faut donc prendre au sérieux toutes les inventions fiscales.

Mais attention, en particulier pour ceux qui sont tentés de trouver du charme aux impôts nouveaux. D'abord, il est rare qu'un impôt nouveau, taxe ou cotisation, se substitue à un impôt ancien. Le plus souvent il s'y ajoute. Faire la promotion d'un impôt nouveau c'est donc, dans les faits, faire la publicité d'un impôt en plus des autres qui existent déjà...

Il faut se méfier des impôts dits modernes, dont la base fiscale est large, et qui, même avec des taux relativement faibles, peuvent rapporter gros. L'exemple en est la CSG dont la recette, en moins de huit ans, a dépassé celle de l'impôt sur le revenu ! Tout simplement, ce sont des outils plus performants : pour prendre davantage d'argent dans nos poches !

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La mondialisation favorise les inégalités et les rend insupportables

La mondialisation exacerbe psychologiquement les inégalités et elle les accroît réellement. C'est facile à démontrer.

À chaque fois qu'un marché s'élargit, l'offre en fait autant. Non seulement les produits et les services offerts se multiplient, mais encore l'échelle des prix s'élargit, sans qu'il y ait de limites à cette ouverture.

Comparons par exemple l'offre de services dans une petite ville, celle que l'on constate à Paris, et celle que l'on trouvera à New York ou à Tokyo.

Dans ce modeste chef-lieu de canton de 2000 habitants il n'y a qu'un coiffeur et seulement deux restaurants. Chez le premier, la coupe de cheveux sera proposée au prix uniforme de 60 fr alors qu'à Paris, au salon Alexandre, la note peut monter à 2 000 ou 3 000 fr Les deux bistrots auront un plat du jour à 50 F Le restaurant le plus cher de Paris présente une addition à 2500 F par personne et ce sera peut-être le double à New York.

Il en est de même pour les oeuvres d'art. Le seul fait de s'ouvrir sur un marché mondial multiplie les prix par cinq.

Il en est de même pour les salaires des dirigeants d'entreprises.

Sur le marché du chef-lieu de canton évoqué plus haut, l'échelle des salaires des dirigeants d'entreprises ou d'exploitations agricoles ira par exemple de 5000 à 20000 F par mois.

Mais, à Paris, le spectre s'ouvrira, au point que le mieux payé des patrons aura un salaire mensuel en millions de francs, tandis qu'à NewYork on comptera bien sûr en dollars...

On pourrait prendre beaucoup d'autres exemples : sur le marché de l'immobilier, des droits d'auteur, ou des top models...

Pourtant, beaucoup de partisans de la mondialisation s'imaginent que ce mouvement peut aller de pair avec uniformisation. Cela ne peut être vrai qu'à la condition que la contrainte et la pression étatique, de sens contraire, soient encore plus fortes.

S'il est vrai que la demande d'uniformisation est irrépressible, alors la mondialisation pousse à l'interventionnisme. Si les individus supportent mal les différences dans une société fermée, ils les supporteront encore moins dans une société ouverte.

Dans une société libre, les riches, en effet, deviennent de plus en plus riches. Mais les pauvres le sont aussi de moins en moins-Toute la question est la suivante : quand on roule dans une vieille voiture, souhaite-t-on posséder une voiture neuve, de type moyen, quitte à se faire dépasser par des voitures de sports, ou préfère-t-on garder son vieux tacot et ne pas se faire dépasser par d'autres ?

Aux Etats-Unis, peut-être, les inégalités s'accroissent. Les riches le sont de plus en plus.

Mais si les pauvres, dans le même temps, le sont de moins en moins, qui a lieu de s'en plaindre?

Le capitalisme permet à des riches d'afficher des succès insolents. Mais si, dans le même

temps, ils tirent de la pauvreté l'ensemble des autres citoyens, qui pourrait y redire, à part les membres du parti des envieux ? Comme dirait l'autre : « l'accepte volontiers que quelques-uns roulent en Rolls, si tous les outres ont droit à une Mercedes !. . . )

Bernard Piard

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Les capitalistes à la française doivent tout à l'Etat !

Il y a de plus en plus de riches dans le monde, et les riches sont de plus en plus riches. Il y a peu ou pas de riches dans les pays pauvres. Les riches progressent avec la richesse de leurs pays.

Les sommes connues sont vertigineuses : six cents milliards de francs pour Bill Gates. Sur les dix plus grosses fortunes américaines, huit viennent de l'informatique ; et elles concernent des quadragénaires, pas des octogénaires.

Cette explosion des nouvelles technologies, du Net, du marché NASDAQ a été un terreau particulièrement fertile. Et en dix ans, la fortune des deux cents familles les plus riches du monde est passée à mille milliards de dollars.

Parmi eux, il y a beaucoup de nouveaux riches, surtout en Amérique, qui apparaît comme l'Eldorado du futur. Le Reich de mille ans sera américain, et son slogan ne sera pas la race mais l'argent. Certes, on peut se demander ce que l'on peut faire de cent milliards de francs :

investir, tout simplement, ce qu'on ne comprend pas en France. Bill Gates s'est fait construire la villa high-tech dont il rêvait dans sa Route du futur, et puis basta. Son père gère sa fondation, qui financera recherche, art et oeuvres caritatives.

La France est aussi à bonne enseigne dans les classements dont nous disposons (disponibles dans "Forbes" et "Challenges"). Mais elle a un train de retard : aucune grande fortune dans l'informatique et le high-tech. Il est vrai que tout ce secteur appartenait à l'État jusqu'à une date récente...

Les fortunes françaises sont nettement dessinées : il y a ceux qui s'occupent des riches, Bettencourt/L'Oréal (fille du financier de la Cagoule et vieille amie de Mitterrand, dont le mari avait écrit de damnables textes pendant l'Occupation), Pinault/Gucci, Arnault/LVMH, Dumas/Hermès; et ceux qui s'occupent des pauvres : les rois de la distribution. Les Mulliez, Halley, Deflorey, "créateurs" d'Auchan, Carrefour ou Continent se taillent la part belle en nourrissant le bon peuple des banlieues. Ils doivent beaucoup à Raffarin qui, avec sa loi idiote, a fait quadrupler leurs actions en deux ans.

Ces riches doivent beaucoup à l'État. Dassault, Lagardère, Pinault, Arnault, ne seraient rien ou pas grand-chose sans les coups de pouce des énarques gaullistes ou socialistes (comme Naouri, conseiller de Bérégovoy et qui contrôle aujourd'hui...Casino) à la grande époque. Ils savent d'ailleurs renvoyer l'ascenseur : Pinault fait gérer PPR par Serge Weinberg, ancien directeur de cabinet de Fabius, et il finance SOS-Racisme pour se faire pardonner son passé (Le Pen et Le Chevallier).

Lagardére finance "l'Événement du jeudi" qui soutient caricaturalement Jospin, à qui il doit l'Aérospatiale. Et ces riches aiment les médias : Vivendi (avec Messier, monsieur à tout faire de Balladur en 1986), Seydoux (haute société protestante de gauche), Arnault, Pinault, Bouygues ont tout raflé, ce qui serait impensable ailleurs.

En France, le capitalisme ne vaut pas mieux que l'État parce qu'il vient de l'État.

 

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C'était de Gaulle et ce n'était pas un ange !

Une affiche orne ces jours-ci les murs de Paris. On y voit le visage du général de Gaulle. Les mots inscrits sous le visage proclament : «Celui qui a dit non ». Cette affiche concerne un spectacle qui sera bientôt représenté-Avant de voir ce spectacle, on peut savoir ce que seront ses thèmes. L'honneur de la France sauvé par l'auteur de l'appel du 18 juin. L'épopée de la Résistance qui a contribué à libérer le pays. La honte que fut la collaboration. Des Français par milliers viendront au Palais des Congrès pour communier dans cette vision réconfortante et rentreront chez eux émus et confortés dans leurs certitudes et leur fierté.

Jamais, on peut le présager, ne seront évoquées les années qui ont précédé la guerre et où, pendant que l'Allemagne se réarmait, la France pensait plutôt aux congés payés et aux quarante heures : le dire serait jeter une ombre sur le Front populaire et risquerait de faire passer ses dirigeants pour des démagogues irresponsables-Vous n'y pensez pas...

Jamais non plus ne sera évoquée la présence auprès du maréchal Pétain, et au premier rang des collaborateurs, de personnalités très socialistes, voire de communistes tout juste défroqués. Que penseraient les jeunes générations si elles savaient que l'abominable Laval était un homme de gauche, que Marcel Déat avait été l'un des cadres importants de la SFIO et Jacques Doriot le maire PCF de Saint-Denis !

Seront passées par pertes et profits aussi la collaboration du Parti communiste tant que le pacte Hitler-Staline fut en vigueur, le noyautage des maquis par la gauche marxiste après l'attaque de l'URSS par les troupes du Reich avec pour objectif une prise de pouvoir par les armes et l'instauration en France d'une démocratie populaire façon Europe de l'Est, l'alliance sournoise passée entre de Gaulle et les communistes aux fins pour le divin général d'accéder au pouvoir avec ses alliés dès la fin de la guerre, au nez et à la barbe des Anglais et des Américains qui ont pourtant davantage fait pour libérer la France et davantage pour la liberté en général que n'importe quel communiste...

C'est en falsifiant l'histoire que les régimes totalitaires tentent d'asseoir leur pouvoir.

Depuis des décennies l'histoire de France est falsifiée et nous en subissons les conséquences chaque jour. La gauche qui aurait dû supporter la honte de la défaite et de la collaboration a pu se draper dans la toge usurpée de la résistance aux envahisseurs. La droite démantelée a été réduite à la honte et a vu s'installer sur son terrain cette grande imposture qu'est le gaullisme.

La France pourra commencer à se redresser quand elle deviendra adulte et quand elle cessera de croire aux contes de fées. Elle regardera alors son passé en face. Elle verra qui sont les héros et qui sont les usurpateurs. Elle verra qu'elle fut pendant la Seconde Guerre mondiale plutôt, hélas, dans le camp des vaincus. Elle verra en de Gaulle un aventurier de la politique prêt à réhabiliter les communistes pour arriver à ses fins et comprendra que de Gaulle n'était ni un homme de droite ni un homme de droiture. Elle comprendra la suite, toute la suite :

Les nationalisations de 1945 et la Sécurité sociale, l'amnistie du déserteur Maurice Thorez et le lâche abandon de l'Algérie à un FLN qui continue à la détruire aujourd'hui, le dirigisme inhérent à la V~ République et cette Constitution monarchique dans laquelle le très nauséabond François Mitterrand pourra si facilement se couler, l'abandon de la scène intellectuelle à la gauche et la réduction de l'idée même de droite à l'état de ruines. Elle pourra ouvrir les yeux enfin. Elle pourra alors et alors seulement rejoindre le camp de la liberté.

Guy Millière

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Chirac: un président pusillanime !

La pierre angulaire des institutions de la V° République était constituée par la prééminence de la fonction présidentielle.

Cette orientation fut dès l'abord contestée par plusieurs politiciens issus de feu la IV République. Guy Mollet, alors secrétaire général de la SFIO, et quelques autres, suggérèrent même au général de Gaulle, fin 1958, de briguer la fonction de Premier ministre plutôt que celle de président de la République, qu'il aurait alors laissée à René Coty pour un nouveau mandat. lls faisaient valoir qu'en application de l'article 20, qui dit « le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation », ce serait alors à l'hôtel Matignon que se situerait le centre du pouvoir.

Mais le fondateur de la Veme République n'a jamais hésité : nos institutions ont été faites pour avoir à leur tête un président et non pas un Premier ministre. Cela découle notamment de l'ordre des titres de la Constitution : titre 1er, "de la souveraineté" ; titre II, " Le président de la République"; titre III "Le gouvernement"; titre IV : "Le Parlement"...

Et pour ceux qui pouvaient encore avoir des doutes, la réforme de 1962 instaurant l'élection au suffrage universel direct du président de la République tranchait définitivement le débat.

Il fut rouvert en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing, qui était amené à envisager l'hypothèse d'une défaite aux élections législatives de cette année-là. Il fut le premier à théoriser sur la cohabitation. Il prévint les Français : il resterait, mais laisserait tous les pouvoirs au gouvernement, lui-même s'installant symboliquement à Rambouillet.

En 1981, François Mitterrand, après son élection, dissout l'Assemblée nationale à majorité de droite. Et il recommence en 1988, malgré les avances de VGE qui se propose de lui apporter un complément parlementaire, afin de constituer une majorité de gouvernement de centre gauche. À chaque fois, le président de la République dispose d'une majorité, absolue ou relative, pour faire appliquer son programme par un Premier ministre qu'il choisit librement.

Les périodes de cohabitation ouvertes en 1986 et en 1993 sont des parenthèses de courte durée, coincidant avec le début des manoeuvres préalables aux élections présidentielles annoncées.

Tout change avec Chirac en 1995.

Celui-ci fait d'abord le choix de ne pas dissoudre l'assemblée élue en 1993.

Prenant juppé comme Premier ministre, il approuve le programme de celui-ci qui consiste à commencer à alourdir fortement la fiscalité (passage de la TVA de 18,6 à 20,6 %). À aucun moment le gouvernement n'est en phase avec l'opinion et ses propres électeurs. Pour la deuxième fois dans l'histoire de nos institutions contemporaines, le président de la République fait alors le choix de la dissolution. Il est sévèrement désavoué.

Sanction confirmée "en appel", à l'occasion des élections régionales de 1998, puis "en cassation", à l'occasion des élections européennes du 13 juin 1999.

Il fait à ce moment-là le choix de la cohabitation-compromission de longue durée.

jusqu'en juin 2002, personne, en effet, ne peut lui contester la légitimité de sa fonction.

Mais il ne se maintient à sa place qu'au prix du dévotement des institutions qu'il était pourtant chargé de préserver. Avec lui, la fonction présidentielle est redevenue ce qu'elle était sous la lVe République : le président préside le Conseil des ministres, mais ne fait qu'écouter un Premier ministre qu'il a nommé, mais qu'il n'a pas choisi. Seuls l'époque, le décorum et la complaisance médiatique ont changé.

Il aura donc fallu le retour à l'Élysée d'un gaulliste, 21 ans après le décès de Georges Pompidou, pour que les institutions de la V République soient triturées au point de devenir méconnaissables.

Car le respect de la Constitution nécessite aussi de la vertu.

Avant 1986, Jacques Chirac disait que François Mitterrand devait démissionner en cas d'échec de sa majorité aux élections législatives. Quand on est incapable de s'appliquer à soi-même les conseils que l'on donne à autrui, on s'expose à donner le spectacle de la pusillanimité. "

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