Sommaire du N°232 Samedi 18 septembre 1999

Retraites, monopoles publics, droit du travail ...

Chirac et Jospin font assaut de dirigisme

Lionel Jospin est maintenant acquis à "l'économie de marché" . Pour un ex-trotskiste, c'est bien. Mais il se dit d'autre part opposé à une "société de marché". Expression qu'il convient de traduire par "société de liberté". Il a donc encore de gros progrès à faire. D'autant que, pendant ce temps-là, quand la France se libéralise en prenant l'escalier, d'autres préfèrent emprunter l'ascenseur !

Pour lui, il y a d'un côté les biens et les prestations qui s'échangent, de fait, et de plus en plus, sur un marché en cours de mondialisation, et de l'autre, les services publics, les exceptions culturelles, tout ce qui relèverait de l'autorité de l'Etat, de sa protection, de sa tutelle et de sa réglementation.

L'appel du Premier ministre à la mobilisation sociale pour faire échec aux efforts de productivité chez Michelin est symptomatique.

Déjà trop d'usines, de laboratoires, de sièges sociaux et d'entreprises ont quitté la France pour des cieux fiscalement et politiquement plus accueillants. La logique de la mondialisation voudrait que les autorités de notre pays s'efforcent de créer les meilleures conditions possibles pour renverser cette funeste tendance. En réduisant les impôts et les charges, en allégeant les contraintes. Il fait ou il menace de faire l'inverse. A défaut de commander au marché il prétend le faire à ses acteurs que sont les entrepreneurs.

Une politique de droite, faisant confiance aux hommes, à leurs initiatives, leur bon sens et leur rationalité, aurait pour finalité de leur restituer leurs droits et responsabilités naturelles. En particulier dans tous les domaines où le dirigisme à la française de type soviétique a lamentablement échoué : faillite des systèmes publics, non approvisionnement des pensions de retraites, droit du travail administré tatillon, rationnement des soins de santé...

Il n'a échappé à personne que Jacques Chirac consacrait l'essentiel de son temps à faire pression sur son Premier ministre, auquel il reproche son atermoiement. Mais sans jamais se déclarer en désaccord sur le fonds : ni sur les 35 heures, ni sur son interventionnisme social, ni sur la défense des monopoles publics, ni sur la sacro-sainte retraite par répartition, insupportable pour les jeunes générations et forcément injuste et autoritaire. Il joue peut-être contre Lionel Jospin. Mais dans le même camp !

Jean Rouxel

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Retraites: le gros morceau !

La prévoyance appliquée à la vieillesse n'a jamais été plus nécessaire qu'aujourd'hui, du simple fait de l'allongement de la vie.

Quand les individus disparaissent en moyenne à l'âge de 75 ans et quelque, ils doivent en effet s'attendre à avoir à vivre cinq, dix, quinze, ou vingt ans, ou plus, de revenus de substitution plutôt que de celui de leur travail ou de leurs oeuvres.

Cette substitution est naturellement le fruit de leur épargne. Et celle-ci est spontanée. Pour réduire la crainte qu'il a normalement de l'avenir et de ses aléas l'homme "met de côté". Il le fait depuis qu'il le peut, depuis le néolithique. Soit sous forme matérielle, soit sous forme financière. Il le fait plus ou moins, mais il le fait, et en tout cas il sait qu'il doit le faire.

Des individus, plus doués ou plus clairvoyants que d'autres, épargnent non pas seulement pour disposer ultérieurement de leur argent, mais pour investir, c'est-à-dire pour créer de la valeur, de nouvelles richesses et des emplois.

Ce sont des entrepreneurs qui, prenant des risques, ont besoin de convaincre d'autres épargnants de leur faire confiance.

Ainsi transformée, l'épargne de prévoyance devient le moteur de la prospérité : en épargnant pour leurs vieux jours les individus assurent le financement du progrès économique qui est sans limite sur le plan matériel - et l'avenir de leurs enfants et de leurs petits enfants.

Ainsi devrait être l'harmonie économique.

Évidemment nous en sommes loin...

Car le bon fonctionnement de ce système, qui ne résulte que de la loi naturelle, comporte une condition et une seule : que les individus conservent la responsabilité d'eux-mêmes, qu'ils n'en soient pas dépouillés. Et cette responsabilité ne peut être qu'individuelle, et ne peut pas être collective.

En instaurant un système général obligatoire et coercitif de retraite par répartition, nos prédécesseurs ont cru élaborer une panacée. Au début, l'illusion avait de quoi séduire : les nouveaux cotisants eurent droit à des pensions dont les niveaux n'avaient aucun rapport avec les sommes effectivement versées.

Mais les lois de la démographie sont implacables. Quand un individu a 20 ans une certaine année, il en a automatiquement 60 quarante ans plus tard ! Les classes pleines des années 45 et suivantes arrivent donc des, maintenant sur le marché de, l'inactivité...

Et rien n'a été ni épargné ni investi. On a prélevé et réparti, tapant dans les revenus des actifs comme dans une spécialité pâtissière dénommée PIB. Les mêmes sommes soustraites à leurs légitimes propriétaires, si elles avaient été investies dans l'économie réelle rapporteraient deux ou trois fois plus que ne coûtent les pensions à servir, et en plus le capital serait là ! La France serait un pays prospère.

Certains - comme Bill Clinton, Jacques Chirac ou Lionel Jospin - s'imaginent que l'investissement de l'épargne retraite peut se faire dans un système uniforme et contraignant. Parce qu'ils croient toujours à la supériorité du collectif. Mais si le financement de la retraite passe bien par l'investissement et par la création d'entreprises, tous les esprits sensés peuvent comprendre que son bon fonctionnement relève des individus et de leurs choix personnels.

Dans ces conditions, la seule difficulté, comme souvent - elle est grande mais elle est comporte une solution - est de passer d'un système collectiviste à un système de responsabilité individuelle. Encore faut-il l'admettre et le vouloir.

Alain Foucart

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Emploi, productivité, profit

L'affaire Michelin

La logique libérale oblige à prêter davantage d'attention au marché et à son bon fonctionnement - en particulier son libre accès ainsi qu'aux comportements et à l'intérêt des consommateurs plutôt qu'aux convenances des entrepreneurs, Le libéralisme n'est pas la simple défense des capitalistes !

Michelin étant une entreprise privée, avec un actionnariat à la fois familial et international, et dont l'activité se déploie dans le monde entier (ce fut notre première multinationale), il appartient à ses dirigeants et à eux seuls de déterminer sa stratégie, aux actionnaires de l'approuver, aux épargnants et aux consommateurs de la sanctionner - qui en Bourse, qui sur le marché des pneumatiques - aux salariés d'y adhérer ou de la contester.

La décision annoncée par la firme de poursuivre une politique de gains de productivité afin de rester compétitif sur un marché très concurrentiel dont la taille n'augmente que de 1 % par an est importante, justifie toutes sortes de commentaires libres de la part des médias ou des hommes politiques, toutes sortes de réactions de la part des personnels.

Mais les pouvoirs publics, en particulier le chef du gouvernement Lionel Jospin, parce qu'ils disposent de beaucoup de pouvoirs, dont certains sont occultes, feraient bien d'être prudents dans leurs déclarations.

Comme nous sommes en France, dans un pays de semi-liberté d'entreprendre, l'administration a en effet toutes sortes de moyens de pression sur Michelin. La liste est longue : le fisc, les organismes sociaux, l'inspection du travail, la DATAR et ses primes, le préfet et ses autorisations, les collectivités locales et leurs impôts...

Mais Michelin, en tant que firme multinationale, contrôlée par une holding de droit suisse, installée sur cinq continents, peut aussi accroître ou diminuer sa présence sur le territoire national. Montrer du doigt ses dirigeants, en signe d'opprobre, est une arme à double tranchant.., Il ne s'agit pas de méconnàtre les interrogations légitimes qui sont celles des personnels directement concernés par les 7500 réductions de postes (ce qui ne veut pas dire licenciements) annoncées pour l'ensemble des implantations en Europe, Mais il convient de les mettre simplement en perspective.

lnévitables, pour cause de recherche nécessaire de productivité, les réductions d'effectifs dans les grands groupes industriels, sont parfaitement humainement supportables si, dans le même temps, des emplois se créent plus que proportionnellement, dans le même secteur ou dans d'autres.

Il n'y a pas d'affaire Michelin à la seule condition que l'économie crée davantage d'emplois qu'elle n'en détruit. Ce qui est le cas depuis dix ans aux États-Unis- Ne demeurent que des problèmes d'adaptation et de formation qui relèvent de la capacité des individus à accepter les changements. Mais ce ne sont plus des drames.

D'ailleurs, même en France où la situation est loin d'être satisfaisante, les seules sociétés de services informatiques ont créé plus de 8 000 nouveaux emplois depuis le début de cette année!

On s'offusque de la concomitance entre l'annonce des réductions d'emplois chez Michelin et celle de l'augmentation de ses bénéfices. Mais ces derniers seront les bienvenus pour autofinancer les nouveaux investissements. Et si les actionnaires y gagnent aussi, à leur tour ils pourront financer l'entreprise, celle-là ou d'autres...

Bernard Piard

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CSG: chronique d'une mort annoncée

par le Dr Claude Reichman, président du Comité CSG

En qualifiant la CSG et la CRDS de "cotisations Sociales" et non d'« impôts », l'avocat général de la Cour de justice des communautés européennes a pratiquement signé l'arrêt de mort de ces deux taxes maléfiques.

Le 4 mai 1999, la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) a examiné la plainte déposée contre la France par la Commission de Bruxelles.

Elle rendra son arrêt dans les semaines qui viennent. Mais d'ores et déjà on peut considérer que sa décision, qui sera rendue dans les prochaines semaines, est acquise, En effet l'avocat général de la Cour de justice a déposé, le 7 septembre dernier, ses conclusions et celles-ci sont presque toujours suivies par la cour. La question soumise à la Cour de justice consistait à déterminer si la CSG et sa

petite soeur, la CRDS, sont des impôts ou des cotisations sociales La question peut paràtre théorique. En réalité elle est capitale. Car il s'agit, pour ces deux taxes maléfiques, de vie ou de mort.

"Impôts" ou "cotisations sociales" ?

La CSG a été inventée par le gouvernement de Michel Rocard en 1991 pour financer le déficit de la Sécurité sociale.

La CRDS est une création du gouvernement d'Alain Juppé en 1996 pour rembourser la dette sociale. À elles deux, ces taxes représentent actuellement la bagatelle de 375 milliards de francs, c'est-à-dire beaucoup plus que l'impôt sur le revenu.

La CSG et la CRDS présentent toutes les apparences d'une cotisation sociale. Elles sont collectées par les URSSAF et leur contentieux relève des tribunaux des affaires de sécurité sociale. Pourtant, le Conseil constitutionnel les a rangées parmi « les impositions de diverses natures ». C'est que l'enjeu est d'importance. Impôts, elles peuvent être appliquées à toute personne ayant sa résidence fiscale en France. Cotisations sociales, elles épargnent ceux qui, tout en résidant dans notre pays, travaillent dans un autre (par exemple les frontaliers), ou bien ont conservé la protection sociale de leur pays d'origine (ce qui est possible pour tout citoyen de l'Union européenne), ou bien encore ceux qui ne sont pas assurés sociaux. De plus, elles ne peuvent pas frapper tous les revenus, car une cotisation sociale doit obligatoirement être assortie d'une prestation, ce qui n'est le cas ni de la CSG ni de la CRDS, qui ne donnent le droit à rien, sinon celui de pleurer sur son argent disparu.

L'Europe se construit par les frontières

De même que la vie s'est développée par les marges, l'Europe se construit par les frontières. C'est en effet par les travailleurs frontaliers que l'existence de la CSG a d'abord été mise en cause. Ces citoyens français résident sur le sol national et travaillent dans un pays voisin où ils paient leurs cotisations sociales, alors qu'ils sont soumis à l'impôt en France. Si la CSG et la CRDS sont des impôts, ils doivent les régler. Mais comme ces deux taxes sont destinées à financer la Sécurité sociale, les frontaliers paient doublement leur protection sociale : une fois dans le pays où ils travaillent, une autre en France. Le gouvernement français ne voulant rien entendre, accroché qu'il est à la notion d'impôt afin que nul ne puisse échapper à sa rapine, les frontaliers se sont adressés à la Commission de Bruxelles. Celle-ci leur a donné raison, en se fondant sur un raisonnement simple : quand une taxe finance la Sécurité sociale, c'est une cotisation sociale. Et elle a demandé au gouvernement français d'exonérer de CSG et de CRDS les travailleurs frontaliers.

Demandes de remboursement

La machine infernale était lancée. Car ce qui rendait intenable la position des autorités françaises, c'était non pas le sort des frontaliers, qui ne représentent qu'environ 300 000 personnes, mais celui de la CSG elle-même. En effet, à partir du moment où il exonérait les frontaliers, il laissait se créer une double discrimination. Entre Français, puisque certains contribuables - les frontaliers - échapperaient à la CSG et à la CRDS, ce qui serait contraire au principe constitutionnel d'égalité devant les charges publiques, et entre Européens, puisque les citoyens de l'Union établis en France mais restés assurés chez eux ne seraient pas touchés alors que les Français le seraient, ce qui contreviendrait à l'article 7 du traité de Rome - devenu article 6 du traité sur l'Union européenne - qui interdit toute discrimination selon la nationalité.

C'est en nous appuyant sur les considérations qui précèdent qu'avec Alain Dumait nous avons créé le Comité CSG. Son objectif : demander le remboursement de la CSG et de la CRDS, qui, illégales au regard des dispositions nationales et européennes, n'avaient pas à être perçues et relèvent donc de ce que l'on appelle, en droit, la "répétition de l'indu". Plus prosàiquement nous lancions à l'État cette adresse : "Rendez-nous nos sous !". À ce jour, plusieurs milliers de procédures sont en cours, lancées par des Français exaspérés qui veulent ainsi, non seulement récupérer l'argent qu'on leur a volé, mais aussi en finir, par une action décisive, avec le matraquage fiscal et social.

Révolution en vue

Or aujourd'hui, la victoire est en vue. Le gouvernement français restant sourd à ses objurgations, la Commission de Bruxelles a traduit la France devant la Cour de justice des communautés européennes. Et celle-ci va statuer dans les

prochaines semaines. Selon toutes probabilités, elle suivra son avocat général et décidera que la CSG et la CRDS sont des cotisations sociales. Ce sera l'arrêt de mort de ces deux taxes. Car leur illégalité sera dès lors établie, non seulement à l'égard des travailleurs frontaliers, mais aussi, comme nous l'avons démontré, envers tous les Français.

Il s'agira bien entendu d'une révolution. Car la CSG est devenue la clé de voûte du financement social en France. L'indispensable réforme de la ii Sécu ii va enfin devoir être faite. À chaud, comme toujours en France. Il va de soi, par ailleurs, que le gouvernement prendra des dispositions pour éviter d'avoir à rembourser tout le monde. Cela lui sera beaucoup plus difficile pour les procédures en cours, car, en vertu du principe de séparation des pouvoirs, il ne peut y avoir d'intervention du législatif sur le judiciaire. C'est pourquoi il est particulièrement important, pour tous ceux qui veulent lutter contre l'arbitraire fiscal et les abus de l'État, de lancer leur réclamation avant la décision de la Cour de justice européenne.

Pour une fois que les Français ont l'occasion de faire mordre la poussière aux hommes de l'État, ils auraient tort de s'en priver!

L'action anti-CSG

. Elle est civique : nous utilisons les dispositions légales offertes aux citoyens pour faire valoir leurs droits.

. Elle est utile à notre pays : quand des citoyens réclament leur dû, ils contribuent à faire régner l'état de droit.

.L'action anti-CSG est utile à ceux qui l'entreprennent : ils se donnent chance de récupérer la plus grande partie de ce qui leur a été illégalement prélevé au titre de la CSG et de la CRDS.

. L'action anti-CSG est des plus simples. Elle consiste en l'envoi de quelques lettres, dont le modèle est fourni par le Comité CSG.

.Le comité CSG pilote toute l'action juridique et suit chaque dossier individuellement.

. Il est urgent d'agir. Dans les prochains mois, la Cour de justice des communautés européennes tranchera. Sa décision s'imposera aux juridictions françaises.

. En matière de cotisations sociales, la prescription est de deux ans : vous ne pouvez exiger le remboursement des cotisations indûment payées que pour la période de deux ans qui précède votre demande. Mais en même temps cette demande interrompt la prescription. Ce qui veut dire que tout le temps qui s'écoulera entre votre demande et notre victoire définitive devant la juridiction européenne échappera à la prescription et que vous pourrez être remboursé sur l'ensemble de la période.

Plus tôt vous demanderez, plus vous serez remboursé.

Pour adhérer il suffit d'adresser un chèque de 350 F (Somme destinée à couvrir les frais administratifs et juridiques du Comité) à : Claude Reichman, président, Comité CSG, 165, rue de Rennes, 75006 Paris. .

Vous recevrez en retour le mode d'emploi et les lettres type.

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Les français aiment McDonald's n'en déplaise à la classe parlante !

L'ostracisme médiatique, et même la diabolisation généralisée n'y changera rien : les Français aiment McDo, et ils le prouvent chaque jour puisqu'ils sont en France plus d'un million à acheter ses sandwichs! Ça marche si bien pour lui qu'il recrute chaque année en moyenne 2500 nouveaux collaborateurs.

Certes, la conception est américaine et le capital international. Mais, contrairement à une idée reçue, les fameux McDo sont fabriqués avec des produits français, que ce soit la viande de boeuf, les pommes de terre ou la salade. Les salariés sont des résidents français (même si ce sont souvent des immigrés, dans la catégorie estimable de ceux qui travaillent...) et les responsables des établissements, entrepreneurs indépendants franchisés pour 250 d'entre eux, sont également français.

L'entreprise avec ses dizaines de milliers de restaurants partout à travers le monde, première du genre et numéro un mondial, est une réussite exceptionnelle. Elle le doit à la mise en oeuvre de méthodes aussi rigoureuses que remarquables. En particulier sur la fraîcheur des produits. Combien de restaurateurs et de marchands de sandwichs peuvent se vanter de mettre à la poubelle tous les soirs les produits exposés à l'air qui n'ont pas été consommés dans la journée? Du coup, sur le critère de la sécurité sanitaire, McDo est imbattable !

Bien sûr il est permis de détester cette nourriture standardisée, sans autre goût que celui de saveurs uniformisées, proposée dans des cadres aseptisés. Mais il faut au moins reconnàtre que les toilettes y sont plus souvent nettoyées que partout ailleurs !...

Libre à chacun d'aller chez McDo ou pas. Libre à chacun d'en penser ce qu'il veut. Libre de faire de ce sandwich mollasson le symbole de l'hégémonie américaine, À condition de lui reconnaitre son succès auquel participent comme pour beaucoup d'autres nos concitoyens.

Ceux qui partent en guerre, physiquement, contre McDonald's, et y vont pour casser, ne sont rien d'autres que des agitateurs qui relèvent de l'action de la police et de la justice. Pas des Robin des Bois encensés comme des héros par des médias où les journalistes prennent leurs désirs pour de réalités.

Si McDo a si bien prospéré en France d'ailleurs après dix années de difficultés - c'est non seulement à cause de l'excellence de son management mais aussi parce que les Français, avec tous leurs particularismes et leurs spécificités sont aussi, en particulier les plus jeunes, des individus comme tous les autres, réagissant comme des Américains comme des Chinois ou des Africains.

Nos élites unanimes, de droite ou de gauche disent ne pas aimer McDo : parce que son succès, qui est indiscutable, renvoie à tous non seulement l'image concrète de la mondialisation, mais aussi la réalité du caractère universel du comportement humain.

Raison de plus pour montrer que chaque individu est unique et que chaque civilisation est différente des autres. Y compris par ses sandwichs. Encore faut-il le démontrer. Encore faut-il le faire...

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De la résistance comme moyen d'action

Réponse à Henry Frémont

Henri de Frémont me reproche, dans le n° 226 (3 juillet 1999) de ne rien proposer (« C'est du vent... », dit-il). Avant de répondre à la question : « Que doit on faire ? », il convient de définir le mot "on".

Pour les "Yaka", "on", ce sont les hommes politiques : hier, ils espéraient que Charles Millon rassemblerait la droite; déçus, ils reportent aujourd'hui leurs espoirs sur Charles Pasqua.

En ce qui me concerne, lorsque je dis : « Que doiton faire? », c'est d'abord à moi-même que je pose la question, et c'est dans les Français, dans les citoyens de base, que je place mes dernières Par Ce projet à espérances. C'est d'abord à moi-même qu'en 1985, lorsque je démissionnais de mon poste d'adjoint au secrétaire de la 20e du RPR (16e Sud) - suite à un "coup de vice" de Nicolas Sarkozy, je posais la question.

Que faire, face à la médiocratie ? Que faire face au manque de clairvoyance (syndrome de Munich), ou à la lâcheté, de la classe politique française, qui choisit d'ignorer, voire de nier, l'insidieuse mais inexorable islamisation de la France (... et de l'Europe) ?

Ma réponse fut, et demeure : Résister !

Les peuples ont les gouvernements qu'ils méritent : ce n'est que par notre comportement individuel que nous mériterons de rester français.

Il nous faut résister - à tous les niveaux - par tous les moyens, à la propagande, aux tentatives de conditionnement, d'endoctrinement, de la cinquième colonne antifrançaise.

Nous ne sommes plus en 732, et les armes des envahisseurs ne sont plus le palache ou le cimeterre; le danger, aujourd'hui n'est plus militaire (bien qu'il ne faille pas sous-estimer les conséquences des intimidations, des menaces et des passages à l'acte terroristes), il est avant tout culturel.

Il faut donc prioritairement résister au métissage culturel.

Ce n'est pas par hasard si les chantres de la mondialisation et de l'internationalisme, répètent ad nauseam, que les "apports" culturels de l'immigration sont "enrichissants" (comme le note d'ailleurs Marcel Contesse, dans le n° 226 du 3 juillet 1999).

Il ne s'agit pas en fait, d'un "apport", mais bien de remplacer, purement et simplement, si je puis dire, l'accordéon par le tam-tam, la valse par le rap et le steak frites par le couscous (l'ancien Jacques Chirac, celui d'avant la cohabitation, avait d'ailleurs jadis exprimé des réserves sur la singularité olfactive d'une certaine cuisine).

Nous devons résister à la dégénérescence de notre langue, en refusant d'adopter le dialecte des banlieues. Quant aux langues régionales (breton, basque, catalan, etc.), elles doivent demeurer une deuxième langue, que l'on peut accessoirement étudier - lorsque l'on aura acquis une parfaite maîtrise de la langue française (on en est loin pour le moment...).

Et le fait que M. Cohn Bendit (un nom qui dit bien ce qu'il veut dire) se soit prononcé en faveur d'une de la charte régionaliste, devrait mettre la puce à l'oreille de ceux qui désirent sauvegarder une France française.

Il nous faut résister à toute réécriture gauchisante de l'histoire de France. Refuser que l'on donne à l'une des voies de la capitale (ou de toute autre ville de France), à une station de métro ou à un centre municipal, le nom d'un des terroristes de la Commune de 1871 (Louise Michel, Benoît Malon ou Auguste Blanqui), présentés aujourd'hui comme des héros nationaux.

C'est donc individuellement que chacun d'entre nous doit réagir et résister.

N'attendons pas que le salut vienne de Charles Dupont ou de Charles Durand : il ne peut venir que de nous.

Nous devons réagir à chaque tentative de désinformation médiatique, en écrivant au responsable du journal ou de la chaîne.

Nous devons contacter, voire harceler, nos élus pour qu'ils s'attachent à sauvegarder notre culture et n'utilisent pas les deniers publics à subventionner des activités "culturelles" douteuses, aussi "enrichissantes" soient-elles-..

Il faut que la France profonde s'exprime - qu'elle cesse d'être une majorité silencieuse.

Le président de la République déclarait, au cours de la garden-party du 14 Juillet, que "La droite s'est construite autour d'une culture."

La France aussi, M.le Président!

Et je ne suis pas sûr que tous vos concitoyens aient vraiment apprécié de voir le défilé commémorant l'une des dates fondatrices de la nation française précédé d'un drapeau sur lequel était brodé un verset du Coran.

Voici donc, M. de Frémont, un début de réponse : entrons, aujourd'hui, dans la voie de la Résistance !

Désirant créer un café-philo "de droite", j'invite toutes les personnes intéressées par ce projet à me contacter: BP 6451, Paris Cedex 2.

Jean-Pierre Pagès-Schweitzer Paris - 75

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Jacques Chirac fait obstacle à tout renouvellement véritable de l'opposition

L'opposition parlementaire RPR-DL-UDF est parfaitement consciente qu'elle doit se renouveler, pour pouvoir aborder avec quelques chances de succès les prochaines échéances électorales, municipales, législatives et présidentielles, que celles-ci d'ailleurs aient lieu dans cet ordre, comme cela est prévu par les textes, ou dans un autre ordre, si ce calendrier est bousculé (comme cela est souvent le cas dans notre démocratie, où les règles du jeu sont souvent enfreintes par ceux-là mêmes qui devraient les défendre le mieux...) Mais, à ce jour, les structures partisanes de la fausse droite ne sont parvenues qu'à se déconsidérer chaque jour davantage.

Pourtant, individuellement, en privé bien sûr mais aussi en public, beaucoup des politiciens concernés font preuve d'une réelle lucidité, lls identifient les problèmes, ils savent communiquer, ils proposent des solutions. Mieux, ils écoutent leurs électeurs, lls ont compris qu'il faudra demain réduire vraiment les impôts et les charges, et pas seulement ralentir leur progression comme le fait actuellement le gouvernement de Lionel Jospin. Qu'il faudra aussi répondre à cette exigence élémentaire de sécurité, d'ordre et de justice, que réclament tous nos concitoyens et en particulier les plus modestes (la tranquillité étant devenu le privilège des riches et des nantis).

En tête-à-tête il est redevenu possible et même souvent agréable de débattre avec des élus de l'opposition. Mais c'est vain.

Car la victoire d'une opposition vraiment de droite sur la majorité actuelle qui demeure résolument de gauche passe par un préalable, incontournable et cruel - en tout cas pour les intéressés : le renouvellement le plus complet possible du personnel actuel de la droite parlementaire.

Sans doute cela peut-il paraitre injuste pour tel ou tel parlementaire encore jeune, compétent et ambitieux. Mais c'est quand même la première condition du redressement politique de l'opposition.

C'est d'ailleurs ainsi que les choses se passent normalement dans toutes les démocraties. Quand un chef et une équipe perdent les élections ils laissent la place à d'autres, en Allemagne, aux ÉtatsUnis ou en Grande-Bretagne.

Mais ce renouvellement des hommes est d'autant plus nécessaire en France, dans la situation où se trouve l'opposition, qu'elle a non seulement perdu tour à tour les élections législatives bêtement anticipées de 1997 et les élections européennes de juin dernier, mais encore, qui plus est parce qu'elle les a perdues toute seule, par pur aveuglement. Car il faut bien voir que l'origine de cette déconsidération tient tout entière dans la politique résolument dirigiste et fiscaliste mise en oeuvre par Alain Juppé en 1995, avec l'accord de Jacques Chirac. Le premier s'est mis à l'abri à la mairie de Bordeaux, même s'il se tient toujours prêt à resurgir, mais le second est toujours là et occupe les médias.

Aussi longtemps que Jacques Chirac sera là, s'occupant de tout dans l'ombre, intervenant à toute occasion auprès des uns et des autres, ne se contentant pas de présider les Conseils des ministres mais prétendant aussi manoeuvrer l'opposition, faire l'élection du président du RPR, et constituer la liste des candidats de son camp à l'élection européenne, l'opposition ne sera pas en mesure de se redresser.

Bien sûr qu'il lui faut un programme, qu'il lui faut une éthique nouvelle, qu'il lui faut retourner au peuple, son souverain. Mais il lui faut aussi faire son deuil de Chirac.

Comme un conseil d'administration doit savoir sacrifier un président qui a échoué et a fait faire trop de pertes à l'entreprise.

La désignation des chefs ne relève pas des sentiments. Leur maintien sur le pavois doit se mériter tous les jours. Mais s'ils ne sont entourés que de courtisans, qui leur dira ?

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