Sommaire des 4 vérités N°235 Samedi 9 octobre 1999

35 heures: le tombeau de la gauche

les 35 heures seront le tombeau économique de la gauche. Pour les mêmes raisons que les 40 heures, puis les 39 heures, l'ont été en 1936, puis en 1981. Bien sûr, il faut prendre cette affirmation dans un sens large. Car les 35 heures sont symboliques de toute une politique sociale antiéconomique. Et elles ne sont populaires qu'en raison du sousdéveloppement culturel économique d'une partie de l'opinion publique.

La seule chose juste dans cette funeste orientation réside dans le fait que le progrès technique s'est toujours accompagné d'une réduction tendancielle de la durée du travail. Mais prétendre renverser les termes de ce constat et affirmer que la réduction autoritaire du travail crée des emplois relève d'un sophisme caractéristique. Car ce n'est pas directement le progrès technique qui crée des emplois. Il paraît même en détruire! La réduction du temps de travail n'est pas un effet automatique du progrès technique, mais résulte d'une simple affectation du surplus de revenu généré par ce progrès. En soi, la réduction du temps de travail n'est pas créatrice mais destructrice d'emplois !

Pour qu'elle soit aussi le tombeau politique de la majorité plurielle de Lionel Jospin, il faudrait d'abord que la droite, ne faisant en cela qu'imiter la gauche, se résolve à pratiquer l'entente à droite, comme la gauche a su, il y a déjà 35 ans ( 1964 : François Mitterrand est candidat de l'Union de la gauche...), mettre en route son regrouppement, sans aucune exclusive, en y acceptant simplement tous ceux qui se disent eux-mêmes de gauche.

Et il faudrait ensuite qu'elle sache s'opposer carrément aux inepties constructivistes de la gauche. Comme Alain Madelin, qui a proposé qu'en cas d'alternance en 2002 l'opposition dise clairement qu'elle se défera de la loi sur les 35 heures. Ce qui est ) loin d'être l'opinion exprimée au RPR, au RPF ou à l'UDF.

Il est vrai que, dans le passé, cette droite-là n'est jamais revenue sur aucun « acquis social » . mis en place par la gauche. C'est ainsi qu'elle a j mérité d'être aypelée la « fausse droite ». Et qu'elle fait tout pour s'installer durablement dans l'opposition.

Jean Rouxel

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Les chefs de la fausse droite rêvent d'une victoire par défaut !

Un vent d'optimisme parcourt actuellement l'opposition "institutionnelle" (la fausse droite) qui donne à croire à ses leaders que la victoire pour elle est à portée de main lors des prochaines élections législatives générales en principe prévues pour mars 2002. D'où sa résolution d'aborder le calendrier électoral tel qu'il se présente en théorie, avec d'abord des élections législatives, puis, dans la foulée, des élections présidentielles deux mois plus tard.

Cet optimisme ne tient ni à la réunification de cette opposition, qui continue à se déchirer publiquement, ni à l'élaboration d'un programme commun, dont il n'est pas question, ni à l'engouement de l'opinion, car tous les sondages montrent au contraire une forte désaffection aussi bien pour ses chefs que pour les formations qui composent cette opposition.

Il résulte d'un simple calcul : dans l'état où se trouve le Front national, en rivalité ouverte avec le MNR de Bruno Mégret, le maintien au second tour de ses candidats serait impossible nulle part et les mortelles triangulaires de 1997 ne pourraient pas se reproduire une nouvelle fois.

En effet, en 1997, la victoire de la gauche plurielle n'a été acquise -que sous l'effet de son triomphe dans 47 triangulaires de second tour sur 76 où un candidat du Front national s'était maintenu, ayant franchi au premier tour la barre de 12,5 % des électeurs inscrits.Oçau vu des élections cantonales partielles les plus récentes, notamment celles de dimanche dernier, de telles triangulaires seraient devenues improbables.

Pour la première fois depuis longtemps, dimanche dernier 3 octobre, dans les trois cantons soumis à renouvellement, s'affrontaient à la fois un candidat FN un candidat MNR.

Entre eux le rapport d odre est en moyenne de trois à un. Mais les scores, même additionnés, font apparaître une attrition de l'ordre de 60 % en valeur relative des voix enregistrées par le Front. Qu'un tel phénomène perdure et en effet le mode de scrutin ne laisserait en présence au second tour des prochaines législatives qu'un candidat de gauche et un candidat.de la fausse droite, avec pour ce dernier de fortes chances de l'emporter.

Mais un tel raisonnement masque tout d'abord le caractère spécifique des élections cantonales partielles, où la notoriété personnelle des candidats en présence occulte largement l'audience générale des formations politiques. Les partielles ont toujours été défavorables au Front, même avant la scission.

Il sous-estime le principal danger qui menace la fausse droite : l'abstention des électeurs de son camp, dégoûtés de ses trahisons et de ses divisions.

Mais, surtout, il fait l'hypothèse qu'aucune offre nouvelle crédible ne viendra au-devant des attentes des électeurs de la droite de conviction, sur le terrain de la baisse des charges, de la sécurité et du contrôle de l'immigration.

Comme si, en politique, une si grande part de marché (du corps électoral) pouvait longtemps demeurer insatisfaite...

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Immigration: Alain Juppé atteint par le syndrome de la léotardisation !

Henry de Lesquen, président du Club de l'Horloge, a élaboré le concept du syndrome de léotardisation, cette maladie typiquement française qui à un certain moment pousse les hommes politiques à dire et à faire systématiquement l'inverse de ce qu'attendent et souhaitent les électeurs qui les soutiennent et qui ont voté pour eux, espérant sans doute ainsi séduire les autres, ceux qui ne voteront jamais pour eux...

Sans doute, bien avant François Léotard, Valéry Giscard d'Estaing avait-il déjà brillamment mis en oeuvre cette stratégie suicidaire. Disons qu'avec le regroupement familial, la taxation des plus-values, l'augmentation généralisée des prélèvements, les lois sur l'avortement et quelques autres, il a été un précurseur Bien sûr beaucoup d'autres politiciens de la fausse droite ont sans doute été atteints eux aussi par le même virus. Mais François Léotard, comme ministre de la Culture entre 1986 et 1988, comme président du PR et de l'UDf comme patron politique du Var et comme personnalité régionale viscéralement anti-FN, mérite de détenir la palme.

Alain juppé semble avoir décidé de la lui contester sérieusement.

Pasqua avait déjà fait très fort en proposant de régulariser tous les étrangers en situation irrégulière à l'avoir demandé. L'ancien Premier ministre-catastrophe de Chirac va maintenant beaucoup plus loin puisqu'il suggère que nous ouvrions grandes les portes de l'Europe pour accueillir une nouvelle génération de travailleurs immigrés !

Cette affaire de l'immigration comporte deux volets forts différents. Le premier a été souligné par l'éditorialiste du « Monde », le jour même de la publication des déclarations du maire de Bordeaux : c'est sa dimension politique symbolique. « Autocritique courageuse » a aussitôt titré le journal de la pensée unique. Or les électeurs de droite, dans la proportion de 95 %, demandent un contrôle ferme de l'immigration...

L'autre volet est économique. Il est tout à fait possible de prétendre que le déclin démographique de l'Europe serait ralenti par un apport constant de nouveaux immigrés et que cette amélioration de la balance démographique européenne permettrait d'améliorer les perspectives économiques.

À la condition que ces nouveaux venus apportent des ressources et des talents plutôt que de grossir immédiatement les files d'attente de nos guichets d'aides sociales diverses et variées !

La réalité française actuelle c'est l'émigration de nos entrepreneurs et de nos jeunes diplômés, et l'immigration massive "d'inactifs" (pour employer le mot le plus correct possible...).

Ouvrir les vannes, c'est relancer les dépenses sociales, la construction des ghettos, et élargir les cités de non-droit.

Il en serait peut-être tout autrement si n'étions pas sous l'emprise de l'État-providence, monstre qui prélève, pour ses dépenses, vaines pour la plupart, 54 % des richesses nouvelles produites laborieusement par les Français.

La proposition d'Alain Juppé serait donc recevable, pour examen, si elle s'accompagnait d'une remise en cause fondamentale de cet État-providence- Mais aussi longtemps que ce ne sera pas le cas, force sera de considérer qu'il ne s'agit que d'un reniement de plus. Une simple manifestation du funeste syndrome de léotardisation...

 

Bernard Piard

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Kosovo 1999

L'examen de l'évolution des deux principaux groupes ethniques du Kosovo, ces soixante dernières années, éclaire ce qui vient de se passer là-bas et permet d'en déduire ce qui ne va pas tarder à arriver chez nous.

Comme le montrent les statistiques démographiques disponibles,après cinq siècles d'occupation turque * et prés d'un siècle de régime yougoslave

-au cours desquels les proportions d'Albanais et de Serbes furent respectivement d'un tiers/deux tiers - il y avait, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, un nombre sensiblement égal d'Albanais et de Serbes au Kosovo :aux alentours de 400 000 pour chacune des deux communautés. Entre 1941 et 194S,l'occupation de l'Albanie, du Kosovo et de la Macédoine par les troupes de Mussolini,entraîna le massacre de 10000 Serbes du Kosovo et la déportation de 200 000 autres vers la Croatie,alors sous le régime fasciste des oustachis d'Ante Pavelitch.

À l'issue du conflit mondial, avant la fin duquel les alliés avaient abandonné,sous la pression de Staline, les résistants du général serbe Mihàilovitch au profit de ceux du communiste croate Tito, ce dernier, en vue de s'attirer les bonnes grâces de son voisin, le dictateur communiste d'Albanie, Enver Hoxa, interdit aux Serbes chassés du Kosovo de rentrer chez eux, oficialisant ainsi la mainmise des Albanais sur les avoirs des Serbes déportés trois ans auparavant.

Le rapport ethnique avait alors basculé à plus des deux tiers en faveur des Albanais (540 000 en 1951 contre moins d'un tiers pour les Serbes 210 000).

Ce déséquilibre allait encore s'accroître tout au long de la seconde moitié du XXesiècle sous l'effet de quatre facteurs :

- L'immigration croissante en provenance d'Albanie, pays criant misère.

- La natalité musulmane double de celle des chrétiens (3,4 contre 1,7).

- La reconnaissance par Tito en 1974 de la spécificité kosovar par l'instauration d'une province autonome au sein de la Serbie (en même temps que la création d'une province analogue au nord de la Serbie, la Voïvodine, où la majorité hongroise était calme) de façon à diminuer l'importance de la Serbie par rapport à celle de la Croatie pourtant déjà pourvue par Tito dès 1945 de la Dalmatie, le long de la côte Adriatique.

- Le harcèlement, à partir du début des années quatre-vingt, des "partisan" kosovars albanais qui donneront naissance à l'UÇK. Ce harcèlement débuta par des actes d'intimidation destinés à décourager les Serbes à rester chez eux : récoltes brûlées, bétail abattu... Il se poursuivit par des actes criminels de plus en plus violents à l'encontre des Serbes eux-mêmes.

Diaspora

La réintégration du Kosovo à la Serbie,décidée en juin 1989,à l'occasion du 600e anniversaire de l'invasion turqueau Kosovo, par l'actuelleader serbe, Slobodan Milosevic, devait théoriquement noyer une majorité locale dans un ensemble national quatre à cinq fois plus vaste et plus peuplé.l'UÇK y trouva prétexte pour durcir encore son harcèlement, tandis que les forces légales réagissaient de plus en plus rigoureusement, pour finir en répression brutale et en bataille rangée contre l'UÇK. Les bombardements de l'OTAN portèrent l'exaspération des Serbes à son comble et amenèrent la moitié de la population d'origine albanaise à fuir enAlbanie,en Macédoine et au Monténégro, puis, de là, pour les plus chanceux, vers l'Italie, l'Europe occidentale ou l'Amérique.

Une bonne partie de ces réfugiés ne rentrera pas chez eux et viendra grossir la diaspora albanaise.

En effet,les pays d'accueil quiles ont reçus ii provisoirement » leur offrent des conditions de vie bien supérieures à celles qu'ils peuvent espérer retrouver chez eux. Seuls rentreront ceux dont les liens familiaux avec des parents restés sur place sont plus forts que le différentiel d'environnement économique et social constaté.

Que va-t-il se passer maintenant? Malgré la présence des troupes de la KFOR, le harcèlement albanais contre les Serbes a repris et se traduit déjà chaque jour par quelques assassinats. Ces derniers passent inaperçus tant qu'ils ne sont pas trop nombreux le même jour au même endroit.

Quatorze moissonneurs en un soir dans un même champ, comme le 24 juillet 1999 à Gracks, se remarque. En revanche, deux assassinats quotidiens étalés sur la semaine, en des lieux plus ou moins éloignés les uns des autres, n'attirent guère plus l'attention que les accidents de la route isolés.

Vers la grande Albanie

II est donc facile de prévoir qu'il n'y aura pratiquement plus de Serbes au Kosovo en l'an 2000 et que dans moins de trois ans, le Kosovo aura successivement obtenu son autonomie, son indépendance et enfin son rattachement de fait à une Albanie remise sur pieds aux frais de l'Europe de l'ouest.

Les visées d'une grande Albanie ne s'arrêtent du reste pas au Kosovo, mais englobent aussi la Macédoine, ex-yougoslave, actuellement indépendante,avec aujourd'hui déjà 35 % d'Albanais et de Turcs musulmans pour 65 % d'orthodoxes bulgares, grecs et serbes. Pour les mêmes raisons qu'au Kosovo il y a vingt ans,telles qu'elles ont été développées ci-dessus, ce fragile équilibre risque de basculer dans un sens qui ne sera pas favorable aux chrétiens. L'accueil réservé récemment par les autorités macédoniennes aux réfugiés albanais à leur frontière avec le Kosovo et leur renvoi ailleurs aussitôt que possible fut significatif.

C'est en Macédoine que se jouera alors le cinquième acte de cette tragédie yougoslave, les quatre premiers ayant été, dans l'ordre chronologique depuis 1991, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie et le Kosovo.Tout au long de ce drame de plus en plus sanglant, la responsabilité du leader serbe, Slobodan Milosevic, a été écrasante. Cet homme aura conduit son peuple à la catastrophe, non seulement en faisant éclater une fédération qu'il voulait à sa botte, mais encore en laissant son pays en ruine.

Le Monténégro ne tardera pas à être le dernier état de la fédération yougoslave à se détacher de la Serbie, malgré des liens historiques profonds et anciens, la même religion, la même langue et le même alphabet cyrillique.

Malgré les pressions exercées à son encontre, -par les alliés, russes compris, - par l'église orthodoxe serbe, - par le tribunal international de la Haye,- et par une opposition locale majoritaire malheureusement divisée, le départ immédiat du pouvoir de Slobodan Milosevic est problématique :il tient encore en main les forces paramilitaires et les médias. Les frappes aériennes de l'OTAN, engagées sans mandat des Nations unies, par une alliance de défense dont aucun pays membre n'avait été agressé, précédées d'un ultimatum inacceptable par tout pays souverain (la traversée de la Serbie par les forces de l'OTAN sur le chemin du Kosovo) ont produit des effets diamétralement opposés à ceux recherchés, notamment en soudant provisoirement le peuple serbe derrière son chef et en accélérant la répression du Kosovo, attisée par un UÇK combattant en liaison avec l'aviation de l'OTAN.

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La droite droit redevenir offensive !

par Claude Reichman, président du Parti pour la Liberté ( PPL)

Patrons en colère, médecins dans la rue. Il a fallu un peu plus de deux ans pour que les cérémonies qui accompagnent traditionnellement la présence au pouvoir de la gauche se mettent en place. Il faut dire que les catégories intéressées avaient reçu de la droite un sacré coup de matraque, avec les 120 milliards d'impôts supplémentaires décidés par le gouvernement de M.juppé, et qu'elles n'avaient pas ressenti l'arrivée de M. Jospin à Matignon comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais comme une suite logique.

Les entreprenants grognent, mais que cela va-t-il changer? Pas grand-chose tant qu'ils ne revendiqueront pas un réel changement et ne prendront pas les décisions propres à l'instaurer. Or que l'on sache, le patronat continue à cogérer le système social et les professions de santé de se plier à la Sécu.Il serait pourtant simple pour les entreprises d'abandonner le système à sa belle mort en dèlocalisant leurs activités et en n'embauchant plus que sous statut européen, et les professions de santé feraient plier le gouvernement en quelquesjours en refusant ses diktats tarifaires et réglementaires et en l'obligeant à ne rembourser les patients qu'au tarif dit "d'autorité", applicable en l'absence de convention, et qui consiste à spolier purement et simplement les assurés sociaux pour obliger les praticiens à se soumettre au joug des pouvoirs publics.

Mais voilà! Ni les uns ni les autres n'osent.

Pourquoi? Parce qu'ils sont lâches? Assurément.

Mais surtout parce qu'ils préfèrent le relatif confort de leur prison aux inconnues de la liberté. En cela ils ne sont pas différents des peuples tyrannisés, dont le siècle finissant a fourni tant de tragiques exemples. Les dictatures ne différent entre elles que par le degré. Le système social français est une dictature. Le jour où quelques professions décidées oseront lui dire non,il s'effondrera comme un château de cartes. En attendant, chaque jour qui passe augmente le nombre de ses victimes.

Et les hommes politiques de droite dans tout cela ?

Ils sont muets. À la simple idée de passer pour "antisociaux", ils tremblent de tous leurs membres. Or quelques phrases bien senties suffiaient à ridiculiser et à confondre les apôtres du "social", en démontant que leurs beaux principes n'ont conduit qu'au chômage, à l'excès d'immigration,à la déstabilisation de la famille,au désespoir de la jeunesse,à la violence,à l'insécurité, bref à tous les maux qui accablent la France,alors qu'elle dispose de tous les moyens pour réussir dans la compétition internationale et jouir d'une grande prospérité.

Naufrage collectif

On a rarement, dans l'histoire de notre pays, assisté à un tel naufrage collectif d'une génération de politiciens.Il est tout de même extraordinaire que depuis la mort de Georges Pompidou, seuls deux hommes politiques aient vraiment compté à droite,Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, alors que ni l'un ni l'autre, en dépit de qualités certaines, ne sont de grands hommes d'État. La génération des quadragénaires vogue aujourd'hui vers ses soixante ans sans avoir jamais vraiment pesé sur l'événement, sauf pour l'illustrer de malhonnêtetés et de turpitudes. Le parti socialiste s'est remis de malheurs au moins égaux. Pourquoi la droite ne s'en remettrait-elle pas aussi? On le voit bien : c'est affaire de renouvellement des idées et des hommes. La droite a pris l'habitude de se défendre face aux idées de gauche. Elle doit redevenir offensive. La démoralisation n'a gagné les électeurs de ce camp que parce qu'ils ont le sentiment que leurs chefs ne croient pas à la victoire et même ne la désirent pas vraiment.Et puis,que diable, il doit bien être possible en France de trouver "cinquante justes", pour reprendre l'excellente expression de Michel de Poncins, qui par leurs qualités et leur détermination renverseraienç presque sans coup férir,le cours des choses.

Et que dire de la presse « de droite », ou supposée telle! Pas une journée ne se passe sans qu'elle agrémente ses unes des portraits de M. Jospin, de M. Strauss-Kahn ou de Mme Aubry. Depuis quand fait-on ainsila publicité de ses adversaires? À moins, peut-être, qu'ils n'en soient pas vraiment, comme un nombre de plus en plus important de Français indignés commence à l'aflrmer.

En dépit de l'optimisme oflciel,la France ne va pas bien. Les événements qui se préparent ne surprendront que ceux qui veulent à toute force nier les réalités. Le peuple,lui,les aura vus venir. Parce qu'il lui reste le bon sens que ses ii élites » perverties ont depuis longtemps perdu.

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Stock-options: oui pour les entrepreneurs, non pour les technocrates !

Alain Madelin, dont les prises de position sur les questions économiques et sociales sont presque toujours impeccables... - a su dire exactement ce qu'il fallait sur le cas de Philippe Jaffré, 54 ans, qui s'apprête à quitter la tour Elf à la Défense - où il occupe à lui seul les trois derniers étages ! - les poches pleines d'argent "volé". Pour le président de Démocratie libérale, « c'est le résultat du système mafieux français. Quand on privatise une entreprise en France, on nomme un copain à sa tête, qui ensuite désigne des administrateurs qui sont aussi des amis. On se fait un système occulte, avec des participations croisées, des noyaux durs... Pour bien tenir le pouvoir. Et làdessus on se fait un système opaque de parachutes dorés et de stock-options. » En vérité, personne ne sait et ne peut savoir à combien se monte le pactole de Philippe Jaflré, pas même l'intéressé. Mandataire social, il n'a pas droit aux indemnités de chômage et au préavis. Mais rien n'empêchait le conseil d'administration, qu'il contrôlait, de lui verser une indemnité exceptionnelle, qui sera considérée par le fisc comme un revenu, mais dont l'imputation pourra être étalée sur trois ans.

Comme on l'a dit, le gros morceau est constitué de stock-options, que l'homme a accumulé non pas depuis qu'il est président de la société 1993) mais seulement depuis sa privatisation partielle. Or le propre des stock-options, pour bénéficier d'une fiscalité favorable (taxation sur le plus-values plutôt que sur le barème de l'IRPP), est de devoir être conservées au moins pendant cinq ans. Ce n'est donc qu'en 2004, pour ses stock-options les plus récentes, que Philippe Jaflré connaîtra lui-même le montant de sa fortune, Si on a parlé d'une somme comprise entre 200 et 300 millions de francs ce n'est donc que pour donner un ordre de grandeur, sur la base de cours de Bourse bien sûr hypothétiques.

La négociation personnelle qu'il a eue avec son successeur Thierry Desmarais a simplement porté sur la possibilité qui lui sera laissée au cours des cinq années à venir d'exercer les droits qui résultent de ses stock-options actuellement détenues. Le piquant de l'affaire c'est que sa plus-value sera fonction des bons résultats financiers enregistrés par son ex-rival...

Bien sûr,Alain Madelin s'est bien gardé de critiquer le système des stock-options auquel il est même très favorable. Mais ce système d'intéressement s'adresse à de véritables entrepreneurs, pas à des technocrates nommés en Conseil des ministres pour leurs relations personnelles avec Édouard Balladur!

Dans le même temps, un patron comme Lindsay Owen-Jones, 53 ans, président du groupe L'Oréal, a sans doute également accumulé des stock-options par centaines de millions de francs. Mais personne ne lui conteste un rôle essentiel dans la création de richesses par le groupe, au profit de tous ses actionnaires, à hauteur de dizaines de milliards de francs. Non pas que Philippe Jaflré ait été un mauvais président d'Elf. Il a été mis là pour servir (sa caste, ses pairs, un parti...). Et il s'est bien servi !

A. D.

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La mondialisation pousse les gouvernements à la vertu !

La semaine dernière, à cette même place, nous avons essayé de montrer que la globalisation des marchés, ou mondialisation (au moins dans une des acceptions de ce terme ambigu et mis à toutes les sauces...) était génératrice de concurrence, de progrès techniques, de profits, et donc de nouveaux investissements et de nouveaux emplois. Même quand ce processus se traduit, apparemment, par des fusions d'entreprises avec des licenciements à la clé.

Les États-Unis sont là pour nous montrer qu'il est possible de créer 20 millions de nouveaux emplois en moins de dix ans !

Une autre question est de savoir ce que deviennent dans ce nouveau contexte les États souverains et les gouvernements qui les gèrent.

La mondialisation limite leurs libertés d'action, ou plutôt les empêche de faire trop de bêtises.

Car un gouvernement qui prétendrait intervenir dans le champ économique avec des mesures allant à l'encontre de la liberté des échanges en subirait immédiatement les conséquences. Ce que la Malaisie a pu se permettre il y a un an (rétablir le contrôle des changes), ni la France ni l'Allemagne socialiste ne pourraient l'envisager. Certains considéreront qu'il s'agit d'une restriction de souveraineté. D'autres plaideront qu'il s'agit d'une contrainte essentiellement vertueuse.

Au temps du marché mondial, le monde n'est pas devenu un village, mais plutôt un ensemble de villages, en concurrence entre eux, où chacun a effectivement la possibilité de tirer plus ou moins de fruits de cette nouvelle situation.

Les recettes du succès économique étant aujourd'hui bien connues,rien n'empêcherait la France de profiter de la mondialisation plutôt que d'en souffrir. Il lui surirait de réduire le fiscalisme, de libérer les entreprises et les entrepreneurs, de supprimer les entraves à l'emploi.

C'est-à-dire de faire exactement l'inverse de ce que les technocrates qui nous gouvernent nous imposent. Et qui s'en plaindrait,les paresseux et les traînes savates mis à part!

À l'ère de la mondialisation, chacun redevient responsable de soi-même. Cela vaut pour les individus (je pense aux Français qui se sont installés en Grande-Bretagne ou aux ÉtatsUnis...), pour les entreprises comme pour les États.

Et point n'est besoin de dissoudre la France socialiste dans une Europe encore plus socialiste! La Suisse en Europe, comme Singapour en Asie, démontre qu'on peut parfaitement rester indépendant, souverain, et participer mieux que personne à la mondialisation. Il faut simplement plus de vertu.

La mondialisation non seulement n'exige rien d'autre, et fait bon ménage avec les petits pays libres, mais encore, pour durer, a besoin de contrepoids qui vont dans le sens inverse des ayatollahs du mondialisme, ceux qui poussent à la monnaie unique et rêvent d'un gouvernement mondial.

Une mondialisation bien comprise, pour être eficace, laisserait aux autorités décentralisées la gestion des monnaies, en concurrence entre elles, tout comme les gouvernements et les structures publiques, en compétition sur le terrain de l'eficacité, le seul qui importe aux citoyens.

A. F.

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Souverainisme et clivage droite/gauche

Charles Pasqua et Philippe de Villiers prétendent inscrire leur action politique non plus dans le clivage droite/gauche, qu'ils jugent dépassé, mais dans une nouvelle dichotomie politique "souverainistes/libéraux-libertaires".

Certains économistes ou intellectuels ont une conception raisonnable du souverainiste : pour eux l'État reste le meilleur garant de l'intérêt général au nom duquel, par exemple, il doit pouvoir s'opposer au rachat de la Société générale par un concurrent belge.

Position parfaitement défendable, même si, selon nous, la meilleure façon de défendre nos entreprises, et pourquoi pas d'en attirer chez nous beaucoup d'autres - comme le font efficacement chaque jour nos amis danois et hollandais - serait de réduire leurs charges et de lever les contrôles. Si la France devenait demain un pays avec des prélèvements obligatoires modérés, notre pays n'aurait plus lieu de se défendre contre qui que ce soit...

Mais les amis de Charles Pasqua sont des extrémistes du souverainisme. William Abitbol et Paul-Marie Coûteaux, nouveaux députés européens RPF, vont jusqu'à écrire (« Le Monde » du 30 septembre) que la mondialisation constitue un totalitarisme pire que celui dont le Kremlin fut le centre!

lnadmissible!

Personne ne peut imaginer que cet article, pour s'arrêter à cet exemple, n'ait pas été soumis, et accepté, par Charles Pasqua luimême (compte tenu des habitudes qui ont cours dans les formations politiques et du caractère particulièrement centralisé du jeune RPF où rien ne se décide sans l'accord explicite du chef.

Or aucun des arguments des deux idéologues, aucun des exemples qu'ils donnent ne résiste à l'examen.

- « La justice européenne nous condamne pour pratique de la torture »? Mais ça fait 54 ans que la justice mondiale se mêle de juger les crimes contre l'humanité sans que ces consciences ne s'en offusquent! La France, en effet, mérite souvent d'être condamnée, par la faute de ses politiciens et de ses technocrates liberticides...

- "Pechiney tombe dans l'orbite nord-américaine?" Si l'entreprise est mieux gérée, qui s'en plaindra, surtout que, dans le même temps, la SEITA rachète une entreprise espagnole, tout comme Total avait racheté Fina...

- "La loi du marché règle le sort de nos banques" ? On a vu ce que les inspecteurs des Finances et autres Haberer en avaient fait...

- "Certains de nos meilleurs produits sont livrés aux caprices intéressés des États-Unis" ?

Là, on ne comprend pas bien. S'agit-il du cognac, du camembert, du Concorde ou de la carte à puces ?...

- « Notre agriculture et notre alimentation sont les otages d'une puissance qui privilégie les règles du commerce sur celles de la santé publique » ?

Rien n'empêche la France d'appliquer les règles de santé publique qu'elle veut, y compris de faire vacciner tous ses habitants avec des produits à base de souches de cellules cancérisées de hamster...

Non ! Non et non ! Toute action collective ne nous est pas confisquée! La mondialisation nous contraint à ramener le rôle de l'État et des collectivités publiques à leurs missions naturelles et essentielles. Et à les bien mener. La citation de Jean-Jacques Rosa (voir article précedent), un souverainiste intelligent, le résume d'ailleurs mieux que je ne saurais le faire.

Les sottises outrancières de ces faux intellectuels ne seraient que risibles si elles n'avaient pour but d'étayer une stratégie politique qui est "de faire travailler ensemble la droite et la gauche, comme le fit jadis le gaullisme".

Comme il y a peu de chances que beaucoup d'électeurs de gauche ne cèdent à ces sornettes, on est bien obligé de considérer que ce nouveau rassemblement a pour premier effet de diviser la droite sur un critère non pas absurde, mais dont la portée est beaucoup trop limitée. À moins que l'objectif, plus prosaïque, ne soit que de pêcher avec cette grosse ficelle dans les eaux jusque-là seulement exploitées par le Front national... "

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