Sommaire du N°238 des 4 vérités Hebdo
Repentance: de nouveaux progrès sont encore possible !
En voyage officiel à Madrid, M. Chirac a déposé une gerbe pour rendre hommage aux Espagnols tués par les armées napoléoniennes. On ne peut que se réjouir de ce nouveau progrès de la repentance. À revisiter l'histoire et à assumer les responsabilités de ses ancêtres, même s'il n'y a aucune part, un peuple se grandit. C'est pourquoi nous attendons avec confiance que le chef de l'État fasse un geste en faveur des victimes de l'homme de Neandertal. On soupçonnait celui-ci d'avoir été cannibale. On vient d'en avoir confirmation par la découverte, dans une grotte de l'Ardèche
- l'Ardèche, un si beau département français, si provincial, si paisible! - d'ossements vieux de 120000 ans, dont l'étude a démontré qu'ils étaient ceux de néandertaliens dépecés et dévorés par des semblables. Pour les scientifiques, il ne s'agirait pas d'un comportement de brute épaisse, mais plus probablement d'une consommation rituelle destinée à s'incorporer les qualités des défunts. Si estimables que soient les pratiques régionales ou communautaires, on ne saurait évidemment approuver de tels agissements. C'est pourquoi nous proposons l'édification d'un mausolée à Privas ou Aubenas, où chacun pourra venir se recueillir en souvenir des malheureux néandertaliens victimes de l'intolérance, voire du racisme de leurs contemporains.
Une autre idée serait de transférer en grande pompe les restes funèbres au Panthéon. En tête du défilé, marcheraient le président de la République, M. Chirac, celui de l'Assemblée nationale, M. Fabius, et celui du Sénat, M. Poncelet, suivis de tous les corps constitués, ainsi que des directeurs des grands journaux parisiens, qui ont tant fait pour que les Français pensent enfin correctement. La mise en scène pourrait être confiée à Jack Lang, homme de théâtre et de conviction, et un rap spécialement composé pour l'occasion psalmodierait la complainte de nos ancêtres assassinés. Une telle cérémonie ferait l'admiration du monde entier. Monsieur le président de la République, de grâce, ne nous faites pas languir !
Claude Reichman
La France doit se souvenir de l'histoire du paquebot "France"
Une entreprise qui n'est pas compétitive est éliminée du marché par la concurrence.
C'est la règle du jeu et cette règle est bonne, car elle permet à tous d'avoir aumoindre coûts les produits de la meilleure qualité possible.
Un Etat peut en permanence modifier par la loi la compétitivité d'une ) entreprise. C'est une autre réalité.Toute législation imposant à une entreprise une contrainte à un coût. La loi élève alors le prix de ce que nous consommons.
Tant que la loi est la même pour toutes les entreprises intervenant sur le marché, elle ne modifie pas leur compétitivité.Telle était la situation du m français avant 1967, marché fermé aux produits étrangers, les droits de douane éliminant au besoin les entreprises étrangères. Les entreprises françaises intervenant seules sur le marché français, elles pouvaient, par exemple, toutes donner le SMIG à leurs salariés, donc augmenter leurs prix de revient, sans que leur compétitivité soit remise en question.
Seules les entreprises de transport maritimes françaises faisaient exception à la règle. Elles travaillaient en effet sur les mers, donc en dehors de la protection des frontières. Elles subissaient dès 1945 et les contraintes imposées par la législation française, et la concurrence des entreprises installées dans d'autres pays. Elles subissaient la mondialisation avant l'heure.
Comme les contraintes instaurées par l'État français étaient bien supérieures aux contraintes imposées par d'autres pays, les coûts du transport maritime français ont été bien supérieurs aux coûts étrangers. Les armateurs français ont été éliminés. lls ont eu le choix entre la délocalisation ou le dépôt de bilan, entre la valise ou le cercueil. La flotte commerciale française est passée en quelques décades du 3° rang au 28° rang.
L'histoire du merveilleux paquebot "France" incarne parfaitement cette triste réalité. Non rentable sous les lois françaises, il l'est devenu sous les lois norvégiennes, alors que les Norvégiens sont plus riches que les Français et que la politique sociale norvégienne n'a rien à envier à la politique sociale française.
Le paquebot "France" est devenu le "Norvvay". Il l'est toujours.
Pendant plusieurs décades, les gouvernements français ont regardé sans réagir le drapeau français disparaître inexorablement de toutes les mers du globe. lls ont enfin réagi, il y a quelques années seulement. La France a créé aux îles Kerguelen, un port d'attache bien ii français », mais ne subissant plus toutes les lois fiscales ou sociales françaises. Un véritable petit paradis fiscal pour les armateurs français où le pavillon dit "de complaisance" est bien le pavillon bleu-blanc-rouge. La France a aussi réduit les impositions de ceux qui voulaient bien prendre le risque d'investir dans le transport maritime français. La France a ainsi essayé de rendre à nouveau compétitifs nos armateurs.
Aujourd'hui, avec la mondialisation et l'ouverture du marché français aux produits étrangers, toutes les entreprises industrielles installées sur le sol national sont dans la même situation que les armateurs français en 1945. lls subissent en même temps, et la concurrence étrangère, et les lois françaises qui réduisent leur compétitivité.
L'exemple du "Norway" montre qu'on peut réaliser une politique sociale avancée sans perturber la compétitivité des entreprises nationales. Il faut impérativement le suivre. Il faut donc réduire les contraintes pesant sur les entreprises. Il ne faut surtout pas les augmenter, en obligeant par exemple à payer 35 heures comme 39. Car alors, ce n'est plus le "France" qui deviendra le "Norway", mais bien la France tout entière.
Bernard Trémeau, Moroges - 71
Vous avez dit république ?
République vient du mot latin Res Publica : " la chose publique, ou la chose du peuple".
Cette étymologie est certainement aussi vraie que subversive, puisqu'en France en l'an 2000, personne ne peut plus faire entendre son opinion sur la "chose publique".
On en veut pour preuve qu'aux dernières élections (européennes), plus de 60 % des électeurs ont jugé inutile de voter, puisque cela ne correspond pas (ou plus) à leurs désirs ou leurs opinions. Évidem- ne seraier ment, les médias tous puis- d;rectemenj sants ont vite décidé à la place de ces 60 % que c'était de mauvais citoyens irresponsables, puisqu'ils refusaient de choisir une personne pour les représenter! Mais le bon sens populaire français (tous ceux qui n'ont pas fait l'ENA mais sont quand même des mammifères pensants) ont pourtant jugé à leur grande majorité que ces représentants élus ne représentaient en fait plus rien à leurs yeux.
Parce que sur tous les grands problèmes de vie en société, personne ne se sent écouté par son ou ses représentants dits élus. Un exemple :
pourquoi ne pas faire un vrai référendum sur les 35 heures en France ? Ainsi, la seule chose qui pourrait justifier le mot république, c'est-àdire donner son avis sur un sujet bien précis et compter toutes les réponses pour décider de la loi, ce choix de la chose publique est interdit en France...
En Suisse, ou aux USA, on demande bien l'avis des gens sur toute chose importante. En France, aucun homme politique élu pour "jouir" des délices du pouvoir ne veut y penser. Il s'agit bien d'une confiscation des décisions publiques. Un élu français étant par définition un privilégié, il n'a aucune raison de remettre en cause ses privilèges en demandant l'avis du peuple... La définition de la république apprise à l'ENA n'a rien à voir avec celle du dictionnaire, ni celle du bon sens populaire. Ne pas s'étonner alors que les « privilégiés » élus ne s'embarrassent pas trop de morale pour continuer à « jouir » de leurs privilèges le plus longtemps possible, d'autant plus que les deux principaux chefs ( Le président et son premier ministre) les y incitent d'un commun accord. Le problème se posera donc un jour en France : comment se débarrasser des élus parasites aux intérêts du peuple, comme de toute dictature administrative, tout en vivant dans le respect des lois? Chacun sait que le respect des lois est le fondement de toute vie en société, mais lorsque l'application de ces lois conduit l'ensemble du pays à l'absurde et la faillite (voir chômage et immigration records), que faire?
La réponse semble être de « changer » de système juridique, de changer la Constitution, au moins pour y inclure les modalités de mise en oeuvre de référendums d'initiative populaire. Seule difficulté : le chef de l'État, qui dit y être favorable, s'y oppose dans les faits... Les Serbes n'arrivent toujours pas à empêcher leur président de nuire à l'intérêt de tous, et nous ?
Mais, en l'an 2000 en France, notre président de la République n'est pas un dictateur, donc tous les espoirs sont permis !
Dr jean-Charles Taveneau, Paris - 75
L'énorme coût économque de l'insécurité: au moins 500 milliards de francs par an !
Nous reproduisons Ci.dessous l'intervention de Jean.Christophe mounicq à l'occasion des Assises de la Sécurité, organisées par l'association Droit à la Sécurité, que préside maître Gilles.William Goldnagel, et qui se sont tenues au Sénat le Vendredi 22i octobre.
L'insécurité est en général présentée de manière descriptive à travers une succession de faits divers.Quand on prend la peine de l'analyser, les débats tournent autour de la psychologie du délinquant,de l'utilité éventuelle de la prévention et de la répression. Les arguments "psycho" et "socio" débouchent éventuellement sur la mise en oeuvre de moyens matériels etjuridiques accordés aux forces de l'ordre et à la justice. La violence est rarement analysée à travers ses conséquences économiques.
Elles sont pourtant de premières importances. Le présent exposé tente de combler cette lacune en précisant et recensant certains coûts économiques de l'insécurité.
Énorme : «qui dépasse toute mesure», dit le Larousse. Si l'on devait résumer d'un adjectif le coût économique de l'insécurité le qualificatif énorme s'imposerait car ce coût dépasse justement toute mesure.
Les 8000 voitures brûlées en 1998 en France donnent une première idée choc de l'importance du coût de l'insécurité. 8000 voitures au bas mot puisque les services des RG ne répertorient qu'un seul fait quand plusieurs voitures brûlent au même endroit. Plus de 26000 faits ont ainsi été recensés en 1998 dans une étude sur les violences urbaines.
Soit 10000 de plus qu'en 1998. Nul besoin d'autres statistiques pour prouver que l'insécurité n'est pas un concept abstrait, psychologique, qu'elle ne se résume pas à un "sentiment d'insécurité" qui n'aurait rien à voir avec l'insécurité elle-même, avec la réalité. La réalité comporte entre autre ces faits dont la moitié sont des incendies contre des biens. La réalité ce sont ces biens détruits.lls constituent des coûts pour les victimes qui perdront une partie de leurs biens, des coûts pour les compagnies d'assurance,et des coûts pour l'ensemble des autres assurés qui voient leurs primes augmenter Lorsque les actes de délinquance se multiplient dans une zone géographique,les coûts ne sont pas supportés par les seules victimes directes. Ils concernent l'ensemble des habitants de la zone.
Durant une longue période. Ainsi un article du ii Monde » en date du 13 octobre de cette année rendait compte de « la fragile renaissance de Vaulx. enVelin, 9 ans après les émeutes ». En 1990,Vaulx-en-Velin comptait 45 000 habitants. Au dernier recensement la ville n'atteignait plus 40 000. Une partie non négligeable des habitants a fuit. Inutile de se demander pourquoi. Il est certain que la valeur de l'immobilier s'y est effondrée. Les propriétaires qui sont partis ont réalisé une importante perte en capital. Ceux qui sont restés ont des actifs qui se sont dépréciés. Combien d'épargnants ont vu en une semaine d'émeute disparaître une partie de leur capital constitué patiemment et dans le sacrifice? Combien d'artisans, de commerçants ont vu s'effondrer la valeur de leur bail commercial c'est-à-dire du fruit de leur travail? Combien d'autres,locataires, ont dû assumer le prix d'un déménagement, et d'un nouveau loyer plus cher parce qu'ils jugeaient trop risqué pour eux-mêmes et pour leurs enfants de rester à Vaulx-en.Velin.
Le départ des grandes enseignes du vaste centre commercial du Grand-Vire (lkéa,Auchan), la fermeture progressive des 70 boutiques sont autant de pertes d'emplois, de chute de la taxe professionnelle, de moindres commodités pour l'ensemble de la population. Ce raisonnement ne se limite pas aux seuls habitants devaulx.en-Velin. Les communes avoisinantes, notamment Meyzieu et Décines-Charpieu, qui furent elles aussi touchées par les flammes ont connu le même appauvrissement. Quelques jours d'émeutes ne sont pas non plus nécessaires pour provoquer une contraction de la richesse. Mardi matin en plein Paris, place des Ternes, un jeune revendeur de drogue a été abattu de seize balles par deux autres truands.Si ce genre d'acte se répétait dans le quartier,les prix de l'immobilier et des fonds de commerce ne manqueraient pas de s'inscrire à rebours de la tendance actuelle.
Ces richesses qui partent en fumée, pour spectaculaires et ii valorisables » qu'elles soient, sont loin de représenter l'intégralité du coût économique de l'insécurité. Il existe de nombreux autres coûts plus importants encore. Il y a d'abord les coûts des systèmes de sécurité, des systèmes de vidéo surveillance, des portes renforcées, des serrures sophistiquées, des alarmes, des sociétés de gardiennage. Des coûts supportés par les victimes potentielles, personnes physiques ou personnes morales, qui y consacreront d'autant plus d'argent que la délinquance est forte. Il y a ensuite les coûts supportés par la société dans son ensemble, au premier rang desquels figurent les coûts de fonctionnement des forces de l'ordre et de la justice.
Ces coûts sont pour l'essentiel quantifiable y compris quand il faut chiffrer le temps perdu par les victimes pour aller porter plainte à la police puis assister à un éventuel procès, s'entourer des conseils d'un avocat, se rendre chez un médecin dans le cadre d'un traumatisme. Ces coûts constituent la partie émergée de l'iceberg. Le prix psychologique du sentiment d'insécurité est en général passé sous silence parce qu'il est difficilement quantifiable. Pourtant ce prix psychologique est élevé. Une personne qui a peur, qui se sent en insécurité, n'est pas aussi productive. La trouille peut devenir obsédante. La frousse peut inhiber la personne qui perd tous ses moyens.
«Le Nouvel Observateur» du 14 octobre rend compte d'un audit sur la ville qui a vu naître le FN :
Dreux.Il fut confié à MichéleTribalat, directeur de recherche à l'INED. Le constat est sombre. À force de délinquance et de violence, je cite : « Dreux est devenu le théâtre d'un morcellement ethnique où les racismes anti-arabe et anfi-français organisent la vie sociale. » La peur est partout : «Dreux se barricade le soir Tout le monde rentre chez soi à 7 heures... les rideaux des boutiques se ferment et il ne fout pas avoir oublié quelque chose. » Une peur qui ne touche pas seulement les Drouais du centre-ville, mais aussi les habitants des "quartiers" toutes origines confondues. Les gens ont peur : « il y a des jeunes qui sont en bas des marches ». Les médecins ont peur de prendre leur tour de garde.lls ont peur de voir leur voiture dégradée. Les habitants n'osent rien dire quand on cambriole des appartements en plein jour :« Sll y en a un qui parle ce sera son tour après.» Comment une activité économique peutelle se développer dans un tel climat de peur où les gangs imposent leur loi! Comment peut-il y avoir un épanouissement personnel!
Prenons un autre exemple récent. Vendredi 15 octobre,à l'heure de la récréation du matin,une centaine de jeunes du quartier du Mont-Mesly, dont certains élèves de l'établissement se massent devant le collège Laplace de Créteil et jettent des pierres et des oeufs dans la cour et contre les fenêtres. On peut chiffrer les dégâts. On peut également chiffrer le prix de l'intervention de la police. Quand le proviseur décide comme il l'a fait de fermer l'établissement pour une durée indéterminée et de renvoyer ses 390 élèves chez eux, il devient plus difficile de chiffrer la gêne pour les parents. Combien d'entre eux n'ont pas pu se rendre à leur travail parce qu'ils devaient garder leurs enfants! Plus compliqué encore : comment chiffrer l'impact psychologique de cette violence sauvage sur de jeunes enfants qui ont vu voler des pierres. Comment les "ré-intéresser" à leurs études! Comment leur faire comprendre la déviance de ce comportement et qu'ils ne doivent pas l'imiter! Comment les convaincre de la nécessité d'étudier alors que de manière logique ils ressentent la nécessité de se protéger, de se défendre physiquement, voire de quitter le camp des agressés pour rejoindre celui apparemment plus tranquille des agresseurs! Combien de temps enseignants, éducateurs sociaux, psychologues vont-ils passer pour réparer cet événement consternant!
La violence ne se limite pas à "La guerre des rues" pour reprendre le titre du livre de Christian Jelen. Elle est un phénomène plus important qu'on ne le croit Lors d'un récent colloque (qui s'est tenu jeudi 14 octobre) l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT) a
indiqué que six millions de Français sont confrontés à une forme de violence dans leur travail. Menaces,
insultes, agressions physiques, mais aussi stress intense, voire tension avec la hiérarchie. La montée
de la violence dans et vers les entreprises est considérée comme un risque émergent par la commission européenne.
Sur le lieu de travail,la violence peut être externe lorsqu'elle est exercée par des clients ou des usagers mais aussi interne si elle reflète des rapports conflictuels entre salariés. Elle peut être réelle ou ressentie, physique ou mentale. Une récente étude de la Direction des statistiques du ministère de l'Emploi (DARES) indique que près d'un salarié sur trois (31 %) au contact de la clientèle estime travailler "souvent" en situation de "tension" avec le public. lls n'étaient que 20 % en 1991. Les plus fortes plaintes sont enregistrées chez les professeurs,les infirmières et les chauffeurs de bus avec, en l'espace de moins de dix ans, un taux qui est passé de 40 à 60 % pour ces personnes particulièrement exposées.
L'exemple de la RATP entreprise en première ligne, est particulièrement significatif. La direction évalue les moyens mis en oeuvre pour assurer la sécurité à plus de 350 millions de francs par an. 100 millions sont affectés à la vidéo-surveillance ou à des systèmes de radiolocalisation dans les bus. Le coût du matériel dégradé est de 70 millions par an. En 1998, 1953 agents ont été victimes de violence contre 1 567 en 1997,soit 25 % de hausse.« À la RATP lorsqu'un drame touche un individu, il atteint aussi ses collègues et touche l'ensemble de la collectivité », explique le responsable de la prévention. Il a ainsi fallu mettre en place des formations pour les agents destinés à leur faire adopter des comportements ii déstressants ». Multipliant les postes de surveillance électronique, les équipes d'intervention rapide,la régie a ouvert une cellule d'accompagnement psychologique qui fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
La RATP illustre le coût de la violence au travail. Le docteur Patrick Légeron, psychiatre, spécialiste de la gestion du stress, estime que la montée de cette insécurité est liée à « un problème de communication.
On crée une attente irréaliste - avoir tout tout de suite - qui crée de la frustration et de l'agressivité chez le client ». Une journaliste du "Figaro" en tirait une condamnation de la politique du client-roi. Le problème est ailleurs. La satisfaction du client est légitime. Nous sommes en face d'un problème plus vaste de société. Une société qui vante les "droits à" mais oublie les "devoirs de". Et qui laisse croire que la vie est un long fleuve tranquille où l'État-providence pourvoie à tout.
Chiffrer même de manière approximative le coût économique de l'insécurité nécessiterait des études longues qui à notre connaissance n'ont pas été effectuées en France." n'est pas interdit de penser que cette volonté de camoufler une réalité désagréable est ici, comme dans bien d'autres domaines, délibérée.Aux États-Unis, des travaux évaluent les conséquences de la seule insécurité au travail à une perte annuelle de 200 milliards de dollars par an. Au Canada,le Fraser lnstitute estime le coût de la criminalité entre 17 et 45 milliards de dollars. En Grande-Bretagne, on évoque 6 points de PIB.
En France à raison de 82,S milliards de francs le point de PIB, un tel ratio représenterait 495 milliards de francs par an. En considérant que la France a à peu près les mêmes taux de criminalité, selon lnterpol, que la Grande-Bretagne, on peut estimer que le chiffre français avoisine les 500 milliards annuels. Le coût pour la société dans son ensemble est peut-être même supérieur à ce chiffre.
Une certitude :le degré de violence d'une société joue de manière négative sur sa production de richesse et son niveau de vie.
Qu'est-ce qui permet la croissance, le développement, le progrès, la modernité! D'Adam Smith à Karl Marx, on n'a cessé de s'interroger sur les causes de la richesse des nations ou de leur pauvreté. Beaucoup de penseurs ont mis en avant les explications matérielles, capital, ressources naturelles, monnaie,inflation,rôle de l'État, taux d'imposition etc.Tous ces éléments jouent un rôle important. Dans son ouvrage "La société de confiance", Alain Peyrefitte insiste sur les mentalités etles comportements qui constituent le principal facteur de développement. Le développement en Europe trouve sa source dans ce qu'il appelle un ii ethos de confiance ». Or l'insécurité est l'inverse de la confiance. L'insécurité génère-la société de défiance, une société frileuse gagnant-perdant, une société où la vie commune est une vie à somme nulle voire à somme négative ( "si tu gagnes, je perds"), société propice à la lutte des classes, au mal-vivre, à la jalousie, à l'enfermement, à l'agressivité de la surveillance mutuelle. La reconnaissance du droit à la sécurité et sa mise en application est une étape indispensable au retour de la société de confiance, société en expansion,gagnant-gagnant,société de solidarité, d'échange, de communication.
Rétablir la société de confiance nécessite de restaurer la sécurité.
Jean Arthuis: " l'opacité des finances publiques n'est pas supportable !"
Jean Arthuis, 55 ans, ancien ministre des Finances d'Alain juppé, sénateur et président du conseil général de la Mayenne, était le jeudi il octobre, au Procope, l'invité du Carrefour indépendant et libéral qu'anime Yves Marie Laulan. Extraits et résumé.
L'orateur a tout d'abord souligné le paradoxe qui fait qu'en France le Parlement ni n'est à l'origine des lois, qui sont presque exclusivement issues de l'exécutif, ni ne contrôle le gouvernement et l'administration. Cela est vrai tout particulièrement de la loi de finances, devenue largement pour le gouvernement un « plan média », qui sert principalement à faire des « effets d'annonce ».
L'État est dans une culture d'opacité. « j'ai été ministre d'une entreprise qui n'avait pas de bilan », note Jean Arthuis, expert comptable de formation...
Quand on présente le budget de l'État en distinguant le fonctionnement et l'investissement, on prend conscience que les recettes courantes ne financent pas les dépenses de fonctionnement. On emprunte pour payer les salaires ou les retraites, et on n'a pas un centime pour rembourser les emprunts qui arrivent à échéance. On emprunte encore, pour rembourser nos inconséquences...
L'État est à ce point impécunieux qu'il ne peut pas faire face à ses obligations d'actionnaire, c'est ce que l'on a pu constater avec l'affaire du Crédit lyonnais, « Tant que c'est opaque, le débat ne peut pas s'ouvrir La transparence est le meilleur régulateur.
Il faut que l'État s'astreigne à la présentation de comptes qui soient une image fidèle de sa situation. Aujourd'hui il n'y a pas d'instruments de prises de décision. »
Le budget 2000 est le gros mensonge de l'année, avec le théorème Strauss-Kahn qui consiste à dire qu'on peut baisser les impôts et augmenter les prélèvements obligatoires.
Pour avoir un budget où les dépenses n'augmentent que de 0,9 % il a fallu sortir différentes dépenses - 35 milliards pour la mise en oeuvre des 35 heures et 10 milliards pour la couverture maladie universelle - faute de quoi on serait à 3 ou 4 % d'augmentation de ces dépenses.
La vraie discussion devrait porter sur les recettes de l'État. Quant aux dépenses, il serait plus réaliste de dire au gouvernement d'assurer lui-même les arbitrages entre les différents ministères.
La mission fondamentale du Parlement c'est le contrôle et il doit prendre les moyens d'assumer cette responsabilité, en s'attachant des équipes de professionnels qui viendraient pendant deux ou trois ans garnir les rangs d'un corps de contrôle dépendant des deux chambres parlementaires. Le contrôle parlementaire doit être banalisé : c'est la seule façon de pouvoir témoigner qu'on a fait bon usage des fonds publics.
L'islam n'est pas le problème !
Tribune libre de Jean-Luc Escoffier
le problème n'est pas l'Islam, mais les politiciens qui s'en servent!
Les numéros récents des "4 Vérités" mettent en évidence l'intérêt que prêtent nos concitoyens aux problèmes de cohabitation entre notre culture et la culture islamique. Je voudrais par ces quelques lignes vous faire part de mon scepticisme quant à l'opportunité d'ouvrir une tribune sur ce sujet dans le cadre d'un combat destiné à rassembler la droite.
Le conducteur d'autobus agressé, les parents de l'enfant racketté à l'école, le propriétaire qui découvre sa maison taguée se fichent complètement des liens existants entre immigrés par les certaines instructions du Coran et les comportements agressifs nouvellement apparus dans notre société depuis le fatidique "regroupement familial". Le fait que la majorité des immigrés récents soient marqués par la culture musulmane est secondaire par rapport au fond du problème qui apparaît lorsqu'on pose la question suivante : pourquoi les dirigeants français ont-ils imposé une entrée massive d'étrangers à notre communauté majoritairement défavorable et sans lui fournir aucune justification ?
Car jusqu'à ce jour, les seuls arguments avancés sur le sujet par nos "élites" sont :
1. L'immigration est une chance pour la France.
2. toute mise en doute de ce postulat caractérise la xénophobie et le racisme.
Or si l'on en juge par ce qu'est devenue notre vie quotidienne depuis 25 ans il est clair que l'immigration a servi de point d'appui pour détruire le système de valeurs qui assurait sa cohésion à notre société. Le respect du travail, de la propriété, de la police, de l'esthétique, de la parole donnée, de la patrie et même de la vie humaine s'est désintégré sous la poussée du laxisme imposé au nom d'une prétendue "politique d'intégration". La communauté française, hétéroclite et privée de ses repères moraux traditionnels a atteint le degré de malléabilité idéale pour les hommes de pouvoir qui lui font avaler des couleuvres de plus en plus grosses :
gaspillage de l'argent public, justice sur mesure pour les politiques, promesses électorales n'engageant que ceux qui les écoutent... On peut donc affirmer que pour la première fois dans l'histoire de France, une équipe au pouvoir a fait entrer massivement sur le territoire des effectifs étrangers pour les placer non pas au service de la communauté toute entière mais directement à son propre service.
Des réflexions gérées sans précautions sur l'Islam risquent de nous entraîner hors de ce sujet majeur qu'est la distinction entre les éthiques du pouvoir propres à la droite et à la gauche.
S'il y a un problème avec l'Islam en France ce n'est pas à cause des musulmans mais parce que ses principes inconciliables avec notre culture ont été utilisés à des fins politiciennes. En se trompant de débat voici ce que les hommes de droite risquent de provoquer :
l. Le rattachement de l'immigration à la conception du pouvoir dangereuse qui est celle de la gauche restera un débat d'érudits et l'opinion ne parviendra jamais à repenser le problème sous l'angle convenable.
2. La gauche a déjà désorienté cette opinion en lui faisant croire que la ligne de partage des idées sur l'immigration se situait entre ii générositélacceptation de l'autre » d'un côté et "racisme/xénophobie" en face. Elle renouvellera donc son opération de diversion pour interdire toute mise en cause de sa vision de l'homme. Usant de sa supériorité médiatique, elle déclenchera un bourrage des crânes, sur le thème " Islam toléran" contre "christianisme réactionnaire". Bien entendu toute entité qui aura été repérée par ses propos méfiants sur l'Islam sera étiquetée comme "intégriste" ou "proche de l'extrême droite" 3. Les opportunistes de gauche qui se font passer pour des hommes de droite continueront à se dissimuler en participant à un combat facile pour la "tolérance" dans lequel leur rattachement réel au système de valeur de la gauche ne risque pas d'apparaitre au grand jour.
Ne pensez-vous pas pour toutes ces raisons qu'il convient de dissocier les réflexions sur le multiconfessionnalisme en général et sur l'Islam en particulier du combat que vous menez pour que des hommes qui peuvent's'entendre à droite définissent enfin les valeurs qui les rassemblent ?
Jean-Luc Escoffer
Pas de démocratie sans transparence !
Davantage de transparence dans la vie publique, comme dans la vie économique, permettrait sans doute d'éviter d'avoir à légiférer sur beaucoup de questions. Mieux éclairé, le débat serait plus constructif. L'opinion, instruite, pourrait se déterminer. C'est ainsi que la démocratie devrait fonctionner. C'est d'ailleurs ainsi que les pères fondateurs de la République, dès 1789, voyaient le fonctionnement du système représentatif républicain : « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration » (article l5 de la déclaration des droits de l'homme de 1789).
L'affaire des stock-options de Philippe ]aflré est symptomatique. Une partie de l'opinion a été choquée - à juste titre, selon nous, voir "Les 4Vérités-Hebdo" du 9 octobre - du montant des sommes perçues par l'ex-président d'Elf-Aquitaine à l'occasion de son départ, soit sous forme d'indemnités (on a parlé de 40 millions de francs), soit sous forme de stock-options, lesquelles, à terme, pourraient représenter un capital de 250 à 300 millions de francs.
Du coup, les députés socialistes - avant d'y renoncer à la demande surprise de Dominique Strauss-Kahn - introduisent un amendement à la loi de finances en cours de discussion tendant à alourdir la fiscalité sur ces titres et à les soumettre tous sans exception aux prélèvements sociaux.
Si l'on veut moraliser la distribution de ces stock-options aux dirigeants des sociétés, il faut commencer par éclairer cette pratique et établir à son sujet davantage de transparence.
Quand il s'agit de sociétés cotées, les actionnaires de celles-ci devraient avoir accès à l'information sur les salaires individuels et les avantages annexes des dirigeants, comme cela se pratique couramment aux États.Unis. Sans doute cela comporte une forme d'atteinte à la vie privée de ces personnes. Mais c'est la contrepartie du fait de faire appel publiquement à l'épargne. Et d'être l'un des dirigeants d'un groupe coté en bourse.
Pour les affaires non cotées, et n'ayant pas vocation à l'être,la distribution de stock-options est sans intérêt. ce qui n'empêche Pas les actionnaires d'intéresser sous une forme ou sous une autre les dirigeants de leurs affaires. Dans ce cas-là, et dans ce cas-là seulement, on ne voit pas pour quelle raison il y aurait publicité.
L'affaire des 35 heures est du même tonneau. On découvre aujourd'hui qu'avant de rapporter d'hypothétiques emplois (auxquels nous ne croyons absolument pas) les lois sur les 35 heures vont coûter cher aux contribuables (plus de 110 milliards de francs en année pleine) et en particulier aux entreprises qui vont être taxées sur les heures supplémentaires! Un débat démocratique sur cette affaire exigerait qu'une autorité indépendante suive la mise en oeuvre de cette réforme afin qu'on puisse le plus rapidement possible en établir le bilan, bon ou mauvais. Qu'on ne soit pas ramenés à la situation de 1936 où il avait fallu trois années avant de réaliser que les 40 heures et les congés payés étaient une catastrophe économique.
Avec le budget 2000, le mensonge de nos comptes publics prend des allures de faux en écritures. Le gouvernement parle de 0,9 % d'augmentation des dépenses mais ne peut démentir les spécialistes qui l'évaluent à 3,5 %!
Jean Arthuis a raison de parler de « culture d'opacité » (voir ci-dessus). Celle-ci s'étend aux collectivités locales. Les affaires de la mairie de Paris ne relèvent-elles pas avant tout d'un défaut de transparence, à l'abri duquel les turpitudes, réelles ou soupçonnées, ne peuvent que se développer, faute d'éthique.
Elle s'étend bien sûr aussi aux partis politiques, au fonctionnement général de notre système public. Y compris la justice.
Pourquoi les magistrats n'auraient-ils pas l'obligation de déclarer leur appartenance à une obédience maçonnique ? Cela éviterait bien des soupçons, à Nice comme à Paris...
Celle "culture de l'opacité" est le propre de toute la part archàique de la société française. Cette non-démocratie.