Sommaire des 4 vérités hebdo N°242 du samedi 4 décembre 1999

Le libre échange est bon pour les consommateurs. Le gouvernement défend les lobbies !

L' ouverture des frontiéres, l'internationalisation des marchés et celle de la concurrence -trois des caractéristiques essentielles de la mondialisation -ont fortement contribué ,depuis cinquante ans, à l'amélioration de la prospérité générale, en France comme partout ailleurs (dictatures protectionnistes exceptées).C'est même,avec le progrès technique, le facteur le plus important. Il ne s'agit-là que de simples faits,qui ne font d'ailleurs que corroborer les théories économiques classiques, énoncées définitivement depuis plus de deux siécles.

L'intérêt de la France et des Français est donc de participer le plus activement possible à la négociation de la conférence de l'Organisation mondiale du commerce organisée depuis mardi à Seattle.

L'OMC a déclaré la guerre aux subventions publiques. Elle souhaite aboutir à de nouvelles réductions des droits de douane sur tous les produits industriels. Elle veut que la concurrence mondiale s'étende aux services. Qui s'en plaindrait ?

Bien sûr, quand les prélèvements douaniers disparaissent, le protectionnisme peut prendre toutes sortes d'autres formes. C'est au nom de l'environnement, de la sécurité alimentaire ou des droits de l'enfant qu'on prétendra fermer la porte à certains produits ou services. Presque toujours ce ne seront que des prétextes, fruits honteux de notre hypocrisie.

La mondialisation doit aller de pair avec la transparence de l'information, en particulier pour l'étiquetage des produits-À cet égard l'affaire du boeuf britannique nous fera peut-être faire quelques progrès. Car, pour être en mesure de choisir de manger ou non du boeuf britannique, encore faut-il que je puisse le savoir en lisant l'étiquette.

La présentation de tous les produits élaborés vendus dans le commerce devrait permettre de suivre à la trace les difiérentes étapes de leur élaboration et les conditions de celles-ci. Il y a quelques années des produits étaient vendus avec la mention « fabriqué par des aveugles». Pourquoi pas indiquer sur l'étiquette «fabriqué par des prisonniers au Texas»,«fabriqué par des enfants de 14 ans en Thàilande»? L'exercice connaîtrait vite des limites, mais l'information du consommateur va dans ce sens.

Le boeuf donne l'exemple!

À Seattle, l'Europe et le gouvernement français prètendent défendre les intérêts de la France. C'est le moins qu'ils puissent dire-Reste à savoir quels sont concrètement les intérêts en question.Ceux des producteurs constitués en groupes de pression sont plus évidents que ceux des citoyens-consommateurs.Mais le progrès,et la libertè, sont toujours du côté des consommateurs..

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Immigration: l'Etat providence contre la liberté d'aller et de venir !

Une question revient de façon récurrente dans le courrier de nos lecteurs : quelle est donc la position éditoriale des "4 vérités" sur la question de l'immigration ? C'est un sujet que nous avons déjà traité dans un long article (3 mai 1996) mais dont l'importance mérite qu'on y revienne.

Le droit d'aller est de venir est certainement le droit de l'homme le plus naturel et le plus fondamental.

C'est pourquoi la conscience universelle s'indigne spontanément aussi bien de l'interdiction faite à certaines personnes dans certains pays de quitter le territoire où ils sont relégués, comme de l'obligation qui dans d'autres cas leur est faite de déguerpir sans délai...

Selon la pensée libérale classique la seule limte à la libre circulation des personnes résulte du droit de propriété : je peux m'installer où je veux à la condition de respecter les droits légitimes d'autrui. Il faut donc, pour que je puisse m'établir où que ce soit, que j'acquière de gré à gré une propriété, que je loue un logement ou une chambre d'hôtel, qu'un ami accepte de m'héberger par exemple en échange d'un travail à accomplir.

Dans un pays où toute propriété serait privée il ne pourrait y avoir de problème lié à limmigration : la présence d'étrangers sur ce territoire serat réglée par de simples opérations de marché, par des contrats privés.

Comme le libre échange, la libre immigration est un puissant facteur d'enrichissement collectif .C'est avec l'Etat-providence que l'immigration change de nature et devient un facteur d'appauvrissement-Car les immigrés ne viennent plus chez nous pour s'enrichir légitimement mais pour acquérir gratuitement des droits sociaux. C'est alors que l'immigration devient une simple entreprise de pillage.

Avec l'immigration, on est au coeur de la perversité inhérente au socialisme bureaucratique. Car la demande de faux droits étant par définition sans limite, le socialisme débouche toujours sur la constitution d'un état policier.

Dans une société respectueuse des vrais droits des individus, il n'y aurait pas de problème d'immigration. Le problème n'est donc pas l'immigration mais l'Etat-providence !...

En attendant, dans notre pays tel qu'il est, il n'y a aucune raison que le peuple ne soit pas directement consulté. Or on sait ce qu'il pense à cet égard : il faut arrêter l'immigration massive de personnes qui viennent chez nous pour se rendre le plus rapidement possibles à nos guichets d'aides sociales ! C'est une mesure d'urgence, conservatoire et sans doute autant protectrice que protectionniste.

Il faut accélérer l'intégration des étrangers non-francophones se trouvant sur notre territoire et n'en accueillir de nouveaux qu'ultérieurement.Il faut expulser les fauteurs de troubles-Il faut rétablir l'ordre dans toutes les banlieues. Il faut assurer la tranquillité publique pour tous, y compris bien sûr pour les personnes immigrées. Et il faut réduire l'Etat-providence.

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"Normes sociales": une belle hypocrisie protectionniste !

Les syndicats de salariés, qui chez nous ne représentent d'ailleurs à peu près rien, s'imaginent avoir trouvé un bon moyen pour s'opposer au libre-échange international,qui aboutit à mettre les fainéants de l'hexagone en concurrence avec des individus plus courageux installés dans d'autres pays, et même à l'autre bout du monde- Ils ont inventé les "normes sociales".

Selon ces nouveaux penseurs, la concurrence ne saurat être loyale entre des pays pratiquant des législations sociales trop différentes, et bien sûr entre des pays disposant d'une telle législation et d'autres qui en sont dépourvus.

Les« normes sociales»- approuvées par Jospin comme par Chirac par tous les souverainistes, des communistes à Charles Pasqua, et même parle trés libéral Madelin - se focalisent surle travail des enfants, dont le thème, facilement imagé,est en effet de nature à faire s'apitoyer dans les chaumières (équipées d'un récepteur TV).

" 800 millions d'enfants travaillent dansle monde!" titrait pours'en offusquer,un grand quotidien il y a quelque jours.

Il convienttout d'abord de remarquer que sont inclus dans cette statistique,d'ailleurs invérifiable,tous les jeunes de moins de quatorze ans-On y mélange aussi des situations fort dfférentes: du travail libre et du travail forcé, du travail rémunéré et du travail volé, du travail pénible et du travail normal...

Il s'agit de pays pauvres, de pays du tiers-monde ou en voie de développement. L'inactivité des jeunes, leur désoeuvrement dans des mégalopoles criminogénes serait-elle préférable ?

Dans un pays comme le nôtre il suffit de remonter aux années cinquante pour trouver une époque où les jeunes de 14 ans, certificat d'études primaires en poche,entraient surle marché du travail, et souvent à l'usine, musette en bandoulière.

Vingt ans plustôt on avait le « certif» à 12 ans.

Un siècle plus tôt, sans doute, l'exploitation du travail des jeunes, au début de l'ère industrielle était une honte. Mais justement le développement économique et l'amélioration du niveau de vie général ont eu pour effet, plus sûrement que n'importe quelle loi, de faire disparaître progressivement de telles situations.

Dans les pays du tiers-monde, aujourd'hui, le travail de jeunes de 14 ans,dans des conditions matérielles acceptables, fait certainement davantage pour le progrès de ces sociétés que ne le ferait l'interdiction de ce travail.

Comme souvent, la compassion à l'égard des enfants de Thàilande ou d'Indonésie, au travail dans des usines fabriquant nos chaussures de sport, par exemple, n'est qu'un prétexte pour essayer de bloquer des produits vendus à un prix que nos minima sociaux nous empêchent de concurrencer. Refuser des produits « made in China » sous prétexte de « normes sociales »,c'est nier la division internationale du travail, qui, par définition,accepte les différences de qualification,de rémunération et de normes sociales.

Avec leurs« normes sociales» on veut retirer aux pauvres le pain dela bouche!

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Comment renverser la situation ?

Par André Nester

J' étais, le lundi 22 novembre, aux Assises nationales de l'association "Contribuables Associés" au Palais des Congrès de Paris.Très nombreuse assistance, remplissant presque complètement le grand amphithéâtre de 4000 places. Très claires interventions sur l'abus de dépenses publiques et d'impôts,de Bernard Zimmem, chef d'entreprise et président de l'Institut Français pourla Recherche sur les Administrations publiques et Pascal Salin, professeur d'économie à Paris Dauphine.Et toujours le même dynamisme de BenoîteTaffin, la présidente, quia très bien souligné l'intérêt d'une telle association, pour contribuer à libérer les Français d'une politique de dépenses publiques et de pression fiscale très excessive.

Le moment est venu de mettre en place le moyen concret d'appliquer une nouvelle politique comportant de tels objectifs. Les orateurs ont très bien dit, par exemple, qu'il fallait "remettre l'État à sa place". L'expérience n'a cessé de montrer, depuis plus de trente ans, qu'aucun des pouvoirs législatifs et exécutifs issus des formations politiques régnantes n'était en mesure d'appliquer une telle politique.

Il faut donc une solution de rechange à ces partis.

Une réponse complète à cette question est donnée par le livre "2000 : les Français prennent le pouvoir »*.

J'en souligne ici cinq points essentiels.

Les partis du système actuel sont très largement rejetés par les électeurs.

Aux élections législatives de 1993, la "majorité orpheline » refusant de voter pour les PS, RPR, UDF, etc. a été de 75,16 % des électeurs inscrits sur les listes électorales. La suite a montré que ce rejet ne cessa de s'accentuer et devenait irréversible (76,99 % aux législatives de 1997).

Si l'on tient compte des 5 millions de Français qui ne sont pas inscrits (pour la majorité d'entre eux parce qu'ils rejettent "la politique" faite depuis des années), cela fait plus de 80 % des Français en âge de voter qui refusent de voter pour les formations qui se sont arrogées le titre de "partis de gouvernement".

Pour répondre à l'attente de cette majorité d'électeurs,il est devenu indispensable d'introduire une solution de rechange à ces partis (cf, quatrième point ci-dessous).

Une fausse "noblesse" s'est arrogé le privilège du pouvoir politique.

Nos compatriotes n'ont pas encore bien perçu cet aspect essentiel de la situation en France- On parle souvent des "technocrates", que les Français perçoivent comme des techniciens appliquant mal la politique décidée par le parlement et le gouvernement.

Il s'agit de tout autre chose : d'un groupe de hauts fonctionnaires devenus aussi hommes politiques, dont l'esprit de corps s'est dévoyé en esprit de caste. Ils se sont emparés de la direction des grands partis de droite et de gauche et, surtout, constitué en néo-aristocratie s'arrogeant le privilège d'exercice exclusif du pouvoir politique.

Les grandes réformes dont la France a besoin impliquent toutes une profonde modification des budgets publics et de la place de l'État dans la vie nationale. Elles mettent donc directement en cause le privilège de la caste régnante.

C'est pourquoi celle-ci refuse ces réformes et on a pu en voir les conséquences catastrophiques.

Ce pouvoir illégitime et foncièrement anti-démocratique s'appuie sur une dynamique "de haut en bas" . Exemples :

l'investiture aux candidats députés ou président de la république donnée par un état-major central parisien placé entièrement sous le contrôle de la néo-aristocratie. Bien plus grave encore : la souveraineté du peuple français confisquée et remplacée par une souveraineté sur la France placée entre les mains de structures étrangères comme celles de Bruxelles et de Frandort, transfert de souveraineté effectué sans que le peuple français ait eu le moins du monde la parole.

Il faut passer par les élections législatives et non par la présidentielle

D'abord parce que le choix des candidats bénéficiant d'un "vote utile"à l'élection présidentielle est entièrement sous le contrôle de la caste. Mais, surtout parce que cela découle de la Constitution : une formation politique homogène et résolue ayant la majorité absolue à l'Assemblée Nationale a le pouvoir de choisir le Premier Ministre et tous les membres du gouvernement et de les faire nommer par le Président de la République, qui ne peut pas s'y opposer. Enfin parce qu'un tel renversement de la situation n'est possible et durable qu'avec le concours organisé de la population de toutes les régions de France, en tout cas de la majorité de cette population.

C'est d'une révolution qu'ils'agit.

Révolution est le terme propre, au sens étymologique de "retournement". Sa portée, pour la France,l'Europe et le monde entier, va être aussi grande que celle de 1789.

Cette révolution consiste d'abord à sortir du centralisme étatique et jacobin que la France traine comme un boulet depuis des siècles et à débloquer et rééquilibrer la vie du pays dans tous les domaines en laissant reprendre leurs initiatives et leurs responsabilités aux personnes, aux familles, aux entreprises, aux corps intermédiaires. Elle consiste aussi à reconnaître à la culture et à la civilisation chrétienne de l'Europe la priorité sur toute valeur matérielle, priorité d'où découle la seule bonne manière de traiter la question d'une entente étroite entre les nations d'Europe- Elle consiste,enfin, pour la France, seule puissance du continent européen installée aussi dans tous les grands océans, à assumer sa vocation de puissance maritime capable de conduire une politique mondiale. Ceci modifie radicalement les conditions d'un équilibre franco-allemand et inter-européen ( Respectant la souveraineté et la culture de chaque nation. La révolution passe par un soulèvement pacifique et légal de nos compatriotes pour établir un nouveau pouvoir fondé sur l'initiative des citoyens à la base (exemple :leur choix des candidats aux élections),et, du coup,abolir le privilège de la caste régnante.

Ils ont parfaitement le droit d'agir ainsi, en vertu de l'article 4 de la Constitution . ("Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage-Ils se forment et exercent leur activité librement- Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et la démocratie").

Les électeurs s'organisent dans chaque territoire d'élection de député en "alliances locales des citoyens" constituées hors de toute référence aux partis rejetés-Ces groupements politiques locaux ne sont pasles "comités de salut public" d'autrefois, mais leur volonté de renversement est forte. Tous fondés sur un même programme national, ils concluent avec leurs candidats un pacte solennel écrit et public parlequel ceux-ci s'engagent à appliquer ce programme, lls font ensuite l'audit régulier des élus.

Le réseau de joutes les alliances locales est la formation politique nouvelle, homogène et résolue,solution de rechange aux anciens partis rejetés et en même temps "grande formation unie et majoritaire" qui s'est avérée irréalisable dans l'ancien système.

Résultant d'une révolte général des électeurs contre la fausse néo-aristocratie et placée sous le contrôle direct et permanent de la population, cette formation de nouvelle espèce est fondée sur le programme des mesures réclamées par la plupart des 80% d'électeurs frustrés. C'est pourquoi, elle peut recueillir la majorité des voix dans une majorité de circonscriptions. Elle va donc devenir majoritaire à l'Assemblée Nationale.

Conformément à là Constitution, elle choisira le nouveau Premier Ministre et le ferat nommer par le Président de là République, ainsi que tous les autres membres du nouveau gouvernement.

Une table ronde pour déclencher les médias.

Une table ronde de personnalités de valeur, dignes de là confiance de là presse et du public va être représentative du réseau au niveau national, notamment par là prise en compte des propositions des grandes associations pour là synthèse du programme sur lequel vont être fondées toutes les alliances locales d'électeurs. Elle va fabriquer puis faire exploser, le moment venu, là "bombe médiatique" informant les Français. Elle va susicter là mise en place des "alliances locales des citoyensa dans toutes les circonscriptions et déboucher finalement sur le Directoire de là nouvelle formation majoritaire.

* André Nester. « 2000 : Les Français prennent le pouvoir» (Éditions F.X.de Guibert)

3 rue Jean.François-Gerbillon, 75006 Paris

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Satanés frenchies

par Claude Reichman

Une compagnie de navigation américaine vient d'aménager ses onze paquebots de croisière afin d'y accueillir des personnes handicapées. Salles de bains spécialement équipées, régimes alimentaires spéciaux, matériel à dialyse, rien ne manque. À mesure que la longévité augmente, les personnes âgées deviennent une clientèle recherchée. Elles disposent en effet de ressources souvent importantes, ayant pu se constituer un patrimoine et bénéficiant de retraites confortables.

Rien ne vaudra jamais la jeunesse et la santé, mais une vieillesse aisée et des soins de qualité peuvent offrir au troisième ou au quatrième âge d'agréables instants.

Les Américains peuvent espérer jouir d'une telle opportunité.

Leurs fonds de pension sont prospères et leur régime de base par répartition, appelé « Sécurité sociale », tout en étant menacé à terme, n'est pas dans la situation désespérée du système français de retraite- Mais ils auraient tort de se réjouir en comparant leur situation à la nôtre-Car l'ingéniosité française saura une fois de plus montrer sa supériorité sur les méthodes en vigueur outre-Atlantique. Comme rien ne pourra faire que nos régimes par répartition, qui n'ont aucune réserve, survivent à la baisse dramatique du nombre de cotisants, force sera aux gouvernants quels qu'ils soient de retarder l'âge de la retraite.

N'importe quel technocrate vous dira que la solution élégante de ce redoutable problème financier consiste à faire coincider le départ en retraite avec le décès de l'intéressé. Du coup, au lieu de retraités handicapés,nous aurons de beaux et solides vieillards, ardents à la tâche et pétant de la belle santé qui est le privilège d'une activité heureuse. Ils auront bonne mine, les petits vieux yankees, quand sur leur bateau de croisière,allongés sur une chaise longue, perclus de rhumatismes, ils verront s'affairer devant eux un septuagénaire français qui lavera le pont d'un balai vigoureux! Ils maudiront alors leurs politiciens inconscients et se diront que décidément ces satanés frenchies sauront toujours en remontrer au monde entier.»

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Hôpitaux publics: la concurrence est possible

Tribune libre de Bernard Trémeau

Depuis des années, on estime qu'il y a près de deux fois trop de lits chirurgicaux dans les hôpitaux publics français-Martine Aubry nous annonce enfin la fermeture de 24 000 lits d'hôptaux( Le monde du 6 novembre).

Une entreprise privée soumise à la concurrence n'a pas le droit de faire du déficit. Elle doit donc en permanence adapter l'offre à la demande et si la demande passe en dessous d'un certain seuil, elle est obligée d'arrêter son activité. Elle ferme et tout le monde accepte pratiquement la dure règle du jeu. Seul un article de journal annonce ce petit événement.

Il y a très rarement des troubles sociaux. Lip en 1968 ou Villevorde en 1997 sont de très rares exceptions.

Un hôpital public n'est pas soumis à la concurrence. il reste ouvert même si son offre de lits devient supérieure à la demande. On entretient ainsi dans les hôpitaux publics des milliers de lits inoccupés. On maintient inutilement en place un investissement très coûteux en hommes et en matériel.

Adapter l'offre à la demande dans une structure de « Service Public » n'est pas facile, d'autant plus que pour beaucoup « la santé n'a pas de prix ».

Le Maire de la ville, président de la commission administrative de l'hôpital, ne peut pas prendre la décision de fermer son hôptal. L'hôpital est souvent un des plus gros employeurs de la région. Le Maire qui prendrait une telle décision aurait peu de chances d'être réélu.

Le chef d'un service à moitié vide ne va pas décider de fermer son service, sous prétexte qu'il n'est plus rentable. Il se ferait hara-kiri. Sans faute grave de sa part, il est pratiquement sûr de rester en place. Il va donc attendre. Les infirmières et soignantes tiennent à juste titre à leur emploi.

Leurs syndicats se battront pour le conserver.

La population de la ville enfin, ne sachant pas qu'un service qui tourne au ralenti est bien souvent un service médicalement peu performant et ignorant ce que lui coûte vraiment son hôpital publiç s'oppose aussi à sa fermeture.

Tout le monde est prêt à se battre et à descendre dans la rue, au moindre

signe :le maire avec son écharpe, accompagné au besoin du député avec son écharpe,le chefde service entouré de sesinfirmières en blouses blanches et une bonne partie de la population veut garderson hôpital.

Un énorme trou est ainsi volontairement entretenu dansles caisses de la sécurité Sociale.L'État planificateur doit donc intervenir. Mais, nous sommes en démocratie et il faut être réélu-La décision à prendre est impopulaire. l'État la retarde sans arrêt-Des centaines de milliards sont gaspillés.

Disposer d'une nourriture saine est tout aussi important pour notre santé qu'avoir de bons lits d'hôpitaux. Grâce à la concurrence,du boulanger à la grande surface,les entreprises nous offrent au moindre coût une nourriture d'excellente qualité. À l'État de nous signaler la présence de dioxine dans les poulets ou de listéria dans les fromages...

Il est tout à fait possible de mettre en concurrence tous les établissements de soin.Grâce à la concurrence,ils nous offriront au moindre coût les soins de la meilleure qualité possible-À l'État de veiller à ce que tous aient financièrement accès aux lits d'hôpitaux et de nous signaler les insuffisances des infrastructures hospitalières ou la présence de staphylocoque...

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Les deux venins qui attaquent le corps occidental

Tribune libre de Guy Millière

La planète compte désormais six milliards d'habitants, nous a récemment rappelé l'Organisation des Nations Unies. Et, à titre symbolique, Koffi Annan a décrété que le six milliardième être humain état né le 12 octobre dernier, et était musulman et pauvre.

Sur les six milliards d'habitants que compte la terre, de fait seule une minorité vit dans les pays développés.

Moins de sept cent millions si l'on compte l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord. Huit cents millions si l'on ajoute le Japon, mais peut-on ajouter le Japon ? Les pays développés sont tous sans exception aujourd'hui en phase de vieillissement et de baisse des courbes de natalité. La croissance démographique reste forte en Afrique, et dans une bonne part de l'Asie et de l'Amérique du Sud. Comme ce fut toujours le cas dans l'histoire de l'humanité, des mouvements se font des zones de haute pression démographique vers les zones de basse pression démographique. Ces mouvements ont pour eux la force d'une évidence matérielle et tous les discours pour ou contre l'immigration n'y changeront rien.

Ces données démographiques peuvent s'accompagner de données politiques et économiques. Hors du monde développé, il n'existe nulle pas de stabilité démocratique et d'institutions susceptibles de permettre cette stabilité. Hors du monde développé, il n'existe nulle part ces ingrédients essentiels à même de permettre l'initiative individuelle, la liberté d'entreprendre et le respect des règles sans lesquels aucun développement économique n'est possible.

Nous allons donc vers une submersion lente et sûre du monde développé par un monde sous-développé politiquement économiquement et mentalement.

Tous ceux chez qui il reste un peu de clairvoyance devraient, dans ces conditions, se lever et,tirer les signaux d'alarme, tant qu'il est encore temps, réaffirmer les valeurs qui ont fait la grandeur de la civilisation occidentale, dire comme Friedrich Hayek le faisait pendant les dernières années de sa vie que c'est pour nous un impératif éthique de réaffirmer ces valeurs et que faute de les réaffirmer, nous serons responsables de centaines de millions de morts.

Or, personne ne se lève. Un seul livre en Europe, oui un seul, a posé le problème au cours de la dernière décennie : « Les nations suicidaires » de Yves-Marie Laulan. Bien que ce soit un grand livre, l'un de ceux que voici vingt ou trente ans on aurait abondamment commenté, force est de constater que s'il a été élogieusement traité dans les Quatre vérités, il n'a pas reçu d'autre accueil dans les grands media qu'un silence dédaigneux....

Pourquoi cette situation? Parce que,dirais-je, deux venins collectivistes se sont disséminés dans le corps occidental depuis le dix-neuvième siècle et sont venus peu à peu le pétrifier. L'un de ces venins est le nationalisme : son effet est de faire perdre de vue les liens qui unissent ou devraient unir tous les pays de ce qu'on appelait encore voici peu le monde libre,on en voit les manifestations chaque jour en Europe même où tant de gens pensent encore que l'ennemi principal est l'Amérique.

Quand on lui montre la lune, dit un vieux proverbe, l'imbécile regarde le doigt... L'autre de ces venins est le socialisme qui est devenu en Occident le discours par excellence de la haine et de la destruction de soi. Les anti-corps à ces deux venins existent, bien sûr-Mais on peut d'ores et déjà gager, hélas, qu'ils ne seront pas administrés. .

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Elections dans le 20e arrondissement de Paris les divisions de la droite sont exemplaires !

Les résultats du premier tour de l'élection législative partielle du 20e arrondissement de Paris, dimanche dernier, comporte différents enseignements.

On dira qu'il ya eu encore prés de 65 % d'abstentions- Mais il yen avait eu autant, et même plus, lors d'élections législatives partielles à Paris en 1994 et 1995. De toute façon, les études d'opinion indiquent que les préférences des abstentionnistes se répartiraient entre les différents candidats à peu prés comme celles des électeurs qui ont pris la peine de se déplacer...

Tout d'abord, électoralement parlant la cohabitation réussit magnifiquement à la gauche. Les trois principaux candidats de la gauche plurielle, le P5, les Verts et le PCF totalisent 47 %, contre 41 % seulement en 1997.

Alors qu'à mi-parcours d'une législature, il est rare qu'une coalition au pouvoir soit aussi triomphante...

À droite, le cacique radical centriste chiraquien Didier Bariani limite les dégâts,avec 21 % des suffrages exprimés, alors que le candidat du nouveau RPF, qui a manifestement le vent en poupe, fait 11,5 % des voix, 1,2 point de mieux que Pasqua-Villiers aux Européennes de juin dernier !

Toujours à droite, la candidate FN, dans cette circonscription historique pour son mouvement, peine à dépasser la barre des 5 %, moins que Le Pen aux Européennes, alors qu'elle faisait encore 13,35 % en 1997. Et ce n'est pas la concurrence du MNR, toujours là, comme à chaque élection partielle, qui est en cause, puisque son candidat ne fait que 1,24 %, à comparer aux 3,32 % de Mégret aux Européennes.

Celui qui tire les marrons du feu est bel est bien le candidat de Pasqua, qui "prend" aussi bien à Bariani (UDF-tiberiste) qu'au FN.

Mordre ou s'entendre

Autre remarque : la multiplication des candidatures frappe surtout la droite. L'addition des voix obtenues par le RPF, le FN, le MNR, la Droite libérale chrétienne de Charles Millon (qui rate ainsi son entrée en scène...), de l'ex-écologiste Brice Lalonde (qui a recueilli 312 voix...) du CNIP, du mouvement de Nicolas Miguet "Moins d'impôts maintenant"), et de deux ou trois autres candidats "divers droite, sans étiquette" représente en effet plus de 26 % des suffrages.

À partir de là, il est tentant d'imaginer une autre situation :si, au lieu de se diviser, la vraie droite,de Charles Pasqua à Le Pen, avait su se rassembler sur un candidat commun, elle aurait pu arriver en tête du premier tour et, au second, conduire le rassemblement de toute la droite, contre la gauche, minoritaire, même dans cette circonscription populaire longtemps tenue par les communistes.

C'est évidemment un rêve, qui se heurte à une réalité inverse. Celle-ci nous montre une droite dont le morcellement se poursuit : deux RPR, deux UDF, deux FN, deux CNT (Bourgoin et Millon) et de plus en plus de "sans étiquette".

Aujourd'hui, l'humanisme de Millon, le charisme de Pasqua,le libéralisme de Madelin, le brio intact de Le Pen, les qualités des autres, de Mégret de Bourgoin... n'apportent rien à l'Entente à droite, préalable à la reconquête politique contre la gauche ringarde...

Une stratégie de conquête électorale,dans le sens où,dans le 20e,le candidat de Pasqua a "mordu" sur l'électorat du FN, ne peut aboutir qu'à augmenter encore les querelles et les divisions. Au contraire, l'Entente à droite serait respectueuse des différences. Elle rassemblerait toutes les sensibilités, même opoosées, mais d'accord sur deux ou trois priorites. Par exemple, à Paris, "moins d'impôts et davantage de sécurité au quotidien".

Comme aucun politicien patenté ne s'est fixé cette mission, elle ne pourrait être accomplie que par une initiative venant de la base électorale de la droite.

L'Entente à droite a besoin de missionnaires, bénévoles et désintéressés... Faute de quoi le coup du 20e se reproduira, à l'occasion d'autres partielles, aux municipales, aux législatives... .

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