Sommaire des 4 vérités hebdo N°244 samedi 18 décembre 1999

 

Les 35 heures commencent mal !

L' invention des 35 heures ne correspondait à aucune demande pressante de l'opinion. Et aucun économiste sérieux n'appuyait cette réforme. La théorie communisante du partage du travail, encore en vogue au début des années quatre-vingt avait pris un sérieux coup dans l'aile avec les mésaventures du premier gouvernement Mauroy au début du premier septennat de François Mitterrand, les 39 heures ayant eu strictement le même effet que les quarante heures en 1936, à savoir : non pas une augmentation mais une diminution de l'emploi, et un ralentissement de la production, donc de la prospérité.

Les socialistes disent vouloir anticiper un phénomène naturel. Mais, ce faisant, loin de l'encourager, ils le perturbent et le contrarient. Ils annonçaient des créations d'emplois par centaines de milliers et c'est exactement le contraire qui point à l'horizon de l'année prochaine !

Car ce qui devait arriver arrive. La fin de l'année 1999 est marquée par une brusque flambée de revendications et de gréves liées à la négociation sur les 35 heures, les entreprises ne bénéficiant des aides publiques qu'à la condition de signer des accords comportant des créations d'emplois avant le 31 décembre. Du coup les syndicats et leurs maigres troupes sont encouragés à faire du chantage. Ils disent aux patrons : « si vous ne signez pas tout de suite vous n'aurez pas les aides publiques!».

Rarement un gouvernement aura joué à ce point les apprentis sorciers.Grâce au retour de la croissance (entièrement dû à la bonne conjoncture internationale) il avait la possibilité de procéder à un réel assainissement des finances publiques du pays. Au lieu de quoi celles-ci devront supporter dés l'an prochain une nouvelle charge estimée à 120 milliards de F au titre des 35 heures.

Pendant ce temps-là, la concurrence devient de plus en plus vive en Europe. Les entreprises s'installent là où les conditions qui leur sont faites sont les plus avantageuses et les plus sûres, Certainement pas là où Martine Aubry est ministre du Travail et des Affaires sociales !

Lionel Jospin, on s'en doute, avait fait un calcul purement politicien : acheter les voix du plus grand nombre possible de salariés avec l'argent des contribuables, en particulier celui qui transite par les cotisations des entreprises. De mauvais résultats économiques en 2000 remettraient en cause ce plan cynique, pale remake du Front populaire...

Le libéralisme, c'est le choix et la diversité !

Les différents articles que nous avons publiés depuis plusieurs semaines sur le thème de la mondialisation ont suscité de la part de nombreux lecteurs des réactions passionnées, et en général,plutôt critiques, nous faisant reproche d'une ligne trop libérale.

Notre ligne générale, souvent rappelée (dans la page courrier) est celle de la droite indépendante et libérale : nous privilégions le clivage droite gauche, nous sommes indépendants de tout parti politique, et nous croyons à la supériorité du libéralisme sur toutes les autres doctrines. , Nous sommes cependant accueillants à des points de vue différents, C'est pourquoi, soit en tribune libre soit dans le courrier retenu pour publication, nous donnons souvent la parole à des opinions différentes, voire divergentes. Et c'est ce qu'apprécient beaucoup de nos correspondants.

Mais force est aujourd'hui de constater que les passions souverainistes emportent trop loin ceux qui s'y adonnent.

- « Le libéralisme, en tant que philosophie, est une idéologie aussi néfaste que le marxisme et son enfant le socialisme », nous écrit P.Joly (Paris75). Bigre! On croirait entendre les amis les plus gauchistes de Charles Pasqua...

- À. cette différence près que le socialisme et les nationalismes ont des centaines de millions de morts sur la conscience, ce qui n'est pas le cas que je sache, du libéralisme.

Ce terme est pris parfois au sens de liberté des moeurs, Notre correspondant reproche à Alain Madelin de ne pas avoir désapprouvé le PACS. Un libéral, en effet, laisse chacun libre de ses actes, et même de sa sexualité, à condition que ceux qui en pronnent une qui est contre nature ne viennent pas interférer dans ma sphère individuelle. Oui, bien sûr il y a une morale qui indique clairement comment les hommes et les femmes doivent vivre. Mais libre aux homosexuels de l'ignorer ! La liberté, c'est aussi le droit de faire l'inverse de ce que vous dicte votre devoir !

Je ne crois pas qu'Alain Madelin était favorable au PACS. Il serait plutôt pour la liberté de chacun de pouvoir contracter avec qui il veut, sur les bases qui lui conviennent... Il aurait donc pu voter contre le PACS. Mais il a voulu se démarquer de la droite conservatrice, à : laquelle il n'appartient pas. Et il a eu bien tort !...

Le terme de libéralisme est plus souvent pris dans son sens économique.Ce serait par exemple l'idéologie que les Américains auraient voulu nous imposer à Seattle.

La liberté des échanges, sans entraves, outre qu'elle est inévitable, notamment avec Internet, n'a pas du tout les effets néfastes que l'on nous dit.

Ce n'est pas la liberté des échanges mais au contraire le protectionnisme qui conduit à l'uniformité. Mille exemples le prouvent. La mondialisation produit tous les jours de la diversité, du choix, donc de la liberté. Car la liberté est la seule règle qui respecte chaque individu, qui le libère et qui le grandit.

"Il faut bien se protéger", ajoute notre correspondant. S'il s'agit d'une défense très temporaire, pourquoi pas ? Mais si la liberté des échanges et la concurrence loyale (sans subventions) étaient la règle constante, il n'y aurait aucune raison pour qu'il y ait de brusques différences, notamment sur les prix, et l'utilité des protections disparaîtrait presque complètement.

Le libéralisme tolère toutes les différences

Plusieurs réactions scandalisées - très souverainistes - au texte de David Boaz ("l'avènement de l'ère de la liberté", n° 240, 20 novembre 1999) !

- « Dire que les gouvernements se sont révélé une institution dangereuse est une contre-vérité, car un gouvernement bien compris applique les lois voulues par le bien commun et protège les individus contre les malveillances des autres et celles des autres états » (Michel Bastiani, Nice-06).

L'ennui est que toutes les guerres "modernes" ont quand même été déclenchées par des gouvernements.

Même au temps de la détestation franco-allemande on n'a jamais vu un groupe d'individus franchir nuitamment la frontière pour aller faire la peau de leurs supposés ennemis ! Et les totalitarismes, sous toutes leurs formes, ont fait des victimes par centaines de millions. À côté de ces ravages-là, les accidents de chasse, de la route, les homicides volontaires ou involontaires ne représentent que des détails!

Un état minimum, avec des politiciens vertueux, pourrait sans doute assurer la paix civile, la liberté de chacun et de surcroît la prospérité générale. Mais soutenir, comme notre correspondant, que l'État doit intervenir dans le domaine de l'Éducation bute sur l'objection de ce qu'est devenue concrétement l'Éducation Nationale: une machine à fabriquer des illettrés!

Les partisans de l'intervention de l'État au-delà de ses responsabilités naturelles ont une conception pessimiste de l'homme. Pour eux, sans contraintes extérieures, tout individu se laisserait aller à la paresse et même à l'ivrognerie ! Car l'effort ne lui serait pas naturel.

Les « libertariens », partisans de la doctrine de la liberté, ont en effet une autre conception de l'homme, résolument optimiste, et fondée sur des exigences ét des responsabilités qui découlent de sa condition d'être humain.

La doctrine libertarienne est sans doute la seule qui permette la coexistence harmonieuse entre des groupes humains désireux de vivre selon des règles différentes. Et c'est en cela notamment qu'elle est probablement la doctrine de l'avenir.

Avec la mondialisation, qui progresse chaque jour, quoi qu'on en pense, avec la libre circulation des hommes, qui s'accélère,souvent dans des conditions contestables,c'est la montée des communautarismes qui est en passe de constituer partout le problème politique majeur dans tous les pays d'immigration au XXle siècle.

Les libertariens seraient tolérants à l'égard de toutes les communautés, y compris à l'égard de celles qui adopteraient des règles diamétralement contraires aux leurs, à la seule condition que nul ne soit forcé de renoncer ni à ses choix personnels ni bien sûr à sa propriété légitime. À la condition que l'État ne vienne pas intervenir pour favoriser tel ou tel.

Transposons pour être concret :

je veux bien que s'organisent des communautés homosexuelles, islamistes ou juives onhodoxes,à la seule condition qu'on me laisse tranquille et que mes impôts ne servent pas à subventionner ces activités-là. Or, actuellement, sous la pression médiatique, l'essentiel des subventions aux associations, de l'État ou des collectivités locales, va à des associations constituées sur des bases communautaristes (religieuses, ethniques, culturelles...).

Le bon sens, la làicité, et la liberté de chacun, comme la paix civile voudraient que ces associations-là soient interdites de subventions. Le mieux étant d'ailleurs de les supprimer toutes !...

Astérix contre l'oncle Sam: le cinéma français et la diabolisation d'Hollywood

La revue « le film français » nous apprend que 71% des films vus en 1998 par les Français sont américains. Leur nombre a doublé en un peu plus de vingt ans, c'est-à dire depuis que l'État s'en est mêlé (la qualité néosoviétique des productions locales s'est tout de suite ressentie de cet interventionnisme catastrophique). La France n'a plus de cinéastes populaires, tous expatriés - Weber, Annaud, Besson -, et presque plus de grands auteurs, tous octogénaires aujourd'hui (Rohmer, Godard, Resnais...). On comprend dès lors qu'en Europe les cinéastes préfèrent souvent s'expatrier à Hollywood, la terre promise du cinéma, pour réaliser leurs rêves...

Il est pourtant facile de comprendre que la distribution, la taille des "majors" américaines, les budgets des films américains, dix fois supérieurs par leur budget à la moyenne des films mondiaux, les histoires réécrites, le montage, les effets spéciaux plus sophistiqués, les vedettes plus connues, la publicité plus importante, bref le professionnalisme anglo-saxon font la différence. Voilà pourquoi les Français se sont aussi lancés dans des superproductions étatiques comme « Germinal » - surnommé Anthracic Park ici - ou plus récemment « le Hussard sur le toit », qui a coûté 34 millions de dollars. Les films de Luc Besson (Nikita, Léon, Jeanne d'Arc) sont aussi des superproductions qui plaisent aux adolescents; mais ils sont maintenant tournés en anglais avec des vedettes américaines comme Bruce Willis pour The Fihh Element.

La mondialisation oblige les uns (les meilleurs) à s'adapter, les autres à râler. Or râler est le sport national des Français depuis la Guerre de Cent ans ou l'occupation romaine.

Cette dernière fait irrésistiblement penser à Astérix, la célèbre bande dessinée qui date du début des années soixante. Astérix est devenu un film au début de l'année. Et l'affaire Astérix, du nom de ce petit gaulois gaulliste qui fait mine de résister à l'empire romain (pardon, anglo-américain) a été montée en épingle en France : aller voir ce très mauvais film était un acte de résistance gauloise. 9 millions d'entrées en France, sans doute beaucoup moins dans le monde. La potion magique du vieux druide Panoramix a rempli les salles à défaut des esprits.Tant mieux :tout était bon pour résister au soldat Ryan ou à Sean Connery.

Londres est comparee a Vichy.

Les Anglo-saxons doivent comprendre que les Français n'ont jamais supporté que leur exception - Jeanne d'Arc, Napoléon, De Gaulle - passe au second plan. Ce culte nostalgique de la grandeur française - Louis XIV, Napoléon... est le fondement de l'idéologie française, de de Gaulle à Pétain en passant par Mitterrand. Et il explique toutes les déviances xénophobes et antisémites qui secouent aujourd'hui le corps social français. Il y a même des ligues anglophobes ou anti-américarnes en France. Tout cela correspond à ce que l'écrivain Philippe Sollers a appelé la France moisie dans un article, publié dans Le Monde, et qui a fait scandale.

Un autre écrivain parle même à ce propos d'intoxication et de perfusion permanente de produits américains qui produisent un effet d'accoutumance ! L'Amérique doit elle être combattue comme la drogue?

Cette volonté de résister ne veut bien sûr pas être considérée comme un nationalisme mais comme une défense des peuples et de leur droit à une vie culturelle autonome : les Français adorent habiller leur protectionnisme sous les oripeaux de la Déclaration des Droits de l'Homme (les Anglais les avaient précédés, mais il ne faut pas le dire). Il faut défendre la variété culturelle comme il faut défendre la variété des espèces, la flore et la faune : la variété culturelle, c'est le droit pour les cinéastes français de continuer à produire des films que personne ne va voir.

Pour l'agriculture, il en est de même : face aux OGM américaines il faut défendre les produits du terroir issus de cette terre qui ne ment pas, comme disait le maréchal Pétain. Et les médias de célébrer ici ceux qui mettent à sac les Mc Donald's ou interdisent la consommation de boeuf anglais vecteur d'abominables maladies...

Un éditorialiste de gauche, Philippe Val, a même comparé Londres à Vichy puisque Londres attire les élites professionnelles françaises. Pour lui, aller à Londres, c'est accepter de collaborer avec l'imperium anglo-saxon qui écrase les pauvres et célèbre la richesse...

le Français aime à se sentir une âme de résistant même si c'est justement aux anglo-américains qu'il doit aujourd'hui de ne pas être l'esdave des nazis. Nazis qui, soit dit en passant, n'étaient que quarante mille en France en 1941, pendant que mes glorieux compatriotes faisaient du marché noir.

Mais comment résister ? En créant des comités sous haute influence politique. En France, le cinéma est devenu une affaire politique, financée par le Centre National du Cinéma, la commission d'avances sur recettes, le ministère de la culture, socialiste de préférence (mais les conservateurs français agissent de même, qui se réclament de Tony Blair, alors que les travaillistes anglais, vus d'ici, se réclament de Lady Thatcher, nettement plus haïe en France que Staline).

Un film peut avoir ainsi dix ou quinze producteurs politiques : une commune, un conseil général, un conseil régional, une bureaucratie européenne, la SFP, la télévision publique et des sociétés, les SOFICA, sociétés de « défiscalisation » financées par les impôts les plus élevés du monde. Le contribuable est invité à payer pour des films qu'il n'ira pas voir ou qu'il paiera deux fois, s'il va les voir... il en est de même pour les trains, toujours en déficit, ou pour l'éducation privée, indispensable dans la France d'aujourd'hui, mais non déductible des impôts. On doit payer deux fois en France pour un seul service de moins en moins efficient. Jean-Jacques Annaud, comme le producteur Samuel Hadida, a expliqué qu'il avait quitté la France pour trouver plus de courtoisie et de professionnalisme et surtout moins d'apparatchiks culturels qu'en Europe.

Un film européen rapporte cent fois moins d'argent qu'un film américain aujourd'hui. Mais qu'importe puisque ce film'est financé par nos immenses déficits publics et par le contribuable? Et qu'importe, puisque les entrées des films américains sont taxés pour financer des films français...

Nos cinéastes refusent toute sanction

Les télévisions sont aussi incitées à produire des films mais ce faisant elles imposent leur goût et leur choix en matière d'histoire et de narration. Ce choix de la médiocrité, entretenu par les subventions et le petit écran n'incite guère les amateurs de grand spectacle. Et il explique pourquoi des cinéastes de stature internationale comme Jean-Jacques Annaud ou Luc Besson tournent aujourd'hui leurs films - Sept ans au Tibet, le Cinquième Élément, Jeanne d'Arc en anglais et signent des contrats avec les firmes américaines. Ils sont bien sûr très critiqués en France, au nom de l'exception culturelle qui veut qu'il vaut mieux voir un mauvais film français (intelligent) qu'un bon film américain (stupide). Le cinéma français est très français en ce qu'il refuse toute sanction : l'affaire du Crédit Lyonnais, l'affaire Papon, l'affaire fameuse du sang contaminé sont de la même eau.

Nous ne sommes pas coupables, donc ne nous sanctionnez pas.

Dans d'autres domaines médiatiques que le cinéma, l'État français a essayé de lutter. Le ministre de la communication Carrignon voulait interdire TNT sur le territoire français.Ted Turner, président de CNN et de TNT avait alors remercié ironiquement le ministre Carignon (condamné depuis pour corruption) pour la publicité gratuite qu'il avait accordée à sa chaîne, passionnante au demeurant. La loi Toubon, qui n'a pu être appliquée complètement, désirait limiter l'emploi abusif de mots anglais dans la langue française : ainsi on ne peut plus dire dans la presse écrite "Merchandising" mais "marchandisage". De même, on demande aux radios libres de limiter la diffusion de chansons anglosaxonnes pour protéger la production locale.

Toutes ces décisions, souvent attaquées aux États-Unis ou en Angleterre, ne peuvent avoir d'impact que si l'opinion publique est préparée à "résister" et qu'elle se sent concernée par un débat d'idées qui n'intéresse pour l'instant que quelques technocrates, une poignée de chanteurs et de cinéastes médiocres, et quelques intellectuels effrayés par l'efficacité de la machine américaine. Pour reprendre l'exemple d'Euro-Disney, son succès récent et impressionnant montre que l'opinion s'américanise peu à peu en France comme ailleurs, malgré des difficultés financières du parc dont les médias avaient beaucoup parlé auparavant,etl'hostilité des milieux culturels.

Oligarchie , et democratie

Le problème de la domination culturelle anglo-saxonne dépasse évidemment le simple cadre français qui, comme me le confiait Jean-Jacques Annaud, n'a pas beaucoup évolué depuis Louis XIV :

une culture élitiste, financée par le pauvre contribuable pour un monarque et sa cour, et qui n'a de comptes à rendre qu'à une critique achetée (la presse aussi est subventionnée en France).

La domination de la culture anglo-américaine reflète en fait la domination de la culture démocratique libérale décrite par Tocqueville dès 1839. Aller contre la domination de l'anglais, marotte d'ailleurs spécifiquement française, comme si la France se sentait le pays visé par excellence, c'est aller contre la démocratie telle qu'elle fonctionne aujourd'hui et la bonne marche du progrès. C'est le grand Voltaire qui demandait déjà aux Français d'imiter le modèle anglais.

Le refuser, c'est basculer dans un intégrisme rouge ou brun qui n'en finit pas d'empoisonner notre vie politique... et de justifier l'existence de mauvais films.

* auteur du « Coq hérétique, autopsie de l'exception française » (éditeur Les Belles Lettres)

Le libéralisme, n'est pas le grand méchant loup !

Le protectionnisme revient.

Sans doute cinquante ans (et plus) d'Etat-providence ont rendu frileux beaucoup de nos concitoyens.

Les opinions sont libres et les erreurs sont permises. Comme le rappelait une décision récente de la Cour européenne de justice, « l'expression d'opinions scientifiques minoritaires est un droit fondamental » (arrêt Hertel). , Encore conviendra it-il que ces opinions, estimables, ne soient pas basées sur des contre-vérités manifestes!

l -Nous serions "envahis par les produits bon marché fabriqués par les pays à bas salaires" En effet, nos hypermarchés sont remplis de produits importés. Nos petits commerces aussi,d'ailleurs...

Pour un peu il leur serait fait reproche de vendre bon marché- Mais c'est leurs clients qui en décident. Le sort d'un commerçant où tout serait deux fois plus cher qu'ailleurs serait vite scellé ! Et rien n'empêche des magasins de luxe, ne vendant que du made in France, de s'installer, et même de prospérer. Et il yen a !

Mais peut-on dire que nous sommes envahis par les marchandises de pays auxquels nous vendons davantage que nous leur achetons?

Car nous vendons davantage aux pays pauvres que nous leur achetons.

C'est avec les pays plus riches que nous, comme les États-Unis, que notre balance commerciale est déficitaire. Avec les autres elle est globalement excédentaire.

C'est d'ailleurs normal : la phase du décollage économique se caractérise toujours par un excès des importations sur les exportations, et c'est dans cette phase que se trouvent présentement les pays en voie de développement.

En toute logique protectionniste ce sont les pays pauvres qui devraient se protéger de nos produits, et non pas l'inverse!

2."La mondialisation risque d'engloutir notre civilisation et notre pays". On a plutôt vu que c'étaient les civilisations refermées sur elles mêmes qui avaient tendance à être anéanties...

Et on a vu par contre que des pays très ouverts au commerce mondial, de ce fait très prospères, savaient conserver leurs traditions et demeurer très unis. On pense immédiatement à la Suisse.

3. "La mondialisation pousse à la faillite de nombreuses entreprises françaises" C'est vrai. La mondialisation est un accélérateur. Sur le plan général ce qui compte c'est que les entreprises crées et les emplois nouveaux soient plus nombreux que celles et ceux qui disparaissent,ce qui est le cas depuis dix ans aux États-Unis, largement, et dans une moindre mesure également en France.

La mondialisation pousse l'ensemble du corps social vers la prospérité, parle biais de l'innovation !

4. " La mondialisation nous oblige à acheter des produits dont nous ne voulons pas!" Cela supposerait qu'elle mène à l'uniformité alors que c'est l'inverse.

Nul n'est obligé d'aller au McDo!

Qui peut nier que même en matière alimentaire la diversité des produits qui nous sont proposés s'est plutôt accrue que l'inverse. Nos spécialités ont même souvent trouvé une nouvelle jeunesse en accédant au marché mondial.

La vache folle n'est pas un bon exemple: libre à vous d'acheter de la viande à origine contrôlée.

Le protectionnisme n'a pourlui qu'un seul argument:il profite,dans l'immédiat,à ceux pourlesquelsil est mis en place-Et ce ne sont jamais les consommateurs !.

La démocratie ou la nuit du 4 août

Tribune libre de Philippe Quennouëlle, président de l'Union pour la liberté

Au moment où les frontières sont grandes ouvertes et où la compétition mondiale bat son plein, une majorité parlementaire composite, qui vit des pauvres, prétend lutter contre l'exclusion grandissante tout en la favorisant par ses votes. Même les communistes qui, au pouvoir pendant 70 ans ont ruiné un grand nombre de pays après avoir massacré des millions de gens, veulent nous donner des leçons. On croit rêver. C'est la quête aux électeurs.Tous les moyens sont bons. La majorité dite plurielle impose des mesures comme les 35 heures ou le PACS. La démagogie est reine et on se défausse sur Bruxelles quand il s'agit des vrais problèmes qui intéressent les Français.

Les partis traditionnels ont trahi leurs électeurs à gauche comme à droite. Quelques hommes politiques écoeurés, ont pris le large. Charles Million a rassemblé 9 000 personnes à la porte de Versailles et son mouvement compte 30 000 adhérents. Charles Pasqua et Philippe de Villiers disent avoir déjà 15 000 adherents. Les interventions de Madelin invitent à l'initiative et visent à soutenir les entrepreneurs créateurs d'emplois-Pourquoi ne s'unissent-ils pas autour d'un vrai programme de droite ?

Une sécurité retrouvée partout, la réforme d'une éducation nationale en faillite, un contrôle sérieux de l'immigration, la liberté d'entreprendre, la maîtrise des dépenses publiques, le soutien des vraies familles qui assurent l'avenirdu pays, les retraites de demain.Voilà ce qui nous intéresse tous.

Trois propositions

Le pouvoir aujourd'hui est colonisé à l'Élysée comme à Matignon par des hauts fonctionnaires issus de l'ENA.Comme le disent lesAméricains à notre ami Bernard Zimmern, la France n'est plus une démocratie, mais une oligarchie. Celle-ci est confortée par des médias avides de subventions,les quels nous assénent tous les jours du politiquement correct.Devant cette situation consternante,que pouvons-nous faire pour en sortir?

- Un septennat non renouvelable ne permettrait-il pas au Président de la République, délivré des soucis électoraux, de se consacrer à des réformes dans l'intérêt de la nation, même si ces réformes ne sont pas populaires pour le moment?

- Ne faudrait-il pas modifier les statuts de l'École Nationale d'Administration qui permettent à ses élèves de retrouver un poste dans la fonction publique quand ils ont échoué en politique ou dans le privé, ce qui est tout à fait contraire au fameux principe d'égalité ?

- Pourquoi ne pas examiner et revoir la liste des subventions et des aides de l'État qui nous coûtent cher en impôts et dont l'utilité reste à démontrer ?

Dans l'atmosphère de désespérance qui est la nôtre,voilà trois propositions qui méritent d'être approfondies.

Pourquoi ne pas les examiner dès maintenant?

Cela nous éviterait peut-étre une nouvel le nuit du 4 août. .

L'Europe ottamane aura quand même du mal à passer !

La semaine dernière, au sommet européen des chefs d'États d'Helsinki des 10 et 11 décembre, Jacques Chirac a vigoureusement plaidé pour que la Turquie soit admise à faire acte de candidature à l'Union européenne. Certes, l'événement, s'il a lieu, n'est pas pour tout de suite. Six pays - la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, l'Estonie la Slovénie et Chypre sont au premier rang des impatients. La Turquie ne ferait partie que du second peloton, avec la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Roumanie, la Slovaquie.

Chaque année, les chefs d'État européens se proposent de faire le point de l'avancement « des efforts d'adaptation ». Et s'agissant de la Turquie, il a été clairement indiqué que ces efforts devaient être au moins autant politiques qu'économiques et financiers.

Aucun observateur ne s'y est trompé : c'était un deal ! En échange de ce statut de candidat retenu, la Turquie s'est engagée à abolir la peine de mort et ainsi à gracier le leader nationaliste kurde Ocalan.

C'est une nouvelle application de la politique dite des droits de l'homme, dont la panoplie comporte tantôt des sanctions, tantôt des bombes, tantôt des carottes (ou de simples communiqués, quand il s'agit de la Tchétchénie)...

Si rien n'est jamais sûr, nul ne peut exclure que le processus engagé avec la Turquie n'arrive un jour à terme. En acceptant des pays n'appartenant pas à l'Europe, ni historiquement, ni géographiquement, ni culturellement (pour ne pas avancer d'autres critères politiquement incorrects), les chefs d'États européens ont pris un grand risque.

On voit tous de suite les conséquences économiques et sociales d'une telle perspective. Surtout que ce qui vaut pour la Turquie vaudrait rapidement pour tout le Maghreb. Ce serait un tournant majeur dans la construction européenne.

Tournant anti-démocratique

Je ne veux considérer pour l'instant qu'un seul aspect de cette affaire : son aspect totalement antidémocratique. Car personne ne doute que l'admission de la Turquie au sein de l'U.E. n'a aucune chance avant longtemps de se faire avec l'accord des opinions publiques. Même les parlementaires socialistes y sont hostiles en majorité ! Si les chefs d'État européens persistent, ils devront donc s'engager dans une phase de construction de l'Union non plus avec les peuples (quand même consultés sur Maastricht), mais Jean-Bernard Raimond, député RPR, rapporteur de la délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne, remarquait que les gouvernements français successifs, de droite comme de gauche, avaient toujours été favorables à l'intégration européenne de la Turquie, tandis que le Parlement y avait toujours été hostile.

Europe, Immigration : c'est un tout !

On peut en dire autant de l'immigration, sur laquelle aucun gouvernement n'a jamais consulté les Français.

Avec son énième plan pour la ville, le gouvernement fixe désormais un objectif uniforme d'au moins 15 % de logements sociaux, dont la plupart ont vocation, d'une façon ou d'une autre, à accueillir les nouveaux immigrés. Le ministre de la ville à promis de punir les municipalités qui résistent à cette cohabitation, dont leurs administrès, le plus souvent, ne veulent évidemment pas.

Europe, immigration. Le consensus totalitaire est parfait. Il dépasse la fausse droite comme la gauche socialiste. Il est imposé par des lobbies, dont on peut au moins affirmer qu'ils sont tout sauf démocratique. .

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