Sommaire des 4verites N°246

Chirac et Jospin exaltent L'Etat défaillant !

Ouvertement rivaux pour les prochaines échéances politiques majeures, Lionel Jospin et Jacques Chirac continuent à se placer sur le terrain de la magnification de l'Etat-providence. La tempête exceptionnelle qui a ravagé le paysage français enfin d'année-sans doute la plus forte depuis au moins trois siécles-aurait dû, au moins, les ramener à plus de modestie verbale...

Sans doute, les élèments déchaînés échappaient-ils à leur autorité hiérarchique.

Mais les installations d'EDF, entreprise nationale-phare, en particulier ses pylônes à haute tension,ont plutôt montré une moindre résistance aux vents de plus de 180 kilomètres heure que beaucoup d'équipements privès, la Tour montparnasse ou même les roues installées provisoirement sur les champs-Élysées...

Sur le coup, une fois de plus, les autorités ontsystématiquement sous-estiméles dégâts-Après coup,la mobilisation des moyens disponibles s'est faite insuffisamment, trop lentement, et dans le désordre-La plupart des groupes électrogènes dont l'Armée française dispose sont restés dans les casernes. Dix jours après la catastrophe, plusieurs dizaines de milliers de foyers demeurent privés d'électricité, de téléphone, parfois d'eau. La SNCF n'a pas su rétablir la totalité de ses liaisons. L'Éducation Nationale n'a pas été en mesure d'assurer partout la rentrée scolaire de janvier...

Pareil pour la marée noire. Après avoir sous-estimé l'événement,le gouvernement a été même incapable d'acheminer le matériel le plus élémentaire : pelles, seaux, bennes...

Les seuls acteurs dynamiques de l'économie française sont ses entrepreneurs, et en particulier les plus modestes, principaux créateurs de richesses concrètes On exalte l'esprit de sacrifice des agents du service public (dont quelques milliers étaient mobilisés le soir du réveillon, mais qui refusent, à Paris, de faire fonctionner le métro le soir du 31 décembre.. .), et pendant ce temps-là on continue à matraquer fiscalement et socialement les entrepreneurs.

Les politiciens au pouvoir s'engagent à aller toujours plus loin dans la voie démagogique de la solidarité - donc de la redistribution, donc du fiscalisme

- tout en laissant s'accroitre l'inégalité majeure : celle qui sépare le secteur protégé,avec ses alliés prisonniers que sontles« démunis » assistés, et d'autre part les actifs, corvéables et imposables à merci-À cet égard,l'absence de réforme engagéesurleterrain du financement des retraites, celles du secteur public en particulier, revient à faire porter,de façon irresponsable, sur les générations futures, le fardeau d'une part croissante d'inactifs- Et encore une fois surles actifs du secteur privé,pas sur ceux qui vivent de l'argent public!

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La responsabilité du "pollueur payeur"

Après l'échouage du pétrolier Erika, transportant pour le compte de Total-Fina une cargaison de 30 000 tonnes de pétrole lourd, et la catastrophe écologique qui en est résultée, Chirac et Jospin se disent favorables à l'application du principe «pollueur-payeur" de même s'agissant des rejets dans l'atmosphère des oxydes issus de la combution imparfaite de la houille et du pétrole, qui provoquent « l'effet de serre », et sans que l'on sache les conséquences exactes du phénomène, un consensus international s'est manifesté à plusieurs reprises, à l'occasion de grandes conférences mondiales, sur ce principe du « pollueur-payeur ». Mais toute la difficulté réside dans sa mise en oeuvre effective...

Selon les principes les plus classiques, validés par l'expérience, tout individu est responsable de ses actes. Tout dommage doit entraîner réparation. Et cela vaut aussi bien pour les personnes physiques que pour les personnes morales, Encore faut-il que la faute soit prouvée,,, Î Face à la difficulté de prouver la faute personnelle le droit civil de la responsabilité a été amené à développer la notion de « responsabilité sans faute », parallèlement au développement de la mutualisation des risques. C'est ainsi que les accidents de voitures sont presque toujours déclarés « aux tons partagés ».

En matière de pollution, la mutualisation des risques réduit beaucoup, sans la faire disparaître, la responsabilité réelle des compagnies pétrolières et les risques financiers qu'elles encourent. Dans l'affaire de l'Erika, c'est la médiatisation et la politisation de la marée noire qui a obligé Total à assumer des responsabilités, extra-contractuelles.

À l'avenir rien, n'empêcherait que la responsabilité du propriétaire de la cargaison soit systématiquement mise en cause. Elle peut l'être d'ors et déjà, mais seulement en cas de négligence avérée. Mais mutualisée, par d'indispensables polices d'assurance, cette responsabilité perd de sa valeur...

Finalement, comme pour les gaz à effet de serre, c'est sans doute la pression de l'opinion publique qui saura le plus sûrement responsabiliser les industriels.

Les économistes réfléchissent depuis longtemps à ce qu'ils appellent les coûts « externes » ou « sociaux » : qui ne peuvent être affectés à tel ou tel agent économique. La pollution en est l'exemple le plus évident.

Toutes sortes de progrès techniques permettent chaque jour de mieux mesurer et individualiser chacune de ses manifestations. Il est donc possible de faire payer.

Mais l'indemnisation ne suffit pas toujours à la réparation. La nature, comme l'être humain, n'est pas toujours réparable...

C'est pourquoi une autorité collective, celle de l'État ou d'un organisme corporatiste, demeure presque toujours indispensable.

Les marchés économiques ne peuvent pas s'auto-réguler complètement, même s'ils le font de mieux en mieux, et toujours plus efficacement que la seule puissance publique.

Des règles et des normes sont indispensables. Strictes. Draconniennes. Plus simples et moins nombreuses elles sont, et plus efficaces elles seront.

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Le modèle américain est à notre disposition gratuitement !

Le réalisme et la lucidité commandent de parler désormais non plus seulement de mondialisation ou de globalisation mais tout simplement d'américanisation du monde!

En économie, les chiffres parlent d'eux-mêmes, que ce soient ceux du produit national,du revenu par téte ou de la capitalisation boursière.

Ce qui caractérise l'économie américaine c'est le dynamisme dans la durée. D'où les records de créations d'emplois accumulés depuis dixans de croissance ininterrompue.

Cette économie est tirée par le progrès technique et la création de nouvelles entreprises qui en résulte presque immédiatement. lntemet, par exemple, est deux à trois fois plus utilisé aux États-unis qu'en moyenne en Europe...

Cette supériorité économique va de pairavec une domination culturelle,particulièrement évidente en matière de cinéma. Hollywood vole de record en record : 48 milliards de dollars de recettes mondiales en 1999 (dont 17 % pour Walt Disney) pour les films américains, soit 9% de mieux que l'année précédente ! Huitième année successive de progression...

Comment, dans ce contexte, l'Amérique pourrait-elle se soustraire à ses responsabilités de gendarme du monde? C'est ce qu'elle est et ce qu'elle montre d'ailleurs tous les jours, aussi bien sur le terrain des interventions militaires que de la diplomatie : avant hier en lrak, hier au Kosovo, aujourd'hui au Moyen Orient, demain ailleurs...

Le droit et la liberté individuelle fondent la prospérité

Cette situation n'est pas nouvelle, mais elle s'est plutôt accentuée depuis dix ans : avec l'effondrement de l'URSS et avec l'excellence des résultats économiques enregistrés depuis dix ans.

Sur la période 1950-1980, l'Europe rattrapait du terrain. Depuis dix où quinze ans elle en reperd...

On peut évidemment se réjouir ou s'attrister de cette situation, qui n'est rien d'autre qu'un constat.

L'objectivité oblige à dire d'abord que nous Français et Européens, tirons beaucoup profit de la croissance économique américaine. Sans elle notre situation serait moins bonne. Sans eux la « nouvelle économie », avec Internet, ne serait même pas imaginable.

Ensuite, les recettes de la bonne gouvemance américaine sont toutes disponibles, libres de tout droit de reproduction. Car ce n'est ni la taille de l'Amérique, ni ses atouts naturels qui expliquent principalement sa réussite, ce sont les règles qui président là-bas au fonctionnement de la société civile et de la société politique. C'est-àdire, au sens large du terme, sa Constitution.

C'est parce que l'Amérique est vraiment un pays de liberté que les plus entreprenants de ses citoyens peuvent y réussir, pour le plus grand profit de la société tout entière.

L'envie, qu'elle soit personnelle ou collective, n'est pas bonne conseillère. Et la prospérité conforte plutôt la liberté qu'elle ne la brime. Il n'y a pas d'exception culturelle qui puisse être durable si elle ne s'appuie pas sur une base économique solide. La culture subventionnée ne fera jamais la conquête du monde !

Américanisons-nous donc pour réussir et nous enrichir, et restons Français, Européens, autant qu'il nous plaira, pour mieux jouir de nos nouveaux moyens !

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L'évolution de la France en 25 ans

Par Gilbert Capy, ingénieur-conseil, Jarnioux-69

Depuis 1973 jusqu'à 1998, soit pendant 25 ans, nous avons vu se dégrader la situation de la société civile :

- En 1973, il n'y avait pas de chômage significatif.

- En 1980, il y avait 1500000 chômeurs et pratiquement pas de pauvreté, un budget sensiblement équilibré et un État peu endetté.

- En 1998, il y a 3000000 de chômeurs et, dit-on, 4 000 000 d'exclus dont plus d'un million de bénéficiaires du RMI, un État endetté à hauteur de 4000 milliards de francs (soit 320 000 F de dettes qui pèsent sur chaque famille moyenne de 4 personnes).

Pourtant, depuis 1973, la consommation mondiale a doublé.

Question : à qui profitent l'accroissement de la richesse nationale et l'accroissement de la dette de l'État?

Nous constatons qu'aujourd'hui, nous avons un pays à trois vitesses :

- Une population protégée par des statuts qui garantissent un revenu à vie, dont le pouvoir d'achat progresse régulièrement et qui est devenu pléthorique 11 % de la population de la France ou 1 actif sur 3).

- Une population exposée, dont le nombre diminue, soumise aux lois du marché, dont l'emploi est de plus en plus précaire, la retraite menacée, qui finance la population protégée ainsi que la population assistée.

- Une population assistée, qui n'a pas de travail et une population exclue qui survit sans revenus en dehors de toute organisation sociale dont de plus en plus de jeunes.

Cet état de fait est la consé

quence de l'exploitation méthodique d'un cercle vicieux qui est entretenu pour asseoir le pouvoir en place et dont voici un aperçu :

- Plus l'État gaspille d'argent dans des projets hasardeux, prélève d'impôts et crée de nouvelles charges, tout en clamant haut et fort que c'est pour plus d'égalité, pour lutter contre la misère et le chômage, plus il affaiblit la population exposée.

- Les plus faibles de la population exposée perdent leur travail, deviennent des assistés puis des exclus.

- De peur de perdre leur maigre revenu que l'État leur donne, la population assistée a tendance à soutenir le pouvoir qui prétend être de leur côté.

Et puisque la population protégée et la population assistée augmentent, il faut prélever plus d'impôts pour les rémunérer et les assister et ainsi avoir plus d'électeurs; le résultat recherché est atteint;cela dure depuis 20 ans avec la même efficacité.

Question : ce cercle vicieux est-il le résultat d'effets pervers imprévisibles? Ou bien a-t-il été créé volontairement par des hommes politiques qui savent ce qu'ils font, en appauvrissant la population pour l'asservir et s'assurer le pouvoir à long terme ?

Nous constatons aujourd'hui :

- Que la représentation nationale est composée essentiellement d'élus provenant de la population protégée (le statut de l'élu ayant été adapté pour favoriser cet état de fait : en cas de non réélection, il retrouve son emploi avec le grade et le salaire qu'il aurait eu s'il était resté).

- Que les partis politiques traditionnels sont financés par l'État, et sont donc sous son contrôle; ils n'ont plus besoin d'adhérents tout en gardant vis-à-vis du pouvoir une représentativité nationale.

- Que les dirigeants des divers partis politiques existants sont devenus des professionnels de la politique et qu'ils entendent le rester.

- Que ces dirigeants et l'État ont défini, entre eux un cadre du « politiquement correct », qu'ils se chargent de faire respecter par la menace, l'exclusion et la violence,au nom de la « République et de la citoyenneté », afin de bloquer notamment l'émergence de tout mouvement d'action politique susceptible de leur faire ombrage.

Dernière question : la France est-elle encore une République démocratique?

Voilà, en termes édulcorés, les constatations d'un électeur au sujet de l'état de la France.

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Combien de morts faudra-t-il encore ?

Au cours des six derniers mois, trois jeunes femmes ont été sauvagement assassinées en France, selon toute vraisemblance par le même homme, À l'heure où j'écris ces lignes, cet homme court toujours. Nul ne peut dire si la police a classé celui-ci dans la catégorie de ceux que l'on peut considérer réellement dangereux et qu'il faut mettre immédiatement hors d'état de nuire, ou si elle l'a placé plutôt dans celle de ceux qui sont susceptibles de bénéficier d'une certaine forme de mansuétude. Dans le premier cas, il subira le sort de Maurice Papon, le célèbre sadique multirécidiviste, dans le second cas celui d'Ivan Colonna, le non moins célèbre brave berger corse.

Ce que l'on peut dire par contre est que l'homme en question, Sid Ahmed Rezala, a déjà été poursuivi pour viols avec violence et pour agressions à l'arme blanche. Lors de chaque arrestation antécédente, le scénario suivi par la justice a été calqué sur une ligne directrice que l'on connaît bien. Jugement, circonstances atténuantes obtenues par l'invocation d'un dérangement mental ou d'un moment de folie, court séjour en prison, passage par une institution spécialisée, et avis favorable d'un psychiatre déclarant le condamné guéri et susceptible d'être remis en liberté.

Le discours qui sous-tend cette ligne directrice est lui-même bien connu : tout criminel est un peu victime de la société oppressive dans laquelle il vit et doit se voir accorder une chance de réhabilitation; même le plus sauvage assassin a en lui des blessures secrètes qu'il nous faut soigner et pardonner si nous ne voulons pas revenir à la barbarie. Ce discours, né du côté de la gauche la plus extrême s'est au cours des vingt dernières années disséminé en ce pays à un tel degré qu'il ne se trouve presque plus personne pour oser le contredire.

C'est notre tâche de réaffirmer ici haut et fort que ce discours est porteur d'un mépris fondamental pour l'être humain puisqu'il nie au criminel sa qualité d'homme en lui niant la responsabilité de ses actes et la nécessité d'assumer cette responsabilité et puisqu'il nie en même temps le caractère absolument intolérable de la suppression d'une vie humaine, celle de la victime. C'est notre tâche aussi d'ajouter qu'une société dans laquelle on nie à certains hommes leur qualité d'hommes et dans laquelle ce qui de tous temps a été considéré comme intolérable devient tolérable est une société profondément malade et qui court à sa perte.

Que nul ne semble voir la maladie grave dont souffre la société française est une preuve supplémentaire de la gravité de cette maladie. J'avais titré voici quelques mois un article publié dans ces colonnes « Nous sommes tous des assassins ». Il me faut hélas redire ici que depuis cet article rien n'a bougé. Nous sommes encore et toujours tous des assassins.

Combien de morts violentés faudra-t-il encore, combien de décisions abjectes de psychiatres criminogènes et de juges dévoyés devrons-nous subir avant que nous ne nous levions pour crier avec une juste colère que cela sufft et qu'il

serait temps enfin que la France devienne un état de Droit où la tâche des détenteurs d'autorités serait de mettre les criminels hors d'état de nuire de façon à ce que les honnêtes gens puissent vivre leurs vies libres et dignes.

En écrivant ces lignes je ne peux m'empêcher de penser à un petit garçon de cinq ans qui s'est endormi sur la couchette d'un train et qui en se réveillant a dû apprendre que sa maman avait été poignardée pour rien, à quelques mètres de lui, par un gentil monsieur que la justice de son pays, « le pays des droits de l'homme », avait relâché sept mois plus tôt.

Arrive-t-il à ceux qui ont pris la décision de relâcher le gentil monsieur de penser, eux aussi, à ce petit garcon ?...

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La cohabitation Chirac-Jospin serait impossible sans leur consensus sur L'Etat-providence !

Ce qui, sur le plan politique, aura marqué l'année 1999 sera moins les réformes engagées que celles qui ne l'ont pas été. Non pas que les premières ne soient pas importantes et sans doute catastrophiques, telles les 35 heures et la CMU. Mais les secondes - qui s'appellent réforme de l'État, financement des retraites, assainissement durable des finances publiques étaient autrement indispensables.

On peut d'ailleurs remarquer que les effets des réformes engagées s'ajouteront à ceux de celles qui ne l'ont pas été : d'ici peu l'effet des 35 heures s'additionnera avec celui de la non-réforme du système des retraites, en particulier l'absence des fonds depension, pour affaiblir fortement les capacités concurrentielles de notre économie, au moment précis où tous nos concurrents étrangers - y compris les Allemands - continuent à réformer la leur pour alléger le fardeau qui pèse sur les entreprises et les entrepreneurs.

En résumé, chez nous, l'Etat providence est toujours en place et on le renforce autant qu'il est possible, alors que partout ailleurs on le démonte, sans doute lentement, mais sûrement.

La question politique majeure, pour l'avenir du pays, nos enfants et nos petits enfants, est alors de savoir si le maintien de cet État Providence nous garantit des lendemains qui chantent ou qui déchantent.

Dans un monde ouvert, où chacun bientôt communiquera par Internet, un tel constat nous indique que nous courrons tout droit à la faillite.

Bientôt dix ans de cohabitation...

Certains beaux esprits (souverainistes ?) pourraient peut-être prétendre faire survivre l'Etat-providence de type français, que personne nous envie, dans un monde cloisonné, où chaque pays serait replié sur lui-même à l'intérieur de ses frontières Mais ce n'est pas le cas. C'est même l'inverse. Dans le monde tel qu'il est le maintien de l'Etat-providence aboutit en effet à l'émigration des plus chanceux, qui sont censés être les contribuables-payeurs, et à une immigration des plus malchanceux, qui sont censés être les bénéficiaires ou les assistés-démunis du système.

Et c'est exactement ce qui se passe : dans le même temps, nos jeunes bien formés s'en vont tenter leur chance à Londres ou ailleurs, tandis que les plus pauvres des Africains du nord et du centre viennent chez nous, où ils sont accueillis par des associations subventionnées, logés dans des immeubles sociaux où ne veulent plus habiter nos nationaux, pris en charge par le RMI, la CMU et toutes sortes de gùichets et d'organismes sociaux. Les deux flux sont d'ailleurs, sans doute, dans des proportions comparables : de l'ordre de 200000 personnes par an, dans chaque sens ! En bons démographes politiquement corrects, nos énarques (Stasi, Juppé...) ne considère que l'arithmétique des flux. Dans les pays anglo-saxons, moins hypocrites, où l'on pratique sans vergogne les quotas, on s'attache plutôt à l'aspect qualitatif de ces flux. On conçoit en tout cas qu'un pays comme le nôtre qui fait l'objet en même temps de cette saignée et de ce gavage se prépare des lendemains difficiles. Il a fallu 73000 hommes en uniforme pour maintenir l'ordre le 31 décembre à Paris intra-muros (mais moins bien en banlieue). Combien en faudra-t-il la prochaine fois ?

"Il faut sauver l'Etat-providence !" Voila le consensus funeste qui nous mène à la ruine. C'est d'ailleurs lui, au fond, qui explique la cohabitation, laquelle se traduit par la paralysie des institutions. Mais est-ce si grave quand la priorité est de défendre le statut quo?

En 1986 Jacques Chirac était allé à Matignon en disant autour de lui que la cohabitation ne durerait pas trois mois. Nous en serons bientôt à dix années, réparties sur trois périodes.

Cette situation mortifère serait impossible sans le consensus qui préside au déclin de notre collectivité, bien plus sûrement que tous les mondialismes !

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