Sommaire des 4vérités N°249 du samedi 29 janvier 2000

 

Baisse des impôts: un trompe l'oeil cynique !

Lionel Jospin a parfaitement programmé sa démarche politique présidentielle : entre 1997 et 2000 il aura augmenté les impôts de 516 milliards de F, et, entre 2001 et 2003, il se propose de les baisser de 120 milliards... (voir nos calculs page 2). Et encore ne s'agit-il que des impôts de l'État...

Quand un gouvernement voudra être crédible sur ce terrain il devra prendre des décisions indiscutables : diminuer le nombre des fonctionnaires ou geler les dépenses publiques. Mais prétendre baisser les prélèvements tout en recrutant toujours plus de fonctionnaires, tout en augmentant les crédits de paiement, relèvera toujours du grand écart dialectique!

Car ce que nos dirigeants appellent "baisse des impôts", dans leur jargon, n'a jamais qu'une valeur relative : ce qui baisse en vérité ce ne sont pas les prélèvements, mais le rapport entre ceux ci et le produit intérieur brut.

Quand ce dernier augmente de 3 % par an, il suffirait donc que les premiers augmentent un peu moins vite pour que les politiciens parlent de baisse! Mais en fait, ils augmentent quand même... ' Ce n'est pas en termes relatifs' mais en termes absolus qu'au XXle siècle il convient de réduire la part de la sphère publique. C'est évident : ce devrait être la conséquence logique de son désengagement de la sphère économique.

Et de son nécessaire recentrage sur ses missions essentielles. À l'ère de l'économie Intemet, l'État doit maigrir, aussi bien en valeur relative qu'en valeur absolue!

C'estd'ailleurs ce quefonttous nos concurrents. Et c'est parce que la France n'a pas encore commencé à suivre ce chemin qu'elle régresse chaque année en termes de compétitivité internationale.

Après avoir acheté les voix des fonctionnaires, chouchoutés, des jeunes sans emploi, recrutés pour ne rien faire, des Rmistes, non insérés, et des nouveaux pauvres, éligibles avec la CMU à des soins de santé de première classe, les socialistes s'efforcent maintenant de berner les classes moyennes, en leur jouant l'air sucré de la diminution des impôts directs. Avec un culot d'acier, comme leur cynisme.

Mais Alain Juppé avait la même stratégie. Espérons donc qu'elle leur réussira tout autant...

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Marcel Boiteux, ancien président d'EDF: "les monopoles sont dangereux, mais quelques fois utiles"

Compte rendu d'Alain Dumait

Jeudi dernier 20 janvier, Marcel Boiteux était donc l'invité du Carrefour indépendant et libéral, animé par Yves-Marie Laulan. Le thème retenu, "Le service public à la française", devait vite tourner à la défense et à l'illustration d'EDF, dont l'orateur, plein d'humour, après une carrière d'ingénieur et d'économiste, a été tour à tour, dans la dernière partie de sa carrière, directeur général puis président, et dont il garde une légitime fierté.

"Le problème du fonctionnement du service public à la française, c'est l'État, actionnaire malhonnête, inconstant, épouvantable. Qui parachute à la tête des entreprises des personnes qui ne sont pas faites pour ça". Telle est la position centrale de M. Boiteux, qui considère que le monopole public, qui se justifie dans certains cas (plus maintenant pour les Telecom, mais toujours pour l'électricité), quand il est "naturel", est la simple conséquence du choix des pouvoirs publics de pratiquer une redistribution tarifaire, laquelle va d'ailleurs si loin, qu'elle s'applique non seulement à la Bretagne et aux zones de montagne, mais aussi à l'ensemble des départements d'outre mer!

Sur la nomination des présidents de l'entreprise publique, depuis plusieurs années, Marcel Boiteux déplore surtout la valse des personnalités-La France est en effet l'un des derniers pays,avec les républiques bananières, où le monarque distribue les présidences de sociétés publiques, comme des apanages à ses bons serviteurs... Cela n'avait aucune importance du temps où le patron était le directeur général, quand le président était là pour protéger le directeur général contre "la politique". On pouvait alors parachuter n'importe qui ayant un peu de bon sens. Mais, notamment avec Edmond Alphandéry, le président a voulu commander, et ce fut une catastrophe pour l'entreprise...

Son propos est émaillé de confidences et même de révélations. Ainsi apprend-on que depuis dix ans, EDF souhaite baisser ses tarifs aux particuliers, mais que l'État le lui refuse, afin de pouvoir puiser plus largement dans la caisse de l'entreprise publique, ou lui faire financer des charges indues!

S'agissant des relations sociales dans l'entreprise, l'existence d'un personnel à statut - lequel est hérité des entreprises privées d'avant guerre, lesquelles avaient copié... le statut des personnels de la ville de Paris! - complique évidemment les choses.

Heureusement que le coût de la main-d'oeuvre est peu de chose dans le compte d'exploitation et la structure du coût de l'électricité...

« La CGT était contre moi, mais pour l'entreprise ! précise-t-il ».

Sur le fonctionnement du CCAS, comité central d'entreprise d'EDF, il rapporte l'anecdote suivante, qui en tout cas se racontait : « si on était cégétiste, quand on demandait à bénéficier d'un séjour à la montagne, on avait les Alpes, si on était FO, on avait les Pyrénées et si on était CFDT, on avait le Massif central ! » À noter : Marcel Boiteux, 77 ans, toujours président de la Fondation EDF pour le mécénat, raisonnable, se promet d'abandonner la pratique du ski à compter de son 80e anniversaire!

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Un éléctricien et un pétrolier dans la tempête

Bernard Trémeau

J'ai fait cette nuit un rêve politiquement incorrect. Le vent de la dernière tempête a dû tout brouiller dans mon esprit. La tempête avait soufflé très fort. Un bateau transportant du pétrole avait été cassé en deux et des milliers de poteaux avaient été abattus. Mais, dans mon rêve, l'électricien était une entreprise privée uniquement menée par le profit, et le pétrolier une entreprise nationalisée uniquement au service public.

Plus d'électricité, c'est la mort quasi certaine pour de nombreux hommes. Dans les cliniques privées, des couveuses et des respirateurs artificiels s'arrêtent et les groupes de secours mal entretenus ne fonctionnent pas. Dans les rues, les feux rouges ont perdu leurs couleurs et les voitures entrent en collision. Dans les réfrigérateurs, la chaîne du froid est interrompue et les listérias tuent sans vergogne.

Enfin, plusieurs Français, brutalement privés de leur dose quotidienne de télévision, ont mis fin à leurs jours. Le témoignage de leur entourage est particulièrement émouvant.

l'État protecteur a immédiatement trouvé un coupable et le responsable des lignes électriques a été arrêté. Il a finalement été relâché après 48 heures d'interrogatoire. Le contrôle du bon état des lignes ayant été confié à des entreprises étrangères est peu crédible.

Il semble que les constructeurs ont volontairement fait des économies sur la solidité des poteaux électriques. Enfin, il est normal que des semaines aient été nécessaires pour rétablir le courant : une entreprise privée réduit volontairement au strict minimum le nombre de ses employés pour faire des profits.

Une information judiciaire est donc en cours. La soif immodérée de profit a, en effet, poussé les responsables à commettre des actes délictueux.

Et si Total-Fina avait été une entreprise pavée ?

Du pétrole sur la mer, ce n'est que la mort possible pour quelques milliers d'oiseaux. Mais, tout a immédiatement été mis en oeuvre pour les empêcher de mourir. Alors que seul le transporteur est responsable du désastre, le pétrolier a généreusement offert des millions. Dans les mois qui viennent, comme pour l'Amoco Cadiz, des bactéries vont se nourrir du pétrole et le faire disparaître.

Quant aux producteurs d'huîtres, les livraisons des fêtes de fin d'années étaient pratiquement terminées et les assurances compenseront le manque à gagner.

Le commandant de l'Erika ayant lutté jusqu'à la dernière minute avec courage, intelligence et énergie a été félicité par lePrésident de la République,immédiatement suivi par le Premier Ministre. La presse reconnaît que grâce à la toute particulière technicité des équipages indiens,le pire a été évité.

Dans l'année qui a précédé l'accident, deux contrôles de l'Erika avaient été effectués, un en Russie et l'autre en Italie. Tout le monde sait que les contrôles effectués par la police russe sont particulièrement minutieux. Pourquoi imaginer que les autres contrôles russes soient moins minutieux?

Toute la réglementation en vigueur ayant été respectée, aucune enquête judiciaire ne sera demandée. L'entreprise nationalisée, au service public, n'est pas responsable. Seule la tempête est responsable.

Après ce rêve, j'ai décidé d'entreprendre une campagne pour supprimer le mot "Liberté" du fronton de nos mairies. Car, c'est évident, la Liberté d'entreprendre est seule responsable de tous nos maux. Heureusement, la contrainte de l'État nous rend tous vertueux.

Soyez très nombreux à me rejoindre.

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Lu pour vous

Scènes de la vie en 2024

Economiste réputé, Christian Saint-Étienne a imaginé ce que pourrait être le premier quart du XXle siècle, non seulement en France mais aussi dans le monde.

Et cela donne une fiction rétroactive, qui nous éclaire magistralement sur les chances et les risques qui nous attendent. Deux événements retiendront l'attention des lecteurs : l'élection de Martine Aubry à la présidence de la République française en 2016, et la disparition, sous la signature de celle-ci, de l'État français en 2023,..

Nous avons choisi, pour rendre compte de cet ouvrage, de reproduire un court passage qui porte sur la globalisation de l'économie: 

Par suite de l'erreur conceptuelle qui avait conduit les élites françaises à confondre le processus économique de globalisation avec une réalité géographique, les divers gouvernements français qui s'étaient succédé au pouvoir entre 1988 et 2018, n'avaient pas compris que ce processus avait pour carburant les fonds propres des entreprises.

Les quelques pays qui avaient remarquablement tiré leur épingle du jeu, face à la globalisation, comme l'Allemagne et l'Italie, étaient ceux qui avaient mis en oeuvre de profondes réformes fiscales favorisant la création de richesses et l'accumulation de fonds propres. À la suite de ces décisions, les entreprises allemandes et italiennes, notamment les puissants secteurs d'en treprises familiales de ces deux pays, s'étaient mis à accumuler des fonds propres comme des écureuils et avaient ensuite massivement racheté des entreprises dans les autres pays. Ces entreprises rachetées et restructurées avaient perdu leurs fonctions nobles de recherche et développement, de finance et d'administration, et de sélection des principaux cadres, toutes fonctions concentrées en Allemagne et en ltalie, ce qui expliquait la fabuleuse prospérité de l'Allemagne du Sud et de l'Italie du Nord qui travaillaient en quasi symbiose.

Principe de réalité

La France est devenue un pays d'exécution des décisions prises ailleurs, que ce soit aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, en ltalie, en Catalogne ou dans la région londonienne. La multiplication des missions françaises d'étude en Allemagne et en ltalie, au cours des années 2000, puis à nouveau au cours des années 2010, n'avait jamais permis de mettre en exergue les réformes fiscales intervenues dans ces pays au début du siècle. La haine exprimée des élites politico-administratives et syndicales françaises envers les entreprises familiales et les réussites individuelles conduisait les experts à toujours attribuer les succès allemands et italiens à tel ou tel programme d'intervention publique, au niveau des Lànder ou des régions italiennes, qu'il fallait immédiatement copier en France, ce qui justifiait chaque fois une nouvelle augmentation de la dépense publique dans notre pays.

Mais, l'impact direct et colossal des réformes fiscales et le recul de l'âge de la retraite, fixé à soixante-sept ans en Allemagne puis en Italie, en 2004, étaient toujours mentionnés rapidement, comme des mesures techniques de peu d'intérêt et qui n'auraient aucun impact en France, compte tenu des différences de structures économiques et sociales.

À la suite de l'erreur conceptuelle qui ne leur avait pas permis de comprendre la nature de la globalisation, les élites françaises avaient commis une erreur politique classique dans ce pays. Face à un phénomène incompris et toujours dénoncé, le grand enjeu n'était pas d'analyser le processus à l'oeuvre, mais de débattre sa vamment pour savoir si l'on était pour ou contre la globalisation. ..

Cette double erreur conceptuelle et politique n'avait donc pas permis à ceux qui gouvernaient la France de comprendre l'importance des fonds de pension, des banques, des compagnies d'assurances et du capital-risque dans la structuration du capitalisme mondial... (pages 48 à 50).

Scène de vie en  2024:   Christian Saint-Etienne
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Un regard sur le siécle écoulé

Quelques mois encore et nous tournerons la page du vingtième siècle. En regardant en arrière et en cherchant quoi retenir, on trouvera deux guerres mondiales, la dissémination du nationalisme et celle du socialisme, tout un assortiment de totalitarismes et de dictateurs idéocrates, Lénine, Hitler, Staline, Mao Tse Tung, Pol Pot, Fidel Castro.

On trouvera aussi l'effacement des empires coloniaux à l'ancienne et la constitution puis le reflux d'un empire colonial différent puisque bâti sous l'égide soviétique et verbalement couvert du dogme marxiste. On trouvera le déclin des puissances européennes et la montée de la puissance américaine.

On verra qu'en entrant dans le prochain siècle, les tendances dessinées au cours des vingt dernières années se renforcent : le nationalisme né au dix-neuvième siècle restera un phénomène du vingtième siècle et ne subsiste plus qu'à l'état de résidu vecteur de nostalgies collectivistes, le socialisme devrait subir le même parcours et la France en ayant encore un parti socialiste fera bientôt figure d'anomalie pitoyable sur la surface de la planète. Les totalitarismes se sont presque tous effondrés et de nouveaux phénomènes totalitaires ont fort peu de chances de voir le jour dans un univers où l'emprise possible d'un État sur les individus ne cesse de s'amenuiser. L'Europe reste, quoi qu'on dise ici ou là, une zone déclinante et le poids des États-Unis sur le cours des choses ne cesse de s'accentuer.

L'anti-américanisme, qui a succédé à l'antisémitisme en tête du hit parade des xénophobies, reflue partout et sera de plus en plus un dogme ringard pour gratte-papier aigri : plutôt que de pratiquer l'envie et le ressentiment qui sont au coeur de l'anti-américanisme, les individus toujours plus nombreux semblent se rallier à l'américanisation du monde qui est en fait essentiellement dissémination de par le monde des valeurs et des pratiques du capitalisme démocratique. Le fait que la France reste le pays où se rencontrent les proclamations les plus bilieuses vis-à-vis des États-unis n'est qu'un signe supplémentaire de la décadence qui la conduit vers les marges de l'histoire humaine.

En regardant en arrière vers le siècle écoulé lorsqu'il s'agira de discerner les hommes dont le poids a été décisif pour le futur du monde, on trouvera un anglais, Winston Churchill, sans qui la Grande Bretagne eut pu glisser vers la capitulation en 1940, ce qui aurait rendu les décennies suivantes fort différentes puisque l'Europe, l'Asie et l'Afrique eussent été aux mains des signataires du pacte germanosoviétique et des puissances de l'Axe. On trouvera un américain, Franklin Roosevelt qui, malgré une politique intérieure douteuse, n'a pas moins engagé les États unis aux côtés des forces du Royaume uni, contribuant ainsi à sauver quelques terres de liberté. On trouvera un autre américain, surtout, Ronald Reagan à qui l'on doit l'effondrement de l'empire soviétique et l'enclenchement d'une politique économique qui allait déboucher sur vingt ans de prospérité mondiale, sur la mondialisation marchande et sur la révolution informatique et biologique.

Si on se tourne vers la pensée enfin, on verra que les seuls intellectuels dont les travaux pourront encore éclairer le futur sont ceux qui permettent de comprendre le présent : Friedrich Hayek pour ses analyses du marché et de l'ordre spontané, Karl Popper pour son approche des sociétés ouvertes. À un moindre degré Peter Drucker ou George Gilder qui a le premier compris l'impact économique et géopolitique de la micro-informatique. Ce sont tous des libéraux, direz-vous ? Mais que reste-t-il des théories non libérales en cette fin de siècle et quels instruments ceux qui veulent lire le monde plutôt que se bercer d'illusions pourraient-ils trouver chez des non libéraux ? Ce ne sont pas des Français ?

N'avez-vous pas remarqué que la France ne compte plus intellectuellement et ce depuis longtemps, hélas...

Il est vrai que la France ne compte plus politiquement ou économiquement depuis tout aussi longtemps, et que les Français ne s'en sont pas encore aperçus...

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La droite redeviendra la droite quand elle osera la baisse de la dépense publique !

Il règne une grande confusion dans le débat que vient de relancer Lionel Jospin sur le thème de la réduction des impôts.

D'abord parce que l'on confond tout : impôts taxes et cotisations, prélèvements au profit de l'État, des collectivités locales ou des organismes de sécurité sociale... quand on ne mélange pas allégrement les recettes et les dépenses...

Selon les meilleurs experts, en particulier ceux de tous les organismes internationaux, il convient en cette matière de considérer non pas les recettes mais les dépenses, qui constituent la bonne mesure des prélèvements publics, qui seront financées soit par des recettes immédiates, soit par des emprunts, c'est-à-dire des impôts reportés sur les générations futures. Et il convient de considérer l'ensemble de la dépense publique, car peut importe finalement pour le contribuable que l'opérateur soit l'État, la commune ou la région.

Sur ces critères - et cela ne surprendra personne - les prélèvements publics obligatoires n'ont jamais cessé d'augmenter depuis delongues années.

Mais on est souvent victime d'une illusion d'optique-La part de la dépense publique dans la production intérieure brute, le PIB, après avoir dépassé les 55 %, a eu tendance à diminuer depuis deux ans.

Mais il faut bien voir que le rapport ainsi établi est pernicieux. Car on ne voit pas pour qu'elle raison la dépense publique devrait être calculée en pourcentage de la richesse nationale. En outre, ce qui apparaît comme une baisse relative est quand même une augmentation en valeur absolue...

Juppé a tué la droite

Chaque mois, Contribuables Associés interroge les Français par sondage sur une question d'actualité. Du 7 au 8 janvier, 955 personnes « représentatives » ont donc été contactées par téléphone par l'institut BVA selon la méthode des quotas. Elles avaient à répondre à la question suivante :

« entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, à qui feriez-vous davantage confiance pour : 1. faire baisser les impôts et taxes, 2. couper dans les dépenses publiques et réduire la dette de l'État, 3. réduire le nombre de fonctionnaires et réformer leur statut»

Les résultats ont de quoi surprendre : les Français font davantage confiance à Lionel Jospin qu'à Jacques Chirac sur les points 1 et 2 et, sur le troisième, 32 % font davantage confiance au second, 30 °A au premier, tandis que 22 % ne font confiance ni à l'un ni à l'autre...

Le clivage droite gauche est respecté : à gauche on fait toute confiance au Premier Ministre, tandis qu'à droite on fait plutôt confiance, sur les questions posées, au Président de la République. Mais dans une proportion bien moindre.

Tout est là : les électeurs de droite faisant confiance à Jospin sont plus nombreux que les électeurs de gauche faisant confiance à Chirac!

S'agissant de la question spécifique sur la baisse des impôts et des taxes - dont on sait par d'autres études d'opinion qu'elle correspond à l'attente unanime des français, toutes tendances politiques confondues . Chirac ne l'emporte sur son probable concurrent que parmi les catégories suivantes : les 50-64 ans, les agriculteurs, les cadres supérieurs, les professions libérales...

Que, sur ce sujet spécifique des impôts, la droite parlementaire ait à ce point laissé l'avantage à la gauche relève du suicide politique!

Car, s'il y a un thème où la droite devrait avoir un boulevard devant elle c'est bien celui-ci, qui renvoie au rôle de l'État et à la socialisation de la société tout entière.

Depuis vingt-cinq ans les politiciens de la fausse droite, par calcul cynique, ont fait la politique de la gauche avec l'espoir évidemment illusoire qu'ils lui couperaient l'herbe sous les pieds.

Aujourd'hui, Lionel Jospin ne bénéficie de cette surprenante crédibilité sur le terrain fiscal que parce que son prédécesseur Alain Juppé s'est déconsidéré on arrivant au gouvernement avec son coup de matraque sur la TVA...

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