Sommaire des 4 verites N°257 Samedi 1 avril 2000
Gouvernement Jospin II: une équipe en formation présidentielle
Lionel Jospin était confronté à un triple échec : à l'Éducation nationale, au ministère des Finances et sur le dossier du financement des retraites.
Et à un aveu : son incapacité, sans doute consubstantielle,à résister aux conservatismes syndicaux (qui sont finalement les meilleurs et les plus sûrs banquiers de la gauche).
Il n'avait pas d'autre solution, sauf à démissionner -n'ayant pas le pouvoir de dissoudre - que de procéder à un remaniement.
Confronté au même problème, en novembre 1995, Alain Juppé opta pour un gouvernement resserré et regroupé autour de sa personne.
On sait ce qu'il en advint...
Le Premier ministre a fat le choix inverse : élargir sa majorité, en augmentant le nombre de ses ministres,en faisant la part belle aux courants gauchistes, en invitant ses concurrents socialistes issus de l'ère mitterrandienne à venir renforcer son équipe.
Une réforme avortée ne peut jamais être remise en selle, en tout cas par les mêmes dirigeants. Une chose est donc sûre : ce gouvernement ne remettra pas sur l'ouvrage les sujets qui déjà une fois l'ont mené au bord du gouffre.
Pour donner le change, et mobiliser au maximum les électeurs de gauche en 2002, il va donc être amené à faire diversion : pour séduire les fonctionnaires en général, les enseignants en particulier, les artistes et les journalistes, les jeunes, les travailleurs sociaux. . . tous ceux qui, bien qu'appartenant électoralement à la gauche plurielle, avaient jusqu'à présent plus ou moins gardé leur liberté d'expression et d'action.
C'est que l'élection présidentielle approche. La nouvelle formation gouvernementale n'a pas d'autre objectif que de la gagner.
Fabius, cinq ans après 1995, reconnaît le leadership de son rival Jospin-Ce dernier lui a sans doute promis le poste de premier ministre en 2002, si tout se passe comme prévu par eux...
La gauche, entièrement rassemblée, ne peut être battue que par la droite. Celle-ci est toujours largement majoritaire dans l'opinion.
Mais elle est divisée. La gauche, pour gagner, peut compter en effet sur le morcellement de la droite. Pour cela elle a d'ailleurs un allié objectif à l'Élysée: il s'appelle Chirac !
Quand une entreprise est en situation de monopole, elle n'est plus contrainte par la concurrence à offrir à sa clientèle les produits de la meilleure qualité possible au moindre coût possible. Quand un petit nombre d'entreprises se partagent le marché, les consommateurs croient qu'ils sont encore protégés par la concurrence. Mais, pour certains économistes, il existerait pratiquement toujours, surtout en situation de duopole, des ententes secrètes entre les entreprises, ententes réalisées pour supprimer les effets de la concurrence et pour obtenir ainsi de juteux profits.
En fait, la réalité est tout autre.
Donnons-en pour exemple la fantastique lutte que Boeing et Airbus se livrent depuis plus de 30 ans.
Avant 1969, les Américains faisaient la loi sur le marché des avions civils. Boeing fournissait les gros porteurs avec 4 moteurs (le 747), Mc Donnell-Douglas et Lockheed fournissait les petits porteurs, avec 3 réacteurs.
En 1969, une entreprise européenne, Airbus, attaque.
Airbus sort en 1972 son premier avion, l'A-300, avec deux réacteurs et 250 places. Cet avion, bien plus économique et bien mieux adapté à une certaine demande que les avions américains, a du succès. Mais, immédiatement, le gouvernement américain intervient et cherche à s'opposer à sa commercialisation. Malgré cela, une compagnie aérienne américaine, l'Eastern Airlines achète 30 appareils en 1978. Les ventes d'A-300 suivent, nombreuses.
En 1988, Airbus innove à nouveau en sortant l'A-320.
L'informatisaton des gouvernes permet de passer de 3 à 2 pilotes. L'A-319 (125 places) et l'A-340 (300 places) sortent peu après. Autre innovation fondamentale : tous les Airbus, quelle que soit leur taille, ont le même cockpit. Pour apprendre à piloter un nouvel Airbus, il ne faut que quelques heures. L'Airbus est bien plus économique d'utilisation que le Boeing. Il prend des parts de marché.
En 1993, la guerre du Golfe frappe de plein fouet l'aviation civile. Lockheed abandonne et se reconvertit au militaire.
Boeing licencie 54 000 personnes. Airbus encaisse le choc et passe devant McDonnel Douglas.
Boeing se défend alors en abaissant ses prix, parfois de plus de 10 %. Airbus ne peut plus suivre, et perd des marchés, mais riposte en proposant le financement de ses avions, clef en mains. Il crée sa propre société de financement. Enfin, l'Amérique fait feu de tout bois.
L'Etat américain intervient de plus en plus sur le marché. Un coup de téléphone du président américain aux responsables saoudiens et 60 Boeing remplacent 60 Airbus qui étaient pratiquement vendus. Il en est de même avec Israël. Les USA accusent Airbus de voler leurs emplois aux Américains ou de toucher des subventions des Etats européens. Boeing essaye d'opposer entre eux les propriétaires d'Airbus.
Le prix des Airbus baisse de 20 % ; en trois ans, le temps de construction d'un A-320 passe de 18 à 7 mois. Le reprise économique stimule les ventes d'avions. En 1997, Boeing embauche 40 000 salariés, et achète McDonnel Douglas.
Mais, en 1997, pour la première fois depuis 50 ans, Boeing annonce des pertes. Il ne vend pas assez cher ses avions. Airbus lui fait mal, très mal.
En 1999, Airbus vend plus d'avions que Boeing et décide avec l'A-3XX d'attaquer le Marché des très gros porteurs, le fameux B-747.
La lutte est loin d'être achevée. Grâce à elle, dans des conditions de sécurité et de confort toujours améliorées, les prix des voyages aériens baissent sans arrêt. Nous profitons tous de la lutte des deux géants.
Vive un tel duopole.
La "France africaine" peut-elle connaître la paix civile ?
L'auteur de cet ouvrage, "La France Africaine", n'est pas un démagogue à la petite semaine mais un expert international. Il a travaillé en Afrique noire pour le compte de l'Unesco et de la Banque mondiale. Il sait de quoi il parle. D'ailleurs, avant de s'intéresser à la "France africaine" il avait déjà publié, chez le même éditeur, en 1997 et en 1998, deux autres ouvrages, le premier sur les relations entre la France et l'Afrique ("l'Afrique, le fric, la France") et le second sur l'économie de trafic qui va forcément de pair avec l'immigration clandestine ( "immigration, la fracture légale").
Cette "France africaine" dont l'auteur, parle est celle des communautés black et beurs, qu'ils soient étrangers, immigrés, issus de l'immigration, ressortissants des DOM-TOM ou venus de la francophonie lointaine comme les Comoriens ou les Hàitiens.
Les chiffres cités par JeanPaul Gourévitch ne sont pas contestables, même si plusieurs sont approximatifs, les pouvoirs publics depuis plusieurs années ayant pris le parti de ne plus effectuer de recensement sur ce sujet politiquement sensible de l'immigration.
En 1974 cette France africaine comptait moins de 4 millions de personnes, Ils sont aujourd'hui entre 8 et 9 millions, dont 6 à 7 millions résidant en France métropolitaine. Et ils seront 35 millions avant la fin du siècle, du seul fait de la poursuite des flux migratoires et de la différence de fécondité. Dès le milieu du XXIe siècle il naîtra autant d'enfants black ou métis que d'enfants blancs... Depuis longtemps déjà la religion musulmane sera devenue la première religion de France...
L'auteur se garde de conclure.
Il pose seulement la question : qu'elles peuvent être les perspectives d'avenir d'une France multi-ethnique, gouvernée par des institutions républicaines à bout de soufle, écartelée entre une société industrielle vieillie et fatiguée et une société virtuelle naissante et encore infantile ?
Cette absence de conclusion, de proposition, ajoute au pessimisme du diagnostic. La France a tour à tour refusé la préférence nationale, la préférence européenne et la préférence francophone.Trois scénarios sont possibles : le rose, basé sur l'illusion citoyenne à partir de la manipulation des chiffres et l'occultation des faits ; le noir fondé sur l'instrumentalisation des peurs des trois "i" (immigration-islam-insécurité) ; et le scénario gris, qui consisterait à voir se poursuivre la situation présente, avec toujours plus d'insécurité, mais sans révolte, sans changements, sans prise de conscience... Trois scénarios également catastrophiques, soit pour nos enfants, soit pour nos petits enfants...
Dans l'ouvrage de Guillaume Faye, publié chez l'éditeur (très marqué à droite) l'Aencre, "La colonisation de l'Europe", on retrouve beaucoup de chiffres et de faits déjà relevés et exposés par Jean-Paul Gourevitch. C'est pourquoi, dans le cadre de cette brève recension, on s'attachera surtout à la conclusion : " dans le cadre du système actuel il est impossible de résoudre le problème... Affronter le problème suppose une crise grave qui changera les mentalités et permettra de transgresser les dogmes idéologiques et les tabous actuels... C'est seulement s'il éclate une guerre civile ethnique que la solution sera trouvée".
Pour l'auteur, la situation insurrectionnelle est plus prometteuse que la situation constitutionnelle.
Heureusement, Guillaume Faye note finement que "dans une société très médiatisée un niveau assez faible de désordres peut provoquer un basculement des mentalités"...
Revel: un vrai libéral qui ne s'en laisse pas conter ...
Venu seulement quatre mois après son recueil de chroniques « Fin du siècle des ombres » (Fayard, 1999), le nouvel ouvrage de Jean-François Revel, « La grande parade » (Plon, 2000), ne peut que combler tous ceux qui, comme lui, ont vraiment le goût de la liberté individuelle chevillé à l'esprit. Ces deux titres consécutifs constituent ensemble un énorme pavé dans la mare qui consacre encore davantage leur auteur comme le plus décapant des démystificateurs de l'idéologie dominante «politiquement correcte» écrasant la société française.
Dans la Fin du siècle des ombres, on est frappé par l'implacable et courageuse continuité d'un propos qui, depuis 1984, s'en est pris à l'« obsession du partage », la tyrannie de la référence à l'« exclusion » et de 1'« antiracisme idéologique », l'émergence d'une « immigration d'ayants droit » et au « dientélisme de la culture » - le tout sur le fond d'une critique acérée de l'Etat-providence à la Française et de sa « solidarité à sens unique » doublée de l'affirmation du « caractère inséparable du libéralisme politique et du libéralisme économique ».
Tous ces thèmes se retrouvent, amplifiés et davantage argumentés dans La Grande Parade qui ne se limite pas à la salutaire dénonciation en règle de la complaisance permanente de la gauche envers la réalité foncièrement criminelle du communisme - au prétexte qu'il se serait agi d'une utopie inspirée par un idéal de justice - et de
la dissymétrie qui en résulte au regard de la légitime condamnation du nazisme. Au-delà du constat, Revel recherche les causes profondes de cette situation, qu'il localise dans le « goût de l'esclavage » des intellectuels de gauche (confortés par la lâcheté , d'une partie de la droite à l " 'étatisme borné") qui jugent le libéralisme plus scandaleux et menaçant que le communisme. Pour lui, c'est cette « haine de la liberté » qui explique le traitement de faveur dont bénéficie encore le collectivisme malgré les horreurs commises et son échec historique patent.
Car non content de critiquer les misérables imprécations de la sainte Trinité médiatico-gauchiste Bourdieu-Forrester-Bové et l'indigence des analyses imputant au libéralisme les échecs dus à sa non-application, Revel se livre à une éloquente défense et illustration de l'individualisme libéral qui irrigue tout l'ouvrage.
Mais si, contre les éternels nostalgiques de l'étatisme et du collectivisme, il tient qu'il n'y a « pas d'autre économie que l'économie de marché » et que « l'amélioration du libéralisme ne peut venir que du libéralisme », l'auteur de La Grande Parade n'est certes pas aveugle sur deux points fondamentaux qui échappent trop souvent aux thuriféraires béats de l'idée libérale. Tout d'abord, il ne tient pas celle-ci pour une idéologie « totale » ayant réponse à tout : « Le libéralisme ne résout pas tous les problèmes » ; et pour lui, la « société de marché » relève d'une fumeuse utopie : « dans toute société... il y a des activités, a des valeurs, des institutions qui échappent au , marché... Le libéralisme n'entend nullement soumettre au marché ce qui n'en relève pas ». Revel en est d'autant plus à l'aise pour déplorer que ce libéralisme réaliste soit rejeté dans une France viscéralement bloquée et auto tétanisée par un «fonds presque inconscient de culture anti-libérale ». Le diagnostic revelien est ici exempt de toute illusion : il y a « une résistance française au libéralisme » plus forte que tout, nourrie d'égalitarisme et de la « peur de la concurrence, de la peur de la responsabilité ». Dans leur majorité, les Français continuent à préférer l'Etat omnipotent à la liberté individuelle.
Comment venir à bout de cette perverse « exception » : là est tout le problème désormais...
L'accueil réservé à gauche à La Grande Parade prouve que Revel a visé juste et mis le doigt là où ça fait le plus mal. Les réactions y sont au minimum gênées mais plus volontiers suavement furieuses. La plus édifiante est celle du Monde, lui aussi mis en cause et si vertueusement drapé dans son pseudo magistère moral. Dans « Le Monde des livres » du 24 mars dernier, D. Vernet feint de devoir se borner à une simple relation des thèmes reveliens au prétexte que leur auteur récuserait d'avance toute critique en y voyant une preuve supplémentaire de complicité avec le fascisme rouge. Eh bien, c'est justement de cela qu'il s'agit : en réagissant comme ils le font, les incurables Tartuffe de l'intelligentsia gaucho-socialistes persistent et signent - pour eux, le communisme demeure moralement excusable et le libéralisme est bien l'ennemi public numéro 1.C.Q.F,D.
Parvenu au faîte d'une oeuvre qui,depuis « Pourquoi des philosophes ? » et ensuite « La tentation totalitaire », « La grâce de l'Etat », « Le rejet de l'Etat », « La connaissance inutile » et « Le regain démocratique » est constamment et avec cohérence montée en puissance comme en acuité, Jean-François Revel aurait pu rester tranquillement juché sur son piédestal de l'Académie française. Il a préféré « remettre ça », s'engager encore plus rudement dans le combat pour la liberté individuelle au risque de prendre des coups bas et se faire davantage hàir par les ennemis liberticides de l'individu. Qu'il en soit remercié : tant d'autres qui pourraient en faire (presque) autant sont si... «prudents» ! Mais ce faisant, il s'affrme comme le grand successeur d'Aron en tant que principale figure intellectuelle du vrai libéralisme en France (de plus reconnu dans le monde entier) sans jamais cesser d'être l'esprit libre qu'il a toujours été.
Titre Un référendum pour l'école publique libre !
Françoise Ansart de Lessan, institutrice
Nos pseudo-démocrates qui n'ont que le mot « démocratie » à la bouche, ont peur de la liberté, ont peur du peuple et ne veulent surtout pas lui demander son avis. Après le vote de nouvelles lois trompeuses, mal pensées et fortement controversées - les 35 heures, le PACS, la parité... et maintenant les HLM - le gouvernement rencontre un blocage sur des réformes un peu plus importantes. Pourquoi ne pas utiliser le référendum ?
En tout cas, il est un domaine où il s'impose, c'est celui de l'Éducation Nationale. D'ailleurs Jacques Chirac aval promis un référendum sur ce sujet avant d'être élu.Voici encore un plan anti-violence et un remaniement de la cane scolaire qui rencontre actuellement une forte opposition. On peut comprendre cette opposition lorsqu'on entend le ministre décrire une situation satisfaisante pourtant observée bien différente sur le terrain : de nombreuses classes surchargées et de plus en plus de remplacements non assurés.
Jamais l'Éducation Nationale ne se réformera de l'intérieur de façon satisfaisante et efficace; l'évolution ne pourra se faire que sous la pression des parents qui auraient la liberté de choisir l'école, le collège ou le lycée de leurs enfants. Les résultats scolaires et la conduite des enfants décideraient de ce qui est efficace ou ne l'est pas. Le débat sur les méthodes se baserait non sur des théories ou des idéologies mais sur des expériences. C'est la seule façon de mettre vraiment l'enfant au centre des préoccupations éducatives:
les réformettes annoncées ne visent qu'à sauver le système, pas les enfants. Il n'est plus possible de continuer ainsi, de laisser les ministres sortir des directives tous les ans et faire croire que tout va bien, plus possible de consacrer d'énormes moyens à des actions dispersées qui n'améliorent pas grand-chose et exaspèrent les enseignants.
Choisir l'école de ses enfants devrait être un droit de la famille et non un privilège pour quelques uns de ces Français qui ont l'égalité des droits pour devise : c'est une liberté dont il n'y a aucune raison de les priver et c'est le moyen le plus simple de sauver ou de reconstruire l'école.
Il n'est pas bon que l'école ait une « clientèle » contrainte et forcée ; la concurrence est stimulante, elle oblige à des résultats. Si les familles pouvaient choisir, les enseignants devraient pouvoir le faire aussi, avec l'objectif de former une équipe cohérente et motivée par le même projet. Ce n'est pas satisfaisant de se voir imposer une organisation, des méthodes et un projet pédagogique auquel on n'adhère pas.
Le libre choix des parents, assorti de celui des enseignants sousentendrait une sorte de contrat moral, d'engagement professionnel qui garantirait une plus grande chance de réussite.
C'est une décision à prendre par voie de référendum, ce sont les électeurs qui doivent décider et non ceux qui descendent dans la rue en essayant d'y entraîner le plus grand nombre de moutons de Panurge pour faire plier le gouvernement qui le plus souvent cède.
Que nos « démocrates » deviennent vraiment démocrates et qu'ils proposent aux Français de dire s'ils veulent l'école libre pour tous, l'école publique libre ou non. Ce pourrait être pour ses défenseurs une nouvelle manière de défendre l'école publique que les familles, quand elles le peuvent, délaissent de plus en plus pour l'école privée.
Notre droite, si décevante qu'elle décourage tous ses électeurs, pourrait s'intéresser à autre chose qu'à ses guerres intestines et défendre enfin des idées. Si elle en manque, qu'elle prenne celle-ci !
Question à la droite molle
A vec Claude Reichman, sur Radio Courtoisie (95,6 MHz à Paris), nous devions recevoir un ancien ministre. Un énarque, ancien membre du gouvernement Juppé, vice-président de l'UDF. Bof! Les représentants de la ii droite molle » n'ont rien à dire ou n'osent pas le dire. Mais celui-là est charmant. C'est rare dans la classe politique française. Alors, consciencieusement, j'ai préparé des questions.
1. savez-vous à quelle place se situe la France en terme de PIB/habitant corréspond en "ppa" (parité pouvoir d'achat) au sein de l'Union européenne ?
Réponse : 4e avant-dernier devant l'Espagne, le Portugal et la Grèce. Le niveau de vie des Français est derrière tous les autres. Rassurons-nous grâce à Aznar, et au dynamisme des Espagnols, ils nous auront doublé d'ici 5 à 10 ans. Les Portugais aussi probablement. lls sont gens courageux.
2. Combien y-a-t-il d'immigrés en France ?
Réponse : entre 7 et 12 millions. En vérité, comme le démontre Jean-Paul Gourévitch dans son très angoissant livre "La France africaine" aux éditions Le Préaux Clercs, personne ne peut donner un chiffre. Les instituts démographiques ont volontairement renoncé à publier de telles données. Alors se posent d'autres questions.
Pourquoi les gouvernements de droite ont-ils laissé faire ? Peuton prendre des décisions sans connaître les données d'un problème?
3. En dehors des énormes hausses d'impôts, de l'étatisation de la 11 sécu » avec le plan Juppé et de l'octroi de la carte d'ancien combattant aux brigadistes internationaux, que retiendra-t-on du septennat de Jacques Chirac?
Réponse : un électeur de droite répondrait la dissolution ou le crime contre l'humanité qu'a constitué le bombardement de la serbie. Que dira le ministre?
4. Qu'est-ce que le TSC? En anglais l'ABC?
Réponse : "Tout sauf Chirac", En anglais "Anything but Chirac". Un club qui se développe très vite en France.
Sont déjà membres du comité d'honneur : François Bayrou, Valéry Giscard d'Estaing, JeanMarie Le Pen, Alain Madelin, Bruno Mégret, Charles Pasqua et Philippe seguin. Il paraît que les "Français de droite" et notamment les libéraux le rejoignent en masse. Mieux vaut DSK ou Fabius comme premier ministre que Juppé se disent-ils.
Au moins ces deux "french Blair" comprennentl'économie etsavent écouter...
5. Pourquoi la Mairie de Paris, l'Elysée, les gouvernements de droite donnent-ils des subventions à des associations comme "S0S racisme" et rien à d'autres comme "Droit à la sécurité"?
Réponse : pour la même raison que grâce à la CMU (couverture maladie universelle) on facilite l'accès aux soins aux immigrés plutôt qu'aux ouvriers français (qui eux gagnent plus que 3500 francs par mois)
6. Quand un Français de souche traite un immigré, Français ou non, de "sale arabe", "sale noir" ou "sale musulman" c'est du racisme. Il est condamné. Fort bien. Quand un immigré traite un Français de "sale blanc", "sale catho" ou "sale juif" ce n'est pas du racisme. Pourquoi ?
Bon allez, j'arrête les questions. Le matin de l'émission, j'appelle Claude. " Le ministre ne viendra pas. Il a eu une urgence" me dit-il. Quel dommage.
J'aurais bien aimé entendre ses réponses. La prochaine fois peut-être...
Michel Rocard, président de la Commission Développement et Coopération du ParlementEuropéen, vient de créer Afrique Initiative, société de droit européen dont les principaux actionnaires sont Vivendi, Bolloré, EDF, Renault, Accor, Beghin Say ...
Afrique Initiative est un outil de capital-risque destiné à apporter une réponse privée aux problémes de développement de ce continent.
Il faut toujours se méfier des réformes pré-électorales !
Il y a, du point de vue des personnes concernées par elles, au moins deux types de réformes : celles qui font mal, au moins à quelques uns, parce qu'elles remettent en cause des priviléges indus, des avantages acquis exorbitants. Et puis celles qui font du bien, au moins à certains, parce qu'elles se traduisent par des effets bénéfiques, des améliorations des conditions de vie des bénéficiaires.
C'est sur des réformes du premier type, proposées (pour l'Éducation Nationale, les service extérieurs du ministère des finances) ou envisagées (la durée de cotisation des fonctionnaires pour leurs retraites), même modestes, que Lionel Jospin s'est trouvé dans l'obligation de changer son gouvernement.
Quand, dés le mardi 28 mars, à l'Assemblée nationale, il parle d'une accélération des réformes, il entend bien sûr les réformes du deuxième type, celles qui font plaisir à quelques uns, qui permettent au pouvoir politique en place de se montrer généreux avec l'argent des autres, pour faire taire les revendications ou acheter les suffrages des plus modestes des électeurs.
A cet égard, tout est à craindre d'un gouvernement qui, deux ans à l'avance, n'a rien d'autre sur sa feuille de route que de se mettre en situation de gagner les prochaines élections législatives, en mars 2002, la victoire de Lionel Jospin aux prési-dentielles du mois de mai 2002 n'étant plus alors qu'une formalité.
Tout est d'autant plus à craindre que ce gouvernement intègre désormais les plus gauchistes des courants de la gauche plurielle, y compris les trotskistes de la « gauche socialiste » et les anticapitalistes du parti écologiste.
Certes, Laurent Fabius s'est fait remarquer depuis six mois par une rhétorique social-démocrate raisonnable en matière de fiscalité et de dépenses publiques.
Mais, fut-il sincère, et au-delà des opérations de maquillage dont il est expert - ayant commencé sa carrière ministérielle en 1981 comme secrétaire d'État au budget - il ne peut pas y avoir de baisse durable des impots sans diminution des dépenses, et il ne peut pas y avoir de diminution de celles-ci sans réduction du nombre des fonctionnaires, laquelle ne sera jamais possible aussi longtemps que le ministre de l'économie, et au dessus de lui le Premier ministre, obéiront aux diktats des syndicats.
Car c'est quand même ce qu'il convient de retenir des quinze jours qui ont précédé cette mise en scène du remaniement! Un Premier Ministre a donné l'ordre à son ministre des finances de retirer son projet de réorganisation de certains de ses services parce que les chefs syndicaux n'en voulaient pas!
Il était souvent arrivé, dans le passé, qu'un projet de réforme soit retiré sous la pression de la rue, après des semaines de grève générale. Là, pour ainsi dire, même pas de défilés, seulement des arrêts de travail ciblés et sans conséquences médiatiques.
On a vu alors où était vraiment le pouvoir à Bercy : plutôt du coté des hiérarques syndicaux que de celui du cabinet du ministre... Pour ceux qui en doutaient il suffisait d'entendre le représentant de FO, surnommé « vice-ministre », convoquer le ministre, qui venait de retirer sa réforme pour le lendemain, afin de « continuer les négociations ».
Et l'on devait apprendre, peut de temps après, que les grévistes avait immédiatement obtenu le paiement intégral de leurs jours de grèves... sous la menace du blocage du paiement des primes des hauts fonctionnaires du ministère!
Laurent Fabius peut bien avoir soigné son image de libéral, ami de Tony Blair : soit qu'il se révèle capable de réduire les effectifs de la fonction publique et de passer outre aux résistances du conservatisme des syndicats, et il sera un socialiste en effet réformateur; soit qu'il se montre incapable d'y parvenir, et il ne sera qu'un hâbleur.
Mais qui peut soutenir qu'un seul gouvernement a jamais pu à la fois préparer les élections et engager des réformes douloureuses, et pourtant urgentes et nécessaires ?