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Les 4verites N°269 du 1 juillet 2000

 Sommaire:

Éditorial de Jean Rouxel: Jacques Chirac n'est pas un constitutionnaliste crédible !

Lu pour vous: ......................................................La nouvelle économie du XXIe siècle

Bernard trémeau:.................................... Réduction du mandat= réduction du pouvoir

Document:................................................13 juillet, jour de libération des contribuables

Philippe Randa: ..............................................les homosexuels construisent leur ghetto

Guy Millière: .....................................................Aider les peuples plutat que leurs tyrans

La chronique d'Alain Dumait: Sans paradis fiscaux, le monde ne serait pas meilleur, ... 

 (a venir ) 

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Jacques Chirac n'est pas un constitutionnaliste crédible !

Éditorial de Jean Rouxel
Page Jean Rouxel

Évidemment, on écouterait avec davantage d'attention ce que dit Jacques Chirac sur là construction européenne si les convictions de cet homme ne s'étaient pas promenées, au fil des années, tout au long d'une circonférence de 360 degrés... Sur ce sujet, comme sur le quinquennat, sa résolution est à peu près là même: un jour contre, un jour pour;un jour souverainiste, quand il est à l'hopital Cochin, un jour fédéraliste, quand il parle à Berlin, de là tribune du Reichstag...
Il serait, en effet, préférable que l'Europe se dote d'une "Constitution". Non pas au sens ordinaire du terme, cor l'Europe est déjà "constituée", depuis près de 45 ans.
Non pas au sens juridique du terme, cor les traités qui se sont accumulés depuis celui de Rome jusqu'à celui d'Amsterdam en tiennent lieu, de toit. Mois au sens politique du terme, au sens commun qu'il à depuis le XVIII ème siècle, à savoir cette charte fondamentale qui, âpres avoir indiqué qui était le souverain, quels étaient les droits imprescriptibles des citoyens, fixe les rapports entre les gouvernants et les gouvernés en même temps que là mission des représentants du peuple.
Dons ce sens-là, l'Europe n'a pas aujourd'hui de Constitution, en tout cas écrite. Et sa Constitution non écrite est tout sauf démocratique!
Un super-Etat technocratique s'est
développé à Bruxelles, qui, de toit, ne rend de compte à personne et dicte sa loi au Conseil des ministres; le beau principe de subsidiarité, qui devrait laisser les Etats-nations, comme les collectivités locales de ceux-ci, libres de là plupart de leurs décisions, semble fonctionner à l'en-
vers; les parlementaires européens, attirés à Strasbourg par des places lucratives, délibèrent pour rien...
Mois, attention : quand l'Europe sera dotée d'une telle Constitution (si elle l'est un jour...) il faudra bien que là France l'applique. or, pour l'instant, elle est le champion de là non-application des lois européennes ! Depuis six ans, et en dépit de plusieurs arrêts de là Cour de justice des communautés européennes, elle refuse d'appliquer les directives sur l'assurance vie et l'assurance
non-vie qui posent le principe du libre choix de sa caisse par tout assuré social, et elle conserve un impact comme là CSG, dont les modalités sont parfaitement contraires au principe de non-discrimination.
Ce ne sont que deux exemples.
Une Constitution européenne, qui garantirait les droits fondamentaux des citoyens, pourquoi pas ? Mois si c'est pour en foire le même usage que celui qui est toit présentement de là Constitution française, par les mêmes politiciens opportunistes, à quoi bon ?

Repères pour le XXI siècle

Bernard Piard

Un vétéran du management des entreprises, Octave Gélinier (Cofondateur des 4 Vérités) et un jeune normalien, conseil en stratégies, se sont associés pour produire cet ouvrage qui constitue un véritable manuel pour tous ceux qui veulent comprendre, non seulement la nouvelle économie qui constituera notre horizon au moins pour le début du XXI~ siècle, mais encore les règles qui la régissent.
Avec bonheur, nos deux auteurs se font tout d'abord historiens des faits économiques et reviennent sur les origines de ce qu'ils appellent « l'économie démocratique de marché » qui est apparue avec les premiers marchands du XII siècle et qui, peu à peu, s'appuyant sur des règles de droit et d'éthique, est devenue notre monde contemporain.
Comme toujours - tous les lecteurs familiers des ouvrages d'Octave Gélinier le savent bien - on trouvera dans ce livre un grand nombre de cas concrets, non seulement des exemples tirés de grandes entreprises connues mais également de... clubs de football !
Ceux qui claironnent que l'économie de marché est une jungle seraient bien inspirés de lire en particulier la deuxième partie de ce livre consacré à « l'émergence de nouvelles règles du jeu » qui concerne, entre autres, le fonctionnement des marchés financiers, avec un développement sur « l'éthique du profit concurrentiel ».

Octave Gélinier et Emmanuel Pateyron ne se contentent pas de rappeler les lois fondamentales de l'économie, d'ailleurs souvent méconnues, ils démontrent aussi, de façon fort convaincante, que la nouvelle économie peut parfaitement se concilier avec une gestion plus respectueuse des individus que l'ancienne économie. Avec Internet, l'éducation au XXlé siècle permettra à chaque individu de développer davantage d'initiatives professionnelles et civiques. Chaque être humain aura ainsi la possibilité, à qualité et intelligence égales, d'être beaucoup plus entreprenant que ses prédécesseurs.
Enfin, nos deux auteurs indiquent les conditions pour que cette nouvelle économie se développe effectivement dans le sens des intérêts de tous ceux qui sont appelés à y participer, c'est-à-dire 6 milliards d'êtres humains!
C'est ainsi que la nouvelle entreprise devra associer tous ses salariés à la création de valeurs par le biais de l'intéresse-
ment qui ne pourra être réservé aux seuls dirigeants. Si l'entreprise veut pouvoir faire appel aux initiatives de chacun, elle devra savoir se transformer en une communauté d'intérêts basée sur une nouvelle alliance entre actionnaires et salariés.
Quant à l'État, il doit, bien sûr, se réformer profondément.
Diminuer globalement ses dépenses pour favoriser la création de nouvelles entreprises. Et mieux gérer les fonctions qu'il continue d'assumer, en particulier l'Éducation nationale, Ce livre est également un nouvel hommage rendu aux héros des temps modernes qui se nomment « entrepreneurs ».
Au XXIé siècle, avec la nouvelle économie, « jamais la société n'aura offert autant de champ à l'entrepreneuriat créatif, et jamais elle n'en aura eu plus besoin ». .1.

Octave Gélinier
Emmanuel Pateyron
La nouvelle économie du XXI. siècle
Les 28 règles du jeu
Economica
206 pages,129F

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Court et long terme

Bernard Trémeau

Quand on les interroge sur la durée du mandat présidentiel, 80 % des français répondent que 7 ans, c'est trop long et préfèrent 5 ans.
Du fait des progrès, de plus en plus rapides, de la technologie, nous avons l'impression de vivre de plus en plus dans le court terme. Le jet remplace la diligence. Le fax ou l'e-mail remplacent la lettre postée. Le téléphone portable, immédiatement disponible remplace le poste téléphonique fixe. Les images en couleur de l'actualité télévisée remplacent l'article lu dans son quotidien. Nous jetons notre pointe bic après quelques semaines d'usage au lieu de conserver toute une vie le précieux stylo offert à l'occasion d'un grand événement. Le fastfood avec serviette en papier et couvert en plastique jetable se substitue au restaurant avec
serviette en lin et couvert argenté. Ceux qui ne sont pas fonctionnaires changent de métier plusieurs fois dans leur vie. Dans les banlieues, les grands ensembles poussent, puis disparaissent. On change d'homme ou de femme en fonction des pulsions du moment: amour ne rimerait plus avec toujours.
5i toute une partie de notre vie change très vite, de plus en plus vite, toute une autre partie reste d'une grande stabilité. La durée de notre vie n'a pas été raccourcie, bien au contraire:
elle augmente actuellement de 3 mois tous les ans. La récente
tempête nous a montré qu'il fallait des siècles pour obtenir un beau chêne. sauf information de dernière heure, la durée d'une maternité est toujours de neuf mois et il faut toujours vingt ans pour qu'un nouveau né devienne un adulte. La durée de nos études ne cesse pas d'augmenter. Nous faisons des efforts colossaux pour maintenir en bon état et faire durer des siècles et des siècles châteaux
ou églises, troupeaux de chamois ou troupeaux d'éléphants.
Dans l'organisation de notre vie personnelle, nous devons impérativement prévoir le long terme, si nous voulons éviter les catastrophes. On ne fume pas de tabac si on ne veut pas risquer de développer un cancer du poumon. On ne fume pas de ii joint » si on ne veut pas risquer de devenir dépendant d'une drogue dure. On évite les rapports sexuels tous azimuts si on ne veut pas risquer d'attraper des maladies sexuellement transmissibles. On réduit ses dépenses quand on vient d'emprunter pour construire sa maison. On ne confie pas à la télévision l'éducation de ses enfants, si on veut essayer d'en faire des adultes non violents.
Dans l'organisation du bien commun, le long terme est certainement encore plus indispensable: il faut plus de 5 ans pour construire une école, plus de 10 ans pour construire un centre hospitalier ou une autoroute, des décennies pour créer une belle ville. Les choix qu'exigent la production d'énergie ou l'équipement de l'armée imposent un très long terme.
L'abandon d'un programme atomique coûte des fortunes au pays. Il faut 20 ans pour redresser une mauvaise courbe démographique par une politique familiale adaptée.
La réduction du mandat d'un homme politique réduit automatiquement son pouvoir.
Les hommes politiques français qui abondent dans ce sens sont donc favorables à une réduction de leurs pouvoirs. lls ont déjà abandonné le pouvoir monétaire et ils sont en train d'abandonner le pouvoir économique. Une telle évolution est très bonne, car l'intrusion du politique dans la gestion de la monnaie ou de l'économie a
pratiquement toujours été une catastrophe. Mais, l'équilibre d'une nation a besoin d'un pouvoir politique solide et de longue durée. Si le politique ne se contente que du court terme, que fera-t-il et qui s'occupera du long terme, de l'essentiel ? .l.

Bernard Trémeau est ancien député UDR de Saône-et-Loire.

13 juillet 2000: jour de libération fiscale !

 

Tout les renseignement sur le site de contribuable associé
 

La Gay Pride 2000: Le retour du ghetto pour les homosexuels !
 
Philippe Randa

On croyait les homosexuels satisfaits:
d'abord par l'abrogation des lois homophobes, promis parle candidat Mitterrand et, une fois n'est pas coutume, mis en oeuvre par celui-ci, sitôt devenu président... et on les pensait à nouveau satisfaits de l'adoption du PACS en 1999.
Quelle erreur magistrale !
Les "gays et Lesbians", en anglais, ça fait plus moderne, ne sont toujours pas heureux. Et à les entendre, ce n'est pas demain la veille qu'ils le seront !
Voilà un mois, les "Blacks" tenaient le haut du pavé parisien. Et celui des médias, par conséquent. Une minorité en chassant une autre, les homosexuels, forts de leur Gay Pride annuelle, captivaient le samedi 24 juin dernier l'intérêt des mêmes médias. Ces derniers sont toujours avides de causes nouvelles, pour peu qu'elles soient sensationnelles et  "politiquement correctes".
De "carnaval tendance", cette manifestation est devenue une manifestation politique: c'est sous la bannière de la lutte contre l'homophobie qu'ont en effet défilé entre 150 et 200 000 personnes.
Leurs représentants réclament désormais de nouvelles lois pour lutter contre la discrimination dont ils seraient l'objet. Car, qu'on se le dise, les homosexuels sont toujours persécutés! On ne voit pas tellement comment, mais c'est le cas, nous assure-t-on et en douter, c'est déjà faire preuve de la plus vile homophobie.
S'ils ne le sont dans les faits, du moins le sont-ils toujours dans les esprits. Car, de très, de trop nombreux Français continuent de ne pas les tolérer en leur for intérieur. Qu'on soit indifférent à leur égard n'est plus suffisant! Les aimer n'est plus un droit, c'est désormais un devoir. C'est l'acte oublié de la nuit du 4 août (1789) ! Par exemple, on ne doit plus s'en moquer... Comme tant d'autres minorités, seuls leurs représentants attitrés auront désormais
le droit aux bons ou mauvais
jeux de mots à leur encontre!
Les homosexuels réclamaient le droit à la différence. Ils l'avaient obtenu et peu de gens songeaient encore à le leur contester.
Maintenant, ils réclament que tout le monde soit obligé de les aimer, et surtout de les admirer. De le dire, en tous cas, sous peine de poursuites judiciaires. À quand l'obligation de démonstrations pratiques pour prouver qu'on n'enfreint pas la loi au plus profond de nos pensées, de notre cœur et de nos plaisirs, même et surtout si on manque d'affinités en la matière ?
Un juteux business, tout de même ?
Les homosexuels avaient réussi à se faire accepter, les voilà aujourd'hui, à l'initiative d'une poignée de permanents politiques qui se sont autoproclamés leurs représentants, en train de reconstruire les murs du ghetto que leurs aînés avaient réussi à abattre.
Et ce, tout de même, sur fond de juteux business, car le "monde gay", ça rapporte! Et gros, même. La SNCF, Virgin, le champagne Piper-Heidsick, etc.
se sont bousculés pour sponsoriser la Gay Pride 2000. Certains peuvent penser que leurs considérations étaient sans doute bassement matérielles- Qu'ils en profitent! Bientôt, on n'aura plus le droit de le dire, de l'écrire... et même de le penser!
Comme les Blacks le mois dernier, un "quota" d'homos sera sans doute réclamé sous peu à tous les stades de la société. De nombreux autres "quotas" vont ainsi être réclamés dans les temps à venir : une cause nouvelle et sensationnelle est toujours médiatiquement la bienvenue... même si elle conduit aux pires imbécillités et, dans le cas des homosexuels, à une réelle régression de leur condition. .:.

Auteur de La Mafia rose, éditions Dualpha,1999

 

Voulons-nous aider les peuples ou leurs tortionnaires ?

 

Guy Millière

Le véritable scandale qu'a constitué l'enterrement d'Hafez El Assad n'a pas simplement consisté en la présence de Jacques Chirac, seul chef d'État occidental présent, mais en le traitement médiatique de l'événement. Nulle part dans la presse de grande diffusion et nulle part non plus dans les paroles des commentateurs de la radio ou de la télévision n'a été évoqué explicitement le statut de dictateur du personnage .Nulle part n'a été invoqué explicitement le passé qui permet non seulement de parler de dictateur, mais d'assassin sans scrupule.
Assad fut, vingt années durant, le plus fidèle allié de l'Union Soviétique au Moyen Orient. Lors d'un soulèvement dans une ville du centre du pays, Hama, il n'a pas hésité à faire massacrer, par balles et par armes blanches, la moitié de la population de la ville concernée, soit un peu plus de vingt mille personnes Quand au milieu des années quatre-vingt, les chrétiens libanais eurent l'idée insensée d'appeler Assad au secours contre leurs ennemis islamistes terroristes, Assad en profita pour placer le Liban dans une situation servile de semi-annexion où les chrétiens furent plus marginalisés encore et où le pouvoir de fait revint aux islamistes contre lesquels précisément, les chrétiens avaient appelé au secours.
Pour asseoir sa puissance à Beyrouth, Assad n'a pas hésité à organiser le massacre de soldats français et américains. Il n'a pas hésité non plus à faire assassiner un ambassadeur de France, Louis Delamarre. Depuis son
arrivée au pouvoir Assad a tout fait pour bloquer le développement économique, social et culturel de son pays et pour maintenir son peuple dans une situation de misère, de pénurie et de terreur mentale.
Assad est par ailleurs celui par qui des armes ont été fournies en quantité à des mouvements fanatiques tel le Hezbollah, celui qui n'a pas hésité à héberger d'anciens national-socialistes allemands, adeptes et concepteurs de la solution finale contre le peuple juif. Voici quelques années (et depuis rien n'a changé sur ces points), le simple achat d'un télécopieur impliquait en Syrie mille autorisations préalables, la possession d'un micro-ordinateur était réservée aux cadres du régime. La prise de photographies à la campagne par un étranger en situation régulière valait immédiatement à celui-ci la confiscation de son matériel, des insultes, une baïonnette sur la gorge, une forte amende et une menace de prison (ayant eu l'occasion de traverser la Syrie, j'en parle par expérience personnelle).
En évoquant ceux et celles qui pleuraient aux funérailles d'Assad sans jamais se demander d'où venaient pleureurs et pleureuses ni s'ils étaient sincères, les journalistes français et européens ont commis une faute déontologique grave. En n'évoquant pas les ignominies commises par Assad, et en évoquant plutôt, ses qualités d'« homme d'État », les mêmes journalistes ont commis davantage qu'une faute déontologique : un acte de collaboration.


A-t-on remarqué que Vladimir Poutine était absent de ces obsèques officielles et ne s'était pas même fait représenter, alors même que l'Urss avait, je l'ai dit, des liens étroits avec la Syrie? A-t-on vu que les Etats-unis s'étaient contentés de dépêcher sur place Madeleine Allbright, et sait-on que ce simple déplacement de la secrétaire d'État américaine lui avait valu des critiques acerbes et unanimes dans son pays ?
Nous, Français, pourrions, à notre niveau, aider les peuples arabes du Moyen-Orient à devenir souverains, prospères et paisibles. Cela impliquerait que nous cessions de lécher les bottes de leurs tortionnaires et que nous leur tenions un discours de vérité où nous oserions dire que le tribalisme et la tyrannie sont aujourd'hui archaïques; dire aussi que le bonheur est la richesse passent par l'ouverture et la liberté.
Mais voulons-nous aider les peuples ou préférons-nous aider les tortionnaires ? Telle est sans doute la vraie et la seule question. On parlera de la complexité de la situation dans la région. Toute situation est complexe, et les situations n'existent pas en soi, elles sont ce qu'on en fait. À regarder l'exemple syrien, nous faisons bien peu pour que le monde soit plus libre.
Heureusement que d'autres pays que le nôtre en font davantage, sinon la servitude pèserait déjà de tout son poids sur nos épaules, et la honte que Chirac nous apporte serait gravée sur nos fronts pour toujours, telle une marque d'infamie.

Sans paradis fiscaux, le monde ne serait pas meilleur, mais pire !
 
Alain Dumait

Les quelques petits problèmes qui se posent encore à l'homme en cette fin de vingtième siècle devraient très vite être tous résolus grâce à la mobilisation efficace des politiciens de France, de Navarre et du monde entier. Qu'on en juge : l'ONU s'engage à réduire la pauvreté dans le monde de moitié d'ici 201S ; l'OCDE déclare la guerre aux paradis fiscaux ;et le Parlement fiançais vote une loi antisectes à l'unanimité. Tout ça à peu prés le même jour. En plus, depuis ce matin, le film « Baise moi » sort sur les écrans, indemne de toute censure.
On vit une époque formidable: où la pornographie est enfin reconnue comme un des beaux arts (ce que demande Jack Lang, toujours précurseur, depuis longtemps). Où la liberté de culte est réservée, de fait, aux
cultes existants, comme la liberté de créer un nouveau parti politique d'ailleurs. Où l'ONU qui devrait mettre en quarantaine tous les dictateurs, premiers responsables de la misère de leurs peuples, préfère montrer du doigt les pays riches, comme on montrerait des voleurs.
La dénonciation des soi-disant paradis fiscaux est du même ordre: celui de la simple intoxication, du pur bourrage de crâne, de la belle manipulation psychologique!
Remarquons tout d'abord que cette campagne ne s'adresse qu'aux gogos, tous ceux qui, d'expérience personnelle, ne connaissent rien du fonctionne-
ment des établissements financiers à Monaco, en Suisse ou aux Bahamas. Car les millions de
Français, particuliers ou entreprises, qui ont un compte bancaire à l'étranger - ce qui, à ce jour, n'est pas encore interdit par la loi, ce qui serait évidemment contraire au droit européen, et même aux droits de l'homme...
- savent parfaitement, pour leur part, ce qu'il en est : on parle de « paradis » à propos de places financières où la fiscalité est,
tout simplement, un peu plus modérée que chez nous !
C'est évidemment cette modération fiscale qui insupporte les états fiscalistes. Et cette irritation est d'autant plus forte que l'écart est grand entre les prélèvements pratiqués ici t ceux qui le sont là-bas.
Dans ces conditions, on ne
sera pas étonné que la France, et plus spécialement les députés socialistes, soient en flèche dans ce nouveau combat.
La disparition des paradis fiscaux permettrait avant tout aux états prédateurs de ne plus avoir à leurs portes, tels des remords, des exemples de ce qu'ils devraient tout simplement faire: pratiquer des politiques fiscales un peu plus douces...
Alors on dit que ces paradis fiscaux servent de refuge aux coquins. Ce qui est sans doute vrai : proxénètes, trafiquants de drogue, marchands d'armes et politiciens véreux s'y retrouvent, semble-t-il, pour y mettre leur argent mal acquis à l'abri de toute curiosité...
La question est de savoir si la disparition de ces refuges discrets serait susceptible de supprimer aussi bien le trafic de drogue que la traite des femmes ou des enfants. La réponse est évidemment non. La pègre n'a pas attendu que le Libéria ou Panama se dotent de leurs lois actuelles pour exister. Et elle existera encore quand Andorre ou Monaco auront peut-être disparu.
Sans doute, dans les affaires pénales internationales qui se multiplient, avec la mondialisation, faut-il obtenir des autorités de tous ces pays leur coopération judiciaire complète. Les juges de tous les pays du monde doivent être en mesure de pouvoir traquer leurs proies jusqu'au fin fond des les vierges ou des Seychelles.
Mais c'est tout. Il est du plus grand intérêt pour tous les citoyens, en particulier pour ceux d'un pays comme la France, de culture étatiste, que soit maintenus aux quatre coins du monde des exemples de systèmes publics qui fonctionnent avec des prélèvements fiscaux réduits.
Cette campagne contre les paradis fiscaux n'est qu'une variante exotique de l'idée d'harmonisation fiscale.
Actuellement, en effet, mais non sans mal, en Europe, les citoyens ont une relative liberté de choix.
Ils peuvent ouvrir un compte au Luxembourg, immatriculer leur société en Angleterre, et même aller s'installer en Suisse. Cette liberté minimum doit absolument être préservée.