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Modernisation
de la vie politique: oui ! Un quinquennat, oui ! Mais deux fois
Chirac, non !
- Éditorial de Jean Rouxel
- Page Jean
Rouxel
En optant pour le référendum, afin de faire passer sa réforme sur le
quinquennat, Chirac joue gros. Et, encore une fois, sur un terrain où il n'avait pas de lui-même souhaité s'aventurer. Car, tout le monde le sait, il n'était pas plus enthousiaste du quinquennat il y a encore six mois, qu'il n'était fanatique de la dissolution avant d'y procéder... C'est une caractéristique du personnage de se remettre en cause sur des sujets qui en vérité lui importent peu...
Avant de partir en vacances, les Français interrogés par les instituts de sondage, étaient plus nombreux à se déclarer pour le oui que pour le non. Mais prés de 60 % des électeurs se disaient enclins à ne passe déplacer...
Certes, avec le quinquennat, les Français seront appelés à se prononcer plus souvent sur la désignation du premier magistrat du pays. Mais, dans la pratique, il n'est pas sûr que la réforme aboutisse à un raccourcissement réel de la durée du maintien au pouvoir du même
politicien.
Sur quatre présidents de la Vème République élus au suffrage universel depuis 1962, quatre ont accompli un mandat complet, ou moins, tandis qu'un seul, François Mitterrand, se maintenait pendant deux mandats. Si le quinquennat avait été instauré dés l'origine,
Giscard au rait accompli sans doute deux mandats de cinq ans, tandis que Mitterrand n'en aurait probablement accompli qu'un seul et la France n'aurait jamais connu les délices de la cohabitation.
Mais ceux qui parlent de modernisation ont en tête le raccourcissement de la durée effective du mandat, ou des mandats successifs, accomplis par le même homme, ce qui ne sera pas forcément favorisé par le passage au quinquennat. L'exemple américain donne au contraire à penser que la prime au sortant favorise grandement le renouvellement du mandat. Avec un mandat de quatre ans, huit ans de mandat pour un président est devenu la règle aux
États-Unis (qui ont eu la sagesse d'interdire un troisième mandat, ce que Chirac aurait été bien inspiré de faire...) Avec le quinquennat, dix ans de mandat au lieu de sept pourraient bien chez nous aussi devenir la norme...
Or, tous les Français ont compris que c'est exactement ce que recherche Jacques Chirac : il propose le quinquennat pour se faire réélire pour cinq ans, pensant qu'il lui sera plus facile d'obtenir une reconduction réduite de deux ans.
C'est donc une réforme de pures circonstances. Qui peut difficilement susciter l'enthousiasme...

Pour
l'Europe, l'échec est interdit
- Claude Reichman
Que vous soyez favorable ou hostile à la construction européenne, c'est le
livre qu'il faut lire. En 200 pages claires et
sans fioritures, Yves-Thibault de Silguy décrit les différentes étapes qui ont conduit le vieux continent à grouper ses nations dans une union qui n'est ni une fédération ni une confédération - même si elle a certaines caractéristiques de l'une et de l'autre -, et qui ne sait pas très bien où elle va, à ceci près qu'elle n'a pas d'autre choix que
d'avancer, aucune porte de sortie n'étant prévue en cas de désaccord entre les participants.
Membre de la Commission européenne de 1995 à 1999 en charge des affaires économiques, monétaires et financières et tout particulièrement de la mise en place de l'euro, l'auteur, qui a derrière lui vingt-cinq années de carrière consacrées à l'Europe, sait parfaitement ce dont il parle. Dès l'origine, tout était dit, et notamment dans la
"déclaration Schuman" du 9 mai 1950:
"L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord des solidarités de fait...
L'action entreprise doit toucher au premier chef la France et l'Allemagne... L'établissement de cette unité puissante de production (de charbon et d'acier) ouverte à tous les pays qui voudront y participer.., jettera les fondements réels de leur unification.
" Oui, l'économie a bien été "le fil d'Ariane de l'Europe", et c'est ce qui explique à la fois son succès et ses insuffisances. Toute autre démarche aurait été vouée à l'échec. N'oublions pas que
l'objectif, au lendemain de deux guerres dévastatrices, était d'empêcher désormais les nations européennes de se battre entre elles et que tenter d'y parvenir par les voies d'une entente politique n'était pas réaliste. On le voit bien aujourd'hui, alors qu'après plus d'un demi-siècle d'union économique, l'Europe politique balbutie à peine. Il n'empêche que le résultat souhaité a été obtenu :
"De 1945 à 1990, soit 16400 jours, note Yves-Thibault de Silguy, le monde a connu vingt et une journées de paix réelle et l'Europe, quarante-cinq ans. Il faut remonter plusieurs siècles en arrière pour tenter de retrouver une aussi longue période de sécurité en
Europe" Son plaidoyer en faveur de l'euro est sans nuance. Pour lui, l'Europe n'avait pas le choix:
"La monnaie européenne s'inscrit dans le cours de l'histoire de l'Europe: elle est le complément indispensable du marché unique." Et Silguy de poser aux eurosceptiques une question redoutable:
"Comment travailler, sur la totalité de l'espace
communautaire, en toute confiance si les monnaies européennes peuvent varier de 30 % entre elles ? Ce n'est pas une hypothèse d'école, ce fut le cas de 1992 à 1995, entre le deutsche mark et la lire
italienne."
Mais Yves-Thibault de Silguy est tout sauf un utopiste.
" L'heure de vérité, admet-il, sonnera le jour où, face à une situation économique générale moins favorable, les
États membres devront prendre, au nom de l'intérêt commun de l'euro et dans le cadre de la coordination des politiques économiques, des mesures difficiles à faire accepter par leur opinion publique." L'ancien commissaire admet que la
"politique du tout ou rien", qui a donné naissance à l'euro,
"présente un risque : c'est celui d'une explosion pour cause
d'insoutenabilité". Mais pour lui "ce risque est plus théorique que réel". Il considère en effet que l'explosion de
l'euro "ouvrirait une brèche dans l'édifice communautaire et annoncerait sa disparition par pans entiers, sous un effet de contagion",
Silguy juge très improbable " ce scénario catastrophe ", parce qu'il
" ramènerait l'Europe au point de départ, c'est à-dire à sa situation au sortir de la guerre !
", et que personne ne le souhaite. L'histoire abonde pourtant de catastrophes que personne ne souhaitait et qui se sont quand même produites !...
Rendons grâce à Yves Thibault de Silguy: son livre va permettre que s'engage enfin un vrai débat sur l'Europe. Quarante.
trois ans après la signature du traité de Rome, il était temps !

L'argent
sale n'existe pas !
- Docteur Richard Hanlet
L'argent, c'est de la liberté imprimée. De la « liberté frappée », selon la forte expression utilisée un jour par Dostoïevski. C'est pourquoi les socialistes de tous les partis, n'aimant pas la liberté, stigmatisent ce qu'ils appellent les paradis fiscaux (ce que les gens normaux appellent des pays normaux). ils permettent, disent les étatistes, de planquer l'argent sale...
L'argent sale serait l'argent gagné irrégulièrement, en toute illégalité. Ce qui revient à reconnaître d'abord que toute interdiction engendre nécessairement un flux d'argent sale. Ce qui devrait être une bonne raison pour limiter au minimum le nombre de ces interdictions.
Contrairement à ce qui se dit, l'argent sale, qui se cache, ne provient pas toujours d'activités coupables et inavouables.
Très souvent, le plus souvent, il cherche seulement à se mettre à l'abri de la voracité du fisc.
On dit qu'il y aurait en Suisse plusieurs centaines de milliers de comptes bancaires appartenant à des citoyens de nationalité française, pour un total qui a été estimé par un spécialiste à quelque 2 000 milliards de F! Ces comptes n'ont
pas été ouverts par des trafiquants de drogue, mais plutôt par de laborieux commerçants désireux de transmettre à leurs enfants une épargne honnêtement acquise. Les trafiquants de drogue ont d'autres moyens de recycler leurs fonds,..
L'argent est neutre, II n'a pas d'odeur, II est par nature indifférencié. L'argent « sale », ça n'existe pas. Ce qui existe, ce sont de sales manières de
gagner de l'argent!
À la plus volumineuse des sales manières de gagner de l'argent - l'impôt - ils ne s'attaqueront évidemment pas, puisqu'ils en vivent. Et les autres (drogues, trafics....) sont fatigantes, voire dangereuses à traquer.
Aussi le rêve des fiscalistes conséquents serait, bien sûr, l'interdiction de la monnaie de papier, qui rendrait obligatoire le passage de toute transaction par un « tiers contrôlable »:
chèque ou monétique.
Utopie ? Certains signes montrent qu'une telle évolution n'est pas à exclure.
Par exemple, lors de la mise en service du nouveau billet de 500 F, le Pierre et Marie Curie, personne ne s'avisa que s'il
avait correspondu au pouvoir d'achat de l'ancien Pascal à sa naissance, il aurait dû être un billet de 2 ou 3.000 francs...
Nous n'aurions fait en cela que suivre la plupart des autres grands pays, dont les plus grosses coupures équivalent à bien plus de mille francs français.
Et lorsque la banque centrale européenne proposa très naturellement de couronner la future monnaie
par un billet de 500 euros, les officiel français poussèrent les hauts cris, arguant que seuls les barons de la drogue pourraient avoir besoin d'une telle
coupure.
Enfin, plus récemment, la grève des convoyeurs de fonds donna à la presse et à la télévision, l'occasion de banaliser l'idée d'un monde totalement démonétisé, en nous expliquant que, tous comptes faits, et pour peu que la boulangère accepte d'ouvrir une ardoise à ceux qui n'avaient pas de piécettes sous la main, on n'avait besoin de rien d'autre qu'un chéquier et une carte bleue...
soyons attentifs à ces petits signes : il est probable que l'avenir nous en apportera d'autres.

Réduire les impôts: c'est
possible !
Les médias se déchaînent sur la « nouvelle cagnotte ». « Le déficit 2000 baisse de 30 milliards grâce à un nouveau surplus fiscal » titre Les Échos. Alléluia ! Rendons grâce aux Dieux ! Au Dieu Jospin, au Dieu Fabius, à la Déesse Aubry, au Dieu État, à la Déesse Sécu qui nous géreraient si bien. On oublie juste que ce « surplus fiscal » n'est en rien le résultat d'une politique mais le fruit du travail des Français. Ces fruits leur ont été confisqués par l'impôt. Songeons qu'en 1999, le Produit intérieur brut français s'est accru de 267 milliards de francs par rapport à 1998 et que le montant des impôts, lui, a progressé de 196 milliards. Quand les Français s'enrichissent de 4 francs supplémentaires, l'État leur en prend 3. À ce niveau de prélèvements, l'impôt n'est pas librement consenti. C'est ni plus ni moins du vol comme l'a très bien rappelé Claude Reichman dans sa remarquable préface du précieux recueil de textes réunis par Alain Laurent, Théories contre l'impôt
( Ed. Les Belles Lettres). Et nous ne sommes plus de citoyens mais des esclaves. L'État français dépense trop. L'État français dilapide notre argent. La preuve ? Nos dépenses publiques représentent 53,2 % de notre PIB, alors que la moyenne des autres pays européens est de 45 °16. Or 8,2 points de PIB c'est 723 milliards de francs, soit la totalité de l'impôt sur le revenu et la CSG réunis. Voilà ce que nous pourrions éviter de payer si la France réduisait simplement ses dépenses publiques au niveau de ses voisins. Or aucun de nos voisins européens ne sont des pays sous-administrés où on laisserait « mourir les faibles sur le trottoir ». L'actuel surplus de croissance que connaît la France a deux raisons principales : la croissance américaine et la dévaluation de l'euro. La croissance américaine peut se ralentir. Les effets de la baisse de l'euro s'atténueront. Il faut donc réfléchir dès maintenant à un programme de réforme fiscal. Pour des raisons de justice. Pour des raisons d'efficacité. Car sinon nous continuerons à regarder les plus riches et les plus dynamiques de nos concitoyens fuir l'enfer fiscal français. C'est tout le sens de l'intervention de Christian Saint.
Étienne au colloque « Pour le renouveau de la France » organisé par Jean-Jacques Rosa le samedi 1 3 mai dernier.
Jean-Christophe Mounicq
Page Jean-Christophe
Mounicq
Un
programme de réforme fiscale pour faire face à la compétition
fiscale internationale
- Christian Saint-Etienne
Université de Paris-Dauphine
La globalisation de l'économie et le marché unique
européen conduisent à une plus grande transparence dans la comparaison des prix et des coûts au
niveau international. Une grande inquiétude en résulte, d'autant plus que l'on ne médiatise que les plans de licenciement sans évoquer les créations d'emplois. Les créations sont pourtant bien supérieures aux suppressions d'emplois puisque, pour ne prendre qu'un seul exemple qui nous touche directement, l'économie française a créé un million d'emplois en trois ans (en solde positif net).
Les questions-clés sont donc les suivantes :
- Peut-on être compétitif et garder notre niveau actuel de protection sociale ?
- Peut-on baisser les impôts et garder un bon niveau de protection sociale ?
- Quels impôts baisser pour dynamiser l'économie française ?
Dans la mesure où la France a adopté l'euro, elle partage les mêmes taux de change et d'intérêt que les dix autres pays membres de l'Union monétaire à
11 .La mise en place de la monnaie unique vise à donner un instrument monétaire aux Européens, leur permettant d'échapper au monopole du dollar US dans les transactions commerciales et financières internationales. L'euro évite également les dévaluations compétitives au sein de l'ensemble européen. On se souvient que les dévaluations de la lire, de la livre et de la peseta avaient « ravagé » l'économie française, et notamment le tissu de PME-PMI, en 1992-1993.
L'économie française s'inscrit également dans le marché unique de l'Union européenne à
15 qui favorise la libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises au sein de l'espace européen. Les quatorze autres pays membres de l'UE-15 bénéficient des mêmes libertés et sont soumis aux mêmes contraintes de compétitivité.
Troisième cercle à considérer : l'UE-15 fait partie de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui a établi des règles permettant d'éviter la répétition de la guerre commerciale des années
1930-1933 qui avait mis à genoux les économies européennes et favorisé les dérives politiques en Europe après 1933.
La mise en place d'un ensemble de règles permettant d'encadrer les transactions commerciales et financières internationales et
intra-européennes constitue donc autant un filet de protection contre des pratiques agressives de la part d'autres pays qu'une obligation d'efficacité pour les entreprises et les services publics français.
Cette obligation d'efficacité est-elle en soi condamnable ?
Ou bien est-elle une chance et le moteur de l'élévation de notre niveau de vie ?
Alors que le niveau de vie de l'Occident industriel n'a que marginalement augmenté, des Grecs à la Renaissance, il a été
multiplié par dix des années 1870 aux années 1990.
Ce n'est donc pas la découverte de nouveaux territoires lors des Grandes découvertes des
16e et 17e siècles qui a fait progresser notre niveau de vie, mais le dernier siècle de révolution industrielle avec une croissance essentiellement endogène au sein du monde industriel développé.
La croissance s'explique par l'accumulation de capital humain et physique et par l'augmentation de la productivité totale des facteurs de production.
Tout ce qui freine l'accumulation de capital et la progression de la
productivité bloque le processus d'élévation du niveau de vie. Dans la mesure où l'ouverture des marchés oblige les entreprises et les États à mieux utiliser le capital et les hommes pour assurer la production marchande et les services publics, elle favorise l'accumulation de capital et la progression de la productivité.
L'ouverture des marchés, à condition qu'elle intervienne dans le cadre d'un État de droit
international et européen clairement établi, n'est donc pas contraire au maintien de notre niveau de vie. Elle est même la garantie, non seulement du maintien mais du progrès de notre niveau de vie.
Le maintien de notre compétitivité économique n'est donc pas un obstacle au maintien de la protection sociale mais une condition de sa pérennité.
Dans ce contexte, comment organiser la protection sociale pour bénéficier d'une bonne couverture sociale tout en dépensant juste le nécessaire ?
En d'autres termes, comment juger de l'efficacité de la dépense publique ?
La France partage la même monnaie avec dix autres pays au sein d'un marché unique ouvert aux quinze membres de l'Union européenne.
Mais avec les dix autres membres de l'Union monétaire, elle partage
bien plus que la monnaie : elle défend les mêmes valeurs politiques de justice et de solidarité dans le cadre d'un régime politique démocratique et d'une économie de marché ouverte et libre.
Le niveau des services publics est équivalent en France, en Allemagne et dans les pays du
Benelux pour ce qui est des prestations publiques de santé/retraite/ éducation. Mais alors que ses voisins de l'Union monétaire dépensent en moyenne 45 % du PIB pour assurer un niveau élevé de service public, la France dépense 52 % du PIB pour une qualité de services publics français qui régresse en termes de remboursement de santé ou de qualité de l'éducation. Le constat est donc celui d'un secteur public français dont le niveau
d'efficacité est très inférieur à celui de ses voisins. L'écart d'efficacité est de
l'ordre de 7 points de PIB soit augmentant les réductions plus de 600 millions de francs.
l'ordre de 7 points de PIB soit plus de 600 millions de francs.
Si l'on mettait en place les processus de gestion et de contrôle permettant de ramener l'efficacité de la sphère publique française au niveau moyen des dix autres pays membres de l'Union monétaire, des marges de
manœuvre considérables, de l'ordre de 6 à 7 points de PIB en quatre ans, s'ouvriraient pour supprimer le déficit public (soit un effort nécessaire de 1,5 point de PIB), et réduire les prélèvement obligatoires (Pol d'environ 5 points de PIB. Les PO sont de 45 points de PIB dont 6,5 points de PIB pour les quatre impôts directs qui frappent le revenu et le capital de la production compétitive
(lR, IS, ISF et prélèvements sur les revenus des capitaux mobiliers) et 38,5 points pour les autres impôts et cotisations sociales. L'écart en poids de cotisations sociales pesant sur le coût du travail avec les autres pays membres de l'Union monétaire est de l'ordre de 4 points de PIB Il 9 contre 15 points de PIB). Il serait judicieux d'affecter le potentiel de réduction des
PO, - qui serait rendu possible par la baisse ordonnée de la dépense, - à une baisse des impôts qui bloquent le développement de l'offre compétitive, et des cotisations sociales qui limitent l'offre d'emplois.
On peut donc baisser les impôts en gardent un bon niveau de protection sociale, à condition de rétablir des règles de fonctionnement efficace de la sphère publique. Quatre réformes s'imposent afin de dynamiser notre économie :
.
Réduire la fiscalité sur les revenus des classes moyennes et des entrepreneurs en abaissant le taux
marginal de l'impôt sur le revenu à 40 % (CSG comprise), en modifiant le niveau du quotient familial et en
augmentant les réductions d'impôts pour les aides à domicile;
Réformer l'impôt sur les sociétés en abaissant le taux de
l'IS À 25 % et en supprimant l'avoir fiscal qui devient difficile à gérer et injuste dans le cadre de l'ouverture internationale des marchés financiers ;
. Modifier le régime de l'imposition sur la fortune en excluant de la base d'imposition les actions détenues dans le cadre d'un pacte d'actionnaires conclu pour une durée minimale de cinq
ans;
.
Réduire les cotisations
sociales en supprimant simultanément une grande partie des subventions afin
de rétablir un cadre transparent et stable pour le développement de l'emploi à long terme.
Ce programme serait mis en oeuvre en quatre ans dans le cadre de l'enveloppe de baisse des P0 de l'équivalent de 5 points de PIB résultant d'une meilleur efficacité dans l'action publique. Ces mesures suffiraient pour rétablir la compétitivité fiscale et sociale de la
France sans remettre en cause la protection sociale.
Il apparaît ainsi que, si nous adoptons une stratégie préventive adaptée, nous pouvons simultanément renforcer la capacité compétitivité du pays et réduire de façon substantielle le poids de la fiscalité qui décourage les bonnes volontés. La compétition fiscale et sociale, dans le cadre d'un État de droit qui fixe des règles de conduite qui s'appliquent à tous, peut être positive si elle oblige les États à accorder plus d'importance aux questions d'efficacité de la dépense publique et de qualité des services rendus.

- La
bénédiction des sanctions envers l'Autriche
- Daniel Vassy
Au risque de surprendre certains de nos lecteurs, je dois le clamer haut et fort: les
"sanctions" infligées à l'Autriche par les gouvernements socialo-communistes de l'Europe sont une véritable bénédiction !
Il ne s'agit pas de nier ici le caractère scandaleux de mesures qui ne sont fondées ni en droit ni en fait: rien dans les textes fondateurs de l'Europe n'autorise ou ne prévoit de telles mesures de boycott d'un des gouvernements par d'autres. Et on cherchera, en vain, la moindre référence au nazisme ou à l'antisémitisme dans le programme de M. Haider. On n'en trouvera pas non plus dans le programme de la coalition gouvernementale autrichienne, ni dans les actions actuelles du gouvernement autrichien. Mais de toutes façons, on n'a pas attendu les actes du gouvernement autrichien, pour le
"sanctionner".
Ceci prouve à l'évidence, que le terme de "sanction" est inapproprié, parce que pour parler de sanction, il faudrait une caractérisation, un barème, une faute prouvée, et une instruction préalable contradictoire ; autant d'ingrédients absents du processus de lynchage médiatico-politique dont le nouveau gouvernement Autrichien a été victime. Alors de quoi s'agit-il ? De représailles, bien sûr!
De représailles pratiquées par des gouvernements de gauche contre le parti de la droite traditionnelle autrichienne, qui a osé braver un interdit fondamental: l'alliance de la droite
modérée avec la droite de conviction. C'est cet interdit qui permet à la gauche d'usurper le pouvoir dans les pays d'Europe où elle est minoritaire en voix, c'est-à-dire à peu près partout.
On comprend que l'outrecuidance de la droite autrichienne à vouloir respecter le verdict démocratique des urnes rende les socialo-communistes, et un de leur sympathisant haut placé en France, bleus de trouille et verts de rage... Mais la colère et la peur sont mauvaises conseillères, car se livrer à des représailles constitue une faute
politique.
En effet, l'existence de représailles est une bonne nouvelle pour les sympathisants des victimes: l'histoire enseigne que les représailles sont en général inefficaces et que, souvent, elles se retournent, à terme, contre leurs auteurs. Il
y a de bonnes raisons à cela. D'abord, pratiquer des représailles prouve que l'on a peur, et qu'on se sait vulnérable, ce qui annonce fréquemment le déclin du régime ou du système qui en est à l'origine. Mais surtout, les représailles désignent à l'adversaire un point de vulnérabilité Qu'en est-il dans le cas de l'Autriche ? En ce qui concerne l'efficacité, c'est raté: 70 % des Autrichiens sont solidaires de leur gouvernement pour rejeter les prétendues
"sanctions".
C'est bien plus que le nombre de sympathisants dont la coalition gouvernementale autrichienne peut se prévaloir au plan de la politique intérieure. Mais ensuite et surtout, le parti de la droite
modérée du chancelier autrichien est passé dans l'opinion publique de la troisième place à la première, tandis que celui de M. Haider a reculé de manière importante et que la
gauche est restée à peu près stable, c'est-à-dire minoritaire comme elle l'est en France. Et il n'est pas exclu que la gauche autrichienne soit durablement écartée du pouvoir, ce qui était hautement improbable avant qu'interviennent ces fameuses
"sanctions".
Bref la démarche du chancelier autrichien est confortée, et c'est l'arroseur qui est arrosé.
Après un tel processus, il est permis d'espérer. Le résultat désastreux, pour leurs auteurs, des représailles contre l'Autriche devient de plus en plus difficile à cacher. Le masochisme qui a poussé la droite française traditionnelle à accepter les diktats de la presse et de son adversaire socialo-communiste minoritaire, à refuser une alliance avec la droite de conviction parfaitement honorable et immédiatement gagnante, et à rester ainsi exclue du pouvoir tout en étant de plus en plus marginalisée dans l'opinion... ce masochisme pourrait trouver là ses limites.
L'affaire autrichienne est en train de prouver de manière éclatante qu'un minimum de courage pour être soi-même est payant, dans le court terme et probablement au-delà.
Peut-être nos politiques de la droite traditionnelle vont-ils s'en rendre compte ? Après tout, on n'est jamais définitivement à l'abri d'un éclair de lucidité....

- Quatre
juillet et quatorze juillet
- Guy Millière
J'écris ce texte un quatre juillet au soir. La date, j'en suis
sûr n'évoquera rien ou presque pour la plupart de ceux qui me lisent. Et c'est normal :
nul texte et nulle parole chez ceux qui pensent, parlent ou écrivent en France ne renvoie à cette date. Les plus cultivés ou ceux qui ont voyagé parleront, sans plus,
d'Independence Day et de souveraineté nationale américaine, mais se sentiront peu concernés.
Rares parmi eux seront ceux qui rejoindront un restaurant américain pour festoyer et partager un moment de joie. Le quatorze juillet par contre sera fêté partout en France, et l'on verra des bals, des chants, des danses et des feux
d'artifice. Quitte à déplaire une fois encore, et quitte à donner à penser à
quelques uns que j'aurais déjà dû quitter la France, j'écrirai ici ce qui, à mes yeux, doit l'être.
Le quatre juillet devrait, pour tous ceux qui, sur cette planète, chérissent la liberté et la dignité des hommes et en particulier pour les gens de droite, le jour de fête par excellence, C'est en effet au travers de la Déclaration d'indépendance rédigée par Thomas Jefferson et promulguée le quatre juillet 1776 que s'est enclenché le grand processus de démocratie et de droit naturel qui, après avoir fait des
États-Unis la plus stable, la plus libre et la plus prospère des sociétés occidentales, s'est disséminé de pays en pays et de continent en continent comme un message d'espoir et comme le signe de ce qu'il est possible de vivre mieux, plus dignement, dans le respect général et générique de
ce qui fait d'un être humain un être humain.
Sans quatre juillet : pas d'États-Unis d'Amérique, mais pas non plus d'émancipation de l'Amérique du Sud dans les premières décennies du dix-neuvième siècle, pas de mouvement libéral en Europe, et pas de monde libre concevable et susceptible de faire face à un monde asservi par l'idéocratie totalitaire.
Le quatorze juillet devrait, par contre, être pour tous ceux qui chérissent la liberté et pour tous les gens de droite, un jour de honte, de recueillement, de méditation et d'éveil des mémoires. Il ne s'est, de fait, rien passé d'essentiel un quatorze juillet en France et la date n'a été choisie, à la fin du
dix neuvième siècle comme fête nationale, qu'au hasard et dans un but médiocrement consensuel. Il
ne s'est rien passé un quatorze juillet en France, sinon la prise d'une forteresse presque vide, qui était la prison des aristocrates, prise qui fut la première victoire d'une populace ivre de violence et soudoyée par un putschiste qui devait plus tard révéler sa pleine mesure dans le régicide et la terreur sous le nom de Philippe
Égalité. Il ne s'est rien passé un quatorze juillet sinon l'enclenchement de la grande machine à tuer et à piller que fut la Révolution française...
Les enfants du quatre juillet sont partout sur la terre, entrepreneurs et entreprenants, créateurs et individus appelant au respect du droit des individus à disposer d'eux-mêmes.
Ils sont le sel de la
terre, ceux qui ont permis le micro ordinateur et Internet, l'agonie des totalitarismes et l'affirmation du principe de respect de la personne humaine où qu'elle se trouve et où qu'elle vive.
Les enfants du quatorze juillet sont partout aussi, mais ils ont pris le visage aigri de
ceux qui pratiquent ici ou là ce qu'on appel voici deux siècles
"loi des suspects", le visage haineux des totalitaires et des comploteurs, le visage exalté de ceux qui pensent qu'on peut régir le monde à partir de dogmes abscons et d'idées abstraites.
Ils peuvent ressembler à la France qui a vraisemblablement commencé sa chute vers la décadence un quatorze juillet 1789.
Je suis sorti en ville le quatre juillet. J'ai rêvé à ce que la France aurait pu être si elle avait écouté les conseils de Thomas Jefferson, premier ambassadeur des
États-Unis d'Amérique en France et si elle avait suivi les chemins de la liberté plutôt que ceux de Danton, Robespierre, Marat, Fouquier-Tinville ou Bonaparte. Le quatorze juillet, je resterai chez moi, et ce sera pour moi un jour de deuil. Voir un pays tout entier fêter le moment où il est entré dans le déclin me laissera triste,
songeur, et me rappellera le caractère dérisoire de l'existence humaine. En écoutant la Marseillaise, je m'étonnerai une fois encore que nul n'ait songé à ranger dans un placard un chant qui parle de sang impur et qui place la gloire du côté de la guerre et du meurtre.

- Ils
étaient tous pourris ... ou presque !
- La chronique politique d'Alain
Dumait
Par l'intermédiaire de sa branche suisse, Elf Trading, filiale du groupe Et
Aquitaine, prélevât sur chaque baril de pétrole brut extrait de ses concessions une commission de 40 cents qui, au travers un dédale de comptes bancaires situés dans différents paradis fiscaux, revenait dans les poches des décideurs politiques des pays producteurs.
Cette pratique est parfaitement connue de tous les spécialistes du
secteur. Elle a cours depuis toujours et elle s'est organisée et amplifiée à l'occasion des secousses pétrolières, à partir de 1973.
40 cents par baril de pétrole brut est d'ailleurs sans doute un chiffre modéré. Ce fut beaucoup plus au Moyen-Orient où le pétrole est plus facile
à produire beaucoup plus au Mexique ou au Venezuela où les politiciens étaient particulièrement goumands, beaucoup plus au Congo où un dictateur avait de gros besoins
d'argent, beaucoup plus au Nigeria (où, un temps, les commissions étaient demandées au niveau des appels d'offres), beaucoup plus en Indonésie, où la famille régnante était insatiable.
Mais ne retenons que le chiffre de 40 cents, avoué au juge Renaud Van Ruymbeke, par André Tarallo, 72
ans, ex-président d'Elf Gabon. Comme il y a sept barils dans une tonne, et que le Gabon produit quelque 20 millions de tonnes par
an, et sur la base d'un dollar compris entre 6 et 6,50 F, cela représente la
coquette somme de 350 millions de francs.
On se gardera de généraliser à l'ensemble d'une production mondiale annuelle qui est de l'ordre de 3 500 millions de tonnes de pétrole brut, ce qui, toujours sur la base de 40 cents par baril, représenterait chaque année pour l'ensemble des politiciens de la planète une somme de l'ordre de 6 milliards de dollars!
En tout cas, politiciens français et allemands en ont eu leur part.
Elf Aquitaine a versé plusieurs centaines de millions de francs à la CDU du chancelier Helmut
Khol, avec l'aval de l'Élysée et de François Mitterrand en personne.
Car longtemps, les hommes politiques, de droite comme de gauche, ont considéré comme normal de prendre leur dîme sur tous les contrats publics. Ceux qui étaient « honnêtes » reversaient à leur formation politique, pour les besoins de son organisation et de sa propagande, la totalité des sommes encaissées tandis que les « malhonnêtes » en distrayaient une partie au passage...
On se souvient par exemple de la constitution du gouvernement de Jacques Chirac en 1986: aux dirigeants centristes - qui ont d'ailleurs depuis lors été condamnés par la justice - les recettes liées aux autorisations administratives d'ouverture de grandes surfaces commerciales; aux amis (de l'époque) de François Léotard, les commissions liées aux
télécommunications et aux contrats dépendants du ministère de l'Industrie ; au RPR tout le reste. Comme des gangsters se partageant qui la drogue, qui la prostitution, qui les jeux clandestins...
Bien sûr, s'agissant de l'enquête en cours sur les versements effectués au début des années 90 parles dirigeants d'Elf Gabon, on dira que c'état le système Mitterrand. Mais on voit bien comment fonctionne la justice: à partir du moment où les proches de l'ancien président de la
République vont être tour à tour interrogés et peut-être mis en examen, d'autres juges se sentiront plus à l'ai-
se pour se rapprocher, de leur côté, du cercle des proches de
Jacques Chirac.
Car tout le monde sait qu'au-delà des affaires qui interpellent
Jean Tibéri, Maire de Paris depuis 1995, c'est évidemment Jacques Chirac, Maire de Paris entre 1977 et 1995, qui est visé, par une campagne orchestrée par les médias au service de la gauche et qui a pour seul
objectif de lui barrer la route d'un second mandat présidentiel.
Depuis lors, le financement public clos partis politiques a sans doute mis fin à la plupart des pratiques de corruption. Mais, pour ce qui est de la période 1975-1995, tous les responsables politiques comme leurs entourages sont concernés, à droite comme à gauche : ils ont créé des sociétés de conseil
bidons, ils ont organisé le prélèvement de commissions sur des marchés publics, ils ont signé
des contrats de travail pour de faux emplois, ils ont utilisé l'appareil de l'État où les cabinets dont ils disposaient au titre des collectivités locales qu'ils dirigeaient au
profit de leur action politique partisane.
Certains élus, lucides, militent depuis plusieurs années pour une loi
d'amnistie générale. Une autre solution, autrement plus démocratique, serait possible:elle est à chercher dans le renouvellement général du personnel politique. C'est d'ailleurs ce qui se passe dans tous les autres pays démocratiques occidentaux. Par exception, en France, nous avons encore des responsables politiques qui sont à peu prés les mêmes que ceux que nous avions il y a vingt ans.
Ils s'accrochent. Ils s'empêtrent. Les « affaires » les rattrapent. Comme si ils le cherchaient...
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