|

Les
Français paient cher l'inconséquence de Jacques Chirac !.
- Éditorial de Jean Rouxel
-
Deux ans après avoir remporté la coupe du monde, l'équipe de France de football a ramené à
Paris la victoire au championnat d'Europe. Vivendi, sous la houlette du
super technocrate Jean-Marie Messier vient de racheter Seagram pour constituer l'un des leaders mondiaux de la communication.
Les start-up fleurissent dans la capitale.
La croissance économique est revenue. Le chômage diminue-Tout va bien !
C'est ce que l'on voit et c'est ce que l'on nous dit.
Dans le même temps, le gouvernement socialiste de Lionel Jospin va recruter 7 000 nouveaux fonctionnaires après avoir remplacé, poste pour poste, tous ceux qui, cette année, seront partis à la retraite. À l'éducation nationale comme au ministère des Finances, les syndicats ont encore accru leur influence.
Ils dictent leurs volontés aux ministres.
Un domaine comme celui de la santé devient chaque jour davantage contrôlé par l'Administration. On fait la chasse aux infirmières qui exercent en profession libérale. On refuse d'enregistrer dans les mairies les enfants dont les mamans ont voulu accoucher chez elles plutôt qu'à la clinique, assistées seulement d'une sage-femme « libérale ».
Subrepticement, à l'occasion d'un simple remodelage technique du code de la santé publique, la résistance à l'obligation vaccinale - que
pratiquent plusieurs centaines de milliers de familles en France devient soumise à des peines d'emprisonnement et d'amendes doublées ou triplées. Un projet de loi, présenté par des élus de la fausse droite, prétend interdire l'exercice de toute psychothérapie à des
non médecins. L'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
(A.F.S.S.A.P.S.) s'est vue doter d'un pouvoir de police, non seulement pour les médicaments mais aussi pour les simples produits cosmétiques...
La France continue à se soviétiser !
À nos portes, à l'inverse, les autres pays d'Europe, même ceux qui sont dirigés par des gouvernement socialistes, se libéralisent.
La France n'a aucune raison d'être moins sage que l'Allemagne, la Grande-Bretagne,
l'Italie ou l'Espagne. La différence n'est ni dans les mentalités ni dans les cultures. Sur le plan politique, elle est au niveau des institutions, de la funeste cohabitation. Et de la malheureuse décision prise par Jacques Chirac en 1997 de dissoudre l'Assemblée Nationale. Non seulement parce que des socialistes toujours marxistes sont revenus à cette occasion au pouvoir. Mais surtout parce que, depuis lors, la France est en campagne électorale. Avec la paralysie qui en résulte inévitablement.

.OGM
et dénatalité
- Bernard Trémeau
Les manipulations génétiques permettent la création d'espèces
nouvelles, animales ou végétales, qui ne sont pas réalisables avec les techniques classiques d'amélioration déjà utilisées depuis longtemps (croisement ou sélection).
On peut doter une bactérie d'un gène lui faisant fabriquer de l'insuline humaine et la bactérie produit de l'insuline. On peut aussi doter les plantes ainsi créées d'avantages nouveaux : elles poussent mieux, sont de meilleure qualité, résistent mieux aux maladies, aux prédateurs, aux pesticides tuant les mauvaises herbes ou aux agressions de l'environnement. Avec les OGM, on produit plus à un moindre coût, on améliore la qualité de ce qui est produit et l'on réduit l'usage de produits toxiques.
Mais ces nouvelles plantes exposent aussi à des risques théoriques réels: tout nouvel être vivant introduit dans le milieu écologique le modifie, donc le fait évoluer. C'est ce que fait depuis quelques millénaires l'homme. Une plante transgénique pourrait donc faire disparaître un insecte par ailleurs utile, devenir une mauvaise herbe impossible à éradiquer ou pourrait s'hybrider avec des mauvaises herbes, rendant
celles-ci invulnérables.
Dans de nombreux pays, les risques des OGM ont été soupesés et finalement, devant les immenses avantages apportés, leur culture a été décidée. En France, pour plusieurs raisons, tout un courant s'oppose à la culture d'OGM. Les écologistes sont opposés à toute modification industrielle du milieu écologique. Les producteurs agricoles français se méfient de la concurrence. Les amis de José Bové luttent contre tout ce qui vient d'Amérique et rejettent avec autant de violence les OGM que les Mc Donald.
Le gouvernement français a donc pris l'initiative de lancer un vaste « débat-citoyen » sur les OGM. Ainsi, 66 réunions sont prévues dans l'ensemble de la France...
Des enfants ou des immigrés
Il existe actuellement une espèce vivante très menacée en Europe. Il s'agit de l'espèce humaine. Pour que la survie de notre espèce soit assurée, il est nécessaire que le taux de fécondité soit supérieur à 2 enfants par femme. Or avec un taux de 1,7 en France, 1,5 en Allemagne et de 1,2 en
Italie ou en Espagne, la disparition des peuples européens est programmée à court terme. Les mauvaises herbes hypothétiques risquant d'envahir un jour nos campagnes n'auront plus d'Européens pour les arracher.
Les conséquences de cette dépopulation sont faciles à prévoir. Il ne s'agit plus d'un risque hypothétique. Il s'agit d'une réalité démographique.
Le déséquilibre des caisses de retraites est la première conséquence de cette réalité, surtout en France où pratiquement seule la retraite par répartition est autorisée. Quand le nombre de ceux qui travaillent diminue alors que le nombre de ceux qui sont à la retraite augmente, on ne peut que diminuer les retraites ou augmenter les impôts de ceux qui travaillent.
Le déséquilibre des caisses d'assurance maladie est la deuxième conséquence
normale de cette situation, les personnes âgées « consommant » beaucoup plus de médecine que les personnes jeunes.
Une troisième conséquence est tout aussi prévisible:
l'Europe est riche et a peu enfants, tandis que l'Afrique est pauvre et à beaucoup
d'enfants. L'Europe, plus riche en or qu'en enfants, attire irrésistiblement.
Un vaste « débat-citoyen » européen devrait être lancé d'urgence sur le thème suivant:
qui doit payer dans 20 ans nos retraites, nos enfants ou des immigrés?
Mais une telle initiative rapporterait-t-elle des voix aux prochaines élections?
| Ca paye ! |
| Carpette
Louis Schweitzer, PDG de Renault, a reçu le
prix de "la carpette anglaise" de l'indignité
linguistique, pour sa propension à abuser à toutes occasion
de la langue anglaise !
Le Français serait encore parlé par 170
millions de personnes à travers le monde ... |

.La
confession d'un colonialiste
- Jean d'Orgeix
-
Je tiens à crier un immense merci à tous les émigrants venant des pays africains et asiatiques s'installer en France, mais aussi en Grande-Bretagne, Portugal, Hollande...
Grâce à eux, je peux enfin me regarder dans la glace sans plus éprouver ce sentiment de culpabilité et de honte qui m'accable depuis tant d'années.
Car, à une époque de ma vie, je l'avoue humblement, j'ai fait partie des affreux colonisateurs.
Oui ! J'ai vécu en Afrique à cette époque maudite durant laquelle nous opprimions leurs paisibles populations.
À ma décharge, je n'avais pas réalisé en ce temps combien j'étais criminel. J'avais même, c'est un comble, le sentiment d'aider au développement culturel, technique, économique des pays où je me trouvais.
Heureusement que, par la suite, les hommes politiques de mon pays, ses intellectuels, ses journalistes, ses artistes, ses penseurs, toute son élite, m'ont fait comprendre l'odieux de ma conduite,
Ils m'ont démontré à quel point j'avais oppressé des
malheureuses populations, détruit leurs cultures ancestrales, ruiné leurs prospères économies. En un mot, moi et les autres colonisateurs, poussés par le goût du profit et par un racisme haineux, nous les avions réduits à l'esclavage.
Il existait bien quelques racistes fanatiques qui faisaient remarquer que durant l'époque coloniale, les massacres
dus aux éternelles guerres tribales avaient cessé ; que jamais en ce temps, il n'y eut de famines ; que les grandes endémies avaient reculé au point que les vaccins devenaient inutiles ;
que des routes permettaient enfin aux populations de se déplacer en toute sécurité d'autant que l'anthropophagisme, pratiqué depuis des siècles dans beaucoup de régions, n'avait plus cours ; que des hôpitaux, dispensaires avaient été créés partout. Que sais-je... !
Heureusement, nos élites intellectuelles (Bernard Kouchner, Bernard-Henri Levy, _Schwartzenberg...) m'ont fait comprendre à quel point ces
affirmations étaient fallacieuses, que les crimes commis par la colonisation ne pourraient jamais être effacés.
C'est pourquoi, depuis tant d'années, je vivais dans la honte, le mépris de moi-même, comprenant l'abjecte indignité de mon monstrueux passé !
Alors !... Alors, aujourd'hui, lorsque je vois ces millions d'Africains, d'Asiatiques, qui, au prix de tant d'efforts, de tant de dangers, veulent nous rejoindre... je me dis donc qu' ils ne nous en veulent pas tellement.
Ils quittent des pays prospères, heureux, où règnent la paix, la liberté, la justice... Car comment pourrait-il en être autrement depuis que le blanc a été chassé. Bien que donc l'exploitation coloniale a cessé de réduire ces peuples à la misère, ils quittent leurs pays pour venir à nouveau vivre, travailler avec
nous.
Mais alors, les Bernard Kouchner, B-H- Levy, et autre Schwartzenberg connaîtraient moins bien qu'ils ne le pensent les peuples du Tiers-monde et leurs besoins réels ?
Ah non !... Avoir un pareil doute... J'en ai honte!... Ça y est... Ça recommence. .1.

.Le
courrier des lecteurs du 22 juillet 2000
a sa page réservée
Cette semaine:
Harkis - Georges Viala
Bon TIPP ou mauvais TIPP ? -Serge Ledru
Un marin - E.Schlumberger
Qui sont les héros - Jean de Lasalle
Immigration - Daniel Abeloos
14 juillet - M.Daurau
Un lâche soulagement - J.L Petit
Vertu, que de crime on
commet en ton nom de Marcel Boisot
-

- L'entreprise,
l'État et la mondialisation
-
- B.T
Le développement technologique fait qu'aujourd'hui le Marché
a dépassé la taille nationale et atteint la taille mondiale. Les
entreprises françaises sont donc exposées à la concurrence des entreprises étrangères. Toute contrainte économique ou sociale nationale pesant sur une entreprise française risque de la rendre non compétitive, si une telle contrainte ne pèse pas aussi
sur ses concurrentes étrangères. Notre législation économique et sociale nationale est fondamentalement, totalement remise en cause par la Mondialisation.
Nous sommes contraints d'abandonner notre législation sociale nationale et de mettre en place de nouvelles règles du jeu. Il existe deux solutions à ce problème : là
encore, partisans de l'État et de l'individu s'opposent.
La première solution est étatique. Les partisans de Platon, de Marx et de Keynes croient à la supériorité de l'État sur les individus. Le Marché est mondial, il est donc nécessaire de créer un pouvoir politique mondial qui imposera à tous les individus et à toutes les
entreprises les mêmes contraintes sociales. On veut faire l'Europe sociale, le Monde social.
« Il ne faut pas laisser des lois économiques prétendument naturelles guider l'évolution de nos sociétés. Ce serait.
abdiquer nos responsabilités politiques. Nous devons au
contraire chercher à gouverner les forces qui sont à l'œuvre dans la mondialisation de l'économie » dit notre Premier ministre.
De tels propos sont logiques et normaux dans la bouche d'un économiste keynésien.
Ils sont étonnants dans la bouche d'un premier ministre qui a fait carrière aux Affaires Étrangères. On ne peut imaginer que tous les pays du monde vont se mettre d'accord dans un délai raisonnable
pour imposer à leurs entreprises et à leurs individus les mêmes contraintes sociales et économiques. Or la mondialisation n'est pas pour demain, elle est déjà là, et dans de nombreux secteurs nos entreprises ont le choix entre la délocalisation ou le dépôt de bilan, entre la valise ou le cercueil...
C'est la loi ou le contrat !
La deuxième solution est libérale. Les partisans d'Aristote, de Smith ou d'Hayek croient à la supériorité des individus. Car les individus savent mieux que l'État ce qui leur convient. Pour eux un contrat particulier entre deux individus est bien supérieur à une loi forcément mal adaptée à
chaque cas particulier. Ce contrat, négocié librement entre les salariés et les
entreprises peut régler les problèmes propres à chaque salarié, à chaque entreprise. La politique sociale ne se règle plus de façon impersonnelle au niveau de l'État, elle se règle entre hommes de bonne volonté au niveau de chaque entreprise.
Le président du Medef, le patron des patrons, propose donc aux syndicats une «
refondation sociale ». Un projet de réforme où le contrat individuel remplace la loi. Par exemple, chaque chômeur devient un cas individuel, lié à sa caisse allocatrice par un contrat personnalisé, comme chaque assuré contre l'incendie est lié à sa caisse
d'assurance par un contrat.
Au début, les syndicats semblent avoir été intéressés par cette
refondation sociale :
elle donnait en effet un nouveau pouvoir aux négociateurs syndicaux. Puis les partis marxistes, sentant la politique sociale échapper au pouvoir politique, ont vu le danger. Un à un des syndicats se sont retirés de la négociation. Enfin le gouvernement est intervenu.
Martine Aubry a réaffirmé avec vigueur la supériorité de la loi sur le contrat. La refondation sociale était morte.
En France, l'État passe encore avant l'individu.
-

- Rezala
a rétabli la peine de mort
- Guy Millière
Voici quelques jours, comme on le sait, Sid Ahmed Rezala s'est suicidé : en menant le feu à la cellule qu'il occupait dans une prison de Lisbonne. Ce fut aussitôt le déchaînement médiatique. Comment, dirent les uns avait-on pu laisser un tel acte se produire? N'y avait-il pas de gardiens pour surveiller les prévenus dans un pays moderne et européen comme le Portugal ?
Sera-t-il possible désormais, dirent les autres de savoir toute la vérité sur l'affaire ? On vit même un avocat déclarer que les familles désormais ne pourraient jamais
connaître le soulagement qu'apporte un procès et seraient dans l'incapacité de clamer que justice est faite. Le gouvernement français, bien sûr, demanda
"fermement" des explications au gouvernement portugais, qui se confondit en excuses.
Un tel acte s'est produit parce qu'un homme, aussi dépravé soi t'il, peut se trouver, quelle que soit la quantité de ceux qu'on emploie à le surveiller, face au tribunal suprême, celui de sa conscience. Rezala s'est suicidé, selon toute vraisemblance, parce qu'il ne pouvait pas vivre avec en sa mémoire la trace des crimes qu'il a commis. Nul ne devrait se poser de questions sur la possibilité de connaître la vérité : Rezala a avoué, et il a fait même mieux qu'avouer puisqu'il a tout expliqué, détails à l'appui, à un journaliste qui a publié l'entretien dans un hebdomadaire de large diffusion. Il n'y aura pas de procès, non, tout au moins pas de procès dans les formes que prend la justice aujourd'hui, mais on peut néanmoins dire que justice est faite, et mieux faite que dans le
cadre des procès qu'on connaît aujourd'hui en Europe.
Rezala s'est jugé, il s'est condamné à mort et il a lui même exécuté la sentence.
Rezala a rétabli la peine de mort et il l'a mise en oeuvre.
Dans ce contexte, on comprend, bien sûr, que des gouvernements qui préfèrent en général les bourreaux aux victimes et des dirigeants politiques qui se sentent le plus souvent emplis de sentiments fraternels vis-à-vis des assassins se trouvent gênés et réagissent mal. Un criminel se condamne lui-même à mort ?
Mais que deviennent alors les beaux discours et les effets d'estrade ?.... On comprend aussi que nul dans les sphères intellectuelles n'ait su comment réagir.
Un être abject peut-il se soustraire aux analyses des bien-pensants et venir rayer celles-ci d'un geste sans qu'elles n'apparaissent vaines et cuistres ?...
On comprend par contre difficilement que personne jusqu'à ce jour n'ait évoqué le centre du problème.
La peine de mort n'a jamais eu pour finalité d'être dissuasive, et parmi ses partisans nul n'a jamais déclaré ou même
sous entendu qu'elle pouvait être dissuasive. La peine de mort a toujours eu pour finalité, dans les sociétés de droit, d'être une légitime compensation, la réparation due à celui dont on a pris la vie et, par ricochet, à sa famille et à ses proches.
L'idée même de justice implique un châtiment équivalent au crime commis, et si elle n'implique plus de châtiment équivalent au crime commis ne mérite plus le nom de justice...
La peine de mort n'avilit pas celui qui la subit : elle le réintègre dans la communauté des hommes en lui disant: tu es responsable de tes actes et tu dois payer à la hauteur de l'abomination incluse dans tes actes.
Nous vivons, en Europe, dans des sociétés d'où l'idée de légitime compensation a disparu presque complètement, et où la seule attitude politiquement correcte est de faire preuve de compassion vis-à-vis de ceux qui ont commis l'irréparable.
Qu'on nous permette de penser que le scandale suscité par le geste de Rezala est, en pratique, un scandale face à la réintroduction, dans nos sociétés, de
manière violente et brutale, de l'idée de légitime compensation.
Nous vivons, en Europe, dans des sociétés où l'idée de la responsabilité des hommes par rapport à leurs actes a presque complètement disparu elle aussi.
Qu'on nous permette de dire que le geste de Rezala réintroduit, par effraction, l'idée de responsabilité dans nos sociétés.
Abolir la peine de mort par décret est une chose. L'abolir dans la concrétude du droit naturel et de la nature humaine est une autre chose. Sid Ahmed Rezala a vécu en criminel abject et vomitif. En choisissant de mourir, il a été à la hauteur de l'idée de justice. Il a réintroduit la peine de mort dans la réalité européenne et a montré que la justice excédait le simple cadre des tribunaux. Il s'est réintégré à la communauté des hommes dans laquelle il ne pouvait se réintégrer qu'en se donnant à
lui même la mort.

-
- Alain Dumait
L'Allemagne nouvelle a rompu avec le socialisme nationaliste, ou nazisme, en 1945. Elle a rompu définitivement et complètement avec le socialisme internationaliste, ou
communisme, en 1989 avec la chute du mur de Berlin et l'écroulement du régime fantoche de Berlin-Est- Elle vient de rompre avec le socialisme ordinaire, ou fiscalisme, avec l'adoption par les deux chambres de son Parlement de la grande réforme fiscale présentée par le chancelier social-démocrate Gerhard
Schröder.
Non pas qu'avec l'équivalent de quelque 300 milliards de F d'impôts en moins à payer chaque année d'ici à 2005 l'Allemagne puisse être considérée comme en voie de devenir un vrai paradis fiscal.
Certainement pas si on la compare à l'autre puissance économique européenne à gouvernement social-démocrate, la Grande-Bretagne, où les prélèvements publics obligatoires sont encore plus faibles-Mais peut
être si la comparaison est établie avec l'autre puissance à direction socialiste qui n'est autre que la France...
L'Allemagne avait déjà 6à 7 points de PIB de moins que nous,
absorbés par la dépense publique. L'écart va se creuser, l'objectif du chancelier
allemand, comme de tous les socialistes raisonnables d'ailleurs, étant de descendre en dessous de la barre des 40 % de dépenses publiques, alors que nous en sommes pour notre part à53%...
En passant, le nouveau gouvernement allemand met en
pièces ce qu'on appelait "le capitalisme rhénan", et qui n'était autre que le contrôle de
l'industrie allemande parles principaux établissements bancaires et
financiers, constituant leur establishment, à travers des participations réputées immobiles et définitives. Ce système avait de nombreux partisans en France du côté des technocrates, grands amateurs du jeu de Meccano, si possible avec l'argent des contribuables, au travers des holdings financiers de droit privé mais à contrôle étatique. L'idéal : les salaires et le pouvoir du capitalisme privé, avec la sécurité de la
L'exception française perd chaque jour du terrain
sphère publique ! Las ! Il a suffi que dans sa réforme le ministre des finances inscrive une disposition exonérant d'impôt sur les plus-values les cessions de participations industrielles des
"capitalistes rhénans" pour que ceux-ci fassent immédiatement savoir qu'ils comptaient bien s'en débarrasser au plus vite. Les grands groupes financiers allemands ne conservaient donc ces participations stratégiques que pour la raison que la loi fiscale les décourageait de faire autrement. Il n'y avait pas d'autre patriotisme économique. Les banquiers de Francfort n'étaient pas différents de ceux de Londres ou de New York !
Ils rêvaient d'être eux aussi des capitalistes à la mode anglo-saxonne !
La différence qui va vite apparaître c'est que leurs caisses seront bientôt pleines de l'argent que vont leur rapporter ces cessions d'actifs. La bourse allemande, plutôt du genre endormie, va se réveiller. Le cocktail marché « financier dynamique et fiscalité modérée », aussi bien pour les particuliers que pour les sociétés, est assurément le cocktail gagnant à l'heure
d'Internet.
Pour la France cette réforme fiscale allemande va d'abord avoir un effet d'appel d'air en particulier pour toutes les régions limitrophes de l'Allemagne.
Mais elle va surtout avoir pour conséquence de ringardiser un peu plus l'exception fiscaliste française.
Jacques Chirac, dans son intervention du 14 juillet, aurait pu saisir la balle au bond. Il a préféré revenir à son dada de la fracture
sociale.
Laurent Fabius pourrait en tirer argument pour imposer la réforme fiscale avec la réduction des impôts personnels et sur les bénéfices qu'il disait autrefois appeler de ses
vœux. Mais il semble plutôt engagé dans une campagne de séduction interne au Parti socialiste...
Les périodes de campagne électorale sont rarement propices aux réformes de structures.
Or nous sommes entrés en campagne électorale permanente avec la dissolution-suicide de Chirac en 1997. Pour la France, plus tôt aura lieu la prochaine élection présidentielle et mieux cela vaudra.
|