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En France, le pouvoir appartient
aux preneurs d'otages !
- Éditorial de Jean Rouxel
- Page Jean
Rouxel
Les revendications exprimées par les transporteurs routiers aussi bien que parles
bateliers, les chauffeurs de taxi ou les agriculteurs sont plutôt
raisonnables:
ils prétendent payer le litre de carburant professionnel au même prix que
leurs concurrents européens. Comme toutes ces professions subissent par ailleurs des charges sociales nettement plus importantes, on ne peut
que les comprendre.
Mais on sait bien que ce n'est pas tant, parce que leurs demandes
sont justifiées qu'elles sont ou seront satisfaites, mais plutôt parce que toutes ces catégories
ont les moyens de prendre les usagers en otage. Et aussi, il faut bien le dire, parce que le Gouvernement, celui-ci comme ses prédécesseurs, est incapable de résister à une demande exprimée énergiquement, avec à la dé,
le blocage général des routes ou de quelques équipements stratégiques bien choisis.
Le Gouvernement cède et satisfait non seulement les revendications légitimes mais également toutes les autres. On l'a bien vu avec le triple échec du Gouvernement Jospin au début de cette année, sur les dossiers de la réforme de l'Éducation nationale, de la réorganisation du Ministère des finances, ou bien encore la mise en route d'un processus de financement sérieux des pensions de retraites pour les trente
prochaines années.
Le pouvoir est dans la rue plutôt que dans les urnes !
Des électeurs, des programmes présentés pour attirer leurs voix, les politiciens professionnels, de droite comme de gauche, se soucient comme d'une guigne !
C'est dans ce contexte qu'il convient d'apprécier l'affaire corse qui, avec le départ sonore de
Jean-Pierre Chevènement, marquera un tournant dans la législature comme dans la courbe de popularité de Lionel Jospin.
Sans doute, dans le cadre d'une décentralisation bien comprise, et en application du principe de subsidiarité, peut-on aller très loin dans les pouvoirs laissés à une collectivité territoriale chargée d'administrer une région aussi particulière que l'île corse. Après tout nos voisins espagnols, italiens ou allemands pratiquent déjà largement cette forme de décentralisation avec de larges transferts de pouvoirs sans pour autant que soit mise en péril l'unité de ces nations.
Le problème n'est donc pas là. Il résulte du fait qu'une fois de plus on a cédé à la violence. Cela vaut pour la Corse comme pour les transporteurs routiers. C'est le signe que nous sommes dans un État de non-droit.
C'est la raison pour laquelle les réformes sont impossibles. Les ruptures en tiennent lieu.

Un
référendum grotesque
- Guy Millière
Quand les hommes politiques français cesseront-ils de nous prendre pour des imbéciles ?
Les Français sont si dociles...
Il suffit de leur dire de temps à autre qu'ils constituent un grand peuple et, comme par un réflexe pavlovien, ils frétillent... Si de l'argent manque dans les caisses, on lève de nouveaux impôts ou de nouvelles taxes: les Français pourront maugréer un jour ou deux, mais ils accepteront.
Ils acceptent toujours. Il y a des mots magiques pour ça. Nous sommes en démocratie, dira l'un.
Nous vivons dans un état de droit, dira un autre. Pour que les mots paraissent plus crédibles, on organisera des élections de temps en temps. On pourra même, pourquoi pas, organiser des référendums. C'est ce que vient de faire Jacques Chirac, et jusqu'au 24 septembre, nous allons entendre discourir sur le
quinquennat et sur le septennat, sur ce qui est moderne et sur ce qui ne l'est pas, sur ce qui convient au peuple français et sur ce qui ne lui convient pas. Les rôles sont déjà distribués et les conseillers en communication relisent les discours, les journalistes agréés peaufinent leurs questions. L'abstention sera peut-être forte, mais qu'importe.
Il y au ra toujours des votants.
Je dirai ici que pour ce qui me concerne, je ne voterai pas, et que si je devais faire campagne, ce serait non pas pour ou contre la durée du mandat présidentiel, mais contre, résolument
contre l'imposture.
La vérité oblige à dire que nous ne sommes pas et que nous n'avons jamais été en démocratie. La démocratie est
un régime où les gens votent en connaissance de cause et en prenant en compte ce qu'ils estiment être le bien commun du pays. Presque personne ne vote en connaissance de cause
en France, car personne ou presque n'a les connaissances requises en économie, en géopolitique ou en philosophie du
droit. Tout le monde ou presque vote à partir d'opinions, donc de croyances infondées. Presque personne ne vote en prenant en compte le bien commun du pays. Chacun - ou presque vote en tenant compte de son intérêt personnel, de l'argent qu'il espérera toucher en échange de sa voix, de l'emploi qu'il espère obtenir.
Une justice à la botte
Un référendum qui aurait un sens pourrait être un référendum qui proposerait d'instaurer la démocratie en France. Cela impliquerait l'instauration d'une vraie liberté de l'information, la disparition de tout système redistributif, de toute aide sociale, de toute subvention, de toute progressivité fiscale. Cela impliquerait aussi que nous soyons dans un état de droit, or, de
même que nous ne sommes pas en démocratie, nous ne sommes pas dans un état de droit...
Un état de droit est un régime où les principes du droit naturel sont posés au-dessus des lois et sont énoncés comme
préexistant à tout gouvernement. C'est un régime où tous les hommes, y compris les hommes politiques, sont égaux en droit, un régime où la séparation des pouvoirs existe et où le pouvoir suprême est celui des juges placés en position de gardiens du droit.
La France est un pays où l'idée de droit naturel reste méconnue ou incomprise. Les hommes n'y sont pas égaux en droit (si vous en doutez, examinez le fonctionnement de la Cour de justice de la République). Elle est un pays où la séparation et l'équilibre des pouvoirs sont absents et où la justice est à la botte du pouvoir exécutif.
Le référendum concernant l'instauration de la démocratie devrait dès lors porter aussi sur l'instauration d'un état de droit en France. Cela impliquerait que le texte contienne un paragraphe sur la séparation et l'équilibre des pouvoirs, un autre sur l'indépendance effective de la justice, un autre enfin posant en règle absolue une déclaration des droits naturels de la personne humaine en France...
Il ne resterait rien des institutions de la Vé République, direz
vous?
Il n'en resterait rien en effet.
La constitution de la Ve République est une constitution bancale. Depuis 1789, onze régimes politiques se sont succédé où se mêlent monarchie absolue restaurée et monarchie
constitutionnelle, autoritarisme et empires, républiques de vaudeville à instabilité gouvernementale garantie et républiques propices à l'autocratie. Il serait temps que cela cesse.

Cocorico
pour Zidane et Phu-Dung
Bernard Trémeau
Télé Loisirs » du 5 août.
Deux articles : un sur Zidane et un autre sur Phu-Dung. Une photo de Zidane faisait d'ailleurs la
" une " de l'hebdomadaire.
Cocorico. Grâce à Zidane, l'équipe de France de football a gagné la coupe du Monde et la coupe d'Europe. On murmure que le Réal Madrid est prêt à payer 650 millions de francs à la Juventus de Turin pour avoir parmi ses joueurs Zidane et qu'elle est prête à lui donner un salaire mensuel de 5 millions de francs. Les PDG qui forment l'équipe de France des entreprises nationales sont loin derrière Zidane.
Re-Cocorico. Grâce à Phu-Dung, l'Éducation Nationale française vient de sortir de ses rangs une jeune bachelière de 13 ans. Elle vient d'obtenir son bac
S (scientifique) avec la mention bien et 19/20 en math. On murmure que son QI est bien au-dessus de 125.
Zidane de son côté, Phu-Dung de l'autre, montrent que dans le domaine physique ou dans le domaine intellectuel, nous sommes tous différents les uns des autres. Ces différences font qu'il y a d'un côté ceux qui deviennent des champions: ils font partie de l'équipe de France ou ils font partie des jeunes bacheliers avec mention bien. Il y a donc de l'autre côté tous ceux qui ne sont pas des champions: ils sont incapables de taper correctement sur un ballon de foot ou ils sont incapables de lire ou d'écrire correctement. (Ce qui serait le cas de 10 % de nos élèves.) Toute construction de la société qui refuse de
reconnaître ces différences fondamentales est condamnée à échouer. Une société qui veut imposer l'égalité est obligée de le faire par la contrainte. Elle ne peut être que totalitaire. Elle reconstruit donc une société fondamentalement inégalitaire avec ses
"champions" qui vivent dans la nomenklatura et ses derniers de la classe qui vivent dans le goulag.
Le "prix" et les "revenus" de Zidane ne semblent pas choquer l'opinion publique française. Zidane est un champion qui permet à l'équipe de France, donc à la France entière de gagner. À tel point, que les hommes politiques français se précipitent sur les stades pour profiter de cette bonne opinion et augmenter leur score aux sondages. Par contre, les revenus d'un PDG qui rend l'industrie française compétitive et donne à la France des milliers d'emplois sont bien souvent jugés scandaleux et devraient donc être réduits de façon drastique.
La délocalisation de Zidane à l'étranger ne semble pas non plus choquer l'opinion publique française. Zidane y part pour deux raisons : les salaires y sont plus élevés et les impôts y sont inférieurs. Le jeune diplômé qui quitte la France pour faire du dollar aux USA, ou l'entreprise qui délocalise pour ne pas déposer son bilan, sont, par contre, considérés comme des traîtres.
Un dernier point très important doit être souligné. Une organisation rigoureuse et coûteuse permet à la France de repérer, sélectionner, former et
entraîner jusqu'au plus haut niveau ses champions sportifs.
Cette sélection est payante.
Par contre, une contre sélection tout aussi rigoureuse interdit à tout élève de l'Éducation nationale de sortir du rang.
Phu-Dung a eu très jeune son bac avec mention bien, malgré et contre l'Éducation nationale.
Plus de 50 % des surdoués se sentant exclus échouent dans notre système scolaire volontairement égalitariste.
Cocorico pour Zidane et Phu-Dung. Mais un hurlement d'horreur pour un pays qui par une fiscalité idiote chasse les capitaux, les champions, les cerveaux et les emplois.
Cocorico pour la sélection des sportifs. Mais un hurlement d'horreur pour un pays qui par une idéologie égalitariste folle massacre les potentialités intellectuelles de ses enfants.

Le courrier des lecteurs du
09 septembre 2000
à la page du courrier des
lecteurs
Cette semaine:
35 heures - Patrice Denis
Redevance TV (1) - Guy Pernia
Entente à droite - RS
Redevance TV (2) - J.P Regaud
Concorde - Marcel Boisot
Racisme - Dr
Jean-Marie Vilain
Millière Exagère
! - Pierre Lance

- .Révisionnisme:
les erreurs doivent être permises ...
-
- Marcel Boisot *
-
- Je crois comprendre que le tohu-bohu fait autour du nom de Renaud Camus provient de passages antisémites contenus dans son dernier livre
"La campagne de France".
Pour cause d'incompétence, mon propos ne saurait porter sur le contenu de cet ouvrage, mais sur le tintouin scandalisé dont il est l'objet et duquel je ne parviens pas à dégager la logique et la finalité.
- "Si vous fermez les portes à toutes les
erreurs. la vérité restera dehors " ( Rabindranath
Tagore )
-
1) De deux choses l'une :
ou bien ce qu'écrit R. Camus présente de l'intérêt (par exemple par l'originalité de ses vues) et il convient alors d'en analyser et discuter le bien fondé.
Ou bien, ce que dit ce livre est erroné et ne présente aucun intérêt. Dans cette hypothèse, pourquoi, face à la montagne d'inepties, de pornographies, de provocations à la violence, d'injures faites à l'esprit et à la dignité (dont on nous rabâche les oreilles), chaque jour publiées et diffusées sur les ondes - et qui ne rencontrent de la part de ceux qui font office de censeurs qu'indulgence complice ou indifférence - pourquoi donc a-t-on retenu particulièrement ce livre et selon quels critères objectifs ou souterrains?
- 2) Serait-ce que l'on tient le public comme intellectuellement
incapable de distinguer le vrai du faux, de reconnaître ce qui a de la valeur de ce qui en est démuni ?
- 3) Dans l'article 18 de la Déclaration européenne des Droits de l'homme (section 1 - les droits intangibles), il est souligné l'importance majeure
d'"une liberté qui représente l'une des assises d'une société démocratique [...], dans sa dimension religieuse, parmi les éléments les plus essentiels de l'identité des croyants et de leur conception de la vie" (cf. les droits de l'homme de P. Wachsmann, p. 68.
Ed.Dalloz).
(Ibid p. 81): "Le terme utilisé par l'article 10 de la Convention revêt une extension maximale, puisqu'il est indiqué qu'il comprend
"la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérences d'autorités publiques et sans considération de
frontière ".
L'article Xl de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 dit à peu prés la même chose en reconnaissant que
"la libre communication de pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de
l'homme:tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf
à répondre de l'abus de cette liberté, dans les cas déterminés
par la loi ".
- On conçoit que les expressions racistes, dont l'antisémitisme, propres à susciter la haine entre les individus, justifient la restriction à la liberté d'expression. Cependant, cette restriction est étendue par la « loi Gayssot » du 13 juillet 1990 qui condamne les thèses
"révisionnistes". or, le révisionniste porte sur un fait historique, particulièrement sensible certes, mais non sur un dogme canonique ou sur une conviction idéologique.
La loi anti-révisionniste soulève un problème aussi général qu'important, celui de savoir quelles sont les limites de la critique, celui de déterminer quelles sont les conditions dans lesquelles est admise l'erreur diffusée.
- 4) on touche ici l'aspect fondamental qui sépare la démocratie du totalitarisme (cf. Annah Arendt).
On sait aujourd'hui que la vérité absolue - y compris la vérité scientifique (et même mathématique) - est un leurre et que la liberté de douter en constitue le noyau essentiel (Karl Popper,
" La connaissance objective"). La contrainte inquisitoriale est un inhibiteur de l'intelligence et de la motivation à la découverte. Il n'est pas exagéré de dire que l'interdiction du doute - quel que soit le degré de l'objet sur lequel il porte
constitue un des plus grands crimes contre l'esprit.
- "L'erreur est l'écorce de la vérité" (La Kabbale). .I.
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Renaud Camus
- La campagne
- de France
(2e édition): journal 1994
Fayard |
Commander avec Alapage.com
* Ancien président de l'association des pilotes de chasse
de la France libre

- Guy Millière
Dans le désert intellectuel et moral que constitue en général l'ensemble des sorties cinématographiques de l'été en France, deux films paraissent constituer une exception à la règle.
Ce sont de grands films. Ce sont des films où les thématiques libérales et conservatrices se retrouvent sans
cesse.
Le premier de ces films est Gladiator de Ridley Scott. Les spectateurs se ruent en masse pour le voir, et c'est justice. Sur le plan de la construction, du travail de l'image, du jeu des acteurs et de la cohérence du scénario, il s'agit de l'un des meilleurs films de ces
dernières années et Scott y révèle une fois de plus qu'il est l'un des plus grands cinéastes de notre époque.
Nombre de spectateurs ne verront, cela dit, que peplum, évocation de l'Empire romain et combats dans l'arène là où il y a autre chose: le rappel de l'importance de ces valeurs essentielles et fondatrices que sont l'honneur, le courage, le respect de la parole donnée. S'il n'y avait que ce rappel, Gladiator serait déjà un film à marquer d'une pierre blanche dans la production actuelle. Mais il y a plus: au centre du propos réside l'idée qu'un homme droit, déterminé, peut redonner un sens de ce qui est important à une société décadente.
Au centre du propos réside aussi l'idée que la décadence vient de ce que ceux qui gouvernent une société peuvent conduire ceux qu'ils gouvernent vers la disparition et l'effondrement en se contentant de les distraire et de les transformer en assistés. Du pain et des jeux.
Un personnage dans le film déclare à propos de l'empereur Commode: il leur ôtera la liberté, et ils aimeront ça, il les conduira à la mort et ils aimeront ça aussi...
Je défie un spectateur libéral ou conservateur de ne pas penser au moment de cette réplique à François Mitterrand...
Le second des films est The Patriot. Les spectateurs seront vraisemblablement moins nombreux à se ruer vers lui malgré la présence à l'écran de Mel Gibson.
Le film est plus classique et moins imprégné de virtuosité.
Néanmoins, il constitue un rappel remarquable de ce que fut la fondation des États-Unis d'Amérique et du sens profond de cette fondation. C'est, comme le montre le film, parce que quelques hommes braves, animés par une morale de la liberté et de la dignité presque inconcevable de nos jours ont pris les armes, c'est parce qu'ils ont accepté toutes les souffrances et tous les sacrifices, qu'il existe les États-Unis et que les États-Unis peuvent apparaître à ce jour comme le seul pays fondé sur les idéaux du droit et de la dignité de la personne humaine.
Dès le départ, les États-Unis ont été un pays particulier, et un pays où les hommes ont payé le prix du sang pour que cette particularité soit.
Dès le départ, les États-unis ont prétendu à l'éthique et à l'universel et ont affirmé l'éthique et l'universel.
Ils sont l'accomplissement de ce que la civilisation occidentale a de meilleur et de plus digne. Et plutôt que de les critiquer, nous
devrions sans doute remercier le ciel et trouver logique que l'Occident ait permis à une superpuissance libre et bienveillante de voir le jour et de
garantir notre liberté à nous français, européens. Sans les États-Unis, aujourd'hui, nous serions déjà la vile colonie d'un totalitarisme, hitlérien ou léniniste. The
Patriot montre comment tout cela a commencé. sans les États-unis, nous serions demain à la merci de l'islamisme ou du communisme
chinois. The Patriot explique pourquoi cela n'arrivera pas.
Quelques grincheux et quelques idéologues diront, je sais, que le film montre des enfants prenant les armes et pratiquant l'autodéfense, Nous dirons ici que l'autodéfense est au coeur de la responsabilité individuelle et que The Patriot ne fait que le rappeler et rappeler la légitimité de l'autodéfense.
Les mêmes grincheux et les mêmes idéologues diront qu'en montrant des noirs libres et
combattant pour la liberté, The Patriot falsifie l'histoire. Il faudrait dire au
contraire que The Patriot rétablit l'histoire.
Il y avait dès les années 1770 des noirs libres dans les colonies anglaises d'Amérique, la Déclaration d'indépendance et la Constitution américaine ont reposé sur la reconnaissance de la
dignité de la personne humaine quelle que soit son origine. La Guerre de sécession a eu lieu parce que certains, dans le Sud profond, ont tenté de biaiser avec les Textes fondateurs. Elle a été
gagnée par ceux qui incarnaient ces Textes, et depuis ce sont les idéaux inscrits dans ces Textes qui se disséminent
sur la planète. Sans des hommes tels le colonel Martin incarné par Mel Gibson dans The Patriot, cette dissémination aurait été impensable.
Le site de Gladiator ( http://www.gladiator-thefilm.com/
)
Le site de The patriot ( http://www.columbiatristar.fr/00/the_patriot.html
)

- La
droite où l'on n'arrive jamais
- Alain Dumait
Le référendum du 24 septembre prochain sera assurément un bide. Sans doute, le « oui », a-t-il toutes les chances de l'emporter sur le « non ».
Mais le nombre d'abstentions, selon les dernières études
d'opinions, loin de diminuer,a tendance à augmenter. Il atteindrait (selon le dernier sondage Sofres-Figaro), le chiffre record de 61 %. Les Français s'intéressent
aujourd'hui au quinquennat autant qu'ils se sont passionnés, il y a quelques années,
pour le statut de la Nouvelle-Calédonie...
Privé de tout autre pouvoir que de parler, ou de se taire, Jacques Chirac, selon les mêmes études d'opinion, pourrait l'emporter sur Lionel Jospin à l'occasion de la prochaine élection présidentielle, toujours prévue pour le mois de mai 2002, deux mois après les élections législatives générales.
Cette perspective est évidemment confortée par la mauvaise passe que traverse l'horoscope
politique de Lionel Jospin, désormais à peu près seul au Gouvernement, face à son rival de toujours, Laurent Fabius, incapable de résister à quelque mouvement que ce soit, social ou professionnel, un tant soit peu véhément, et toujours obnubilé par son image et sa popularité.
Mais la réélection de Jacques Chirac se traduirait-elle par un changement de politique, un retour de balancier?
Signifierait elle, au-delà d'un changement de majorité et de personnes, la mise en oeuvre d'une autre politique aux plans économique, social, sociétal et culturel ?
Personne ne peut le croire sérieusement!
Car la différence entre la gauche socialiste et la fausse droite dirigiste ne cesse de
diminuer, la seconde s'alignant de plus en plus ostensiblement sur la première.
En somme, que le Gouvernement soit dit de gauche ou dit de droite, c'est toujours la
première qui cumule la réalité des pouvoirs, en particulier sur le terrain de la culture, de la communication et même de la philosophie.
Telle est la thèse défendue par Yves-Marie Adeline, dans un livre intitulé « La droite où l'on n'arrive jamais », et réalisé sous la forme d'un entretien avec Hugues de Soyecourt. Le premier, universitaire, 40 ans, a été successivement directeur de cabinet du centriste Jean Artuis puis, un peu plus tard, conseiller du maire Front National Jean-Marie Le Chevalier. On retrouve sa signature chaque semaine dans l'hebdomadaire « Légitimiste
» (http://www.vivat-rex.com/
). Le second est d'ailleurs le rédacteur en chef de cette publication.
Je n'ai pas l'honneur de connaître Yves-Marie Adeline. J'ai été d'autant plus sensible à la gentille dédicace qu'il m'a adressé.
Nous sommes sans doute en désaccord sur plusieurs points, notamment si nous avions à débattre du libéralisme et plus encore de l'individualisme... Mais, pour lui, le clivage droite-gauche est fondamental.
Même si, depuis 1789 au moins, la Constitution de la France est intrinsèquement de gauche...
Il est vrai que depuis cette date les piliers de notre héritage commun ont été largement combattus
et souvent effacés des mémoires du plus grand nombre de nos concitoyens. Que ce soit (pour reprendre les termes de l'auteur), l'héritage grec de la loi comme principe commun, l'héritage romain de l'autorité de l'État, l'héritage franc de la liberté et de l'égalité des individus, l'héritage chrétien qui impose une loi morale supérieure à toute autre.
Aujourd'hui, un changement de majorité parlementaire, le retour de la fausse droite aux affaires, Chirac à nouveau président, cela ne changerait à peu prés rien au paysage politique du pays.
Le constat est dur mais il est juste.
Adeline, selon moi, se trompe néanmoins sur un point, au moins : une bonne politique économique (inverse de celle qui fut menée entre
1995 et 1997 par Alain Juppé) contribue à transformer une société, permet non seulement l'enrichissement du plus grand nombre de ses membres mais encore apporte globalement des solutions à des problèmes collectifs qui autrement demeurent irrésolus. Que ce soit le financement des retraites, et donc la situation des citoyens les plus âgés, ou la question de l'immigration, essentiels à la cohérence sociale générale. C'est en tout cas ce que nous enseignent les États-Unis, depuis au moins dix ans.
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- La Droite
- où l'on n'arrive jamais
Yves-Marie Adeline
Editions Sicre
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Edition Sicre, 22 rue Diderot, 75014 Paris
Livre non disponible sur Alapage.com
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