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Détournement
du référendum du 24 septembre: mode d'emploi
- Éditorial de Jean Rouxel
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Plus de 60 % des Français auraient à ce jour
l’intention de ne pas aller voter le 24 septembre prochain, pour répondre
à la question qui leur est posée conjointement par Jacques Chirac
et Lionel Jospin à propos du raccourcissement de sept à cinq ans
de la durée du mandat présidentiel.
Comme on les comprend ! Certains sont attachés
au septennat, dont on leur a dit pendant des années et des années
que c’était la clef de voûte de nos institutions, d’autres
sont favorables au quinquennat mais pour autant, ne peuvent
certainement pas considérer qu’ils s’agit de la question
politique la plus importante du moment.
La question qui intéresse, qui concerne et même
qui passionne les Français, tout le monde la connaît : c’est la
baisse des impôts, la réduction des dépenses publiques, le
remboursement de la dette, le financement durable des retraites.
Bref, une réforme fiscale qui soit, non pas à la fois dérisoire
et démagogique comme celle de Laurent Fabius, mais une vraie réforme
durable, donc fondée sur des principes justes, acceptables par tous
les Français.
En allant voter le 24 septembre, tous les Français
ont la possibilité de faire savoir au trio complice
Chirac-Jospin-Fabius qu’ils veulent une telle réforme des impôts,
tout de suite, et rien d’autre.
Ils peuvent le faire savoir en mettant dans
l’urne non pas le bulletin « Oui » ou le bulletin « Non » mis
à leur disposition par la propagande officielle mais à la place le
bulletin proposé à tous les Français par Contribuables associés
(copie page 4).
Bien sûr, les bulletins de vote de
Contribuables associés seront comptabilisés parmi les blancs et
nuls, mais si les centaines de milliers de bulletins identiques à
celui-ci se retrouvent dans le fond des urnes le 24 septembre, cela
ne passera pas inaperçu. Ce sera un message clair et fort adressé
à tous les politiciens.
Cette campagne est légale, contrairement au
blocage des routes et des dépôts d’essence.
Elle est civique puisqu’elle incite les Français
qui pensaient s’abstenir à aller voter. Elle est opportune car,
qui ne l’entend, la révolte fiscale gronde.
Et elle est politique : les Français veulent
être consultés plus souvent. Mais sur les questions qui les
concernent vraiment et non pas sur des broutilles.
Le 24 septembre, nous pouvons, nous tous,
modestes citoyens, détourner le référendum constitutionnel pour
en faire la consultation que nous voulons et que nous attendions.
Aujourd’hui, nous pouvons, si nous le voulons, nous mobiliser pour
obtenir une vraie baisse des impôts. Une autre fois, nous le ferons
sur l’Europe ou le contrôle de l’immigration comme cela se fait
couramment en Suisse.
Le 24 septembre, allez voter pour vos idées !
Jean Rouxel
http://www.contribuables.org

Autriche:
un peu de bon sens
- Guy Millière
Depuis un peu moins de huit mois un
gouvernement autrichien auquel participent des amis de Joerg Haïder
est au pouvoir. À ce jour, aucun signe d’invasion de la Pologne
ou de la Tchéquie ne s’est dessiné. Nul pogrom n’a été
signalé à Vienne ou dans une autre ville d’Autriche, nulle loi
ou proclamation xénophobe n’a vu le jour. Haïder lui-même
s’est placé en retrait de la scène politique de son pays.
Pourtant, l’ostracisme à l’égard de l’Autriche a duré tout
ce temps, et les autorités françaises en ont été le fer de
lance…
Est-ce parce que les dirigeants européens
redoutent une remontée du nazisme ou du fascisme ? Non, bien sûr.
Même le politicien le plus ignare sait que fascisme et nazisme ont
presque totalement disparu de la carte politique de l’Europe
depuis plus de cinquante ans. Alors, de quoi s’agit-il ? Tout
simplement de l’avancée d’un néo-totalitarisme européen.
Depuis longtemps les communistes et les
socialistes usent et abusent des mots nazisme et fascisme pour discréditer
leurs adversaires. Désormais cet instrument de discrédit est
utilisé par la quasi-totalité de la classe politique européenne.
Il y a officieusement, et parfois officiellement, une liste de thèmes
tabous à ne plus aborder pour un politicien européen sous peine
d’ostracisme. Il y a, en parallèle, un lexique de mots et un
catalogue d’attitudes qu’il est impératif d’aborder, qu’on
se dise de gauche ou de droite.
N’évoquez pas la peine de mort. Sinon pour
dire que vous êtes contre. Résolument contre. Et n’oubliez
surtout pas d’ajouter que George W. Bush, gouverneur du Texas, et
peut-être futur président des Etats-unis est un boucher, symbole
de la barbarie américaine.
Ne parlez de l’immigration que pour dire que
plus l’Europe sera métissée et pluriculturelle, plus elle sera
grande et belle.
Ne parlez pas, même à mots couverts des
valeurs irremplaçables de la civilisation occidentale, ou on
cherchera dans votre arbre généalogique si vous avez des liens de
parenté avec Adolf Hitler.
Si vous osez dire qu’il y a, selon toute
apparence, une sur délinquance arabo-musulmane en France, vous
aggraverez définitivement votre cas et vous serez aux portes de la
prison.
Et si vous ajoutez que les immigrés s’intégreraient
mieux si on leur montrait qu’ils ont des raisons d’être fiers
de devenir européens et s’intègrent sans doute plus mal parce
que, dès l’école, on ne cesse de leur parler de la « culpabilité
coloniale » de l’Europe, vous pourrez sentir monter à vos
narines l’odeur humide des cachots.
Autres tabous par excellence : le refus de l’Europe
technocratique qui vous vaudra le label d’anti-européen ringard ;
la proclamation d’une nécessité de baisser fortement les prélèvements
obligatoires ou de la nécessité corollaire de supprimer les procédures
de redistribution sociale : dites un seul mot sur ces sujets et on
vous accusera de faire partie de la plus abominable des sectes, la
secte néo-libérale.
Vous pouvez par contre dire que le communisme a
été un bel espoir pour l’humanité : on vous trouvera ouvert et
on vous saura gré de ne pas rappeler sans cesse que le communisme a
inventé les camps de concentration et a été la matrice de tous
les totalitarismes du siècle. Après tout, des communistes siègent
au gouvernement en France, et vous ne voudriez tout de même pas les
indisposer avec vos propos malséants ! Vous pourrez parler de
justice sociale et d’acquis sociaux, c’est, comme on dit dans la
gauche branchée très tendance. Ajoutez quelques phrases sur les périls
de la mondialisation, vous pourrez ainsi acquérir l’aura d’un
penseur profond.
N’évoquez pas, mais alors là, surtout pas,
la pusillanimité et le cynisme de dirigeants européens qui, tout
en condamnant l’Autriche au nom d’accusations infondées, ont
fait montre de la plus extrême bienveillance vis-à-vis de
gouvernements, eux, vraiment et viscéralement anti-sémites, tels
les gouvernements syriens ou iraniens. Ne posez pas de questions sur
les aides accordées par l’Union Européenne à des dictateurs en
exercice tels Fidel Castro, aux fins que ceux-ci se maintiennent au
pouvoir et continuent à étouffer leur peuple. Ne posez pas de
question non plus sur les tapis rouges déroulés partout en Europe
sous les pieds de criminels tels Jiang Zemin. Vous passeriez aussitôt
pour un immonde personnage, indigne d’être européen.
Peut-être vous accorderait-on l’asile
politique en Autriche. Peut-être vous expulserait-on immédiatement
vers l’Amérique du Nord.

La
taxe Tobin : on contre-attaque
- Bernard Trémeau
- page
Bernard Trémeau
Dans les années 1970, alors que les économies
étaient encore essentiellement nationales, et que le contrôle des
changes existait pratiquement partout, un économiste de renom,
Tobin, avait proposé de taxer les mouvements spéculatifs de
capitaux. Tout capital à destination spéculative franchissant une
frontière aurait été taxé. Le produit de ce nouvel impôt aurait
permis d’aider les pays en voie de développement.
Ce nouvel impôt plaît aux économistes keynésiens
qui pensent qu’en matière économique l’ordre ne peut venir que
d’une action de l’État. La taxe se serait opposée aux
mouvements spéculatifs. Elle plaît aussi aux marxistes : les méchants
capitalistes sont pour eux des ennemis qui exploitent les pauvres
travailleurs. Taxer les capitaux rétablit la « justice sociale ».
Elle plaît enfin aux démagogues de tout poil, car beaucoup d’électeurs
croient encore qu’un impôt prélevé sur un autre n’appauvrit
que l’autre. Les « capitalistes » étant en principe peu
nombreux, proposer de les taxer, c’est s’attirer le vote de la
masse des électeurs. C’est donc électoralement payant.
La création d’une telle taxe s’est heurtée
immédiatement à deux difficultés techniques majeures. Elle exige
d’abord que tous les pays du monde l’appliquent. Le pays qui
taxe les mouvements de capitaux les chasse, alors que le pays qui ne
les taxe pas les attire : sans capital, pas d’investissements, pas
d’outil de travail performant, donc le sous-développement et la
pauvreté. Elle exige ensuite que l’on définisse avec précision
ce qui est un déplacement « spéculatif » de capitaux. C’est
strictement impossible. Seule la taxation de tous les mouvements de
capitaux aurait pu en pratique être mise en place. L’idée de la
taxe « Tobin » a donc été abandonnée.
Trente années plus tard, en l’an 2000, nous
vivons chaque jour un peu plus la mondialisation de l’économie.
Le contrôle des changes est progressivement abandonné par tous les
pays. Des milliards de dollars, de livres ou de francs franchissent
chaque heure les frontières. De banque à banque, d’entreprise à
entreprise, de particulier à particulier. Par lettre de change, par
fax ou par Internet. Actions, obligations ou entreprises changent de
main tous les jours. Les capitaux circulent maintenant aussi
librement entre la France et l’Allemagne qu’entre la Bourgogne
et l’Alsace.
Taxer de tels mouvements de capitaux devient
fascinant pour ceux qui y croient, ou font semblant d’y croire.
Dans un tel contexte, une association, « Attac », a été créée
en France. Elle fait pression sur le gouvernement pour que la France
pousse le monde entier à créer ce nouvel impôt. Cette association
regrouperait 26.000 adhérents.
Comme l’électorat de la majorité actuelle
croit encore aux idées de Keynes et de Marx, le Ministre des
Finances est obligé d’écouter « Attac ». Il reçoit ses délégués,
prend une position favorable pour la taxe, et fait immédiatement
faire une étude technique par ses services. Hélas, trois fois hélas.
La réponse quasi immédiate des services du Ministère des Finances
est défavorable à la taxe. Notre pauvre ministre ne pourra pas la
défendre, malgré toute son envie de le faire.
Mais Attac ne désarme pas. Elle accuse même
le ministre d’avoir un peu vite sorti de ses cartons des obstacles
techniques ou diplomatiques infranchissables. La pression continue.
Une suggestion vient alors à l’esprit. Notre ministre étant
favorable à la taxe Tobin et la France étant divisée en 21 régions,
pourquoi ne pas taxer les mouvements spéculatifs de capitaux entre
ces régions, entre la Bourgogne et l’Alsace par exemple, et
utiliser le produit de la taxe pour développer les régions qui en
ont besoin, la Corse par exemple ?
Quand on voit l’énergie et l’argent qui
sont dépensés pour aller à reculons, on arrive parfois à croire
que le bon sens a quitté une partie de notre pays.
Fondons « Contre-Attac ». Exigeons un impôt
de moins, pas un de plus…
| Quelle récup’
Un observateur attentif de la vie
politique hexagonale a rappelé à juste titre qu’il y a un
fort décalage entre les dirigeants verts, ex-gauchistes et déchaînés,
et l’électorat vert, plutôt « snob ». La gauche
n’inclut donc pas seulement la gauche caviar mais de surcroît,
elle inclut la gauche pas encore parvenue au caviar mais «
snob ». Cela doit déplaire assurément à Monsieur Chevènement,
ni branché « caviar », ni « snob ».
Rosamund Oudart, Paris – 75 |

Le courrier des lecteurs du
16 septembre 2000
à la page du courrier des
lecteurs
Cette semaine:
Les Pauvres ! - Marc Fievet
Souverainisme - Quéval Pierre
Vous avez dit "démocratie" ? -
Marcel Boisot
Concordre et aéroports de Paris - Marc F,
Lannezen
Génocide - Etienne Alizon
Anecdote vécue
- Victor Sidoine

- Essai
de lexique marxiste
Bernard Comyn (Arques – 62)
– Argent propre : celui des
fonctionnaires.
– Argent sale : celui des commerçants.
– Assassin : vieille brute
intellectuelle aux 100 millions de morts. La gauche aime le sang. Le
tueur peut compter sur elle.
– Commerçant : Personnage non fréquentable
à pressurer fiscalement.
– Contradiction : se souvenant des
premiers chrétiens dévorés par les lions, les premiers marxistes
offrent à leurs adversaires la guillotine ou une balle dans le crâne.
La culture marxiste n’aime pas la contradiction. Le non-marxiste
est donc un réactionnaire, un nazi ou un demeuré, jamais un
intellectuel ni un penseur.
– Convivialité : elle règne dans une
réunion d’hommes de gauche qui ont levé le coude sans modération
aux frais du contribuable. Les hommes de gauche se réunissent
souvent.
– Discours : celui de l’homme de
gauche annonce de nouvelles mesures en faveur des plus démunis et
remercie les fonctionnaires pour leur dévouement.
– Droite molle : Vieux fonctionnaires
diplômés de l’ENA ralliés par souci de carrière et de retraite
à la gauche à qui ils offrent leur précieuse collaboration. Ils
font ainsi de l’opposition constructive.
– Émotion : le sentiment de l’homme
de gauche quand il parle à la télé de ses origines modestes et de
ses parents travailleurs exploités.
– Fisc : ensemble des bureaucrates
chargés de financer le marxisme.
– Fonctionnaire : individu non
courageux souvent en vacances sinon occupé à remuer de la
paperasse et à préparer sa retraite. Moins attiré par l’effort
que par le marxisme.
– Gant de velours : solidarité,
justice sociale, service public, convivialité.
– Main de fer : mise en demeure,
majoration de 10 ou 20 %, redressement, contrainte par corps,
saisie-vente aux enchères des biens du contribuable pas assez
solidaire.
– Intellectuel : se croit intelligent
mais il est seul de cet avis, se dévoue à la propagation du
marxisme.
– Marxisme : religion née de la pègre
en France en 1789 devenue religion d’état, l’État étant
l’idéal du marxiste idéal qui le remplit d’émotion. Jour
saint le 14 juillet.
– Massacre : Employé par les premiers
marxistes (Robespierre, Staline) pour diminuer le nombre de mécréants.
Remplacé aujourd’hui par l’action de l’intellectuel qui a
l’avantage de préserver la matière fiscale.
– Partage : le marxiste partage son émotion,
son idéal et l’argent du contribuable (le sien étant en Suisse).
– Pays étranger : pays qui ne profite
ni de la compétence de nos dévoués fonctionnaires, ni des
bienfaits de notre fisc. L’homme de gauche se prononce pour un
marxisme sans frontière mais le pays étranger n’a pas l’air de
comprendre, surtout la Suisse.
– Penseur : cerveau marxiste non
concerné par la fuite des cerveaux vu qu’il n’est pas demandé
hors de France.
– Progrès : tout ce qui favorise le
marxisme. Le marxiste est un homme de progrès ou progressiste (on a
le choix).
– Suisse Autriche Lichtenstein : pays
non progressistes ne jouissant pas de la faveur de l’homme de
gauche, bien qu’il puisse avoir un compte en Suisse, et même une
résidence pour le cas heureusement peu probable d’élections défavorables.
– Cuba, Corée du Nord : pays honorés
de l’approbation du même homme.
– Tolérance : le marxiste y a droit.
– Rigueur de la loi : applicable au
non marxiste.
– Vertus ringardes : courage, honnêteté,
politesse.
– Vertu nouvelle : pédérastie
– Péchés mignons : vulgarité, lâcheté,
vol, trahison, culte de la fripouille, complicité de meurtre,
falsification de l’histoire, vandalisme, viol, racket.
– Péché grave : la fraude fiscale.
La lettre anonyme au fisc pour dénoncer un fraudeur est une action
de progrès. L’homme de gauche tolère tout sauf la fraude
fiscale. N’abusons pas de sa bonté.
– Victimes ou famille de la victime quand
c’est la victime d’un assassin et que la victime n’est plus là
: gens encombrants qui ne comprennent pas les valeurs de la gauche.

- Les
choses ont un prix et un seul !
-
- Bernard Piard
-
Les politiciens détestent le marché, qui fixe
les prix de toute chose et procède, sans bureaucratie inutile, à
une juste répartition des biens, des services et des richesses en
fonction des mérites de chaque individu. Car le marché a un grave
défaut : il se passe des services des politiciens. Il n’a pas
besoin d’eux. C’est pourquoi ceux-ci n’ont de cesse de le
supprimer.
On a vu, avec l’expérience mortifère de
l’Union soviétique et des pays sous sa tutelle, ce à quoi
aboutissait la suppression pure et simple des mécanismes de marché.
Aussi, ailleurs, les politiciens s’y prennent-ils autrement. Ils
disent respecter le marché mais prétendent qu’il faut concevoir
des exceptions.
« Le marché c’est très bien, mais pas pour
la santé, pas pour les produits culturels, pas pour les biens de
première nécessité, pas pour le logement, pas pour le prix des
carburants… ».
Ces exceptions au marché, défendues ou
admises par tous les politiciens sont spécialement en vogue chez
les plus marxistes d’entre eux. Pour eux les prix naturels
n’existent pas. Ils sont faits pour être manipulés. Ils tiennent
l’économie pour un grand jeu de bricolage !
La part des prix réglementés dans une économie
mesure avec exactitude son niveau de collectivisation.
À cet égard force est de constater que,
depuis vingt ans, la collectivisation a beaucoup progressé en
France. Un secteur comme celui du logement sera bientôt
majoritairement aux mains des monstres juridiques que sont les sociétés
d’économie mixte et les organismes HLM.
Apparemment, cette collectivisation semble
recueillir un soutien populaire. La blague de l’exception
culturelle française passe bien auprès de l’opinion. Et le
monstre de la Sécurité sociale est tenu par un grand nombre de nos
compatriotes comme un acquis social qu’il convient de défendre.
Pourtant, à certaines occasions, l’opinion
se manifeste bruyamment et massivement contre les manipulations des
prix.
C’est sans doute l’un des sens de la révolte
qui s’est développée la semaine dernière contre le Gouvernement
a propos des prix du carburant.
Certes, la fiscalité pétrolière est énorme.
Sur certains produits la taxe dépasse 80 %. Mais on peut en dire
autant d’autres produits, comme le tabac ou les alcools.
Ce qui a certainement contribué à la colère
des consommateurs, c’est l’inégalité qui résulte de la réglementation
des prix des produits pétroliers. Le même litre de gas-oil est
vendu à des prix très différents selon l’usage qui en est fait,
par un pêcheur, un agriculteur, un automobiliste, selon qu’il
s’agit d’un carburant ou d’une énergie domestique.
Or, un produit donné, à un endroit donné
doit avoir le même prix pour tout le monde. C’est ça la justice
et pas l’inverse ! Les Français l’ont compris pour le fuel. Que
ne le comprennent-ils pas pour la Sécu ou le logement social…
| Courrier
Les Etats-Unis et l'Islam
« Sans les Etats-Unis, nous serions
demain à la merci de l’islamisme […] », écrit Guy Millière
dans Les 4 Vérités du 9
septembre. Ce n’est pas l’opinion d’Alexandre Del
Valle* selon qui la diplomatie américaine pousse l’Union
Européenne à faire le lit de l’Islam dans les Balkans.
L’« hégémonie bienveillante » des États-Unis
chercherait à perdurer en empêchant l’apparition de
concurrents en Asie et en Europe, notamment en retardant l’émergence
de l’Europe comme puissance géopolitique. L’opinion américaine
serait divisée entre des universitaires conscients que
l’islamisme est la menace fondamentale pour l’Amérique et
pour l’Europe occidentale et slavo-orthodoxe, et les
Administrations américaines qui s’obstinent à poursuivre
la stratégie pro-islamique inaugurée pendant la guerre
froide pour affaiblir la Russie soviétique. Les pays d’Europe
occidentale, dont la diplomatie est à la botte de Washington
(Bosnie, Kosovo, Tchétchénie…), s’opposent à nos
cousins slaves, et favorisent des asiatiques islamisés, nos
ennemis séculaires, notamment les Turcs musulmans dont
l’entrée dans l’Union Européenne est soutenue
vigoureusement par les États-Unis.
Acheter Guerre
contre l'Europe
avec Alapage.com
Jean Gérardin, Sardon – 63 |

- La
droite où l'on n'arrive jamais
-
- Jean-Cristophe Mounicq
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On aimerait pouvoir disserter
consciencieusement sur le quinquennat. Mais au fur et à mesure que
l’on se rapproche du scrutin, le désintérêt des Français ne
cesse de croître. Le quinquennat ne requinque rien. Et pour cause.
Les partis politiques, à commencer par ceux de droite, ayant failli
à leur mission première, organiser le débat sur les vrais sujets,
notre démocratie n’est plus que virtuelle. Engluées dans de
pitoyables rivalités personnelles, et surtout incapables de se
retrouver sur une ou deux idées communes (moins d’impôts, plus
de sécurité), les droites – démocrate-chrétienne, libérale,
gaulliste et nationaliste – sont mortes. Sans droite, pas
d’alternance à la gauche. Sans alternance réelle, les urnes
perdent leur intérêt. Les combats se transportent dans la rue.
C’est là que les catégories socioprofessionnelles viennent réclamer.
Comme, en face, elles n’ont jamais que des énarques sans vision
ni courage, les démonstrations de force, c’est-à-dire de capacité
de nuisance, paient. Même si elles paient dans des proportions très
différentes : ce n’est pas demain la veille que les routiers, les
paysans ou les taxis obtiendront des conditions de travail, de
salaire et de retraite équivalentes à celles des fonctionnaires…
Avec Jospin, la France a atteint un nouveau
sommet de nullité politique. Sa « géniale » méthode – écouter,
dialoguer, arbitrer – n’est que le paravent de son immobilisme
sur les réformes structurelles (retraite, éducation, fiscalité)
dont nous avons besoin. Il ne construit rien. Il cède. D’abord
aux lubies gauchisantes et absurdes d’Aubry, des Verts et des
communistes : 35 heures, emplois-jeunes, couverture maladie
universelle, régularisation des immigrés, augmentation des minima
sociaux. Toutes mesures aux conséquences catastrophiques : pénurie
de main- d’œuvre, multiplication des conflits sociaux,
augmentation des dépenses publiques, immigration supplémentaire,
assistanat généralisé, tensions ethniques et violences en tout
genre. Il a également cédé à ses alliés, les syndicats, qui, en
France, ont pour seuls adhérents des fonctionnaires (et pas les
plus brillants, selon Claude Allègre) : rejet de la refondation
sociale et des fonds de pension, arrêt des réformes à Bercy et à
l’Éducation nationale, augmentation du nombre des fonctionnaires,
maintien de leurs privilèges.
À force de céder sur tout, Jospin a fragilisé
sa majorité (mécontentement des Verts), perdu ses poids lourds
(Allègre et Chevènement) et poussé les Français dans la rue.
Quel retournement : les Français qui se disaient heureux à 90 % au
mois de juillet sont 88 % en septembre à soutenir les grèves et le
chaos qui les gêne pourtant. La hausse du prix du pétrole leur
fournit une incroyable occasion de manifester leur ras-le-bol. Le
ras-le-bol des contribuables pressurés. Le ras-le-bol des forces
vives de la nation qui entretiennent toute la machine économique et
sociale. Quel spectacle : les artisans, les commerçants, les
restaurateurs, les médecins, les professionnels du BTP viennent
renforcer les barricades des camionneurs, agriculteurs, VRP,
caristes, ambulanciers et autres taxis. Les camionneurs s’épuisaient.
Les paysans sont arrivés avec leur logistique, leurs tentes, leurs
produits du terroir. Des commerçants, des artisans, qui ne peuvent
jamais manifester ni se mettre en grève, contrairement aux
fonctionnaires, en ont profité. Ils sont montés sur les barricades
apportant du pain et des croissants.
Ils réclament une baisse de la TIPP (Taxe intérieure
sur les produits pétroliers), de la TVA mais aussi de la taxe
professionnelle et des charges sociales. Le message est limpide :
moins d’impôts et de charges. C’est une jacquerie fiscale qui
aurait pu aller loin si elle n’avait été reprise en main par les
syndicats patronaux. L’énarque Ernest-Antoine Seillières s’est
empressé de siffler la fin de la partie, donnant ainsi un coup de
main, plus ou moins volontaire à son camarade de promotion Lionel
Jospin. Le président du Medef a par là même ravivé la fracture
entre les grands et les petits patrons, les parisiens et les
provinciaux. La FNTR et la FNSEA lui ont emboîté le pas. Les
manifestants se sont satisfaits de miettes : trois ridicules
milliards. Fabius en avait lâché 120, dix jours plus tôt. Et l’État
nous en prend 400 de plus par an, depuis que Jospin est arrivé.
Trois petits milliards : un montant logique. Les vraies réductions
d’impôts sont impossibles puisque ce gouvernement ne veut pas réduire
les dépenses publiques. Comme les dépenses publiques servent à
entretenir sa clientèle électorale, il est vain d’attendre un
changement d’orientation.
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