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CHIFFRES SIGNIFICATIFS 

Satanisme

« Plus de 4 % des 3 500 personnes disparues et non retrouvées annuellement en France sont victimes de sacrifices rituels »  (Jean-Marc Soyez, auteur du « Chaudron de la sorcière et autres histoires mystérieuses »).

 

Anti-euro

63 % des Allemands (77 % dans l’ex-RDA) préféreraient garder le mark. Dans le même temps, 80 % des jeunes Anglais se déclarent opposés à l’abandon de la livre. Quant au Danemark, il s’apprête à rejeter la monnaie unique lors du référendum du 28 septembre.

Heureusement que les Français ne seront pas consultés.

 

Jospin : le record

La chute de 20 points enregistrée par Lionel Jospin dans les sondages lui permet de battre les records d’Alain Juppé (– 16 points en 1995) et d’Édith Cresson (–15 points en 1991).

 

Contagion

Près d’un quart des Bretons serait favorable à l’indépendance de leur région, selon un sondage CSA-Télégramme de Brest-Presse-Océan…

 

Sagesse russe

Pour la première fois depuis la chute de l’empire, la Russie va connaître un budget excédentaire. Non seulement elle va profiter de la hausse du pétrole, dont elle est le 3e producteur mondial, mais son Ministère des finances avait eu la sagesse, l’année dernière, de tabler sur un pétrole à 18 dollars.

On aimerait voir Bercy aussi prévoyante

 

 

 

 

 

 

FAITS DIVERS 

 

Métro privatisé

Le secrétaire aux finances de Hongkong a annoncé le 11 septembre l’intention des autorités de mettre sur le marché 20 % de la société publique qui gère le métro de la ville. Une partie du capital à mettre en bourse ira aux employés.

 

Zéro papier

L’Italie est le premier pays au monde où l’ensemble des contribuables, en juin dernier, a transmis électroniquement sa déclaration de revenus : les contribuables non-équipés ont eu recours à un intermédiaire.

 

Pédophiles

En Lettonie, un amendement au Code pénal, proposé par un député du parti conservateur (au pouvoir), vise à autoriser les juges à condamner les pédophiles récidivistes à la castration, même sans leur demander leur avis.

 

Pérou

Suite à une affaire de corruption, le président démocratiquement élu et réélu depuis 1990, Alberto Fujimori, a annoncé sa démission le 17 septembre.

La presse française, qui n’a eu de cesse de l’agresser, oublie qu’il est l’homme qui a sauvé le Pérou du terrorisme d’extrême gauche, avec l’éradication du Sentier Lumineux, et de la ruine économique provoquée par les sociaux-démocrates (en 1990, l’inflation s’élevait à 7600 %, le pays connaissait une récession de – 4,5 %. Aujourd’hui, les prix grimpent de 8 %, le nombre de fonctionnaires a été réduit d’un million, le déficit budgétaire est comblé, et la croissance est l’une des plus fortes d’Amérique latine).

 

 

 

 

 

MEDIAS 

Taxe

« À terme, il sera difficile de fonder une taxe sur la possession d’un poste de télévision, alors même que les contenus audiovisuels ne seront plus ou peu diffusés par ce dernier » (Catherine Tasca)

En attendant la redevance va être reconduite, en application du principe de la politique de l’autruche…

 

Canard

Pour la deuxième année consécutive, les ventes du Canard Enchaîné ont baissé l’année dernière. La diffusion totale payée a été en moyenne de 436 950 exemplaires.

 

Presse

La guerre des prix fait rage sur le marché des journaux populaires à New York. Le New York Post de Rupert Murdoch va être proposé à 25 cents, soit moins de 2 F…

 

Publicité

La publicité en ligne sur Internet devrait au moins quadrupler d’ici à la fin de 2004. À ce moment-là, le volume de la pub en ligne pourrait même dépasser en valeur celui dont bénéficient la télévision et la presse périodique.

 

Internet

80 % des journalistes utilisent maintenant Internet. Dans les entreprises, son usage a maintenant dépassé celui du fax pour l’échange de documents.

 

Virus

Le dernier virus informatique « I love you » aurait fait quelque 7 millards de dollars de dégâts. L’auteur présumé de ce cybercrime, un jeune philippin de 23 ans, Onel de Guzman, ne sera pas inquiété…

 

 

 

SIC

Un vrai corse

« Ça fait dix ans que nous avons interdit de séjour en Corse Monsieur Le Pen » (Jean-Guy Talamoni, sur Europe 1, dimanche matin, à Jean-Pierre Elkabach,qui a eu l’air de trouver ça très bien...).

 

Tolérance

Alain Bauer, nouveau grand maître du Grand Orient de France : « nous acceptons dans nos loges des représentants de tous les partis politiques, sauf les nazis et le Front National ».

 

Cuba

« Les relations bilatérales entre la France et Cuba sont excellentes : quatre membres du gouvernement actuel se sont déjà rendus en visite officielle dans l’île » (Georges Hage, député communiste du Nord, commission des affaires étrangères).

 

Radotage

« L’esprit critique ne trouve plus à se manifester que dans le radotage de bonnes causes rituelles : anti-racisme, anti-sexisme, lutte contre l’homophobie, justice sociale ou la citoyenneté… » (Philippe Muray, auteur de « L’empire du bien », Les Belles Lettres).

 

Lâcheté

« Il faut tenir compte de l’évolution de la société » (François Fillon, proche de Seguin). Traduction : « Il faut que le RPR soit encore plus à gauche ».

 

Vignette

« La suppression de la vignette est injuste parce qu’elle favorise les plus riches » (Jean-Louis Debré).

L’intéressé qui roule dans une voiture avec chauffeur, n’a pas payé de vignette depuis longtemps…

 

 

 

 

 

Les 4verites N°275 du 23 septembre 2000

 Sommaire:

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Euro, pétrole brut : nos politiciens n’ont rien à dire !

 Jean Rouxel

L’actualité qui concerne vraiment les Français n’est pas tant le référendum de dimanche prochain (caricature de consultation démocratique), ni même l’adoption en conseil des ministres mercredi dernier du projet de budget de l’État pour 2001 (fruit, pour l’essentiel, de misérables compromis négociés entre les bureaux de Bercy et les syndicats des autres ministères), que l’évolution de l’euro et celle des prix du pétrole.

Mercredi matin, le cours de l’euro est tombé en-dessous de 85 cents pour 1 euro. Soit une dégringolade depuis un an et demi de près de 30 %. Or, sans avoir jamais consulté les Français, le Gouvernement s’apprête dans quelque mois – le 1er janvier 2002 – à abandonner le franc français pour cette nouvelle et faible monnaie européenne.

Pour lutter à armes égales avec le dollar, il eût fallu s’en donner les moyens collectifs (voir l’article de Guy Millière). Et c’est ce qui n’a pas été fait, ni au niveau de l’Union européenne, ni à celui de chacun des pays qui la composent présentement, ni en particulier celui du gouvernement français.

Or, le processus qui mène à la disparition du franc peut encore être interrompu. On peut très bien conserver l’euro pour les mouvements financiers internationaux, comme cela se fait déjà, et conserver aussi dans nos poches le franc français sans avoir à chaque instant besoin de le diviser ou de le mutiplier par 6,55957.

C’est la proposition de Michel Pinton dont nous publions la pétition nationale page 5.

S’agissant du pétrole brut, sans doute les prix en sont-ils fixés par le marché et sont-ils manipulés par les principaux producteurs d’or noir réunis au sein de l’oligopole dénommé OPEP. À près de 40 dollars le baril de pétrole brut, on peut parler de crise de l’énergie pour les pays consommateurs.

Depuis 1973, c’est donc la troisième du nom. En vingt-sept ans, il était possible de développer des ressources énergétiques alternatives au pétrole. C’était le sens du programme nucléaire civil français. Et c’est l’honneur de Valéry Giscard d’Estaing et de ses ministres de l’avoir à l’époque relancé. François Mitterrand a freiné les ardeurs des écologistes anti-nucléaires. Lionel Jospin leur a cédé davantage. Il a eu tort. 

Feue l’Europe vraie

Guy Millière

 

Dans quelques mois, l’euro deviendra la monnaie européenne, le franc disparaîtra, comme le mark, comme la lire italienne, comme toutes les monnaies de l’Euroland. Le fait que l’Euro ait perdu toute chance de devenir une monnaie de réserve n’y changera rien. Le fait que l’Euro soit une monnaie destinée à être structurellement faible n’y changera rien non plus. Plutôt que de dire qu’aussitôt les coupes de champagnes remplies pour fêter la naissance de l’Euro ont été vidées, la monnaie tout juste née entrait dans un glissement qui allait signifier une dévaluation de 30 % par rapport au yen et au dollar, on dira que l’Euro permet aux économies européennes d’être compétitives.

Plutôt que de rappeler que la croissance européenne doit tout à la croissance américaine et à la susdite dévaluation et plutôt que de souligner ce qu’une telle croissance a de précaire et de provisoire, on se félicitera bruyamment de la justesse et du bien fondé des politiques économiques européennes.

On débattra, bien sûr, de l’absence d’harmonie fiscale et réglementaire entre pays européens, mais ce ne sera pas pour souligner les vertus de la concurrence ou pour inciter les pays les plus dirigistes et les plus dépensiers à s’aligner sur les pays plus libres et plus frugaux, non, ce sera au contraire pour montrer du doigt les pays plus libres et plus frugaux, en les accusant de ne pas jouer le jeu. On projettera l’élargissement de l’Europe et on jettera des chiffres en pâture aux journalistes : bientôt l’Europe des trente !

On agitera le rêve du fédéralisme ou celui d’une défense européenne commune. On se réunira pour parler de réformes des institutions, d’abandon de la règle de l’unanimité là où elle s’applique, de changement de l’organisation de la Commission de Bruxelles, de je ne sais quoi d’autre encore…

 Qu’on me permette de dire, à moi qui observe cela de l’extérieur (j’écris cet article sous le soleil de Californie) que tout cela ressemble à une fuite en avant. L’édifice européen, depuis le départ, est constructiviste et ressemble de plus en plus à un château de cartes proche de l’effondrement. Rien ne permet de penser que les économies européennes vont s’harmoniser davantage. Tout permet de penser qu’au contraire des différences vont se creuser. Tout permet de penser aussi que le système redistributif faisant que les pays plus riches aident les plus pauvres va coûter de plus en plus cher et hypothéquer les chances de l’Europe au vingt et unième siècle. Rien ne permet de penser que les institutions européennes vont se faire plus démocratiques et plus respectueuses du droit. Il n’y aura sans doute jamais de président d’Europe : aucun peuple européen présentement, disent les sondages, n’accepterait un président venu d’un autre pays. Il y aura pour longtemps encore une Commission à Bruxelles composée de technocrates nommés et qui fera de l’Europe un ensemble original sur la planète : un groupe de pays régi par des technocrates nommés et indépendants du suffrage universel. Il y aura aussi, j’en ai peur, un déclin européen. Populations vieillissantes et populations assistées. Rachat de l’économie pour une bouchée de pain par des fonds de pension américains. Il y aura un vague protectionnisme européen destiné à protéger quelques espèces menacées : la vache folle et le paysan français, l’énarque que le-monde-entier-nous-envie et le poulet nourri aux boues d’épuration. Les Européens verront leur niveau de vie baisser, mais ils accepteront : la baisse ne sera pas brutale et il est prouvé que si les déclins rapides incitent à la révolte, les déclins lents incitent à la somnolence. Les politiciens joueront leur rôle de politicien. Les journalistes joueront leur rôle de valets. La fuite des cerveaux se poursuivra.

Ailleurs que dans l’Europe crépusculaire, on verra l’évolution de la planète. On verra que le vingt et unième siècle sera américain comme le vingtième siècle a été américain lui-même. On verra que l’Europe, à vouloir se prendre, par jalousie envieuse, pour les Etats Unis d’Amérique, n’a réussi qu’à devenir une banlieue blafarde des Etats Unis d’Amérique. Il aurait été plus sain de voir que c’est en Europe que sont nées l’économie de marché, l’idée de droits de la personne humaine et la démocratie, et que c’est ce qui est né en Europe qui se mondialise aujourd’hui. Il eut été plus sain de voir que les Etats Unis d’Amérique ont été fondés par des Européens installés outre-Atlantique et que la mondialisation a commencé avant le vingtième siècle, dès le temps de Marco Polo ou de Christophe Colomb. On aurait pu comprendre que les Etats Unis sont l’Europe à l’Ouest de l’Atlantique et l’Europe, l’Europe à l’Est de l’Atlantique. On aurait pu comprendre que les valeurs sont les mêmes et sont européennes. On aurait pu voir que l’américanisation du monde est européanisation du monde. On aurait pu voir que la mondialisation ne mondialise pas l’Europe de Bruxelles, mais l’Europe vraie, celle de l’idée de nation, celle du droit et de la liberté d’entreprendre…

L’opinion contre la violence

Bernard Trémeau
page Bernard Trémeau

  Quand votre entreprise ferme, vous êtes licencié et vous trouvez les indemnités de licenciement qui vous sont allouées trop faibles. Vous commencez par déverser dans les rivières des produits très polluants pour bien montrer que vous êtes violent. Les médias parlent de vous et une partie de l’opinion publique vous soutient. Vous menacez alors de tout faire sauter et l’on vous croit. Le préfet du coin se précipite chez vous : vous êtes devenu un interlocuteur valable. Vous obtenez des indemnités de licenciement bien supérieures à celles qui étaient prévues. L’opinion publique, qui est sensible à votre drame humain et qui désire avant tout la paix civile, approuve finalement, tout en mettant la main au porte-monnaie.

- Quand vous dirigez des entreprises de transport routier soumises à la concurrence internationale et que vous trouvez le prix du carburant trop élevé, vous commencez par bloquer la circulation du pays autour de quelques raffineries de pétrole pour bien montrer que vous êtes violents. Les médias parlent alors de vous et une grande partie de l’opinion publique vous soutient, même si elle laisse sa voiture au garage. Le Ministre des Transports vous reçoit, car, étant violents, vous êtes devenus des interlocuteurs valables. Vous obtenez de bons avantages financiers, mais la base refuse. Le nombre des barrages augmente sur les routes, la pénurie de carburant menace l’économie du pays. Tandis que le Premier Ministre excédé dit qu’on ne cédera plus rien, la négociation a déjà repris avec le Ministre des Transports. Finalement vous obtenez un peu plus. L’opinion publique, qui croit qu’elle a tiré de votre violence des avantages et qui désire avant tout faire le plein de son réservoir, approuve finalement, tout en mettant la main au porte-monnaie.

- Quand vous pensez que la vie en Corse serait bien meilleure sans avoir « l’occupant » français sur le dos, vous utilisez le plastique et le colt. Les médias parlent alors de vous et une partie de l’opinion publique vous soutient. Vous tuez au passage un préfet en lui tirant des balles dans le dos. Étant violent, vous êtes devenu un interlocuteur valable et le Premier Ministre vous reçoit à Matignon pour négocier. Vous obtenez grâce à la violence d’énormes avantages financiers et politiques. L’opinion publique, désirant avant tout la paix civile, approuve. Mais le Ministre de l’Intérieur, écœuré, démissionne et les assassinats continuent. Brutalement l’opinion publique se retourne. Elle désapprouve massivement le Premier Ministre qui est responsable des accords, moins fortement le Président de la République qui est resté silencieux. Par contre, elle approuve fortement le Ministre de l’Intérieur. 

Nous sommes en Démocratie et l’Etat n’a pas le droit d’être violent contre les citoyens. Il doit respecter nos Libertés, et cela est bon, et même très bon. Mais il doit aussi faire respecter nos Libertés par tous ceux qui désirent utiliser la violence. Il dispose de la force publique pour le faire, pour nous protéger contre les violents. La violence d’un sauvageon qui incendie une voiture dans une banlieue, la violence d’un licencié qui menace de tout polluer, la violence d’un routier qui bloque la circulation, la violence d’un Corse qui assassine sont toutes condamnables. Les lois françaises précisent en détail ce à quoi tous ces violents s’exposent.

Une démocratie qui n’applique plus la loi et qui négocie avec les violents leur abandonne le pouvoir : elle n’est plus une démocratie, elle devient une « violentocratie ». En Indochine ou en Algérie, nous avons cédé à la violence. Les «libérateurs » nous ont chassés et la violence s’est installée au pouvoir. Elle s’y trouve encore.

 En démocratie, la fermeté paye. Le Maire de New York l’a montré avec ses « sauvageons » ou le premier Ministre anglais avec ses routiers. Le brutal retournement de l’opinion française est pour moi une merveilleuse nouvelle : il indique aux hommes de pouvoir français qu’ils doivent aussi s’opposer à la violence, pour que survive notre démocratie menacée. 

Référendum

Il faut bien préciser que les bulletins nuls, lors du dépouillement d’une consultation électorale, sont comptabilisés à part et sont même analysés par les services des Renseignements généraux ainsi que par les organismes spécialisés chargés d’informer le gouvernement. D’où le côté utile indiscutable d’un vote pour « la réduction des dépenses et des impôts ».

Georges Viala,

viala.georges@wanadoo.fr

 

Le courrier des lecteurs du 23 septembre 2000 

 à la page du courrier des lecteurs

Cette semaine:  Special Guy Millière !

Faut-il faire taire Guy Millière ?

Les articles de Guy Millière que nous publions régulièrement dans nos colonnes depuis plusieurs années, ont le don de susciter de vives réactions de la part

d’une partie de nos abonnés. Au ton vigoureux de l’auteur répond ainsi le ton non moins vif de plusieurs de nos correspondants, en désaccord sur un point ou sur un autre.

Nous consacrons cette semaine l’essentiel de cette double page aux débats suscités par plusieurs articles récents de Guy Millière. En lui donnant la parole pour répondre. Sans lui permettre de la monopoliser…

 

Pétition Nationale pour la défense du franc français

Michel Pinton, maire Divers Droite de Felletin (dans la Creuse), récidive. Il y a un peu plus d'un an il a réussi à mobiliser plus de la moitié des maires des 37 000 communes de France pour essayer de s'opposer à la mise en place du PACS.

Aujourd'hui, il lance une pétition nationale « Vive le franc » que l'on trouve à la fin du petit ouvrage qu'il vient de publier sous le même titre, chez l'éditeur François-Xavier de Guibert.

Au moment où l'euro affiche une perte de près de 30 % par rapport à la parité qui était la sienne face au dollar lors de sa création, l'initiative est particulièrement opportune.

Car, si l'euro nous a déjà coûté fort cher, sans compter le coût de l'arrimage à la monnaie allemande pendant les six ou sept années qui ont précédé sa création, il risque de nous coûter encore plus cher dans l'avenir. L'histoire monétaire nous enseigne en effet qu'il n'y a pas de limites à de telles glissades. Il suffit de se souvenir de l'évolution du franc français par rapport au DM ou par rapport au franc suisse depuis 50 ans…

Or, il est possible d'arrêter là les frais, de conserver l'euro pour ce qu'il est, c'est-à-dire un instrument financier de transactions, sans pour autant procéder à l'opération démentielle d'échange  de pièces et de billets prévue pour janvier 2002

 

Nous sommes citoyens français.

Nous sommes attachés à la coopération entre notre peuple et les autres peuples européens, à commencer par notre grand voisin, le peuple allemand.

Nous considérons qu’il est utile que la libre circulation des marchandises et des capitaux entre pays européens soit facilitée par une monnaie commune, appelée l’euro.

Mais nous refusons que cette monnaie devienne obligatoire chez nous en 2002 et qu’elle chasse notre franc. Le franc est une monnaie vivante. Les Français en sont collectivement responsables. Sa valeur est garantie par notre travail et notre épargne. Il est gagé sur l’or que conserve pour nous la Banque de France, or gagné chèrement par les efforts des générations françaises passées.

L’euro est une monnaie artificielle. Inventé par quelques technocrates, il est géré par eux à l’écart de tout contrôle démocratique. Pourquoi, nous, Français, serions-nous contraints de garantir la valeur de cet euro sur lequel nous n’avons aucun pouvoir direct ou indirect ? Pourquoi serions-nous obligés de confier notre épargne à une monnaie arbitraire qui peut devenir une monnaie au rabais ?

Qu’est-ce qui prouve que cette monnaie non française nous protègera mieux du chômage et de l’inflation que notre franc ?

Nous dénonçons qu’on tienne pour négligeable le choc que sera pour des millions de Français, et d’abord pour les plus humbles et les plus âgés, la conversion obligatoire de nos prix et de nos salaires en une monnaie sans référence concrète.

Enfin, si nous acceptons le principe d’une solidarité financière avec les autres peuples européens, nous n’acceptons pas que le coût de cette solidarité nous soit imposé par le système de la monnaie unique.

C’est pourquoi nous exigeons que le franc reste pour toujours la monnaie des Français. L’euro sera réservé aux achats et ventes avec les autres pays du marché européen.

Au cas où notre exigence serait repoussée par le gouvernement, nous demandons que le peuple français soit appelé à décider, par référendum et avant 2002, s’il veut ou non garder le franc comme monnaie nationale.

 Texte de la pétition au format universel txt à imprimer et envoyer à:

"Vive le Franc"
boite Postale N°4
23500 Felletin 
 

Michel Pinton

Vive le Franc
une monnaie qui a de l'avenir
 
François-Xavier
de Guibert
71 p 70 F

S’il vous plaît, ne me parlez plus de génocide !

Marce Boisot 

Dans la soirée du 13 septembre dernier, « Arte » retransmettait un documentaire sur le génocide du Rwanda au cours duquel – d’après les statistiques officielles – un million de Tutsis, sans distinction d’âge et de sexe, furent massacrés par les Hutus. Ceci en 1994.

Au-delà du dégoût et de la rage, quelques remarques valent sans doute la peine d’être rapportées.

1 – Il était naturel d’établir a priori un rapprochement avec le génocide hitlérien. En fait, la comparaison ne va pas très loin, car au Rwanda, le massacre n’était pas le résultat d’une décision politique exécutée méthodiquement, industriellement par des professionnels entraînés. La tuerie fut perpétrée par le peuple, un peuple ivre de sang.

Tuant à tort et à travers, le plus souvent à l’aide de machettes, torturant par sport, achevant les blessés. Et l’impitoyable caméra montrait ces murs de cadavres qui nous avaient horrifiés il y a cinquante-cinq ans, et que, sans doute, sous le coup de l’émotion, les dirigeants politiques de l’époque avaient juré que l’on ne reverrait plus.

Premier constat : les dirigeants politiques de 1994 ont trahi le serment de leurs prédécesseurs.

2 – L’ONU ainsi que le Conseil de sécurité étaient parfaitement renseignés sur les premiers massacres et sur les terribles menaces qui pesaient sur la population Tutsi.

Par peur de se trouver engagé dans un conflit qu’il était de sa mission – pour ne pas dire sa raison d’être – d’éviter ou, au moins, de contrôler afin d’empêcher un massacre, l’ONU prit l’incroyable et scandaleuse décision de retirer ses troupes.

De toute façon, ces troupes, obéissant aux ordres de ne pas intervenir, assistaient impuissantes à l’assassinat et aux tortures de femmes, d’enfants et d’une manière générale de tout ce qui pouvait apparaître comme Tutsi. Leur retrait signait la mort de dizaine de milliers de personnes.

L’ONU, en se désengageant du conflit rwandais, ne réalisait pas qu’en dehors de ses discours humanitaires qu’elle dispense si généreusement, elle démontrait, s’il en était besoin, sa parfaite inutilité.

3 – Troisième constat : peut-être le plus grave.

La Shoah, de plus en plus, tend à s’ériger en référence morale, souvent désignée par « mal absolu » ; ce que ne manquent pas de rappeler à chaque occasion les dirigeants politiques des pays occidentaux, toujours attentifs à la moralité de leur image. Or, ces derniers, comme l’ONU, étaient parfaitement renseignés sur le génocide Tutsi qui se poursuivait au rythme de plusieurs centaines de victimes par jour.

Par peur pavlovienne de se trouver embourbé dans un nouveau Vietnam (Dieu seul sait pourquoi ?) qui ne manquerait pas de se traduire par une baisse de popularité, traduite en nombre de bulletins de vote, Clinton, ce champion de la bonne conscience, fit semblant de ne rien connaître et rappela ses GI’s. Les pays européens, en bons disciples, trop heureux de cet alibi, en firent autant. Ce qui, bien entendu, accéléra le carnage. En 1998, Clinton flanqué de son épouse (qu’il tient toujours par la main depuis l’affaire Monika Levinsky), à sa descente d’avion au Rwanda, eut l’audace de déclarer que les USA auraient dû intervenir. Quant à Mitterrand, autre champion de la morale, grandiose ennemi du génocide, il se réfugia dans un silence que la diplomatie honorerait du qualificatif de prudent.

Un million de morts en cent jours ! Aux Jeux Olympiques de la boucherie humaine, les nazis étaient battus. D’une certaine manière, ils nous rendent à distance un service tragique : celui d’avoir, à travers leurs souffrances, démontré la vanité des politiques et de leurs discours.

 

 Quinquennat

Il n’y a qu’un seul moyen de sortir de la campagne électorale permanente, c’est de supprimer la possibilité de se représenter à l’élection présidentielle. Car cinq ou sept ans, cela a peu d’importance. Ce qui compte, c’est de réaliser ce que les électeurs majoritaires demandant. Le souci d’être réélu amène à chercher toujours des électeurs dans l’autre camp, comme le chien qui veut toujours manger dans la gamelle d’un autre.

Daniel Bonnigal,

St-Pierre-les-Nemours – 77

En finir avec l’insécurité
 
Claude Reichman

« En finir avec l’insécurité* ». Sous ce titre, s’est tenu récemment, à Lyon, un colloque que j’ai eu l’honneur de présenter. On vient d’en publier l’essentiel, dans une brochure dont je me permets de recommander la lecture à tous ceux qui  sont sensibles à ce problème, c’est-à-dire à tous ceux qui pensent que ce phénomène est devenu un des faits majeurs de la société française actuelle et qu’il est de nature à bouleverser en profondeur nos conditions de vie. Il a d’ailleurs commencé de le faire dans certains quartiers. Voici, à cet égard, ce qu’en dit l’un des participants à ce colloque, Daniel Dugléry, qui était encore, il y a quelques mois le directeur central de la sécurité publique : « La drogue : dans 711 quartiers un nouvel ordre de type mafieux se met en place, j’ai des documents officiels à ce sujet. Dans 194 quartiers, la consommation de cannabis est totalement banalisée. Dans 130 quartiers le deal devient plus important et une clientèle extérieure vient sur place s’approvisionner. C’est le supermarché. 116 quartiers sont devenus des lieux connus d’approvisionnement pour les héroïnomanes. 72 quartiers déjà ancrés dans ces pratiques présentent des signes d’économie parallèle. Dans 97 quartiers, le business a engendré des violences spécifiques, c’est-à-dire qu’il y a des règlements de compte ou des chasses aux dealers organisées par les habitants du quartier. ”

Mais il n’y a pas que les « quartiers sensibles ». L’insécurité est en réalité infiniment plus répandue que ne veulent bien l’admettre les pouvoirs publics, qui prétendent qu’elle recule. Connaissez-vous le « chiffre noir » ? Il représente la différence entre les faits de délinquance réellement commis et ceux qui sont rapportés à la police. Selon une étude de l’Institut des hautes études de sécurité intérieure, citée par l’un des participants au colloque, Dominique-Henry Matagrin, président de l’Association professionnelle des magistrats, il y en a cinq fois plus qu’on n’en recense officiellement.

« En regard de cette insécurité croissante pour les citoyens, s’indigne M. Matagrin, le problème est qu’il y a une sécurité relative pour les délinquants eux-mêmes ». La raison ? « Faire condamner, aujourd’hui, est en somme une véritable course d’obstacles, un parcours du combattant. » Le résultat de cette politique, ou plutôt de cette absence de politique est effrayant : « Globalement, indique M. Matagrin, qui sait de quoi il parle, dans toute la France, il ne reste que 26 % des faits qui vont être traités par la justice. Les trois quarts ne sont donc pas traités et sont purement et simplement classés… Le taux d’élucidation est globalement de 27 %. S’il atteint 80 % pour les homicides, pour les cambriolages c’est seulement 9 % des auteurs qui sont identifiés. Pour les vols à la tire, c’est 3 % des  faits dont les auteurs sont identifiés. »

Alors Florent Montillot, conseiller régional d’Ile-de-France et co-auteur du Livre blanc sur la sécurité urbaine, a d’excellentes raisons d’asséner cette vérité : « En ce qui me concerne, je suis convaincu, et vous l’êtes tout autant que moi, que s’il n’y avait pas d’insécurité, il n’y aurait pas de sentiment d’insécurité. »

Bien entendu, et contrairement à ce que prétendent les bonnes âmes, il y a des solutions à ce problème qui empoisonne la vie des Français. Elles passent d’abord par une prise en compte lucide de son ampleur, et par une volonté de réagir que chacun des intervenants de ce colloque a déclinées, dans le domaine qui lui est propre, en mesures précises et concrètes.

Les actes de ce colloque sont donc un document qui fera date.

 

* « En finir avec l’insécurité », 56 pages.

Pour recevoir cette brochure, adresser un chèque de 50 F à « Deux mois pour la France » 56 rue Vendôme  69006 Lyon.

Les gardiens du musée de l’exception française
 
Alain Dumait
 

L'opinion publique a la mémoire courte. Et les Français tout particulièrement. C'est ce que l'on est tenté de dire quand, sondage après sondage, les instituts nous indiquent que si l'élection présidentielle avait lieu maintenant, Jacques Chirac l'emporterait nettement sur son Premier ministre.

Certes, celui-ci a mangé son pain blanc. Il est comme tétanisé. Les Français attendent avec de plus en plus d'impatience de véritables réformes au niveau des services de l'État, de l'administration en général et, compte tenu de la médiocrité des services publics (éducation, sécurité…) ils prétendent payer moins d'impôts. Ils sont scandalisés que l'État puisse trouver normal de s'enrichir en même temps que les émirs augmentent le prix de la facture du pétrole. Comme deux prédateurs ayant partie liée…

Mais les échecs et les bévues de Jacques Chirac sont tout aussi manifestes et plus fréquentes encore.

Ne revenons pas pour aujourd'hui, sur la dissolution suicide de 1997 d'autant plus surprenante qu'elle fut décidée par quelqu'un qui se prétend attaché aux institutions, à la Constitution, à sa lettre comme à son esprit qui résulte d'une pratique à laquelle la dissolution surprise n'appartenait certainement pas.

Arrêtons-nous sur quelques autres événements plus récents.

La mise au banc de l'Union européenne de l'Autriche pour cause de gouvernement conservateur et populiste s'est terminée pour le chef de l'État par un fiasco complet, les sanctions ayant dû être levées du jour au lendemain après la publication d'un rapport de trois sages (dont l'ancien président de la République de Finlande, prédécesseur de Jacques Chirac à la présidence de l'Union européenne…) démontrant que l'Autriche pouvait se prévaloir d'un comportement exemplaire à l'égard des immigrés et des minorités ethniques, ce que les voisins de ce petit pays ne peuvent pas toujours dire (« Pas d'asile d'immigrés en feu, pas de défilés néo-nazis dans les rues).

L'affaire des otages de Jolo fut pour Jacques Chirac une nouvelle occasion de se mettre en avant en faisant mine de donner des ordres au Président des Philippines pour qu'il ne procède à aucune intervention armée pouvant mettre en cause la vie des deux otages français encore aux mains des rebelles. Las ! C'est cette même intervention armée des Philippines qui a permis aux deux otages français, dans la nuit de mardi à mercredi, de s'échapper et de se retrouver sains et saufs…

Le Président de la République ne manque jamais une occasion de défendre « l'exception française ». Pourtant, en politique étrangère, tout autant que son prédécesseur, il sait s'aligner sans délai sur les injonctions américaines. On l'a bien vu dans l'affaire du Kosovo. Pourtant Jacques Chirac avait une occasion unique de distinguer de la pensée unique anglo-saxonne à propos de l'Irak.

On voit bien que le blocus imposé à l'Irak en 1990 et qui visait le dictateur Saddam Hussein n'a fait souffrir que son peuple. Il n'y a aucune raison de le maintenir. Sa levée se traduirait immédiatement par une augmentation de l'ordre de 4 millions de barils par jour de la production de pétrole soit 5 fois celle décidée la semaine dernière par les pays de l'OPEP.

En somme, quand il devrait se taire il parle trop. Et quand il devrait parler, il se tait.

Finalement, on le savait déjà, instruits que nous sommes par deux expériences précédentes : la cohabitation discrédite les deux protagonistes qui s'y livrent. Surtout quand ils semblent s'en délecter. Une réforme de la Constitution portant sur le non-renouvellement du mandat présidentiel eût été autrement plus significative que le projet soumis à référendum sur le quinquennat.  

P.-S. : Le 24 septembre, si vous n'êtes tenté ni par le Oui ni par le Non, vous pouvez voter pour vos idées ! en mettant dans l'urne un bulletin « Oui à une vraie baisse des impôts » que vous pouvez fort bien confectionner vous-même sur une feuille de papier blanc. De toute façon, il sera comptabilisé parmi les bulletins blancs et nuls. Mais, si de tels bulletins se retrouvent par centaines de milliers dimanche soir, cela constituera un message clair et fort adressé à tous les politiciens. Renseignements pratiques :

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