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Les politiciens français
passent aux aveux?
Jean Rouxel
Sans attendre les prochains et inévitables rebondissements de l'affaire Méry-Strauss-Kahn, il est utile de faire
d'ores et déjà le point des aveux enregistrés tels qu'ils ont été
publiquement reconnus par les principaux intéressés.
. En disant à la télévision, le 21 septembre que, dans cette
affaire, "on dissertait sur des faits invraisemblables qui
ont eu lieu il y a plus de quatorze ans ", Jacques Chirac a tout simplement reconnu
les faits qui lui sont reprochés et pour lesquels il sait aussi qu'il
bénéficie d'une immunité complète confirmée l'année dernière par le Conseil constitutionnel.
. .Les porte-parole autorisés du parti socialiste et du RPR, qui sont actuellement les deux
principaux partis politiques français, ont tous reconnu que les commissions
sur le marché public étaient le mode de financement courant et habituel de leurs organisations, au
moins jusqu'en 1990. Dans ces conditions, on est fondé à penser qu'aucun marché public, à Paris
comme ailleurs, n'échappait à leur vigilance,..
. S'agissant de l'affaire dans l'affaire, à savoir le volet Strauss-Kahn, on apprend qu'un
inspecteur des impôts, après un passage au cabinet du président de la
Commission des finances de l 'Assemblée nationale, est devenu avocat d'affaires. Qu'il négociait
directement avec celui qui était devenu ministre des Finances, le dossier fiscal de ses clients,
remettant en guise de remerciement une cassette compromettante pour le parti adverse.
Au moment de cette transaction, Dominique Strauss-Kahn
était non seulement le tout-puissant ministre des Finances de
Lionel Jospin mais également le candidat déclaré de son parti à la
mairie de Paris. C'est pourquoi les juges avaient de bonnes raisons de ne pas le croire quand il leur a
dit qu'il ne s'intéressait pas aux HLM de la capitale. Il s'y intéressait
si peu qu'ayant d'abord reçu une copie de la fameuse cassette, il s'est fait remettre quelques mois
plus tard l'original !
.Pour faire chanter Chirac, Jean-Claude Méry, de son
vivant, par l'intermédiaire de son avocat,
a donc traité avec le parti socialiste. La preuve : DSK a avoué avoir
dit à son ancien collaborateur que la publication de la confession de
l'ex-promoteur était sans doute "prématurée".

Droite
libérale et gauche collectiviste
Jean-Marie Vilain
L'homme est un animal sociable ». Depuis que cette opinion a été
émise, nous avons l'un des sophismes sur lesquels est bâti le
socialisme.
« L'homme est un animal sociable » signifie bien que
l'homme, pour se développer et évoluer, a besoin des autres hommes.
À part quelques ermites, chacun de nous, loin de la sainteté, a besoin de se sentir entouré. La
solitude est source de nom-
breuses dépressions nerveuses. Nos ancêtres, les homo sapiens, vivaient déjà en « groupe ». Ce
groupe était « dirigé » par le plus « costaud », le meilleurs chasseur,
ou le plus « imposant », comme dans les hordes animales. C'est la loi du plus fort. C'était là une
nécessité pour survivre. On est plus fort, en groupe, contre l'adversité. Aujourd'hui encore, nous
avons besoin du « soutien » des autres lors d'une maladie ou d'un deuil. Nous aimons être entourés
lors d'une fête, d'un mariage.
L'enfant, quoiqu'en dise Rousseau, qui avait abandonné les siens, a besoin de sa famille
(déjà une petite société) pour
croître et être éduqué.
Nous avons donc besoin les uns des autres, c'est vrai, personne ne le conteste.
Mais est-ce une raison pour prétendre que nous ne pouvons vivre que les uns sur les autres,
comme un troupeau ?
Certainement pas.
La société doit être un soutien pour chacun, à la demande. La société doit être au service de
l'individu et non pas l'individu au service de la société.
Chacun de nous, devenu adulte, doit pouvoir faire des choix
personnels, c'est-à-dire vivre LIBRE .
Voilà la pierre d'achoppement entre droite « libérale » et gauche
« collectiviste ».
Dans une société primitive, où tout est à faire, le groupe est une
bonne solution pour unir les forces et les moyens. Le but de
l'évolution des sociétés humaines doit être de donner plus, mais
donner plus à chacun, à chaque unité de cette société. Cette société permet alors de rendre sa
liberté à chacun, à chaque individu qui, en devenant libre, devient
responsable (et la responsabilité anoblit l'homme, comme disait Bachelard).
Les socialistes, les collectivistes ont une peur bleue de cette liberté d'autrui. Tout devient donc
légitime à leurs yeux pour priver « les autres » de liberté: on rajoute
des lois aux lois, des règlements aux règlements, des taxes aux taxes... et des fonctionnaires aux
fonctionnaires, pour asseoir une autorité tout a fait artificielle et
illégitime. L'étude des statistiques
sur le QI (quotient intellectuel) montre que dans nos sociétés la moyenne générale est à 100, alors
que l'individu n'est reconnu « intelligent » qu'à partir de 110-l20. Donc si on obtient le soutien
des sots (et surtout des ignorants),
on est assuré d'une majorité dans un système basé sur la dictature
de 50,5 % d'électeurs contre 49,5 %. On en est à la loi du plus fort (en nombre de suffrages
exprimés).
N'est-ce pas là un retour à l'état primitif pour ne pas dire
sauvage?
Les Rois de France, pour protéger les limites (marches) du royaume donnaient au plus
« gros bras » local le titre de marquis. Ce marquis, flatté, devenait
un soutien et un propagandiste de son souverain-suzerain.
Aujourd'hui, l'ENA est une fabrique de "petits marquis » de la République. Ne comptons pas
sur eux pour servir les membres de la nation, leur but est d'imposer le culte de « leur » démocratie,
de « leur » système étatique, donc collectiviste, pour perpétuer leurs
privilèges et ceux de leurs employeurs: les chefs de partis « politiquement corrects », et
« localement cumulards ».
Rien ne change en France, à part le nom des profiteurs.
- CAFE - PHILO de Droite
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- animé par Jean-Pierre
Pagès-Schweitzer
- le dernier jeudi de chaque mois
- de 19h à 23 h
-
- Restaurant P.M 2, place
Saint-Michel 75006
Paris
- ( Métro Saint Michel )
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26 octobre 2000
Guy Millière
dans un débat l'opposant à Patrick Gofman
"Le complot américain
mythe, délire ou réalité ?"
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Petite
histoire fiscale: voiture ou télévision
- Bernard Trémeau
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- La redevance de télévision et la vignette automobile rapportent à l'état
à peu près les mêmes sommes.
Quand il n'était pas Ministre des Finances, Laurent Fabius avait
annoncé que la gauche risquerait de perdre les élections si elle
n'arrivait pas à baisser les impôts. Il est devenu Ministre des
Finances, son prédécesseur ayant voulu contraindre les employés de son
ministère à abandonner quelques privilèges.
- Actuellement Laurent Fabius est Ministre des Finances. Il annonce des baisses d'impôts.
Notons au passage que les baisses proposées sont inférieures aux augmentations des
rentrées fiscales engendrées par
la reprise de l'économie. Les sommes prélevées par l'État ne
diminuent donc pas, mais au contraire, elles augmentent.
- Pour de multiples raisons, techniques et sociales, notre Ministre des Finances avait pensé
tout d'abord supprimer la redevance de télévision,
- Cette redevance est l'impôt dont le prix de prélèvement est
le plus élevé. Il exige le service de 1200 personnes, coûte plus d'un
milliard à prélever et rapporte peu. C'est aussi l'impôt qui semble le plus fraudé. 98 % des
Français disposent de la télévision quand on fait des enquêtes
d'opinion, mais il semble que fiscalement, ce chiffre soit bien inférieur. On ne le connaît
malheureusement pas. Avec Intemet et le branchement de l'ordinateur sur le réseau, il est possible
d'avoir maintenant chez soi des centaines de programmes sans payer de redevance. Pour
s'opposer à la fraude, il faudrait que les inspecteurs puissent contrôler
systématiquement l'intérieur de toutes nos maisons. Le
gouvernement qui se lancerait dans une
telle opération risquerait de ne pas satisfaire pleinement son opinion publique...
- De plus, la redevance est la même pour tout le monde. Le riche comme le pauvre payent la
même somme. La personne
âgée, disposant souvent d'une petite retraite, paye autant que le
jeune ménage dans le vent disposant d'un poste pour papa, un autre pour maman et un troisième pour l'enfant. (Ceux qui
déclarent ne rien gagner sont cependant dispensés de la rede-
vance). Cet impôt n'est pas progressif comme l'impôt sur le revenu, il n'est même pas
proportionnel aux revenus comme la
CSG. Cet impôt est donc, sur le plan de la « justice sociale »
l'horreur de l'horreur.
Pour toutes ces raisons, il aurait été normal que notre nouveau ministre des Finances
supprime la redevance.
Mais finalement Laurent Fabius a choisi de supprimer la vignette automobile. Les
buralistes qui prélèvent la vignette ne
coûtent que 200 millions à l'Etat. Avec l'obligation de carte grise, la
vignette peut difficilement être fraudée. Et si vous circulez sans
vignette, vous serez immédiatement repéré par les gendarmes, en particulier aux péages des
autoroutes.
La vignette est un impôt progressif les grosses voitures étant
bien plus taxées que les petites.
Les personnes ayant de faibles revenus, donc possédant une voiture un peu vieille, ou les
personnes âgées condamnées à ne
plus conduire, ne payent pas de vignette.
La vignette est sur le plan de la « justice sociale » un petit bijou
bien répartiteur.
Bien que tous les jours notre gouvernement nous répète, inlassablement, qu'il est
particulièrement attentif à tout mettre
en oeuvre pour obtenir plus de justice sociale dans le pays, il décide de conserver la
redevance, source d'injustice, et de supprimer la vignette, source de
justice : un vrai gag.
Une explication vient à l'esprit : l'emploi des 1200 personnes qui collectent la
redevance est un des privilèges intouchables de notre Administration. Si le ministre y
touche, c'est la guerre. Instruit par ce qui est arrivé à son prédécesseur, notre Ministre des
Finances a prudemment préféré la vignette à la redevance. Qui
décide de l'impôt en France ?
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Salut les artistes !
Nous nous moquions des républiques bananières,
de nos chers voisins transalpins, mais déjà, nous avons eu
un aperçu de nos prouesses artistiques avec Monsieur Tapie et
feu François, et maintenant, c'est le thriller. Plus besoin
d'aller voir Robert de Niro au cinéma. Nous économisons 50
francs sur les pépettes que nous versons à l'Etat. Quelle
veine pardi !
Ils ont une reconversion toute trouvée
à Hollywood car la presse américaine dit qu'ils ne peuvent
plus représenter la République.
Direction Hollywood ! Good Luck !
Rosy Oudart, Paris 7eme
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Le courrier des lecteurs du
30 septembre 2000
à la page du courrier des
lecteurs
- Impression
d'un voyage de 45 jours en Europe
- Nicolas Courteille
-
J'ai passé 45 jours sur les routes d'europe. Je vous livre quelques
impressions de ce voyage.
O En Allemagne pas plus qu'en Italie, les paysages périurbains n'ont pas été défigurés,
voire anéantis par les grandes
surfaces, les Bricorama, Carrefour, Continent et consorts.
Le petit commerce a pu subsister. On peut faire le plein dans une petite surface intégrée au
paysage pour quinze marks
comme je l'ai fait en Forêt noire.
Je me souviens avoir approché Salamanque en Espagne, une des plus belles villes du mondes,
sans avoir vu une pancarte, un
Carrefour ou autre immondice visuel. En Espagne, d'ailleurs, Aznar réussit à mener à bien sa
révolution conservatrice.
L'Europe est belle loin de la France
O En Europe, il n'y a pas non plus d'émeutes urbaines. Nous
payons le prix d'une politique d'immigration démentielle. J'ai
entendu des italiennes dans un train entre Bologne (ville admirable) et Florence qui, de retour
de Paris, faisaient état de la peur que leur inspirait l'hexagone. La
France fait peur, elle n'est pas considérée comme un pays européen, mais comme une
Amérique du pauvre, un Brésil au rabais, une Afrique du Nord au sens faible. En Bavière, la loi des
chrétiens-sociaux qui ont fait de ce land un paradis vert pur est inflexible avec les rejetons
déchaînés,..
O La forêt est en meilleure santé en Allemagne qu'en
France, où la punition du ciel de l'hiver dernier n'a pas eu les
conséquences spirituelles qu'elle aurait du avoir. On quitte l'autoroute gratuite (deux fois moins
d'accidents là-bas qu'en France), recouverte de belles limousines et de breaks familiaux, et l'on
gagne des splendides lacs et forêts. La campagne toscane est aussi paradisiaque que dans les
tableaux du moyen âge. À ce propos, d'ailleurs, qu'aurait été la
France sans Rome, les germains, les templiers de Jérusalem et l'Angleterre ? Ce qu'elle devient
aujourd'hui...
O La population de ces pays d'Europe est encore un peuple.
Magnifique peuple italien, élégant et raffiné, entouré de palais,
et qui défile le long des viali à l'heure estivale de la passeggiata. Peuple heureux de vivre,
croyant et pratiquant (trois fois plus de jeunes au jubilé de Rome qu'à Paris il y a trois ans) : j'ai
assisté à une messe à Florence où le prêtre citait Léon Bloy. Un
curé pourfendait Sharon Stone dans le journal" La Nazione : pendant que vous tourniez
" Basic Instinct " sans préservatifs, nos missionnaires sauvaient les Africains atteints du sida... De
même dans les journaux centristes italiens, on n'hésite pas à citer Evola ou Nietzsche lors
d'une expédition himalayenne.
En Bavière et en Autriche, les murs des maisons ou des restaurants s'ornent de gigantesques
crucifix. A Ischgl en Autriche,
bourg de 500 habitants, l'église était pleine. Une fête familiale en
costumes traditionnels rassemblait la famille d'une Gasthaus, Je me rappelais mes bons
moments lors de ma découverte de l'Amérique où je voyais aussi des populations souriantes,
courtoises, prêtes à me secourir, y compris dans les quartiers noirs. Car les noirs américains
sont plus heureux que les nôtres, comme les indiens anglais sont plus heureux que nos maghrébins. Notre patrie de l'antiracisme est paradoxalement haie par
ceux qu'elle fait mine de célébrer. Et, je le dis comme le le pense, elle mérite de l'être, dans sa
tartuferie et sa lâcheté.
Parfois classé comme « extrémiste » en France, je me
suis senti « modéré » ou
« conservateur » dans tons les autres pays d'Europe
O En Allemagne comme en Italie, l'essence est moins chère. En bordure d'autoroute, elle est
à sept francs le litre. Le chantage des grandes surfaces en France a
été destructeur du tissu urbain et social, que l'on a reconstitué
dans ces glauques centres commerciaux. La terre française a été aussi anéantie par
l'industrialisation touristique ; mais pas la terre italienne, où l'on sent encore
le souffle de Goethe ou de Byron.
L'immobilier est par contre plus cher. Et pour cause. A Saint-Étienne,
Limoges, Toulon, et dans des dizaines de villes de France, on peut se loger pour
3000 du mètre carré, parce que ces villes ne valent plus rien : chômage,
insécurité, laideur de l'urbanisme, mauvaise humeur, tout a concouru pour faire de la France
un désert. En Italie, l'immobilier reste à dix mille francs du mètre,
un peu plus en Allemagne. La France ne vaut rien en Province.
On comprend mieux l'idéologie du fric et du net en France : pour fuir l'enfer, mieux vaut être
milliardaire.
Ce que je voudrais simplement dire, c'est que je n'ai pas vu des pays extrémistes ou
psychopathes. J'ai vu des pays normaux, où l'on boit un café glacé
à six francs (sienne) et pas à trente comme à Paris, où l'on mange un plat de pâtes dans un
restaurant luxueux pour dix marks, des pays où l'on est aimable, souriant et pieux, des
pays où l'on protège sa ville et la
nature, des pays où l'on respecte si bien la loi qu'on n'y voit jamais
de policiers.
En sortant de France, où l'on m'avait convaincu que l'Allemagne était foutue depuis
la Réunification (alors qu'elle
vient de connaître une magnifique révolution conservatrice) et que l'Italie était devenu le
pays le plus cher d'Europe (on se
loge très bien pour 300 francs en face du Dôme de Florence), je pensais être un extrémiste. C'est
ce qu'on m'avait fait entendre.
J'y reviens en modéré ; je suis de centre-droit allemand ou italien,
conservateur américain (et même démocrate : Lieberman,
le possible futur vice-président américain, juif orthodoxe, a un discours libéral et moral extraordinaire).

Le soixante-neuvième dossier de l'iFRAP (institut Français de Recherche sur
les Administrations publiques), qui
vient de sortir, est consacré à la RATP A priori, sans doute, beaucoup
de nos lecteurs considéreront que,
s'agissant de la Régie Autonome des Transports Parisiens, et demeurant en province, ils ne sont pas
spécialement concernés. Erreur : car la RATP bénéficie de subventions
de l'État, à hauteur de 4,5 milliards de francs, ce qui fait que tout
contribuable français participe, bon gré mal gré, à son budget.
Les recettes directes du trafic de la RATP ne lui procurent que 35 % de ses ressources. Les autres,
elle les doit à des subsides qui, outre ceux de l'État, proviennent
de la région Ile-de-France, des départements concernés et aussi
de toutes les entreprises franciliennes appelées à payer entre 1 %
et 2,5 % de leur masse salariale pour équilibrer les comptes de cette entreprise publique.
Cela veut dire qu'au-delà d'une apparence d'équilibre, les comptes
de la RATP font apparaître un déficit de l'ordre de 10 milliards de
francs par an !
Or - et c'est tout l'intérêt de l'étude de l'iFRAP - un tel déficit,
contrairement à une idée reçue, n'est pas du tout inéluctable. Il n'y
aurait pas de déficit, ou en tout cas, il serait d'un autre ordre de
grandeur si les agents de la RATP n'étaient pas des super privilégiés :
- avec des salaires au moins 20% supérieurs à ceux du privé ;- avec des horaires d'ores et
déjà plus proches de 30 heures par semaine que des 39; - avec un âge de départ à la
retraite moyen de 53 ans et 6 mois alors que c'est 61 ans et 10 ans
dans le privé ; - avec des retraites en moyenne 60% plus élevées que dans le
privé.
L'absentéisme, le nombre des jours de grève, sont d'autres critères qui permettent de
rapprocher la gestion de la RATP plutôt de celle de la fonction publique que
celle du secteur privé. Pour ne rien dire du Comité d'entreprise qui
emploie 450 salariés permanents, 1000 saisonniers, qui disposent d'un budget de 380 millions de
francs par an et qui possède des
châteaux, des parcs et une trentaine de centres de loisirs. À la RATP, le
Comité d'entreprise bénéficie en
effet d'un subventionnement égal à 3 % de la masse salariale !
Certes, dans tous les pays du monde, la gestion des systèmes publics de transport en commun
est un problème difficile. Les
Japonais sont ceux qui sont allés le plus loin dans la voie de la
privatisation. Aujourd'hui, les deux grandes sociétés de transports
publics de Tokyo sont en meilleure santé financière que la RATP.
Même un journal comme "La Vie du Rail", pourtant très proche des
monopoles publics français de transport, a dû récemment en convenir.
Juridiquement, la RATP est un monstre. socialement, elle fonctionne en faveur de
40 000 employés privilégiés. Son dernier
investissement, la ligne Météor, a coûté quatre fois plus cher que
prévu initialement. C'est un scandale. Il faut qu'il cesse. Les solutions
s'appellent : concurrence et privatisation.
plus d'infos sur le site de l'iFRAP: http://www.ifrap.org/
| Propositions
parlementaires
.Jean Artuis, 55 ans, sénateur UDF de la Mayenne,
propose d'instaurer une loi sur le fincancement des syndicats.
"On l'a bien fait pour les partis politiques".
.Eric Doligé, député RPR du loiret, propose
d'instaurer un double affichage des prix de vente des produits
pétroliers: hors taxes et toutes taxes comprises |
Louis Souvent, 68
ans, sénateur RPR du Doubs, propose une loi dont
l'application permettrait d'identifier clairement le chocolat
pur beurre de cacao.
Jean Bizet, 53 ans, sénateur RPR de la Manche,
propose d'élargir encore les possibilités d'intervention des
sociétés d'économie mixte ( dont le patrimoine représente
déja 520 000 logements ) ... |

- L'engrenage
de la servitude
-
- Guy Millière
Etant interpellé encore, et peut-être davantage
que d'habitude (les 4 Vérités hebdo du 23
septembre), il me faut répondre.
l. Il est effectif que parler de
génocide quant aux indiens d'Amérique est plus qu'excessif. Le nombre précis d'indiens à l'arrivée
des premiers blancs a été établi par les historiens les plus sérieux à
un million et demi d'individus. Ce chiffre qui semble faible s'explique
par le mode de vie des indiens alors: ceux-ci étaient nomades pour la quasi-totalité d'entre eux
et vivaient sur un mode paléolithique. Les Indiens ont ensuite reflué jusqu'en 1895, date
d'instauration de la politique indienne
définitive des USA. Un bilan montre que ce reflux a été fait d'escarmouches, de guerres
quelquefois, de maladies essentielle-
ment. On peut parler de tragédie à la rigueur, pas de génocide, à
moins de faire perdre aux mots toute signification. Les colons n'ont jamais eu l'idée d'exterminer
qui que ce soit. Ils étaient des européens comme ceux qui me lisent, et voulaient mieux vivre,
c'est tout. Une civilisation élaborée l'a emportée sur des peuples
primitifs et a occupé des territoires
presque vides. C'est ce que Rome a fait en Gaule. C'est ce que la France bien plus tard a fait en
Algérie. C'est ce que les Boers hollandais ont fait en Afrique du Sud.
Chacun sait qu'avant Rome, les Gaulois étaient une peuplade
primitive, et sans Rome les premiers éléments de civilisation n'auraient
pas pénétré ce qui est aujourd'hui la France. Sans la France, l'Algérie
serait restée un désert peuplé de
bandes primitives de nomades et de pillards. Sans les Boers, l'Afrique
du Sud ne serait pas le pays le plus prospère du continent africain et
serait resté dans la situation de chaos qui caractérise l'Afrique
noire en général.
2. La guerre de Sécession. Les
états du Sud n'étaient pas riches en 1860, Ils étaient arriérés, dépendaient de l'industrie du nord, et
subissaient la crise des prix sur les marchés du coton. Les neuf dixièmes des plantations étaient
lourdement endettées. Les gens du Sud par ailleurs n'étaient pas libéraux, mais se réclamaient du
conservatisme aristocratique
anglais. Les conflits entre nord et sud n'ont cessé de monter autour
de la question de l'esclavage. C'est au Nord que les positions abolitionnistes se sont développées
autour de gens tels William Lloyd Garrison ou Charles Sumner, et
Lincoln s'est présenté sur un programme abolitionniste. Le Sud a voulu rompre unilatéralement le
contrat qui le liait au gouverne-
ment fédéral lors de l'élection de Lincoln, il a formé sa propre armée
et attaqué l'armée fédérale. La guerre de Sécession a été une
guerre de principes, une guerre d'éthique. Le Nord ne comprenait pas le Sud car les gens du nord
n'admettaient pas l'esclavage. Les noirs ont joui d'une égalité de
droit au nord après la guerre. Les difficultés d'intégration économique des noirs n'ont rien eu à
voir au nord avec une discrimination politique.
3. Je suis enfin en
fondamental désaccord avec l'affirmation selon laquelle j'énonce une
grossière contre-vérité en disant que
sans les États unis, nous serions à la merci de l'islamisme. Je reviendrai sur ce sujet en critiquant le
livre d'Alexandre Del Valle.
J'ajouterai seulement ici que penser que la puissance européenne ait jamais pu faire peur aux États
unis est ne rien comprendre à ce que sont les États unis d'Amérique
et ne pas craindre le ridicule.
L'Europe n'a, par ailleurs, pas besoin des États unis pour se trouver déstabilisée, elle sait se déstabiliser toute seule, et n'a besoin de
personne pour prendre le chemin du déclin, hélas! Ceux qui voient des conspirations partout feraient
bien de discerner que les théories de la conspiration évitent de se
poser des questions sur ses propres faiblesses... Que parler
positivement des Etats Unis fasse problème en France ne fait que montrer que la France est en train
de sombrer: un pays fier de lui et sûr de lui ne connaît ni jalousie, ni
aigreur, ni ressentiment.
4, Pour finir, je n'écris que pour
donner à penser à ceux qui me lisent. Je peux me faire tranchant, mais je ne m'autorise à parler que
de sujets que je connais très précisément, et j'inciterais volontiers
mes divers contradicteurs à rechercher humblement la connaissance plutôt que l'opinion.
Je parle aussi, au nom de valeurs bien précises qui sont celles de mon maître Friedrich
Hayek: liberté de l'individu, droit,
respect pour l'être humain, libre entreprise. Ce qui me préoccupe est qu'en France et en Europe, les
engrenages de la servitude viennent broyer peu à peu liberté et dignité jusqu'à ce qu'il ne reste
qu'un champ de ruines.

- Le
24 septembre, les Français ont dit aux politiciens:
"Partez!"
-
- Alain Dumait
-
- Dimanche dernier la réforme constitutionnelle portant passage du
septennat au quinquennata été adoptée avec moins de 19% des voix
par rapport au nombre des électeurs inscrits. On ne connaît aucun autre
pays au monde où une modification
de la Constitution pourrait être adoptée dans de telles conditions !
Jusqu'au dernier jour de son existence, on s'est gaussé de la IVe
République dont la constitution n'avait été adoptée que par moins
d'un tiers des électeurs de l'époque. Une nouvelle réforme constitutionnelle s'impose, avant
toute autre : décider qu'aucune réforme constitutionnelle ne
pourra être adoptée qui n'ait recueilli au moins 50% des suffrages exprimés. C'est le bon sens.
C'était, dés dimanche soir, la judicieuse proposition de Charles
Pasqua, dés le surlendemain reprise par le sénateur de gauche,
Jacques Pelletier.
Mais le scrutin du 24 septembre n'a pas seulement été marqué par une grève du vote
pratiquée par près de 70% des
électeurs, il l'a surtout été par une grève du zèle qui a amené près de
2 millions d'électeurs à se déplacer pour déposer dans l'urne un
bulletin blanc ou nul :16,2% des suffrages exprimés ! Ce résultat, encore jamais vu
dans toute l'histoire des consultations électorales de notre pays, est
d'autant plus remarquable qu'aucune grande formation politique
n'avait prôné un tel vote. sur les quatorze panneaux officiels, tels
que fixés par le Conseil constitutionnel, seul le mouvement Chasse
Pêche Nature et Tradition allait explicitement dans ce sens. C'était
également le choix d'un grand
nombre d'associations, non seulement de Contribuables Associés
(Les Quatre Vérités hebdo du 16
septembre) mais aussi de beaucoup d'autres, dont l'objet va de la
défense des harkis ou des pieds-noirs à des questions plus
particulières voire d'ordre régional ou local.
En tout cas, ce mot d'ordre n'avait été véhiculé par aucun
grand média. Aucune reprise à la télévision, aucune reprise à la
radio, et seulement quelques maigres échos dans la presse écrite plutôt en province qu'à Paris.
Le succès inimaginable de cette opération réussie de détournement de référendum montre donc
qu'il est possible de mobiliser l'opinion en dehors et malgré le silence
unanime des grands médias.
Bien sûr, les Français souhaitaient être interrogés sur d'autres
questions.
Le premier Ministre a cru devoir dire, dès le dimanche matin,
que le taux d'abstention s'expliquait par l'absence d'enjeu. Il
entend par là l'enjeu politique que comporte en général toute
consultation populaire, à savoir la victoire de l'un sur l'autre, le succès d'un
camp contre l'autre, le maintien ou le retour au pouvoir d'une faction
ou d'une autre. Il y a un enjeu évident à l'occasion des élections présidentielles et c'est pourquoi les
Français y participent dans la proportion moyenne, depuis 1965, de
75% des inscrits.
Néanmoins, Lionel Jospin a tort : ce n'est pas parce qu'il n'y
avait pas d'enjeu politique que les Français ont spontanément et
doublement fait la grève des urnes, c'est parce la question posée était dérisoire par rapport à
toutes celles qui constituent les
débats importants de notre société. Car personne ne doute que, si
on avait interrogé les Français sur l'Euro, sur les 35
heures, sur l'immigration, sur les impôts... ou même sur la réforme du service militaire
ou bien encore sur l'engagement
de la France au Kosovo... les débats auraient été autrement
plus passionnés et la participation plus élevée.
Les politiciens, jamais à cours de mauvaises explications, disent
également : "C'est parce que les résultats étaient connus
d'avance". Cet argument ne tient pas : le même jour, 24 septembre, les électeurs suisses étaient consultés
pour la sixième fois sur un projet de loi tendant à limiter à 18% le
nombre des immigrés dans ce pays. 63% des électeurs ont voté
contre la proposition. Ce que les sondages laissaient clairement
entendre avant le vote. Et ce sont néanmoins plus de 40% des électeurs qui se sont déplacés, sachant
très bien, eux aussi, que les jeux étaient faits.
Les politiciens français feraient mieux d'entendre le message du
24 septembre : les Français ne veulent plus d'eux ni de leurs tours de
passe-passe. Qu'ils s'en aillent !
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