Les 4verites N°281 du 11 novembre 2000

 Sommaire:

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Une défaite pour la classe médiatique

Jean Rouxel


Le résultat des élections présidentielles américaines était encore incertain au moment du bouclage de ce numéro-Quelques milliers de voix en Floride feront la différence-Le candidat démocrate, de toute façon, a payé cher l'affaire du petit Elian, ce jeune cubain rendu à son père et à Fidel Castro par Bill Clinton, contre l'opinion de la communauté cubaine réfugiée en Floride.
La victoire de George Bush serait néanmoins conforme aux indications données depuis trois semaines par tous les sondages d'opinion sérieux qui estimaient qu'il avait sur All Gore une avance comprise entre un et trois points.
Un observateur impartial pouvait difficilement annoncer comme quasi-certaine la victoire de l'autre.
C'est pourtant ce qu'ont fait sans vergogne la plupart des médias européens et en particulier français.
All Gore était non seulement le chouchou de toute la presse occidentale mais en outre celle~ci a cru devoir
dénigrer son concurrent en des termes parfaitement inadmissibles.
George Bush a été cent fois qualifié de "crétin" et d'"imbécile". On a dit qu'il était "bête" et "inexpérimenté" ,). Dans ce concert de vulgarités, seules les presses suisse, italienne et portugaise ont fait exception...

Question : la presse française; Le Monde  en tète, se serait-elle lâchée à ce point pour toute autre élection présidentielle, sise en Afrique, en Amérique du Sud ou ailleurs ? Certainement pas ! Cela en dit long non seulement sur l'antiaméricanisme vulgaire dans lequel nous baignons (et sur lequel revient page 7,Guy Milliére ), mais aussi sur le préjugé toujours "à gauche" de l'ensemble de la classe médiatique européenne et particulièrement française.
Une autre caractéristique de cette élection américaine est l'implication plus grande que jamais des artistes et des saltimbanques aux côtés du candidat démocrate, contre son adversaire. 

Or, il y a plus de cent cinquante mille comédiens membres du Syndicat des Artistes Américains... L'un d'eux a cru devoir
déclarer, pour dramatiser le choix de ses concitoyens, qu'il quitterait l'Amérique en cas de victoire de sa bête noire républicaine ! On va bien voir...
Autre tendance observée à l'occasion de cette élection :la confusion désormais courante à la télévision entre les émissions de variétés et les prises de parole des politiciens.
La politique est plus en plus un spectacle. Et les gens du spectacle, sont nécessairement à gauche, parce qu'ils vivent principalement de subventions. C'est un élément du bourrage de crâne permanent dont nous sommes les victimes et qu'il faut prendre en compte. 

Bagetelle pour la peine de mort
 Marcel Boisot

Que rien n'est impur en soi, et qu'une chose n'est impur que pour celui qui la croît impure » St Paul - Epître aux Romains (l4,14)
Certaines situations (ou personnes) ne tirent effectivement leur importance que de l'importance qu'on leur accorde.
Pendant la dernière guerre, Stalingrad n'est devenue un centre névralgique que parce que chacun des deux camps la considérait comme tel (cl théorie du mimétisme de René Girard). La peine de mort entre de plain pied dans le champ des thèmes non importants en soi mais pathogènes, alourdis des émotions que chaque camp développe à partir des émotions exprimées par le camp adverse.
Alors qu'en dehors de la Shoah, d'autres génocides et idéocides (dont l'unité est le million de morts( n'ont soulevé que des réactions politico-médiatiques rapidement oubliés, la peine de mort, parce qu'elle est individuelle et que, de ce fait, elle se prête à une représentation mentale horrifiée de sa procédure (plus que du résultat), provoque (même sur moi) un mouvement d'écoeurement. En somme, la position anti-peinede-mort est une réaction essentiellement affective qui tente de se justifier par un langage apparemment rationnel, ignorant une approche opposée (et scandaleuse!) pouvant revendiquer un degré de rationalité au moins comparable. C'est bien une certaine rationalité morale qui avait, en son temps, envoyé à la potence un certain nombre de dirigeants nazis.
Deux types d'arguments militent pour la suppression.

A -L'esprit de civilisation et la religion (peu importe laquelle) s'opposent à la suppression d'un individu. Soit. Mais, la civilisation, dont chacun se revendique, a, sans interruption, tout au long de l'histoire humaine, allègrement suivi la loi naturelle dont le noyau est la mort de l'ennemi.
Ceci, bien que civilisations et religions se soient toujours présentées, non sans hypocrisie, comme les défenseurs du plus faible, donc de la victime.
B - Il n'a jamais été prouvé que la peine de mort exerce une incidence positive sur le taux de criminalité. Ce que contredit éloquemment les récentes expériences américaines
d'application intolérante de la loi. Passé au crible de la logique, cet argument, pris au pied de la lettre, se détruit lui-même par le syllogisme implicite qu'il contient:
1) La peine de mort est la punition suprême.
2) Or, la peine de mort est inefficace.
3) Donc, toute punition est inefficace.
De sorte qu'en bonne logique aristolicienne, il convient de supprimer toute punition, renouant ainsi avec la "... morale sans obligation ni sanction"  (1887) du philosothaïon J.M.Guyau dont l'utopie n'a jamais débordé du cadre de son
"esquisse" Il convient, pour être complet, c'est-à- ire honnête, de noter que certains, au sadisme caché, allégueront qu'en réalité, la punition la plus cruelle, donc la plus dissuasive, est la prison à vie ; ce qui, dans ce scénario, invite à penser que, pour des raisons précisément humanitaires, il conviendrait de rétablir la peine de mort. Au plus tôt.
À la lueur crue de l'insensible raison, la peine de mort se présente comme un thème aussi fécond et important que celui des préservatifs pour les anges, tandis que les extra-terrestres sont aux pieds de nos murailles, prêts à nous envahir. En réalité, il est loisible de se demander si cette question dont s'est emparée la mode n'est pas un amuse gueule, ne remplit pas une fonction de zakouski politique de faire écran à tant de problèmes majeurs, souvent préoccupants. Mais, finalement, tout ceci n'est pas très grave dans la mesure où ce remue-ménage démange la plume des petits penseurs en mal d'inspiration ou encore alimente la bonne conscience des âmes inquiètes et que viendra calmer quelque décoration méritée.
Encore un mot. S'il m'arrivait, par malheur, d'être une fois encore condamné à mort (ce qui, incidemment fut mont cas, par le Gouvernement de Vichy), soyez certains que je militerais avec force pour la suppression de cet acte barbare.
PS : J'allais oublier de vous dire que je déteste tuer... même une puce.

Le risque vu par l'entrepreneur et par l'universitaire

Bernard Trémeau
page Bernard Trémeau

Dans un article (le Monde économie du 24 octobre 2000) Christian Dejours, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, répond sur la notion de risque dans l'entreprise à Antoine Seilliére, le patron du MEDEF (interview donné dans les Cahiers de l'Assurance) on assiste alors à un curieux phénomène. Le mot "risque" n'a pas le même sens.
Pour Antoine Seilliére, évoluant dans le monde de l'entreprise, le risque fait partie du pain quotidien de l'entrepreneur- Tout entrepreneur prend des risques.
Celui qui n'investit pas prend le risque de vendre trop cher des produits devenus moins désirables. Celui qui investit pour offrir à ses clients le même produit à un moindre coût prend le risque de rencontrer sur le Marché le même produit vendu bien moins cher, car venant de l'étranger. Celui qui met sur le Marché un produit nouveau ne connaît jamais parfaitement les réactions de ses futurs clients.
Quant à celui qui prend le risque de mal entraîner son équipe, il sera éliminé.
Dans tous les cas, l'entrepreneur prend un risque pour le capital dont il a la responsabilité :
un bon choix le valorise, un mauvais choix le détruit. Mais l'entrepreneur prend aussi un risque pour lui-même, pour ses employés, pour ses fournisseurs et pour ses clients. La réussite donne des salaires plus élevés, des commandes plus nombreuses et un nombre de clients satisfaits plus important.
Telle est la vision du risque pour Antoine Seilliére. Si les salariés ne sont pas associés aux risques portant sur le capital, ils sont associés aux risques choisis par l'entrepreneur. Mieux les risques pris par l'entrepreneur seront connus des salariés, plus ceux-ci pourront les réduire par leur façon de travailler. En ce sens, la façon de travailler de tous sera le premier rempart contre le risque pris par l'entreprise. Par contre, toutes les interventions de l'État augmentent les risques de l'entreprise en perturbant sa compétitivité. Une entreprise de textile française ne peut pas lutter contre une entreprise de textile indienne du fait des lois
françaises.
Pour Christian Dejours, évoluant dans le monde universitaire, le mot "risque" prend une autre connotation.
D'abord existent les risques que le patron fait courir aux salariés : accidents du travail, maladies professionnelles. De plus, comme le patron paye moins les ouvriers que les cadres, les ouvriers meurent plus jeunes. Existent aussi des risques que l'entrepreneur fait courir à la société: explosion d'une centrale nucléaire, naufrage d'un transporteur de pétrole. Ces risques ne peuvent être évités que par le zèle de tous à prévenir les dangers. Heureusement que l'État est là pour veiller et légiférer pour s'opposer à tous ces risques...
Ensuite, pour Christian Dejours, l'entrepreneur ne risque que son capital, son avoir, alors que le salarié ii prend des risques dans le registre de l'être, sur son intégrité physique, parfois mentale »
Christian Dejours est finalement d'accord pour que l'entrepreneur prenne des risques, mais à condition que cette prise de risque s'accompagne de "sagesse", de "prudence", supprimant tous les risques supplémentaires que l'entrepreneur pourrait faire courir aux autres.
L'entrepreneur et l'universitaire n'arrivent pas à se comprendre. Christian Dejours ne vit pas dans le monde de l'entreprise et il n'a pas senti ce qu'est aujourd'hui le "risque" pour un entrepreneur. Avec la mondialisation, l'entreprise doit prendre des risques, et de plus en plus de risques. Sinon elle est éliminée. A moins qu'elle ne jouisse, comme les services publics à la française, de la protection d'un monopole d'État. Ce monopole lui permet alors de se maintenir en vie sans
avoir pris les bons risques, ceux qui nous offrent un meilleur produit au moindre coût.
Nous profitons tous du système qui contraint les entrepreneurs à prendre les bons risques, ceux qui nous offrent par exemple des voitures de plus en plus sûres à des prix de plus en plus faibles.
Ne légiférons pas pour détruire ce précieux système. .l.

TOUS EN IRLANDE !
Jusqu'où ira le « Dragon Celte » ?
1999, le taux de chômage
irlandais était de 5 %. En août
il atteignait 4,4 %. Il n'arrête de baisser depuis, tombant à
L'Irlande n'a jamais été gouvernée
les socialistes...


CGS: discrimination entre Français droits de l'homme bafoués !

Par le Dr Claude Reichman, président du Comité CSG
Page Claude Reichman

Ah ! l'étrange république dans laquelle nous vivons ! Voilà deux prétendus impôts, la CSG et la CRDS, qui sont en réalité des cotisations sociales, et qui continuent d'être appelées comme des impôts sans que la représentation nationale ne s'émeuve le moins du monde ! Pas une voix ne s'est élevée à l'Assemblée, lors de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2001, pour s'inquiéter de l'illégalité dans laquelle sombraient les pouvoirs publics et des redoutables conséquences de cette impéritie.
Il faut dire que la CSG est une création de la gauche, qui a fait les délices de la fausse droite. Car celle-ci, étatiste en diable, n'allait pas faire la fine bouche devant une taxe qu'il suffit d'augmenter d'un point pour récolter une bonne cinquantaine de milliards de francs qui vont aller se perdre dans le puits sans fond de la Sécu !
Il n'empêche qu'il faut vraiment vivre dans une république bananiére pour constater qu'aucun élu du peuple, quelle que soit son idée de la politique sociale, ne s'élève contre une illégalité patente dans le financement des dépenses publiques ! Une fois de plus, c'est la société civile, représentée en l'occurrence par le Comité CSG, qui porte le flambeau du droit et de la défense du citoyen. Et une fois de plus encore, c'est en s'appuyant sur les dispositions européennes, votées par la France mais inappliquées par elle, que le Comité CSG va remporter une victoire définitive.
En effet, la Commission de Bruxelles s'apprête à ouvrir une nouvelle procédure d'infraction contre notre pays, avec cette fois de lourdes sanctions financières à la clé.
On se souvient que, le l5 février dernier, la Cour de justice 

L'action anti.CSG


- Elle est civique nous utilisons les dispositions légales offertes aux citoyens pour faire valoir leurs droits.
- Elle est utile à notre pays ; quand des citoyens réclament leur dû, ils contribuent à faire régner l'état de droit.
- L'action anti-CSG est utile à ceux qui l'entreprennent : ils se donnent chance de récupérer la plus glande partie de ce qui leur a été illégalement prélevé au titre de la CSG et de la CRDS.
- L'action anti-CSG est des plus simples. Elle consiste en quelques
- Le comité CSG pilote toute l'action juridique et suit chaque dossier individuellement.
Pour adhérer, il suffit d'adresser un chèque de 350 F (somme destinée à couvrir les frais administratifs et juridiques du Comité) à : Comité CSG, 165, rue de Rennes 75006 Paris

L'action anti.CSG
- Elle est civique nous utilisons les dispositions légales offertes aux citoyens pour faire valoir leurs droits.
- Elle est utile à notre pays ; quand des citoyens réclament leur dû, ils contribuent à faire régner l'état de droit.
- L'action anti-CSG est utile à ceux qui l'entreprennent : ils se donnent chance de récupérer la plus glande partie de ce qui leur a été illégalement prélevé au titre de la CSG et de la CRDS.
- L'action anti-CSG est des plus simples. Elle consiste en quelques
- Le comité CSG pilote toute l'action juridique et suit chaque dossier individuellement.
Pour adhérer, il suffit d'adresser un chèque de 350 F (somme destinée à couvrir les frais administratifs et juridiques du Comité) à : Comité CSG, 165, rue de Rennes 75006 Paris


des communautés européennes (CJCE) a condamné la France pour avoir prétendu que la CSG et la CRDS sont des
impôts, alors que, finançant la Sécurité sociale, elle doivent être qualifiées de cotisations sociales, et par conséquent, ne peuvent être appliquées aux personnes qui ne bénéficient pas de la protection sociale française, au premier rang desquels les travailleurs frontaliers.

La CSG est illégale : elle doit être remboursée


Bon, se sont dit les esprits simples, il suffit de rembourser ces derniers de ce qu'ils ont payé et de les exonérer définitivement.
Simple ? Pire que cela :complètement idiot.
D'une part parce qu'il s'est créé une discrimination entre contribuables français, les uns étant exonérés de CSG, les autres y restant soumis : c'est la raison pour laquelle nous avons d'ores et déjà saisi la Cour européenne des droits de l'homme.
D'autre part parce qu'on ne peut pas saucissonner les lois. Ce sont des lois qui ont institué la CSG et la CRDS en tant
qu'impôts dus par toutes les personnes ayant leur résidence fiscale en France. Or, par décision européenne, ces lois ne disent plus ce qu'elles disaient.
Seule solution : les supprimer et les remplacer par d'autres. La seule chose qu'on ne puisse pas faire en tout cas, c'est continuer de les appliquer comme si de rien n'était. Or c'est précisément ce que font les pouvoirs publics !
République bananiére, avez vous dit ?
Il va de soi que le gouvernement sait parfaitement de quoi il retourne. S'il ne fait rien, c'est parce qu'il ne sait pas quoi faire.
Et le problème financier est immense. La CSG, c'est 350 milliards de francs par an, plus que l'impôt sur le revenu ! La CSG, c'est la recette miracle qui a masqué le fameux trou de la Sécu.
Or que peut faire le gouvernement ? Passer par l'impôt ne serait possible qu'en nationalisant la protection sociale, ce qui ne serait pas contraire aux dispositions européennes. C'était l'objectif réel du plan Juppé de 1995. On a vu ce qu'il en est advenu. Et puis ce n'est pas au moment où tous les pays du monde développé privatisent leurs systèmes sociaux que le nôtre va sérieusement s'engager dans la voie inverse.
Même si d'aucuns affirment, non sans raison, que la France est un des derniers pays communistes du monde, elle
ne peut pas s'exclure du mouvement général des nations avec lesquelles elle est en relations économiques permanentes.
Reste la voie des cotisations sociales. Mais comment y assujettir les revenus de placements, quand on sait qu'une cotisation sociale doit forcément être assortie d'une prestation ? Et comme, en outre, il n'y a plus de monopole de la Sécurité sociale

- là aussi, la France, qui ne se plie pas aux décisions de la CJCE est en passe d'être à nouveau condamnée à de lourdes amendes - il sera aisé d'échapper à la CSG en s'assurant ailleurs qu'à la Sècu.

On le voit, c'est l'impasse.
En réalité, les politiques savent très bien qu'ils ne peuvent plus échapper à la grande réforme fiscale et sociale rendue nécessaire par le traité de l'Union européenne, qui a fait de tout le territoire des Quinze un espace sans frontières dans lequel chaque citoyen européen peut circuler et s'installer librement, ce qui implique l'abolition de tous les monopoles et met en concurrence les divers systèmes fiscaux et sociaux. En France, malgré notre lourd passé étatiste et monopolistique, nous allons enfin vivre le grand soir. Ce n'est donc pas la moment de s'endormir !
S'endormir, c'est précisément ce que n'ont pas fait les milliers de Français qui se sont regroupés au sein du Comité CSG, que j'ai créé avec Alain Dumait, pour réclamer le remboursement de la CSG et de la CRDS au motif qu'elles ont été illégalement prélevées (on sait en effet que, selon une jurisprudence bien établie, tout prélèvement décrété illégal par décision de justice doit être remboursé depuis l'origine).
Il est encore temps de vous joindre à eux. Vous avez là une occasion unique, non seulement de réclamer l'ar-
gent qu'on vous a pris illégalement, mais aussi de sanctionner les menées scandaleuses de nos mauvais
gouvernants et de marquer votre volonté de voir enfin mis un terme à l'augmentation incessante et vertigineuse des prélèvements sociaux.

Cette action relève d'une attitude citoyenne- NE RIEN FAIRE, C'EST LAISSER FAIRE.

 


 

Les échos politiques de Georges Langlois


"Circonstance exceptionnelles"
 
Valéry Giscard d'Estaing, d'après certains décrypteurs de la pensée giscardienne, n'aurait pas tout à fait renoncé à jouer... sa propre carte, en 2002. Certes, celui-ci déclarait à la télévision en 1995 juillet, une série de déplacement dans le ma9hreb et en Afrique noire (avec le général Morillon) dans les huit prochains mois et plusieurs déplacements en Asie déjà programmés pour l'automne 2001.
"aujourd'hui s'achève la phase active de mon action publique".
Certes, encore, a-t-il confié sur Europe1 le18 octobre que, concernant son éventuelle candidature en 2002, « cela (compte tenu de son âge) n'aurait pas de sens dans une circonstance normale. » Mais c'était pour aussitôt ajouter : "il faudrait une circonstance exceptionnelle pour que cela ait un sens". La "circonstance exceptionnelle" en question pouvant être une cuisante défaite de la droite aux législatives de 2002, qui empêcherait Chirac de se représenter.« En deux mois, il n'y a guère que Giscard, à droite, qui puisse rassembler, explique le même giscardien. Et puis, comme la présidentielle paraîtra perdue d'avance, ça ne devrait pas se bousculer au portillon. » Giscard, dans ce cas, pourrait être présent au second tour contre Jospin. Et alors, espère-t-il, tout redeviendrait possible. Dans ses rêves, en tout cas...
Vengeur
 
 Michel Bassi, 65 ans, ancien et très éphémère directeur de la communication de l'Hôtel de Ville, viré avec perte et fracas par Jean Tibéri le 23 août dernier, s'apprête à publier un livre de souvenir particulièrement saignant sur ses quatre mois passés auprès du maire de Paris. Publication prévue pour le 15 novembre aux éditions du Rocher. Si le titre n'est pas encore trouvé, on murmure, en revanche, que ledit bouquin devrait fourmiller d'anecdotes sur le petit monde de Tibéri, et notamment comment certains de ses plus proches collaborateurs, sur une ligne "plutôt la gauche que séguin", alimenteraient, chaque semaine, les colonnes du "Canard enchaîné" en indiscrétions sur les élus passés avec armes et bagages chez le candidat officiel du RPR.

Troisième Homme 
 
 Édouard Balladur, qui n'a pas renoncé à jouer les "troisième homme" lors de l'élection du maire de Paris, où il pourrait se poser en candidat de réserve, dans le cas où séguinistes et libéristes ne parviendrait pas à un accord au moment de l'élection du maire, soigne aujourd'hui tout particulièrement les élus DL et UDF. C'est ainsi que l'ancien premier ministre, qui depuis 1995 invite tous les quinze jours une quarantaine de députés RPR à un rituel petit déjeuner, vient de décider d'ouvrir sa table aux parlementaires libéraux et centristes.

Présidentiable
 
 François Bayrou qui rêve de la prochaine présidentielle, a décidé de multiplier les voyages à l'étranger, histoire de se donner (du moins le croit-il) une image de "présidentiable". C'est ainsi que le président de l'UDF, élu la semaine dernière à Santiago du Chili vice-président de l'Internationale démocrate-chrétienne, en a profité pour rencontrer le nouveau président mexicain, Vincente Fox. A son programme, aussi : le congrès du PPE, les 10 et 13 janvier à Berlin, un voyage aux USA en juillet une série de déplacement dans le maghreb et en Afrique noire ( avec le général Morillon ) dans les huit prochains mois et plusieurs déplacements en Asie déjà programmes pour l'automne 2001.
Retournement de veste ... haute couture

Après avoir été le champion des mitterrandôlatres avant 95, soutenu Chirac (par hostilité à Jospin et son "droit d'inventaire") à la présidentielle et courtisé les Verts aux européennes, le PDG d'Yves saint-Laurent, Pierre Bergé vient de prendre contact avec Robert Hue, qu'il a invité à déjeuner. objet de sa requête : décrocher la tête de liste PC dans le Vl~ arrondissement de la capitale, qui, dans le cadre des accords de la gauche plurielle à Paris, devrait revenir au parti communiste. Ce qui ne manquerait pas de faire tiquer Bertrand Delanoë :
Bergé, en effet, avait aussi pris fait et cause pour Jack Lang dans le cadre de la primaire interne au PS...
 

Forest Gump
 
Commentaire amusé (et privé) de Nicolas Sarkozy à propos de l'"affaire de la cassette perdue" par Dominique Strauss-Kahn : "DSK, dit-il, c'est Forrest Gump. Il est pris au milieu d'événements importants, mais il n'a rien vu, rien fait, rien compris. Il n'a eu qu'une envie, c'est de se sauver en courant !"

L'insécurité juridique programmée

Marc F.X Fievet


Jusqu'aux années 90, la fonction publique était la proie de deux "gangs" principaux: les technocrates cooptés et les politiques, qui bien que se haïssant cordialement, s'accordaient à penser que la fonction publique n'avait pour principale mission que de les servir en priorité absolue.
Depuis le retour aux affaires des représentants du peuple de gauche, les politico-enatechnocrates qui nous gouvernent ont décidé de laisser l'alliée de l'ombre qui est le système judiciaire, agir pour éliminer les politiques.
Désormais, puisque telle est la nouvelle règle, les procureurs et les magistrats instructeurs français sont devenus les personnages les plus puissants de France, sans pour autant avoir reçu la formation nécessaire à assumer un tel pouvoir obtenu uniquement du fait d'un diplôme et non sanctionnable dans le temps. Serions-nous face aux "nouveaux maîtres" de notre devenir ?...
L'inquiétude me gagne car, bien qu'ayant constaté que ces nouveaux maîtres s'insurgent contre les dérives d'un système mafieux, où les magouilles sont généralisées, pour ne pas écrire institutionnalisées (et la corruption, prévarication, falsification, concussion et l'évaporation de fonds... réservés, monnaie courante...), à ce jour, aucune voix ne s'est élevée pour éliminer le sacro-saint devoir de réserve imposé aux fonctionnaires. Et accepté par ces derniers pour ne pas avoir à subir l'opprobre générale des corporatistes et se retrouver parfois au chômage, au cas où un besoin de pureté morale les "titillerait".
Comment ne pas s'inquiéter de ces "omnipotents dalloziens" qui laissèrent Joxe s'occuper tout particulièrement de l'OPJ Gaudino, ne trouvèrent jamais les "sponsors" de la tuerie d'Auriol, ni ceux de la députée Piat, le vrai coupable de l'assassinat de la patronne d'Omar, comme les "promoteurs" du meurtre ignoble du Préfet Claude Érignac.
Et, comme en prime, ils peuvent commettre toutes erreurs judiciaires sans que des réparations et excuses ne soient envisagées, ces nouveaux maîtres, assimilables à des dieux à l'infaillibilité reconnue, à la gestion très souvent obscure et inhumaine des dossiers, au respect quant à l'application de règlements parfois stupides et très souvent contradictoires et qui n'adoptent le sens du discernement que pour eux-mêmes, peuvent-ils rester sans aucun contrôle ?
Les propos tenus par le Secrétaire général du syndicat de la magistrature, réclamant l'état de droit, me rassurent, mais ne
solutionnent pas pour autant l'indépendance des "parquetiers". Qui contrôlera ces indépendants?
Cette insécurité juridique qui nous attend est surprenante. En effet, alors que la France, dans les négociations pour la création d'une cour criminelle internationale, exigeait le droit de "contrôler" l'autorité qui déclenche la saisine de la juridiction compétente, sur le plan national, le pouvoir politique actuel concède de fait, au mépris de la loi, une entière indépendance au parquet, laissant ainsi toute latitude aux manipulateurs de "juges" pour se payer des cibles "gênantes".
C'est au politique de définir la morale et la traduire dans la loi. Ce n'est pas aux "juges" de se substituer aux peuples. Telle est la règle démocratique.
Encore faudrait-il qu'elle soit respectée! 

Le bateau Europe-Amérique

Guy Millière
page Guy Millière 

Il est des moments, et cette fin de siècle est vraisemblablement l'un d'eux, où certains principes et certaines réalités doivent être réaffirmés :

1. Tout ce qui, depuis un millénaire au moins, a fait reculer la misère, l'irrespect de l'être humain, la barbarie sur la terre, tout ce qui a permis l'augmentation générale de l'espérance de vie, l'accroissement du nombre des êtres humains, la possibilité pour un nombre toujours plus important d'entre eux de vivre dans la liberté et la prospérité, a été le fruit de la civilisation occidentale en ce qu'elle a eu de plus fécond.
Sans civilisation occidentale, n'en déplaise aux falsificateurs, pas de Droit, pas de démocratie, pas d'entreprises, pas d'économie capitaliste, pas de libre marché, pas de science ou de recherche scientifique, pas de médecine moderne, pas de création artistique au sens où l'on peut en parler aujourd'hui.
Sans civilisation occidentale, quatre êtres humains sur cinq vivant aujourd'hui n'existeraient tout simplement pas, et parmi les survivants, rares seraient ceux qui vivraient au-delà de cinquante ans, et plus rares encore seraient ceux dont la vie ne se mènerait pas dans des conditions de pénurie et de précarité absolue.
La civilisation occidentale est née en Europe. Comme toutes les civilisations dynamiques, elle est allée plus loin que l'horizon. Elle est partie coloniser des terres peuplées en Afrique et en Asie, des terres presque dépourvues de population en Océanie et en Amérique du Nord où la vie était encore ce qu'elle était en Europe au moment du paléolithique.
Les occidentaux n'ont pas à avoir honte de la colonisation, puisque celle-ci a consisté, surtout, à apporter des éléments de civilisation à des gens qui n'en disposaient
pas. Ils n'ont pas honte d'avoir fait de l'Amérique du Nord ce qu'elle est aujourd'hui: l'histoire a toujours vu les zones de très faible pression démographique se trouver peuplées par des gens venus de zones de forte pression démographique, l'histoire a toujours vu les civilisations techniquement et intellectuellement supérieures triompher.

2. Toute réussite s'accompagne du développement parallèle de l'envie et du ressentiment.
La civilisation occidentale a connu, au côté du déploiement de ses plus extraordinaires accomplissements, le déploiement de tout un envers noir et délétère.
Cet envers a pris le visage des fanatismes religieux qui ne se sont réclamés du christianisme que pour le caricaturer, le défigurer et en faire un discours de haine et de nihilisme: celui de Joachim de Flore ou de Savonarole, ou plus tard, du curé Meslier ou de l'abbé Mably. Il a pris le visage plus tard aussi de toutes les doctrines collectivistes : communisme, nationalisme, socialisme, national-socialisme, fascisme. Il prend aujourd'hui l'apparence multiforme et floue de tous les discours négativistes contemporains où se mêlent adorateurs de la nature et ennemis de la liberté, nostalgiques du marxisme flamboyant et adeptes des diverses variantes de l'anti-occidentalisme.
Les États-Unis constituant, au présent, le principal lieu d'accomplissement de la civilisation occidentale, il est logique que l'anti-occidentalisme majeur de notre époque soit l'antiaméricanisme. Il est logique, donc, que les ennemis de la civilisation occidentale se définissent comme anti-américains. Il est moins logique par contre que des Européens, se disant soucieux de la préservation de la civilisation occidentale, cèdent à l'anti-américanisme et se plient ainsi inconsciemment à la stratégie de division de leurs adversaires anti-occidentaux.

3. Nous vivons l'époque de l'accomplissement planétaire delà civilisation occidentale. La mondialisation est occidentalisation du monde, et elle est triomphe des valeurs occidentales.
Face à ce triomphe, les forces de l'anti-occidentalisme restent fortes et menaçantes et continuent leur travail de sape. Toute la gauche des pays occidentaux, tous les nationalistes et néo-marxistes du tiers monde, tous les écologistes, tous les dirigistes investissent patiemment les secteurs de l'édition, de la presse, des médias, de l'enseignement et y disséminent des paroles destinées à semer le doute, le découragement, la confusion et finalement l'esprit de destruction.
Rien n'indique pour le moment que le triomphe de la civilisation occidentale soit durable. on peut craindre au contraire que l'esprit de destruction ne finisse par l'emporter. Le relatif déclin européen actuel est l'un des symptômes de la propagation de l'esprit de destruction. Le fait que tant d'Européens voient dans les États-Unis leur ennemi ou leur rival, alors que divers fanatismes anti-occidentaux infiltrent l'Europe de manière autrement alarmante est un autre symptôme.
La civilisation occidentale ne survivra au vingt et unième siècle que si les occidentaux voient ce qui les unit plutôt que ce qui les sépare.
La grandeur occidentale ne durera que si les occidentaux voient encore où réside cette grandeur et ne cèdent pas aux démons symétriques de l'auto flagellation et de la rivalité jalouse.
Europe et Amérique sont sur le même bateau et survivront ou périront peu ou prou en même temps. 

L'exemple américain II
Alain Dumait
Page Alain Dumait

Les élections présidentielles américaines auraient bien pu se jouer à une seule voix dans un seul état :
l'heureux élu aurait néanmoins été chaleureusement félicité par son concurrent, considéré comme le président légitime par tous les Américains, sans contestation sérieuse de personne.
On est loin de ces démocraties approximatives comme la nôtre, où les vaincus font la gueule, refusent de serrer la main à leur adversaire, chipotent et contestent systématiquement le résultat des urnes.
On est à des années-lumière des fausses démocraties, "populaires" ou "tribales", où une victoire indiscutable ne se conçoit pas à moins de 80% des suffrages, 90% voire 99%.
Oui, pratiquée comme elle doit l'être, la démocratie représentative est aussi un sport. Pour la pratiquer, il faut en avoir l'esprit...

Le démocrate All Gore aurait été élu haut la main sans la présence du perturbateur écologiste indépendant (mais très à gauche), Ralf Nader. La presse officielle démocrate, c'est-à-dire la quasi-totalité des médias américains, qui sont, soit de gauche, soit très à gauche, ont fustigé cet empêcheur de voter en rond sur l'air du train-train de l'alternance républicains/démocrates.
C'était évidemment oublier que, dans certaines circonscriptions, plus de la moitié des électeurs qui vont voter, le font pour l'un ou l'autre des trois cents petits partis qui contestent avec opiniâtreté la domination des deux grands partis.
Et c'était ne pas tenir compte du caractère spécifique et légitime de cette candidature anti-establishment.
Mais les quelques millions de voix recueillis par Ralf Nader ont néanmoins faussé le clivage droite gauche. Autant les candidatures multiples enrichissent, le plus souvent, les élections à deux tours, autant elles sont susceptibles de fausser le verdict démocratique dans une élection à un seul tour.
Malgré la fantastique mobilisation des médias, des artistes et des intellectuels (trois catégories également stipendiées, là-bas comme ici), la droite l'a largement emporté, en tout cas au niveau local puisqu'elle conserve la majorité absolue aussi bien à la Chambre des représentants qu'au Sénat. Cela veut dire qu'aux États-Unis comme ailleurs la droite peut fort bien surpasser son handicap médiatique.
Sociologiquement, l'Amérique est beaucoup plus à droite qu'à gauche, tout simplement du fait de sa prospérité, laquelle n'a pas été trop entravée par le gouvernement de Bill Clinton, mais qui est due, pour l'essentiel, bien sûr, d'une part aux entrepreneurs américains et d'autre part à la sagesse des gestionnaires de sa monnaie.
Médiatiquement, l'Amérique est peut-être plus à gauche encore que l'Europe. C'est au sein du Parti démocratique que se retrouvent toutes sortes de théoriciens
fumeux et d'agitateurs qui, chez nous, appartiendraient à des minorités de l'extrême-gauche. Pour autant, la domination de la droite populaire par la gauche minoritaire n'est pas une fatalité.
En France, pour l'emporter dans les combats futurs (d'abord les élections législatives générales puis l'élection présidentielle, dans cet ordre-là, selon les conseils que donnent actuellement les stratèges du parti socialiste au Premier ministre, Lionel Jospin) la gauche doit non seulement pouvoir compter sur les gardiens de la pensée unique, et elle peut y compter, mais aussi sur les divisions de la Droite, et elle peut y compter aussi !
Mardi dernier, les cinq constituants de la Gauche plurielle en moins de deux heures de réunion, ont su présenter un front commun sur la base de nouveaux engagements, tous sur le terrain de la démagogie sociale, aptes à resserrer suffisamment les rangs, en tous cas, jusqu'en 2002. Cela va de l'augmentation du SMIC parallèlement au taux de croissance plutôt que l'indice des prix, à la représentation des chômeurs dans les organismes sociaux en passant par la transformation des emplois-jeunes en emplois à vie ou le droit de vote pour les étrangers aux élections municipales...
Qu'importe : pourvu que la gauche plurielle puisse prendre encore une photo de famille.
Dans le même temps, la Droite n'en finit pas de se morceler. Pour ne considérer que la Droite parlementaire, on en est déjà au moins à six candidats pour les prochaines élections présidentielles : Jacques Chirac, bien sûr, François Bayrou et Alain Madelin sans doute, Charles Pasqua et Philippe de Villiers probablement, Christine Boutin certainement...
Au premier tour, cette diversité est normale. À la condition qu'au deuxième tour, le rassemblement
se fasse pour un affrontement camp contre camp. C'est ce que la Gauche maintenant sait bien faire.
C'est ce que la Droite ne sait plus faire. Jusqu'à présent et stupidement, elle rejetait la Droite nationale. Aujourd'hui, c'est dans son sein même que les lignes de fracture fendent la fausse droite française.