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Calendrier
électoral: Jospin décide de ringardiser Chirac
Jean Rouxel
On se doute bien que si Lionel Jospin a pris parti pour l'inversion des échéances électorales concernant les prochaines présidentielles et les législatives, c'est parce qu'il estime y
avoir intérêt.
L'analyse attentive des résultats des élections partielles montre en effet que la droite parlementaire, débarrassée du risque d'élections triangulaires avec la présence d'un représentant du Front national au deuxième
tour, améliore plutôt ses positions par rapport à celles de juin 1997, en tout cas depuis plusieurs mois.
Si les élections générales législatives avaient lieu avant l'élection présidentielle, et en fonction de l'état actuel de l'opinion, la droite aurait plus de chances de l'emporter que la gauche. Or, pour celle-ci, le temps du pain blanc est sans doute terminé...
Par contre, si l'élection présidentielle a lieu avant, personne, à gauche, ne menace sérieusement le leadership de Lionel Jospin alors qu'à droite, celui de Jacques Chirac commence à être bien mal en point.
En cas de législative avant la présidentielle, les sortants de la droite seraient automatiquement reconduits. C'est d'ailleurs
le sens de l'appel à l'union publié la semaine dernière, dans les colonnes du Figaro, judicieusement qualifié de
"syndicat de sortants pour préserver leurs prébendes" par Charles Pasqua, un expert. Alors que la désignation des candidats uniques de la gauche serait sans doute plus problématique...
En outre, ainsi, Lionel Jospin se donne le beau rôle : il défend
l'esprit des institutions et de sa pratique qui n'a jamais vu jusqu'à présent les élections législatives avoir lieu avant la présidentielle.
Jacques Chirac s'attache à la lettre. Il dit: appliquons la loi telle qu'elle est. Mais n'a-t-il pas
lui même enfreint ce principe en procédant sans raison politique à une dissolution suicide ?
Avec son initiative, Lionel Jospin dit en quelque sorte à Jacques Chirac :
"À cause de vous, et de votre dissolution, il convient d'inverser maintenant le
calendrier électoral". On peut trouver ça cruel de la part du principal bénéficiaire de cette bévue.
Mais la vie politique en général, celle de la cohabitation en particulier, est en effet cruelle.
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Balladur,
Seguin, Juppé: trois beaux hypocrites !
- Bernard Piard
Dans notre n°251,daté du 19 février 2000, page 3, sous l'intitulé
"RPR", nous avons publié un écho indiquant que Michèle Alliot-Marie, nouvelle présidente du parti, avait du renoncer à son projet de priver Edouard Balladur, Philippe seguin et Alain Juppé d'une indemnité à eux versée par le mouvement au titre, soit d'ancien Premier ministre (Balladur et Juppé), soit d'ancien président
(seguin). À vrai dire, cette information n'était pas tout à fait originale:
elle avait déjà été rapportée, dans le corps d'un article, par le
Figaro Et elle n'a à ce jour pas été démentie par les intéressés.
Un de nos correspondants (J.Dulondel, Bois-Guillaume - 76) a pris la peine d'écrire aux trois intéressés pour leur demander des explications.
Chacun a formellement démenti l'information. Mais ils l'ont fait dans des termes qui la confirment!...
Alain Juppé écrit, le 3 octobre:
"Cher Monsieur, Vous m'avez fait parvenir un exemplaire des
"4 Vérités". Je ne connais pas ce journal vu son évident manque de sérieux... Le rôle d'un mouvement tel que le RPR est de soutenir des associations ou des clubs de pensées proches de lui et qui participe... c'est le cas de
France Moderne, association que je préside. . .".
En clair, le RPR verse donc une subvention à l'association que préside Alain Juppé.
Édouard Balladur répond le 6 octobre:
"Ni les anciens chefs de gouvernement, ni les anciens présidents du RPR ne perçoivent de ce dernier la moindre indemnité de secrétariat.
En revanche, il est exact - et cela a du induire en erreur cet hebdomadaire - que le
RPR verse des subventions à un certain nombre d'associations à but politique qui gravitent autour de lui. C'est le cas des associations animées par Philippe Seguin, Alain Juppé ou moi-même...
"
Le RPR verse donc une subvention, sans doute de 500 000 F,
aux trois personnages indiqués dans notre article. On a affaire à
un simple habillage: le RPR assure bel et bien, et "à
vie", le train de vie politique de ses anciens dirigeants.
Michel Alliot-Marie, le 17 novembre, écrit:
"Je tiens à démentir formellement l'information parue dans
l'hebdomadaire "les 4 Vérités". Sans doute ne sait-elle
pas qu'elle a pourtant été déjà confirmée par les intéressés
eux-mêmes.
Même si ce n'était pas un scoop, notre information était
juste. Les hauts dirigeants du RPR sont de beaux hypocrites. Édouard
Balladur, sensiblement moins qu'Alain Juppé. Philippe Seguin n'a
même pas pris la peine de répondre. Michèle Alliot-Marie, qui
conclut en disant à notre correspondant "je comprends votre
émotion en prenant connaissance de cette information totalement
erronée et donc malveillante" décroche le pompon de la langue
de bois.
| Propositions
parlementaires
Didier Boulaud, député socialiste de la Niévre, rapporteur de la délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée Nationale, propose à ses collègues de s'opposer à la directive
européenne qui prévoit une libéralisation totale des services postaux au
le 1er janvier 2007...
François Rochebloine, député UDF de la Loire, propose de limiter à 68 ans l'âge permettant d'accéder aux fonctions de maire, de président de conseil général ou régional, ou de président d'établissement public de coopération intercommunale.
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La
torture n'est ni de droite ni de gauche
- Bernard Trémeau
Depuis qu'Eve a croqué la pomme, rapidement imitée par Adam, le mal s'est installé sur la terre. Eve
enfanta Caïn le cultivateur et Abel l'éleveur. Comme l'Éternel préféra l'offrande d'Abel, Caïn fut irrité, se jeta sur son frère et le tua. La violence qui tue était déjà là.
La violence peut n'être que verbale et nous savons tous par expérience personnelle combien peuvent
"faire mal" des propos volontairement méchants, des
"paroles blessantes".
La violence peut n'être que matérielle. Nous savons tous combien peut faire souffrir le geste d'un gamin qui casse volontairement le jouet préféré de son frère. Le tagueur qui souille le crépi fraîchement refait de votre mur, les syndicalistes agricoles qui écrivent en grandes lettres sur les murs de votre
maison "assassin", "au poteau", les catholiques qui brûlent les livres contenant vos idées les plus chères, les Huguenots qui décapitent volontairement les belles statues qui ornent le porche de votre église, les militaires qui incendient volontairement votre
village, les révolutionnaires qui saccagent le château du seigneur ou l'église du curé, ne détruisent pas que pour le plaisir de détruire.
Ils le font aussi pour faire mal, pour faire très mal.
La violence peut bien sûr aussi être physique.
La torture cherche à faire souffrir moralement et physiquement. Dès la sortie de l'école, les bagarres violentes montrent qu'un enfant sait faire souffrir volontairement un autre enfant.
Pendant des millénaires, la Justice a utilisé la torture pour
"mieux" connaître la vérité ou pour "servir d'exemple".
Marquer au fer rouge et en public un condamné fait souffrir physiquement et moralement.
L'empereur Romain Constantin a "humanisé" cette torture quand il a décidé, dans l'édit de
Chalon sur-Saône, que dorénavant,on ne marquerait plus sur le front les condamnés, mais uniquement à l'épaule. Le 17 juillet1829, dans la même ville, le bourreau se reprend à deux fois pour marquer au fer rouge l'épaule d'un condamné. La foule hurle
d'indignation et finalement le bourreau est condamné à un mois de prison ferme. Un peu de torture, oui, pensait la foule. Trop de torture, non...
Progressivement et systématiquement, les démocraties occidentales ont essayé d'éliminer la torture physique. Dans une vie quotidienne normale, la torture est devenue heureusement très rare. Mais aussitôt que les circonstances redeviennent
anormales, la torture réapparaît et trouve toujours des justifications.
Quand la violence se déchaîne en Corse, certains gendarmes brûlent une paillote.
Quand la violence s'est déchaînée en Algérie, la France s'étendait alors de Dunkerque à Tamanrasset. Le FLN, donc en principe des Français, n'ont pas hésité à utiliser la torture comme
arme de guerre civile.
Malheureusement, pour être plus efficaces, quelques militaires français les ont imités.
Sous l'occupation enfin, le même phénomène s'est produit.
Certains Français de la Milice, défendant le pouvoir en place, ont utilisé la torture et les exécutions sommaires. Certains résistants ont tout autant utilisé la
torture et les exécutions sommaires. L'idéologie totalitaire nazie avait corrompu certains membres de la milice, et
l'idéologie totalitaire communiste avait corrompu certains membres de la Résistance. A la Libération,
nous avons tous assisté sans réagir à un extraordinaire spectacle de torture morale : des
femmes tondues, avec le torse nu ou une croix gammée sur le front, étaient promenées dans des charrettes, gardées par des résistants, l'arme à la bretelle.
La torture n'est ni de droite, ni de gauche. Il existe des partis totalitaires à droite et à gauche, partis qui n'ont jamais hésité à recourir à la torture. Les hommes
qui essayent d'être civilisés doivent les combattre sans relâche.
Chacun de nous doit balayer devant sa propre porte, avant de demander à l'autre d'en faire autant: il sera immédiatement
plus crédible.
Que les médias laissent les historiens faire leur lent travail dans la sérénité et la rigueur.
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humour.net
trouvé sur le net
Question:
Excusez-moi, quelle est votre opinion sur la pénurie de viande de
boeuf?
Réponses:
- En Somalie : qu'est-ce que la viande de boeuf?
- En Iran : qu'est-ce qu'une opinion?
-Aux États-Unis : qu'est-ce qu'une pénurie?
- En Israël: que signifie excusez-moi ? |

Courrier
des lecteurs
Page du courrier des lecteurs du
N°284
Les échos politiques de
Georges Langlois
VRAI-FAUSSE PÉTITION
La pétition pour l'union des partis de droite ; signée par 361 parlementaires RPR, UDF et DL, et lancée par Dominique Baudis dans le
"Figaro", devait, à l'origine, être un simple article à paraître dans le même journal, dont Baudis est président du comité éditorial. C'est Philippe Douste-Blazy, à qui le maire de Toulouse a fait lire son article, qui lui a proposé d'en faire une pétition. Après quoi, le texte a été soumis à l'Élysée, où il a été corrigé par Dominique de Villepin et Claude Chirac avant sa parution définitive.
PISTON/ POSTAL
Un (très) proche de Dominique Strauss-Khan vient de prendre du galon. Philippe Grangean, ancien conseiller pour la communication et les affaires politiques de DSK, lorsque celui-ci était à Bercy, vient, en effet, d'être nommé président de Médiapost, une filliale de la Poste spécialisée dans la publicité ciblée en boîte aux lettres.
Auparavant, Grangeon était secrétaire confédéral de la CFDT.
ANTI-MILLON
Le RPR Henry Chabert, qui ne s'est pas rallié à la candidature de l'UDF Michel Mercier, candidat officiel de la droite parlementaire à la mairie de Lyon, pourrait, comme Jean Tibéri à Paris, être prochainement exclu du RPR. Pour éviter de subir le même sort que le maire de Paris, Chabert tente donc de justifier sa démarche dissidente - il affirme vouloir présenter des listes dans tous les arrondissements - en faisant le siège des responsables parisiens du RPR. Explications alambiquées de Chabert à ses
"compagnons" : "si je ne me présente pas, c'est Charles Millon qui va rafler la mise et être en tête de la droite au soir du premier tour."
GOURMANDS
Les contacts sont beaucoup plus avancés que ne le dit Charles Pasqua entre le RPF et Jean Tibéri. Jean-Jacques Guillet, le vice-président du RPF, a, en effet, rencontré Bernard Bled à plusieurs reprises pour lui proposer de faire listes uniques à Paris, moyennant plusieurs candidats pasquaiens en position éligibles sur les listes du maire de Paris (dont Alain Robert, patron du RPF parisien).
"Ils sont encore trop gourmands, dit-on dans l'entourage de Tibéri, mais nous sommes d'accord sur l'essentiel."
MEETING BUISSONNIER
Alain Madelin, qui organisait sa "grande soirée" de lancement de campagne présidentielle le 22 novembre au Bois de Boulogne n'a pas fait le plein - c'est le moins qu'on puisse dire - de ses parlementaires. Une douzaine seulement, parmi lesquels Laurent Dominati, pourtant fraîchement débarqué du secrétariat général de DL, avaient, en effet, fait le déplacement. Parmi les absents de marque : le sénateur Bernard Plaisait, président de la fédération de Paris de DL.
Officiellement, celui-ci avait un "empêchement". En réalité, il dînait à la même heure, en compagnie de quelques amis, dans un restaurant de... Boulogne, situé à un jet de pierre, ou presque, du chapiteau
"ZigZag" où avaient lieu le meeting de Madelin !

Millière
m'a libéré de quelques inquiétudes !
Pierre
Lance
Je suis vraiment reconnaissant à Guy Millière de son formidable article du 18 novembre :
"Une réfutation de l'écologisme ambiant". Et surtout aux auteurs américains du
" Earth Report 2000" dont il se fait l'approbateur et qui est édité à Washington par le Competitive Enterprise
Institute.Les dirigeants de ce lobby doivent savourer comme il convient le refus des USA, confirmé à la conférence de La Haye sur le réchauffement planétaire, de restreindre leurs émanations de gaz carbonique industriel, à supposer qu'ils ne l'aient pas eux-mêmes inspiré.
Quoi qu'il en soit, me voici libéré de quelques inquiétudes qui risquaient de me gâcher la vie en perturbant mon insouciance naturelle.
"C'est grâce à l'effet de serre que la vie existe".
Mais oui, parbleu ! Bravo Millière pour cet argument-massue qui m'a déssillé les yeux! Donc, il n'y a plus aucun souci à se faire: plus la serre sera chaude et mieux nous vivrons ! Il suffisait d'y
penser.
Du coup, je me suis empressé d'appliquer ce raisonnement d'une logique imparable à quelques autres domaines:
Puisque le vin a quasiment présidé à la naissance de la civilisation, on ne saurait considérer
que l'alcoolisme est un problème. Aussi je prends maintenant cuite sur cuite. Quel pied !
De même, le cholestérol étant une substance indispensable à la vie, que notre organisme fabrique d'ailleurs lui-même avec entrain, on doit en déduire
que l'hypercholestérolémie est un mythe. Je vais pouvoir faire sans retenue des cures massives de foie gras ; ça tombe bien, voici les fêtes!
Mais le plus beau, c'est la tête que faisait mon dernier visiteur.
Ah ! je lui ai, grâce à Millière, rivé son clou de la belle manière !
C'était un représentant qui voulait me vendre des extincteurs. Je
l'ai regardé droit dans les yeux et je lui ai dit : "Pouvez-vous me donner une preuve irréfutable qu'il y aura un jour un incendie dans cet immeuble ?" Le type en est resté comme deux ronds de
flan, et je l'ai planté là avec ses extincteurs et son "principe de précaution". J'en rigole encore!
Dire que ces idiots de Troyens n'eurent même pas l'idée de demander à Cassandre :
"Peux-tu nous donner une preuve irréfutable que notre cité sera ruinée ?". Mais enfin, ils ne
l'écoutèrent pas. Peut-être avaient-ils leur millière?
Je ne dirai rien du couplet sur les OGM et leur comparaison avec les hybridations rudimentaires des agriculteurs, car ici les limites du grotesque sont largement dépassées.)
Post-scriptum : Aux élections européennes de 1989, les Verts, alors conduits par Antoine Waechter, obtinrent près de 2 millions de voix (dont au moins les 2/3 venant de la droite) et 9 sièges avec 10,59 % des suffrages. Après quoi la droite prit un malin plaisir à jeter les écologistes dans les bras de la gauche.
Réussite complète!
Aux élections européennes de 1994, les Verts peints en rose n'obtinrent que 574 000 voix avec 0 siège et 2,94 % des suffrages. Désormais, les écologistes de droite ont rejoint les abstentionnistes.
Décidément la droite française est bien la plus bête du monde. Et la gauche française étant également la plus
bête du monde, nous ne sommes pas sortis de l'auberge...
En conclusion, mon cher Guy Millière, laissez-moi vous dire une bonne chose: le
vingt-et-unième siècle sera écologiste ou ne sera pas. Et si vous n'avez pas compris cela, je vous plains de tout mon coeur. Et je plains surtout cette pauvre planète, sur laquelle j'ai dû tomber par
erreur...
"L'ÉRE NOUVELLE"
la revue fondée par notre ami Pierre Lance, célèbre actuellement
son 20eme anniversaire.
Abonnement annuel,6 numéros 190 F - spécimen contre 3 timbres) à l'adresse
suivante :
- L'Ère nouvelle
- BP 171
- 06407 Cannes Cedex

Esprit national et défense de l'Occident ne sont pas incompatibles
- Guy Millière
- page Guy Millière
J'ai participé, voici quelques semaines, à la réunion parisienne du café-philo de droite
( Enregistrements audio sur
cette page ) fondé voici deux ans par Jean-Pierre Pagés-Schweitzer. Le thème était les États-Unis, puisque je publie présentement un
livre sur le sujet. La salle était composée de libéraux pour partie, mais aussi de membres d'une droite plus extrême et plus
traditionnelle. Au fil des paroles, et, quelquefois des invectives, j'en suis arrivé à discerner ce que tous ceux présents avaient en commun.
J'en suis arrivé aussi à discerner ce qui les séparait et pouvait parfois les mener
à une forme de haine des uns
envers les autres.
Ce qu'ils avaient en commun était, bien sûr, une détestation du marxisme, du collectivisme et de la déliquescence généralisée impliquée par un appareil d'état composé de socialistes de diverses obédiences. Ce qui les séparait était la façon de répondre au problème. Les uns, dont j'étais, parlaient de liberté individuelle, de souveraineté de l'individu, d'ouverture au monde et de retour à l'état de Droit et aux valeurs communes de la civilisation occidentale. Les seconds parlaient eux de nation et de nationalisme et cherchaient des boucs émissaires à tous les problèmes de la société française.
C'était, disaient-ils, la faute aux arabes ou aux juifs. C'était, surtout, bien sur, la faute aux Américains. Je suis reparti, je dois le dire, un peu désabusé, et puis,
Le communisme demeure l'ennemi
j'ai fini par penser que ces divergences étaient fondamentalement absurdes et conduisaient
vers une impasse.
À l'époque où nous sommes, l'idée de nation ne devrait pas séparer les unes des autres des franges de la droite. Et, surtout, elle ne devrait pas faire peur aux libéraux. La nation, c'est l'appartenance individuelle et collective à un ensemble de valeurs, de sentiments, d'idées, de sensations, ce n'est ni obligatoirement l'étatisme ni obligatoirement le collectivisme ou cette déviation
collectiviste de l'idée de nation qu'est le nationalisme. Et l'on peut être comme de nombreux lecteurs des « 4 Vérités », je pense, libéral et aimer son pays.
D'une même façon, les défenseurs de l'idée de nation devraient voir que leurs ennemis ne sont ni les libéraux, ni les individualistes, ni ceux qui défendent de manière globale les valeurs de la civilisation occidentale, mais les étatistes et les collectivistes
qui, affaiblissant les idées de liberté et de responsabilité, détruisent en fait de l'intérieur la
civilisation à laquelle ils appartiennent. Les défenseurs de l'idée de nation devraient voir d'une
même façon que leurs ennemis ne se situent pas outre atlantique, mais plutôt chez les
adeptes de l'anti-américanisme primaire.
C'est en divisant ses adversaires que la gauche règne et espère continuer à régner. C'est en se divisant en outre
que, d'une manière générale, on s'affaiblit.
Les ennemis de la droite (et ceux qui se reconnaissent en elle ne devraient jamais l'oublier) sont, sur un plan intérieur, les étatistes et les collectivistes, sur un plan extérieur, les adversaires de la civilisation occidentale.
La droite n'aura des chances de sortir de la marginalisation vers laquelle elle glisse aujourd'hui que lorsqu'elle verra clairement où sont ses amis et où sont
ses ennemis. Elle pourra alors aussi redécouvrir qu'elle est l'héritière d'une grande civilisation qui fut portée par les peuples d'Europe, et comprendre qu'elle doit défendre,
sans se tromper de cible ou se laisser égarer par l'adversaire, cette civilisation contre ceux qui entendent la détruire.
L'ennemi est socialiste et il est à gauche, ce doit être clair.
L'ennemi est du côté des derniers pays communistes de la planète qui, par leur existence, montrent que le communisme n'est pas encore tout à fait vaincu.
L'ennemi est du côté de ce collectivisme "ressentimental"
et fanatique qu'est le fondamentalisme islamique. Se tromper d'ennemi est aider son ennemi disaient d'anciens stratèges.
Ils avaient raison.

- Un
tabou: la torture que pratiquaient des "résistants"
- Alain Dumait
- Page Alain Dumait
L'air de rien, Bernard Trémeau, dans l'article qu'il consacre cette semaine au problème de la torture, lève un sacré lièvre. Il dit : « Sous
l'occupation.. , certains Français de la milice défendant le pouvoir en place, ont utilisé la torture et l'exécution sommaire. Certains résistants ont tout
autant utilisé la torture et les exécutions sommaires. L'idéologie totalitaire nazie avait corrompu certains membres de la milice, et
l'idéologie totalitaire communis te avait corrompu certains membres de la résistance ».
À ma connaissance, il y avait longtemps que la Résistance n'avait pas été à ce point désacralisée. Et sur le terrain le plus sensible qui soit, qui plus est, celui de la torture...
Tous nos lecteurs doivent savoir que Bernard Trémeau est un ancien parlementaire gaulliste, qui a siégé à l'Assemblée
nationale entre 1968 et 1973, où il représentait le département de la Saône-et-Loire.
En s'exprimant ainsi, Bemard Trémeau ne cherche absolument pas à faire naître une polémique. Il accomplit son devoir, à l'égard de son père, aujourd'hui décédé, et de son frère, tous deux anciens résistants et tous deux condamnés à mort et à la
torture par les maquisards pour s'être opposés... à la torture. Ils ne durent leur salut à l'époque qu'à leur évasion,
Ils ont dû alors prendre le maquis du maquis, pour échapper aux actives recherches des FTP.
Il s'agit donc d'un témoignage de première main. Qui n'a pour objet que de démontrer que la torture, insulte à la civilisation, n'est ni de droite ni de gauche. Qu'il ne convient pas de laisser les politiciens s'emparer de ce thème pour en faire un
argument d'estrade. Qu'il convient au contraire de laisser les historiens faire leur travail,
sur tous les terrains hélas trop nombreux, ceux d'aujourd'hui comme ceux
d'hier, si nécessaire et si utile.
Relancé, sans pudeur, par le parti communiste français, le thème de la torture en Algérie va désormais faire florès au
moins encore pendant un an ou deux, même si, après avoir manifestement hésité, le premier Ministre Lionel Jospin, a déclaré que c'était aux historiens, en effet, de faire leur travail.
Dans un sens ou dans l'autre, on va rechercher les témoignages de personnes qui ont vécu les événements d'Algérie aux premières loges, en particulier comme soldats professionnels de l'Armée française, entre 1956 et 1962. Plus de quarante ans se sont écoulés.
Les personnages en question ont parfois plus de quatre vingts ans...
Avec cette nouvelle remontée frelatée dans le débat politique nauséabond qu'un certain nombre de nos contemporains semblent
affectionner, devrait se reposer la question de la prescription des crimes et des délits.
Avec l'effondrement de l'Allemagne nazie, pour les besoins de l'organisation du premier procès de l'histoire, pour crimes contre l'humanité, à Nuremberg
(1945-1946), on a mis au point une nouvelle notion juridique, celle de l'imprescriptibilité de certains crimes plus odieux que tous les
autres. Aujourd'hui, plus de cinquante ans après, on peut faire le bilan de l'application de cette novation. On peut en particulier faire deux remarques:
- loin de s'appliquer à tous les crimes contre l'humanité, à tous les génocides, cette notion d'imprescriptibilité a été appliquée de façon très sélective. On attend toujours, en particulier, qu'un tribunal pénal international soit constitué pour juger les crimes du communisme...
- l'imprescriptibilité, qui permet d'organiser des procès, non plus seulement dans un délai de trente ans après les faits incriminés, mais quarante ou cinquante ans après, et pourquoi pas plus, aboutit à des injustices manifestes. Ce qu'on a bien vu avec le procès Papon à l'occasion duquel, sans entrer dans d'autres considérations, on a été
amené à juger un homme qui a aujourd'hui plus de quatre vingt-dix ans, qui est peut-être le plus âgé des prisonniers français, alors que ses supérieurs hiérarchiques de l'époque, tous les responsables allemands et français impliqués directement dans la gestion des affaires juives de l'époque, qu'ils aient ou non à ce jour disparu, n'ont jamais été une seule fois inquiétés.
Il conviendrait donc de revenir le plus rapidement possible à cette règle que l'expérience et la sagesse avaient dictée universellement aux juristes, nos ancêtres : il doit y avoir un temps pour punir et un autre pour pardonner. Prescrire ne veut pas dire
oublier:
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