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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

SUISSES

 Les trois cents citoyens suisses les plus riches se partagent une fortune de quatre cents vingt milliards de francs suisses soit environ cinq milliards de francs français par intéressé.


TRAVAIL 


Seulement 38 % des Français âgés de 55 à 65 ans sont encore au travail.

PRISONNIERS

Quand Élisabeth Guigou est arrivée au ministère de la Justice il y avait 53 000 personnes en prison, II n'y en avait plus que 48 000 quand elle est partie.
La délinquance n'avait pas diminué pour autant...


PORTABLES 


L'Islande, avec 210000 téléphones portables pour 270 000 habitants, détient un record du monde...

CINÉMA 


Canal + finance le cinéma français à hauteur d'un milliard de francs par an. Depuis 16 ans, la chaîne cryptée lui a apporté dix milliards de F.
On comprend que Jean-Marie Messier ait pu dire « Le cinéma manque de décence », Les professionnels de ce secteur s'opposent toujours en effet, à la fusion Vivendi/ Universal.

ORDINATEURS 


Les principaux fabricants s'attendent à un très net ralentissement des ventes de microordinateurs en cette fin d'année 2000.
Ii est vrai que 1998 et 1999 avaient vu ce marché connaître des taux de croissance de i'ordre de 40%.

DIVERS FAITS 

REMANIEMENT 


Il y a du remaniement dans l'air : après le sommet européen de Nice. Pierre Moscovici pourrait quitter le gouvernement, pour cause d'implication dans le dossier des commissions sur les travaux des lycées en IIe-deFrance. Et Bernard Kouchner,
qui s'en nuie au Kosovo, pourrait revenir...


POLICE

 La mise en place de la police de proximité sera achevée en juillet 2002.

ECOLOGISTES

L'assemblée générale du 26 octobre 1996 de Génération Écologie ayant été annulée par décision de justice, la formation politique de Brice Lalonde se retrouve sous administration judiciaire...
C'est la première fois qu'un parti politique subventionné (environ cinq millions de F par an) est mis sous tutelle judiciaire. ..

OTAN 

Le général républicain Colin Powell, donné favori au département d'État (ministère des Affaires étrangères US), s'est fait remarquer par ses vives réserves concernant l'engagement américain dans l'ex-Yougoslavie.


DÉTROUSSÉ

Daniel Vaillant, sortant, il y a quelques semaines, d'un restaurant du XVIIIe, s'est fait agresser par trois "jeunes" qui lui ont soutiré, sous la menace, ses papiers, son argent, son briquet Dupont et son téléphone portable.
M. Vaillant venait d'être nommé ministre de l'Intérieur, . .

MEDIAS

FRANCE 2

 Dimanche dernier, Michel Drucker, accompagné du psy de gauche Gérard Miller, du dessinateur de gauche Philippe Geluck et de l'humoriste pas drôle - mais de gauche Bruno Masure, recevait Laurent Fabius. Il lui a posé des questions de gauche qui ont reçu des réponses de gauche.
Ce n'es t plus France 2, c'est « la gronde famille »...

FRANCE 3

 Bertrand Mosca, directeur des programmes de France 3, a annoncé dimanche 3 décembre que l'émission « C'est mon choix », accusée de racolage, sera remplacée à partir de janvier par « Tous égaux », une émission «citoyenne » produite par Jean-Luc Delarue .Après la vulgarité, la propagande ?

CANAL +

Le groupe Canal + pense pouvoir dés l'an prochain mettre sur le marché un décodeur intégrant un modem Internet qui permettra à chaque abonné de zapper entre la chaîne de télévision et les services vidéo disponibles sur Intemet à condition d'avoir une liaison à haut débit.


L'HUMA 

Le gouvernement a cru devoir faire cadeau d'une remise de dettes de 13 millions de F au quotidien communiste l'Humanité. Yvan Levài, directeur de la chaîne parlementaire de l'Assemblée nationale - et ancien patron de la rédaction de la Tribune, le quotidien des affaires qui appartient à Bernard Arnaud - aurait été pressenti pour diriger le journal...
On nage en pleine gauche caviar médiatique...

SIC

EMPLOIS JEUNES 

« Les associations qui ont recruté des emplois jeunes pourront difficilement maintenir ces emplois sans l'aide de l'État » (Alain Barrau, député PS de l'Héraut, rapporteur spécial de la commission des finances de l'Assemblée Nationale pour les crédits de la Jeunesse et des
ports).

En effet: un emploi jeune « associatif est subventionné à 80 % par l'État, à 10 % par la collectivité locale, l'association ne gardant que 10 % à sa charge. La solution coule de source: les emplois jeunes doivent étre subventionnés à vie. ,.

AGRICULTURE 

« Ce que veut le consommateur nos agriculteurs veulent le produire » (Chris Schepis, porte parole de la National Farmers Union américaine).


ÉCART

« Le public et le privé sontdeux mondes qui s'éloignent de plus en plus » (Philippe Marine, sénateur RPR).

ÉLITES

 « Je suis désespéré lorsque je songe que les grands crimes du XXe siècle ont été commis par des lettrés qui ont été en contact avec la haute culture » (Ismaïl Kadaré).

CHIRAC 

« (Jacques Chirac) a une expérience, il a des qualités personnelles, mais il n'a pas de bilan pour ce septennat» (Alain Madelin).


HUMOUR 

« La corruption n'a jamais été aussi faible qu'elle ne l'est aujourhui» (Philippe Sequin, bonbon des Vosges).

 

 

 

Les 4verites N°285 du 9 décembre 2000

 Sommaire:

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Bush, c'est bien, Greenspan c'est mieux !
 Jean Rouxel  

Aux États-unis, le feuilleton de l'élection présidentielle continue, même s'il touche à sa fin.
Tout est parti du résultat extrêmement serré du résultat dans l'état de Floride, et en particulier dans quelques comtés de celui-ci, Le caractère anachronique de bulletins mécanographiques a généré des litiges. La justice a évidemment été saisie, aussi bien au niveau des comtés, de celui de l'état de Floride qu'au niveau de la Cour suprême. Le verdict va tomber d'un jour à l'autre. Mais on aura quand même remarqué qu'à une exception près, à aucun moment, il n'y a eu le moindre soupçon de fraude, en tout cas qui aurait été organisée par l'un ou l'autre des candidats, II y a un débat pour apprécier les faits, c'est-à-dire les bulletins de vote, pour interpréter le droit. Mais rien qui ressemble à la guerre civile larvée qui nous est si familière...
On remarquera surtout que, pendant que dure cette incertitude politique, au sommet du pays le plus puissant du monde, là-bas, les affaires continuent, et la gestion de l'économie n'en souffre aucunement. Pour preuve, l'impact de la déclaration d'Alan Greenspan, mardi dernier, annonçant que, face au ralentissement de l'activité éccnomique aux États-unis, il convenait sans doute d'envisager à nouveau une baisse des taux d'intérêt, Le grand argentier américain pilote non seulement l'économie de son pays mais également influence directement celle du monde entier. Les marchés boursiers ne font que lui répondre. Sur les terminaux des brokers « on line », les déclarations des hommes politiques sont citées en quelques lignes. Celles du président de la Federal Reserve sont longuement commentées. Il est facile de voir qui détient le pouvoir suprême.
Alan Greenspan, disciple dans sa jeunesse d'Ayn Rand, chantre de l'individualisme et du capitalisme, a une conception finalement modeste de son rôle tout puissant: quand les anticipations financières des acteurs économiques s'emballent, il convient de les freiner en augmentant le loyer de l'argent ; quand celles s'obscurcissent, et avant qu'ils ne broient du noir, il convient au contraire d'abaisser ce loyer.
L'objectif, pour être ambitieux, est simple : en finir avec les cycles économiques brutaux pour assurer la prospérité la plus durable possible.
La prospérité occidentale contemporaine, dans son ensemble, doit beaucoup à Alan Greenspan.

L'Europe contre l'épargne

Bernard Piard

Principalement à l'instigation des socialistes français, depuis douze ans, les négociations européennes tournent, notamment, autour de l'idée d'une harmonisation fiscale.
On comprend évidemment bien la démarche: il n'y aura pas d'État européen sans un budget européen, sans une fiscalité européenne. Il convient donc d'aller résolument dans le sens d'une harmonisation fiscale.
Toute la question, alors, est de savoir si l'harmonisation se ferait par le haut ou par le bas. Si l'Europe s'organise pour maintenir des taux élevés de prélèvements, comme en France, où les dépenses publiques dépassent encore 53 % du produit intérieur brut ou, au contraire, si on s'oriente résolument vers la construction d'une zone à prélèvements obligatoires modérés.
Si la seconde option avait été retenue, l'Europe aurait pu prendre modèle sur les pays où la fiscalité est la plus favorable aux contribuables. Le Luxembourg, la Suisse et autres paradis fiscaux auraient pu constituer de bons exemples. Mais, comme c'est la première option qui a été adoptée, ces pays-là sont devenus la cible de nos technocrates, les moutons noirs de l'Europe.
Le mois dernier, la France (socialiste) a remporté une grande victoire: ses quatorze partenaires ont accepté le principe d'une fiscalité commune sur l'épargne, prenant la forme d'une retenue à la source qui, à partir de la fin de 2002, serait de 15 % pendant trois ans puis de 20 % pendant les sept années suivantes.

L'épargne devrait être dorlotée


Cet accord de principe - dont l'adoption était destinée à dégager le terrain du sommet européen de Nice - ne prendrait effet que si, entre temps, l'Europe réussit à convaincre des pays comme la Suisse, le Lichtenstein, Saint-Marin, Monaco, les îles anglo-normandes ou antillaises... de lever leur pratique du secret bancaire. Autant dire que cet accord européen est encore en pointillé.
Cependant, pour les besoins du raisonnement, faisons comme si cet accord devait être mis en application. Tous les étatistes auraient des motifs de s'en réjouir. Mais tous les autres, défenseurs d'une façon ou d'une autre des libertés individuelles, auraient au contraire des motifs de s'en plaindre !
D'abord pour des motifs d'ordre économique. Ce n'est pas en pourchassant l'épargne mais en la dorlotant qu'on favorise la prospérité.
Ensuite pour des motifs de simple justice : les capitaux constituant l'épargne des individus sont par définition issus de revenus ayant déjà supporté une forme de fiscalité. L'impôt sur l'épargne est toujours un impôt sur l'impôt.
Enfin, pour des motifs d'ordre social : contrairement à une idée reçue, ce n'est pas les gros poissons contribuables qui bénéficient des havres dotés du secret bancaire. Les milliardaires n'ont aucun problème pour installer leur résidence là où la fiscalité est la plus avantageuse. Ce sont plutôt les petits contribuables, ou les contribuables moyens, ceux qui n'auront jamais les moyens d'émigrer, qui sont attirés par des placements anonymes au Luxembourg, en Suisse ou en Autriche. Et ce sont ceux-là qui sont, en fait, visés par l'harmonisation fiscale européenne.
Comme le disait déjà Jimmy Goldsmith : « Dans ma famille, seuls les pauvres paient des impôts ».

Chirac-Dagobert et Pasqua Saint Eloi

Il ne faut pas trafiquer le calendrier électoral, disent certains, du côté de l'Élysée. Bravo ! Mais ils oublient que c'est précisément le Président de la République qui, en 1997, par son inoubliable dissolution, a décidé, tel le roi Dagobert, de placer présidentielles et législatives à l'envers. Pasqua, Barre, Giscard et Jospin ne font, tels Saint Eloi, que lui demander sagement de les remettre à l'endroit.

Francis Choisel

Conseiller général des Hauts-de-Seine


Vache folle et panne industrielle

Bernard Trémeau

L'industrialisation permet de produire en série des voitures, de la viande, des anticorps tirés du sang humain ou de concentrer des milliers d'accouchements dans un hôpital bien équipé. C'est grâce à cette production en série que nous sommes tous devenus riches. Une centrale atomique surveillée par quelques techniciens donne de l'énergie à des millions d'individus. La voiture coûte de moins en moins cher et plus de 90 % des Français ont aujourd'hui une voiture. Nos paysans disposent pour leurs animaux de nourritures fabriquées industriellement, donc de moins en moins coûteuses et produisent des oeufs, du lait ou de la viande de moins en moins cher. Les famines ont disparu de notre pays.
Quand nous sommes hémophiles, grâce à des milliers de donneurs bénévoles, nous disposons de suffisamment d'anticorps pour vivre normalement. Enfin, dans une maternité bien équipée, la mortalité infantile a chuté de 35 à 5 pour mille en une génération. Notre espérance de vie augmente ainsi de 3 mois tous les ans.., Mais la production industrielle en série expose aussi à des dangers bien réels. Une pile atomique peut exploser. Une voiture produite en série avec un défaut peut être la cause de milliers d'accidents. Une nourriture industrielle qui contient du prion peut contaminer des milliers de vaches et d'humains. Une panne d'électricité peut interrompre une chaîne du froid et être la cause de centaines de listérioses. Une femme qui accouche peut apporter dans la maternité "son" staphylocoque résistant et contaminer tout le monde.

Dangers et avantages du progrès


La production en série a ses dangers:la diffusion en série de risques graves, voire mortels. Devant ces risques, deux types de réactions sont possibles.
La première réaction est de dire: la production industrielle nous expose à des risques mortels évidents, donc revenons à la case départ. Supprimons d'abord les centrales atomiques. Puis supprimons les barrages qui détruisent le milieu écologique et parfois se rompent. Supprimons aussi les centrales au fuel qui polluent l'air et la mer. Supprimons les centrales au charbon qui polluent l'atmosphère et exposent les mineurs à la silicose et aux coups de grisou.
Enfin, puisqu'il y a toujours des enfants qui s'électrocutent en mettant les doigts dans une prise, supprimons l'électricité. Il est évident qu'en agissant ainsi nous supprimerions quelques milliers de morts.
Mais nous retournerions au sous développement, c'est-à-dire que nous entraînerions la mort de millions d'individus. Toute action a un bilan, positif et négatif.
La deuxième réaction est de dire : la production industrielle est responsable de la diffusion en série d'une maladie grave, voire mortelle. Il ne faut pas arrêter la production industrielle - source par ailleurs de développement, de richesse et de santé - mais il faut trouver la parade permettant de réduire le risque au maximum. Il ne faut pas interdire les dons du sang, responsables du sida, mais il faut chauffer à plus de 60° les produits issus du sang pour détruire un éventuel virus du sida. Le fameux prion de la vache folle est détruit, lui, à 120°.
Quand il y a urgence, il peut parfois être sage d'arrêter provisoirement la production industrielle pour donner aux techniciens et aux scientifiques le temps de trouver la parade et de la mettre en place.
Une question : est-il urgent d'interdire la circulation des automobiles pendant quelque temps, pour permettre de modifier le comportement des Français, comportement responsable de milliers de morts ? 

Lu pour vous

La planète de l'oncle Sam, par Gérard Baudson 
J-C Lattès
222 pages, 109 fr

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Pour conquérir le monde, les Américain ne sont pas seulement appuyés sur les principes de droit qui fondent la démocratie, sur les principes du libre-échange qui fondent le libre-échange qui fondent le libéralisme et le capitalisme, ils se sont aussi servis des organismes internationaux, à leurs bottes, chez eux, à New York, à partir de 1945. 

Il en résulte une conquête américaine mondiale, aussi bien économique que culturelle. L'auteur, Gérard Bodson, qui connaît bien la vie politique française et qui suit de près, depuis de longues années, les relations internationales, parlent d'unilatéralisme pour qualifier l'impérialisme du nouvel ordre mondial. On aura compris que celui-ci n'a pas la convenance de l'auteur ... Ce dernier cherche à déterminer la puissance, qui un jour, pourra s'opposer à celle de l'Amérique. Pour lui, ma Chine est le seul pays qui puisse en être capable ...

 

Courrier des lecteurs 

Page du courrier des lecteurs du N°285

Les échos politiques de Georges Langlois

TRAVERSÉE DU DÉSERT

Le député PS du XIX éme, Jean-Christophe Cambadélis, mis en examen dans l'affaire de la MNEF, après avoir été contraint de démissionner de son poste de secrétaire national aux relations extérieures du PS, ne se fait plus guère d'illusion sur sa présence sur les listes de la gauche plurielle aux prochaines municipales. Résultat: après avoir mis en sommeil son association « manifeste contre le FN », il vient de se séparer discrètement de sa permanence électorale rue Rebeval, et reçoit désormais, non plus dans le XIXéme, mais à son bureau de l'Assemblée nationale.


DEVISES SEGUINISTES 

Un député DL particulièrement remonté contre Philippe Séguin se souvient que Robert-André Vivien, ancien député RPR mort en 1995, avait eu, un jour, ce mot à propos de l'actuel candidat RPR à la mairie de Paris: « avec lui, c'est: pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Et le même député libéral d'ajouter qu'aujourd'hui, vu la tournure que prend la campagne parisienne de Séguin, « Vivien aurait pu lui a accrocher une autre devise : « pourquoi gagner une élection, quand on peut la perdre ? » 


CHAISES MUSICALES

Les médias, curieusement, n'en ont pas parlé, mais l'UDF, sans même avoir eu besoin de se présenter à une élection, vient successivement de perdre et de gagner un député. Yves Bonnet, ancien directeur de la DST de 1982 à 1985 et député UDF de Cherbourg, a, en effet, décidé, le 6 novembre, de quitter le parti centriste pour adhérer au ... PRG, au motif, a-t-il expliqué dans une lettre à François Bayrou, que « Lionel Jospin, à la différence de Jacques Chirac, est un vrai homme d'État. » Heureusement pour l'UDF, le 10 novembre, soit quatre jours plus tard, François Delattre, député DL du Val d'Oise, décidait, lui, de quitter son parti pour intégrer l'UDF. La démission de Bonnet avait beaucoup fait rire sous cape les députés DL mis au courant. Celle de Delattre a nettement plus amusé Bayrou. La droite se distrait comme elle peut...

Millière m'a libéré de quelques inquiétudes !

Yves-Marie Laulan

J'étais soldat pendant la guerre d'Algérie. Mon frère y a été blessé. J'étais à fond contre cette guerre immorale à mes yeux et impossible à gagner. Il fallait vraiment toute la vivacité d'esprit d'un Le Pen pour croire qu'on pouvait garder la France française en y incorporant 40 millions d'Arabes musulmans.
Fils de prisonnier, neveu de résistant déporté à Struthof, puis à Buchenwald, j'étais aussi, à fond, contre la torture, comme j'avais été aussi contre la guerre d'Indochine - J'avais d'ailleurs, à une époque, où il y avait des coups et non des fleurs à recevoir, créé sans bruit un petit comité estudiantin contre la torture, au nom de mes convictions. La torture est une honte. Il faut la condamner.
J'avais lu, bouleversé, le récit d'Henri Alleg, sans oublier qu'il s'agissait d'un traître à la communauté qui l'avait vu naître. Je haissais aussi les porteurs de valises du FNL, aujourd'hui canonisés, dont les bombes allaient déchiqueter civils et militaires dans les cafés d'Alger.
Et j'avais pitié des chefs, souvent intègres, courageux et déchirés, qui avaient cru bien faire en tolérant ces pratiques infâmes pour sauver la vie des petits gars du contingent, innocent bétail promis à l'abattoir des tueurs du FNL. Qui a gardé les yeux secs à la vision du film « L'honneuf d'un capitaine » ?
Aux temps de la repentance tous azimuts, après le procès Papon, le repentir de Chirac pour les rafles du Vel d'Hiv, de Clinton cour l'esclavage, notre époque de lâchetés et d'impostures, gorgée, repue à satiété, veut exorciser son passé déchiré en se gavant de repentances. C'est le secret de la bonne conscience sans risque et a peu de frais. Enfin, aux frais de ceux qui en ont, eux, payé le prix. Mais, ils sont morts ou séniles. Alors, pourquoi se gêner?
À qui profite ce crime? Aux petits marquis des médias, de la politique et de la presse. Pommadés et frisés, ils étrennaient souvent, à l'époque, leurs couches-culottes ou leurs culottes courtes au soleil d'Oran ou d'Alger; ou encore ils apprenaient le français en métropole pendant que les métropolitains se faisaient trouer la peau sur les pitons ou émasculer dans l'obscurité des grottes. Grâce à l'ascenseur de mai 1968, on les retrouve aujourd'hui dans la haute administration, intégrés au tour extérieur, seule porte ouverte à leurs talents, ou députés européens.
Leur boutonnière est rougie de décorations gagnées dans les cabinets ministériels et leur portefeuille en actions gonflé des fonds rackettés par la MNEF. Il convient de prendre l'argent où il gît, même s'il faut se baisser pour cela.
Puis, il y le PC, l'indestructible, l'ineffable, l'énorme PC français, l'imposture faite parti politique.
Dinosaure devenu zombie, le PC aux 85 millions de morts, hommes, femmes et enfants, étouffés, torturés, mutilés, affamés, fusillés, enterrés vivants, se veut aujourd'hui l'honneur de la France pour piper à l'électeur débile quelques voix de plus. C'est Staline sollicitant le prix Nobel de la Paix ou Hitler, candidat à la Présidence de la Croix-Rouge.
Passons. Que peut-on attendre d'un parti dont l'essence est le mensonge structurel?
Reste le cas du « Monde », l'immonde « Monde » - selon le mot du Général de Gaulle - qui mène inlassablement campagne sur ce thème : comment ce grand journal, qui a su être le phare de la conscience française aux heures terribles de la guerre d'Algérie a-t-il pu dégringoler dans la fange où il se vautre aujourd'hui sans retenue ?
Une seule réponse: le fric. Car le « Monde », opulent, est devenu une « pompe à fric » comme en témoignent son compte d'exploitation, les salaires de ses journalistes ou son interminable série d'acquisitions et de rachats. Et comment gagne-t-on du fric de nos jours ?
Bernard Tapie le savait bien. En faisant scandale, au nom de la morale et des beaux sentiments. Tartuffe aurait, de nos jours, des leçons à recevoir. Et quel meilleur moyen de faire scandale que de jeter de la boue, bénie au passage, sur notre passé douloureux ? Ce n'est pas dangereux. C'est efficace. Et ça peut rapporter gros. Le « Monde » est devenu fange : le destin sans doute.
Et l'Algérie d'aujourd'hui, hier victime, maintenant bourreau ?
Qu'en pensent les dizaines de milliers d'Algériennes violées et éventrées depuis 15 ans par les « fous d'Allah », les enfants et les vieillards massacrés, les paysans torturés, brûlés, égorgés, abattus ? Algérie, qu'as-tu fait de ta « victoire » ?
Laissons donc les « morts enterrer les morts » comme le conseille sagement l'Évangile. Laissons les vieillards de l'époque oublier lentement dans la perte de mémoire et le pardon, les souffrances subies et infligées jadis.

Une histoire de justice et de pourriture

Guy Millière
page Guy Millière

Imaginez un homme généreux et désireux d'aider quelqu'un à créer une entreprise. Imaginez que l'homme généreux prête au créateur d'entreprise une importante somme d'argent. Imaginez maintenant que le supposé créateur d'entreprise détourne l'ensemble des fonds prêtés, ainsi que le capital requis pour créer l'entreprise.
Imaginez enfin que le supposé créateur d'entreprise ne se contente pas de détourner les fonds et le capital, mais qu'il s'associe avec un voyou et décide de faire de l'entreprise qui n'existe pas une couverture pour soutirer leurs économies à des personnes âgées. Vous vous direz que s'il découvre tout cela, l'homme généreux pourra légitimement saisir la justice de son pays, non pas pour récupérer son argent (il sait désormais qu'il a affaire à des escrocs qui ont su organiser leur apparente insolvabilité), mais pour le principe. Pour ne pas laisser impuni ce qui dans les termes de la loi relève de l'abus de biens sociaux, de l'abus de confiance et de l'escroquerie. Et vous aurez raison une fois de plus.
L'homme généreux saisira la justice de son pays.
Imaginez maintenant qu'un juge d'instruction après avoir examiné les documents et les déclarations du plaignant, interroge les escrocs et que ceux-ci lui déclarent, contre toute évidence et malgré des preuves accablantes, que l'homme généreux n'est en fait lui même qu'un escroc qui n'a avancé de l'argent que pour alimenter une petite entreprise d'escroquerie dont les deux escrocs impliqués ne sont que les protagonistes. Vous vous direz, là, que les choses sont simples, qu'il y a des documents prouvant les détournements de fonds et que le témoignage, à l'évidence fabriqué des deux escrocs ne sera, au vu de leurs casier judiciaire et de leur passé pas pris au sérieux. Vous serez d'autant plus enclin à penser ainsi que le juge d'instruction concerné a une réputation de scrupule et d'intelligence.
Vous vous trompez. Le juge aura tendance à croire les escrocs.
Après tout, ils ont tous les deux eu des enfances malheureuses et n'ont jamais eu de chance dans la vie. Le juge croira les escrocs au point d'inciter l'homme généreux à retirer sa plainte et de le traiter comme un suspect. N'est-il pas le suspect idéal ? Il est instruit. Il gagne en un mois ce que les escrocs ont détourné en un an. Et de surcroît, quelle horreur, il a fait confiance!
Faut-il être idiot !
Vous vous direz que cette histoire imaginaire se passe dans un pays sous-développé, dans une république bananière ou sous un régime socialiste. Seul le dernier point est exact. Cette histoire se passe effectivement sous un régime socialiste. En France. En l'an 2000.
Cela m'a laissé songeur. Une justice où l'on traite les coupables en innocents "témoins" et les innocents en suspects est-elle encore une justice?
Une justice où l'on laisse les preuves à charge de côté et où l'on accorde foi sans plus ample
examen et sans requérir la moindre preuve à des gibiers de cachots récidivistes avérés du vol et du mensonge est-elle encore scrupuleuse? S'agirait-il au nom de la justice sociale de considérer que les voleurs sont des victimes de circonstances alors que ceux qui sont volés l'ont bien cherché en étant plus riches et plus entreprenants?
Après réflexion, j'ai fini par trouver cela logique. Un pays où les hommes politiques volent et où les électeurs songent que s'ils étaient hommes politiques ils feraient la même chose, un pays où sur tous les plans on laisse une chance aux criminels, y compris aux meurtriers et aux violeurs pédophiles, mais où on ne laisse par contre aucune chance aux victimes est un pays où les juges ne peuvent que donner raison aux escrocs et jeter l'opprobre sur les honnêtes gens pour peu qu'ils soient riches. Ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi devrait être à moi. En le volant, je rétablis l'ordre des choses C'est l'essence même du socialisme.
Tout en trouvant cela logique, je me suis dit que l'homme honnête avait eu tort deux fois: la première en voulant faire acte de générosité sans discerner que dans une société pourrie jusqu'à la moelle par le socialisme, la générosité ne peut être prise que pour une forme de stupidité. La seconde fois en voulant faire confiance à la justice de son pays sans discerner que celle-ci n'a plus de justice que le nom.      

Un tabou: la torture que pratiquaient des "résistants"
Alain Dumait
Page Alain Dumait

C'était un secret de Polichinelle : soi-disant pour financer leurs activités, les politiciens de ce pays prétendaient toucher leur dîme sur le plus grand nombre possible des marchés publics passés par l'État et les collectivités territoriales, de France et de Navarre.
Au niveau de l'État, cela concernait principalement les affaires d'armement, les grands contrats à l'exportation, et les marchés avec l'Afrique, subventionnés par les contribuables. Le taux des commissions prélevées sur ces affaires était couramment compris entre 5 et 10 %. Le confirme le dossier des commissions versées à l'occasion de la vente de
frégates à Taiwan, où se sont trouvés impliqués le Président de la République de l'époque, François Mitterrand, plusieurs de ses ministres, au moins deux des grandes entreprises nationales, des intermédiaires véreux sans compter l'inévitable cortège de trafiquants, de femmes légères, de prête-noms...
Au niveau des collectivités territoriales, le système était sans doute moins gourmand mais aussi plus systématique. À tout seigneur, tout honneur: il a été inventé par le Parti communiste qui, le premier, dans les communes où il détenait le fauteuil de maire, a organisé le racket par le biais de sociétés d'études et de conseils. L'impôt pour le parti, de l'ordre de 1 à 2 % des marchés, était jugé modéré par les entreprises bénéficiaires, si bien que tout le monde était content.
C'est sur ce modèle que le parti socialiste dirigé par François Mitterrand puis par Lionel Jospin, a construit une usine à gaz dénommée Urba, avec à sa tête un ancien syndicaliste de la police. À l'occasion des investigations menées par les juges d'instruction sur les détournements de fonds publics opérés par cette organisation, on découvrit le caractère systématique des commissions sur les marchés publics dans les collectivités dirigées par les socialistes.
On se doutait qu'il en était de même dans les fiefs du RPR, notamment à Paris et dans la région Ile-de-France. Depuis quelques mois, avec la cassette Méry, avec le procès de Madame Casetta, avec les témoignages des trésoriers de formation politique de droite comme de gauche impliqués dans ce trafic, on en a la certitude: oui, tous les partis politiques, d'une façon ou d'une autre, prétendaient toucher leur dîme, c'était leur dû !
On aura remarqué que les juges, en dernier lieu, ne sont particulièrement sévères qu'à l'égard de ceux des politiciens qu'ils soupçonnent d'enrichissement personnel (exemple d'Alain Carignon). Les autres ne sont harcelés que dans le but d'obtenir d'eux qu'ils crachent le morceau.
C'est ce qui s'est passé entre le vendredi 1er  décembre et le mardi 5 décembre pour Michel Roussin.
Contre tous les principes du droit, celui-ci a été mis en prison par un juge d'instruction sur le seul motif qu'il ne voulait pas passer à table.
Bien sûr le juge sait, dans le détail, le rôle que jouait auprès de Jacques Chirac, celui qui fut, avant 1993, et son accession comme ministre au gouvernement d'Édouard Balladur, son directeur de cabinet à la mairie de Paris. Mais cela ne lui donnait pas le droit de le mettre au ballon !
Personne, en tout cas parmi ceux qui le connaissent, ne soupçonne Michel Roussin d'enrichissement personnel. La question est donc : "Comment un homme intelligent, droit, et intègre, a-t-il pu se
retrouver au centre d'un système de corruption ?"  Comme si la destination politique des fonds en question retirait quoi que ce soit à l'immoralité de la chose?
Peut-être que la familiarité du personnage avec les méandres des services secrets lui avait fait perdre le sens commun de la morale.
Peut-être aussi que la généralisation de ces faits de corruption, ajoutée à la rage pour la conquête du pouvoir, à droite comme à gauche, est aussi à prendre en considération.
On peut trouver des circonstances atténuantes à Michel Roussin. On ne peut en trouver aucune à son chef.
C'est dans ce contexte que se pose le problème de la responsabilité pénale du chef de l'État qui, soudainement, depuis quelques jours, a cessé d'être une simple question de cours.
Jean-Pierre Chevènement a raison de souligner que l'immunité présidentielle est nécessaire au bon exercice de la fonction. Mais celle-ci cesse inévitablement, en tout cas dans une démocratie, à la fin du mandat. La France n'est pas la Russie où Boris Eltsine vient d'obtenir une immunité à vie...
Celle-ci ne saurait concerner des actes sans aucun rapport avec ladite fonction. Un président de la République qui écraserait un piéton sur un passage clouté serait évidemment immédiatement traduit devant un tribunal correctionnel... Celle-ci ne saurait davantage concerner les actes qui ont précédé son mandat présidentiel.
On conçoit, dans ces conditions, que Jacques Chirac se fasse beaucoup de soucis... ".