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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

BANQUES

D'après la Cour des Comptes, le désastre du Crédit Lyonnais aurait coûté entre 1 10 et 120 milliards de F au contribuable français. Si on y ajoute les naufrages du Comptoir des Entrepreneurs, du Crédit Foncier de France et du Gan, la note monte à 140 milliards de F...

MOBILES

 25 % des abonnés à un réseau de téléphonie mobile changent régulièrement d'Opérateur sous l'effet des campagnes promotionnelles à répétition. ..

CHÔMAGE 

Malgré trois ans de croissance, le taux de chômage (établi à 9,4 % de la population active en octobre 2000) reste encore supérieur à ce qu'il était en mai 1990 (8,9 %)... Alors même que le mode de calcul actuel occulte 500 000 chômeurs !

ITALIE 

L'Italie est le troisième partenaire commercial de la Russie, après les États-unis et l'Allemag ne, avec une masse d'échanges qui est passée de cinq à neuf milliards de dollars en un an.
Encore un marché d'avenir que la France n'exploite pas. 

GESTION .l.

En l'espace de vingt ans, Michelin a réussi à supprimer 15  000 emplois... en ne procédant qu'à 180 licenciements secs.

COCAGNE 

Au Canada, lors de la campagne des récentes élections législatives, tous les partis politiques ont proposé une baisse des impôts, de 15 à 30 %.
Heureux pays. ..

DIVERS FAITS 

CRIMINALITÉ

 Suite à l'assassinat du jeune Sofiane, 16 ans, (on parle de règlement de comptes entre trafiquants) dans un quartier de Grenoble, de jeunes abrutis ont profité du drame pour brûler... quinze voitures.


GÉNÉROSITÉ

 Pour la seconde fois en cinq ans, Jacques Chirac a accordé sa grâce présidentielle à un détenu condamné à la perpétuité, dont la peine a été ramenée à 20 ans de réclusion.
Et après 17 années de réclusion, une demande de liberté conditionnelle sera certainement acceptée. . .

TRAFIC

 Le chef de l'État a été publiquement accusé le mois dernier, à l'occasion de la célébration à l'Unesco du trentième anniversaire de la convention inter-
nationale de lutte contre le trafic de biens culturels, d'avoir autorisé l'acquisition par le musée des Arts premiers, de trois sculptures provenant d'un site pillé au Nigéria.


ROUMANIE

Ion Illiescu, qui vient d'être élu président de la Roumanie face au nationaliste Vadim Tudor, qualifie son succès de «victoire contre l'extrémisme».
Illiescu fut longtemps le sbire de Ceausescu, . ,

BRUXELLES 

 Le chef du gouvernement flamand, Patrick Dewael, vient de proposer de transformer Bruxelles en district européen.
Celui-ci serait nommé... Brussels D.C. (sic). '

MEDIAS

CANAL +

« Titulaire de plusieurs abonnements à Canal +, je n'hésiterai pas à demander aux juges de faire rendre gorge à ces liberticides (Jean-Marie Messier Pierre Lescure... ) s'ils donnent mon nom à des gens qui n'ont pas à le connaître. » (Michel Charasse)


COMIQUE 

L'humoriste Laurent Ruquier a commencé sa carrière comme...
objecteur de conscience !

L'HUMA

Pour recapitaliser la société éditrice du quotidien communiste L'Humanité, les lecteurs, par souscription, ont versé un million de francs. L'État, sous différentes formes, verserait
quelque 15 millions de francs, qui s'ajouteraient à différentes remises de dettes.
Vive le capitalisme !. . .

JOURNAUX 


Il se vend chaque jour en France 12 millions de journaux dans 32 000 points de vente.
Mais, pour les quotidiens nationaux, c'est deux fois moins qu'en Grande Bretagne.


PUBLICITE 

C'est Publicis, l'agence conseil chouchou du gouvernement, qui a décroché le marché des campagnes d'information destinées à expliquer au grand public, à partir de janvier prochain, les conditions du passage complet à l'euro le 1 janvier 2002.

e-mail 

Chaque jour, déjà, il s'échange en France 3 millions d'e-mails.
Dans le monde c'est 10 milliards. Et ce sera 35 milliards dans moins de cinq ans...

SIC   

PUCES ".

 « Franchement les Américains me font rire ! ils ont refusé le vote par cartes à puce au motif qu'ils ne l'a voient pas eux-mêmes mis au point! Il y a belle lurette que le vote par carte à puce fonction ne au Parlement européen sans donner lieu à contestation » (Marc Lassus, président de Gemplu).


FRANCOPHONIE 


« Le président de la commission européenne, Romano Prodi, qui serait très bon francophone, ne s'exprimerait presque exclusivement qu'en anglais» (Patrick Bloche, député PS de Paris, rapporteur pour avis des crédits de la francophonie).

DROITE DE GAUCHE...

 «Je ne suis animé d'aucune tentation sécuritaire, d'aucune obsession répressive : je ne m'imagine pas dans la peau d'un shérif à la tête d'une horde de cow-boys régentan t la cité. La future police municipale sera non armée » (Philippe Seguin).


GAUCHE DE DROITE 


« Créer des entreprises et gagner de l'argent, c'est servir son pays » (Claude Al lègre.

FISCALITÉ 

« L'administration fiscale est un élément de l'identité d'un pays, si proche de la démocratie des États que sa responsabilité appartient aux parlements nationaux» (Robin Cook ministre anglais des Affaires étrangères, en lutte contre  "l'harmonisation fiscale" de Bruxelles).


RÉVISIONNISME 

« On ne peut se référer à l'histoire si l'on interdit à ceux qui en contestent certains aspects d'avancer leurs arguments » (Max Clos).

Les 4verites N°286 du 16 décembre 2000

 Sommaire:

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Vers une Europe élargie à vingt-sept pays, mais son gouvernement démocratique !
 Jean Rouxel  

Même lent, l'élargissement de l'Europe des quinze à vingt-sept (sans la Turquie) ou à vingt-huit (avec elle) est en route. Il est prévu pour 2003. Ce sera un changement considérable. Une autre Union Européenne prendra alors la place de la précédente. Le seul fait qu'à Nice ce processus n'ait pas été stoppé permet de considérer le conseil des chefs d'État et de gouvernement de l'Europe comme un succès, en tout cas du point de vue des européistes.
Beaucoup de ceux-ci d'ailleurs trouvent qu'on a trop tardé. Il aura fallu que près de quinze ans s'écoulent entre l'effondrement du mur de Berlin et l'intégration à l'Europe occidentale des ex-pays du bloc soviétique. On aurait pu aller trois fois plus vite !
     Mais pour cela, il eut fallu que l'U.E. fonctionne selon les règles simples et admises par tous. Or et la démonstration en a été une nouvelle fois faite à Nice - il n'y a pas d'accord véritable entre les actuels pays membres sur les règles institutionnelles de cette construction. Et c'est pourquoi elle est devenue une usine à gaz.
      Dans les affaires européennes on en revient toujours aux interrogations de base.
L'Europe veut bien du libre échange mais à condition que tous les pays adoptent les mêmes règles. D'où cette manie de vouloir tout harmoniser. On est toujours dans un cadre confédéral, où les États conservent toutes leurs prérogatives, mais on rêve d'une fédération, avec un gouvernement central fort...

Ce gouvernement, de fait, est la Commission de Bruxelles. D'où les marchandages interminables du week-end dernier sur le nombre des commissaires, la pondération des votes au Conseil des ministres, les questions relevant de la majorité qualifiée, et celle faisant l'objet de coopérations renforcées.
Aucun de ces points n'a été définitivement tranché. Le seul succès de la présidence française a été de ne pas se trouver dans l'obligation de dresser un constat de carence.
Chaque année, l'Europe s'engage un peu plus dans la voie technocratique. Et on ne voit pas comment elle pourrait s'en sortir.
Car la voie démocratique, qui supposerait l'adhésion des peuples à un projet clair, est bel et bien bouchée. 

La France a trop chercheurs publics

Bernard Piard
http://www.ifrap.org

La recherche française est nettement moins performante que ses concurrentes anglaise ou américaine. Or, en France, le CNRS représente un peu plus du quart de la recherche publique, aussi bien sur le critère du nombre deschercheurs que sur celui des crédits budgétaires. C'est pourquoi l'iFRAf pour sa soixante et onzième étude, a choisi de s'intéresser au CNRS.
À notre connaissance, c'est la première fois qu'une étude aussi exhaustive est consacrée au Centre national de la recherche scientifique. Son auteur, Alain Mathieu - lui-même ingénieur, chercheur et chef d'entreprise y a consacré quelque neuf mois de travail.
Dans ce document, l'iFRAP analyse le statut des chercheurs du CNRS, la façon dont leur travail est évalué, le rôle effectif joué par la direction du CNRS ainsi que celui des directeurs de laboratoires.
Le résultat est à la fois édifiant et affligeant.
"La France est le seul pays au monde où il y a des fonctionnaires chercheurs à vie".  L'expression est de Claude Allègre... Or la recherche est évidemment incompatible avec un tel statut.
Alain Peyrefitte disait que nul ne devrait rester chercheur plus de quatre ou cinq ans dans sa vie. En outre, ainsi, on aboutit à une structure sclérosée, incapable de faire leur place aux jeunes qui, dans une structure de recherche, devraient constituer le fer de lance.

La façon dont sont évalués les chercheurs du CNRS est un autre sujet d'étonnement. Un grand nombre des évaluateurs sont choisis directement par les syndicats. D'autres sont des universitaires qui n'ont jamais fait de recherche. Et il n'y a pratiquement aucun chercheur étranger dans cette catégorie. Le principal critère retenu est celui de la publication d'articles. D'où la multiplication de sujets marginaux ou ésotériques qui pourraient faire la joie des humoristes ("La pratique du skate-board à Saint-Quentin-en-Yvelines", film de cinquante-cinq minutes édité aux frais du CNRS).
Le rôle de la direction du CNRS est facile à résumer: elle ne dirige rien du tout !
L'étude de l'iFRAP comporte également une très intéressante interview du professeur Jean Claude Latombe, un ancien du CNRS, aujourd'hui président du département informatique de l'Université de Stanford aux États-Unis. Il décrit avec précision l'exemple américain. Là bas, à l'inverse de ce qui se passe chez nous, un chercheur est dans l'obligation d'enseigner ("Il est inutile de trouver si l'on ne communique pas ses découvertes"). Le financement est en grande partie privé, grâce à des contrats passés entre des chercheurs et des industriels. Dans chaque discipline, les chercheurs font l'objet d'un classement à partir d'évaluations réalisées par les autres chercheurs de la même discipline. Et les augmentations de salaire dépendent de ce classement.
Conclusion du professeur Latombe:« Ce qui compte ce n'est pas le nombre de chercheurs, c'est leur qualité, leurs moyens et leur moral».
Conclusion d'Alain Mathieu:
" Ce n'est pas en augmentant les crédits publics de recherche, en maintenant une évaluation caricaturale des travaux des chercheurs, en accordant au plus médiocre les avantages du statut de fonctionnaire, que la France encouragera ses bons chercheurs ".
Surtout que ce ne sont pas toujours les chercheurs professionnels qui font les découvertes économiquement importantes. Bill Gates n'était pas un chercheur. Steve Jobs non plus. Et pas davantage les inventeurs français que furent Nicolas Appert, les frères Montgolfier, les frères Lumière, et beaucoup d'autres... 

Comment fabriquer les pauvres

Bernard Trémeau

(A propos d'un article de Lionel Stoleru intitulé « Exclus, reclus et inclus », « Le Monde » du 18 novembre 2000) 

Les exclus sont les premiers de nos grands pauvres. Quand un gouvernement décide d'ouvrir ses frontières à la concurrence internationale, ce sont les entreprises étrangères qui imposent leurs prix, le coût de la main-d'oeuvre étant inférieur au nôtre dans de nombreux pays. L'entrepreneur français ne peut pas dépasser un certain niveau de salaire pour ses employés. Au-delà de ce seuil, un salarié lui coûte plus qu'il ne lui rapporte. De ce fait, actuellement en France, une augmentation de 1 % du SMIC entraîne 35 000 exclus. Bien que ces Français soient condamnés au RMI à vie, la gauche plurielle a décidé dans son programme commun d'augmenter encore plus rapidement le SMIC.
Les reclus sont de petits pauvres. La gauche plurielle a offert au peuple qui l'avait élue les 35 heures promises et payées comme 39, donc une augmentation de 11,4 % des salaires.
Merveilleux cadeau ? Mais voilà, la loi interdit en pratique de travailler plus de 35 heures. Donc la loi interdit aux salariés d'avoir la moindre augmentation de salaire.
Les Français disposent de 4 heures de plus, mais n'auront pas un sou de plus... Seule une augmentation de la productivité de 3,3 % par an permettra après 3 ans de retrouver enfin des augmentations de salaire non inflationnistes. En attendant, le redémarrage économique ne peut pas profiter à ceux qui ont un emploi. Il ne profite qu'à ceux qui retrouvent un emploi. Les 35 heures, c'est moins d'argent pour tous les salariés.
Les perclus sont de grands pauvres. La retraite par répartition, spécialité égalitariste bien française, ne donne qu'une petite retraite qui ira en s'amenuisant, tandis que la retraite par capitalisation individuelle donne partout où elle est installée des revenus deux à trois fois supérieurs, tout en mettant ses capitaux à la disposition de l'économie. Pour la gauche plurielle égalitariste et anticapitaliste, la retraite par capitalisation rend tout le monde capitaliste et indépendant de l'État : c'est l'horreur.
Les perdus sont tous ceux qui fuient la France du fait des lois françaises : entreprises, capitalistes ou jeunes diplômés.
Quand l'État impose et réglemente les entreprises françaises comme il le fait, les entreprises étrangères ne veulent plus venir en France. Une récente enquête du MEDEF est navrante. Réalisée auprès de 350 dirigeants de filiales françaises d'entreprises étrangères, elle indique que 65 % de ces investisseurs potentiels ont décidé de ne plus investir dans notre pays et 42 % d'entre eux envisagent de délocaliser. Leurs raisons? Viennent en tête pour 93 % d'entre eux l'énormité des
prélèvements fiscaux et sociaux français et pour 84 %, l'absurde loi sur les 35 heures.
Pour des raisons identiques, les capitaux français fuient massivement à l'étranger alors que les capitaux étrangers ne veulent plus venir en France. Quand les capitaux fuient, l'euro baisse, c'est normal. Il a baissé en 2 ans de 30 %.
Ceci nous donne des emplois, certes, mais ceci nous appauvrit tous, car nous payons 30 % plus cher tout ce que nous importons.
Pour que le prix de l'essence baisse, la France doit attirer les capitaux et non les faire fuir.
Enfin, quand nos jeunes diplômés fuient notre pays, ce sont les créateurs de richesse qui partent sous des cieux meilleurs. Les grosses locomotives de l'économie s'en vont, il ne reste que les petits wagons.
Quand l'État se mêle d'économie, au nom de la "justice sociale", il appauvrit toujours tout le monde, mais essentiellement les plus pauvres. 

Lu pour vous
 
Pourquoi la France manque d'entrepreneurs, par René Hans
Editions des Ecrivains, 220 p, 119 fr

 

commander avec Alapage.com 

René Hans, alsacien, fils d'un mineur des mines de potasse, exerce la profession d'expert-comptable. Son livre parle d'expériences concrètes et en particulier de ceux qui ont connu l'échec. Un long chapitre de son ouvrage est consacré aux tribunaux de commerce dont l'une des vocations est de conduire à la mort une entreprise sur deux. Le dernier chapitre est consacré à la Roumanie, pays d'Europe de l'Est où de nombreux entrepreneurs français ont eu l'idée d'aller s'installer ou de s'y implanter pour faire du
commerce.
Tous les propos de René Hans - promoteur infatigable du financement de proximité n'ont finalement qu'un objectif:susciter des vocations d'entrepreneur-En rèhabilitant le risque, en honorant tous ceux qui en prennent. Y compris ceux qui le payent d'un échec parfois sanglant.
Éditions des Écrivains,
147-149,ruesaint-Honoré.75001 Paris

 

Courrier des lecteurs 

Page du courrier des lecteurs du N°286

Les échos politiques de Georges Langlois

INVERSION DU CALENDRIER ELECTORAL/ CHIRAC SUR SEINE


Hostile à une inversion du calendrier électoral de 2002 (qui placerait la présidentielle avant les législatives), Chirac n'est, une fois encore, pas à une contradiction près. Le chef de l'État justifie, en effet, son refus par sa volonté de ne "pas changer les règles du jeu" si peu de temps avant les élections. Le problème, c'est qu'en juin 1994, Chirac lui-même avait été à l'origine du changement de calendrier électoral pour 1995, demandant et obtenant de Balladur, alors Premier ministre, qu'il décale les municipales, prévues en mars, pour les placer en juin, après la présidentielle du mois de mai. Chirac, à l'époque, voulait pouvoir se représenter à la mairie de Paris en cas d'échec à la présidentielle...

ET JOSPIN AUSSI ! 

Le plus drôle, dans le débat sur l'inversion du calendrier électoral, c'est que Chirac n'est pas le seul, dans cette affaire, à se renier. En 1995, le PS avait, en effet, déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, justement pour s'opposer à la proposition Chirac-Balladur.
Arguments du PS, et donc de Jospin, à l'époque : " aucune majorité parlementaire ne doit manipuler à sa guise et sans nécessité juridique le calendrier électoral au gré des ambitions de tel ou tel de ses dirigeants."

COMPLÈTEMENT SCOTCHÉ 

Ne craignant pas le ridicule, Philippe séguin a discrètement porté plainte, début décembre, contre le syndicat de police Synergie officier qui avait manifesté devant sa permanence du 18e le 27 novembre pour protester contre les projets de création d'une police municipale à Paris.
La tête de liste RPR pour les municipales à Paris a demandé à l'un de ses collaborateurs d'aller déposer plainte au commissariat du 18e pour...
dégradation de matériel. Le colérique Séguin n'a, en effet, pas supporté que les policiers scotchent des affiches (avant de les retirer) sur le rideau en fer de sa permanence ; ce qui, d'après lui, aurait écaillé la peinture et laissé des traces de papier adhésif!


BALLADUR VOIT ROUGE

Malgré les apparences, le courant ne passe plus entre Balladur et Séguin. Obligé, le lundi 27 novembre, de rester seul en séance du Conseil de Paris face aux amis de Tibéri et aux élus de gauche, après que les élus séguinistes aient désertés la salle, l'ancien Premier ministre était rouge de colère à l'issue de la séance. Explication de ses collaborateurs, peu après dans les couloirs du Conseil : « Lui ne voulait pas qu'on sorte. C'est Séguin qui l'a exigé. "Échaudé par cette douloureuse expérience, Balladur a donc tenu à prévenir Séguin, par courrier, qu'il a fait porter le 9 décembre, qu'on ne l'y reprendrait pas. Pire encore, l'ancien Premier ministre a mis en cause, dans ce courrier la "méthode" suivie par Séguin, laquelle, selon lui, serait mal comprise des Parisiens.


LES MESSES BASSES DE MONORY

L'ancien président du Sénat, René Monory, n'a toujours pas digéré son éviction par le RPR du "plateau" de la Haute-Assemblée. Aussi, dès qu'il a l'occasion de s'entretenir en privé avec un journaliste, n'hésite-t-il pas à affirmer :  "Chirac est plombé par les affaires. Non seulement il ne pourra pas se représenter, mais encore ne finira-t-il pas son mandat". 

PLACARS A DEPUTES 

Michèle Alliot-Marie en visite à Roissy, dans le Val d'Oise, le 7 décembre, dans le cadre de ses déplacements hebdomadaires, n'a pas fait grosse impression - c'est le moins qu'on puisse dire - devant les chefs d'entreprises qu'elle a rencontré. Il faut dire qu'en réponse à plusieurs petits patrons qui trouvaient injustes qu'un élu battu soit réintégré dans son corps d'origine s'il est fonctionnaire, la présidente du RPR a proposé qu'un député ancien salarié du privé battu aux élections puisse, lui aussi, se voir offrir "un poste dans la haute administration". Bref, on multiplie encore le nombre de fonctionnaires...


VICTOR HUGO CONTRE ... CHIRAC

Alain Madelin qui, en public, se retient encore de taper trop fort sur le président de la République, a trouvé un texte de Victor Hugo, publié contre Napoléon III ("Napoléon le petit") qu'il a appris par coeur et ressort à nombre de ses interlocuteurs. Extraits : « Eh bien oui !, je donnerai un coup de pied dans la porte de ce Palais (et) je montrerai à tous les yeux, tel qu'il est, infâme, horrible, opulent, triomphant, joyeux, doré, souillé, cet Élysée, cette cour, ce groupe, ce tas, appelez ça comme vous vous voudrez, cette chiourme où rampent et grouillent et s'accouplent et se fécondent toutes les turpitudes [...]. C'est là qu'on s'amuse et qu'on ripaille et qu'on se gave et qu'on se moque de la France ! C'est là qu'on empoche, pêle-mêle avec de grands éclats de rire, les millions de louis et les millions de votes."

La France est-elle un pays démocratique ?

Jacques Sanson

Les abstentions record au dernier référendum et à l'élection législative partielle de Belfort montrent que les Français ressentent comme un malaise, une méfiance vis-à-vis de la classe politique; méfiance confortée par les affaires qui se succèdent et par la conduite des hommes politiques. Ainsi, dans les années quatre-vingt, avons nous connu l'amnistie avec la gauche et aujourd'hui la repentance avec la droite...
Alors les Français ne s'y retrouvent plus ; dans cette atmosphère de parti unique (il est désormais interdit, à droite, de parler de libéralisme) où tout le monde se congratule, se soutient, les divers partis, PC, PS, DL, RPR,...
ne sont en fait que les composantes d'une seule et grande formation : la nomenklatura des fonctionnaires, dirigée par les énarques et les syndicats.
Quels que soient les gouvernements de droite ou de gauche, les fonctionnaires se taillent la part du lion. Dans le gouvernement actuel, sur 33 membres, vingt-cinq sont issus de la fonction publique ("Le Point" numéro 1472 du le décembre 2000). Il en est de même au niveau du Parlement. Ils conduisent donc pratiquement les mêmes politiques. Ainsi Édouard Balladur a pénalisé les salariés du privé en ce qui concerne les retraites, et Alain Juppé a entrepris la série de mesures sur la sécurité sociale, mesures qui ont été poursuivies par Martine Aubry.
Parti unique, nomenklatura, cela n'a-t-il pas un petit air de totalitarisme ? À bien y regarder on serait en droit de se poser la question, d'autant plus que nous sommes le seul pays occidental à avoir des ministres communistes au gouvernement.
Dans le Petit Robert nous pouvons lire en face de régime totalitaire : « régime à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel le pouvoir politique dirige souverainement et même tend a confisquer la totalité des activités de la société qu'il domine ».
« Parti unique »? Nous venons de le dire, c'est la nomenklatura des fonctionnaires qui dirige le pays. Qui a fait remercier Claude Allègre et Christian Sauter ? Les syndicats de fonctionnaires !
« Dirigeant souverainement »?
Le gouvernement n'a-t-il pas pris, sans concertation, certaines mesures, sur les retraites avec M. Balladur ? Sur les 35 heures? pour refuser dans un premier temps l'accord sur l'UNEDIC?....
« Confiscation des activités » ?
L'État ne détenait-il pas, en plus de l'administration, le contrôle des secteurs de l'énergie (au travers d'EDF, GDF et charbonnages de France), des transports (SNCF), des banques (Banque de France, Crédit Lyonnais...), des tabacs (SEITA), des médias (radio et télévision), des jeux (Française des Jeux), de la fabrication de voitures (Renault), de l'électronique (Thomson)... dont il a fait semblant de se retirer au travers de privatisations « bidon », puisqu'il continue à nommer leurs dirigeants.
Les fonctionnaires sont aujourd'hui 5 397 000, soit 285 000 de plus qu'en 1990, et leur nombre ne cesse de croître, puisque les effectifs de l'Éducation Nationale vont augmenter ainsi que ceux de la SNCF et de la justice.
Résultat : dans la compétition internationale, la France se traîne, ralentie par le boulet de sa fonction publique ; ses forces vives soit s'expatrient soit étouffent sous le poids de la législation. Il faut des autorisations pour tout, par exemple pour ouvrir des magasins le dimanche même avec l'accord d'employés volontaires. Où est la liberté ? Il est grand temps que les Français se réveillent et sortent de leur léthargie.
PS : à l'appui de cette analyse, ajoutons pour confirmer la coupure de la France en deux, que:
1°) la retraite par capitalisation est refusée aux salariés du privé alors que les fonctionnaires en profitent depuis longtemps.
C'est Préfon Retraite dont les versements sont entièrement déductibles du revenu imposable, y compris les rachats de points (numéro vert : 0 800 208 208).
2°) pour réduire les coûts dus aux arrêts de travail, la Ministre de la Solidarité vient d'imposer aux médecins de noter sur les feuilles d'arrêt de maladie le motif de l'arrêt de travail; mais cette mesure ne concerne que les salariés du secteur privé alors que les fonctionnaires sont les principaux consommateurs d'arrêt maladie; deux poids deux mesures... 

Guerre d'Algérie et usage de la torture

Guy Millière
page Guy Millière

C'est, à mes yeux avec des affaires telles celle de la "nécessaire repentance" de la France concernant le recours à la torture durant la guerre d'Algérie que l'on peut voir clairement que l'imposture communiste continue, jusque dans notre propre pays, et, avançant masquée, gagne du terrain.
Nul ne songerait à nier et nul n'a jamais songé à nier que la torture ait été utilisée en Algérie.
L'idée de guerre propre a toujours été à ranger aux magasins des accessoires de l'utopie. Une guerre n'est jamais propre: elle peut par contre être légitime ou illégitime, juste ou injuste. Elle dépend de critères éthiques et de valeurs.
Durant la guerre d'Algérie, les soldats français incarnaient en leur temps les valeurs de la France et de l'Occident. Ils menaient un combat légitime et juste. Pour servir le bien, il faut parfois en passer par le moindre mal, et je n'hésite pas, pour ce qui me concerne, à le dire, le recours à la torture par les soldats français a été, le plus souvent, un passage par le moindre mal.
Qui se souvient parmi les belles âmes du communisme contemporain ou parmi ceux qui se font, consciemment ou inconsciemment, leurs compagnons de route, que ceux à qui l'armée française devait faire face en Algérie avaient un comportement que dans l'ère contemporaine on appelle terrorisme?
Qui se souvient des enfants éventrés et éviscérés qui, un temps, jonchèrent les villages d'Algérie et qui subirent ce sort
parce qu'ils n'étaient pas nés arabes ou parce que leurs parents n'avaient pas choisi le camp du FLN ?
Qui se souvient des soldats capturés et retrouvés par leurs compagnons d'armes assassinés, émasculés, les parties enfoncées dans la gorge?
Qui se souvient des bombes placées dans les cafés et autres lieux publics qui, lorsqu'elles ont explosé, ont fait des morts, des mutilés et des blessés parmi des gens dont le seul crime était de se trouver là au moment de l'explosion ? Répondre que ces diverses victimes se situaient du mauvais côté de l'histoire équivaut à se situer immédiatement du côté de la logique infernale qui a mené à tous les totalitarismes de ce siècle.
Dire que l'on n'avait pas le droit de faire parler des criminels 

Choisir le camp de l'armée française ou celui du FLN


pour éviter d'autres crimes équivaut à excuser les criminels ou à leur donner une chance d'être plus criminels encore. Oser affirmer, comme cela se fait ici ou là, que les complices et les comparses étaient moins coupables que les criminels eux-mêmes est une autre façon de se situer du côté du crime.
Trouver de la dignité à celui qui s'arrêtera le premier, comme le fait Jacques Duquesne dans un récent numéro de L'express, équivaut à poser une équivalence inadmissible entre criminels et détenteurs d'une autorité coercitive légitime. Quiconque commet ou aide le crime devient criminel et, lorsque le crime est abject, s'exclut de la communauté des hommes.
Le FLN algérien a utilisé l'abjection et en a subi les conséquences. Insuffisamment, semble-t-il, puisqu'il a fini par accéder au pouvoir. Ceux qui l'ont aidé à l'époque, ceux qui s'en sont faits les supplétifs, ceux qui ont porté ses bagages et servi la soupe couleur de sang, plutôt que de condamner l'armée française devraient se demander ce que le FLN algérien a fait de l'Algérie depuis trente huit années et devraient voir que ceux qui aujourd'hui égorgent et éventrent dans les villages en Algérie ne font qu'utiliser contre le pouvoir dictatorial du FLN algérien des armes et des prétextes qu'il a lui même utilisé naguère et que les aides et supplétifs susdits, s'ils étaient logique avec eux-mêmes, devraient approuver aujourd'hui.
Il est plus facile, il est vrai, de critiquer les soldats français.
Il est plus facile d'oublier qu'à l'époque, des Algériens, nombreux, avaient choisi la France. Il est plus facile d'oublier aussi que ce sont les Français qui ont fait de l'Algérie un pays, et que les pieds noirs pouvaient à juste titre considérer la terre où ils vivaient comme la leur. Il est plus facile, bien évidemment, dans une époque de décadence et de destruction comme la notre, de choisir le camp de la décadence et de la destruction. 

La crise du politique est partout
Alain Dumait
Page Alain Dumait

Après le sommet de Nice, les commentateurs sont au moins d'accord sur un point: l'Europe n'a plus de vision. Plus de projet. Plus d'ambition. Le choix qu'elle a à faire, depuis le premier jour est toujours le même : socialisme ou libéralisme.
Si l'Europe est socialiste, elle ne peut supporter que l'uniformité d'où la course à l'harmonisation tous azimut. Et bénis soient les empêcheurs d'harmoniser en rond, comme le Luxembourg ou la Grande-Bretagne, qui ralentissent la course vers le totalitarisme.
Ou bien elle est d'inspiration libérale et donc, avant tout, libre échangiste. Elle accepte la confrontation entre des systèmes politiques différents, des systèmes sociaux plus ou moins contraignants, des systèmes fiscaux variés, des niveaux de salaire inégaux, des législations particulières. Elle laisse le temps, et le marché, faire leur oeuvre. Au bout du compte il y aura harmonisation, mais elle se fera pas à pas, et non pas brutalement comme le suggèrent les partisans de l'Europe socialiste.
Ces deux conceptions sont inconciliables et il faudra un jour choisir. Tant que l'Europe s'imaginera pouvoir s'en dispenser, ces institutions vivront à la petite semaine, de compromis en compromissions.
Page trois, Bernard Trémeau consacre son article de la semaine à la machine inventée par la France (et que personne nous envie), à fabriquer des pauvres.
Pourtant, certains s'étonneront peut-être que, parallèlement à la description de ce qui est sans doute la principale catastrophe contemporaine pour la France - à savoir la fuite de ses capitaux et de ses cerveaux - le Gouvernement puisse se prévaloir, mois après mois, de succès sur le terrain de l'emploi. L'explication est du niveau du cours de première année d'économie politique. Et elle est typiquement socialiste. L'augmentation de la population au travail est de 3,5 % depuis douze mois-Alors que le produit intérieur brut n'a augmenté que de 3,4 %. Tout simplement parce que les Français au travail sont en moyenne de moins en moins productifs. C'est la conséquence inévitable des emplois-jeunes et des 35 heures.
La prospérité durable a été construite pendant trente ans sur la base d'une amélioration constante de la productivité du travail. La prospérité qui prétend se construire sur la réduction du temps de travail, la RTT, si chère à Lionel Jospin ne peut être que factice.
Vous êtes nombreux à m'interroger sur toutes sortes de points précis. Rien n'échappe à la perspicacité de certains d'entre vous. Avec le numéro 283, j'ai changé la photo d'identité qui illustre cette page. Tel correspondant m'indique : « II était temps ». Et je ne sais pas comment il convient que je prenne ce commentaire... Il a aussi remarqué que je ne faisais plus figurer ma qualité de « Président du comité pour l'Entente à Droite ». Il me somme de m'en expliquer.
Ce Comité pour l'Entente à Droite est une association de fait (sans personnalité morale) qui a fonctionné dans le cadre de la société éditrice des « 4 Vérités Hebdo ». Son objet est de défendre une ligne politique que résume fort bien l'aphorisme inventé par Michel Junot en 1985 : « Pas d'ennemi à droite ». Cette ligne est toujours celle de notre publication.
Mais comme les activités du Comité, sous la forme de réunions, à Paris ou en Province, sont depuis plusieurs mois en sommeil, et comme je suis de temps à autre interrogé sur l'activité dudit Comité, je préfère, dans un souci de cohérence, ne plus y faire référence chaque semaine.
Un autre correspondant ayant noté que je suis Conseiller de Paris indépendant, m'interroge sur ce qu'il appelle le cirque parisien. Il ajoute « Si je votais à Paris, sans hésitation, je voterais Tibéri ».
Depuis 1995, au Conseil de Paris j'ai personnellement refusé de voter le budget présenté par Jean Tibéri, considérant que l'administration de la capitale coûtait beaucoup trop cher aux contribuables parisiens. Il est vrai qu'une municipalité de gauche serait certainement encore plus dispendieuse. Et que Philippe Séguin, désigné par les appareils, dans le seul cadre de combines politiciennes, n'offre aucune garantie de meilleure gestion. C'est pourquoi, mardi dernier, je me suis abstenu dans le vote sur le budget de Paris pour 2001.
Quant aux élections municipales de mars prochain, elles se dérouleront dans le cadre de chacun des vingt arrondissements. Et dans chacun d'entre eux, une liste de droite plus légitime qu'une autre se dégagera rapidement. Ce sera, selon moi, le bon choix. Et l'élection du maire,
comme cela n'est pas souvent dit, n'aura lieu qu'au troisième tour. Il sera temps alors d'aviser.
N.B :Conseiller de Paris sortant, je ne serais pas à nouveau candidat en mars 2001.