|

Les
Français veulent que Jacques Chirac Parte !
Jean Rouxel
Le dernier sondage réalisé par la SOFRES pour le
compte du Nouvel Observateur montre non seulement que Lionel Jospin
l'emporterait facilement au second tour de l'élection présidentielle ave 53 % des suffrages exprimés contre
47% seulement à Jacques Chirac, mais encore, quand on interroge les
français, au-delà de leurs préférences sur les chances respectives qu'ils accordent aux deux tètes de
l'exécutif, ils sont 46% à dire que Lionel Jospin a plus de chances de
l'emporter et 24% seulement à opter pour son adversaire.
D'ailleurs la même proportion,46%,estime que la cohabitation profite plutôt à Lionel Jospin et
21 % seulement plutôt à Jacques Chirac, au RPR et à l'UDF.
Cette étude comporte d'autres enseignements Jean-Marie Le Pen demeure le mieux placé des autres candidats avec 8 % des intentions de
voie-Arlette Laguiller et Robert Hue feraient jeu égal avec 7 % des suffrages. Charles Pasqua et François
Bayrou recueilleraient chacun 6% des intentions de vote.
Une autre étude, réalisée par l'institut d'opinion BVA pour le compte de
"Contribuables Associés" permet de mesurer encore mieux la défaveur qui est maintenant celle de Jacques Chirac dans l'opinion publique.
On a demandé à un échantillon représentatif:
"Entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, à qui feriez-vous davantage confiance pour faire baisser les impôts ?". Réponse :à Jacques Chirac
13 %,à Lionel Jospin 28%; ni à l'un ni à l'autre 49% (c'était
26 % seulement en janvier 2000).
"Pour couper dans les dépenses publiques et réduire la dette de l'État ?"Réponse :à Jacques Chirac 18%,
à Lionel Jospin 25%; ni a l'un ni à l'autre 42% (c'était 21 % seulement
en janvier2000).
"Pour réduire le nombre de fonctionnaires et réformer l'État?"
Réponse:à Jacques Chirac26%, à Lionel Jospin19%; ni l'un ni l'autre 40 % (c'était
22% en janvier1000).
La conclusion s'impose et elle ne surprendra personne:la déconsidération qui touche les politiciens et les partis dominants ne cesse
d'augmenter. Elle est aujourd'hui abyssale. Mais, dans ce contexte catastrophique, Lionel Jospin est un peu moins pire, c'est-à-dire un peu moins déconsidéré.
Si Jacques Chirac veut servir la France, et rendre service à son camp, qui
est en principe celui de la droite, il n'a qu'une seule décision à prendre: annoncer dans les meilleurs délais qu'il finira certes son mandat
mais qu'il ne se représentera pas, laissant ainsi leurs chances à
d'autres compétiteurs auquel il resterait quinze mois pour
convaincre.

Jospin
et Chirac sont d'accord pour freiner la croissance !
- Alain Foucart
Malgré une croissance supérieure à 3 % en l'an 2000, la France se traîne toujours avec un peu plus de deux millions de demandeurs d'emplois officiellement recensés-Sans doute, beaucoup de ces demandeurs ne sont que des profiteurs :
ils s'inscrivent à l'ANPE, mais ne veulent pas vraiment retrouver du travail. En tout cas, pas n'importe où, ni à n'importe quel prix...
En outre, si la France voulait vraiment redevenir un pays de plein emploi, il faudrait qu'on y remette au travail toute une population qui est depuis longtemps sortie des statistiques, par exemple le million de Rmistes qui, malgré plusieurs dizaines de milliards de francs dépensés à ce titre par les collectivités locales, sont de plus en plus difficiles à ré-insérer.
Car la France est un pays qui souffre de nombreux blocages
structurels. Le salaire minimum en est un, qui décourage tout chef d'entreprise de recruter un salarié dont le prix
(le salaire) est supérieur à ce qu'il est en mesure d'offrir (son travail). La loi sur les 35 heures en est un autre.
Non seulement parce que cette réforme coûte de plus en plus cher aux finances publiques (déjà plus de100 milliards de F par an), mais surtout parce qu'elle accentue, notamment, la pénurie de
main-d'œuvre qualifiée dans les secteurs où celle-ci manque le plus
cruellement- C'est ainsi que, par exemple, les entreprises du bâtiment,
construction ou seconde oeuvre, ont à peu prés toutes fermé leurs portes
pendant quinze jours autour de Noël et du Nouvel An, alors que les mêmes entreprises n'arrivent pas à satisfaire à la demande...
Par pure démagogie, le gouvernement de Lionel Jospin avait donc fait voter par le Parlement un budget de l'État pour 2001 incluant des réductions de la CSG au bénéfice
de quelque 9 millions de Français titulaires de bas revenus. Évidem-
ment, le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition car, contrairement à ce que le gouvernement continue à
feindre, la CSG n'est pas un impôt, que les politiciens pourraient manipuler comme ils le
veulent, mais une
cotisation sociale, dont le taux ne peut être que proportionnel, et non pas progressif.
D'urgence, les socialistes se sont donc mis en tête de trouver une mesure de remplacement.
Certains ont pensé à une augmentation du SMIC qui serait compensée, pour les entreprises, par une réduction des cotisations d'assurance vieillesse. C'est
encore mélanger fiscalité et cotisations sociales. Et surtout,
cela
ne concerne que les salariés...
D'autres préconisent une nouvelle modulation fiscale avec des réductions et même dans
certains cas un crédit d'impôts.
L'administration, dans ce cas-là, devra revoir l'ensemble de ses formulaires. Et le Trésor public devra faire des chèques dans la
foulée des déclarations. Le système fiscal français, déjà très compliqué, le deviendra encore plus, avec, à la clé, de plus nombreuses occasions d'erreurs et de litiges...
Jacques Chirac, tout à sa compétition électorale à venir avec son Premier ministre, a pris parti pour la seconde option, contre la première.
L'un et l'autre font fausse route. Ils connaissent pourtant les bonnes recettes. Elles ont fait leurs preuves partout ailleurs. En Europe comme en Amérique.
Elles se nomment : libéralisation, déréglementation, réduction des dépenses publiques, remboursement de la dette, et ensuite, suppression des impôts les plus anti-économiques. Ni une nouvelle augmentation du SMIC ni des crédits d'impôt
"ciblés" n'entrent dans ces catégories.
| Misogyne
Elle n'est pas passée inaperçue, l'interview que Philippe de
Gaule, fils du général, à donné à "Impact médecin 11 (8-12.2000) : elle à déclenché, parait-il, une crise
d'urticaire généralisée au sein de l'état-major du RPR. Pas vraiment" féministe ,,, à l'heure où son parti à élu une femme à sa tète,
l'Amiral explique: " Depuis que le monde est monde, ce pour quoi là femme existe, c'est
l'enfant! Toutes les découvertes, c'est l'homme, parce que c'est lui qui à
l'imagination créatrice.
Là femme subit un monde qu'elle n'a pas fait ...." |

Abolir
les privilèges du monopole public
- Bernard Trémeau
Pierre Secret, président du syndicat des administrateurs et inspecteurs généraux de
l'INSEE, a signé un article extraordinaire paru dans le "Figaro Économie", et intitulé
"l'État peut-il comprendre l'entreprise ?" Le monde de l'entreprise est exposé à la concurrence.
On y fait en permanence l'effort de fournir au moindre coût un produit de la meilleure qualité possible.
L'emploi et la rémunération dépendent de l'effort de chacun dans son travail. La grève est un moyen de pression coûteux pour les deux parties :elle devient exceptionnelle. Le monde de l'entreprise, grâce à la concurrence, rend responsable. Ainsi ce monde innove en permanence,
évolue très rapidement. Il est dynamique et utile : il nous enrichit
tous.
Le monde de l'Administration est préservé de la concurrence parle monopole d'État-
Ceux qui en font partie n'ont plus à faire l'effort de fournir le service de
la meilleure qualité possible au moindre coût-Ils savent que leur emploi est
à vie et que leur rémunération dépend essentiellement de leur indice et de leur
ancienneté. La grève est un moyen de pression sans aucun coût
pour les salariés. Même les journées de grèves sont pratiquement toujours payées
et le statut empêche de perdre tout emploi. De son côté,
l'Administration n'étant pas exposée à la concurrence, survivra toujours à une grève:elle cédera
et finalement c'est le contribuable qui paiera. Ceux qui vivent dans le monde protégé du monopole d'État augmentent leurs revenus par la grève. Le monde de l'Administration est totalement
figé, il est statique et devient de moins en moins utile : il coûte de
plus en plus cher pour un service peu performant.
Pierre Secret ne donne qu'un seul exemple, mais quel exemple!
l'INSEE, qu'il connaît bien. L'INSEE a calculé "qu'en matière
d'études le rapport de productivité entre cet institut et le privés
établissait à 1 pour 60 ».Ce qui veut dire en termes plus
provocateurs: là ou l'INSEE a besoin de 60 personnes pour faire un
certain travail, le privé n'en utilise qu'une seule. Cette information
est incroyable. Grâce à la "non productivité" de l'INSEE, nous sommes tous
soixante fois plus pauvres en statistiques, donc soixante fois moins
bien informés.
Avant 1789, la France était dirigée par une Administration devenue petit à petit de plus en plus sclérosée et insupportable pour le
peuple. Turgot avait bien essayé de réformer cette caste qui détenait le pouvoir: il s'est fait chasser et la Révolution est
arrivée.
Il y a un an, le Premier ministre a essayé de réformer deux des bastions principaux de son Administration : l'Éducation
nationale et les Finances. Les ministres concernés ont été chassés, accusés
d'être incapables de dialoguer avec les représentants syndicaux
des fonctionnaires.
Par sclérose politico-administrative, nous maintenons en place des
grands ensembles d'HLM où la délinquance s'installe au galop, nous
conservons les SMIC qui fabrique des centaines de milliers d'exclus,
nous utilisons un système éducatif totalement contre-performant ou nous maintenons en place le CNRS qui ne rapporte pratiquement plus de prix Nobel à la France.
Par irresponsabilité, notre Administration, riche des deniers de l'État, voit grand, bien trop
grand. Elle produit en l5 ans un porte-avions qui reste au port, une Bibliothèque
Nationale toujours en panne ou en grève, et un hôpital colossal qui diffuse les maladies au lieu de les guérir.
Sans concurrence, tout devient possible.
Il existe aujourd'hui en France deux mondes se séparant à grande
vitesse. Le monde de ceux qui ont le pouvoir ou qui vivent douillettement à l'abri du pouvoir dans un monopole d'État, en achetant pour leur consommation personnelle les excellents
produits fabriqués dans le privé.
Ils profitent le plus souvent honnêtement de leur situation, mais leurs
privilèges sont grands, beaucoup trop grands. Il y a un autre
monde, celui de l'entreprise, qui produit avec effort au moindre coût possible les meilleurs produits possibles.
Ceux qui vivent dans ce monde savent que leur rémunération, leur
emploi ou leur retraite peuvent être remis en cause tous les jours.
Il nous faut rapidement une nuit du 4août.

Vos
réactions
Exprimez vous sur notre forum: Le
Forum

Dans
cent ans, sans pétrole...
Louis
Barthès
A la fin du siècle dernier, c'est-à-dire il y a quelques jours, le savant astrophysicien, Hubert Reeves, a rappelé ce que tout le monde est censé savoir, mais personne n'en a cure, que dans cent ans, les sources d'énergie d'origine fossile - pétrole, gaz, charbon - seront inexorablement épuisées, ainsi que les mines d'uranium.
Il est possible que M.Reeves se trompe sur les délais-Ce ne sera peut-être pas 100 ans, mais 200 ou 300.À l'échelle de
l'histoire de l'humanité, c'est pareil.
Alors, et c'est de toute façon pour bientôt, il faudra se contenter de
l'énergie solaire directe et de ses dérivés : eau, vent, marées. D'où la multiplication des centrales hydrauliques,
éoliennes, marémotrices. Les piles solaires auront bien besoin de faire des
progrès...
Cela veut dire quoi ?
Les avions, c'est terminé. À moins que l'on ne retrouve la formule
magique des tapis volants!
Par conséquent, les voyages intercontinentaux se feront avec des bateaux à
voile. On souhaite bien du plaisir aux "tours operators ».
L'électricité étant mesurée chichement, plus de TGV. Bien contents de monter dans des
trains à vapeur chauffés au bois (ou aux farines animales, ou, comme autrefois au Brésil,
avec du café).
Les voitures, bus et camions pourront fonctionner avec des gazogènes, en rechargeant la
chaudière tous les 30 ou 40km.
Le successeur de Gayssot n'aura plus à prendre des mesures drastiques contre les excès de vitesse.
ou alors, à l'alcool, mais, il faudra faire fonctionner les alambics à
plein régime.
On s'éclairera à la bougie ou aux quinquets; pas question de lumineuses lampes à pétrole.0u encore à
l'alcool, si les véhicules automobiles en laissent.
On pourra se chauffer et avoir de l'eau chaude avec le rayonnement
solaire: ça, on sait faire. Il suffit d'y mettre le prix en investissements
"ad hoc" .
Restera aussi le feu dans la cheminée et les poêles "Godin" : il y en à déjà 2 millions
aux USA.
Et puisque c'est l'hiver, passons aux distractions: plus question de téléphériques, on mettra des peaux de
phoque. C'est plus sportif. Après trois ou quatre montées dons là journée, on n'aura plus envie d'aller
faire là foire dons les boîtes de nuit. Qui s'en plaindra?
Dons100 ans. Si d'ici là là fin de notre monde n'est pas arrivée...
On en voit déjà les prémisses, avec toutes les catastrophes qui s'accumulent depuis quelques temps
éruptions volcaniques, tempêtes, inondations, tremblements de terre.
Dons 100 ans... Qui vivra verra. Mois, aujourd'hui, nous, on s'en fout!
.i

Le
grand crime dont est victime ce pays
- Guy Millière
- page Guy Millière
J'aime quelque fois m'éloigner de France. Si tôt rentré, mille nouvelles m'assaillent.
Des automobiles ont été brûlées dans divers quartiers de Strasbourg pendant la nuit du nouvel an :un peu plus que
d'habitude, quatre-vingt. Les statistiques pour l'an née écoulée permettent
d'arriver au chiffre rond de mille huit cent. La police pourrait se montrer plus sévère
et vigilante, direz-vous ? Vous vous trompez-Dans un pays gangrené par le socialisme, la police a mieux à faire: racketter les
automobilistes dont la voiture n'a pas brûlé par exemple. Ceux
dont la voiture a fini en flammes peuvent déposer une plainte inutile et
s'adresser à leur compagnie d'assurance. Les municipalités quant à elles
recruteront quelques emplois- jeunes aux fins d'indiquer aux
victimes les formalités nécessaires. Les primes d'assurance monteront et le nombre
d'emplois improductifs aussi ?
Qu'importe avoir une voiture est un luxe, gagner honnêtement sa vie
aussi, et le luxe se paie...
À la télévision, un homme venu d'Afrique et musulman est présenté comme une victime : il a deux épouses et quatorze enfants pour le moment (deux petits nouveaux sont en route et grandissent dans le ventre de leurs mères respectives). Il vit d'allocations sociales diverses. Il vient d'être
expulsé du HLM qu'il occupait car certains de ses enfants ont commis de multiples dégradations dans l'immeuble et ont montré de l'agressivité envers les voisins.
Personne, pas même le journaliste, cela va de soi, n'insiste sur les dégradations ou la situation des voisins-Le droit à la polygamie de l'homme, lui,se trouve
explicitement affirmé-Je ne savais pas que le droit français reconnaissait la polygamie, mais, de fait, cela semble déjà être le cas :comme quoi on ne sait pas tout.
Je pourrais ajouter d'autres situations -cette jeune femme bien sous tout rapport et dont le bébé de quelques mois est mort à l'hôpital,
victime disent les médecins de coups et blessures administrés sur plusieurs semaines consécutives et qui est innocente, bien
entendu, ne montre aucune émotion, n'a vraisemblablement rien
vu et rien remarqué, et qu'on remet en liberté quelques jours après le jugement au nom d'une loi européenne.
Cette lycéenne, très bonne élève et bien intégrée, nous dit-on, qui poignarde au cran d'arrêt une enseignante en plein cours pour une petite remarque-Ce convoyeur de fonds tué à bout portant par des
voleurs, comme cela, gratuitement, alors qu'il n'opposait aucune résistance et ses collègues qui ne peuvent que pleurer et faire grève tant ils savent qu'il ne sert à rien d'espérer pouvoir disposer de règles de légitime défense plus efficaces...
Pas très loin de chez moi, en Seine-Saint-Denis, et pendant mon absence, un immeuble a brûlé
une fois encore :le propriétaire du commerce situé aurez de-chaussée avait refusé de payer la « protection » de quelques voyous et l'a payé d'une balle dans la tête.
Son magasin a ensuite été incendié à l'essence. Les appartements situés au-dessus ont été largement touchés par l'incendie mais aucun de ses occupants n'est mort. Nul n'en a parlé à la radio ou dans la presse, vous vous en doutez... Ce genre d'incendie est tellement courant...
Le moral des Français est, paraît-il, au beau fixe. Sans doute que des doses répétées de discours artificiellement euphoriques de la part de dirigeants politiques menteurs et souvent corrompus suffisent pour faire voit la vie en rose. Sans doute, en outre, que les falsifications inlassablement colportées parla télévision disséminent des rêves dans les têtes.
Je ne puis, pour ce qui me concerne, m'empêcher de penser que les rêves ne sont que des rêves et que plus on les confond avec la réalité, plus le réveil est
difficile. Je ne puis m'empêcher aussi de penser à tous ceux à qui on ne donne pas la parole et qui subissent impuissants, en colère quelquefois, résignés souvent, lucides, hélas,
face à ce qui vient.

- Mettre
d'accord les hommes politiques de droite à Paris
- Alain Dumait
- Page Alain Dumait
Des circonstances particulières m'ont amené à siéger au Conseil de Paris pendant dix-huit ans, depuis 1983.J'ai été pendant plus de six ans le maire du
2e arrondissement et, à ce titre, pendant cette période, adjoint de Jacques Chirac. J'ai rompu en 1993 avec la majorité municipale RPR-UDF car je ne pouvais accepter les augmentations faramineuses des impôts locaux
qu'entraînait une politique budgétaire sans retenue. En 1995, j'ai été réélu sur une liste de droite, qui était en concurrence au premier tour, avec une autre liste de la fausse droite RPR-UDF.
Cette dernière a fait 15 %, la nôtre a fait 38 %... J'ai voté pour Jean Tibéri comme maire de Paris. Mais, pas une seule fois, je n'ai voté son budget. Car je ne pense pas que l'on puisse prétendre baisser la fiscalité tout en
continuant à augmenter le nombre des fonctionnaires. Hostile au
renouvellement indéfini des mandats, je ne serais pas candidat en mars prochain.
Je suis souvent interrogé sur la situation politique à Paris.
Comment, en effet, une ville comme Paris, structurellement et sociologiquement de droite, où celle-ci l'a emporté dans les vingt arrondissements en 1983 puis en 1989, peut-elle se trouver aujourd'hui dans la situation de voir sa
gestion confiée à un maire de gauche?
Sans doute un certain nombre de Parisiens veulent-ils le changement pour le
changement. Or, à Paris, d'une façon ou d'une autre, le parti
gaulliste, du RPF au RPR, occupe l'hôtel de ville depuis 1947!
Au plan idéologique, les gaullistes parisiens sont de purs opportunistes et n'ont jamais eu de mal à s'entendre avec les
centristes et les radicaux. Que l'on prenne en exemple la politique budgétaire, la politique de sécurité, le logement social ou les subventions aux
associations, sur aucun de ces chapitres la municipalité parisienne n'a souhaité s'inscrire dans un clivage
droite gauche.
Qui plus est, au plan institutionnel, le clans gaulliste a toujours été en retard d'une réforme : partisan d'un statut préfectoral dans les années soixante-dix ; hostile a
toute décentralisation au bénéfice des arrondissements dans les
années quatre-vingt ; opposé au transfert des pouvoirs de police
au bénéfice du maire de Paris dans les années quatre-vingt-dix...
Quand Jacques Chirac, fin 1976, a décidé de partir à la conquête de la capitale, c'était
avant tout pour faire de celle-ci une puissante base pour la conquête du pouvoir de l'État.
Avec, à sa disposition, les moyens matériels qui intéressent tant aujourd'hui plusieurs juges d'instruction...
Jacques Chirac n'a jamais été principalement maire de Paris. Il l'a été « en plus » de la présidence du RPR. En plus de sa fonction de Premier ministre.
Un vrai maire de Paris aurait préparé un peu mieux sa succession.
Car Jean Tibéri, s'il a bien été élu à la majorité absolue des conseillers de
Paris, dés la démission de Jacques Chirac, après l'accession de celui-ci à la présidence de la République, et réélu deux mois plus tard
après les élections municipales, cela s'est fait sans débats
internes, sans compétition véritable-Le premier adjoint a automatiquement succédé à l'ancien
maire. Et Jean Tibéri était premier adjoint pour trois raisons:l'un des plus anciens conseillers de Paris
RPR, en outre secrétaire général de la fédération de Paris de ce parti, et enfin patron politique de l'arrondissement où Jacques Chirac avait choisi de se faire élire.
C'est seulement après l'élection de Jean Tibéri, organisée par les seuls appareils
politiques, que les ambitions concurrentes se dévoilèrent et se développèrent dans le cadre de réseaux
d'influence comme on le vit avec la
tentative de putsch de Jacques Toubon, observée sans broncher par l'Élysée.
Agressé de toutes parts, souvent injustement, Tibéri a donc été lâché par son propre mouvement.
Arrive alors Philippe Seguin, venu d'Épinal- Il s'imagine pouvoir refaire le coup de1977. Mais les temps ont changé. Les élections municipales de 2001 à Paris se feront arrondissement par
arrondissement et le poids des appareils déconsidérés, sera souvent moindre que celui du leadership des maires d'arrondissements, même
modestes.
À Paris plus qu'ailleurs, là droite est usée. Elle n'a pas su ni voulu se
renouveler. Mais là gauche n'est pas sûre de l'emporter pour autant. Le sursaut, s'il se fait, se fera
au niveau local.
D'ores et déjà Philippe Sequin est à peu prés sur de ne pas siéger
au Conseil de Paris car sa liste, au
mieux aurait trois élus dons le XVIII arrondissement. Jean Tibéri à perdu sa majorité
municipale le mois dernier. Il a peu de chances delà retrouver en mars
prochain.
Si le maire de Paris devait étre de droite, ce serait donc probablement un troisième homme. Et plutôt une
femme, parité oblige ! Là mieux placée et là plus acceptable s'appelle Françoise de Panafieu.
|