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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

WHO'S WHO 

La dernière édition du dictionnaire biographique Who'swho comporte 19720 notices, sur 1976 pages, qui pèsent trois kilo et demi, et valent 2 950 F.

ARCHIVES 

Le budget des Archives de France (en piteux état) est de 50 millions de francs par an Pour l'opéra-8astillgils'élèveà 650 millions...

PCF 

Les pertes budgétaires cumulées du PCF sont passées de treize millions de francs en 1998 à quarante MF cette année.
Il va falloir en vendre, du muguet, . .

ROME 

Pendant l'année sainte, tout au long de l'an 2000, le centre italien de statistiques a dénombré 32 millions de pèlerins ayant fait le voyage à Rome.
Record pour les JMJ, journées mondiales de la jeunesse, avec 2 millions de jeunes originaires de cent soixante pays.

OBÉSITÉ 

« Si l'évolution actuelle se poursuit,100 % des enfants américains seront obèses dans les décennies à venir, et idem pour les Européens, avec un décalage de quelques années. » (Dr Martine Perèz)

CHIRAC 

« Dans les encombrements de la capitale, Chirac fait comme tout le monde, il patiente » (« Auto Plus »). Alors que les ministres du gouvemement Jospin actionnent sirènes et gyrophares. Le chauffeur de Jean Claude Gayssot a été contrôlé à 160 km/h.

DIVERS FAITS 

RETRAITE

Depuis qu'il a quitté le pouvoir a Dakar, suite à sa défaite électorale, le président Abou Diouf vit tranquillement à Paris...

SONDAGES

Si Martine Aubry est bien placée pour emporter la mairie de Lille (elle obtiendrat 57 % des voix), Élisabeth Guigou, en revanche, serait battue par la RPR Marie-José Roig à Avignon.

PÉROU

Alan Garcia, l'ancien président socialiste du Pérou de 1985 à 1990, n'a pas attendu longtemps pour faire son comeback: l'homme qui a ruiné le Pérou entend se porter candidat à l'élection présidentielle du 8 avril et succéder ainsi à l'homme qui a sauvé le Pérou, un certain... Alberto Fujimori !

STRING

Damart a lancé une ligne de lingerie coquine, y compris un mini-string, mais elle n'est proposée que sur le site intemet Damart. com...

VANDALISME

Paul Dubrule, maire apparenté RPR de Fontainebleau, a l'intention de construire, à cent mètres du célèbre château, un immense complexe de 30000 m² comprenant des logements, un hôtel, une salle polyvalente et une galerie marchande, le tout en.,. verre et acier.

Ce saccage est combattu par deux listes de droite, conduites respectivement par Jean-François Robinet UDF et ancien joumaliste de TF1, et Jacques Nizard ancien ambassadeur soutenu par la plupart des petits commerçants du centre"ville.

MEDIAS

TÉLÉ PUBLIQUE 

France 3 est la seule chaîne publique à avoir amélioré un peu son audience en 2000, qui est passé de 16,4 % à 17,3 % entre le premier et le quatrième trimestre. France 2 est restée à peu près stable. TF1, par ailleurs, a plutôt perdu du terrain...

TÉLÉ.GUIDAGE 

Michel Drucker est l'un des rares animateurs de la télé à refuser de porter une « oreillette » :
dispositif qui relie l'homme tronc à la régie et à son rédacteur en chef, et qui, peu à peu, depuis vingt ans, a remplacé le téléphone, qui trônait auparavant à côté de chaque présentateur.

MESSAGE 

«Je veux bien camper Hitler pour un réalisateur antifasciste» (Claude Rich, qui, en attendant, a accepté de camper Léon Blum, pour un réalisateur socialiste suisse...)

GRAND PRIX 

« Spectacle du Monde » - groupe Valmonde - vient d'être primé par un jury de lecteurs « meilleure une 2000 » pour sa couverture du 1e'février 2000, titrée « Chine : l'Église derrière le rideau de bambou », dans le cadre du Se Grand Prix de la une de presse organisé par France Rail Publicité. Le jury des professionnels avait quand à lui décerné ses faveurs à ii Courrier International », hebdomadaire de gauche.

TED TURNER 

Le président russe, Vladimir Poutine vient d'affirmer aux jourmalistes de la chaîne NTV être favorable à l'entrée de Ted Turner dans le capital de cette dernière. 

SIC   

SEGUIN

«Je n'ai jamais perdu. J'ai gagné en 1978, 1981, 1986,1988, 1993 et 1997 pour les législatives. Aux municipales j'ai gagné en 1983, 1989 et 1995 » (Philippe Seguin).
On se demande bien pour quelles raisons il n'est pas resté à Épinal...

ÉDUCATION

« On est en train de fabriquer des générations sons aucune culture, incapable d'agencer correctement une phrase. J'ai un copain qui enseigne aux énarques. Il est affolé ils ne savent pas écrire une lettre [. . .] Que les gosses tapent sur des bouts de métal et aient l'impression de faire de la musique bon, pourquoi pas ? Mois on risque d'arriver à une civilisation où un spot publicitaire aura autant d'importance qu'une tragédie de Shakespeare » (Pierre Arditi).

ÉGALITÉ

" Je vomis le mythe hypocrite de l'égalité ! " (Roger Caratini)

CORSE

"Des instructions seraient parties de Paris pour suspendre toutes les vérifications fiscales visant des terroristes, camouflés ou non. Il serait utile de savoir si c'es t vrai ou pas" (Michel Charasse, ancien ministre du Budget), Selon que vous serez terroriste ou misérable.

FÉDÉRALISME 

« Expliquez à un citoyen du canton de Bâle ou à un citoyen de Floride quelles sont les lois communes, les règlements communs, les unifications que connaît déjà l'Europe communautaire : ils vous diront que, si tout cela existait chez eux, ce serait la fin du fédéralisme suisse ou américain ! » (Alfred Grosser).

Les 4verites N°292 du 3 février 2001

 Sommaire:

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Seul Chirac pourrait arrêter la machine à faire perdre la droite !
 Jean Rouxel  

Dans une démocratie normale, avec une majorité et une opposition également bien organisées, correctement disposées en ordre de bataille, la seconde a en principe un avantage sur la première, car il est plus facile de critiquer, de promettre, et donc de faire rêver, que de défendre un bilan concret, même honorable.
D'où l'alternance qui caractérise toutes les démocraties en bonne santé.
En France comme ailleurs, la droite a longtemps eu la réputation d'être plus économe des deniers publics que la gauche, d'être meilleure gestionnaire, d'être attachée à des valeurs morales et conservatrices touchant à la sécurité des biens et des personnes, à la défense de toute vie, au contrôle strict des frontières, ou encore, par exemple, au respect dû aux aînés.
La situation présente de la France devrait, pour une telle opposition de la droite constituer un véritable boulevard. S'agissant de la gestion des finances publiques, la France dirigée par un gouvernement socialiste est le seul pays au monde (avec le Japon) à continuer à accroître chaque année sa dette publique. C'est l'un des rares pays à augmenter le nombre de
ses fonctionnaires. À ne pas réduire la masse globale de ses dépenses publiques. S'agissant de la préparation de l'avenir, avec les socialistes, on s'accroche à la retraite à soixante ans, contre toute logique démographique, on établit aucune prévision au titre du paiement des retraites futures des fonctionnaires de l'État. Et, s'agissant de la sécurité, comme de l'immigration, on laisse se multiplier et se développer comme des cancers les zones de non droit où, de fait, l'autorité appartient à des voyous.
Les prochaines élections générales devraient être gagnées par la coalition de la droite, sans la moindre chance possible pour une majorité de gauche, qui ne s'attendait pas elle-même à accéder au pouvoir en 1997. Mais encore faudrait-il que la droite soit à droite... Et que celui qui en est le fossoyeur consciencieux, c'est- à dire Jacques Chirac, aie la décence d'en tirer pour lui-même les élémentaires conséquences. Sinon, comme les raclées de 1997,1998 (régionales),1999 (européennes), 2000 (référendum), n'ont manifestement pas suffi, il y aura celles de 2001 (municipales), puis de 2002 (présidentielles puis législatives)... 

L'immigration qui nous appauvrit

Michel du Val

En économie politique l'immigration doit constituer un facteur d'enrichissement du pays. Importer une main d'œuvre qualifiée adaptée aux besoins du pays c'est obtenir - avec pour seule contrainte une courte période d'adaptation - des personnes productives en faisant l'économie de leur éducation et de leur formation professionnelle; qui auront été financées par le pays d'origine.
Le Canada, et plus précisément sa province du Québec, constitue un exemple caractéristique de cette façon de faire : l'immigration y est strictement contrôlée et organisée sur la base d'une rigoureuse sélection en fonction des besoins du pays. Il faudra, par exemple, que le candidat à l'immigration soit originaire d'un pays francophone avec de très bonnes connaissances de la langue anglaise, qu'il soit d'un niveau bac + 2 (BTS ou DUT) dans des spécialités où l'offre d'emploi est abondante, ou alors posséder parfaitement un métier où les déficiences de main d'oeuvre se sont clairement exprimées. Il faudra encore qu'il se situe dans la tranche d'âge des 25/40 ans, que ses motivations soient pertinentes et convaincantes...
Certaines spécialités sont rejetées, tel est le cas de la fonction médicale où les praticiens se trouvent déjà en surabondance. Chaque année l'émigration de la France vers le Canada se traduit par 15 000 dossiers de candidature. 3000 d'entre eux seulement reçoivent un avis favorable.
Cette façon de faire n'est pas spécifique au Québec. L'Australie, et plus près de nous l'Angleterre et l'Irlande, entre autres, ont adopté des politiques d'immigration comparables, avec des nuances sur l'efficacité des contrôles, il est vrai, en fonction de l'environnement géopolitique.
Qu'en est-il chez nous ?
En France, quoiqu'en disent nos politiciens, il n'y a tout simplement pas de stratégie volontariste.
L'immigration est un facteur de subi, non contrôlé, au prétexte parfois qu'il est incontrôlable, et on obtient un résultat inverse à celui obtenu dans ces autres nations :
chez nous l'immigration est un facteur d'appauvrissement.
Dans sa grande majorité notre immigration est non qualifiée, parfois pas même francophone, et la méconnaissance du français écrit, indispensable au respect de nos lois, ne semble pas inquiéter.
L'essentiel de cette main d'oeuvre est caractérisé par une inemployabilité durable, par manque d'adaptation à nos technologies. Le pays doit donc prendre en charge, en plus d'une formation professionnelle difficile et aléatoire dans ses résultats, une très forte assistance sociale individuelle et familiale et/ou subir les lourdes conséquences économiques du travail clandestin. En fait, la population immigrée clandestine est pratiquement contrainte, pour survivre, d'avoir recours à des activités délictueuses. Ces facteurs participent au développement du sentiment d'insécurité dans le pays.
Le fait d'accepter une immigration sans évaluation préalable des potentialités d'insertion à court et long terme, relève de l'irresponsabilité et induit racisme et xénophobie.
On ne peut pas reprocher aux immigrés d'avoir rêvé de ce qu'ils considéraient comme un Eldorado et d'avoir tenté de le gagner.
Quand ils ont réussi à atteindre le pays de leurs rêves et qu'ils sont confrontés à la difficulté, voire à l'impossibilité d'insertion, leur situation se dégrade rapidement jusqu'à devenir encore plus inconfortable que ce qu'elle était dans le pays d'origine- Vivre dans la clandestinité et d'expédients avec le risque permanent de la sanction pénale devient rapidement insupportable.
Et ne soyons pas dupes : il existe d'autres formes d'immigrations telles que celles parfaitement organisées d'individus qui arrivent sur le territoire national pourvus de vrais faux papiers, avec leur fausses situations, leur fausses familles et l'intention bien établie de vivre sur le pays, en pillant ses systèmes d'aide sociale et, si cela ne suffit pas, en pillant sans vergogne la propriété privée tout en exigeant toujours plus d'assistance.
Évidemment une "non gestion" de l'immigration est la voie la plus facile et... la plus onéreuse.
Elle va à l'encontre des principes économiques élémentaires et agit en accentuation d'une pression fiscale record.
Ce n'est évidemment pas pour agir de la sorte, au mépris du bon sens le plus élémentaire, que le peuple de France a porté au pouvoir un certain nombre d'hommes et de femmes qui prétendent, avec beaucoup d'assurance, avoir la capacité d'administrer le pays.

La concurrence contre les gaspillages

Bernard Trémeau

Le journal «le monde» du 25 janvier titre à la une sur quatre colonnes: "la Cour des Comptes critique l'État inefficace » et en page 10 titre aussi sur quatre colonnes "le président du Medef adresse une critique en règle de la politique du gouvernement".
La Cour des Comptes n'est pas gentille.
Tout y passe dans un rapport fleuve de 870 pages : L'ANPE qui "manque de rigueur" dans sa gestion financière et souffre d'une "rigidité grandissante" dans la gestion de son personnel ; l'inutile et coûteuse complexité de la recherche biomédicale ; les doubles emplois dans la formation professionnelle ou dans l'aide au logement ; le mauvais entretien de nos routes ; le non-respect des règles communautaires dans l'aide à l'agriculture... Enfin la perle : la restructuration des hôpitaux psychiatriques, déjà dénoncée par la Cour des Comptes en 1988, restructuration qui "n'a pas évolué plus de dix ans après, malgré les affirmations de l'administration". Cette remarque montre le peu d'efficacité de la Cour des comptes.
Ernest Antoine Seilliére affirme de son côté qu'il existe en France "un système public pléthorique et figé, paralysé par la multiplicité et la rigidité de plus de 1500 statuts et qui coûte de plus en plus cher pour une efficacité de moins en moins grande".

 Il accuse l'État de faire des "ponctions records", de mettre en oeuvre des "réglementations tous azimuts" et de jouer  "l'immobilisme". "La France qui pousse à la roue n'est pas compatible avec celle qui met des bâtons dans les roues". Le patron des patrons oppose le dynamisme des entreprises françaises à la "France qui freine". Il dénonce "un attachement sacralisé aux services publics à la française et aux monopoles d'État avec agents et statuts".
Les journalistes du "Monde" ne critiquent pas les faits avancés par la Cour des Comptes, ils semblent même avoir un certain plaisir à souligner pour nous les invraisemblables défauts de notre secteur public. Par contre, ils prennent très nettement leurs distances avec les critiques du patron des patrons, surtout avec les solutions de bon sens qu'il propose.
Les responsables de la bonne utilisation des deniers publics d'un côté, les responsables de l'économie française de l'autre, tirent à boulet rouge sur un secteur public de plus en plus pléthorique ,de plus en plus inefficace, de plus en plus coûteux. À lire ces experts, la France est envahie par des troupeaux de mammouths et de dinosaures. Ces animaux préhistoriques font d'ailleurs fuir à l'étranger ses jeunes diplômés dynamiques.
Les keynésiens ont en horreur le monopole privé et les libéraux ne l'aiment pas, car l'absence de concurrence permet à une entreprise d'augmenter sa marge, donc de gagner beaucoup d'argent sur le dos de ses clients. Mais les libéraux ont beaucoup moins peur du monopole privé que les keynésiens, car ils savent que, d'une manière ou d'une autre, émergera automatiquement du marché une entreprise concurrente. Plus la liberté d'entreprendre est favorisée par l'État, plus le monopole privé est rapidement concurrencé, donc détruit. Plus nous devenons rapidement riches.
Les libéraux ont en horreur le monopole public, car ce monopole, en détruisant et en interdisant toute concurrence, crée des entreprises publiques Iles fameux services publics à la française) dont les résultats sont de plus en plus médiocres et coûteux. Les keynésiens de droite ou de gauche, au nom du principe d'égalité, aiment le monopole d'État, même si,en pratique, ce monopole d'État entretient la pénurie et répartit mal les médiocres produits ou service qu'il fournit.
Les libéraux aiment la concurrence qui dynamise tous ceux qui y sont soumis, évite les gaspillages et mène rapidement vers la société d'abondance. La concurrence a sur les contrôles effectués par de la Cour des Comptes un immense avantage:
elle élimine automatiquement les gaspilleurs. Tandis que les gaspilleurs, même dénoncés par la Cour des Comptes, restent sans se modifier : le scandale des hôpitaux psychiatriques le prouve.
Vive la concurrence. 

 

Les échos politiques de Georges Langlois 

LETTRE OUBLIÉE

Jean Tibéri a mis certains de ses collaborateurs sur la trace de Roxane Decorte, la jeune tête de la liste Séguin dans le Xvllle. Decorte est, en effet, une ancienne salariée de la Mairie de Paris, période durant laquelle cette militante RPR était la collaboratrice du DL-tibériste Jean-Pierre Pierre-Bloch. Et c'est dans les archives de la Mairie que vient d'être retrouvé une lettre, un peu compromettante, de Decorte datée de janvier 2000. Celle-ci, qui réclamait une titularisation de son emploi de chargée de mission, finissait son courrier, adressé à Tibéri, par ces mots : "Les parisiens reconnaissent vos mérites et ceux de votre épouse", et d'a jouter q u'elle était "très fière de travailler à (ses) côtés". Un certain nombre de photocopies, dit-on, ne devraient pas tarder à arroser le XVIIIe...

SONDAGES : À QUI PERD GAGNE

Concernant les sondages pour les municipales à Paris, deux avis s'opposent dans le microcosme politique. À droite, les plus nombreux considèrent qu'ils contribuent, semaine après semaine, à démobiliser leurs électeurs : "si c'est déjà joué, pourquoi se déplacer ?". À gauche, le directeur de campagne de Delanoë, le PS Christophe Carresche, député du Xvllle, estime, au contraire, que les sondages hebdomadaires du "Figaro Magazine" constituent "une opération politique de remobilisation des électeurs de droite". D'après lui, ceux-ci pourraient être tentés d'aller voter, malgré le rejet de leurs élus, pour "faire barrage à la gauche", maintenant que la gauche se retrouve en position de l'emporter. "Et Paris, reste une ville de droite !" , soupire Carresche.


LES RATS QUITTENT LE NAVIRE

Les ralliements au profit de la gauche dans le show-bizz se multiplient. À Paris, l'animateur de télé Stéphane Bern, élu en 1995 sur les listes du RPR Gabriel Kaspereil dans le IXe, vient, comme on sait, d'appeler à voter pour Delanoé. Encore plus surprenant - et non encore rendu public -, Mireille Mathieu, l'une des rares artistes à s'être toujours affichée de droite (gaulliste) vient de faire savoir, via son frère, q u'elle voterait pour Élisabeth Guigou à Avignon. Ces retournements de veste ne sont jamais bon signe pour qui en est victime : lors de la présidentielle de 1995, les acteurs Thierry Lhermitte et Christian Clavier s'étaient retirés au dernier moment de la liste du comité de soutien à Balladur, qui commençait à baisser dans les sondages. On connaît la suite...


EN EMBUSCADE

Comme Édouard Balladur, la RPR Françoise de Pannafieu ne fait pas mystère de sa future candidature à la mairie de Paris, dans le cas où Séguin serait battu dans le XVIIIe et la droite majoritaire à Paris.
Afin d'attirer les projecteurs sur elle, la députée du XVIIe s'apprête à publier un livre d'entretiens politiques aux éditions Robert Laffont.
Sortie prévue : début du mois de février. Il y sera question tout à la fois de son parcours et de ses idées, mais aussi de son bilan comme adjoint au maire de Paris chargée des Parcs et Jardins. Manière de rappeler, annoncent ses amis, que Pannafieu pourrait être une candidate très crédible, "alliant modernité et expérience". Balladur appréciera.

Lionel Jospin et le bon roi Dagobert

Christophe Vincent

Il y a bien longtemps, en 997, à l'aube du deuxième millénaire, le roi Dagobert régnait sur un peuple de paysans.
Ce roi n'était pas méchant. Il était au contraire fort soucieux du sort de ses sujets.
Le problème c'est que pour n'avoir jamais travaillé lui-même, pour avoir passé toute sa vie au sein de l'État, d'abord dans ses écoles puis dans l'administration, il ne savait rien de la vie, il n'avait pas la moindre idée de la façon dont se créaient les richesses. Bref, il était plein de bonne volonté, plein de bonnes intentions, mais il n'était pas très éclairé, pas très au fait des réalités.
Un jour qu'il se promenait dans les champs, le roi s'aperçut que le travail de ses paysans était extrêmement dur, extrêmement pénible, extrêmement fatiguant.
De retour dans son château, le roi se mit à réfléchir. Que pouvait il faire pour soulager son peuple ?
Après une nuit blanche, il crut avoir trouvé une solution. Le roi décida qu'il y aurait désormais 40 jours fériés dans l'année et non plus seulement 35. Le peuple pourrait ainsi se reposer davantage de ses peines.
Le roi fit rassembler ses paysans dans la cour de son château et il leur annonça cette mesure depuis le balcon de ses appartements.
Dans un premier temps, le peuple habitué à un autre genre de traitement de la part du pouvoir, exulta et remercia le ciel de leur avoir donné un si bon roi, 40 jours fériés au lieu de 35, cela semblait être une bonne affaire.
Mais après un court laps de temps, certains paysans s'élevèrent contre cette mesure. Ils dirent au roi : « Ce n'est pas une bonne chose de nous empêcher de travailler. Nous travaillons pour avoir de quoi vivre. L'inactivité que vous voulez nous imposer ne nous amènera pas des loisirs mais la misère.
Si vous voulez vraiment notre bonheur, laissez-nous libres de travailler autant que nous le souhaitons, autant que nous le jugeons nécessaire. Et si vous voulez absolument faire quelque chose pour nous, diminuez plutôt les impôts qui nous étouffent en rendant votre administration moins dispendieuse et plus efficace. » Le roi fut très surpris. Lui qui ne voulait que le bien de son peuple, lui qui leur proposait de travailler moins, il ne s'attendait pas à une opposition de leur part.
De retour dans ses appartements, il consulta ses conseillers qui lui répondirent que c'était lui qui avait raison, que les paysans en question étaient des fauteurs de troubles, des émeutiers, des fortes têtes. Quoi ! Réduire les dépenses publiques, priver les serviteurs de l'État (eux.mêmes) de leurs copieuses rémunérations, c'était impensable, impossible ! L'insolence de ces paysans devait être châtiée.
Ils proposèrent au roi de les faire arrêter le soir même et de les faire pendre dès le lendemain.
Mais le roi était bon et de telles mesures lui répugnaient. Il décida de laisser la vie sauve à ces paysans et d'appliquer les mesures qu'il avait décidé, malgré leur opposition. Par ordonnance royale les jours fériés passèrent donc de 35 à 40.
Les quatre années qui suivirent furent assez prospères. La mesure du roi n'y fut absolument pour rien bien entendu. La raison en fut qu'un paysan ingénieux avait inventé la charrue. La pratique du labour s'était rapidement répandue dans tout le royaume et ce progrès considérable avait permis d'accroître de manière importante le volume des récoltes. Grâce à cette invention, chacun dans le royaume mangeait enfin à sa faim.
Pourtant, lors de ses voeux à l'occasion du passage dans le deuxième millénaire, le bon roi Dagobert, qui n'avait toujours rien compris au fonctionnement de l'économie, dit à son peuple : «Alors, vous voyez que j'ai eu raison de vous empêcher de travailler ! Cette prospérité, cet accroissement de richesse, cette croissance, c'est grâce à moi! »
Mille ans plus tard, de nombreux progrès techniques ont suivi celui de la charrue. Le dernier en date est celui des nouvelles technologies de l'information. Ce sont elles qui sont à l'origine de la croissance que nous connaissons actuellement.
Pourtant, lors de ses voeux à l'occasion du passage dans le troisième millénaire, Lionel Jospin a prétendu que c'était lui et sa politique de réduction du temps de travail qui étaient responsables de cette croissance.
Il aura au moins eu le mérite de nous faire rire et de nous montrer qu'en mille ans l'État n'a en revanche pas fait beaucoup de progrès.

Enrayer le cataclysme russe

Guy Millière 
Page Guy Millière

Depuis dix ans que l'Urss s'est effondrée, rien ne s'est passé d'autre dans cette région du monde que la poursuite de l'effondrement. Les républiques périphériques de l'empire se sont autonomisées et glissent, les unes vers l'islamisme, les autres vers un mélange de corruption galopante, de misère endémique et de conditions sanitaires préoccupantes qui, en général, se rencontre dans le tiers-monde. La Russie, tout en tentant de sauver les apparences, est dans une situation tout aussi désastreuse.
L'espérance de vie ne cesse d'y chuter : elle est aujourd'hui de cinquante quatre ans pour les hommes et devrait passer à des chiffres inférieurs l'année prochaine. La malnutrition touche plus de la moitié de la population, et vues les courbes de natalité et les morts prématurées, le chiffre total des habitants est lui-même en chute très nette: un million environ de personnes en moins chaque année. Plus de 30 % de la population vit avec environ 48 dollars américains par mois, dans un contexte où le seuil de subsistance minimal est évalué au double. La drogue fait des ravages dans la jeunesse et l'alcoolisme grave touche toutes les couches de la société. Les plus de quarante ans s'aigrissent et, montrent les sondages, se prennent à regretter les temps anciens. Les jeunes hommes vivent d'expédients ou se font gangsters. Les jeunes femmes glissent vers la prostitution et la quête forcenée d'un mari occidental.
Le malheur n'est pas, comme le disent les bien pensants, un passage trop brusque au capitalisme libéral. Il est plutôt que le capitalisme libéral ne s'est jamais implanté et que n'existent même pas les conditions de son implantation.
Ceux qui ont le pouvoir politique, jusqu'à présent, ne valent guère mieux ou ne peuvent à peu prés rien faire. Les corrompus s'enrichissent sans courir de risques face à une justice qu'ils peuvent acheter facilement. Les autres sont plus inquiétants encore car imprégnés de nostalgies de l'ordre totalitaire. Les premiers ont constitué, après d'éphémères volontés réformatrices, l'entourage d'Eltsine. Les seconds se regroupent derrière Vladimir Poutine qui doit être vu pour ce qu'il est...
Poutine a été élu : mais dans un pays sans tradition démocratique et dont la population ne voit d'alternative à la déliquescence que dans la force brutale et dans le rétablissement de l'ordre par un sauveur suprême.
Poutine entend rétablir l'ordre, fut-ce au prix de la liberté, ce qui est logique pour un ex-membre du KGB, et pour ce faire, il s'appuie de plus en plus sur l'armée.
Poutine, en supplément, n'accepte pas le glissement de la Russie vers la seconde zone : et il comprend que des capitaux, un minimum d'économie d'entreprise seraient nécessaires à ses espoirs de puissance retrouvée.
Faute de capitaux et d'entreprises viables aujourd'hui, il fait appel aux sentiments nationalistes les plus extrêmes.
Il en résulte un fonctionnement de type fasciste ou national-socialiste.
Qu'un pays humilié et détraqué aux portes de l'Europe puisse adopter ce type de fonctionnement ne peut qu'inquiéter, mais cela doit être regardé en face.
Il existe incontestablement un cataclysme russe. Nous ne pourrons, si telle est notre intention, aider la population russe que si nous voyons les causes, les rouages et les conséquences de ce cataclysme. Cause et rouages tiennent au communisme et à ses effets, sur ce qu'en approfondissant on pourrait appeler l'âme russe. Les conséquences peuvent mener au pire.
Le pire sera évité non par des subventions, mais par une attitude menant les dirigeants russes à comprendre que nous sommes vigilants et que la seule issue pour eux est l'intégration dans l'Occident et dans ses règles. 

Laurent Fabuis un politicien calamiteux
Alain Dumait
Page Alain Dumait

En privé, Laurent Fabius, 54 ans, a souvent répété qu'il resterait à jamais marqué par l'affaire du sang contaminé.
Plus de cinq mille familles françaises peuvent en dire autant, avec des arguments sensiblement plus éloquents... Ne revenons donc pas sur cette affaire pour laquelle le premier Ministre de l'époque- le plus jeune premier Ministre donné en cadeau à la France par son maître François Mitterrand - a obtenu finalement un piteux non-lieu.
Aujourd'hui, Laurent Fabius, qui disait s'ennuyer à la présidence de l'Assemblée nationale, est Ministre de l'économie, de l'industrie et des finances depuis suffisamment de mois pour qu'on puisse faire un bilan de son action.
Il est arrivé à Bercy avec une solide réputation de réformateur.
Ses amis laissaient entendre que la tête d'oeuf s'était convertie à la social démocratie. Devant les journalistes, c'était même le seul socialiste à tutoyer Tony Blair. Il avait multiplié les interventions à l'occasion de colloques huppés comme il les aime. Avec lui on allait voir ce qu'on allait voir : la création d'entreprise serait favorisée grâce à un régi me fiscal incitatif copié sur la pratique américaine des « business angels » ; les cadres bénéficieraient d'un régime favorable pour leur stock options ; les taux de prélèvements obligatoires dissuasifs feraient l'objet de plafonnements ; les dépenses publiques seraient réduites ; la fonction publique remise sous contrôle...
Ce n'était que de belles paroles et en aucune façon des engagements précis. Elles n'avaient donc aucune raison d'être suivies d'effets-..
Nommé au pied levé pour remplacer Christian sauter, récusé parle pouvoir syndical de la citadelle du Ministère des Finances, il ne fallait pas trop compter sur lui non plus pour réformer le mammouth. Pourtant, en tant que Président de l'Assemblée nationale, il avait pris des engagement très précis afin de faire aboutir une réforme de l'ordonnance de 1959 qui fixe avec beaucoup de précision les relations entre le Gouvernement et le Parlement en ce qui concerne l'examen des projets de loi de finances et la capacité des représentants du peuple à les amender. Laurent Fabius, du haut de son perchoir, disait vouloir rendre le pouvoir de vérifier le bien-fondé de la dépense publique à ceux dont c'est la mission, 'députés et sénateurs. Las ! entretemps, devenu ministre des Finances, et donc par définition, pieds et poings liés à une administration toute puissante, l'intéressé a changé d'avis et c'est un texte beaucoup plus anodin que celui qui avait été présenté en première lecture qui sera la semaine prochaine examiné parles députés.
Beaucoup d'échecs Laurent Fabius, grand bourgeois (fils d'André Fabius, antiquaire à Paris), a toujours été un partisan d'une forte redistribution des revenus. son premier ouvrage, paru en 1975, s'appelait d'ailleurs « La France inégale ».
C'est donc lui qui, l'année dernière, proposa au premier Ministre une réduction de la CSG applicable à quelque neuf millions de foyers fiscaux. C'était la disposition essentielle du projet de loi de finances pour 2001. Mais l'ancien maître des requêtes au Conseil d'État ne se doutait que cette disposition était parfaitement anticonstitutionnelle...
Pour réduire la dette publique et financer très partiellement les retraites, Laurent Fabius avait une solution miracle : il suffisait de vendre aux entreprises concernées, pour quelque 130 milliards de francs, quatre licences ouvrant la porte aux réseaux de téléphones mobiles de la troisième génération dits UMTS. Il y a six mois c'était encore l'euphorie sur tous les marchés financiers, en particulier sur ceux des nouvelles technologies-Aujourd'hui, après le retour au calme, industriels et banquiers font des comptes plus prosaïques. France Telecom et Vivendi veulent bien payer. Mais Bouygues comme suez Lyonnaise des Eaux ne veulent pas suivre. Le vent a tourné. Il manquera 65 milliards de francs dans les comptes de Laurent Fabius.
5i celui-ci avait été moins dogmatique, il aurait eu recours à la seule technique, universelle et ancestrale, qui s'applique à de telles dévolutions : la vente aux enchères. L'Agence de régulation des télécommunications, ART, aurait fixé le nombre des licences à attribuer, et celles-ci auraient été vendues aux enchères publiques.
C'est d'ailleurs ainsi que les choses se sont passées en Grande-Bretagne il y a déjà plusieurs mois.
Réforme du ministère des Finances. Droit du Parlement.
Réduction de la CSG sur les bas salaires. Attribution des licences UMTS. Beaucoup d'échecs pour un seul homme. sans parler de l'affaire du...