|

Les
élections de 2002 se feront sur le thème des réformes, vraies ou
fausses…
Jean Rouxel
Jacques
Chirac, d’une part, les députés élus inopinément en 1997
d’autre part, arriveront bientôt dans la dernière année de
leurs mandats. Autant dire qu’il est à peu près certain que,
d’ici à la fin du premier semestre 2002, aucune réforme publique
d’envergure ne sera mise en chantier en France…
C’est
dans ce contexte qu’il convient d’apprécier le nouvel
affrontement constitutionnel, à propos de la Corse, auquel viennent
de se livrer les deux protagonistes de la cohabitation.
En
reportant, sans doute, d’une semaine seulement, l’examen en
conseil des Ministres du projet de loi sur la Corse, le Président
de la République a seulement voulu rappeler qu’il n’était pas
inerte, qu’il lui appartenait d’accepter ou non l’ordre du
jour d’un conseil qu’il dirige.
Lionel
Jospin s’est mis dans un mauvais cas. Il donne l’impression d’être
faible face à des revendications autonomistes violentes. Sa majorité
parlementaire, sur ce point au moins, est incertaine. Il y va donc
de son autorité aussi bien personnelle que politique.
Pourtant,
s’ils se divisent sur leurs contenus, une majorité de Français
admettent la nécessité des réformes.
Plutôt
que de s’engager sur le terrain glissant de la Corse, le Premier
ministre eut été mieux inspiré d’envisager un nouveau train de
mesures de décentralisation, qui, contrairement aux lois de Gaston
Deferre, aurait eu pour objectif de simplifier les structures
administratives, et de réduire les coûts de fonctionnement de
l’ensemble du système public français. Ensuite, dans un deuxième
temps, dans le cadre d’une réforme d’ensemble, il eut été
possible d’envisager concrètement l’évolution
institutionnelle, non seulement de la Corse, mais aussi, pourquoi
pas, de l’Alsace, de la Bretagne, et même de l’Auvergne…
La
chance de la gauche réside dans le fait que la droite, même dans
l’opposition, n’a pas su pour autant se faire le champion des réformes.
C’est ce que souligne l’initiative de Jack Lang, qui propose
qu’en même temps que les élections législatives de 2002 soit
organisé un référendum sur un train de réformes
institutionnelles, allant de l’instauration d’un quinquennat généralisé
à l’ensemble des mandats électifs, à la suppression des
cantons, en passant par l’interdiction du cumul des mandats, ou la
réforme du Conseil constitutionnel… Une sorte de fourre-tout dont
le seul objectif est de faire apparaître le PS comme le parti du
mouvement. Et, a contrario, la fausse droite comme celui des défenseurs
du statu quo. Ce qui n’est pas faux…
Ce
que disent les patrons…
- Bernard Trémeau
“Les
patrons français critiquent l’incapacité de l’État à se réformer
”, tel est le titre d’un excellent et long article de Martine
Orange, paru récemment dans le journal “ Le Monde ”. Par de
petits morceaux de phrases comme “ à les en croire ” ou “
selon eux ”, la journaliste nous indique qu’elle prend ses
distances avec ce que lui ont conté les patrons.
Mais
la première phrase de son article sur les patrons doit être citée
en entier. “ Par prudence, leur premier mouvement est de refuser
de s’exprimer sur la politique économique du gouvernement… ”
et bien des patrons interviewés ont désiré conserver
l’anonymat.
Ainsi,
aujourd’hui, et en France, de nombreux responsables économiques
n’osent plus s’exprimer en public sur la politique économique
menée par leur gouvernement. Ils semblent avoir peur d’éventuelles
représailles sur leurs entreprises. Les patrons pensent, à tort ou
à raison : “ Si je parle, je n’aurais plus le marché ou la
subvention, ou l’on va m’envoyer une équipe de contrôleurs
fiscaux ”. Ceci montre à quel point notre économie administrée
est aujourd’hui devenue dépendante du bon vouloir du Prince…
Notons
tout de même que certains patrons n’ont pas eu peur de parler en
public et la journaliste cite leurs noms.
Que
disent les patrons ? Ils font d’abord tous un reproche essentiel
à l’État : mal gérer le pays. Au lieu d’avoir utilisé la
croissance économique actuelle pour remettre de l’ordre dans les
finances de notre pays, réduire son déficit, comme tous les autres
pays l’ont fait, et bien préparer l’avenir, le gouvernement a
distribué la “ cagnotte ” tous azimuts, augmenté ses dépenses,
et même prévu une augmentation du déficit public… Avec le
moindre ralentissement de la conjoncture, le gouvernement n’aura
plus aucune marge de manœuvre.
Deuxième
reproche tout aussi important : l’État dit qu’il aide les
entreprises, mais en pratique c’est l’inverse : 35 heures,
augmentation de l’impôt sur les sociétés, écotaxe… sont là
pour le prouver. Or, ces lois réduisent nos capacités de produire
: nous manquons de main-d’œuvre dans certains secteurs et nous
manquons de capitaux pour investir. En agissant de la sorte l’État
réduit l’offre, donc nous appauvrit tous.
Troisième
point : tandis que les entreprises soumises à la concurrence
internationale font d’énormes efforts de productivité et réduisent
en permanence la main-d’œuvre dont elles ont besoin, l’État
est incapable de faire de tels efforts dans les immenses secteurs de
l’économie qu’il contrôle. Il embauche au contraire toujours
plus et encore plus. Il coûte ainsi de plus en plus cher. Le poids
de l’État devient trop lourd. De nombreuses entreprises donnent
plus à l’État qu’elles ne donnent à leurs salariés. “
L’ajournement de la réforme des services des impôts, en mars, a
marqué tous les esprits. Tous les patrons en parlent comme d’une
date noire ”, écrit Martine Orange.
Pour
conclure, de plus en plus de patrons pensent que cette obésité de
l’État français, le rendant chaque année de plus en plus lourd
et insupportable, est un mal incurable et bien français. Nombreux
sont donc ceux qui envisagent d’aller investir ailleurs. Alors que
tous pensent que la France a d’énormes avantages et qu’en
particulier “ ses salariés figurent parmi les mieux formés, les
plus productifs, les plus entreprenants du monde ”.
Quand
serons-nous dirigés par un chef d’entreprise qui connaît la réalité
économique, et non par un énarque, qui ne connaît qu’une partie
de la théorie économique ?

La
fable du rameur et des barreurs
Docteur Joseph Watine
Un
hôpital et une clinique décident de s’affronter à l’occasion
d’une course d’aviron.
Les
deux équipes s’entraînent dur. La clinique gagne avec plus
d’un kilomètre d’avance.
L’équipe
de l’hôpital est très affectée par cette défaite. Leur
management se réunit pour chercher la cause de l’échec. Un
groupe d’audit constitué de seniors managers est désigné. Après
enquête, il conclut que l’équipe de la clinique est constituée
de huit rameurs pour un barreur alors que l’équipe de l’hôpital
se compose de huit barreurs pour un rameur. À la lecture du
rapport, la direction de l’hôpital décide de louer les services
d’un cabinet de consultants. Après avoir perçu d’énormes
honoraires, ils rendent leur avis : “ l’équipe de l’hôpital
a besoin de plus de rameurs et de moins de barreurs ”. La
structure de l’équipe de l’hôpital est donc réorganisée.
Mais comme personne ne veut devenir rameur, il est décidé de créer
quatre postes de barreurs-assistants, trois de barreurs-projets et
un barreur-chef. Ils mettent aussi en œuvre un système de
stimulation pour encourager le seul rameur de l’équipe à
travailler beaucoup plus. Baptisé “ objectif qualité et zéro défaut
”. Il repose sur des réunions régulières, des évaluations
permanentes et un contrat d’objectif pour le rameur.
La
deuxième course a lieu et, cette fois, la clinique gagne avec deux
kilomètres d’avance.
L’Agence
Régionale de l’Hospitalisation ordonne de licencier le rameur, de
stopper la mise en chantier d’un nouvel aviron et d’annuler tout
nouvel investissement. Elle récompense les barreurs-managers de
leurs efforts en leur donnant le prix de l’organisation.
La
direction de l’hôpital établit une procédure visant à valider
la réalité de l’échec en nommant un pilote de projet
contractualisé dont l’objectif sera d’accréditer une nouvelle
stratégie en conformité avec les indicateurs de traçabilité dans
le cadre d’un réseau sécurisé de compétences, pour contrôle
de qualité du protocole. Par ailleurs, elle distribue l’argent économisé
par ces mesures de restriction à l’amélioration de son projet
d’établissement.
Parallèlement,
le Ministère de la Santé, afin d’égaliser les chances entre le
public et le privé, décide, que désormais, les courses d’aviron
entre l’hôpital et la clinique se dérouleront différemment.
Pendant que la clinique devra parcourir dix kilomètres, appelé “
Objectif Quantité National ”, l’hôpital n’aura à courir que
cinq kilomètres et il lui sera octroyé une subvention
exceptionnelle d’un barreur.
La
troisième course a lieu. Au bout d’une heure de course, la
clinique a déjà parcouru douze kilomètres.
Très
mécontent de ce dépassement de l’Objectif, le Ministère
décide que la clinique ne pourra désormais courir qu’avec
des rameurs assujettis aux trente-cinq heures et dans une barque
prenant l’eau de toute part.
Moralité
: rien ne sert de ramer quand on est dans la mauvaise barque…
|
café-Philo
“
de droite ”
cafephilodroite@aol.com
Le
dernier jeudi de
chaque mois de
19h30 à 23h Café
“ LE PANORAMA ”
- 153,
rue Montmartre 75002
Paris (Métro Bourse)
- Jeudi
22 février 2001
Guillaume
Faye écrivain
et
Jean-Pierre Pagès-Schweitzer
“
Persécutions
des chrétiens en terre d’Islam ”
|
Les
échos politiques de Georges Langlois
PARTIELLES
EN FAFALE
Outre
la prochaine législative partielle, qui sera organisée dans le
Val-d’Oise pour permettre à Dominique Strauss-Khan – sa suppléante
ayant démissionné – de retrouver son siège de député, quatre
autres législatives partielles se profilent à l’horizon. À
Toulouse, Dominique Baudis, nommé à la présidence du CSA, libère
sa circonscription. À Lourdes, Philippe Douste-Blazy (s’il est élu
maire de Toulouse), devra renoncer à la sienne. André Santini,
dans les Hauts-de-Seine, va abandonner la députation pour briguer
le poste de 1er adjoint de Pasqua au Conseil général. Enfin, dans
les Alpes-Maritimes, la disparition de la RPR Louise Moreau ne
profitera pas à son suppléant : il est mort, lui aussi, peu de
temps auparavant, ce qui provoquera une nouvelle partielle.
PHOTO
La
présence de Jérôme Monod le jour de la présentation de ses
listes pour Paris, celle de Bernadette Chirac, le 12 février, dans
les rues du XIVe, sont autant de “ signaux ” envoyés par l’Élysée
: “ Chirac est derrière Séguin ! ”. Largement médiatisés,
ils ont rendu fou furieux Tibéri. Lequel avait déjà dû digérer
un autre “ geste ” de l’Élysée – passé, cette fois,
inaperçu – en faveur de Séguin. Le dimanche 4 février, en
effet, alors que le couple Chirac assistait, comme Séguin et Tibéri,
à la finale du championnat du monde de handball au POPB, une photo
montrant Séguin, Chirac et Bernadette discutant dans un couloir a
été prise. Une photo non signée et gratuitement transmise à la
presse. Or, cette photo, d’après le clan Tibéri, a été prise
par un photographe… de l’Élysée !
HALTE
AU BIG BROTHER
Tout
ce que vous avez voulu savoir sur votre feuille d'impôts sans
jamais avoir osé le demander...

CONTRIBUABLES
ATTENTION !
Vous
allez bientôt recevoir, par la poste, un formulaire pré-rempli de
déclaration d'impôts ( 2042 S ou N). CETTE FEUILLE EST PIEGEE. N'Y
TOUCHEZ PAS ! Les éléments d'information codés que le FISX y
insère vous mettent en fiche et constituent un véritable tatouage
fisacl ! Préférez plutôt le formulaire vierge (2024), disponible
en mairie et dans les centres des impôts. Nous ne somme pas des
numéros, mobilisons-nous contre le Big Brother fiscal !
LES FICHIERS SECRETS DE LA TRAQUE
FISCALE:
Entièrement informatisé depuis
1989, Bercy peut désormais compter sur une quinzaine de fichiers privés
susceptibles d'être recoupés à tout moment.
NIR (Numéro d'inscription au répertoire des personnes
physiques):le fichier"Sécu"
.Ficoba (Fichiers de comptes bancaires):recense l'ensemble des
comptes bancaires et postaux,
.FIP (Fichier individuel des personnes) : contient l'identité et
l'adresse de toutes les personnes imposées,
.TDS (Transfert des données sociales) : fournit les
renseignements sur tous les salaires, pensions ou indemnités versées par là Sécu.
TD-RCM ( Transfert des données
concernant les revenus de capitaux mobiliers) : établi à partir des
déclarations des établissements financiers payant des revenus de capitaux mobiliers.
.SPI (Simplification des procédures d'imposition) : destiné à optimiser
l'identification et là localisation des contribuables et là circulation de
ces informations entre les différents services.
.Majic 2 :taxe d'habitation.
Amis et Osiris : surveillance des
entreprises.
.OEil (Observatoire des évaluations immobilières locales) : fiscalité
immobilière.
.
FI-35: surveillance des
successions.
.Fidji et Madère : consacré aux conservations des hypothèques.
.Top Alpha :rapproche le nom des contribuables et celui de leurs
adresses (train de vie).
.SIR (Système de gestion des informations de recoupement) : fichier croisé avec ceux
déclarés par l'employeur et là caisse de retraite du contribuable.
.Proselec : détermine un portrait-robot du
"tricheur".
Le
retour du
cinéma français
- Nicolas
Courteille
- Page
Nicolas Courteille
2001
s’annonce comme l’année du retour du cinéma français. Après
vingt ans, ou trente, de terrorisme critique de cinéma d’auteurs
frustrés et fauchés, de subventions gaspillées et de démagogie
élitiste, il souffle un vent nouveau, qui ramène le temps de la
grande épopée et des comédies hilarantes.
Le
cinéma américain a bâti sa force sur les mythes et l’épopée,
la célébration de l’histoire américain ou même universelle. Et
elle est de retour, cette histoire dans notre cinéma : Jeanne d’Arc
bien sûr, mais aussi maintenant Vercingétorix, Astérix – mi-comédie,
mi-épopée –, le magnifique et baroque Pacte des Loups, Le Petit
Poucet et Belphégor, à venir prochainement. Tout se passe comme si
la France, venue enfin à bout de ses repentances retrouvait ses
racines, enfin décomplexée.
Elle
retrouve aussi des moyens de réaliser des films chers : cent à
trois cents millions de budget pour chacun de ces opus, qui démontrent
un savoir-faire technique, un grand talent d’acteurs et de
metteurs en scène, une volonté esthétique, et presque ésotérique,
de reconsidérer le passé d’un œil à la fois neuf et
traditionnel. On ne peut dans ces conditions bouder son plaisir.
Grandes mises en scène, combats, costumes, capes et épées ; tout
un arsenal oublié quasiment depuis les années soixante. Auquel
s’ajoute la révolution des effets spéciaux intervenue pourtant
depuis vingt ans dans le cinéma américain, mais qui a – comme la
révolution Internet – fini par gagner le pays ronchon des
retraites insolvables et de la ponction publique.
Et
dans le même temps que l’on réalise des films d’histoire, on
aborde des problèmes très actuels : le complot, la rétention
d’informations dans Le Pacte ; la faiblesse endémique des Français
dans Vercingétorix ; et la trahison des élites dans Jeanne
d’Arc. On sait depuis longtemps que le cinéma de marché
hollywoodien est beaucoup plus libre de ses mouvements, et de
critiquer la société, que le cinéma étatisé, perfusé à coups
de subventions destinées à mal nourrir une clique d’aigris et
d’assistés de tout poil qui ressassent avec la même torpeur les
mêmes rengaines.
Deux
chefs-d’œuvre comiques viennent de paraître sur les écrans, qui
traitent allègrement de deux communautés pourtant très
susceptibles, les gays et les juifs du Sentier.
La
Vérité si je mens 2 est nettement supérieur au premier : nos
entrepreneurs-escrocs sympathiques affrontent cette fois la grande
distribution à la française, qui a beaucoup perturbé notre économie
depuis que le pouvoir gaulliste lui a assigné le devoir de liquider
le commerce traditionnel et les paysages français. Les
mousquetaires de la rue d’Aboukir s’en tirent à merveille, et
c’est un plaisir que d’assister à ce film truffé de
rebondissements, de bons mots, et merveilleusement interprété. Les
deux scénaristes ont bien potassé leur sujet.
Le
Placard fait allusion, on le sait, au fait que les homosexuels sont
devenus intouchables dans le système actuel ; il se moque de ce
travers politique et social, sans jamais sombrer dans la caricature.
Le grand talent de Francis Veber est de multiplier les péripéties,
de ne jamais nous endormir. La crème des comédiens français,
Auteuil, Depardieu – enfin bien dirigé –, Lhermitte, est ici
rassemblée, avec une pléiade d’excellents seconds rôles, pour
notre plus grand plaisir. Un vrai grand film qui fera date et sonne
presque l’heure d’une libération : le diktat local et la
domination effrayante du cinéma américain sur nos écrans.
Le
secret de cette réussite ? Le travail et l’argent, tout
simplement. Le refus des bouts de ficelle, du cinéma militant, de
la caméra stylo. L’acceptation du risque capitaliste et de
l’ambition culturelle. Pourvu que cela dure…
P
.S. : À propos du Pacte des Loups : la Bête du Gévaudan, c’était…
l’intégrisme catholique !… Mais ne boudons pas notre plaisir,
pour autant.

Le
danger chinois qui se rapproche
- Guy Millière
- Page Guy Millière
La
Chine est-elle une menace ? Non, bien sûr, diront les partisans de
l’apaisement. C’est à peine si la Chine s’éveille d’une
longue nuit, et, dans ce réveil, les zones d’entreprises autour
de Shanghai et ailleurs doivent être vues comme des matrices,
d’une entrée plus large et plus générale dans l’économie de
marché, que l’intégration dans l’OMC renforcera.
Ceux
qui prennent en compte toutes les données disponibles peuvent
avoir, eux, une vision très différente. Un livre récemment publié
aux États-Unis par Bill Gertz, journaliste au Washington Times, The
China Threat, rassemble l’ensemble de ce qu’il importe de savoir
et qu’en Europe, souvent, on ne sait pas ou on passe sous silence.
La
Chine, d’abord, n’est pas toute entière touchée par le développement.
Plus des trois quart de sa population vivent dans des zones rurales
au sein de villages collectivisés et réduits à l’extrême
indigence. Un peu moins de dix pour cent des Chinois vivent
pleinement dans un contexte d’économie de marché et ceux-là même
ne disposent d’aucune contrepartie politique à la relative liberté
économique, très surveillée, dont ils jouissent.
Depuis
la rude alerte constituée par les événements de la place Tien An
Men, voici une décennie, les hiérarques du régime communiste ont
compris qu’il ne fallait pas trop relâcher la bride et ont passé
avec les gens vivant et travaillant dans les zones de marché une
forme de contrat implicite : vous pouvez vous enrichir à condition
de payer l’impôt matériel et mental et de ne pas vous intéresser
à la politique ou à quelque activité culturelle ou spirituelle
incompatible avec le dogme établi. Le contrat pour l’essentiel
est respecté. Ceux qui ne le respectent pas et se tournent vers une
religion, par exemple, sont impitoyablement persécutés.
La
Chine, ensuite, n’est plus, politiquement parlant, le pays
qu’elle était voici encore quelques années. Les hiérarques
susdits, quels que soient leurs discours officiels, comprennent que
le discours communiste a de moins en moins d’adeptes et glisse
vers l’obsolescence… Ils lui substituent donc un autre discours,
très fortement teinté de nationalisme, d’exaltation de la
grandeur de la Chine et de xénophobie vis-à-vis de l’Occident.
Ce discours est largement impulsé au travers des institutions d’éducation,
de la presse et des médias audio-visuels. Il s’étaie concrètement
par un appui sur l’armée qui devient le fer de lance du nouveau
discours. La Chine d’aujourd’hui est, en conséquence
nationaliste, militariste et très anti-occidentale.
La
Chine, enfin, se réarme, passe des alliances, exerce des influences
et ses dirigeants visent l’hégémonie. En matière d’armement,
elle s’est, au cours de la dernière décennie, dotée des armes
les plus sophistiquées élaborées dans l’ex Union Soviétique,
mais aussi d’éléments de technologie de pointe informatique américaine,
par le biais de l’espionnage, ou par celui de contrats commerciaux
détournés de leur but. En matière d’alliances, les liens avec
la Russie se sont nettement renforcés et ont débouché sur un
accord de coopération stratégique signé en décembre 1999 entre
Eltsine et Jiang Zemin, et toujours en vigueur. L’influence, elle,
s’exerce de multiples façons. On a appris voici peu que la
campagne électorale de Clinton en 96 a bénéficié de financements
chinois qui expliquent pourquoi le gouvernement américain, ces
dernières années, a favorisé les transferts de technologie les
plus précieux et fermé les yeux sur diverses infiltrations
d’agents secrets chinois.
Les
dirigeants chinois jouent, à merveille, de la “ concurrence ”
entre gouvernements occidentaux et pratiquent l’échange “
contrat d’achat contre mansuétude politique ”. Ils savent aussi
très bien faire pression sur les entreprises occidentales installées
en Chine et leur demander de faire ce qui est en leur pouvoir pour
éviter qu’ici ou là, des critiques désagréables envers le régime
chinois, ne se fassent entendre. Ils savent enfin faire comprendre
aux chercheurs ou aux journalistes désireux de travailler en Chine
qu’il y a ce qui se dit et ce qui ne se dit pas…
Le
premier objectif sera de s’emparer de Taïwan. Le second de
devenir la puissance asiatique dominante. Le troisième de tenter de
se substituer à la domination américaine et de tenter pour cela de
morceler et diviser le monde occidental.
Ces
objectifs sont énoncés noir sur blanc. Le fait qu’on n’en
parle pas en Europe est sans doute significatif et inquiétant. Il
faudrait en parler. Il y va de l’avenir de l’idée que nous nous
faisons de notre civilisation et des notions de droit, et de respect
de l’Homme qui lui sont liées.

- Toutes
vos opinions nous
intéressent !
- Alain Dumait
- Page Alain Dumait
Pour
l’essentiel, cette publication, chaque semaine, est le reflet
des opinions de ses lecteurs, telles qu’elles sont exprimées,
dans les courriers qui nous sont adressés, par courrier, par télécopie
et, de plus en plus souvent, par message électronique (4verites@noos.fr).
Quand
nous le pouvons, nous reprenons tels quels vos épîtres. Et
nous les signons du nom de leurs auteurs, sauf réserve expresse
de ceux-ci. Certains sont nos correspondants réguliers.
D’autres nous adressent des messages épisodiques. Nous
utilisons au maximum vos remarques et vos réflexions.
Bien
sûr, une toute petite partie seulement fait l’objet d’une
publication. La place nous manque. Beaucoup de lettres devraient
être, non seulement coupées mais souvent réécrites. En tout
cas, nous dépouillons, nous lisons et nous tenons compte de la
totalité de vos messages.
Une
seule catégorie est éliminée systématiquement du concours
hebdomadaire à la parution : les lettres qui comportent des
menaces, du chantage ou des pressions, du genre “ Si vous ne
me publiez pas, j’arrêterais mon abonnement… ”. Ces
opinions-là, même pertinentes, ne sont jamais retenues dans
nos colonnes. Notre autonomie en souffrirait…
Cette
liberté éditoriale est une de nos caractéristiques. La
seconde consiste à donner le plus souvent possible asile à une
diversité de points de vue. Et cela s’est vérifié souvent
depuis douze mois. Que ce soit sur le Kosovo, la mondialisation,
le Moyen-Orient, la relation avec les États-Unis… ou, en
politique intérieure, le jugement que l’on peut porter sur
Jacques Chirac, les partis de la fausse droite, Charles Millon
ou Charles Pasqua…
Toute
opinion exprimée par un électeur de droite nous semble intéressante,
même si elle est diamétralement opposée à la notre. Car, défendre
le clivage droite-gauche, c’est évidemment accepter la
coexistence et la diversité des opinions au sein de chacun des
deux camps. Comme cela veut dire, aussi, n’exclure personne, même
les parties diabolisées et qualifiées de partis extrêmes.
Le
refuge d’un débat ouvert à
toute la droite
Oui,
M. Robert Pellereï (Paris – 75) : nous sommes toujours pour
l’entente à droite, parce que, comme vous, nous pensons,
notamment, qu’à elle seule, la fausse droite ne parviendra
plus jamais – en tout cas avant longtemps – à recueillir
plus de 50 % des suffrages au deuxième tour d’une élection
présidentielle ! Car les 25 % de voix, qui se porteront, en
gros, sur les candidats de la droite nationale souverainiste ou
qualifiée d’extrême (Pasqua, de Villiers, Le Pen, Mégret…),
dans leur majorité, ne se reporteront plus sur un candidat RPR,
UDF ou
DL.
Mais
nous comprenons aussi, comme M. Émile Violeau (Rosny-sous-Bois
– 93), qu’on puisse souhaiter qu’une sourdine soit mise
aux critiques adressées à Jacques Chirac. Parce que ce serait
“ le seul élément capable de s’opposer au rouleau
compresseur socialo-communiste ”…
Notre
ambition est non seulement d’accueillir une diversité de
points de vue sur les problèmes de fond, mais également sur
les questions de stratégie politique. La rédaction des “ 4 Vérités
hebdo ” a une ligne. Cette chronique a pour but de la
souligner. Mais cela ne nous empêche absolument pas
d’entendre des points de vue différents. Et même de leur
donner refuge.
Dans
la guerre civile qui ravage notre pays, et que Jacques Chirac a
personnellement beaucoup contribué à étendre et à accentuer,
il est important, pensons-nous, qu’un sanctuaire demeure
ouvert où des hommes libres, de bonne foi, puissent encore débattre.
Quel que soit leur parti politique, FN, MNR, RPF, UDF, DL,
RPR…, qu’ils en aient un ou non, d’ailleurs, que leurs
propos soient politiquement corrects ou non. Mais à la seule
condition qu’ils se disent eux-mêmes de droite. Et, bien sûr,
qu’ils supportent l’expression de points de vue opposés et
tout autant honorables.
Jospin et
Chirac, quotidiennement, savent bien supporter leurs divergences
! C’est d’ailleurs la seule leçon qu’ils nous donnent !
|