|

Front
politique renversé sur l’immigration !
Jean Rouxel
Ce qui
était prévisible –
et d’ailleurs prévu, par l’écrivain Jean Raspail, il y
a trente ans, dans son roman prémonitoire, “ Le camp des saints
” – c’est-à-dire l’invasion de la France par une horde de
miséreux, venue de l’autre rive de la Méditerranée, vient de se
produire avec le débarquement sur la côte du département du Var
d’un peu plus de 900 kurdes d’origine irakienne.
Bien sûr,
il ne s’agit que d’une nouvelle représailles de la Turquie à
la reconnaissance par la France du génocide arménien. Car un
bateau, même à la limite de l’épave comme l’East-Sea, ne peut
certainement pas embarquer autant de passagers sans éveiller
l’attention des autorités de police locale, d’ailleurs réputée
sourcilleuses. Et on a également noté que l’événement s’est
produit quelques heures après le décollage par hélicoptère, de
l’esplanade des Invalides à Paris, à la fin de sa visite
officielle en France, du président de l’Arménie ex-Soviétique…
Tout
le monde s’accorde à considérer que, dans un premier temps, il
convenait d’accorder un traitement digne et même généreux à
ces malheureux, exploités par de nouveaux négriers des temps
modernes. C’est ensuite que les difficultés et les divergences
commencent.
On
attend toujours que le gouvernement français mette en cause la
responsabilité du gouvernement turc et éventuellement renvoie vers
lui cette troupe indésirable.
Si, au
contraire, on fait le choix d’accueillir chez nous ces
envahisseurs, en leur donnant le statut de réfugiés, on peut le
faire officiellement, ou bien hypocritement, comme cela se passe,
chaque année, pour les cent cinquante mille nouveaux immigrés
clandestins tolérés par l’administration et aidés par toutes
sortes d’associations subventionnées. En quelques mois la
population kurde présente en France, largement manipulée par le
parti communiste kurde, serait passée de quelques milliers de
personnes à quelque 130 000…
Ce
groupe est difficilement assimilable. On peut néanmoins favoriser
soit ses tendances à se maintenir au sein d’une communauté irrédentiste,
ou bien, au contraire, favoriser son intégration, en tout cas celle
de ses éléments les plus jeunes.
Bref,
face à une situation difficile, mettant en cause aussi bien
l’efficacité de la surveillance de nos frontières maritimes, nos
lois sur l’immigration, et le statut des réfugiés, sur les
conditions de leur accueil, sur le devenir de ces immigrés
clandestins qui sont de plus en plus nombreux, différentes
positions politiques, également honorables, sont possibles.
Il
est simplement frappant que ce soit des représentants de la fausse
droite, en tête desquels Philippe Seguin et Patrick Devedjian
(RPR), qui se soient exprimés dans le sens le plus laxiste,
laissant une nouvelle fois aux dirigeants socialistes le monopole du
réalisme…
Nouveaux
impôts : l’embarras du choix !
- Jean-Michel
Pennetier
Il me
semble qu’on est injuste avec l’actuel gouvernement et qu’on
n’apprécie pas à sa juste valeur l’imagination de ses services
fiscaux.
Prenons
par exemple les projets de taxations des supports numériques !
Tout
d’abord, la taxe sur les disques durs risque-t-elle de s’étendre
aux disques mous ?
Ensuite,
ne sont-ce pas tous les supports de mémoire qu’il faudrait taxer
?
Ainsi,
mes enfants apprennent-ils à l’école des chansons qu’ils
retiennent par cœur, ce qui leur permet de les rechanter à la
maison, sans aucune redistribution de droits d’auteur !
Une
taxe sur la mémoire s’impose : des tests seraient réalisés,
dans les écoles pour les enfants, par la médecine du travail pour
les adultes (après création de postes supplémentaires) ; à
l’issue de ces tests, une imposition forfaitaire serait calculée
sur la base de la capacité mémoire constatée des individus.
Mais
pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas aller plus loin
dans cette juste politique égalitaire ? Ne dit-on pas en effet que
“ la mémoire, c’est l’intelligence des imbéciles ” ? Et on
ne taxerait que les idiots ? Au contraire, taxons l’intelligence !
Que
constate-t-on aujourd’hui en effet ? Les enfants les plus
intelligents ont une probabilité plus importante d’obtenir une
bonne situation à l’âge adulte. Bien sûr, l’impôt vient
corriger par des prélèvements confiscatoires cette intolérable
situation. Mais il arrive trop tard, l’inégalité est déjà bien
établie.
Une
taxe sur le QI permettrait une redistribution d’une partie du
revenu des parents d’enfants très intelligents vers les parents
d’enfants moins intelligents.
Grâce
à cet argent, les enfants peu doués pourraient bénéficier d’un
accompagnement personnalisé pendant toute leur scolarité, payé grâce
à l’allocation “ mal comprenant ” (cours particuliers, précepteur,
ordinateur, que sais-je encore).
À
l’inverse, les parents d’enfants intelligents, soumis à une
taxation étudiée, ne pourraient subvenir à la scolarité de
ceux-ci, lesquels se verraient obligés de quitter l’école très
rapidement afin de travailler pour vivre.
Au
final : les enfants peu doués pourraient enfin accéder aux Grandes
Écoles et décrocher des postes bien rémunérés et sans
responsabilité dans la haute administration.
Les
enfants doués abandonneraient la scolarité avant l’entrée en
secondaire et devraient se contenter de travaux manuels d’autant
moins bien payés qu’ils n’y auraient aucune aptitude.
Les inégalités
sociales seraient enfin efficacement combattues.
Bien
entendu, la redistribution de la taxe serait assurée par une
commission paritaire État/syndicats, garante de l’impartialité nécessaire.
D’après
mes calculs, sur 1 000 Euros collectés, on peut espérer que 10,
voire 11 Euros, pourraient être ainsi redistribués, le reste étant
dépensé en frais de gestion, formation des membres de la
commission, séminaires ou voyages d’études et financement
d’associations amies (“ Droit à l’Échec ”, “ Crétins
sans Frontières ”, “ SOS Paresse ”, “ France Stupidité
”).
Puisqu’on
en est au chapitre de la taxation, je dois dire que j’ai été
frappé par la révélation, en écoutant de récents propos du
ministre Christian Pierret sur l’UMTS.
Parlant
du montant exorbitant du prix des licences, le ministre a dit
qu’il était “ hors de question de brader le patrimoine de l’État
” (en vérité, il me semble plutôt qu’on “ bride le
potentiel de la France ”).
On
pourrait chicaner sur cette notion de patrimoine : les ondes ne sont
pas stockées dans une petite boîte rangée dans le coffre-fort de
l’Agence de Régulation des Télécoms, mais produites par l’opérateur
au moyen d’appareils compliqués fonctionnant à l’électricité
; elles n’appartiennent donc pas, à proprement parler, au
patrimoine de l’État.
Laissons
là ces arguties pour nous émerveiller devant le champ ouvert par
un tel principe : on pourrait ainsi taxer les voiliers pour usage du
vent, ou les fabricants de parapluie dont les profits reposent
essentiellement sur les retombées (si j’ose dire) météorologiques
ou les stations de sports d’hiver pour l’usage de la neige !
Plus
fort encore : comment contester le bien-fondé de la taxation des
pentes, dont l’existence est une condition indispensable à la
pratique du ski, et qui appartiennent bien au patrimoine de l’État…
!

La
concurrence fera baisser le prix de la santé
Bernard
Trémeau tremeau.bernard@libertysurf.fr
Les
chiffres publiés le 15 février confirment une fois de plus que le
secteur Assurance Maladie de la Sécurité Sociale est une machine
folle totalement incontrôlable. Les dépenses sont pratiquement
toujours supérieures aux recettes prévues. Depuis sa création en
1945, plus de 18 “ plans de redressement ” des finances de l’Assurance
Maladie ont été mis en place, sans aucun succès. Si ces plans
sont mis en place par nos responsables politiques, c’est que
ceux-ci, reflets de l’opinion publique, jugent à tort ou à
raison qu’il existe un gaspillage insupportable de nos deniers.
Ils accusent d’abord les médecins de faire trop de consultations,
les pharmaciens de vendre trop de médicaments, les hôpitaux
publics ou privés de coûter trop cher, les maisons de retraite
enfin de devenir des gouffres sans fond.
Pour
l’année 2000, le gouvernement avait prévu une augmentation de
2,5 % des dépenses de santé : la progression a été de 5,8 %.
L’augmentation prévue des soins de ville de 2 %, elle a été de
8,1 %. L’augmentation des dépenses dans les hôpitaux publics prévue
de 2,4 %, elle a été de 3,4 %.
Le
système de santé mis en place en 1945 pouvait éventuellement être
adapté à un pays sous-développé sur les plans médical et économique.
Il a d’ailleurs bien fonctionné sur le plan économique dans ses
premières années. Puis la médecine évoluant à pas de géant et
le pays s’enrichissant, les trous de la Sécu se sont aggravés au
fil des ans.
Les
hommes politiques accusent les professions de santé d’être les
responsables d’une “ surconsommation ” médicale. Ils
n’accusent ni les malades qui sont leurs électeurs, ni la Sécu
qui est leur enfant chéri.
En
fait plusieurs raisons expliquent la “ surconsommation ” médicale.
Le
monopole d’État qu’est notre chère Sécu est, comme tous les
monopoles d’État, une cause évidente de surcoût de
fonctionnement. La rigueur de gestion d’un monopole d’État est
toujours bien inférieure à celle d’une entreprise privée exposée
à la concurrence.
Le “
couple pervers médecin-prescripteur et malade-remboursé ” est également
une cause de surcoût. Plus je donne de consultations, pense le médecin,
plus j’augmente mes revenus. Plus je consulte souvent le médecin,
pense le malade, plus j’ai de chance d’être en bonne santé.
Plus je prescris un traitement ou un médicament coûteux, pense le
médecin, plus celui-ci est efficace. Plus mon ordonnance coûte
cher, pense le malade, plus je vais guérir rapidement.
Avec
les remboursements, la consommation quotidienne de santé n’est
plus mise en concurrence avec les autres consommations. Pourquoi
alors se priver d’une consultation ? Les consultations ont augmenté
de 4,4 %. Pourquoi se priver d’un médicament ? La consommation de
médicaments a augmenté de 10,3 % ! Pourquoi se priver d’un arrêt
de travail ? La consommation d’arrêts de travail a augmenté de
7,9 % ! De toute façon, pensent médecins et malades, la Sécu,
notre mère à tous, paye, paye et paye encore
Enfin,
le monopole des hôpitaux publics est la plus grande cause de surcoût.
Nous avons par exemple deux fois trop de lits chirurgicaux dans
l’ensemble de la France, alors que nous en manquons dans certaines
villes : un maire, responsable de “ son ” hôpital prend un
risque politique majeur s’il décide de le saborder en partie ou
en totalité… Un gouvernement dit qu’il va s’attaquer au problème,
mais se trouve immédiatement en opposition avec les pouvoirs
politiques locaux. Ses paroles ne peuvent pas se transformer en
actes. La Sécu, notre mère à tous, paye, paye et paye encore.
La
médecine et le Pays ont beaucoup évolué en 50 ans. Les structures
mises en place en 1945 ne sont plus du tout adaptées à une économie
moderne. On ne peut pas les conserver et lutter contre leurs effets
pervers. Il faut les remplacer par des structures adaptées à la
société actuelle, en rétablissant partout la saine concurrence
Proposition
parlementaires
Propositions
parlementaires
v
Nicolas About, 52 ans, sénateur indépendant des Yvelines, propose
d’autoriser l’exploitation des machines à sous et des appareils
automatiques de jeux de hasard dans des débits de boissons,
moyennant l’agrément préalable de l’administration (Il y
aurait en France quelque 6 000 machines à sous illégales. Il y en
a 227 000 en Allemagne, 215 000 en Grande-Bretagne et 252 000 en
Espagne, mais là-bas elles sont légales.)
v
Roselyne Bachelot-Narquin, 54 ans, député RPR de Maine-et-Loire,
propose la suppression des dispositions législatives relatives au
remembrement rural.
v
Christian Estrosi, 44 ans, député RPR de Nice, propose que la loi
de 1999, relative aux animaux dangereux, soit renforcée et que les
chiens concernés soient capturés et supprimés dans un délai de
six mois.
v
Nicolas Forissier, 40 ans, député DL de l’Indre, propose de
fixer à quarante jours, à compter de la date fixée par les
contrats, le délai maximal pour le paiement des marchés publics.
v
Bernard Fournier, 54 ans, sénateur RPR de la Loire, propose de
porter de 10 à 30 ans le délai de la prescription de l’action
publique en matière de crime.
v
André Gérin, 54 ans, député communiste du Rhône, propose la création d’une commission d’enquête qui déterminerait
les besoins nécessaires au ministère de la Justice et à la police
afin de traiter et de faire aboutir rapidement toutes les affaires
ayant un rapport proche ou lointain avec le financement des partis
politiques…
v
Pierre Hellier, 58 ans, député DL de la Sarthe, propose de rétablir
le diplôme d’études spécialisées de gynécologie médicale qui
a été supprimé en 1984.
v
Michel Inchauspé, 74 ans, député RPR des Pyrénées Atlantiques,
propose d’étendre aux départements le droit de procéder sur
certains sujets à des consultations populaires dont disposent déjà
les communes.
v
François de Panafieu, 52 ans, député RPR de Paris, propose la création
d’une commission d’enquête parlementaire sur le développement
et l’organisation de la prostitution en France.
v
Rudy Salles, 46 ans, député UDF des Alpes-Maritimes, propose une
loi visant à obliger les services publics de distribution d’eau
à saisir le juge des référés avant de procéder à une coupure
d’eau d’un immeuble dont la facture de consommation est restée
impayée.
v
Alain Tourret, 53 ans,député Divers gauche du Calvados, propose de
porter à vingt ans la prescription de l’action publique en matière
de crime, à compter du jour où le crime a été commis, si, dans
cet intervalle, il n’a été fait aucun acte d’instruction ou de
poursuite.
Insécurité
: les politiciens sont responsables !
Michel
du Val
Il
y a encore, dans notre pays, des lieux de vie calmes et tranquilles
où il fait bon vivre.
Mais
il y a aussi dans notre pays d’autres lieux de vie — où les
enfants se font racketter à l’école, où les professeurs sont
agressés, où les étudiantes sont violées sur les campus — où
les braves gens n’osent plus quitter leur domicile ou sortir de
chez eux le soir, se rendre à la banque ou au distributeur de
billets parce que les vols de tous ordres s’exercent au quotidien
— où il faut voyager en voiture portes verrouillées pour éviter
(sans toujours y parvenir) de se faire dépouiller aux feux rouge
— où, dans les zones dites “ difficiles ”, nos policiers,
pompiers et médecins se font agresser sans retenue et sans raison,
où des membres du corps médical se font injurier et brutaliser
dans les locaux de soins — où des véhicules sont, chaque jour,
volés et détruits par dizaines — où des immeubles et des équipements
de la collectivité sont vandalisés ou incendiés quotidiennement
— où les conducteurs de transports publics subissent injures et
coups — où il se pratique des assassinats “ gratuits ” de
policiers et/ou de gendarmes — où la drogue et les armes
circulent avec une facilité déconcertante, pratiquement à découvert
lorsque la police est absente — des lieux de vie où la loi est
celle des délinquants et des criminels — des lieux de vie où la
majorité des citoyens est l’objet d’un véritable terrorisme
exercé par des minorités toujours plus provocatrices qui agissent
dans une impunité sidérante.
Dans
ces lieux de vie là, il faisait également bon vivre avant qu’on
laisse se développer une anarchie destructrice qui défie toutes
les lois de la République.
Si
nous en sommes là, c’est parce que des hommes et des femmes de
pouvoir, généralement nos élus, n’ont pas su prendre les
initiatives nécessaires en temps utile. Ils ne peuvent en aucun cas
s’exonérer de leurs responsabilités dans ces dérives car il
leur appartenait précisément de faire en sorte qu’elles ne se
produisent pas… Il leur appartient maintenant d’y remédier, par
une application rigoureuse de nos lois et, si elles n’y suffisent
pas, de les adapter pour ce faire. Ils nous doivent la bonne gestion
du pays car ils ont prétendu la connaître et nous les payons pour
cela.
Nous
n’acceptons pas le trop facile principe de l’inévitable au prétexte
d’une commisération sans limites. Les délinquances et criminalités
actuelles ne peuvent pas être traitées par des paroles ou des
mesures qui font sourire leurs auteurs. Elles appellent des actes
forts et la mise en œuvre de sanctions justement proportionnées à
la dimension des crimes et des délits pour enfin dissuader la récidive.
Lorsqu’il
s’agit de mineurs, la responsabilité des parents doit être engagée
sur tous les plans légaux en ayant recours au besoin à des mesures
d’exception. La collectivité n’a pas à supporter le répréhensible
manquement au devoir d’éducation parentale. Parallèlement, il
est indispensable que l’Éducation Nationale reprenne dans ses
programmes les valeurs morales élémentaires et de solides notions
d’instruction civique pour une jeunesse qui semble maintenant
complètement manquer de repères au nom de la méthode interdisant
d’interdire. Il convient sans doute d’ajouter à cela la
recherche de solutions réalistes pour des mineurs multirécidivistes,
trop éloignés des règles sociales, qui pratiquent la délinquance
comme on pratique un sport, les visites au commissariat ou chez le
juge ne constituant que des arrêts de jeu.
Il
reste que la dimension du problème à traiter est mal connue, parce
que la statistique est inexacte, parce que les victimes ne croient même
plus à l’efficacité de la plainte ou que les déclarations de
“ main-courante ” ne sont pas prises en compte…
Il
reste aussi les vies détruites, les familles endeuillées, les vies
“ cassées ”, la qualité de vie de toute une partie de la
population dégradée, des professionnels qui ne peuvent plus
pratiquer leurs activités…
Il
reste encore que ce qui se produit dans certaines zones de vie de
notre pays constitue de multiples et graves manquements à la
Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des
Libertés Fondamentales, en matière de droits à la liberté, à la
sûreté, à la bonne administration de la justice, au respect des
personnes et des biens… et relève de la Cour Européenne des
Droits de l’Homme.

La
terre se réchauffe, disent-ils…
- Guy Millière
- Page Guy Millière
L’hiver
doux qu’a connu la France, les inondations en Bretagne et les
souvenirs de la tempête survenue voici un peu plus d’un an à
peine ont été autant d’incitations pour divers grands magazines
à titrer sur le changement climatique planétaire et sur les
lourdes responsabilités de l’homme dans celui-ci. La terre se réchauffe,
ont-ils écrit. Il faut intervenir avant qu’il soit trop tard. Et
dans peu d’années il sera trop tard. La destruction sera trop
avancée. La solution s’impose : réguler et limiter les activités
les plus polluantes…
Faute
d’informations correctes, nombre de gens de bonne foi pourraient
être enclins à se rallier aux idées et préjugés reçus.
J’entends ici montrer que ce ralliement serait une grave erreur et
que s’il est un domaine aujourd’hui où la bonne foi est abusée,
c’est bien celui du climat et du réchauffement.
Nul
n’a dit au cours des dernières semaines que les scientifiques qui
ont les premiers parlé d’un réchauffement dû aux activités
humaines (en particulier James Hansen qui a rédigé, voici une
dizaine d’années, le premier rapport détaillé sur le sujet) ont
profondément modifié leur discours au cours de l’année 2000, en
fonction précisément des découvertes qu’ils ont effectuées, et
nul n’a dit donc que leur piste d’analyse les conduit désormais
à ne plus du tout incriminer le CO2, mais bien plutôt, entre
autres, le carbone noir et le méthane. Il est vrai que le CO2 est
produit par les moteurs à explosion et les activités
industrielles, alors que le carbone noir est produit aujourd’hui
essentiellement par les brûlis utilisés pour préparer des terres
aux cultures dans de nombreux pays sous-développés et que le méthane
résulte pour une bonne part de la digestion animale. Aurait-on idée
d’attribuer la production de gaz délétères et destructeurs à
la nature et au sous-développement ? Allons…
Nul
n’a dit non plus que ces mêmes scientifiques, tout en soulignant
que le climat change, considèrent que ce changement est
essentiellement dû à des causes naturelles, et que nul ne peut prévoir
concrètement les conséquences qu’il aura. Nulle référence,
d’une même façon, n’a été donnée concernant le fait que les
modèles mathématiques utilisés pour évaluer ces conséquences ne
cessent d’être modifiés par leurs concepteurs eux-mêmes, ou
concernant le fait que les deux modèles les plus largement pris
comme référence, celui du Canadian Climate Center et celui du
Hadley Center for Climate Research en Grande-Bretagne, aboutissent régulièrement
à des résultats opposés et incompatibles.
Ce que
l’on pourrait dire de plus sage et de plus humble, concernant l’évolution
en cours, est qu’elle ne doit que peu à l’action des hommes et
montre plutôt que la nature est souvent plus puissante que les décisions
et les actes humains, que dans ces conditions, ce que montre
l’histoire des civilisations est que plus on parvient à un degré
élevé dans l’élaboration technologique, plus on peut se donner
les moyens de résister à des circonstances changeantes, et que le
commencement de la sagesse est parfois de dire que l’on sait
lorsque l’on sait et que l’on ne sait pas lorsqu’on ne sait
pas.
L’écologisme
contemporain a oublié la sagesse et l’humilité. Sous prétexte
de rappeler de supposées lois de la nature qu’ils ne connaissent
pas, les écologistes font preuve d’une immense vanité, d’une
immense présomption et finalement d’une immense défiance par
rapport à ce que l’être humain peut faire et décider. Ils sont
les charlatans les plus dangereux de l’ère moderne et tentent de
conduire l’humanité vers des gaspillages graves. Comme l’a noté
Julian Simon, l’être humain, dans le contexte de l’Occident démocratique,
n’a jamais été assez fou ou assez déraisonnable pour créer les
catastrophes que les écologistes lui prêtent.
Alors
que, de par le monde, le drame est l’existence de poches vastes de
pénurie et l’insuffisante diffusion des moyens de souveraineté,
les écologistes incitent à un retour généralisé à la pénurie
et à une destruction des moyens de souveraineté. Qu’ils détestent
l’être humain et les moyens de souveraineté les regarde,
qu’ils entendent voir revenir la pénurie nous concerne. S’ils
considèrent vraiment l’espèce humaine comme polluante, qu’ils
donnent l’exemple et s’arrêtent définitivement de respirer :
toute personne qui respire inhale de l’oxygène et rejette du gaz
carbonique, donc dans les termes écologistes du débat, respirer
pollue…
Les
dispositifs opérationnels qui se mettront en mouvement pour l’élection
présidentielle de l’année prochaine sont déjà en place. Les
seules surprises à attendre proviendront de ceux qui, in extremis,
renonceront à la compétition.
Ce
sera, personne n’en doute, un nouvel affrontement entre Jacques
Chirac et Lionel Jospin. Tous les autres candidats seront dans une
autre catégorie, même si leurs scores au premier tour, en
particulier celui de Jean-Marie le Pen, et peut-être, mais c’est
moins sûr, celui de Charles Pasqua, sont susceptibles de jouer un rôle
essentiel pour l’issue du deuxième tour.
Cela
ne veut pas dire, et de loin, que nous pensons que l’élection présidentielle,
comme une sorte de baguette magique, est susceptible d’apporter
une solution aux principaux problèmes de la société française.
Un candidat qui n’a pas fait campagne sur les réformes à mettre
en œuvre après son élection n’a aucune chance, en effet, de
disposer de la légitimité nécessaire, quand bien même
voudrait-il s’y coltiner.
Pour
que la France demain réforme les modalités de fonctionnement de
son système de santé (voir la chronique de Bernard Trémeau, p.
3), s’organise pour assurer la sécurité de tous ses citoyens, à
laquelle ils ont droit (l’article de Michel du Val, p. 6), pour
remettre d’aplomb le financement des retraites, réduire les dépenses
publiques, faire rentrer dans le droit commun les privilégiés de
la fonction publique… encore faut-il que la campagne électorale
présidentielle porte elle-même sur ces thèmes et que le nouveau
président dispose d’un quasi-mandat pour traiter ces questions.
Et,
bien sûr, la majorité n’a pas toujours raison. D’abord, la
majorité ne peut avoir raison contre le droit, qui est supérieur
à toute majorité démocratique, en tout cas quand il s’agit du
droit naturel des individus à être, autant qu’ils le peuvent,
comme ils le doivent, leur propre souverain. Même plébiscitée,
une dictature totalitaire est illégale, peut-être pas du point de
vue constitutionnel, mais du point de vue des droits de l’homme
les plus élémentaires.
Rassembler
au-delà du clivage-Chirac
En
outre, dans nos États modernes, toutes les décisions – et
c’est sans doute heureux – ne relèvent pas du seul pouvoir
politique. Car les individus ne sont pas représentés seulement par
les députés et autres politiciens, ils le sont aussi par des
institutions, des associations et même par des groupes de pression.
Et c’est cela qui fait que des options minoritaires sont néanmoins
en vigueur. Tout le pouvoir n’est pas au fond des urnes. Les
exemples abondent : la peine de mort, l’avortement,
l’immigration, la sécurité…
Revenons,
après ces digressions, à l’élection présidentielle de 2002.
Chez nos lecteurs, à en juger par le courrier que nous recevons, le
grand débat, qui monte, qui monte… porte sur le point de savoir
s’il faudra voter pour Jacques Chirac au premier tour, au deuxième
tour, ou pas du tout. Patrick Nodé-Langlois (qui a fait partie du
conseil de gouvernance de la Droite de Charles Millon) parle de “
la tendance au suicide des électeurs de droite : plutôt Jospin que
Chirac ; on purgera ainsi la droite… ”. Beaucoup de lettres dans
ce sens. Ou dans un sens très voisin. Robert Pellereï (voir aussi
p. 5) : “ Quel homme politique à droite, actuellement au RPR, à
l’UDF, à DL, au RPF, au MPF, au FN ou au MNR, serait capable de
battre Jospin ? Je n’en vois pas, et c’est cela qui m’attriste
”. Mais également beaucoup d’autres lettres diamétralement
opposées à cette sensibilité : “ Tout sauf Chirac ”. Ou bien
: “ Tout sauf Chirac ou Jospin ”…
Le
moment venu, quand il sera établi, nous vous dirons notre choix
personnel. Comme nous l’avons toujours fait dans ces colonnes. Car
nous prenons parti, quelle que soit la difficulté du choix. Mais
nous prenons un autre engagement qui, je crois, est autrement plus
significatif de notre spécificité et de notre ligne éditoriale :
nous continuerons à donner la parole aux uns et aux autres. En
particulier à ceux qui seront “ avec ” ou “ contre ”
Chirac. Puisque telle sera bientôt, à droite, la principale
question…
|