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Fièvre
aphteuse : et pourquoi ne pas essayer la liberté vaccinale ?
Jean Rouxel
Aujourd’hui,
tout le monde a donc compris que la fièvre aphteuse est une maladie
très contagieuse, connue depuis longtemps, dont les ravages peuvent
êtres importants chez certaines catégories d’animaux et qui ne
présente à peu près aucun danger pour l’homme.
Si
aucune mesure d’abattage systématique et préventif n’était
prise, sans doute la maladie se propagerait-elle à la terre entière
et sans doute en résulterait-il la disparition du quart ou du
cinquième des troupeaux mondiaux. Mais pas plus. C’est la
conclusion qui se dégage des divers propos tenus aussi bien par les
spécialistes que par les autorités publiques.
À
partir de là, plusieurs réflexions sont possibles. Tout d’abord,
bien sûr, on prend la mesure du mouvement de mondialisation qui
s’est développé au cours des dix dernières années. Lors de la
précédente épidémie, des régions, tout au plus, étaient
concernées. Aujourd’hui, à partir d’un foyer détecté dans la
campagne anglaise, c’est la planète toute entière qui est en état
d’alerte. La globalisation de l’économie et des échanges
comporte beaucoup d’avantages, mais également de grands
risques…
On
saura bientôt si les mesures radicales d’abattage qui portent déjà
sur des centaines de milliers de têtes auront été efficaces. Pour
l’instant, il est simplement permis d’en douter…
L’une
des questions de plus en plus soulevée porte sur la vaccination des
animaux. D’une part, celle-ci coûte cher, à 10 F par tête et
par an : est-ce plus ou moins cher que le gâchis actuel. Et surtout
elle serait susceptible de faire se lever des barrières douanières
entre pays qui acceptent ou qui pratiquent ladite vaccination et
ceux qui la refusent. On a compris que c’est principalement pour
faciliter le commerce international de la viande qu’on a renoncé
à vacciner vaches, veaux et cochons.
Mais on ne voit pas l’inconvénient qu’il y
aurait à laisser libres les éleveurs de vacciner ou non leur bétail.
Sans doute, les consommateurs de viande devraient-ils en être
informés. Et il est probable que les animaux vaccinés ne
pourraient pas être vendus en dehors de la zone de production, de
la région ou du pays concerné. Et alors ? De toute façon, il est
probable que cette crise marquera un tournant dans les habitudes
alimentaires des Français, qui ont maintenant de bonnes raisons de
s’approvisionner auprès de fournisseurs dont ils peuvent vérifier
les références.
Vaches
folles et fièvre aphteuse
- Bernard Trémeau
Tout un
curieux courant de pensée condamne actuellement « l’agriculture
intensive » et la rend responsable des maladies ou de la malbouffe
dont nous serions les victimes, et prône le retour à
l’agriculture artisanale du bon vieux temps. On se croirait revenu
en 1940 avec le « retour à la terre », solution miracle déjà
proposée par la révolution nationale de l’époque. Il faut impérativement
remettre les pendules à l’heure.
1) La
fabrication industrielle de nourriture pour les animaux à partir de
déchets animaux permet d’éliminer sans coût ces quantités
fantastiques de déchets. Ou nous trouvons des moyens de traiter ces
déchets pour les rendre totalement stériles et non dangereux : on
continue alors à les utiliser pour nourrir les animaux et le prix
de la viande sera d’autant plus faible. Ou nous ne trouvons pas le
moyen de les stériliser : nous payerons alors le prix fort pour les
détruire.
2) La
fièvre aphteuse est une maladie contagieuse. Depuis des siècles,
des épidémies de fièvre aphteuses déciment régulièrement le
cheptel. Tant qu’on se déplaçait à pied et qu’on n’avait
que quelques vaches dans une étable, la diffusion des maladies était
très lente. Maintenant qu’on transporte des milliers de moutons
en 24 heures d’Angleterre en Espagne, la diffusion de la maladie
est explosive. En une nuit, toute l’Europe peut être atteinte.
Des mesures sanitaires tenant compte de ces réalités doivent être
prises.
3)
Proposer comme remède à ces maux le retour à une agriculture
artisanale est une vision totalement utopique et très dangereuse,
comme toutes les utopies.
Voici
à titre d’exemple concret l’évolution parfaitement chiffrée
depuis 1954, d’une entreprise agricole française de 240 hectares,
passée en 40 ans de l’agriculture artisanale à l’horrible «
agriculture intensive ».
En
1954, cette entreprise comptait 9 salariés permanents et 5
saisonniers. Ils arrivaient tôt le matin, à pied ou à bicyclette,
travaillaient 6 jours sur 7, et cassaient rapidement la croûte sur
le terrain à 9 heures, puis à midi. Ces hommes utilisaient encore
9 chevaux et déjà trois petits tracteurs. Ils désherbaient et
arrachaient à la main les betteraves. Les femmes et les enfants récoltaient
à la main les pommes de terre. On comptait un homme pour 20
hectares et un hectare donnait 36 quintaux de blé.
Les
rendements ont
triplé !
En 1964
les chevaux ont disparu. Il reste encore 8 salariés permanents.
Chacun a son tracteur. Un homme exploite 25 hectares et un hectare
produit 40 quintaux de blé.
En 1974
il ne reste que 4 salariés permanents, qui disposent d’un matériel
de plus en plus puissant, spécialisé et performant. Un homme
cultive 50 hectares qui rapportent chacun 48 quintaux de blé. La génétique,
les engrais spécialisés et les pesticides entrent alors en scène
et les rendements croissent bien plus rapidement.
En 1984
il ne reste plus que deux salariés sur l’exploitation, disposant
d’engins de plus en plus sophistiqués. Un homme gère 120
hectares et un hectare fournit 80 quintaux de blé.
En 1994
enfin, un seul salarié travaille sur l’exploitation. Il pilote
ses engins assis dans une cabine climatisée. Il vient avec sa
voiture à son travail et gère avec son patron les 240 hectares qui
rapportent plus de 100 quintaux à l’hectare.
De 1970 à 1974 le blé est devenu 3 fois moins cher
et la betterave plus de 2 fois moins. Les augmentations de rendement
n’arrivent pas à compenser les baisses des prix. Un fantastique
effort de gestion a fait baisser en 10 ans les charges de 50 %. Le
nombre des engins, la consommation des pesticides et l’utilisation
des engrais ont fortement été réduits, tout en augmentant les
rendements. Ce sont finalement les consommateurs qui sont les grands
bénéficiaires de cette « agriculture intensive ».
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Kurdes
80
% des Français sont d’accord pour accueillir des Kurdes
(plusieurs sondages). Je n ‘ai pas de chance : je ne vois
que des gens faisant partie des 20 % hostiles !
Robert
Duhaubois, Valenciennes
(59) |

La
pédophilie : nouvelle frontière du conformisme bourgeois!
Florence
Cersot
Dès
1867, Marx avait bien décrit, dans « le Capital », la société
bourgeoise répressive s’accrochant au pouvoir pour exploiter à
son profit la masse des prolétaires.
Dès
1920, Sigmund Freud avait commencé à démontrer que les désirs
sexuels refoulés étaient source de comportements névrotiques
destructeurs.
Malgré
ces deux savantes analyses, la société française vivait encore en
1968 sous une chape de plomb morale devenue totalement insupportable
à l’ensemble de la population: la publicité pour la
contraception était interdite, l’adultère et l’avortement étaient
considérés comme des péchés et des délits, les comportements
homophiles, pédophiles ou zoophiles étaient classés comme des déviations
anormales et pathologiques du comportement sexuel.
En
1968, Dany-le-Rouge est arrivé sur les barricades, ayant pour
seules armes un haut-parleur en main et des caméras de télévisions
derrière lui. En bon acteur, et bon lecteur de Marx, il s’est
d’abord attaqué à l’ordre bourgeois exploitant le prolétariat.
Il a interdit d’interdire et traité les CRS de SS. En bon lecteur
de Freud, il a ridiculisé la morale bourgeoise. Il s’est fait le
chantre d’une société totalement libre, composée d’hommes et
de femmes sans complexes de refoulement. Société où nos tendances
hétérophiles, homophiles, pédophiles ou zoophiles pourraient s’épanouir
en pleine harmonie, à la moindre pulsion, et à la joie de tous.
Nos
penseurs et nos philosophes engagés ont bien sûr suivi et démontré
avec grand sérieux le fantastique progrès que faisait notre société
en suivant Dany-le-Rouge. Quand, en 1975, Dany-le-Rouge détaille
dans « le Grand Bazar » ses gentils ébats sexuels avec les
enfants dont il était l’éducateur, personne ne semble s’être
scandalisé. La pédophilie était encore considérée comme une
avancée de notre société vers une plus grande liberté, donc
comme un progrès…
Quand
en 1977, une pétition circule pour demander la clémence en faveur
d’un pédophile soumis aux trop fortes rigueurs de la justice
bourgeoise, elle recueille la signature d’André Gluksmann ou de
Jean-Paul Sartre, de Jack Lang ou de Bernard Kouchner .
En
2001, le monde a changé .
La
pilule est arrivée et 90 % des femmes françaises l’utilisent.
L’avortement est devenu légal et 200 000 Françaises y ont
recours tous les ans.
Les
comportements zoophiles n’intéressent toujours personne.
Les
comportements homophiles sont très stables au fil des sondages.
D’après toutes les études médicales de comportements sexuels,
ils touchent environ 3 % de la population. Ils sont officiellement
reconnus. Les homosexuels vivant en couple ont les mêmes avantages
fiscaux que les hétérosexuels.
Par
contre, pour la pédophilie, la situation est toute autre. On est
loin de la tolérance complaisante des années 1970. Elle est
aujourd’hui condamnée avec rigueur par tous, sans la moindre
exception, et sa répression légale s’est fortement renforcée.
Dany-le-Rouge est devenu député européen et il regrette
aujourd’hui ses écrits. Jack Lang est devenu ministre de l’Éducation
Nationale et Bernard Kouchner, ministre de la Santé. Il est
probable qu’ils ne signeront plus de pétition en faveur d’un pédophile,
même si la justice le maintient longtemps en prison préventive.
L’adultère
semble entré dans les mœurs et une majorité d’adultes adhère
à cette nouvelle liberté conquise. Aujourd’hui le divorce
atteint 50 % de la population. Nombre de familles biologiques sont détruites.
Si les parents ne sont plus sexuellement refoulés, les enfants sont
psychiquement désorientés, souffrent et sont de plus en plus délinquants.
Quand on les interroge, ils citent, massivement, la famille comme le
bien le plus précieux.
Un
autre changement est-il prévisible?
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Réarmement
Les
dépenses militaires des États-Unis demeurent, et de loin,
les plus importantes du monde : 237 milliards de
dollars ans, soit 3,2 % de leur produit intérieur brut. Mais,
en deuxième position, arrive maintenant la Chine, avec 47
milliards de dollars dépensés l’année dernière (+ 12,7 %
d’une année sur l’autre) et 5,3 % de son produit intérieur
brut. Loin devant le Japon, la France, la Russie (5e puissance
militaire, sur ce critère), suivie de la Corée du Sud et de
l’Inde.
Cela
explique que l’équipe de George W. Bush ait la Chine dans
son colimateur…
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Réponse
de Guy Millière au Docteur Costagliolasur
le réchauffement global
S’il
est des centaines de thèmes qu’on ne peut aborder de manière
lucide dans l’essentiel de la presse française actuelle, il en
est deux ou trois qui suscitent, même dans les Quatre Vérités,
des réactions très prévisibles et très conformistes.
L’environnement fait partie de ces thèmes. Et je m’attendais à
une ou plusieurs lettres du type de celle de Jacques Costagliola.
Tout en
me réservant la possibilité de revenir sur ces sujets, je tenterai néanmoins de répondre, aussi
brièvement que possible:
1.
J’ai beau relire mon article, je n’y vois aucune incitation à
amplifier la pollution. Je dis par contre,
que la pollution zéro n’est compatible qu’avec la
disparition du vivant. Je dis que le progrès technique entraine une
pollution toujours moindre, une préoccupation toujours plus forte
pour la nature et la qualité de la vie. Et j’ajoute que le
discours de l’écologisme ambiant est essentiellement un
anti-humanisme, un néo-malthusianisme et une roue de secours pour
le socialo-communisme totalitaire. On accusait autrefois les
industriels d’exploiter les ouvriers, on les accuse aujourd’hui
d’exploiter la nature. C’est plus commode.
2. Que
l’on se pose des questions de manière rigoureuse et, scientifique
sur certains sujets, dont
l’environnement, est légitime. Que l’on crée des phobies et
que l’on pare d’atours scientifiques des discours qui relèvent
du charlatanisme me parait dangereux. Quand, au nom de phobies et
charlatanisme, on prétend imposer une forme de dirigisme étatiste
planétaire, je m’insurge, et je dis qu’il serait triste que le
totalitarisme en reflux depuis la chute de l’Urss revienne sous la
forme d’une dictature onusienne soviétiforme censée sauver la
terre.
3. Les
lectures du Dr Costagliola me paraissent très biaisées. Je ne réponds
effectivement pas à Michel Serres qui est non un scientifique, mais
un philosophe dont les orientations socialistes ne font pas de
doute. Gilles-Éric Seralini travaille dans la mouvance de Michel
Serres et ne me parait pas plus sérieux que son maître à penser.
Les livres de Jean-Marie Pelt me semblent plus riches d’intuitions
que de démonstrations, pour reprendre la formule charitable d’un
scientifique au moment de la parution de L’homme re-naturé.
Claude Allègre, enfin, est quelqu’un dont la spécialité n’est
pas l’environnement, mais la physique et la géologie. Et je ne
suis pas certain qu’il soit moins socialiste et moins étatiste
que Serres, Pelt ou Séralini. Les trois auteurs américains cités,
Theo Colborn, Dianne
Dumanovski et John Peterson Myers sont tous trois collaborateurs de
Al Gore et ont publié avec lui en 97 un ouvrage, Our Stolen Future,
qui est aussi scrupuleux que les écrits signés d’Al Gore seul en
matière d’environnement (Earth in the Balance, 1993). Le Dr
Costagliola devrait à mes yeux étoffer sa bibliothèque. Il existe
d’excellents livres qui permettent de s’instruire sur les
questions d’environnement, et il n’est jamais trop tard pour
s’instruire. Je conseillerai donc ici les livres suivants : Earth
Report 2000, publié sous la direction de Ronald Bailey par le
Competitive Enterprise Institute ; Ecoscam: The False Prophets of
Ecological Apocalypse, du même Ronald Bailey ; Hot Talk, Cold
Science, Global Warming’s Unfinished Debate, de S. Fred Singer ;
ou Trashing the Planet : How Science Can Help Us Deal With Acid Rain,
Depletion of the Ozone and Nuclear Waste, de Dixie Lee Ray et Lou
Guzzo.
3. Je
ne dis rien sur les chiffres apocalyptiques selon lesquels le tiers
des espèces vivantes devrait disparaître d’ici cinquante ans,
sur les affirmations concernant le volume des déchets humains, sur
la non-régulation de la démographie, tout ce qui est à dire sur
ces sujets est dit dans les livres que je conseille plus haut et ne
mérite pas un mot de plus....
4. Ceux
qui, obstinément voudraient ne pas s’informer ou lire de façon sérieuse
et qui voudraient néanmoins se faire peur peuvent lire les œuvres
complètes de Stephen King qui, dans le domaine de l’horreur,
écrit mieux que J.M.Pelt ou Al Gore, et qui lui, au moins,
fait de la fiction et n’essaie pas d’imposer ses idées aux
autres sur un mode idéologique.
L’Évangile
ne prône pas l’immigration !
Pierre
Lassieur*
Nos
déboires sont dus en partie à une confusion dans les esprits entre
l’immigration, problème politique, et les immigrés, personnes
humaines considérées en elles-mêmes. Or, le refus de la
souffrance est particulièrement fort à notre époque. Non
seulement les gens s’apitoient volontiers sur leur propre sort, le
jugeant en général moins bon qu’il ne devrait être, mais ils
s’apitoient aussi sur le sort d’autrui, surtout quand cet autrui
leur est montré avec la puissance des images de la télévision.
L’exemple vient d’en être donné une nouvelle fois avec l’échouage
des Kurdes.
Certes
la morale naturelle et, pour nombre d’entre nous, la morale chrétienne,
nous imposent, selon les cas, la compassion ou à tout le moins, la
courtoisie à l’égard de notre prochain, quel qu’il soit. En
voici un exemple amusant : un de mes amis rentrait chez lui en
voiture et allait monter sur le trottoir pour franchir la porte cochère.
Il aperçoit alors, à pied, un Noir, corpulent quinquagénaire, vêtu
d’une veste bleu marine et coiffé d’une superbe casquette
blanche d’amiral, qui s’arrête pour laisser passer la voiture.
Cependant, le piéton a la priorité. La voiture s’arrête donc
aussi. Le visage du Noir s’éclaire. Il se remet en marche et, ne
sachant comment remercier, envoie de la main un baiser à
l’automobiliste. C’est touchant, c’est émouvant. C’est le
genre de relations que nous devrions toujours avoir de personne à
personne.
Une
déviation commence à se manifester quand ce sont les représentants
d’une institution qui s’expriment et agissent selon les mêmes
principes. Par exemple, les évêques récemment, encore à propos
des Kurdes : « Cet accueil de l’étranger, nous le devons à
l’homme, en qui les chrétiens voient le Christ souffrant ». Or,
une institution doit penser à sa propre pérennité. Que deviendra
le catholicisme en France, le jour où les évêques auront contribué
à y fixer tant de Kurdes, de Turcs et d’Africains que l’Islam
sera la première religion en France ?
Il
ne s’agit donc plus d’une relation de personne à personne, mais
d’un organisme collectif, l’Église, qui se conduit avec la
sentimentalité d’un individu. Égarés par une interprétation
sans doute erronée des Évangiles, les évêques ne semblent pas
comprendre que « l’étranger » dont ils parlent n’est pas un
mais une myriade et qu’on ne peut pas adopter la même attitude
envers celle-ci qu’envers un individu isolé.
De
même, notre gouvernement, confondant le respect dû aux
particuliers avec l’acceptation de l’immigration-invasion,
verse-t-il des torrents de larmes sur des centaines de milliers de
clandestins sans se soucier apparemment du destin de la France ni du
sort des Français. Or, on ne gouverne pas en larmoyant, mais en
appliquant la raison d’État, notion devenue aujourd’hui complètement
obsolète. Si les personnes doivent respecter les personnes, les
hommes d’État ne doivent servir que le pays qu’ils ont
l’honneur de gouverner. Toutefois, peut-être le larmoiement de
nos dirigeants est-il feint, est-il destiné à dissimuler aux Français
que le but n’est pas de les défendre, mais de les enfoncer en
tant que peuple dans la mondialisation et le métissage. C’est
pourquoi, il faut que nos concitoyens larmoient en pensant avec
attendrissement aux 150 000 étrangers environ qui, chaque année,
les envahissent.
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Talibans
Quand,
dans le magnifique portail d’une église romane, vous voyez
aujourd’hui des statues décapitées, n’oubliez jamais
qu’en 1792 nos gentils révolutionnaires, au nom de la
Liberté, ont obligé tout le pays à briser toutes les
statues de pierre et à brûler toutes les statues de bois de
leurs églises. Le fanatisme est autant laïque que religieux |
Vilain
tabac
Une
statistique passionnante vient de sortir. Quand les parents
d’un adolescent, après avoir bien expliqué à leur enfant
les dangers du tabac, les laissent libres de prendre leur décision,
90 % des enfants fument. Mais quand les parents leur
interdisent de fumer, seulement 10 % des enfants se mettent à
fumer. Un moyen simple et peu coûteux de supprimer plus de 50
000 cancers du poumon tous les ans. |

George
W. Bush : des débuts très prometteurs
- Guy Millière
- Page Guy Millière
Avez-vous
remarqué ? Jusqu’à ce que George Walker Bush prenne ses
fonctions et devienne le quarante-troisième président des États-Unis,
les médias français ont parlé de lui. Abondamment… Pour dire
que son élection était illégitime et qu’il avait remporté
moins de voix que son adversaire (comment ! les États-Unis prétendent
être une république, pas une démocratie plébiscitaire ! quel
ramassis de tarés !). Pour dire que si Gore était brillant, si
brillant, Bush, lui, était à la limite de la débilité mentale ou
du mongolisme. Pour ajouter, bien sûr, que Bush était un boucher
et un barbare ignoble faisant pratiquer inflexiblement la peine de
mort sans laisser aux assassins une chance, aussi mince soit-elle,
de recommencer. Quelle horreur, non ? Tout bon socialiste vous le
dira : un meurtrier vivant est quelqu’un qui peut être libéré
un jour ou l’autre, et qui, vu ses penchants, a de bonnes chances
de voter à gauche ; une victime de meurtre par contre est définitivement
perdue électoralement parlant…
Depuis
le 20 janvier : plus rien ou presque. Il y a une raison à cela :
Bush n’est pas seulement un politicien qui s’est présenté avec
un programme de droite, ce qui est très grave en soi. Il est aussi
un politicien qui entend (quelle impudence ! quelle ignoble stupidité
!) appliquer le programme pour lequel il a été élu.
Sachez
donc, puisque vous avez peu de chances de l’apprendre ailleurs
qu’en ces pages, que Bush a composé un gouvernement remarquable
par sa cohérence et sa compétence où se rencontrent les meilleurs
spécialistes américains des affaires étrangères et de la géopolitique,
des hommes d’affaires qui ont réussi (Paul O’Nei, secrétaire
au budget, a redressé en peu d’années la société Alcoa
Aluminium) et des représentants de la justice qui, tels John
Ashcroft, savent authentiquement ce que sont : le Droit et l’état
de Droit. Sachez qu’en à peine plus d’un mois de pouvoir, des décisions
cruciales pour le devenir du monde ont été prises qui vont de la
plus audacieuse réforme fiscale lancée depuis la présidence de
Ronald Reagan à une réforme du système scolaire rendant aux
parents, par un système de chèques éducation, une part
essentielle de responsabilité dans le choix de l’école de leurs
enfants. Sachez qu’à une remise en cause des formes les plus répugnantes
de l’avortement (ce qu’on appelle aux États Unis le « partial
birth abortion » où le fœtus est extrait partiellement du ventre
de sa mère avant de voir son bulbe rachidien sectionné aux
ciseaux) s’est ajouté une relance forte du programme d’Initiative
de Défense Stra-tégique qui devrait en moins de cinq ans (quoi que
disent les pseudo experts franco-français) rendre les armes nucléaires,
chimiques et bactériologiques, de nombres de dictateurs dérangés,
totalement obsolètes et bonnes pour le musée des horreurs
inaccomplies. Bush, enfin, plutôt que de recruter des éducateurs
sociaux et socialistes pense que la réinsertion des petits et
moyens délinquants doit passer par l’impulsion d’une éducation
religieuse et morale qui va se trouver renforcée. Comment ? Vous
avez dit religieuse ? Vous avez dit morale ? Comment la morale
pourrait-elle avoir la moindre relation avec le comportement d’un
criminel ? Inimaginable, non…
Une
question grave se pose en ces conditions. Une question qui pourrait
expliquer le soudain silence médiatique… Si les entrepreneurs aux
États-Unis sont incités de nouveau à entreprendre sans entraves,
les criminels à comprendre la différence entre le bien et le mal,
si, de surcroît, des armes sophistiquées font apparaître nos
armes, et celles de nos plus douteux amis, comme des rebuts inutiles
du siècle passé, que restera-t-il de nos espoirs de socialisme à
la française ?… C’est semble-t-il cette question qui fait peur
à nos dirigeants, et, au-delà du silence susdit, l’on peut
s’attendre à voir se renforcer dans les mois à venir le
lamentable axe Paris-Moscou-Pékin, déjà en construction. Les États-Unis
pourront vivre avec cet axe, bien sûr. Mais nous, le pourrons-nous
?… Qui sait, après tout…
Il paraît
que la honte ne tue plus et il se trouvera sans doute des ministres
sortis majors de l’ENA, prêts à nous présenter comme une gloire
le fait de faire de notre pays la roue de secours élimée de
totalitarismes en perdition.

Ma chronique du 27
janvier dernier, intitulée « Charles Millon renie la foule de ceux
qui voulaient le servir » m’a valu un courrier d’un volume
exceptionnel qui m’oblige à revenir sur le sujet abordé.
Je précise
et je rappelle que j’ai adhéré, en son temps, au mouvement « La
Droite » et que je conserve pour Charles Millon sympathie et
estime. Il vient de faire à Lyon une remarquable campagne qui mériterait
sans doute, s’il existait, le César de la meilleure campagne
municipale. Tous mes vœux l’accompagnent et, en cette veille de
premier tour, je lui adresse des vœux que je n’ai aucune envie de
formuler à l’égard de son concurrent de la fausse droite, Michel
Mercier.
Il
n’empêche que Charles Millon, à tort ou à raison, n’a pas su
ou pu incarner le leader qu’une partie importante de ses troupes
attendait. Ce qui n’a pas manqué de produire de la déception.
S’agissant
des propos qu’il a tenus à Lyon le 19 janvier, ils ont été
reproduits in extenso dans le bulletin de liaison de Droite Libérale
Chrétienne, le parti politique créé par l’intéressé : «
…les Lyonnais m’ont donné la force de pardonner à ceux qui
m’ont injurié, calomnié, pendant deux ans, à ceux qui ont
insulté ma famille et mes amis. Donné la force aussi de dire
pardon à ceux qui auraient pu être choqués ou blessés par les événements
de 98… ».
OK, ce
n’est pas une repentance, au sens religieux du terme. Mais, si,
pour ma part, j’applaudis à la première phrase citée,
j’aurais préféré que Charles Millon s’abstienne de prononcer
la seconde.
Voilà
pour les dizaines de correspondants qui m’ont demandé d’aller
à la source et de citer les propos exacts de Charles Millon…
Le thème
des divisions de la droite alimente toujours l’essentiel du
courrier qui nous est adressé.
Le
constat, et pas seulement à Paris ou à Lyon, se passe de
commentaires. D’autant qu’en cette fin de campagne du premier
tour des élections municipales, les médias, presque tous aux mains
des journalistes de gauche, prennent un malin plaisir à les monter
en épingle.
Les
solutions, celles qui sont proposées par tel ou tel responsable de
la fausse droite, ou celles plus radicales, avancées par d’autres
observateurs, sont également souvent développées. Même s’il y
a des divergences qui demeurent importantes. Faut-il, par exemple,
se fixer pour objectif de rassembler toute la droite, ou
convient-il, au point où nous en sommes, de rejeter telle ou telle
fraction, diabolisée comme extrémiste ? Nous sommes partisans de
la première solution mais d’autres ont un point de vue différent…
Faut-il, nécessairement et préalablement, s’entendre sur un
programme commun, ou peut-on vivre politiquement au sein d’un
rassemblement supportant des divergences importantes de programmes
et de projets, comme socialistes et écologistes nous en donnent le
spectacle ? Certains font de l’unité autour du programme un préalable.
Et ce n’est pas notre cas…
La
question, qui est moins souvent abordée aussi bien dans vos lettres
que dans les articles de journaux, c’est de savoir par quel
processus on en est arrivé à ce mortel éparpillement.
Sans
doute y a-t-il des raisons impersonnelles. Le statut des élus et
les lois nouvelles sur le financement des partis politiques poussent
davantage à la dispersion qu’à l’unité. Il est d’ailleurs
remarquable qu’on n’ait jamais vu depuis longtemps fusionner
deux partis politiques, même de modestes groupuscules…
Il y a
aussi des raisons d’ordre institutionnel. Telle ou telle
disposition de la Ve République, ou bien les lois électorales,
différentes chez nous pour chaque type d’élection…
Mais il
y a surtout le cas Chirac, qui a organisé, à partir de 1983, la rélégation
de la droite de conviction, qui, revenu au pouvoir en 1995, s’est
fixé pour objectif de séduire les électeurs de gauche et qui,
depuis 1997, non seulement fait perdre son camp à chaque
consultation générale (élections législatives, régionales,
européennes et demain municipales) mais encore et surtout, par sa
présence, et ses ambitions intactes, empêche toute
reconstruction…
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