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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Casher

La casherout – taxe de 8,50 F par kilo de bœuf, qui est payée au Consistoire juif de Paris pour contrôler de l’étable à la table le caractère cacher de la marchandise – est en chute libre à cause de la psychose de la maladie de la vache folle. Or elle représentait 60 % des revenus du Consistoire.

Le ministère de l’agriculture a promis des subventions exceptionnelles pour les employés du Consistoire…

Édition

Les meilleures ventes de l’édition française de l’an 2000 sont allées à la britannique Joanne Kathleen Rowling, pour les quatre tomes de ses aventures d’Harry Potter qui, au total, se sont vendus à 2 140 000 exemplaires… À noter : Yann Arthus-Bertrand a vendu 465 000 exemplaires de son album « La terre vue du ciel ».

Chômage

Avec 2,11 millions de chômeurs en décembre, le plancher des 9 % est atteint. Depuis 1997, un million de sans-emplois ont quitté la « catégorie 1 » de l’ANPE.

Pour autant, en comptant les RMIstes, les emplois-jeunes et les centaines de milliers de fonctionnaires embauchés depuis l’arrivée de Lionel Jospin, le bilan est plutôt médiocre…

Retard

De 1998 à 2000, le nombre de trains retardés de plus de cinq minutes est passé de 5,4 à 9,1 % gare Montparnasse, de 5,5 à 9 % sur la ligne C du RER, et de 5,2 à 8,1 % gare de l’Est.

Tout cela sans compter les retards dûs aux grèves…

 
DIVERS FAITS 

Racisme

L’ultra-gauchiste Dieudonné vient d’être condamné à 30 000 francs d’amende pour injures raciales. Il avait affirmé que tous les blancs étaient des racistes et des esclavagistes…

Couardise

Lionel Jospin a annulé un déplacement électoral à Saint-Étienne, par peur des réactions paysannes. Heureusement que les syndicats d’étudiants et de fonctionnaires le laissent en paix…

Eurodébacle

À 77,5 %, les Suisses ont dit « non » à l’ouverture d’une négociation en vue d’adhérer à l’UE. La défaite est d’autant plus humiliante pour les jeunes eurolâtres du Nomes (Nouveau Mouvement Européen Suisse) que même les cantons francophones, ordinairement politiquement corrects, ont voté « non ». Dans le même temps, le canton de Genève a refusé, lors d’une « votation », d’accorder le droit de vote et d’éligibilité au plan communal aux étrangers.

Kosovo

Irritée par les agressions de l’UCK dans les zones démilitarisées de Serbie, près de la frontière du Kosovo, l’armée anglaise a suggéré à la Yougoslavie d’organiser des patrouilles

communes OTAN/armée serbe  pour chasser les extrémistes albanais.

Fausse droite

Philippe Douste-Blazy assure s’être inspiré des idées de la liste « Motivé-e-s » en matière de démocratie participative. Rappelons que cette liste, marxiste, anti-blanc, se situe à la gauche des trotskystes

  

 

 

Les 4verites N°297 du 10 mars  2001

 Sommaire:

Bernard Trémeau..................................................................Les bienfaits de l'agriculture intensive.
Florence Cersot:..............................................................................Cohn-Bendit: une autre époque
Réponse de Guy Millière............................................................................. Réchauffement global
Exprimez vous....................................................................... Forum
Pierre Lassieur :.................................................................................Larmoiement en tous genres 
Guy Millière........................................................................ .Les bons débuts de George.W Bush
La chronique d"Alain Dumait:.....................................Le diagnostic passe avant le programme

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Fièvre aphteuse : et pourquoi ne pas essayer la liberté vaccinale ?
 Jean Rouxel  

Aujourd’hui, tout le monde a donc compris que la fièvre aphteuse est une maladie très contagieuse, connue depuis longtemps, dont les ravages peuvent êtres importants chez certaines catégories d’animaux et qui ne présente à peu près aucun danger pour l’homme.

Si aucune mesure d’abattage systématique et préventif n’était prise, sans doute la maladie se propagerait-elle à la terre entière et sans doute en résulterait-il la disparition du quart ou du cinquième des troupeaux mondiaux. Mais pas plus. C’est la conclusion qui se dégage des divers propos tenus aussi bien par les spécialistes que par les autorités publiques.

À partir de là, plusieurs réflexions sont possibles. Tout d’abord, bien sûr, on prend la mesure du mouvement de mondialisation qui s’est développé au cours des dix dernières années. Lors de la précédente épidémie, des régions, tout au plus, étaient concernées. Aujourd’hui, à partir d’un foyer détecté dans la campagne anglaise, c’est la planète toute entière qui est en état d’alerte. La globalisation de l’économie et des échanges comporte beaucoup d’avantages, mais également de grands risques…

On saura bientôt si les mesures radicales d’abattage qui portent déjà sur des centaines de milliers de têtes auront été efficaces. Pour l’instant, il est simplement permis d’en douter…

L’une des questions de plus en plus soulevée porte sur la vaccination des animaux. D’une part, celle-ci coûte cher, à 10 F par tête et par an : est-ce plus ou moins cher que le gâchis actuel. Et surtout elle serait susceptible de faire se lever des barrières douanières entre pays qui acceptent ou qui pratiquent ladite vaccination et ceux qui la refusent. On a compris que c’est principalement pour faciliter le commerce international de la viande qu’on a renoncé à vacciner vaches, veaux et cochons.

Mais on ne voit pas l’inconvénient qu’il y aurait à laisser libres les éleveurs de vacciner ou non leur bétail. Sans doute, les consommateurs de viande devraient-ils en être informés. Et il est probable que les animaux vaccinés ne pourraient pas être vendus en dehors de la zone de production, de la région ou du pays concerné. Et alors ? De toute façon, il est probable que cette crise marquera un tournant dans les habitudes alimentaires des Français, qui ont maintenant de bonnes raisons de s’approvisionner auprès de fournisseurs dont ils peuvent vérifier les références.

Vaches folles et fièvre aphteuse

Bernard Trémeau

Tout un curieux courant de pensée condamne actuellement « l’agriculture intensive » et la rend responsable des maladies ou de la malbouffe dont nous serions les victimes, et prône le retour à l’agriculture artisanale du bon vieux temps. On se croirait revenu en 1940 avec le « retour à la terre », solution miracle déjà proposée par la révolution nationale de l’époque. Il faut impérativement remettre les pendules à l’heure.

1) La fabrication industrielle de nourriture pour les animaux à partir de déchets animaux permet d’éliminer sans coût ces quantités fantastiques de déchets. Ou nous trouvons des moyens de traiter ces déchets pour les rendre totalement stériles et non dangereux : on continue alors à les utiliser pour nourrir les animaux et le prix de la viande sera d’autant plus faible. Ou nous ne trouvons pas le moyen de les stériliser : nous payerons alors le prix fort pour les détruire.

2) La fièvre aphteuse est une maladie contagieuse. Depuis des siècles, des épidémies de fièvre aphteuses déciment régulièrement le cheptel. Tant qu’on se déplaçait à pied et qu’on n’avait que quelques vaches dans une étable, la diffusion des maladies était très lente. Maintenant qu’on transporte des milliers de moutons en 24 heures d’Angleterre en Espagne, la diffusion de la maladie est explosive. En une nuit, toute l’Europe peut être atteinte. Des mesures sanitaires tenant compte de ces réalités doivent être prises.

3) Proposer comme remède à ces maux le retour à une agriculture artisanale est une vision totalement utopique et très dangereuse, comme toutes les utopies. 

Voici à titre d’exemple concret l’évolution parfaitement chiffrée depuis 1954, d’une entreprise agricole française de 240 hectares, passée en 40 ans de l’agriculture artisanale à l’horrible « agriculture intensive ».

En 1954, cette entreprise comptait 9 salariés permanents et 5 saisonniers. Ils arrivaient tôt le matin, à pied ou à bicyclette, travaillaient 6 jours sur 7, et cassaient rapidement la croûte sur le terrain à 9 heures, puis à midi. Ces hommes utilisaient encore 9 chevaux et déjà trois petits tracteurs. Ils désherbaient et arrachaient à la main les betteraves. Les femmes et les enfants récoltaient à la main les pommes de terre. On comptait un homme pour 20 hectares et un hectare donnait 36 quintaux de blé.

Les rendements ont triplé !

 

En 1964 les chevaux ont disparu. Il reste encore 8 salariés permanents. Chacun a son tracteur. Un homme exploite 25 hectares et un hectare produit 40 quintaux de blé.

En 1974 il ne reste que 4 salariés permanents, qui disposent d’un matériel de plus en plus puissant, spécialisé et performant. Un homme cultive 50 hectares qui rapportent chacun 48 quintaux de blé. La génétique, les engrais spécialisés et les pesticides entrent alors en scène et les rendements croissent bien plus rapidement.

En 1984 il ne reste plus que deux salariés sur l’exploitation, disposant d’engins de plus en plus sophistiqués. Un homme gère 120 hectares et un hectare fournit 80 quintaux de blé.

En 1994 enfin, un seul salarié travaille sur l’exploitation. Il pilote ses engins assis dans une cabine climatisée. Il vient avec sa voiture à son travail et gère avec son patron les 240 hectares qui rapportent plus de 100 quintaux à l’hectare.

De 1970 à 1974 le blé est devenu 3 fois moins cher et la betterave plus de 2 fois moins. Les augmentations de rendement n’arrivent pas à compenser les baisses des prix. Un fantastique effort de gestion a fait baisser en 10 ans les charges de 50 %. Le nombre des engins, la consommation des pesticides et l’utilisation des engrais ont fortement été réduits, tout en augmentant les rendements. Ce sont finalement les consommateurs qui sont les grands bénéficiaires de cette « agriculture intensive ».

Kurdes

 80 % des Français sont d’accord pour accueillir des Kurdes (plusieurs sondages). Je n ‘ai pas de chance : je ne vois que des gens faisant partie des 20 % hostiles !

Robert Duhaubois, Valenciennes (59)

La pédophilie : nouvelle frontière du conformisme bourgeois!

 Florence Cersot

Dès 1867, Marx avait bien décrit, dans « le Capital », la société bourgeoise répressive s’accrochant au pouvoir pour exploiter à son profit la masse des prolétaires.

Dès 1920, Sigmund Freud avait commencé à démontrer que les désirs sexuels refoulés étaient source de comportements névrotiques destructeurs.

Malgré ces deux savantes analyses, la société française vivait encore en 1968 sous une chape de plomb morale devenue totalement insupportable à l’ensemble de la population: la publicité pour la contraception était interdite, l’adultère et l’avortement étaient considérés comme des péchés et des délits, les comportements homophiles, pédophiles ou zoophiles étaient classés comme des déviations anormales et pathologiques du comportement sexuel.

En 1968, Dany-le-Rouge est arrivé sur les barricades, ayant pour seules armes un haut-parleur en main et des caméras de télévisions derrière lui. En bon acteur, et bon lecteur de Marx, il s’est d’abord attaqué à l’ordre bourgeois exploitant le prolétariat. Il a interdit d’interdire et traité les CRS de SS. En bon lecteur de Freud, il a ridiculisé la morale bourgeoise. Il s’est fait le chantre d’une société totalement libre, composée d’hommes et de femmes sans complexes de refoulement. Société où nos tendances hétérophiles, homophiles, pédophiles ou zoophiles pourraient s’épanouir en pleine harmonie, à la moindre pulsion, et à la joie de tous.

Nos penseurs et nos philosophes engagés ont bien sûr suivi et démontré avec grand sérieux le fantastique progrès que faisait notre société en suivant Dany-le-Rouge. Quand, en 1975, Dany-le-Rouge détaille dans « le Grand Bazar » ses gentils ébats sexuels avec les enfants dont il était l’éducateur, personne ne semble s’être scandalisé. La pédophilie était encore considérée comme une avancée de notre société vers une plus grande liberté, donc comme un progrès…

Quand en 1977, une pétition circule pour demander la clémence en faveur d’un pédophile soumis aux trop fortes rigueurs de la justice bourgeoise, elle recueille la signature d’André Gluksmann ou de Jean-Paul Sartre, de Jack Lang ou de Bernard Kouchner .

En 2001, le monde a changé .

La pilule est arrivée et 90 % des femmes françaises l’utilisent. L’avortement est devenu légal et 200 000 Françaises y ont recours tous les ans.

Les comportements zoophiles n’intéressent toujours personne.

Les comportements homophiles sont très stables au fil des sondages. D’après toutes les études médicales de comportements sexuels, ils touchent environ 3 % de la population. Ils sont officiellement reconnus. Les homosexuels vivant en couple ont les mêmes avantages fiscaux que les hétérosexuels.

Par contre, pour la pédophilie, la situation est toute autre. On est loin de la tolérance complaisante des années 1970. Elle est aujourd’hui condamnée avec rigueur par tous, sans la moindre exception, et sa répression légale s’est fortement renforcée. Dany-le-Rouge est devenu député européen et il regrette aujourd’hui ses écrits. Jack Lang est devenu ministre de l’Éducation Nationale et Bernard Kouchner, ministre de la Santé. Il est probable qu’ils ne signeront plus de pétition en faveur d’un pédophile, même si la justice le maintient longtemps en prison préventive.

L’adultère semble entré dans les mœurs et une majorité d’adultes adhère à cette nouvelle liberté conquise. Aujourd’hui le divorce atteint 50 % de la population. Nombre de familles biologiques sont détruites. Si les parents ne sont plus sexuellement refoulés, les enfants sont psychiquement désorientés, souffrent et sont de plus en plus délinquants. Quand on les interroge, ils citent, massivement, la famille comme le bien le plus précieux.

Un autre changement est-il prévisible?

Réarmement

Les dépenses militaires des États-Unis demeurent, et de loin,  les plus importantes du monde : 237 milliards de dollars ans, soit 3,2 % de leur produit intérieur brut. Mais, en deuxième position, arrive maintenant la Chine, avec 47 milliards de dollars dépensés l’année dernière (+ 12,7 % d’une année sur l’autre) et 5,3 % de son produit intérieur brut. Loin devant le Japon, la France, la Russie (5e puissance militaire, sur ce critère), suivie de la Corée du Sud et de l’Inde.

Cela explique que l’équipe de George W. Bush ait la Chine dans son colimateur…



 

 Réponse de Guy Millière au Docteur Costagliolasur le réchauffement global

 

S’il est des centaines de thèmes qu’on ne peut aborder de manière lucide dans l’essentiel de la presse française actuelle, il en est deux ou trois qui suscitent, même dans les Quatre Vérités, des réactions très prévisibles et très conformistes. L’environnement fait partie de ces thèmes. Et je m’attendais à une ou plusieurs lettres du type de celle de Jacques Costagliola.

Tout en me réservant la possibilité de revenir sur ces sujets, je tenterai  néanmoins de répondre, aussi  brièvement que possible:

1. J’ai beau relire mon article, je n’y vois aucune incitation à amplifier la pollution. Je dis par contre,  que la pollution zéro n’est compatible qu’avec la disparition du vivant. Je dis que le progrès technique entraine une pollution toujours moindre, une préoccupation toujours plus forte pour la nature et la qualité de la vie. Et j’ajoute que le discours de l’écologisme ambiant est essentiellement un anti-humanisme, un néo-malthusianisme et une roue de secours pour le socialo-communisme totalitaire. On accusait autrefois les industriels d’exploiter les ouvriers, on les accuse aujourd’hui d’exploiter la nature. C’est plus commode.

2. Que l’on se pose des questions de manière rigoureuse et, scientifique sur certains sujets,  dont l’environnement, est légitime. Que l’on crée des phobies et que l’on pare d’atours scientifiques des discours qui relèvent du charlatanisme me parait dangereux. Quand, au nom de phobies et charlatanisme, on prétend imposer une forme de dirigisme étatiste planétaire, je m’insurge, et je dis qu’il serait triste que le totalitarisme en reflux depuis la chute de l’Urss revienne sous la forme d’une dictature onusienne soviétiforme censée sauver la terre. 

3. Les lectures du Dr Costagliola me paraissent très biaisées. Je ne réponds effectivement pas à Michel Serres qui est non un scientifique, mais un philosophe dont les orientations socialistes ne font pas de doute. Gilles-Éric Seralini travaille dans la mouvance de Michel Serres et ne me parait pas plus sérieux que son maître à penser. Les livres de Jean-Marie Pelt me semblent plus riches d’intuitions que de démonstrations, pour reprendre la formule charitable d’un scientifique au moment de la parution de L’homme re-naturé. Claude Allègre, enfin, est quelqu’un dont la spécialité n’est pas l’environnement, mais la physique et la géologie. Et je ne suis pas certain qu’il soit moins socialiste et moins étatiste que Serres, Pelt ou Séralini. Les trois auteurs américains cités, Theo Colborn,  Dianne Dumanovski et John Peterson Myers sont tous trois collaborateurs de Al Gore et ont publié avec lui en 97 un ouvrage, Our Stolen Future, qui est aussi scrupuleux que les écrits signés d’Al Gore seul en matière d’environnement (Earth in the Balance, 1993). Le Dr Costagliola devrait à mes yeux étoffer sa bibliothèque. Il existe d’excellents livres qui permettent de s’instruire sur les questions d’environnement, et il n’est jamais trop tard pour s’instruire. Je conseillerai donc ici les livres suivants : Earth Report 2000, publié sous la direction de Ronald Bailey par le Competitive Enterprise Institute ; Ecoscam: The False Prophets of Ecological Apocalypse, du même Ronald Bailey ; Hot Talk, Cold Science, Global Warming’s Unfinished Debate, de S. Fred Singer ; ou Trashing the Planet : How Science Can Help Us Deal With Acid Rain, Depletion of the Ozone and Nuclear Waste, de Dixie Lee Ray et Lou Guzzo.

3. Je ne dis rien sur les chiffres apocalyptiques selon lesquels le tiers des espèces vivantes devrait disparaître d’ici cinquante ans, sur les affirmations concernant le volume des déchets humains, sur la non-régulation de la démographie, tout ce qui est à dire sur ces sujets est dit dans les livres que je conseille plus haut et ne mérite pas un mot de plus....

4. Ceux qui, obstinément voudraient ne pas s’informer ou lire de façon sérieuse et qui voudraient néanmoins se faire peur peuvent lire les œuvres complètes de Stephen King qui, dans le domaine de l’horreur,  écrit mieux que J.M.Pelt ou Al Gore, et qui lui, au moins, fait de la fiction et n’essaie pas d’imposer ses idées aux autres sur un mode idéologique.




L’Évangile ne prône pas l’immigration !

Pierre Lassieur* 

Nos déboires sont dus en partie à une confusion dans les esprits entre l’immigration, problème politique, et les immigrés, personnes humaines considérées en elles-mêmes. Or, le refus de la souffrance est particulièrement fort à notre époque. Non seulement les gens s’apitoient volontiers sur leur propre sort, le jugeant en général moins bon qu’il ne devrait être, mais ils s’apitoient aussi sur le sort d’autrui, surtout quand cet autrui leur est montré avec la puissance des images de la télévision. L’exemple vient d’en être donné une nouvelle fois avec l’échouage des Kurdes.

Certes la morale naturelle et, pour nombre d’entre nous, la morale chrétienne, nous imposent, selon les cas, la compassion ou à tout le moins, la courtoisie à l’égard de notre prochain, quel qu’il soit. En voici un exemple amusant : un de mes amis rentrait chez lui en voiture et allait monter sur le trottoir pour franchir la porte cochère. Il aperçoit alors, à pied, un Noir, corpulent quinquagénaire, vêtu d’une veste bleu marine et coiffé d’une superbe casquette blanche d’amiral, qui s’arrête pour laisser passer la voiture. Cependant, le piéton a la priorité. La voiture s’arrête donc aussi. Le visage du Noir s’éclaire. Il se remet en marche et, ne sachant comment remercier, envoie de la main un baiser à l’automobiliste. C’est touchant, c’est émouvant. C’est le genre de relations que nous devrions toujours avoir de personne à personne.

Une déviation commence à se manifester quand ce sont les représentants d’une institution qui s’expriment et agissent selon les mêmes principes. Par exemple, les évêques récemment, encore à propos des Kurdes : « Cet accueil de l’étranger, nous le devons à l’homme, en qui les chrétiens voient le Christ souffrant ». Or, une institution doit penser à sa propre pérennité. Que deviendra le catholicisme en France, le jour où les évêques auront contribué à y fixer tant de Kurdes, de Turcs et d’Africains que l’Islam sera la première religion en France ?

Il ne s’agit donc plus d’une relation de personne à personne, mais d’un organisme collectif, l’Église, qui se conduit avec la sentimentalité d’un individu. Égarés par une interprétation sans doute erronée des Évangiles, les évêques ne semblent pas comprendre que « l’étranger » dont ils parlent n’est pas un mais une myriade et qu’on ne peut pas adopter la même attitude envers celle-ci qu’envers un individu isolé.

De même, notre gouvernement, confondant le respect dû aux particuliers avec l’acceptation de l’immigration-invasion, verse-t-il des torrents de larmes sur des centaines de milliers de clandestins sans se soucier apparemment du destin de la France ni du sort des Français. Or, on ne gouverne pas en larmoyant, mais en appliquant la raison d’État, notion devenue aujourd’hui complètement obsolète. Si les personnes doivent respecter les personnes, les hommes d’État ne doivent servir que le pays qu’ils ont l’honneur de gouverner. Toutefois, peut-être le larmoiement de nos dirigeants est-il feint, est-il destiné à dissimuler aux Français que le but n’est pas de les défendre, mais de les enfoncer en tant que peuple dans la mondialisation et le métissage. C’est pourquoi, il faut que nos concitoyens larmoient en pensant avec attendrissement aux 150 000 étrangers environ qui, chaque année, les envahissent.

Talibans

Quand, dans le magnifique portail d’une église romane, vous voyez aujourd’hui des statues décapitées, n’oubliez jamais qu’en 1792 nos gentils révolutionnaires, au nom de la Liberté, ont obligé tout le pays à briser toutes les statues de pierre et à brûler toutes les statues de bois de leurs églises. Le fanatisme est autant laïque que religieux

Vilain tabac

Une statistique passionnante vient de sortir. Quand les parents d’un adolescent, après avoir bien expliqué à leur enfant les dangers du tabac, les laissent libres de prendre leur décision, 90 % des enfants fument. Mais quand les parents leur interdisent de fumer, seulement 10 % des enfants se mettent à fumer. Un moyen simple et peu coûteux de supprimer plus de 50 000 cancers du poumon tous les ans.

George W. Bush : des débuts très prometteurs

Guy Millière 
Page Guy Millière

Avez-vous remarqué ? Jusqu’à ce que George Walker Bush prenne ses fonctions et devienne le quarante-troisième président des États-Unis, les médias français ont parlé de lui. Abondamment… Pour dire que son élection était illégitime et qu’il avait remporté moins de voix que son adversaire (comment ! les États-Unis prétendent être une république, pas une démocratie plébiscitaire ! quel ramassis de tarés !). Pour dire que si Gore était brillant, si brillant, Bush, lui, était à la limite de la débilité mentale ou du mongolisme. Pour ajouter, bien sûr, que Bush était un boucher et un barbare ignoble faisant pratiquer inflexiblement la peine de mort sans laisser aux assassins une chance, aussi mince soit-elle, de recommencer. Quelle horreur, non ? Tout bon socialiste vous le dira : un meurtrier vivant est quelqu’un qui peut être libéré un jour ou l’autre, et qui, vu ses penchants, a de bonnes chances de voter à gauche ; une victime de meurtre par contre est définitivement perdue électoralement parlant…

Depuis le 20 janvier : plus rien ou presque. Il y a une raison à cela : Bush n’est pas seulement un politicien qui s’est présenté avec un programme de droite, ce qui est très grave en soi. Il est aussi un politicien qui entend (quelle impudence ! quelle ignoble stupidité !) appliquer le programme pour lequel il a été élu.

 

Sachez donc, puisque vous avez peu de chances de l’apprendre ailleurs qu’en ces pages, que Bush a composé un gouvernement remarquable par sa cohérence et sa compétence où se rencontrent les meilleurs spécialistes américains des affaires étrangères et de la géopolitique, des hommes d’affaires qui ont réussi (Paul O’Nei, secrétaire au budget, a redressé en peu d’années la société Alcoa Aluminium) et des représentants de la justice qui, tels John Ashcroft, savent authentiquement ce que sont : le Droit et l’état de Droit. Sachez qu’en à peine plus d’un mois de pouvoir, des décisions cruciales pour le devenir du monde ont été prises qui vont de la plus audacieuse réforme fiscale lancée depuis la présidence de Ronald Reagan à une réforme du système scolaire rendant aux parents, par un système de chèques éducation, une part essentielle de responsabilité dans le choix de l’école de leurs enfants. Sachez qu’à une remise en cause des formes les plus répugnantes de l’avortement (ce qu’on appelle aux États Unis le « partial birth abortion » où le fœtus est extrait partiellement du ventre de sa mère avant de voir son bulbe rachidien sectionné aux ciseaux) s’est ajouté une relance forte du programme d’Initiative de Défense Stra-tégique qui devrait en moins de cinq ans (quoi que disent les pseudo experts franco-français) rendre les armes nucléaires, chimiques et bactériologiques, de nombres de dictateurs dérangés, totalement obsolètes et bonnes pour le musée des horreurs inaccomplies. Bush, enfin, plutôt que de recruter des éducateurs sociaux et socialistes pense que la réinsertion des petits et moyens délinquants doit passer par l’impulsion d’une éducation religieuse et morale qui va se trouver renforcée. Comment ? Vous avez dit religieuse ? Vous avez dit morale ? Comment la morale pourrait-elle avoir la moindre relation avec le comportement d’un criminel ? Inimaginable, non…

 

Une question grave se pose en ces conditions. Une question qui pourrait expliquer le soudain silence médiatique… Si les entrepreneurs aux États-Unis sont incités de nouveau à entreprendre sans entraves, les criminels à comprendre la différence entre le bien et le mal, si, de surcroît, des armes sophistiquées font apparaître nos armes, et celles de nos plus douteux amis, comme des rebuts inutiles du siècle passé, que restera-t-il de nos espoirs de socialisme à la française ?… C’est semble-t-il cette question qui fait peur à nos dirigeants, et, au-delà du silence susdit, l’on peut s’attendre à voir se renforcer dans les mois à venir le lamentable axe Paris-Moscou-Pékin, déjà en construction. Les États-Unis pourront vivre avec cet axe, bien sûr. Mais nous, le pourrons-nous ?… Qui sait, après tout…

 

Il paraît que la honte ne tue plus et il se trouvera sans doute des ministres sortis majors de l’ENA, prêts à nous présenter comme une gloire le fait de faire de notre pays la roue de secours élimée de totalitarismes en perdition.

Le diagnostic passe avant le programme
Alain Dumait
Page Alain Dumait


 Ma chronique du 27 janvier dernier, intitulée « Charles Millon renie la foule de ceux qui voulaient le servir » m’a valu un courrier d’un volume exceptionnel qui m’oblige à revenir sur le sujet abordé.

Je précise et je rappelle que j’ai adhéré, en son temps, au mouvement « La Droite » et que je conserve pour Charles Millon sympathie et estime. Il vient de faire à Lyon une remarquable campagne qui mériterait sans doute, s’il existait, le César de la meilleure campagne municipale. Tous mes vœux l’accompagnent et, en cette veille de premier tour, je lui adresse des vœux que je n’ai aucune envie de formuler à l’égard de son concurrent de la fausse droite, Michel Mercier.

Il n’empêche que Charles Millon, à tort ou à raison, n’a pas su ou pu incarner le leader qu’une partie importante de ses troupes attendait. Ce qui n’a pas manqué de produire de la déception.

S’agissant des propos qu’il a tenus à Lyon le 19 janvier, ils ont été reproduits in extenso dans le bulletin de liaison de Droite Libérale Chrétienne, le parti politique créé par l’intéressé : « …les Lyonnais m’ont donné la force de pardonner à ceux qui m’ont injurié, calomnié, pendant deux ans, à ceux qui ont insulté ma famille et mes amis. Donné la force aussi de dire pardon à ceux qui auraient pu être choqués ou blessés par les événements de 98… ».

OK, ce n’est pas une repentance, au sens religieux du terme. Mais, si, pour ma part, j’applaudis à la première phrase citée, j’aurais préféré que Charles Millon s’abstienne de prononcer la seconde.

Voilà pour les dizaines de correspondants qui m’ont demandé d’aller à la source et de citer les propos exacts de Charles Millon…

 

Le thème des divisions de la droite alimente toujours l’essentiel du courrier qui nous est adressé.

Le constat, et pas seulement à Paris ou à Lyon, se passe de commentaires. D’autant qu’en cette fin de campagne du premier tour des élections municipales, les médias, presque tous aux mains des journalistes de gauche, prennent un malin plaisir à les monter en épingle.

Les solutions, celles qui sont proposées par tel ou tel responsable de la fausse droite, ou celles plus radicales, avancées par d’autres observateurs, sont également souvent développées. Même s’il y a des divergences qui demeurent importantes. Faut-il, par exemple, se fixer pour objectif de rassembler toute la droite, ou convient-il, au point où nous en sommes, de rejeter telle ou telle fraction, diabolisée comme extrémiste ? Nous sommes partisans de la première solution mais d’autres ont un point de vue différent… Faut-il, nécessairement et préalablement, s’entendre sur un programme commun, ou peut-on vivre politiquement au sein d’un rassemblement supportant des divergences importantes de programmes et de projets, comme socialistes et écologistes nous en donnent le spectacle ? Certains font de l’unité autour du programme un préalable. Et ce n’est pas notre cas…

La question, qui est moins souvent abordée aussi bien dans vos lettres que dans les articles de journaux, c’est de savoir par quel processus on en est arrivé à ce mortel éparpillement.

Sans doute y a-t-il des raisons impersonnelles. Le statut des élus et les lois nouvelles sur le financement des partis politiques poussent davantage à la dispersion qu’à l’unité. Il est d’ailleurs remarquable qu’on n’ait jamais vu depuis longtemps fusionner deux partis politiques, même de modestes groupuscules…

Il y a aussi des raisons d’ordre institutionnel. Telle ou telle disposition de la Ve République, ou bien les lois électorales, différentes chez nous pour chaque type d’élection…

Mais il y a surtout le cas Chirac, qui a organisé, à partir de 1983, la rélégation de la droite de conviction, qui, revenu au pouvoir en 1995, s’est fixé pour objectif de séduire les électeurs de gauche et qui, depuis 1997, non seulement fait perdre son camp à chaque consultation générale (élections législatives, régionales, européennes et demain municipales) mais encore et surtout, par sa présence, et ses ambitions intactes, empêche toute reconstruction…