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Le
vote de gauche coûte de plus en plus cher aux contribuables !
Jean Rouxel
Après
des élections municipales globalement mauvaises pour la gauche, qui
a perdu trente-neuf villes de plus de vingt mille habitants, et un
an avant une élection présidentielle qui est, dans nos
institutions, le rendez-vous politique majeur ; avec un gouvernement
aux mains du parti socialiste, il y a tout à craindre de
l’habituelle démagogie pré-électorale.
C’est
que ce recouvre le thème développé par les médias et tous les
responsables du parti socialiste du « coup de barre à gauche ».
Pour
l’emporter sur Jacques Chirac, Lionel Jospin ne peut pas se
contenter de faire valoir son bilan qui est tout simplement médiocre.
Certes, la croissance économique a été bonne l’année dernière
mais aucune des réformes de structure nécessaires n’a été
entreprise et le fardeau des dépenses publiques qui pèse sur les
plus entreprenants des Français n’a pas été allégé.
C’est
évidemment la contradiction majeure des socialistes : d’un côté
ils promettent une diminution des impôts et d’un autre côté ils
augmentent fortement les dépenses…
Contrairement
aux engagements de Laurent Fabius, les prélèvements publics
obligatoires continuent d’augmenter : le total de l’augmentation
des impôts et des cotisations sociales, ajouté à l’augmentation
de l’endettement public est même supérieur au total des fruits
de la croissance ! L’État nous confisque tout le surplus de
l’expansion économique et même un peu plus !
Le
budget en cours d’exécution est spécialement laxiste avec,
notamment, l’embauche de onze mille nouveaux fonctionnaires, ce
qui constitue un engagement financier supplémentaire qui sera à la
charge des contribuables français pendant soixante ans.
Le
budget pour 2002 ne peut être que pire. Dans la fonction publique,
on peut compter sur le gouvernement pour lâcher de plus fortes
augmentations de salaire. Et, dans le secteur privé, une nouvelle
et forte augmentation du SMIC constitue la revendication commune des
Verts et des communistes.
Pour
acheter les voix de leur victoire contre Jacques Chirac, les
socialistes vont essayer de donner des satisfactions à leurs électeurs
au niveau concret de leurs feuilles de paye. Avec l’argent des éternelles
vaches à lait…
On
peut compter sur Jacques Chirac pour ne pas les laisser seuls sur ce
terrain de la soi-disant « solidarité ».
On
dira que c’est un faux choix, entre deux candidats de gauche.
Mais, à partir du moment où une majorité de citoyens vit, en
totalité ou en grande partie, grâce à des deniers publics, les élections,
au-delà d’une apparence formelle, peuvent-elles encore demeurer
libres ?
Démographie
et pensée unique
- Bernard Trémeau
Gérard
Calot vient de mourir. Il a été pendant 20 ans (1972-1992)
directeur de l’Institut National d’études Démographiques
(INED). La baisse de la natalité en France l’inquiétait profondément.
Il pensait comme son maître Alfred Sauvy qu’une nation qui
vieillit est une nation qui meurt. Il avait émis en 1990 l’idée
que l’Etat devait favoriser la venue d’un troisième enfant.
Cette idée saugrenue dans la bouche d’un grand spécialiste français
en démographie lui valut les violentes attaques de certains de ses
confrères. Car dans le milieu INED, fortement ancré dans la pensée
unique, on considère que toute politique nataliste est de droite,
voire d’extrême droite, un retour au fameux « Travail, Famille,
Patrie » du Maréchal.
Politique
familiale interdite
Pour
contrer Gérard Calot, Hervé le Bras, un de ses brillants collègues,
a émis une hypothèse géniale : le déclin démographique constaté
n’est pas réel, il n’est qu’apparent. Les femmes françaises
n’ont pas décidé de ne plus vouloir un enfant. Elles ont
seulement décidé de retarder la venue de cet enfant. La chute démographique
française n’est donc que passagère. La violence des attaques est
devenue telle que Gérard Callot a été mis à la porte de l’INED
en 1992. Il est mort en restant persuadé qu’une politique
d’aide à la famille est la bonne solution.
Gérard
Callot, excellent spécialiste français des problèmes démographiques,
a perdu son travail pour avoir osé émettre des hypothèses différentes
des certitudes de la pensée unique.
Tandis
que les familles françaises décident d’avoir moins d’enfants,
les Français, mieux nourris et mieux soignés, vivent de plus en
plus longtemps. De plus, ils font des études de plus en plus
longues et ils prennent leur retraite de plus en plus tôt. Ils ont
donc durant leur vie un temps de travail de plus en plus court, et
la production française s’en trouve réduite d’autant. Enfin,
pour couronner le tout, le gouvernement contraint tous les Français
à travailler moins par semaine, donc réduit encore la capacité de
production (de 11,6 % quand on passe de 39 à 35 heures). Les
richesses que produisent ceux qui travaillent diminuent à grande
vitesse, alors que les richesses que consomment ceux qui ne
travaillent pas augmentent à grande vitesse. C’est ce qui
s’appelle aller droit dans le mur. Une telle situation exige des
mesures, qui sont parfaitement connues :
La
solution miracle de l’immigration
–
Retarder l’âge du départ à la retraite. Pratiquement tous les
pays développés l’ont déjà fait. Mais les syndicats de salariés
français ne le veulent pas, donc le gouvernement français ne le
fait pas.
–
Permettre à chaque Français de décider de prolonger son temps de
travail s’il en a envie. Mais les marxistes-égalitaristes français
ne veulent surtout pas de la « retraite à la carte » et le
gouvernement français ne le fait pas.
–
Favoriser les économies que chacun peut faire pendant qu’il
travaille pour qu’il puisse disposer d’un petit pécule
personnel en fin de carrière. Même l’Allemagne rose de Schröder
vient de le décider. Mais les marxistes-égalitaristes français ne
veulent que du système de retraite par répartition, donc le
gouvernement français ne le fait pas.
–
Favoriser les investissements qui améliorent la productivité de
chacun de nous, ce qui permet de produire plus dans le même temps
de travail. Mais les marxistes-égalitaristes français sont viscéralement
anti-capitalistes et chassent les capitaux hors du pays par une
fiscalité absurde.
–
Favoriser la naissance d’un troisième enfant par des mesures
appropriées comme le suggérait Gérard Calot : une telle politique
a déjà été efficace en France ou en Suède. Mais les tenants de
la pensée unique ne le veulent pas. Le gouvernement français ne le
fait donc pas.
– La
pensée unique a finalement trouvé la solution-miracle : il nous
manque 200.000 enfants par an. Introduisons 200.000 émigrés par an
pour les remplacer, même si ces émigrés n’ont aucune
qualification, car, pour un marxiste-égalitariste un homme peut
automatiquement en remplacer un autre. Mais les « incidents » des
banlieues chaudes font peur et finalement le gouvernement français
ne le fait pas.
Les
Français ont peut-être trouvé d’eux-mêmes la solution. Pour fêter
intelligemment l’an 2000, ils ont mis au monde 5 % d’enfants en
plus. Merci à tous ceux qui, spontanément, ont ainsi permis
d’augmenter nos futures retraites de 5 %, dans 25 ans…

Accentuation
de la soviétisation fiscale
François
Richier
Une
instruction de la Direction générale des Impôts du 21 décembre
2000 rend applicable la loi de Finances rectificative pour 1999
imposant les télétransmissions des déclarations de résultats des
exercices clos à compter du 31 décembre 2000 et des déclarations
de TVA (ainsi que de son télé règlement) à compter du mois
d’avril 2001 pour les sociétés imposables à l’impôt sur les
sociétés qui ont réalisé un chiffre d’affaires supérieur à
100 millions de francs au cours de l’exercice précédent.
Cette
mesure de caractère obligatoire s’ajoute à toutes celles déjà
ultra abondantes mettant le secteur privé productif au service du
« service public », si ce dernier mérite encore ce qualificatif
!… Mais, n’est-ce pas l’exception française ? Elle révèle
une immixtion intolérable de l’administration dans la gestion des
entreprises privées, en imposant, pour se simplifier la tâche, des
contraintes de traitement de l’information parasitaires et coûteuses
à des entreprises qui n’éprouvaient aucune nécessité de s’équiper
en matériel informatique et en logiciels uniquement pour satisfaire
au confort de l’administration fiscale.
La
sanction prévue est très lourde : 0,2 % des droits correspondant
à des déclarations déposées suivant d’autres procédés
(papier, laser, etc…).
Cette
mesure s’avèrera coûteuse pour le contribuable. Loin d’aboutir
au dégraissage partiel du nombre de fonctionnaires d’assiette, de
contrôle et de recouvrement de la Direction Générale des Impôts,
elle se traduira, bien normalement comme à l’accoutumée, par
l’accroissement du nombre de fonctionnaires informaticiens pour
permettre l’exploitation du système et la validation des échanges
des données et formulaires informatiques. Elle permettra, n’en
doutons pas, d’accroître les candidats aux défilés
revendicatifs sur le pavé parisien !…
Cette
mesure peut également se révéler dangereuse pour certaines
entreprises en matière de concurrence. Tout système de télétransmission
informatique peut être pénétré et piraté. Même ceux ultra
sophistiqués des Services Secrets (CIA et autres) ont été pénétrés
par d’astucieux informaticiens !…
Les
entreprises doivent s’adapter aux exigences des impôts
Certes,
jusqu’à présent, les sociétés doivent déposer au greffe du
Tribunal de commerce certaines informations très synthétiques
notamment bilan, compte de résultat et annexe, extrait de procès
verbaux d’Assemblée générale, rapport général des
Commissaires aux comptes, pour permettre aux tiers en relation
d’affaires avec elles, d’apprécier leur situation financière
(ce qui est normal du fait que les actionnaires de sociétés de
capitaux ne sont pas engagés au delà du capital souscrit).
Or,
les déclarations fiscales et leurs nombreux documents annexes
contiennent quantités d’informations intimes sur la politique et
le fonctionnement des entreprises : investissements, provisions,
endettement, plus ou moins values, acquisitions ou cessions de
participations, rémunérations… dont certains concurrents français
et surtout étrangers seront friands pour les déstabiliser.
Le véritable
« service public » non soviétisé n’aurait-il pas dû présenter
cette mesure à toutes les entreprises : sociétés et autres comme
une simple faculté à leur choix avec, bien entendu, pour prime à
l’incitation, des suppressions nettes de postes de fonctionnaires
par tranche de nombre d’entreprises qui l’adopteraient ?
Mais
ne rêvons pas !…
Le
cadavre soviétique trouve un potentiel de résurrection permanent
dans le service public à la française !…
Pour
combien de temps encore ?
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Courrier
Accident
d’avion à
Saint-Barthélémy (Antilles)
Saint-Barthélémy
est une île. Une
île est entourée d’eau.
Pourquoi
a-t-on installé un mini-aéroport terrestre comportant une
piste très courte de 600 m à peine coincée entre une plage
où s’ébattent les baigneurs et une montagne abrupte balayée
de vents et de tourbillons d’air imprévisibles, ce qui rend
les manœuvres aéronautiques extrêmement dangereuses ?
Pourquoi,
dans cette région constituée d’une foule d’archipels,
n’a-t-on pas plutôt installé des bases d’hydravions (ou
d’avions amphibies) dans des anses calmes ?
On
le fait bien de manière courante au Canada.
Quelle
est la logique ?
Il
faudra combien de morts pour imaginer des solutions de bons
sens telle que celle-là ?
Ph.
Hartemann, Martel – 46
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Les
origines du déclin français (suite)
Pierre
Lance pierre.lance@wanadoo.fr
J’ai
lu avec grand intérêt l’article de Guy Millière dans lequel il
se dit « tenté par l’exil » (N° 298 du 17 mars) et je
l’encourage cordialement dans cette voie. N’est-il pas normal
qu’un homme veuille porter son corps là où se trouve déjà son
cœur ? Guy Millière nous ayant persuadés, tout au long de ses
articles, qu’il était un Américain à 100 % (et sans doute
l’est-il même à 150 % depuis que G. W. Busch a été élu Président
des États-Unis), il me semble tout naturel qu’il veuille franchir
l’Atlantique avec armes et bagages. Je ne mets dans ce propos
aucune ironie, car il y a déjà quelques années que je songe moi-même
à me faire Hollandais. Un pays qui compte 50 % de libre-penseurs
offre à mes yeux les plus grands attraits. Au moins autant qu’en
offre à Guy Millière « l’éducation religieuse et morale » qui
est la tasse de thé (devrais-je dire le verre de whisky ?) de M.
Busch.
Outre
les divers enracinements qu’on imagine, la principale attache qui
me fait hésiter à sauter le pas est ma passion pour la langue française,
d’autant que, si l’on en croit Cioran, la langue est notre vraie
patrie. Toutefois je m’y résoudrai peut-être quand je
commencerai à me sentir vieillir, ne serait-ce que pour bénéficier,
le moment venu, des excellentes lois hollandaises sur le droit de
mourir dans la dignité par l’euthanasie volontaire, auxquelles
les Français, toujours sous dictature catholique occulte, ne sont
pas près d’accéder, bien que ce soit le vœu de 70 % d’entre
eux.
Je relève
en outre dans l’article de Guy Millière sa remarque au sujet de
notre « déclin commencé alentour de 1789 ». Or, si l’on admet
que le déclin d’une nation commence avec l’instauration de l’étatisme-collectivisme,
assorti de la fiscalité confiscatoire et de la bureaucratie
tatillonne qui sont ses corollaires inévitables (et je présume que
tous les lecteurs des « 4 Vérités Hebdo » en sont aussi
convaincus que moi et que Guy Millière lui-même), je m’étonne
qu’il puisse proférer sans plus de réflexion une si énorme
contre-vérité.
La
faute aux Capétiens
Ayant
remarqué que M. Millière avait, lorsqu’il répond à ses
contradicteurs, pour habitude un tantinet pédante de les taxer
d’inculture et de leur conseiller fermement quelques « bonnes
lectures », je me sens autorisé à lui rendre le même service et
à lui recommander de lire ces deux ouvrages célèbres, véritables
monuments de notre littérature politique : « Les origines de la
France contemporaine » d’Hippolyte Taine et « Le Mal français
» d’Alain Peyrefitte.
Ces
auteurs, que nul ne peut soupçonner d’avoir été « de gauche »,
ont tous deux, à un siècle d’intervalle, magistralement démontré
que les fondateurs de l’étatisme-collectivisme, qui détruit
lentement notre pays depuis trois siècles, sont Louis XIV et son
complice Colbert, l’un comme l’autre dramatiquement aveuglés
sur les ressorts psychologiques de l’économie. Il en résulte
accessoirement que les trois derniers Capétiens (mais surtout le
premier des trois) sont entièrement responsables des sanglants excès
de la Révolution française. Car lorsqu’une cocotte-minute
explose, la faute n’en incombe évidemment pas à ce qu’elle
contient mais aux irresponsables qui l’ont mise et laissée sur le
feu.
Certes,
on peut reprocher aux Jacobins, aux napoléoniens, aux socialistes
et aussi, hélas, aux gaullistes, de n’avoir su que cristalliser
l’étatisme monarchiste tout en se murmurant tour à tour « L’État,
c’est nous ». Mais il n’en reste pas moins que Louis Capet le
quatorzième est l’initiateur avéré du déclin de la France, même
si le théâtre versaillais peut encore détourner de cette vérité
le regard des béotiens, comme le fit en d’autres temps, quant au
déclin de la Russie, le métro de Moscou.
En
revanche, si Louis XVI et ses successeurs de toutes obédiences
jusqu’à nos jours avaient su tirer de l’esprit des « Lumières
» et des idées de 1789 le libéralisme qui s’y trouve indéniablement
contenu, personne n’aurait aujourd’hui l’occasion de parler de
notre « déclin national ».

Krak
Proverbe
indien : « Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière
asséchée, le dernier poisson pêché, les hommes vont découvrir
que l’argent n’est pas comestible. »
Nous
sommes à la veille d’un krak financier planétaire : on pourra
bientôt recouvrir les pissotières avec l’or et le troc sera le
seul et vrai moyen d’échange : le travail et la compétence
seront enfin reconnus.
Jean-Pierre
CANTAIS jpcantais@hotmail.
com
Un
programme minimal pour la droite…
- Guy Millière
- Page Guy Millière
L’union
à droite ne se réalisera pas à temps pour les prochaines échéances
électorales, c’est évident. Si nous voulons que néanmoins
quelque chose bouge, et que nous ne soyons pas totalement condamnés
à choisir, aux élections présidentielles ou législatives, entre
l’abstention et le vote pour des candidats issus de toutes les
nuances de la gauche, nous pouvons encore agir.
Il
suffirait pour cela d’établir une forme de programme minimal de
la droite susceptible de permettre de tracer une ligne de démarcation.
Ce programme minimal serait présenté aux candidats qui pourraient
dire simplement et clairement : j’adhère, donc je suis de droite,
je n’adhère pas, donc je suis de gauche.
Comme
il serait simple et bref, ce programme pourrait, en supplément, être
diffusé par l’écrit sous forme de brochures simples et concises,
par la parole, par des questions lors des meetings, lors d’appels
à la radio, par des tracts et des affiches, par des messages
e-mail.
Ce
programme pourrait même prendre la forme d’une immense pétition
ou d’un cahier de doléances par lequel les asservis que nous
sommes redevenus pourraient faire connaître leur avis. On nous
interdit le référendum d’initiative populaire. Rien n’interdit
le recueil de signatures et plus le nombre des signataires
recueillies se rapprocherait de la majorité absolue, plus on
pourrait dire que les hommes politiques ne représentent pas le
peuple et sont sans légitimité.
Des
pages de publicité pourraient être achetées dans la presse,
disant que la volonté des hommes et des femmes de ce pays est bafouée
et qu’il faut en prendre acte.
Pourrait
alors venir la seconde phase. Non celle de l’action, mais celle de
la résistance passive. Elle pourrait ressembler à celle prévue
par Ayn Rand dans son roman Atlas Shrugged.
Que se
passerait-il si ceux qui travaillent dans une entreprise privée à
tous les niveaux disaient : nous en avons assez, nous refusons de
continuer à être traités ainsi, nous refusons ce qui arrive à ce
pays. Et nous demandons qu’on nous écoute. Que se passerait-il si
les entrepreneurs, les médecins, les avocats, les infirmiers, les
juristes, les responsables de banque ou de transports, les
restaurateurs et les producteurs de spectacle, les routiers et les
divers artisans et commerçants disaient, eux-aussi, en même temps,
qu’ils arrêtent.
«
Initiative pour la liberté »
Qu’adviendrait-il
si, aux journées sans voiture qu’on nous impose, succédaient des
semaines sans radio et sans télévision par décision volontaire de
ceux qui écoutent la radio ou regardent la télévision ?
Sans
doute cela n’aboutirai pas à bloquer l’activité du pays, mais
cela suffirait peut-être à rappeler que, sans le capital humain de
ceux qui créent, entreprennent, utilisent leur pensée, et qu’on
exploite et asservit, nos sociétés n’existeraient tout
simplement pas.
Tout
ce que je décris me semble possible, réaliste, et pouvoir devenir
projet.
J’appellerais
le projet, s’il prend forme, « Initiative pour la liberté ».
Dans
un prochain article, je ferai des propositions concrètes sur ce que
pourrait être le programme minimal que j’appelle de mes vœux. Je
ne me fais pas beaucoup d’illusions sur les chances d’aboutir,
mais, comme dit le vieux proverbe, qui ne tente rien n’a rien.
Ce
pays a tout pour sortir de l’ornière : de l’intelligence, de la
créativité, des hommes et des femmes entreprenants. Cela me révolte
de penser qu’en ayant tout, ce pays puisse, comme c’est le cas
aujourd’hui, se diriger vers le rien, l’insignifiance et le
chaos parce que des incapables le gouvernent, le désinforment et
l’étouffent sous le joug de leur cynisme ou de leur incompétence.

- Moralisation
de la vie publique : du pain sur la planche
- Alain Dumait
- Page Alain Dumait
Dès
le lendemain d’une élection, il est du devoir des appareils
politiques de préparer la suivante. Et de le faire à tous les
niveaux, aussi bien local que national. C’est en particulier dès
le lendemain d’une défaite que se prépare la reconquête au
prochain rendez-vous.
À
Paris, les prochaines élections municipales, dans six ans, en 2007,
se feront donc pour la droite, battue en 2001, avec, pour principaux
acteurs, les présents conseillers de Paris, répartis pour
l’instant en quatre groupes politiques, sous la houlette de
Philippe Seguin, de Jean Tibéri, de Claude Goasgen et d’Yves
Galland.
Les
deux premiers demeureront pour longtemps les symboles de la cuisante
défaite du parti gaulliste à Paris. Aucun de ces personnages ne
symbolise le renouvellement.
Il
n’y a aucune chance avec eux pour que la droite retrouve dans la
capitale rapidement des couleurs.
S’agissant
des résultats de Paris et de Lyon, les deux principales exceptions
au recul général de la gauche municipale le 18 mars, la plupart
des commentateurs continuent à prétendre que c’est la fusion des
listes entre les concurrents du premier tour, négociée en partie
et dans la douleur le mardi 13 mars qui serait à l’origine du
basculement final de la droite vers la gauche de ces municipalités.
Le journal « Le Monde » a cru pouvoir titrer (mardi 20 mars, page
8) « la fusion avec Charles Millon a fait perdre Lyon à la droite
». Mais rien n’est moins sûr. Sur ce plan, une fois de plus, la
gauche nous donne des leçons : la fusion des listes entre les deux
tours, à partir du moment où elle est admise par la loi électorale,
doit être évidemment préparée et annoncée dès la campagne du
premier tour. Aucune voix ne s’est élevée contre la fusion
annoncée des listes socialistes et écologistes. Ce qui était
autorisé aux uns n’aurait pas pu être refusé aux autres à la
condition que le principe même en ait été admis par les
protagonistes. De ce point de vue, les principaux responsables des
échecs à Paris et à Lyon ne peuvent pas être Jean Tibéri ni
Charles Millon mais sont et demeurent Philippe Séguin et Michel
Mercier.
En démocratie,
il ne devrait jamais avoir de honte à être battu. C’est plutôt
le fait d’être sûr à l’avance de l’emporter qui devrait être
suspect !… Mais, dans l’intérêt de son camp, un élu battu
devrait toujours en tirer les conséquences et contribuer lui-même,
par son retrait de la vie publique, au nécessaire et bénéfique
renouvellement des hommes, dont l’usure ne peut manquer de porter
tort au message. Les simagrées de Philippe Seguin, qui a commencé
sa campagne dans le 18e arrondissement en disant qu’il serait
quatrième de sa liste, afin de montrer qu’il n’irait pas siéger
au conseil de Paris s’il ne l’emportait pas localement, et qui
se retrouve aujourd’hui président d’un groupe résiduel, élu
par dix-huit voix contre quatorze à Françoise de Panafieu, sont
non seulement pitoyables, offensantes pour les électeurs de la
droite mais aussi de nature à rendre durable le déclin de son
camp.
Lionel
Jospin a préféré rebondir sur le terrain moral en relançant le débat
sur le cumul des mandats.
Les
Français sont acquis à l’idée simple « un homme, un mandat ».
C’est d’ailleurs la pratique habituelle et courante dans toutes
les démocraties du monde. La défaite cuisante de plusieurs
ministres parmi les plus médiatiques de son gouvernement a contribué
à inciter le premier ministre à reprendre un thème qu’il avait
lui-même déjà utilisé dès 1997 mais auquel il avait pensé
pouvoir faire quelques entorses.
La façon
jospinienne de concevoir le non-cumul des mandats est particulière.
Elle revient à offrir une prime aux ministres battus : ceux-ci –
et ils sont six – ont la certitude de conserver leur portefeuille
tandis que ceux qui l’ont emporté, les dix-neuf ministres élus
ou réélus du gouvernement, ont dû faire un choix difficile.
On
voit donc bien que Lionel Jospin sera amené, au cours de sa
campagne pour l’élection présidentielle, à simplifier et à
durcir cette règle du non-cumul. La résistance des sénateurs lui
procurant sans doute un argument supplémentaire.
Au-delà
du cumul des mandats, c’est le thème plus large de la
moralisation de la vie publique qui va sans doute s’inviter. La
convocation de Jacques Chirac par le juge Halphen n’était
probablement qu’un hors-d’œuvre.
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