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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Somptuaire

Le syndicat mixte de La Vèze (Doubs), est prêt à dépenser 25 millions de F pour l’extension de l’aéroport de Besançon, qui accueille 415 passagers par an…

 

Parité

Malgré la loi de Lionel Jospin sur la parité, les femmes n’ont réussi à conquérir que 9,9 % des cantons lors des dernières élections.

 

Fiscalisme

Au sein de l’Union Européenne, les trois pays dont l’impôt sur les sociétés est le plus élevé, à savoir l’Italie (40,25 %), l’Allemagne (39,36 %) et la France (35,33 %), sont tous dirigés par la gauche…

 

Embouteillages

Contrairement à une idée reçue, les embouteillages sur les routes, tels qu’ils sont observés par la gendarmerie nationale, n’ont pas augmenté depuis 1985, et ont même diminué depuis 1990, malgré une circulation en augmentation de 50 % depuis 1985 et de 26 % depuis 1990.

 

Ouverture

Le gouvernement prépare l’ouverture du capital de Gaz de France, dont Electricité de France et TotalFinaElf, ainsi que le norvégien Statoil, pourraient devenir actionnaires minoritaires.

240 000 salariés et retraités de GdF et d’EdF pourraient se voir proposer des actions…

 

VIH

Les élus de la Ligue du Nord d’Umberto Bossi – qui va sans doute accéder au pouvoir en mai prochain en tant que composante du pôle des Libertés de Silvio Berlusconi – demandent que les immigrés souhaitant s’installer en Italie effectuent préalablement des tests VIH.

Un quart des adultes d’Afrique australe sont maintenant touchés par le SIDA.

DIVERS FAITS 

 Fichier

Le fichier des empreintes génétiques des délinquants sexuels définitivement condamnés, instauré par un décret de mai 2000, devrait être opérationnel à la fin de cette année…

 

 Contraceptif

Le laboratoire américain Organon va mettre sur le marché un anneau contraceptif concurrent de la pilule. Selon les tests, une femme utilisant soigneusement cette méthode pourrait être enceinte une fois tous les cent ans…

 

 Films X

Catherine Tasca va rétablir l’interdiction de certains films aux moins de 18 ans : ce qui évitera à des films comme « baise-moi » d’être classés X…

 

 Toujours là

Le président communiste de la Pologne, Alexandre Kwasniewski a opposé son veto à la loi, votée par le parlement à majorité de droite, sur la restitution des biens immobiliers spoliés par le régime communiste entre 1944 et 1962, arguant que cette loi est « contraire aux principes de la justice sociale et de l’égalité des citoyens face à la loi »…

 

 Pérou

Alejandro Toledo, candidat favori à l’élection présidentielle, est cocaïnomane : c’est ce que révèle un hebdomadaire péruvien. Toledo était déjà candidat contre Fujimori, menant contre lui une campagne démagogique.

 

 Propagande

David Kessler, actuel conseiller pour la culture et la communication de Lionel Jospin, va être placé à la tête du Centre National du Cinéma (CNC).

La tendance gauchisante du cinéma français ne risque pas de s’inverser…

 

 ONU

Kofi Annan se dit prêt à briguer un second mandat de cinq ans à la tête de l’ONU. Son mandat actuel s’achève le 31 décembre.

Quel dévouement !

MEDIAS

France Télévision

Le 24 mars dernier, ni la grande course cycliste Milan-San Remo, ni la finale de la coupe d’Europe de Volley, remportée pour la première fois par un club français, n’ont été retransmises sur France Télévision.

À quoi sert la redevance ?

 

France 2

Michèle Cotta, D.-G. de France 2, a déclaré au Figaro que son poste lui apporte « 90 % d’emmerde et 10 % de plaisir, l’un des taux de plaisir les plus bas de ma carrière… » Elle ajoute : « à mon poste, je ne risque rien… sinon faire des catastrophes ! »

 

Karl Zéro

L’échec de son « Vrai Journal » mensuel, vendu à 60 000 exemplaires seulement, ne décourage pas Karl Zéro, qui cherche maintenant à financer un hebdomadaire. Il est en contact avec François Pinault…

 

France-Soir

Avant d’être revendu pour un franc au groupe italien Poligrafici, le quotidien France-Soir a appartenu pendant plus d’un an au franco-libanais Georges Ghosn. Tout Paris se demandait comment ce dernier faisait pour supporter un tel gouffre. Réponse du nouveau patron italien : « à peine étions-nous installés que s’annonçaient l’Agence France Presse, des agences de voyage, des avocats, des fournisseurs de toutes sortes, qui parfois n’avaient pas été payés depuis février 2000 ».

 

Le Parisien

Jean-François Probst, ex-dir-com de la Mairie de Paris, accuse Le Parisien de « truquage » (publication de photo-montages) et d’« escroquerie » (sondages-bidon).

 

Libération

Après une grève de la rédaction, Serge July et Evence Charles Coppée, président et directeur général du quotidien Libération, ont accepté de ramener de 30 à 15 % l’augmentation de leurs salaires…

SIC   

 TV

« À la télévision, on est en réalité sérieux qu’une seule fois par jour. Le reste du temps on se divertit » (Guillaume Durand).

 

 Lumières

«C’est du siècle des Lumières que partent les racines communes du libéralisme, du socialisme et du communisme. » (Alexandre Soljenitsyne).

 

 Témoignage

« À quoi sert de se présenter quand on a la certitude de faire moins de 10 % des voix ? » (Michèle Alliot-Marie).

Encore une qui croit aux sondages…

 

 Lamentable

« Il s’enfuit comme un voleur » (Claude Sérillon, commentant la difficile sortie de Philippe Douste-Blazy d’un café où il était assiégé par la racaille des Motivé-e-s…)

 

 Recherche

«Depuis dix ans, les crédits de base ont même eu tendance à baisser en francs constants […] La France forme d’excellents étudiants mais une fois qu’ils ont passé leur thèse, elle est incapable de leur offrir une situation matérielle et professionnelle décente. Résultat : beaucoup partent à l’étranger. Quand on sait que la formation d’un docteur coûte un million de F à la collectivité, c’est un véritable cadeau fait à nos compétiteurs » (Alain Prochiantz, biologiste, directeur au CNRS et à l’Ecole normale supérieure de Paris).

 

 Dissolution

« Si les centristes donnent leurs voix à la gauche (sur l’inversion du calendrier électoral) et que le président est obligé de dissoudre, nous sommes prêts à partir en campagne » (Le secrétaire départemental du RPR de l’Hérault).

 

 Bon sens

« L’Espagne a l’obligation de construire une société homogène. Le plus raisonnable est donc de faire appel en priorité aux Latino-Américains » (Joaquim Arango, sociologue, conseiller de José-Maria Aznar sur l’immigration).

 

 

Les 4verites N°300 du 31 mars  2001

 Sommaire:

Éditorial de Jean Rouxel:.................Le vote de gauche coûte de plus en plus cher aux contribuables !
Bernard Trémeau.................................Des enfants ou des immigrés
Exprimez vous....................................................................... Forum
Pierre Lance. :...................Les fondateurs de l'étato-collectivisme 
Guy Millière.................................. Un programme minimal pour la droite
La chronique d"Alain Dumait:............Moralisation de la vie publique du pain sur la planche

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Le vote de gauche coûte de plus en plus cher aux contribuables !
 Jean Rouxel  

Après des élections municipales globalement mauvaises pour la gauche, qui a perdu trente-neuf villes de plus de vingt mille habitants, et un an avant une élection présidentielle qui est, dans nos institutions, le rendez-vous politique majeur ; avec un gouvernement aux mains du parti socialiste, il y a tout à craindre de l’habituelle démagogie pré-électorale.

C’est que ce recouvre le thème développé par les médias et tous les responsables du parti socialiste du « coup de barre à gauche ».

Pour l’emporter sur Jacques Chirac, Lionel Jospin ne peut pas se contenter de faire valoir son bilan qui est tout simplement médiocre. Certes, la croissance économique a été bonne l’année dernière mais aucune des réformes de structure nécessaires n’a été entreprise et le fardeau des dépenses publiques qui pèse sur les plus entreprenants des Français n’a pas été allégé.

C’est évidemment la contradiction majeure des socialistes : d’un côté ils promettent une diminution des impôts et d’un autre côté ils augmentent fortement les dépenses…

Contrairement aux engagements de Laurent Fabius, les prélèvements publics obligatoires continuent d’augmenter : le total de l’augmentation des impôts et des cotisations sociales, ajouté à l’augmentation de l’endettement public est même supérieur au total des fruits de la croissance ! L’État nous confisque tout le surplus de l’expansion économique et même un peu plus !

Le budget en cours d’exécution est spécialement laxiste avec, notamment, l’embauche de onze mille nouveaux fonctionnaires, ce qui constitue un engagement financier supplémentaire qui sera à la charge des contribuables français pendant soixante ans.

Le budget pour 2002 ne peut être que pire. Dans la fonction publique, on peut compter sur le gouvernement pour lâcher de plus fortes augmentations de salaire. Et, dans le secteur privé, une nouvelle et forte augmentation du SMIC constitue la revendication commune des Verts et des communistes.

Pour acheter les voix de leur victoire contre Jacques Chirac, les socialistes vont essayer de donner des satisfactions à leurs électeurs au niveau concret de leurs feuilles de paye. Avec l’argent des éternelles vaches à lait…

On peut compter sur Jacques Chirac pour ne pas les laisser seuls sur ce terrain de la soi-disant « solidarité ».

On dira que c’est un faux choix, entre deux candidats de gauche. Mais, à partir du moment où une majorité de citoyens vit, en totalité ou en grande partie, grâce à des deniers publics, les élections, au-delà d’une apparence formelle, peuvent-elles encore demeurer libres ?

Démographie et pensée unique

Bernard Trémeau

Gérard Calot vient de mourir. Il a été pendant 20 ans (1972-1992) directeur de l’Institut National d’études Démographiques (INED). La baisse de la natalité en France l’inquiétait profondément. Il pensait comme son maître Alfred Sauvy qu’une nation qui vieillit est une nation qui meurt. Il avait émis en 1990 l’idée que l’Etat devait favoriser la venue d’un troisième enfant. Cette idée saugrenue dans la bouche d’un grand spécialiste français en démographie lui valut les violentes attaques de certains de ses confrères. Car dans le milieu INED, fortement ancré dans la pensée unique, on considère que toute politique nataliste est de droite, voire d’extrême droite, un retour au fameux « Travail, Famille, Patrie » du Maréchal.

 

Politique familiale interdite

Pour contrer Gérard Calot, Hervé le Bras, un de ses brillants collègues, a émis une hypothèse géniale : le déclin démographique constaté n’est pas réel, il n’est qu’apparent. Les femmes françaises n’ont pas décidé de ne plus vouloir un enfant. Elles ont seulement décidé de retarder la venue de cet enfant. La chute démographique française n’est donc que passagère. La violence des attaques est devenue telle que Gérard Callot a été mis à la porte de l’INED en 1992. Il est mort en restant persuadé qu’une politique d’aide à la famille est la bonne solution.

Gérard Callot, excellent spécialiste français des problèmes démographiques, a perdu son travail pour avoir osé émettre des hypothèses différentes des certitudes de la pensée unique.

Tandis que les familles françaises décident d’avoir moins d’enfants, les Français, mieux nourris et mieux soignés, vivent de plus en plus longtemps. De plus, ils font des études de plus en plus longues et ils prennent leur retraite de plus en plus tôt. Ils ont donc durant leur vie un temps de travail de plus en plus court, et la production française s’en trouve réduite d’autant. Enfin, pour couronner le tout, le gouvernement contraint tous les Français à travailler moins par semaine, donc réduit encore la capacité de production (de 11,6 % quand on passe de 39 à 35 heures). Les richesses que produisent ceux qui travaillent diminuent à grande vitesse, alors que les richesses que consomment ceux qui ne travaillent pas augmentent à grande vitesse. C’est ce qui s’appelle aller droit dans le mur. Une telle situation exige des mesures, qui sont parfaitement connues :

La solution miracle de l’immigration

– Retarder l’âge du départ à la retraite. Pratiquement tous les pays développés l’ont déjà fait. Mais les syndicats de salariés français ne le veulent pas, donc le gouvernement français ne le fait pas.

– Permettre à chaque Français de décider de prolonger son temps de travail s’il en a envie. Mais les marxistes-égalitaristes français ne veulent surtout pas de la « retraite à la carte » et le gouvernement français ne le fait pas.

– Favoriser les économies que chacun peut faire pendant qu’il travaille pour qu’il puisse disposer d’un petit pécule personnel en fin de carrière. Même l’Allemagne rose de Schröder vient de le décider. Mais les marxistes-égalitaristes français ne veulent que du système de retraite par répartition, donc le gouvernement français ne le fait pas.

– Favoriser les investissements qui améliorent la productivité de chacun de nous, ce qui permet de produire plus dans le même temps de travail. Mais les marxistes-égalitaristes français sont viscéralement anti-capitalistes et chassent les capitaux hors du pays par une fiscalité absurde.

– Favoriser la naissance d’un troisième enfant par des mesures appropriées comme le suggérait Gérard Calot : une telle politique a déjà été efficace en France ou en Suède. Mais les tenants de la pensée unique ne le veulent pas. Le gouvernement français ne le fait donc pas.

– La pensée unique a finalement trouvé la solution-miracle : il nous manque 200.000 enfants par an. Introduisons 200.000 émigrés par an pour les remplacer, même si ces émigrés n’ont aucune qualification, car, pour un marxiste-égalitariste un homme peut automatiquement en remplacer un autre. Mais les « incidents » des banlieues chaudes font peur et finalement le gouvernement français ne le fait pas.

Les Français ont peut-être trouvé d’eux-mêmes la solution. Pour fêter intelligemment l’an 2000, ils ont mis au monde 5 % d’enfants en plus. Merci à tous ceux qui, spontanément, ont ainsi permis d’augmenter nos futures retraites de 5 %, dans 25 ans…

 

Accentuation de la soviétisation fiscale

François Richier 

 

Une instruction de la Direction générale des Impôts du 21 décembre 2000 rend applicable la loi de Finances rectificative pour 1999 imposant les télétransmissions des déclarations de résultats des exercices clos à compter du 31 décembre 2000 et des déclarations de TVA (ainsi que de son télé règlement) à compter du mois d’avril 2001 pour les sociétés imposables à l’impôt sur les sociétés qui ont réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions de francs au cours de l’exercice précédent.

Cette mesure de caractère obligatoire s’ajoute à toutes celles déjà ultra abondantes mettant le secteur privé productif au service du « service public », si ce dernier mérite encore ce qualificatif !… Mais, n’est-ce pas l’exception française ? Elle révèle une immixtion intolérable de l’administration dans la gestion des entreprises privées, en imposant, pour se simplifier la tâche, des contraintes de traitement de l’information parasitaires et coûteuses à des entreprises qui n’éprouvaient aucune nécessité de s’équiper en matériel informatique et en logiciels uniquement pour satisfaire au confort de l’administration fiscale.

La sanction prévue est très lourde : 0,2 % des droits correspondant à des déclarations déposées suivant d’autres procédés (papier, laser, etc…).

Cette mesure s’avèrera coûteuse pour le contribuable. Loin d’aboutir au dégraissage partiel du nombre de fonctionnaires d’assiette, de contrôle et de recouvrement de la Direction Générale des Impôts, elle se traduira, bien normalement comme à l’accoutumée, par l’accroissement du nombre de fonctionnaires informaticiens pour permettre l’exploitation du système et la validation des échanges des données et formulaires informatiques. Elle permettra, n’en doutons pas, d’accroître les candidats aux défilés revendicatifs sur le pavé parisien !…

Cette mesure peut également se révéler dangereuse pour certaines entreprises en matière de concurrence. Tout système de télétransmission informatique peut être pénétré et piraté. Même ceux ultra sophistiqués des Services Secrets (CIA et autres) ont été pénétrés par d’astucieux informaticiens !…

 Les entreprises doivent s’adapter aux exigences des impôts

Certes, jusqu’à présent, les sociétés doivent déposer au greffe du Tribunal de commerce certaines informations très synthétiques notamment bilan, compte de résultat et annexe, extrait de procès verbaux d’Assemblée générale, rapport général des Commissaires aux comptes, pour permettre aux tiers en relation d’affaires avec elles, d’apprécier leur situation financière (ce qui est normal du fait que les actionnaires de sociétés de capitaux ne sont pas engagés au delà du capital souscrit).

Or, les déclarations fiscales et leurs nombreux documents annexes contiennent quantités d’informations intimes sur la politique et le fonctionnement des entreprises : investissements, provisions, endettement, plus ou moins values, acquisitions ou cessions de participations, rémunérations… dont certains concurrents français et surtout étrangers seront friands pour les déstabiliser.

Le véritable « service public » non soviétisé n’aurait-il pas dû présenter cette mesure à toutes les entreprises : sociétés et autres comme une simple faculté à leur choix avec, bien entendu, pour prime à l’incitation, des suppressions nettes de postes de fonctionnaires par tranche de nombre d’entreprises qui l’adopteraient ?

Mais ne rêvons pas !…

Le cadavre soviétique trouve un potentiel de résurrection permanent dans le service public à la française !…

Pour combien de temps encore ?

 

Courrier

Accident d’avion à Saint-Barthélémy (Antilles)

Saint-Barthélémy est une île.  Une île est entourée d’eau.

Pourquoi a-t-on installé un mini-aéroport terrestre comportant une piste très courte de 600 m à peine coincée entre une plage où s’ébattent les baigneurs et une montagne abrupte balayée de vents et de tourbillons d’air imprévisibles, ce qui rend les manœuvres aéronautiques extrêmement dangereuses ?

Pourquoi, dans cette région constituée d’une foule d’archipels, n’a-t-on pas plutôt installé des bases d’hydravions (ou d’avions amphibies) dans des anses calmes ?

On le fait bien de manière courante au Canada. 

Quelle est la logique ?

Il faudra combien de morts pour imaginer des solutions de bons sens telle que celle-là ?

Ph. Hartemann, Martel – 46

 


Les origines du déclin français (suite)

Pierre Lance pierre.lance@wanadoo.fr

J’ai lu avec grand intérêt l’article de Guy Millière dans lequel il se dit « tenté par l’exil » (N° 298 du 17 mars) et je l’encourage cordialement dans cette voie. N’est-il pas normal qu’un homme veuille porter son corps là où se trouve déjà son cœur ? Guy Millière nous ayant persuadés, tout au long de ses articles, qu’il était un Américain à 100 % (et sans doute l’est-il même à 150 % depuis que G. W. Busch a été élu Président des États-Unis), il me semble tout naturel qu’il veuille franchir l’Atlantique avec armes et bagages. Je ne mets dans ce propos aucune ironie, car il y a déjà quelques années que je songe moi-même à me faire Hollandais. Un pays qui compte 50 % de libre-penseurs offre à mes yeux les plus grands attraits. Au moins autant qu’en offre à Guy Millière « l’éducation religieuse et morale » qui est la tasse de thé (devrais-je dire le verre de whisky ?) de M. Busch.

Outre les divers enracinements qu’on imagine, la principale attache qui me fait hésiter à sauter le pas est ma passion pour la langue française, d’autant que, si l’on en croit Cioran, la langue est notre vraie patrie. Toutefois je m’y résoudrai peut-être quand je commencerai à me sentir vieillir, ne serait-ce que pour bénéficier, le moment venu, des excellentes lois hollandaises sur le droit de mourir dans la dignité par l’euthanasie volontaire, auxquelles les Français, toujours sous dictature catholique occulte, ne sont pas près d’accéder, bien que ce soit le vœu de 70 % d’entre eux.

Je relève en outre dans l’article de Guy Millière sa remarque au sujet de notre « déclin commencé alentour de 1789 ». Or, si l’on admet que le déclin d’une nation commence avec l’instauration de l’étatisme-collectivisme, assorti de la fiscalité confiscatoire et de la bureaucratie tatillonne qui sont ses corollaires inévitables (et je présume que tous les lecteurs des « 4 Vérités Hebdo » en sont aussi convaincus que moi et que Guy Millière lui-même), je m’étonne qu’il puisse proférer sans plus de réflexion une si énorme contre-vérité.

 La faute aux Capétiens 

Ayant remarqué que M. Millière avait, lorsqu’il répond à ses contradicteurs, pour habitude un tantinet pédante de les taxer d’inculture et de leur conseiller fermement quelques « bonnes lectures », je me sens autorisé à lui rendre le même service et à lui recommander de lire ces deux ouvrages célèbres, véritables monuments de notre littérature politique : « Les origines de la France contemporaine » d’Hippolyte Taine et « Le Mal français » d’Alain Peyrefitte.

Ces auteurs, que nul ne peut soupçonner d’avoir été « de gauche », ont tous deux, à un siècle d’intervalle, magistralement démontré que les fondateurs de l’étatisme-collectivisme, qui détruit lentement notre pays depuis trois siècles, sont Louis XIV et son complice Colbert, l’un comme l’autre dramatiquement aveuglés sur les ressorts psychologiques de l’économie. Il en résulte accessoirement que les trois derniers Capétiens (mais surtout le premier des trois) sont entièrement responsables des sanglants excès de la Révolution française. Car lorsqu’une cocotte-minute explose, la faute n’en incombe évidemment pas à ce qu’elle contient mais aux irresponsables qui l’ont mise et laissée sur le feu.

Certes, on peut reprocher aux Jacobins, aux napoléoniens, aux socialistes et aussi, hélas, aux gaullistes, de n’avoir su que cristalliser l’étatisme monarchiste tout en se murmurant tour à tour « L’État, c’est nous ». Mais il n’en reste pas moins que Louis Capet le quatorzième est l’initiateur avéré du déclin de la France, même si le théâtre versaillais peut encore détourner de cette vérité le regard des béotiens, comme le fit en d’autres temps, quant au déclin de la Russie, le métro de Moscou.

En revanche, si Louis XVI et ses successeurs de toutes obédiences jusqu’à nos jours avaient su tirer de l’esprit des « Lumières » et des idées de 1789 le libéralisme qui s’y trouve indéniablement contenu, personne n’aurait aujourd’hui l’occasion de parler de notre « déclin national ».

Krak

Proverbe indien : « Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, les hommes vont découvrir que l’argent n’est pas comestible. »

Nous sommes à la veille d’un krak financier planétaire : on pourra bientôt recouvrir les pissotières avec l’or et le troc sera le seul et vrai moyen d’échange : le travail et la compétence seront enfin reconnus.

Jean-Pierre CANTAIS  jpcantais@hotmail. com


Un programme minimal pour la droite…

Guy Millière 
Page Guy Millière 

L’union à droite ne se réalisera pas à temps pour les prochaines échéances électorales, c’est évident. Si nous voulons que néanmoins quelque chose bouge, et que nous ne soyons pas totalement condamnés à choisir, aux élections présidentielles ou législatives, entre l’abstention et le vote pour des candidats issus de toutes les nuances de la gauche, nous pouvons encore agir.

Il suffirait pour cela d’établir une forme de programme minimal de la droite susceptible de permettre de tracer une ligne de démarcation. Ce programme minimal serait présenté aux candidats qui pourraient dire simplement et clairement : j’adhère, donc je suis de droite, je n’adhère pas, donc je suis de gauche.

Comme il serait simple et bref, ce programme pourrait, en supplément, être diffusé par l’écrit sous forme de brochures simples et concises, par la parole, par des questions lors des meetings, lors d’appels à la radio, par des tracts et des affiches, par des messages e-mail.

Ce programme pourrait même prendre la forme d’une immense pétition ou d’un cahier de doléances par lequel les asservis que nous sommes redevenus pourraient faire connaître leur avis. On nous interdit le référendum d’initiative populaire. Rien n’interdit le recueil de signatures et plus le nombre des signataires recueillies se rapprocherait de la majorité absolue, plus on pourrait dire que les hommes politiques ne représentent pas le peuple et sont sans légitimité.

Des pages de publicité pourraient être achetées dans la presse, disant que la volonté des hommes et des femmes de ce pays est bafouée et qu’il faut en prendre acte.

Pourrait alors venir la seconde phase. Non celle de l’action, mais celle de la résistance passive. Elle pourrait ressembler à celle prévue par Ayn Rand dans son roman Atlas Shrugged.

Que se passerait-il si ceux qui travaillent dans une entreprise privée à tous les niveaux disaient : nous en avons assez, nous refusons de continuer à être traités ainsi, nous refusons ce qui arrive à ce pays. Et nous demandons qu’on nous écoute. Que se passerait-il si les entrepreneurs, les médecins, les avocats, les infirmiers, les juristes, les responsables de banque ou de transports, les restaurateurs et les producteurs de spectacle, les routiers et les divers artisans et commerçants disaient, eux-aussi, en même temps, qu’ils arrêtent.

 « Initiative pour la liberté » 

Qu’adviendrait-il si, aux journées sans voiture qu’on nous impose, succédaient des semaines sans radio et sans télévision par décision volontaire de ceux qui écoutent la radio ou regardent la télévision ?

Sans doute cela n’aboutirai pas à bloquer l’activité du pays, mais cela suffirait peut-être à rappeler que, sans le capital humain de ceux qui créent, entreprennent, utilisent leur pensée, et qu’on exploite et asservit, nos sociétés n’existeraient tout simplement pas.

Tout ce que je décris me semble possible, réaliste, et pouvoir devenir projet.

J’appellerais le projet, s’il prend forme, « Initiative pour la liberté ».

Dans un prochain article, je ferai des propositions concrètes sur ce que pourrait être le programme minimal que j’appelle de mes vœux. Je ne me fais pas beaucoup d’illusions sur les chances d’aboutir, mais, comme dit le vieux proverbe, qui ne tente rien n’a rien.

Ce pays a tout pour sortir de l’ornière : de l’intelligence, de la créativité, des hommes et des femmes entreprenants. Cela me révolte de penser qu’en ayant tout, ce pays puisse, comme c’est le cas aujourd’hui, se diriger vers le rien, l’insignifiance et le chaos parce que des incapables le gouvernent, le désinforment et l’étouffent sous le joug de leur cynisme ou de leur incompétence.

Moralisation de la vie publique : du pain sur la planche
Alain Dumait
Page Alain Dumait

Dès le lendemain d’une élection, il est du devoir des appareils politiques de préparer la suivante. Et de le faire à tous les niveaux, aussi bien local que national. C’est en particulier dès le lendemain d’une défaite que se prépare la reconquête au prochain rendez-vous.

À Paris, les prochaines élections municipales, dans six ans, en 2007, se feront donc pour la droite, battue en 2001, avec, pour principaux acteurs, les présents conseillers de Paris, répartis pour l’instant en quatre groupes politiques, sous la houlette de Philippe Seguin, de Jean Tibéri, de Claude Goasgen et d’Yves Galland.

Les deux premiers demeureront pour longtemps les symboles de la cuisante défaite du parti gaulliste à Paris. Aucun de ces personnages ne symbolise le renouvellement.

Il n’y a aucune chance avec eux pour que la droite retrouve dans la capitale rapidement des couleurs.

S’agissant des résultats de Paris et de Lyon, les deux principales exceptions au recul général de la gauche municipale le 18 mars, la plupart des commentateurs continuent à prétendre que c’est la fusion des listes entre les concurrents du premier tour, négociée en partie et dans la douleur le mardi 13 mars qui serait à l’origine du basculement final de la droite vers la gauche de ces municipalités. Le journal « Le Monde » a cru pouvoir titrer (mardi 20 mars, page 8) « la fusion avec Charles Millon a fait perdre Lyon à la droite ». Mais rien n’est moins sûr. Sur ce plan, une fois de plus, la gauche nous donne des leçons : la fusion des listes entre les deux tours, à partir du moment où elle est admise par la loi électorale, doit être évidemment préparée et annoncée dès la campagne du premier tour. Aucune voix ne s’est élevée contre la fusion annoncée des listes socialistes et écologistes. Ce qui était autorisé aux uns n’aurait pas pu être refusé aux autres à la condition que le principe même en ait été admis par les protagonistes. De ce point de vue, les principaux responsables des échecs à Paris et à Lyon ne peuvent pas être Jean Tibéri ni Charles Millon mais sont et demeurent Philippe Séguin et Michel Mercier.

En démocratie, il ne devrait jamais avoir de honte à être battu. C’est plutôt le fait d’être sûr à l’avance de l’emporter qui devrait être suspect !… Mais, dans l’intérêt de son camp, un élu battu devrait toujours en tirer les conséquences et contribuer lui-même, par son retrait de la vie publique, au nécessaire et bénéfique renouvellement des hommes, dont l’usure ne peut manquer de porter tort au message. Les simagrées de Philippe Seguin, qui a commencé sa campagne dans le 18e arrondissement en disant qu’il serait quatrième de sa liste, afin de montrer qu’il n’irait pas siéger au conseil de Paris s’il ne l’emportait pas localement, et qui se retrouve aujourd’hui président d’un groupe résiduel, élu par dix-huit voix contre quatorze à Françoise de Panafieu, sont non seulement pitoyables, offensantes pour les électeurs de la droite mais aussi de nature à rendre durable le déclin de son camp.

Lionel Jospin a préféré rebondir sur le terrain moral en relançant le débat sur le cumul des mandats.

Les Français sont acquis à l’idée simple « un homme, un mandat ». C’est d’ailleurs la pratique habituelle et courante dans toutes les démocraties du monde. La défaite cuisante de plusieurs ministres parmi les plus médiatiques de son gouvernement a contribué à inciter le premier ministre à reprendre un thème qu’il avait lui-même déjà utilisé dès 1997 mais auquel il avait pensé pouvoir faire quelques entorses.

La façon jospinienne de concevoir le non-cumul des mandats est particulière. Elle revient à offrir une prime aux ministres battus : ceux-ci – et ils sont six – ont la certitude de conserver leur portefeuille tandis que ceux qui l’ont emporté, les dix-neuf ministres élus ou réélus du gouvernement, ont dû faire un choix difficile.

On voit donc bien que Lionel Jospin sera amené, au cours de sa campagne pour l’élection présidentielle, à simplifier et à durcir cette règle du non-cumul. La résistance des sénateurs lui procurant sans doute un argument supplémentaire.

Au-delà du cumul des mandats, c’est le thème plus large de la moralisation de la vie publique qui va sans doute s’inviter. La convocation de Jacques Chirac par le juge Halphen n’était probablement qu’un hors-d’œuvre.