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Les
Français veulent qu'on arrête les voyous. Lionel Jospin préfère
interdire les licenciements
Jean Rouxel
Si
Lionel Jospin avait entendu le message adressé par les Français à
l’occasion des élections municipales des 11 et 18 mars 2001, il
aurait consacré tout ou partie du séminaire gouvernemental qu’il
a réuni samedi dernier au dossier de la sécurité.
C’est
en effet l’exigence fondamentale de tous les citoyens normaux. On
supporte de payer de lourds impôts à la condition que la sécurité
de nos biens et de nos personnes soit convenablement assurée.
C’est un minimum !
Or, la
sécurité des Français se dégrade fortement d’année en année.
Une partie du territoire n’est plus « sous contrôle ». Des
quartiers entiers échappent à toute surveillance.
Un
audit général s’impose. Ensuite il faut agir non seulement au
niveau de la police et de la gendarmerie – dans certains cas en
ayant recours à l’armée, peut-être… – mais aussi au niveau
de la justice, de l’Éducation nationale et, finalement, il faudra
remettre en cause l’ensemble des politiques publiques.
Rien
n’empêcherait un gouvernement de gauche de mettre la sécurité
en tête de ses préoccupations. C’est le devoir de tout
gouvernement. Et c’est ce que veulent en particulier les électeurs
naturels de la gauche : ceux des classes populaires et moyennes de
banlieue, en particulier.
Au
lieu de quoi, toujours reprise par ses vieux démons, la gauche
archaïque française, dont Lionel Jospin est le prototype mal
relooké, préfère reprendre la vieille antienne du contrôle des
licenciements économiques.
C’est
sans doute une bonne méthode pour complaire aux syndicats et aux démagogues
professionnels. Mais ce n’est bon ni pour l’emploi ni pour la
prospérité du pays.
On
voit bien les emplois qu’on détruit alors qu’on voit mal ceux
qui se créent. Car les premiers se comptent par milliers tandis que
les seconds se comptent à l’unité. Ceux-ci sont néanmoins plus
importants que ceux-là.
Dans
une économie ouverte, comme celle des États-Unis, après le
ralentissement, les charrettes succèdent aux charrettes. Pourtant,
à la fin de chaque mois, le solde net des emplois créés se compte
par centaines de milliers. Que demain les socialistes mettent en œuvre
la tentation permanente qui est la leur de contrôler les
licenciements et ce sont les nouveaux emplois qui disparaîtront.
Avec eux, c’en serait fini de leurs communiqués de victoire
mensuels se glorifiant de la baisse tendancielle des chiffres du chômage.
Et
qu’on ne s’y trompe pas : si Danone ou Mark & Spencer ne
peuvent plus licencier, aussi bien eux que leurs collègues iront
demain s’installer ailleurs. Même les socialistes français
devront s’y faire…
Danone
: la productivité est au fond du pot !
- Bernard Trémeau
La
mondialisation nous fait passer d’un marché national de 60
millions d’habitants à un marché mondial de 6 milliards
d’habitants. Les clients potentiels de Danone sont donc 100 fois
plus nombreux. Mais un tel bouleversement contraint l’entreprise
à créer une structure mondiale pour remplacer sa structure
nationale devenue inadaptée. Des usines ferment donc ici,
d’autres s’ouvrent là.
Cette
évolution s’accompagne d’une amélioration de la productivité
des entreprises et une amélioration de 3 % par an n’est pas irréaliste.
En un temps donné, un salarié de Danone produit 103 pots de yaourt
au lieu de 100. Nous devenons ainsi tous plus riches de 3 pots de
yaourt.
Tout
le monde en profite
Cette
richesse supplémentaire se répartit entre le fournisseur de Danone
qui a fabriqué les machines lui permettant de produire plus, les
actionnaires qui ont payé ces machines, les salariés qui
produisent plus en une heure de travail et les clients qui paient
moins cher leur pot de yaourt. La répartition entre fournisseurs,
actionnaires, salariés et clients se fait selon une subtile
alchimie où la concurrence joue un rôle essentiel, tant que la
mafia ou l’État ne s’y opposent pas. Mais finalement c’est
l’ensemble de la société qui profite de cet accroissement de
richesse, et toutes les études faites pour savoir qui en profitait
le plus indiquent que riches ou pauvres en profitent de la même façon.
Mais
cette évolution bouscule totalement nos habitudes. Quand une secrétaire
dispose d’un nouvel ordinateur améliorant ses capacités de 20 %,
elle doit apprendre à se servir du nouvel engin et un tel
apprentissage n’est pas forcément facile. Puis, quatre secrétaires
faisant le travail de 5, une d’entre elles devra changer de
travail. Elle le fera parfois dans le cadre de son entreprise. Elle
le fera parfois en changeant d’entreprise. Et comme on a de moins
en moins besoin de secrétaires, elle devra peut-être changer de métier,
devenir technicienne en informatique ou réceptionniste dans un hôtel.
Quand,
dans le cadre d’une restructuration mondiale, un site ferme, ce
sont tous les salariés de ce site qui sont mis au chômage. Il
existe deux façons de réagir à une telle éventualité.
On
a bien fermé les
sanatoriums…
Soit
on utilise tous les moyens en son pouvoir pour s’opposer à la
fermeture du site, et les syndicats voient dans ce combat une action
payante. Malheureusement, un tel comportement expose à de terribles
retours. Danone investira le moins possible dans le pays dont les
syndicats agissent ainsi. Rendu moins compétitif par le maintien du
site, il risque de voir ses concurrents l’éliminer du marché.
Enfin et surtout, nous serons tous privés de l’amélioration de
productivité de 3 % que la restructuration permettait d’obtenir :
nous serons tous maintenus dans la pauvreté, comme tous les pays
communistes sont maintenus dans la pauvreté.
Soit
on accepte l’évolution du monde et on est heureux d’accepter
cette évolution qui nous enrichit tous en nous rendant tous plus
efficaces. Comme on a été heureux d’accepter, en 1946, l’arrivée
de la streptomycine, antibiotique qui s’est opposé à la
tuberculose, bien qu’en France ce produit ait contraint des
centaines de sanatoriums à fermer leurs portes et mis au chômage
des dizaines de milliers de personnes. Cette évolution nous
enrichissant tous de 3 %, la collectivité a les moyens de prendre
en charge la reconversion de tous ceux que la mondialisation met au
chômage. Elle doit le faire sans aucune réticence.
Enfin
qu’on ne nous dise pas que le chômage est une fatalité, même si
en France, pour réduire le chômage, on a décidé de rationner le
travail en interdisant de travailler plus de 35 heures. Posez à
tous ceux que vous rencontrez la question suivante : « Si demain
votre salaire ou votre retraite doublait, auriez-vous des difficultés
à utiliser tout votre argent ? ». Immédiatement, 98 % des gens répondent
sans hésiter : non. Il existe donc une fantastique demande
potentielle insatisfaite. Des milliers d’entrepreneurs seraient prêts
à la satisfaire en créant de nouveaux emplois et de nouvelles
richesses. Mais ils ne le font pas, du fait des absurdes contraintes
que l’État fait peser sur l’économie.

Un
coup de barre à droite
- Claude Reichman
Les élections
municipales auront été marquées par un vigoureux coup de barre à
droite. Ce n’est une surprise que pour les « informateurs »
patentés, qui n’avaient évidemment rien vu venir, non plus,
d’ailleurs, que les instituts de sondages. Tous ces gens vivent
entre eux et s’influencent mutuellement, produisant ce qu’il est
convenu d’appeler la pensée unique…
Mais
on aurait tort de croire, à droite, que les beaux jours sont
revenus et qu’il suffit d’attendre le bec ouvert que de juteux
fruits électoraux nous tombent du ciel.
Les désinformateurs,
même désavoués, sont toujours en place, la gauche est bien
accrochée au gouvernement et la droite n’a toujours pas retrouvé
un corps de doctrine.
De
plus, les grands caciques de la fausse droite, princes de l’échec,
empereurs de la langue de bois, n’ont pas cédé la place et ont
bien l’intention, si leur camp l’emporte aux prochaines élections
législatives et présidentielle, de s’invétérer dans les palais
officiels et de poursuivre la même politique social-démocrate qui
a toujours fait le lit du socialisme.
Dans
ces conditions, le devoir des véritables hommes de droite est de
s’organiser en vue des prochaines échéances, et tout d’abord
d’analyser les raisons de l’échec de la gauche aux municipales.
Elles sont en fait assez simples. Les Français veulent de la sécurité
et du développement économique. Ils veulent bénéficier des
fruits de leurs efforts et ne plus se les voir confisquer par l’État.
La leçon du 18 mars est très claire à cet égard. Les classes
moyennes et populaires ont lâché les socialistes parce que leurs
voitures brûlent, que leurs enfants se font agresser et racketter
à l’école, que l’État a confisqué les deux tiers de la
croissance de ces dernières années et que les 35 heures vont
aboutir à leur appauvrissement. Or les classes moyennes et
populaires, c’est la France. Elles sont aujourd’hui à droite.
Demain, elles se donneront la représentation à laquelle elles
aspirent. À la condition que la droite fasse campagne sur ces
thèmes et ne se contente pas de vagues promesses. On peut,
à cet égard, craindre le pire. Les « programmes » publiés par
diverses chapelles de la droite parlementaire sont consternants de
vide et de banalité.
Il est
grand temps qu’à droite on dise enfin les choses. Et qu’on
n’accorde plus de crédit à ceux qui seraient mieux dans le camp
d’en face.
Que
dire par exemple d’un Philippe Séguin qui, trois jours avant le
deuxième tour, déclare au Monde qu’il souhaite accorder le droit
de vote aux municipales aux immigrants francophones, c’est-à-dire
pour l’essentiel aux Africains et aux Maghrébins, et régulariser
les sans-papiers ! La réponse est venue de Toulouse, où 13 000
votants supplémentaires au deuxième tour sont venus sauver M.
Douste-Blazy d’une défaite certaine, provoquant ce commentaire de
M. Salah Amokrane, la tête de liste des « Motivé-e-s » : « La
droite a fait campagne sur mon nom et cultivé le sentiment
anti-arabe ». Pauvre Philippe Douste-Blazy, si plein de bons
sentiments, si politiquement correct : le voilà jeté dans
l’opprobre avec tous ceux qui refusent une immigration incontrôlée.
Gageons qu’il déploiera tous ses
efforts pour faire oublier une élection aussi « honteuse ».
À
une France de droite, il faut des leaders de droite. La compétition
est ouverte.
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Propositions
parlementaires
Claude
Goasguen, 56 ans, député DL de Paris, a proposé que
l’amende prévue au Code pénal pour raccolage sexuel soit
porté à 20 000 F.
Jean-Jacques
Hyest, 58 ans, sénateur centriste de la Seine-et-Marne
propose la création d’un contrôle général des prisons,
organisme qui serait indépendant de l’administration pénitentiaire.
Gilbert
Le Bris, 52 ans, député socialiste du Finistère,
propose une modification du code des communes au terme de
laquelle un accès payant à certaines portions de voies
publiques pourrait être institué lors de manifestations
culturelles ou fêtes traditionnelles.
Jacques
Le Nay, 51 ans, député UDF du Morbihan, propose de faire
porter la mention « Donneur d’organes » sur la carte de
chaque assuré social.
Jean-Michel
Marchand, 53 ans, député radical du Maine-et-Loire,
propose une amnistie générale au bénéfice des insoumis et
des déserteurs.
Yves
Nicolin, 38 ans, député UDF de la Loire, propose la
conservation pendant trente ans des objets placés sous main
de justice dans les affaires ayant donné lieu à une
condamnation.
Bernard
Perrut, 44 ans, député UDF du Rhône, propose la prise
en compte du harcèlement moral parmi les causes de rupture du
lien conjugal motivant le divorce.
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Les
échos politiques de Georges Langlois
Des
copains
Le
juge Halphen, qui s’est fixé pour objectif d’entendre Jacques
Chirac dans l’affaire des commissions sur les travaux des HLM de
la ville de Paris, n’est peut-être pas socialiste pur sucre mais
c’est en tout cas un ami personnel d’Arnaud Montebourg, le député
PS de Saône-et-Loire qui entend traduire le chef de l’État
devant la Haute Cour de justice…
Plein
temps
L’une
des initiatives qui a le plus favorablement impressionné les pairs
de Bertrand Delanoé et les conseillers de Paris toutes opinions
confondues en général, est certainement sa démission rapide du Sénat.
Il l’avait dit. Il l’a fait. Le cumul des mandats, qui était de
pratique courante à Paris, a du plomb dans l’aile.
Appartement
Jacques
Chirac avait fait attendre son successeur pendant plus d’un an
avant de lui remettre les clés de son appartement de fonction à
l’Hôtel de Ville de Paris. Jean Tibéri a promis qu’il ne
ferait attendre Bertrand Delanoé que quelques semaines : le temps
que se terminent quelques travaux qu’il a fait faire dans
son appartement de la place du Panthéon. Apparemment, le nouveau
maire du 5e arrondissement n’avait pas prévu qu’il pouvait être
battu le 18 mars…
Vélos
Bertrand
Delanoé a fait installer dans la cour de la mairie de Paris un
dispositif d’accrochage pour vélos, à la demande pressante du
nouveau groupe des élus écologistes.
Le lendemain du deuxième tour, une vingtaine
de bicyclettes étaient accrochées. Trois jours plus tard,
il n’y en avait plus qu’une seule…
Préfet
L’ancien
ministre de l’économie et des finances, Christian Sautter, est le
nouvel adjoint chargé des finances du maire de Paris. Ceux qui se
souviennent l’avoir connu comme jeune collaborateur du très
gaulliste Paul Delouvrier l’appelleront toujours « Monsieur le Préfet
».
Gagner
des Chirac ?
On
s’est bien amusé aux dépens de… Chirac, à l’occasion du dîner-débat
d’Alain Madelin, le 2 avril à la salle Wagram. Pour faire
patienter ses militants, le président de DL avait, en effet,
organisé sur la scène un pastiche de l’émission de TF1 « Qui
veut gagner des millions ? » sous la forme d’un « quizz libéral
» résolument anti-chiraquien. Exemple avec ces deux questions qui
se sont succédées : « Qui a dit : «il ne paraît ni sain ni réaliste
d’imaginer que la société française puisse devenir libérale»
? » Réponse : Chirac ; « Qui a dit : «Il n’y a guère
d’autre choix que le libéralisme» ? » Réponse : encore Chirac
! L’Elysée qui, comme d’habitude, avait du envoyer un ou deux
discrets espions, a sûrement apprécié…
Jean-Jacques
Annaud : Du cinéma, et pas de politique!
par
Nicolas Bonnal
Nicolas.BONNAL@wanadoo.fr
Dans
le monde du cinéma français, il y a – il y avait – une
exception, Jean-Jacques Annaud.
Le
réalisateur de « la Guerre du Feu », de « l’Ours » et de «
Sept ans au Tibet » m’est très tôt apparu comme une exception
culturelle à lui tout seul. Annaud aime l’épopée, le public,
les grosses productions. Il s’adresse à un public mondial, comme
les Américains, et pas à la critique germanopratine.
Avec talent et professionnalisme, il a su s’imposer au
niveau international et capter un immense public, souvent au nez et
à la barbe de la critique.
C’est
ce qui m’a décidé à lui rendre hommage, et à le contacter
voici deux ans maintenant. Annaud avait répondu à ma lettre et
m’avait permis d’assister au tournage de son dernier film, «
Stalingrad, Enemy at the Gates ». L’homme est aussi sympathique
et équilibré au quotidien que dans ses interviews. Il incarne
finalement un Français qui a su échapper au système français qui
brime tant de talents pour entraîner à sa suite une cour de grands
professionnels comme Gérard Brach, Noëlle Boisson, Robert Fraisse,
et Alain Godard, scénariste de Stalingrad, comparse depuis toujours
et venu comme lui de la publicité (crime cosmique dans la France
d’aujourd’hui). Son cinéma courageux - il faut voir les volées
de bois vert qu’il reçoit - a toujours rencontré l’assentiment
du grand public, infiniment plus éveillé que la critique branchée.
C’est
qu’Annaud ne fait pas de
politique mais du cinéma. C’est un visionnaire, un grand
technicien, un esprit curieux de tout et qui a une approche positive
du monde. Il s’est entendu avec les Américains parce que ce sont
des commerçants et qu’ils veulent faire de bons films. Les Américains
calculent certes, mais ils font confiance au goût du public. Et le
public n’a pas des goûts glauques.
Il
aime Annaud, Spielberg ou Cameron comme jadis Perrault, La Fontaine
ou Homère. Il n’a pas cette culture du négatif, apparue en
Allemagne au XIXème siècle, avec Nietzsche, Marx et Freud, et qui
depuis a décidé de décérébrer l’occident avec plus ou moins
de succès. Cela méritait bien un hommage.
Stalingrad
est un des deux grands films de guerre de la décennie - avec le
Soldat Ryan. Annaud filme spectaculairement la bataille (il fait un
bon usage des effets spéciaux, là où certains cinéastes ont
tendance parfois à se disperser entre trois ordinateurs), et il réalise
en même temps un film intimiste qui conte deux histoires : une
amitié entre un commissaire politique soviétique et un tireur d’élites,
qui tourne à la la rivalité amoureuse ; et un duel de snipers, de
tireurs d’élite, qui voit s’affronter le champion soviétique
Zaitsev et un as allemand désabusé.
Dans
le même temps, Annaud reste français et cartésien : il ne célèbre jamais l’horreur, au risque parfois de
passer à côté des accents épiques. Dans les ruines somptueuses
de la cité en flammes, il fait le procès du totalitarisme rouge,
qui a fusillé un million d’hommes pour les pousser à combattre.
Annaud a oublié les plateaux tibétains, lui le cinéaste des
grands espaces, les paysages alpins (l’Ours) ou africains (la
Guerre du Feu) pour décrire un monde rétréci, étriqué, où tout
est sujet à manipulation et à propagande. De là un goût amer,
que l’on retrouve dès ses premiers films - la Victoire en
chantant, satire de la république colonialiste (et socialiste)
pendant le première Guerre Mondiale -, et qui marque une faiblesse
fondamentale dans la conduite des projets humains. La rencontre
qu’Annaud célèbre dans tous ses film débouche aussi sur la
barbarie.
P.S.
: Le Nom de la Rose passe parfois pour un film anticatholique : mais
Annaud oppose un intégriste criminel à un nominaliste orgueilleux,
tout en célébrant l’amour et, finalement, en rendant hommage aux
valeurs franciscaines.
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Nicolas
BONNAL
- Un
cinéaste sans frontières
- Jean-Jacques
ANNAUD
-
- Michel
de Maule
- 272
pages – 115
F
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Moi,
un criminel contre l’humanité !
- Marcel Boisot
- page Marcel Boisot
Voilà
que le camarade dictateur communiste Milosevic se retrouve sous les
verrous, accusé de « crime contre l’humanité » – CCH – (un
de plus), ce qui, sans nul doute, est une bonne chose.
Première
remarque : n’est-il pas troublant que le marxisme-léninisme –
ML – qui, à l’origine, fut conçu en vue d’instaurer définitivement
la paix et l’harmonie, ait toujours conduit, comme le démontre à
profusion l’histoire, à un crime CCH ? Alors, deux hypothèses
non exclusives l’une de l’autre sont logiquement plausibles. Ou
bien le ML n’est rien d’autre qu’une doctrine instrumentale
(piège à go-go) récupérée comme stratégie de pouvoir, à la
fois pour le conquérir puis pour le conserver. Ou bien, le ML se révèle,
à l’expérience, inacceptable pour les masses qui n’en
comprennent ni la grandeur, ni l’intérêt ; auquel cas, il
convient de le leur imposer même par la force (Staline, Mao…). En
fait, rien ne s’oppose à ce que ces deux hypothèses se complètent
l’une l’autre.
Crimes
de lèse-majesté
Deuxième
remarque : l’expression elle-même de « crime contre l’humanité
» est doublement ambiguë.
Premièrement,
lorsque l’on est incertain sur la signification d’un terme, le réflexe
(pas toujours le meilleur) est de se précipiter sur son Petit
Robert qui fournit aussitôt une petite définition : « humanité
» signifie donc « genre humain ». J’en conclue que l’«
humanité » désigne l’espèce humaine telle qu’elle s’est développée
depuis grand-maman Lucy (notre ancêtre simiesque) jusqu’au Président
Chirac (compris) en passant par nos tontons Cro-Magnon et nos
tantines néandertaliennes. Donc, dans une logique irréfragable, un
crime CCH est nécessairement commis contre des milliards
d’humains (on n’est pas à un milliard près) qui, heureusement
pour eux, et par la force des choses, s’en fichent éperdument.
Ainsi, conclus-je que la grandiose expression « contre l’humanité
», proche du sacré, ne veut, en réalité, rien dire du tout
(pourquoi avoir délaissé l’expression de « lèse-humanité »
de d’Alembert » ?).
Pauvre
fille-mère du Sri-Lanka
Deuxièmement
: je devine sans grande difficulté ce que pourrait être la borne
supérieure du CCH. Elle se situerait aux alentours de 50 ou 100
millions de victimes, exploit atteint par le Grand Timonier (Mao),
l’unité dans l’échelle des valeurs étant ici, le million de
morts, le méga mort. En revanche, la question devient vraiment épineuse
dès lors que, naturellement, on se demande à partir de quel seuil
on pénètre dans le CCH. Se référant à une philosophie toute bébête
et serinante (de « serin », petit passereau), on sait à présent
que l’humanité dans sa totalité est contenue dans chaque
individu, en vous comme en moi. Je suis alors conduit à penser que
l’atteinte à l’intégrité d’une seule personne, serait-elle
une fille-mère du Sri-Lanka, s’inscrit par la force des choses
comme crime CCH. L’idée me paraît intéressante et mérite, sans
doute, d’être approfondie, d’autant qu’elle fait de chacun de
nous (et de moi en particulier) un géno-criminel.
J’ai
le sentiment super-agréable d’avoir été politiquement
hyper-correct.

-
On ne
dit plus l’Afrique « noire », on dit l’Afrique « sombre »,
clame une vieille plaisanterie cynique, un peu douteuse et éculée..
Quiconque se penche sur la situation du continent aujourd’hui ne
peut manquer de discerner avec tristesse à quel point la
plaisanterie correspond plus que jamais à la réalité.
L’Afrique
est aujourd’hui le seul continent sur la surface de la terre où
dans tous les pays discernables sur une carte de géographie, sans
exception aucune, l’espérance de vie stagne, où un peu plus de
cinquante guerres civiles ont lieu au moment où j’écris ces
lignes, et des scènes de barbarie impossibles à imaginer en cette
fin de siècle, émasculations au couteau ou découpages de membres
à la machette, se déroulent au quotidien. La très grande majorité
des sidéens dans le monde se trouve sur le continent africain, et
dans plusieurs pays la quantité d’habitants touchés dépasse les
cinquante pour cent. Le sida n’est pas pour autant la maladie qui
tue le plus : le paludisme et la maladie du sommeil répandue par la
mouche tsé-tsé déciment chaque année des familles entières…
L’esclavage
continue
Dans
certaines contrées, l’esclavage se pratique encore très communément,
même si cela ne se dit pas. Des actions à caractère ouvertement génocidaire
sont menées, telles celles qui touchent aujourd’hui le Sud Soudan
chrétien. Le seul pays à avoir présenté, un temps, toutes les
apparences du développement, l’Afrique du Sud, glisse désormais
vers la dislocation, l’implosion et la violence endémique, et,
dans le Zimbabwe voisin, ex Rhodésie, le potentat au pouvoir, un
certain Robert Mugabe, en chassant les derniers blancs, chasse aussi
les derniers entrepreneurs à avoir héroïquement tenté de rester
sur place et de maintenir en activité une économie digne de ce
nom. Partout les routes disparaissent pour ne laisser la place qu’à
des pistes impraticables, les voies de chemin de fer rouillent et se
disloquent, et les moyens de transport d’une manière générale
disparaissent.
L’aide
occidentale ne sert à rien
Les
seuls investissements qui s’opèrent sont ceux émanant des
compagnies pétrolières occidentales, et ceux qui y travaillent,
Européens pour la quasi-totalité d’entre eux, Américains
quelquefois, vivent dans des enclaves soigneusement séparées du
reste du pays par des hauts murs et des grilles parfois électrifiées.
Malgré ce que disent les discours officiels, pas un seul pays ne
connaît ne serait-ce que l’apparence lointaine de la démocratie
; les contours des partis politiques épousent systématiquement
ceux des tribus, et leurs dirigeants, tout bien pesé, sont en général
les successeurs initiés des chefs pré-coloniaux et pré-occidentaux.
L’aide financière occidentale ne sert strictement à rien
d’autre qu’à alimenter les circuits de corruption. L’aide
alimentaire ou la fourniture de médicaments ne conduit qu’à
irriguer les plus sordides trafics si la distribution n’est pas
assurée directement par les donateurs eux mêmes…
Qui
se préoccupe de tout cela en Europe ? Personne ou presque. On, préfère
détourner le regard. À la rigueur, on voudra bien évoquer dans un
discours de générosité « en simili » « l’annulation de la
dette », le « pillage des richesses naturelles » par des
occidentaux chargés, bien sûr, de tous les maux. Nul n’osera
clamer que la colonisation pendant de trop brèves décennies a
apporté des éléments de ce qu’il faut bien appeler la
civilisation là ou il n’y en avait pas. Ce serait très
incorrect… Nul ne dira, de même, que si la colonisation n’a pas
toujours été chez tous ses participants un acte de courage, la décolonisation
a été, toujours, elle, par contre, un acte de lâcheté, un recul
devant une barbarie qui maintenant revient de toutes parts : ce
serait plus incorrect encore, et il faudrait, ô horreur, peut-être
en tirer les conséquences. La gauche anti-occidentale aurait-elle
eu tort ? Vous n’y pensez pas…
Les
convictions de Jacques Chirac
- Alain
Dumait
Marie-France
Garaud, qui a bien connu Jacques Chirac, déclarait il y a quelque
temps qu’il était injuste de reprocher à celui-ci de n’avoir
aucune conviction. Il en a au moins deux, et depuis longtemps : tout
ce qui peut être qualifié d’extrême-droite le révulse littéralement
; il est un adversaire passionné, depuis toujours, de la peine de
mort.
On a
bien vu les conséquences qui résultent de sa première conviction
dans le cours de la vie politique française, depuis 1983. C’est
lui et lui seul qui a jeté l’anathème sur la droite de
conviction, qui a souhaité qu’un fossé se creuse entre elle et
la fausse droite, préférant aller pêcher ses électeurs à gauche
plutôt que du côté de la vraie droite. Pendant ce temps-là, la
gauche forgeait le concept de gauche plurielle, accueillant aussi
bien en son sein les écolos, les coco, les anarcho ou les mao…
Depuis, faute d’un vrai clivage droite-gauche, notre démocratie
est malade.
Président
de la République depuis 1995 et, à son tour, président de
l’union européenne au deuxième semestre de 1997, Jacques Chirac
s’est efforcé d’étendre à l’Europe entière son allergie
personnelle. D’où l’épisode autrichien, non seulement injuste
mais piteux pour notre diplomatie.
Il a
évidemment le droit d’être hostile à la peine de mort. Une
telle conviction est respectable. À la seule condition que les
victimes des assassins suscitent quand même un peu plus de
compassion que leurs bourreaux…
Dans
le débat politique national, l’affaire est tranchée. Elle est même
juridiquement corsetée au plan européen. Une majorité de
l’opinion publique – en France comme d’ailleurs dans tous les
pays du monde – a beau être largement en faveur de la peine de
mort, au moins dans un certain nombre de cas particulièrement
odieux, et parce que certains pervers ne sont pas récupérables par
la société, il y a en effet peu de chances pour que l’on
revienne sur cette disposition devenue quasi-constitutionnelle.
Mais,
au plan universel, la situation est très différente. Aux États-Unis
le nombre d’États pratiquant la peine de mort n’a cessé
d’augmenter depuis vingt ans. Contrairement à une idée reçue en
France, le Texas est loin d’être un cas isolé. Beaucoup
d’autres pays continuent à pratiquer la peine de mort, aussi bien
en Asie, en Afrique qu’au Moyen-Orient et aucun n’a
l’intention, apparemment, d’y renoncer prochainement.
Un
nouveau crime contre l’humanité ?
Pourtant,
vendredi dernier, devant la Commission des droits de l’homme, des
États-Unis, réunie au Palais des nations, à Genève,
Jacques Chirac s’est déclaré favorable à une
interdiction universelle de la peine de mort, et, en attendant, à
une première étape qui serait constituée par un moratoire général.
Tous
les pays visés – et ils sont
encore la majorité des pays représentés à l’ONU – ont
dû tenir le propos présidentiel comme une inadmissible immixtion
dans leurs affaires intérieures. Mais aussi, comme une vaine
rodomontade…
Voire.
Progressivement, une sournoise idéologie mondiale se met en place.
Elle invoque les droits de l’homme quand ça l’arrange. Elle déteste
tout ce qui ressemble à du nationalisme, en tout cas, occidental.
Elle prétend protéger tous les immigrés. Elle rêve d’un homme
universel. Mais d’un être humain qui serait dépourvu de toute
souveraineté légitime. De tout droit individuel naturel. Qui
n’appartiendrait plus à lui-même mais à une mythique
collectivité universelle. Qui serait gouverné par une poignée de
politiciens auto-proclamés.
Des
otages habituels
Et
pendant ce temps-là, tous les jours, dans les transports en commun
ou sur les routes, ou ailleurs, des dizaines de milliers de Français
sont pris en otage, par des groupuscules sans légitimité. Mais de
ça, ni Jacques Chirac ni Lionel Jospin, ni son gouvernement, ni les
partis qui le soutiennent ou qui disent le combattre, n’ont
cure…
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