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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Ciel

Le nombre d’avions en circulation devrait encore doubler d’ici 2020, selon les estimations aussi bien d’Airbus que de Boeing.

 Pont

Dernière décision du gouvernement italien de Giuliano Amato : la construction d’un pont de 3 360 mètres de long – record du monde – pour enjamber le détroit de Messine. Avec six couloirs d’autoroutes et deux voies de chemin de fer.

 Ingénieurs

En 1999, 240 écoles ou instituts spécialisés ont délivré 23 658 diplômes d’ingénieurs. L’année précédente la France comptait 746 000 ingénieurs (et cadres techniques). Leur salaire moyen est de 330 000 F par an.

 Bush

Les deux partis américains se sont mis d’accord sur le principe d’une réduction des impôts de 1 350 milliards de dollars sur onze ans. Au cours des deux prochaines années, la baisse sera de 100 milliards.

 Tolérance zéro

45 des 51 États américains ont, ces dernières années, voté des lois pour que les mineurs soient jugés aussi sévèrement que les adultes.

 Mineurs

Les mineurs représentent aujourd’hui 21 % des personnes mises en cause par les forces de l’ordre, contre 13 % il y a dix ans. Les moins de 18 ans sont responsables de 50 % des actes de violence et de dégradation.

 Sélection

Seuls 47 % des Français apprécient que tous les enfants suivent un même enseignement général, contre 52 % qui pensent que certains d’entre eux s’épanouiraient mieux dans des filières spécialisées. 75 %  souhaitent que le brevet des collèges devienne un vrai examen, pris en compte pour le passage en seconde… 

DIVERS FAITS 

 Kurdes

C’est peut-être la manipulation la plus flagrante de l’année : les réfugiés kurdes échoués le 17 février dernier près de Fréjus à bord de l’East Sea n’étaient pas irakiens mais syriens.

Un peu plus de 900 au départ, 449 ont été accueillis dans des centres d’hébergement d’urgence. 196 y sont encore. 130 ont fait une demande d’asile politique…

  PAC

La réforme de la politique agricole commune, dont Jacques Chirac ne veut pas entendre parler avant 2 006, et qui mobilise la moitié des ressources du budget européen, vient de rallier un nouveau soutien, celui de l’Italie, qui s’ajoute à l’Allemagne et à la Grande Bretagne…

  Internet

Les internautes chinois, qui accèdent à Internet depuis 1997, sont punis de mort quand ils se livrent à des attaques de sites informatiques. Sauf si ceux-ci sont américains…

  Dynamisme

La France est mieux équipée que les États-Unis en téléphones portables (50 % de la population en est équipée, contre 40 % outre Atlantique). Mais beaucoup moins bien en informatique : 29 % des foyers sont équipés d’un ordinateur chez nous et 57 % chez eux. 18 % de nos concitoyens utilisent Internet. 52 % des Américains.

 Chanvre

La culture du chanvre représente déjà en Suisse l’équivalent d’un chiffre d’affaire d’un milliard de F (suisses). Le Conseil fédéral de Berne envisage de libéraliser sa production et sa commercialisation, y compris à usage de stupéfiant.

  OGM

60 % des Français se déclarent « très ou assez réticents » face aux OGM, selon un sondage CSA.

 MEDIAS

 

SFP

La Société française de production doit être privatisée avant l’été. Elle est issue de l’ex-ORTF. En 1975 elle comptait 3 300 collaborateurs. Ils ne sont plus que 430. Malgré des pertes colossales…

 

RTL

La radio de la rue Bayard reçoit 25 millions d’appels téléphoniques par an…

 

RMC

RMC, ex Radio Monte Carlo, est tombé à moins de 2 % d’audience. RTL reste en tête avec 13,6 %, devant France Inter, 11,9 et Europe 1, 11,4 %.

 

NMPP

Le groupe Amaury, qui entend distribuer lui-même Le Parisien à partir du 1er juin, est attaqué par les NMPP qui ont engagé une action judiciaire en référé contre lui.

 

Journaux du monde

L’Association mondiale des journaux rassemble 17 000 titres.

 

Tapie

Canal + est actionnaire de < Free-goal. com >, site Internet voué au football, créé par Laurent Tapie, fils de Bernard…

 

Algérie

Les cinq membres de l’équipe de France 2 envoyés en Algérie couvrir la révolte kabyle ce 1er mai, ont tous des noms à consonance arabe. Les Français de souche seraient-ils mal vus du côté d’Alger ?

SIC   

« C’est l’économie toute entière qu’il faudrait boycotter ! » (Arlette Laguiller).

  Redressement

« Il faudrait détecter au sein de la structure scolaire, dès le plus jeune âge, les comportements agressifs et asociaux et créer des internats et des unités pénitentiaires pour mineurs. Là encore, c’est une question de volonté politique » (Claude Goasguen porte-parole de DL).

  Médiatisation

« Il y a des émissions, comme « Nulle part ailleurs » par exemple, où vous n’êtes pas forcé de vous montrer. Mais personne ne fait la fine bouche quand il s’agit d’aller sur TF1, France 2 ou FR3 » (Philippe Seguin).

  Protection

« Notre droit des licenciements est déjà le plus protecteur de tous les pays de l’Union Européenne » (Elizabeth Guigou).

  RATP

« Rien que pour le métro et le RER, il manque au moins 700 agents pour assurer à peu près correctement le service » (Communiqué de la CGT-RATP).

Il manque surtout un service minimum…

  Franc-parler

« Je suis abasourdi par la démagogie politique… Je comprends la détresse des salariés (de Danone)… Mais tout de même. Il faut dire la vérité. On ne peut pas laisser dire que chaque fois qu’un emploi est créé, c’est grâce au gouvernement et chaque fois qu’un emploi est détruit, c’est la faute aux entreprises » (Jean-Marie Messier).

  Patois

« La première priorité, c’est le français ; la deuxième priorité, c’est de parler anglais ; les langues régionales, ça vient après » (Claude Allègre, évoquant le plan de Jack Lang sur les langues régionales).



 

Les 4verites N°304 du 5 mai   2001

 Sommaire:

Éditorial de Jean Rouxel:....................................La BCE, utile contre-poids aux socialistes français !
Bernard Trémeau..........................................................Les socialistes toujours tentés par l'inflation
Tribune Libre de Harluche Colbert:................................Un homme de droite vote Chevènement
Les échos politiques........................................................................................... de Georges Langlois
Exprimez vous....................................................................... Forum
                                                                          Courrier des lecteurs
Marcel Boisot :........................................................................Contestations générales de l'autorité
Guy Millière............................................................................................................ Programme minimum
La chronique d"Alain Dumait:................................................L'extrême-gauche en position d'arbitre

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La BCE, utile contre-poids aux socialistes français !
 Jean Rouxel  

Sans être dramatique, le ralentissement économique est là. Révisant à la baisse leurs prévisions d’activité, et davantage encore leurs prévisions de bénéfice, les grands groupes industriels, comme des marins réduisent leurs voiles, organisent de prudents replis. Ils ferment des usines, des sites. Ils choisissent de rester dans certains pays et d’en quitter d’autres.

Pour la France et son gouvernement socialiste, c’est l’heure de vérité :  les multinationales, houspillées tous les jours dans la rue et dans les médias, auront-elles convenance plutôt à rester chez nous ou à se replier sous d’autres cieux ?

Si les entreprises deviennent les boucs-émissaires du ralentissement économique, qui entraîne nécessairement des suppressions d’emplois, il ne faudra pas s’étonner de leur comportement peu « citoyen ».

Un autre bouc-émissaire tout trouvé est la Banque Centrale Européenne qui se refuse, avec sagesse, à baisser ses taux d’intérêt (voir l’article lumineux de Bernard Trémeau, en page 2).

Sans doute y a-t-il une dissymétrie entre la politique monétaire américaine et la politique monétaire européenne. Mais celle-ci ne résulte pas des comportements différents des autorités monétaires elles-mêmes mais bien plutôt des comportements différents des hommes politiques. Là-bas, on baisse les impôts, on rembourse la dette publique, on allège les contraintes et on finance les retraites. Ici, on augmente les dépenses publiques, on ne réduit pas les dettes et on reporte toujours à plus tard le financement des retraites.

La Banque Centrale Européenne a en effet des raisons de craindre un retour de l’inflation que son homologue américaine n’a pas : ici, et en particulier dans la France socialiste, ce sont les pouvoirs publics eux-mêmes qui poussent à l’augmentation des salaires et, de cette façon, au retour de l’inflation. Alors qu’aux États-Unis, une partie au moins des gains de productivité alimente la baisse des prix.

Contrairement aux rodomontades de Lionel Jospin et de Laurent Fabius, l’Europe en général et la France en particulier, continuent à perdre du terrain sur l’Amérique. La preuve : c’est toujours là-bas plutôt qu’ici que s’investissent massivement les capitaux internationaux en quête de bons placements sûrs et durables.

Un troisième bouc-émissaire est à peu près hors d’usage. Loin d’être surévalué, l’Euro est aujourd’hui sous-évalué. De l’ordre de 11% par rapport au dollar, sur le critère de « l’indice McDo » (le prix de vente du Big Mac, produit standard dans cent vingt pays, en monnaie locale, convertie en dollar). Si la BCE baissait ses taux aujourd’hui, loin de remonter, l’Euro plongerait. Et le patrimoine des Européens serait une nouvelle fois écorné.

Monétaristes et keynésiens : le combat continue !

Bernard Trémeau

Depuis quelques mois, les responsables des monnaies, aux USA et en Europe, sont violemment attaqués par toute une partie des médias et des hommes politiques européens. Les thèmes développés sont les suivants : la moindre progression actuelle de l’économie américaine a été déclenchée par une politique monétaire trop restrictive et le « trou d’air » actuellement observé en Europe est la conséquence mécanique du refus de Wim Duisenberg de desserrer l’étau monétaire. Les attaques sont violentes et les épées non mouchetées, les qualificatifs parfois grossiers.

Ne tenons pas compte d’un aspect certainement très démagogique du débat : les hommes politiques rendent les directeurs des banques centrales responsables du chômage. Ils peuvent dire à leurs électeurs, à leur clientèle électorale : « si la banque centrale avait suivi mes conseils, nous n’aurions plus de chômage » Les politiques oublient d’ailleurs que ce sont eux qui ont volontairement rendu les banques centrales totalement indépendantes du pouvoir politique. Car, quand ils géraient eux-mêmes directement la création monétaire, l’économie allait très mal…

 

Retenons seulement de cette crise le débat idéologique. Les responsables actuels de la monnaie sont des monétaristes, c’est-à-dire des hommes qui n’ont qu’un objectif : faire coller le plus exactement possible la progression de la masse monétaire à la progression du PIB. Ils sont persuadés qu’une trop forte création monétaire ayant pour objectif la réduction du chômage est une grave erreur de gestion, car elle aboutit automatiquement à une inflation secondaire, qui rendra nécessaire des mesures de restriction monétaire, source d’encore plus de chômage.

De leur côté, les responsables politiques actuels sont pour la plupart des keynésiens, qui ne voient dans l’excès de création monétaire que l’aspect positif immédiat, le court terme : la relance par la consommation. Ils ne voient pas les effets négatifs, le long terme, le retour à l’inflation par excès de création monétaire et les mesures qu’il faudra nécessairement prendre.

D’ailleurs, dans une vision keynésienne de l’économie, la manipulation monétaire est un des éléments majeurs d’une politique économique dirigiste. Quand, pour relancer l’économie, l’État crée trop de monnaie et la distribue aux moins favorisés, il est évident qu’il augmente immédiatement la demande des consommateurs, tout en introduisant plus de « Justice Sociale » dans la société. Il se crée au passage un bon fonds électoral. Puis des mois après, quand l’excès de création monétaire a abouti à l’inflation, le pouvoir d’achat de tout le monde diminue, c’est évident. Mais l’État peut alors rendre les commerçants responsables de l’inflation, de la « valse des étiquettes ». Ce n’est plus l’État qui est responsable de l’inflation du fait d’un excès de création monétaire. Ce sont ces « voleurs de commerçants ». L’État peut alors mettre en place le contrôle des prix, qui protège tous les consommateurs contre la « rapacité » des commerçants. Il se crée ainsi une deuxième fois un bon fonds électoral.

Mais nos hommes politiques keynésiens ont voulu l’Europe, avec une banque centrale indépendante qui n’a qu’une seule mission : maintenir l’inflation européenne en dessous de 2 %. Avec 2,8 % d’inflation en Allemagne et 5 % en Irlande, les responsables européens de la monnaie seraient fous d’augmenter la production de monnaie. Ils failliraient gravement à leur devoir. La lutte contre le chômage ne passe pas par les manipulations monétaires. Elle passe par la diminution des contraintes qui paralysent les créateurs d’emplois, c’est-à-dire les entreprises. Depuis 10 ans, les USA suivent cette politique et le chômage a disparu chez eux. Nous devons les imiter. Mais nos keynésiens au pouvoir en France ont déjà perdu le pouvoir monétaire. Ils sont incapables d’abandonner leur pouvoir sur l’économie, ils croient au rôle économique de l’État. Au lieu de réduire les contraintes pesant sur les entreprises, ils en rajoutent avec les 35 heures ou l’augmentation des primes de licenciements. Le chômage va augmenter, mais ils auront un coupable : le responsable de la Banque Centrale.

Chevènement ou Chirac : le séisme, ou la nausée !

 Tribune libre de Harluche  Colbert

 Condamnez six rats sur une île à chercher leur nourriture sur une planche de liège. Alors deux rats exploiteurs forceront deux rats nageurs à céder une partie de leur pitance, tandis qu’un troisième nageur trop fort pour être exploité jouira d’un statut autonome. Le sixième rat trop débile pour nager ou exploiter les autres héritera de miettes et du statut de souffre douleur.

Condamnez à la même peine six rats d’une même origine (exploiteurs, nageurs, autonomes ou souffre-douleur) on obtient encore le même schéma social. C’est là un comportement politique naturel et incontournable chez les rats (expérience rapportée par B. Werber).

Quand l’aristocratie trahit

 Les élites politiques françaises agissent aussi selon un cycle naturel et fractal.

Cycle décrit hier par Balzac observant l’aristocratie qui cesse d’être puissance territoriale agissante pour fondre sur le faubourg Saint-Germain en une nuée de parvenus avides vendant leur puissance pour faire des coups de Bourse. Même décadence 180 ans plus tard : vendre fermes et chevaux est à la mode : jusqu’à l’Élysée qui provoque la cohabitation pour échanger du pouvoir en conservant ses prébendes. Ce n’est plus l’aristocratie qui perd son avenir, c’est la France. Ce cycle est aujourd’hui aggravé car le pouvoir est passé du gaullisme bâtisseur au giscardisme liquidateur d’industries nationales, adorateur de la rente.

Comme pour les rats, on retrouve un rapport de force unique quelle que soit la famille politique ou l’origine des dirigeants. Contre la politique générale d’abandon, dans chaque camp subsiste une opposition minoritaire, marginalisée et diabolisée. Ainsi le phénomène est répété, fractal : schéma déséquilibré, les majorités s’entendent pour affaiblir l’institution nationale ou dénoncer l’intérêt national, sous le prétexte débile de modernité européenne.

Dans la phase actuelle du cycle, reproduite en deux mêmes images gauche et droite, l’électeur est privé de choix, trahi dans ses intérêts par divers abandons : monnaie, contrôle aux frontières, armée nationale ; ou par diverses positions : mise aux fers de la France dans le processus colonial bruxellois, préférence musulmane systématique, démission diplomatique sur fond de mondialisation, de marée noire ou de vache folle.

L’électorat ne veut plus élire un gouvernement qui poursuivra sa politique d’abandon. Mais comment voter pour des candidats de droite représentant sincèrement l’intérêt national puisqu’ils occupent structurellement à droite la place minoritaire et nécessaire du souffre-douleur ? La droite d’abandon majoritaire compte en effet au deuxième tour sur l’abstention, voire sur un report de voix pour continuer une politique qui donne maintenant la nausée. 

Aider Chevènement 

Par contre l’électorat obtiendra justice s’il croise le tir par surprise en faveur d’une défense de l’intérêt national et républicain depuis la gauche. Quand Chevènement supplantera Jospin au premier tour, la gauche sera dominée par un électorat plus vaste que le sien et une volonté plus exigeante que la sienne. Redécouvrant les vertus républicaines après avoir encensé celles du capitalisme, la gauche d’abandon sera marginalisée dans une recomposition plus vaste adaptée aux valeurs imposées par l’électorat. Qu’importe l’origine des godillots. La droite d’abandon disparaîtra de la vie publique (d’ailleurs ses tenants sont bien vieux ou bien creux). Ce sera sa punition pour avoir prétendu incarner le gaullisme qu’elle liquidait.

Cessons d’être moutons, soyons stratèges.

En position de restituer la souveraineté et l’avenir en France, Chevènement semble sincère et volontaire. Aidez-le.

Séisme n’est pas fin du monde. Pensez aux rats. La droite s’est déjà recomposée sur une gauche restée seule (révolutions françaises, libération de 1945, gaullisme). Il y a une vie après les Giscard, Barre, Chirac, Madelin, Bayrou et consorts. Seule compte la France.

 

Courrier

 Comme suite à la question posée en titre de votre éditorial, dans « Les 4 Vérités hebdo » du 14 avril dernier.

Ni Chirac ! Ni Jospin ! Mais qui ? Et comment ?

Qui ? Je verrais bien M. (le baron) Seillière qui occupe aujourd’hui par défaut un espace politique abandonné par une droite sans courage ni conviction.

Jean-Pierre Gaillard, Arradon – 56

 

 Les échos politiques de Georges Langlois 

Piston

Arrangements Chirac-Baudis-Douste-Blazy. Après l’acte 1 (Chirac donne la présidence du CSA à Baudis, en échange de la mairie de Toulouse pour son protégé Douste-Blazy), bientôt l’acte 2 : Dominique Baudis s’apprêterait, en effet, à nommer Christian Badelli en lieu et place de Michèle Cotta, actuelle directrice générale de France 2, dont le mandat arrive à expiration fin juin. Or Badelli n’est autre qu’un ancien conseiller de Douste-Blazy au ministère de la culture.

 2ème manche

Le torchon n’en finit pas de brûler entre le RPR Patrick Ollier et le « conseiller en communication politique » Thierry Saussez. Ce dernier, qui avait conduit une liste dissidente à Rueil contre celle conduite par Jacques Baumel (en pré-retraite) et P. Ollier, se prépare à se présenter une nouvelle fois contre le conseiller spécial (et compagnon dans la vie) de Michèle Alliot-Marie, à l’occasion des législatives de 2002.

Expert

Après Jean-Louis Borloo, qui sera son porte-parole, François Bayrou vient de nommer un second bras droit, encore officieux, pour sa campagne présidentielle : ce sera l’ex communiste Maurice Leroy, qui devrait être chargé de la « stratégie et de la perspective ». Avantage de Leroy : il aura du temps libre, venant de se prendre une veste aux élections municipales à Vendôme où il était candidat !

Oubli

Parmi les récents promus de la Légion d’Honneur figure Jean Monville, président du groupe de BTP Spie. Il avait été condamné par la justice à 30 millions de francs d’amendes pour infraction à la législation sur les marchés publics. Deux lignes qui, curieusement, ne figurent pas dans sa biographie officielle.

Déménagement

Philippe Douste-Blazy comptait bien sur la prochaine réunion de la commission mixte franco-marocaine, qui devait avoir lieu à Toulouse le 3 mai, pour faire une nouvelle fois parler de lui. Las, Lionel Jospin – qui ne tient surtout pas à donner une tribune au patron des chiraquiens de l’UDF – a décidé au dernier moment de déprogrammer cette importante réunion, laquelle aura finalement lieu à Paris, où Bertrand Delanoë aura tout loisir de se montrer devant les caméras.

Traître

Qui sont les deux mystérieux élus de gauche à avoir voté pour Alain Juppé lors de son élection à la présidence de la communauté urbaine de Bordeaux, où la droite était pourtant minoritaire ? Au PS, une rumeur insidieuse accuse Noël Mamère, le maire de Bègles, d’avoir été l’un des deux « traîtres »…


Le chaos,prix de la liberté

Marcel Boisot

 On ne comprend rien à notre époque, dans ses contenus inquiétants, si l’on ignore la relation anarchisante de la société à l’autorité, telle qu’elle est conçue, voulue et appliquée par un pouvoir politique issu des tourbillons utopiques de 68. En effet, il n’est pas nécessaire d’être un politologue professionnel pour découvrir que partout où l’autorité est, en principe, censée assurer l’ordre et l’efficacité sociale d’une institution, cette autorité est contestée lorsqu’elle n’est pas bafouée.

La justice et l’ordre public, le système éducatif, l’entreprise, apparaissent comme les lieux privilégiés, en permanence secoués par les forces subversives de désagrégation qui en menacent l’existence.

Déjà, à Athènes, trois siècles avant J. C., les Cyniques et les Sceptiques se dressaient contre les pouvoirs, inaugurant cette confusion qui, depuis, au fil des siècles, s’est maintenue et qui consiste à faire l’amalgame entre le principe de l’autorité et son application, comme si, d’une manière générale, la valeur d’un principe était une fonction de sa traduction pratique (faut-il juger un plat d’après sa recette ou la recette d’après le plat ?).

Il est vrai que l’histoire de l’autorité est loin d’être limpide et exemplaire, d’autant plus que, dans nombre de situations, son exercice s’est soldé par l’arbitraire, l’incohérence et souvent par la cruauté. Les détenteurs de pouvoir, souvent, n’ont pas été dignes de l’emprise que leur position permettait d’exercer sur les autres ; de l’horreur de la tyrannie est né le principe démocratique. Soit inconsciemment, soit comme effet de la propagande médiatique, le souvenir perpétuellement présent du nazisme a donc provoqué par réaction un sentiment de répulsion à l’égard du principe d’autorité associé au fascisme. Comme si, indépendamment de son bien fondé par son équité et son utilité, le principe même de l’autorité était, par essence, une atteinte à la liberté, c’est-à-dire un abus fondamental sur toile de fond des Droits de l’Homme.

L’évolution actuelle de notre société se comprend ainsi à travers la rupture des valeurs éthico-culturelle qui, depuis Moïse, l’ont graduellement édifiée pour leur substituer celles du gauchisme – « forme infantile du socialisme », comme l’avait déjà dénoncé Lénine. Leur centre de gravité se saisit dans le rejet de l’ordre social, estimé comme système de contraintes inhibant la liberté individuelle, affirmée, elle, comme bien souverain intangible. Dès lors, on comprendra que le gauchisme constitue paradoxalement un noyau anti-social caché au cœur du socialisme. Or, la psychanalyse a montré à profusion que la nature humaine (comme d’ailleurs, celle de l’animal) s’accommode mal des contraintes liées à l’autorité et, faute d’éducation, les individus et surtout les enfants, à la première occasion, s’en libèrent même à travers la violence. Par idéologie, ou par négligence – sans doute les deux – le pouvoir dominant actuel en fournit souterrainement les conditions ; ce qui en fait un complice au deuxième degré.

Dans un opuscule récent, avec autant de courage et de conviction que de talent, le professeur agrégé de philosophie Adrien Barrot*, illustre jusqu’à l’évidence la démission des autorités qui, dans les écoles, pourrait bien préfigurer l’instauration du chaos social, car « celui qui ne nous craint pas nous hait » (proverbe Dakota).

 

* « L’enseignement mis à mort » par Adrien Barrot, Ed. Librio.

Élément pour un programme minimum

Guy Millière 
Page Guy Millière

La droite doit d’abord se définir négativement, en posant en face d’elle les paramètres de ce qu’elle n’est pas et qui renvoient tous au socialisme : la droite n’est pas collectiviste, elle n’est pas opposée à la liberté individuelle ni à la liberté d’entreprendre. Dans ces conditions, aucun élément d’un programme de droite ne peut avoir de dimension collectiviste et porter atteinte à la liberté individuelle et à la liberté d’entreprendre.

De même, la droite a historiquement défendu les idées de droit naturel, d’égalité de droit, de respect de la personne humaine. La droite a érigé en ce sens l’idée de droit de propriété en position de pierre angulaire de tous les autres droits. Aucun élément d’un programme de droite ne peut aller à l’encontre de ces idées sans cesser immédiatement d’être un programme de droite. Sur ces bases, un certain nombre de principes peuvent être affirmés :

1. Le coût de la fiscalité pour une société est très clair : davantage d’argent consacré aux impôts, c’est moins d’investissements entrepreneuriaux, moins de croissance, moins de création d’emploi. La droite s’engage donc à une baisse forte et rapide de tous les impôts et taxes en France de façon à parvenir à ramener, dans une première étape, les prélèvements obligatoires à un maximum de 35 % du PIB. L’impôt progressif sur le revenu étant contraire à l’égalité de droit, il devra céder la place à un impôt proportionnel sans progressivité. L’impôt sur la fortune et l’impôt sur les successions en tant qu’ils viennent imposer des biens qui ont déjà fait l’objet d’une imposition seront abolis. L’impôt sur les plus-values sera lui-même aboli pour les mêmes raisons.

2. Ramener les prélèvements obligatoires à des niveaux très inférieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui, impliquera une réforme de l’État permettant à celui-ci de se recentrer sur ses fonctions régaliennes : police, armée, justice, diplomatie. Pour que les moyens financiers consacrés à la sécurité intérieure et extérieure soient renforcés, d’autres lignes budgétaires seront revues ou graduellement supprimées. Étant établi qu’une entreprise fonctionne toujours plus efficacement qu’une administration, tout ce qui ne relève pas de la production de biens publics purs sera privatisé. Toute forme de subvention aux entreprises se trouvera abolie. Une forte baisse des impôts sur les sociétés, une simplification drastique des formalités de création d’entreprise permettront d’assainir et de dynamiser le secteur entrepreneurial et de l’émanciper du dirigisme étatique. Toute forme de protectionnisme sera abolie et ne seront conservées en ce domaine que des mesures de rétorsion potentielle.

3. Conformément aux directives européennes en vigueur et à la réforme du code de mutualité, publié au J.O. du 19 avril, le monopole de la sécurité sociale étant aboli, des assurances de santé privées se verront autorisées à proposer leurs services. Une transition rapide du système de retraite par répartition vers un système de retraite par capitalisation sera organisée. Le système d’assurance chômage sera profondément revu dans le sens d’incitations fortes à la remise au travail. Nulle personne ne pourra toucher d’allocations sans fournir un travail en contrepartie. La politique de tolérance zéro ayant fait ses preuves là où elle est appliquée, elle sera mise en œuvre, en France aussi, aux fins que nul délit ne reste impuni, que la justice passe rapidement et efficacement et que les peines soient dissuasives. En contrepartie, le principe de la présomption d’innocence (habeas corpus à l’anglaise) se trouvera généralisé.

4. Une grande réforme du système scolaire sera organisée reposant sur la liberté du choix de l’école par les parents, sur la liberté de choix des étudiants et des professeurs par les établissements d’enseignement supérieur, et sur un élargissement des possibilités pour ceux-ci de recourir à un financement privé et d’organiser des formations en liaison avec le secteur entrepreneurial. Les radios et télévisions de service public seront privatisées et toute loi entravant encore la liberté de l’information sera abolie.

L’ensemble ci-dessus énoncé peut être ramené à quelques points essentiels susceptibles de servir de « ligne de démarcation » : forte baisse des impôts et prélèvements, forte baisse des dépenses de l’État, passage d’un impôt progressif sur le revenu à un impôt proportionnel, suppression-transformation des allocations permettant de vivre sans travailler, privatisation de tout ce qui est privatisable, liberté de l’assurance santé, passage aux fonds de pension, tolérance zéro en matière de sécurité, instauration d’une vraie liberté scolaire et d’une vraie liberté de l’information.

L’extrême-gauche en position d’arbitre
Alain Dumait
Page Alain Dumait

 Pour l’élection présidentielle de l’an prochain, dont le premier tour pourrait se dérouler le dimanche 28 avril 2002, le second tour ayant lieu quatorze jours plus tard, rien n’est joué, même si Jacques Chirac et Lionel Jospin, actuellement, dans les sondages, dominent nettement tous les autres candidats potentiels. Selon les enquêtes, et selon les instituts, au deuxième tour, le score de Jacques Chirac varie, pour l’instant, de 48 à 53 %.

Pour figurer au deuxième tour, tout compétiteur doit se fixer pour objectif de devancer au premier tour le tenant du titre. L’ambition de François Bayrou comme d’Alain Madelin est donc de dépasser, sur le fil, Jacques Chirac, au nom de la modernité. Tandis qu’à gauche, c’est l’ambition de Jean-Pierre Chevènement comme de Noël Mamère, pour les Verts, de doubler Lionel Jospin, le premier sur la base d’un programme « national », le second en s’appuyant sur des propositions de nature à plaire aux « bobos », nouvelle appellation de la gauche caviar.

Ce qui veut dire que Jean-Pierre Chevènement doit s’efforcer d’aller chercher des voix à droite. Il y est d’autant plus incité que la mise hors d’état électoral de Charles Pasqua par les développements de plusieurs affaires judiciaires lui ouvre un nouvel espace (voir Tribune Libre, page 3). Il est d’ailleurs symptomatique que le président du Mouvement des citoyens commence sa campagne présidentielle sur le thème de l’Euro qu’il conviendrait de conserver dans nos porte-monnaie.

Le candidat du courant écologiste de gauche, sans doute Noël Mamère, ne peut élargir son capital électoral qu’en jetant des passerelles avec d’autres organisations réputées d’extrême-gauche. Ces liens existent d’ores et déjà. De nombreux militants du parti des Verts se retrouvent dans des organisations comme le DAL ou ATAC, viennent de la Ligue communiste ou de Lutte ouvrière, font partie de plusieurs autres groupuscules, aux méthodes plus violentes que démocratiques.

 Noël Mamère, le chouchou des journalistes

 Si cette jonction s’opère, Lionel Jospin aura alors des motifs de s’inquiéter. Car ce regroupement des écologistes et des gauchistes aura le soutien massif des médias. Une enquête récente, publiée par l’hebdomadaire « Marianne », démontre, une nouvelle fois, que les opinions politiques des journalistes ne reflètent pas du tout celles de la population française en général, et fait apparaître plus particulièrement que Noël Mamère bénéficie – parmi ses anciens confrères journalistes – d’un soutien sans commune mesure avec les opinions favorables qu’il recueille dans les sondages.

En attendant, l’extrême gauche demeure morcelée, comme cela est encore apparu clairement à l’occasion des traditionnels défilés du 1er mai. Rassemblée, cette extrême-gauche, chouchoutée par les médias, pèserait de 7 à 8 % des intentions de vote, selon les indications fournies par les élections municipales, là où des listes d’extrême-gauche se sont présentées aux suffrages des électeurs. Mais divisée, cette extrême-gauche est stérilisée. Et, au deuxième tour, beaucoup de ces votes-là manqueront à Lionel Jospin.

C’est à juste titre que François Hollande, à propos d’Arlette Laguillier, a pu parler d’un nouveau « gaucho-chiraquisme ».

 La double exclusion

 L’extrême-gauche fera-t-elle au deuxième tour plutôt le jeu de Jacques Chirac que de Lionel Jospin ? Telle est la nouvelle question que se posent les politologues. Il y a sept ans, la question portait plutôt sur les reports de voix au deuxième tour du vote Le Pen au premier tour. On pourrait parler de symétrie. À ceci près que la droite nationale a été exclue par la fausse droite. Tandis que la gauche gauchiste s’exclut elle-même…