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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Bio

Il y a en France 8 000 agriculteurs qui peuvent se prévaloir du label Bio. Leur production représente 1,3 % de la production agricole française…

Francs-Maçons v

Le nombre des Francs-Maçons britanniques est passé de 700 000 en 1945 à 300 000 aujourd’hui. Par ailleurs, la volonté de Jack Straw, ministre de l’Intérieur, d’obliger tout franc-maçon évoluant au sein de la justice ou de la police de se déclarer comme tel va être rendue impossible par l’intégration, en octobre 2000, de la Convention européenne des droits de l’homme dans le droit britannique.

RATP

Louis Gallois, patron de la SNCF, a annoncé une baisse du prix de la carte orange, allant de 15 à 30 % pour compenser les grèves subies en mars et avril. Mais ces baisses ne concernent pas ceux qui habitent Paris et sa proche banlieue (zones 1 et 2), c’est-à-dire la majorité des utilisateurs du réseau RER…

Russie

La France, avec 6,6 % des échanges, n’est que le sixième partenaire commercial de la Russie, très loin de l’Allemagne (28 %), de l’Italie (18 %) et de l’Angleterre (11 %).

Sécu

Il y a actuellement plus de 15 millions de feuilles de soins en attente de traitement dans les différentes caisses de laSécurité sociale. Ce qui veut dire des délais moyens de trois mois pour un remboursement dentaire et même de cinq moisà Paris pour un accouchement.

Le directeur général de la CNAM, Gilles Jouhannet, accuse la couverture maladie universelle et le passage à l’euro…

DIVERS FAITS 

 Bastiat

Henri Emmanuelli, président du Conseil général des Landes, accueillera lui-même les congressistes de la conférence organisée près de Dax par Jacques de Guenin, président du Cercle Frédéric Bastiat, à l’occasion du 200e anniversaire du plus célèbre des économistes français.

À noter : Emmanuelli appartient à la gauche sectaire. Jacques de Guenin a été son adversaire politique et Frédéric Bastiat est le maître à penser de ceux que le premier appelle des ultra-libéraux…

 Energie

Pour la première fois depuis 30 ans, la consommation d’énergie n’a pas augmenté en France l’année dernière.

 Peine de mort

Christine Boutin, qui entend représenter la droite de conviction aux prochaines présidentielles, s’est prononcée avec véhémence en faveur de la libération de Patrick Henry…

 Scandale

La France s’apprête à établir des relations diplomatiques avec la Corée du Nord, dont le peuple subit actuellement une dictature orwellienne communiste.

Les organisations humanitaires n’ont toujours pas réagi…

 Royalistes

Malgré les obstacles tendus par le gouvernement bulgare (centre-droit), qui a refusé d’enregistrer sa formation politique, Siméon II, l’ex-roi, participera bien aux législatives du 17 juin, s’étant allié avec deux petits partis. De 28 %, il est passé à… 40 % dans les sondages. Son programme : « un changement immédiat du système politique » et « davantage de moralité ».

 Porte-avion

Alain Richard, ministre de la Défense, a déclaré que la décision de lancer la construction ou non d’un second porte-avion nucléaire sera prise cette année.

MEDIAS

Satellite

Pour la première fois, le bouquet numérique de CanalSatellite, qui compte 1,65 million d’abonnés, a dégagé un bénéfice l’année dernière.

Sondages

La commission des lois du Sénat propose de limiter à la veille et au jour d’un scrutin, jusqu’à l’heure de clôture, l’interdiction de publier ou de diffuser des sondages d’opinion.

Hooligans

Mardi dernier, sur France Inter, Christian Bindner, évoquant les agresseurs allemands du gendarme Nivel, les traite de « sauvages ».

Pourquoi les délinquants des cités ne sont-ils traités que de « sauvageons » ?

Sondages

Le quotidien de Pierre Lazareff pourrait disparaître. Ses ventes sont tombées en-dessous des 100 000 exemplaires par jour, tandis que la rédaction ne comporte plus que soixante journalistes.

Best-sellers

« Harry Potter » est devenu le livre le plus vendu au monde, détrônant « le petit livre rouge », de Mao et « les Quatre Mousque-taires », de Dumas. Plus de 100 millions d’exemplaires ont été vendus, dans plus de 200 pays.

Reconversion

John Major, ancien premier ministre de Sa Majesté, vient de décider de se reconvertir comme… commentateur sportif de cricket.

Loft story

Les organisations extrémistes des Motivé(e)s, d’Act Up, ou de la LCR ont lancé des détritus sur les bâtiments de M6 pour protester contre Loft Story. De quoi rendre sympathique cette émission…

SIC   

 Moulin Rouge

Non seulement l’établissement parisien du Moulin Rouge a bénéficie d’une publicité gratuite avec le film du même nom présenté en ouverture du festival de Cannes, mais encore il a touché une somme rondelette pour l’utilisation de sa marque.

 Ça promet

« Ceux qui n’aiment pas la gauche n’ont pas fini d’en manger » (Jean-Luc Mélanchon, chef de l’aile gauche du PS).

 Europe

« Nous n’avons peut-être pas lu Mein Kampf à temps, mais nous n’aurons pas d’excuse si nous n’étudions pas, dès maintenant, le plan Schroeder » en vue d’une Europe fédérale (sir Peter Tapsell, député du parti conservateur britannique).

 Programme

« Un professeur d’université ou de laboratoire public pourra faire breveter son invention et chercher des capitaux pour la développer. S’il en obtient un revenu, il versera des royalties à l’université […] » (Giulio Tremonti, futur ministre de l’économie de Silvio Berlusconi).

 Multiracial

« On cherche les Blancs » (Bernard Kouchner, contemplant l’équipe de France de football).

 Nouvel ordre

« Avant la guerre, on a connu le communisme et le nazisme. Aujourd’hui, on voit arriver d’autres totalitarismes, ce que j’appelle les Nuremberg festifs » (Jean Raspail).

 Libéralisme

« Les plus libéraux ne sont sans doute pas ceux qui veulent construire ou développer des organisations publiques internationales et fédérales mais bien plutôt ceux qui veulent assortir la mondialisation d’un remodelage en profondeur d’États qui garderaient leur rôle essentiel et leur indépendance « (Jean-Jacques Rosa, économiste).

 

 

Les 4verites N°306 du 12 mai   2001

 Sommaire:

Bernard Trémeau....................................Éducation : la sélection favorise les pauvres
Marcel Boisot:..............................................................................Les imbéciles de la pub
Les échos politiques....................................................... de Georges Langlois
Exprimez vous....................................................................... Forum
                                                                          Courrier des lecteurs
Florence Cersot :..............................................................Il y a 60 ans, l’espoir revenait
Guy Millière..................................................................... Le faux principe de précaution
La chronique d"Alain Dumait:......................................Loft Story: vomituri te salutant*

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Un nouveau message pour la droite : « Enrichissez-vous ! »
 Jean Rouxel   

Après l’Espagne, l’Irlande et l’Autriche, c’est donc au tour de l’Italie de rejoindre le camp des pays membres de l’Union européenne et pratiquant une politique économique résolument libérale. Si l’on ajoute à cette observation le fait que Tony Blair, pour travailliste qu’il soit, est aussi partisan d’une réduction de l’intervention de l’État, en particulier dans le domaine social, et le fait que Gerard Shroeder, en bon social démocrate, ne répugne pas aux réformes comme on vient de le voir, outre-Rhin, avec l’instauration de système de retraite complémentaire par capitalisation, on mesure alors à quel point les socialistes français doivent commencer à se sentir bien seuls.

Sans doute cela est-il caché à l’opinion publique par la désinformation dont les élections générales italiennes nous ont fourni un nouvel exemple. À peu près tous les procédés ont été utilisés pour déconsidérer internationalement Silvio Berlusconi. Même après la clôture du scrutin, pendant de longues heures, les médias français ont fait croire à une incertitude sur le sort des urnes.

En fait, les électeurs italiens ont donné la majorité dans les deux chambres au leader de Forza Italia. La coalition sortante, soi-disant de centre gauche, mais où se retrouvaient un grand nombre d’anciens communistes, a été désavouée. Le taux de participation des électeurs au scrutin qui a dépassé le chiffre de 81 % n’autorise aucun doute sur le caractère populaire du succès de la droite rassemblée derrière le nouveau Premier Ministre.

Mardi matin, l’éditorialiste du journal communiste français « L’humanité » posait la bonne question : comment donc les électeurs appartenant aux classes sociales populaires ou défavorisées peuvent-ils voter pour des hommes politiques défendant clairement des valeurs de droite ?

Tout simplement parce que si la gauche, partout et de tous temps, distribue généreusement aux plus pauvres l’espoir de s’en sortir mieux par un surcroît de redistribution des revenus, la droite, au contraire, pour séduire les mêmes catégories électorales, doit employer un autre argument : celui de l’amélioration des conditions de vie de tous et de chacun, par le progrès économique.

Si la révolution promise par Silvio Berlusconi est mise en œuvre rapidement, avec une forte diminution des dépenses publiques et une vraie décentralisation en particulier, l’Italie peut retrouver très vite, en  Europe, un rôle de moteur économique dont les retombées seront bénéfiques pour tout le monde : tous les Italiens et tous les Européens.

Le message implicite du milliardaire Berlusconi était, en quelque sorte : « Avec moi, vous allez vous enrichir ». v

Sélection : l’exemple irlandais

Bernard Trémeau

Les Irlandais du Nord ont installé depuis 1947 un système éducatif basé sur la sélection et la concurrence. De plus, depuis 1992, les résultats scolaires de toutes les écoles sont publiés. Chaque parent peut diriger ses enfants vers les écoles de son choix. L’enfant subit dès l’âge de 11 ans un premier examen. Les enfants doués sont alors dirigés sur les 72 « grammars schools » irlandaises et les autres sur les 238 « secondary schools ».

Seule, dans tout le Royaume Uni, l’Irlande du Nord a adopté la sélection dans ses écoles. Partout ailleurs, en Angleterre, la non sélection a été adoptée. On peut donc faire d’intéressantes comparaisons entre l’Irlande du Nord, sélectionnant ses élèves, et les autres pays d’Angleterre s’opposant à la sélection.

Dans toute l’Angleterre, comme en France, on vit sous le système de la non sélection. On pense en effet que la sélection favoriserait les enfants des classes aisées. On a ainsi créé en France une école secondaire regroupant dans la même classe tous les élèves, quel que soit leur niveau. Le fameux « tronc commun » du secondaire français offre aux enseignants des classes totalement hétérogènes. Les professeurs n’arrivent plus à enseigner, même en réduisant de plus en plus le nombre des élèves de chaque classe. Nous avons ainsi un système éducatif très coûteux et inefficace.

Premiers chiffres intéressants. Tandis que seulement 3 % des élèves quittent le secondaire sans aucun diplôme en Irlande du Nord, ce chiffre monte à 6 % dans le reste de l’Angleterre. L’utilisation de la sélection réduit de 50 % le nombre des illettrés. Signalons qu’en France, notre système étant beaucoup plus égalitariste, nous avons 10 % d’illettrés. Il est possible que si nous rétablissions la sélection, nous en aurions seulement 3 %, comme en Irlande du Nord.

Deuxièmes chiffres intéressants : 57 % des élèves d’Irlande du Nord atteignent le niveau scolaire permettant d’entrer en Université (le A-level), alors que dans l’ensemble de l’Angleterre, ce chiffre tombe à 45 % seulement. Le système irlandais permet donc d’élever jusqu’au niveau universitaire 12 % d’élèves en plus. Ces chiffres confirment qu’un système éducatif basé sur la sélection et fournissant aux enseignants des classes de même niveau, permet à ceux-ci d’être bien plus efficaces. Tout individu ayant un peu de bon sens ou d’expérience éducative le savait depuis fort longtemps.

Troisièmes chiffres bien plus intéressants encore. Plus de 31 % des élèves issus des milieux défavorisés atteignent le niveau universitaire en Irlande du Nord, alors que ce chiffre chute à 23 % dans le reste de l’Angleterre. La sélection ne défavorise pas les enfants issus des milieux défavorisés, elle les favorise au contraire de façon importante.

On peut évidemment refuser de lire, d’analyser et de comprendre la véritable signification de tous ces chiffres. L’Irlande du Nord n’est pas la France. On peut envisager toutes les hypothèses les plus farfelues pour éviter de voir la réalité en face et rester solidement calé dans ses fausses certitudes. Signalons que ces résultats scolaires ont été obtenus dans un pays ensanglanté par la guerre civile.

Jusqu’à maintenant, il semble qu’aucun parti politique français n’a mis à son programme le rétablissement de la sélection et de la concurrence à l’école. Pensée unique oblige.

Nous sommes tous des imbéciles !

Marcel Boisot

Qu’elle soit de nature économique (tel un produit ou un service) ou de nature politique (tel un bulletin de vote), la publicité et la propagande – cette forme perverse de la publicité – présentent un point commun : celui de prendre le consommateur/électeur pour un imbécile.

Que de simagrées linguistiques, de contorsions du verbe, de saynètes stupides ou absurdes assaisonnées de regards coquins et complices pour vous vendre une gymnastique électronique qui vous assurera le passage de l’obésité à la taille d’une sylphide, pour vous placer une assurance vous mettant définitivement à l’abri de toute catastrophe y compris les tremblements de terre, ou encore pour remplir votre soupière de spaghettis dont la seule vue ferait damner un anachorète de la Thébaïde. Le tout, chaque fois articulé dans un jargon infantile et infantilisant qui, ignorant les règles élémentaires de la grammaire pour faire « popu », vous traite en analphabète, en demeuré ou encore en enfant toujours coincé dans son Œdipe.

Il est intéressant de noter en passant que certains écrivains et « penseurs », par coquetterie ou inattention, ne répugnant pas à employer des néologismes barbares qui « positivent » ou « positionnent » ou encore à invoquer la logique dans des sens qui n’ont rien à voir avec la logique.

Alors que par ailleurs, l’indigence intellectuelle de leur production se camoufle pudiquement derrière un style dont les cheminements labyrinthiques pourraient les faire passer aux yeux des naïfs pour brillants.

Parmi les subtiles et efficaces stratégies marketing, celle de l’enfant, ou, plus exactement, l’émotion-par-l’enfant est l’une des plus employées (à propos, avez-vous remarqué combien l’émotion est à la mode ?). Comme tous les innocents qui tirent leurs vertus de leur âge tendre ou encore de leur origine exotique (tel le « bon sauvage » du 17e siècle), l’irrésistible chérubin aux boucles blondes et au verbe incertain détient le mystérieux pouvoir de vérité. La cible qu’est votre cœur a toutes les chances d’être traversée par l’enfant-fusée.

D’instinct, le petit gourou sait ce qui est bon pour le foie, quelle voiture familiale choisir, ou encore conseiller l’acquisition d’un ordinateur de la 5ème génération.

Pour ce qui concerne les média, on aurait tort de penser que leur motivation première épouse une quelconque idéologie, que le spectacle de l’injustice dans le monde leur est insupportable, que la recherche de la paix et l’instauration du bonheur s’inscrivent parmi leurs préoccupations permanentes. Je crains fort que la réalité, ici, soit décevante voire, peut-être même, sordide. L’analyse de leurs méthodes révèle un savoir-faire cynique, idéologique parce qu’entièrement dominé par l’esprit démagogique (là, comme ailleurs) dont l’unique visée est la conquête d’un marché de l’information qui, finalement, transforme le lecteur et surtout le téléspectateur en consommateur économique qu’aucune barrière n’est trop haute pour séduire. Ceci, on s’en doute, avec la complicité tacite, sinon active, du politique.

Il est hilarant de lire les affiches qui, en période électorale, à droite comme à gauche, vantent à qui mieux-mieux les mérites exceptionnels de leur candidat respectif et qui, par la haute moralité de leurs promesses, garantissent – enfin ! – le nirvana de la prospérité fondu dans le paradis de la justice.

Ce matraquage neuronal inlassablement poursuivi sous l’égide de la déesse Démagogie (encore elle) insulte les grands idéalistes de la démocratie qui de Platon à Marx, en passant par ceux des Lumières ont fantasmé sur une société dans laquelle l’homme libéré pourrait enfin accomplir son destin spirituel.

Vous m’accuserez sans doute de mettre mon esprit critique au service de l’ironie. Il n’en est rien. Car ce galimatias sémantice-idéologique, cet amphigouri aussi pervers que coûteux, porte magnifiquement ses fruits, puisque bien conditionnés, faisant de nous les enfants satisfaits de la « pub », nous achetons ces produits mirobolants et nous votons avec conscience et conviction pour les tartuffes de la morale.

Ce qui provoque chez moi le comble de l’irritation c’est que… je fais comme tout le monde et découvre que je suis, moi aussi, un con de la « pub » et de la « prop ».

Courrier

 GASPI

Dans une réponse à une question écrite posée par le député RPR du vaucluse Thierry Mariani, Laurent Fabius vient de reconnaître que le budget de l'Assemblée nationale et du Sénat avaient respectivement augmenté de 27,7% et de 25,8% en huit ans (1992-2000). Alors même que l'inflation cumulée,  au cours de cette même période, n'a progressé que de 12 % !

 

 Les échos politiques de Georges Langlois 

DISCRET

François Hollande a gagné un surnom, rue de Solférino : « l’avion furtif ». Motif : le premier secrétaire du PS serait, devant Martine Aubry, Laurent Fabius et Elisabeth Guigou, le mieux placé pour concourir à la présidentielle dans le cas (bien improbable cependant) où Lionel Jospin choisirait de s’effacer. L’air de rien, Hollande aurait commencé à poser quelques jalons, au cas où…

CONSEIL D’EXPERT

Toujours Hollande, mais à propos du parti communiste, cette fois. Le patron du PS a récemment confié qu’il voyait d’un très mauvais œil le changement programmé de l’appellation « parti communiste Français » en « Nouveau parti communiste », qui ne ferait, selon lui, qu’accélérer la chute de ses meilleurs alliés. Hollande rappelle que Mitterrand s’était montré hostile au changement d’appellation du PS, envisagé après la déroute électorale de 1993 : « Quand on a une marque, on la garde. Sinon, il y a toujours quelqu’un d’autre qui cherchera à s’en emparer », affirmait-il.

CONTRE-PIEDS

Coup sur coup, François d’Aubert, pourtant réputé proche d’Alain Madelin, a fait deux beaux croche-pieds à son patron. D’abord en disant tout le mal qu’il pensait de Silvio Berlusconi, avant que Madelin ne se félicite haut et fort de sa victoire, ensuite en dénonçant avec virulence les accords de Matignon… soutenus par Madelin. Le président de DL, qui comptait beaucoup sur le « punch » de d’Aubert pour sa campagne présidentielle n’a que très modérément apprécié… et le lui aurait fait savoir.

AMITIE VIRILE

Le général Aussaresse, dont le livre sur les tortures pendant la guerre d’Algérie continue de faire grand bruit, avait failli témoigner ˜ à décharge ˜ au procès de Christine Deviers-Joncours. Aussaresse est, en effet, un très proche de l’ancienne maîtresse de Roland Dumas, qu’il avait rencontré lorsque celle-ci travaillait pour Elf et lui-même comme conseiller pour l’armement à Thomson.

L'espérance se cache au coin de la rue

Florence Cersot 

Parfois, en lisant les « 4 Vérités », on sent émerger un certain découragement devant le comportement des responsables politiques français actuels. À quoi bon se battre et dénoncer les erreurs, ils en rajoutent chaque jour un peu plus. À tel point que le 14 avril 2001 Guy Millière commence deux alinéas de son article par « Pas d’espoir ». Avant de désespérer, vivons ensemble 60 ans en arrière, et retrouvons les quelques années qui ont abouti au terrible mois de mai 1941.

D’un côté, les démocraties molles avaient choisi ne pas se battre. Le Front Populaire français élu en 1936, unissant les forces de gauche pacifistes, avait préféré les 40 heures et les congés payés aux efforts qu’aurait dû exiger de la France le réarmement nazi.

En septembre 1938 les responsables des démocraties, influencés par ce doux pacifisme ambiant, s’étaient même inclinés lâchement devant « Monsieur » Hitler. Notre Président du Conseil, le radical-socialiste Daladier, était revenu en France, honteux de ce qu’il avait signé pour elle. Il croyait qu’on allait le lyncher : il a été ovationné ! En 1939 Déat, socialiste dissident, titrait dans le journal de gauche « L’œuvre » un article fort remarqué : « Mourir pour Dantzig ? »

De leur côté, le 23 août 1939, les pouvoirs totalitaires nazi et communiste avaient uni leurs forces en signant le pacte germano-soviétique. Ces deux sanglantes dictatures s’étaient partagé le monde et les communistes fournissaient aux nazis les matières premières dont ils avaient besoin pour faire la guerre. Grâce à cet accord entre deux rapaces, les nazis allaient pouvoir se lancer dans la « Blitzkrieg » et les communistes occuper quelques petits pays. Le parti communiste français devient alors l’allié des nazis. Ses actions de sabotage obligent dès le 26 septembre 1939 l’homme de gauche qu’était Daladier à dissoudre le parti communiste français et à interdire « l’Humanité ».

 Souvenons-nous de 1941

 Grâce à l’accord germano-soviétique, les troupes nazies entrent en Pologne le 1er septembre 1939 et bousculent en quelques jours l’armée polonaise. La guerre commence. Le 17 septembre, les troupes communistes entrent à leur tour en Pologne et occupent la partie du pays qui leur revient. Les démocraties n’avaient pas encore achevé leur mobilisation quand la Pologne capitulait sous l’union des totalitarismes nazi et communiste. Quelques mois plus tard, avec l’accord des nazis, les troupes communistes occupent sans difficulté les 3 pays baltes, mais sont curieusement stoppées par la Finlande qui résiste tout un hiver.

Le 8 avril 1940, les Allemands attaquent et prennent en quelques semaines le Danemark et la Norvège. Le 10 mai 1940, la machine de guerre allemande écrase la Hollande et submerge en quelques semaines la France : Pétain devient vice-président du Conseil des Ministres le 18 mai. Peu après, Paris est évacué par le gouvernement français. Le 16 juin Reynaud démissionne : le Président de la République désigne alors Pétain pour lui succéder. Pétain signe l’armistice le 22 juin. Enfin, le 10 juillet 1940, 569 députés sur 88 élisent démocratiquement Pétain chef de l’État Français avec pleins pouvoirs civils, militaires et constitutionnels. La France est occupée, la troisième République morte, mais la Démocratie est respectée…

Tandis que des non communistes entrent immédiatement en résistance, dès le 18 juin à l’appel du Général de Gaulle, le parti communistes demande à l’occupant nazi l’autorisation de faire reparaître son journal interdit, l’Humanité…

Le 8 avril 1941 les troupes allemandes déferlent sur les Balkans, et en mai, ils sautent en parachute sur la Crête. L’alliance des fascistes et des communistes triomphe partout, sans difficulté apparente. Les USA, pacifistes, refusent d’intervenir. Seule la petite Angleterre, isolée, résiste.

Terrible mois de mai 1941, où l’on espérait malgré tout, et où on avait finalement raison d’espérer. Car le 22 juin les nazis envahissaient l’URSS : les communistes français découvraient alors brusquement que la résistance existait. En décembre les Japonais bombardaient Pearl Harbor, contraignant les USA pacifistes à entrer en guerre : la victoire allait changer de camp. Bien qu’en pleine guerre, Noël 1941 fut un beau Noël d’Espérance.

Écologie de marché et principe de précaution

Guy Millière 
Page Guy Millière 

J’approuve Pierre Lance lorsqu’il parle d’une écologie de droite. C’est précisément l’écologie de droite que je défends. Je lui ai déjà consacré un livre, élaboré avec mon ami Max Falque, consultant international en environnement et appelé Écologie et liberté (Litec). Un autre de mes amis, Gérard Bramoulé, a, de son côté, publié un remarquable pamphlet sur la question : La Peste verte (Les Belles Lettres). Au temps où je m’occupais de la revue Liberalia, j’y avais fait paraître un dossier, complémentaire de ces livres et appelé Environnement et liberté.

Le travail représenté par ces différents textes doit être poursuivi et le sera prochainement : pensant que les questions d’environnement vont devenir primordiales et que l’écologisme va être le nouveau visage du socialisme radical, je me fais une priorité d’écrire un nouveau livre sur la question et de publier de surcroît une version française du Rapport sur l’état de la Terre, déjà diffusé dans le monde entier en anglais.

L’une des priorités en ce contexte doit être, non pas de reprendre le principe de précaution à notre compte, mais au contraire de le montrer comme une imposture, un danger et un frein à toute recherche scientifique : prendre des précautions face à un danger clair et discernable, oui. Prendre des précautions face à un danger dont rien n’indique qu’il peut survenir, non.

Si le principe de précaution avait été appliqué au dix-neuvième siècle, nous n’aurions ni chemins de fer ni électricité. Au moment du projet de création des premières lignes de chemins de fer en Grande-Bretagne, de doctes médecins (les Voynet de l’époque) disaient que le corps humain ne pouvait supporter des vitesses aussi folles que trente kilomètres heure et que les voyages en train allaient occasionner des hécatombes dues à des hémorragies internes et à des éclatements d’organe. Au moment de l’invention de l’ampoule électrique par Thomas Edison, d’autres médecins parlèrent du fait que les radiations émanant des lampes électriques seraient susceptibles de déboucher sur des tumeurs malignes en grande quantité. Ni les uns ni les autres n’ont été écoutés et désormais, nous voyageons en TGV (quand il n’y a pas de grève), et nous nous éclairons à l’électricité. Le principe de précaution appliqué jusqu’au bout consiste toujours à dire : que se passera-t-il, dans l’éventualité, même très improbable, où de nouveaux paramètres inconnus jusqu’alors apparaîtraient. L’émergence de nouveaux paramètres se fait chaque jour dans la vie de milliards d’hommes : il y a parfois des accidents, des meurtres, des vols.

La seule possibilité d’appliquer le principe de précaution dans sa vie est de ne plus sortir de chez soi : un chauffard peut toujours surgir dans une rue et vous blesser, on ne sait jamais, de ne plus manger au restaurant ou chez des amis des plats que vous n’ayez préparés vous-même en contrôlant tout de la pousse des fruits et des légumes au plat final, sinon qui sait ce qui peut s’introduire en cours de route…

La vie elle-même est un risque. Il n’y a de risque zéro que dans la mort, et le malthusianisme écologiste est porteur d’une haine de l’humanité qui pourrait bien conduire celle-ci à la mort.

Outre la dénonciation de l’imposture inhérente à l’idée de principe de précaution comme à celle de risque zéro, une écologie de droite devra rappeler les données scientifiquement établies, dire que les hypothèses de réchauffement global reposent sur des modèles mathématiques sans cesse contredits par les données concrètement recueillies, et, surtout, proposer des alternatives.

Bien des « problèmes » souvent évoqués (la pollution des mers, par exemple) peuvent être résolus par le recours aux droits de propriété (on ne gaspille que ce qui n’appartient à personne), l’affirmation juridique renforcée du principe de responsabilité (une personne, physique ou morale, est responsable de ses actes et des conséquences de ceux-ci), la reconnaissance de l’infinie supériorité du marché sur toute solution planiste ou réglementariste : le marché permet la liberté et la créativité, tout en encourageant la responsabilité. On y passe des contrats et on y subit les conséquences d’un manquement au contrat lorsqu’on en est la cause. Le marché civilise les hommes, les incite à adopter une conduite qui, en servant leur intérêt personnel, sert aussi l’intérêt général et renforce la confiance en la possibilité pour l’être humain de se conduire de manière raisonnable.

Le planisme et le réglementarisme, par essence socialistes, rabaissent les hommes, broient leur créativité, leur imposent une conduite et les mènent à la servitude.

Loft Story : vomitori te salutant*
Alain Dumait
Page Alain Dumait

Édouard Balladur, Alain Madelin, comme tous les autres parlementaires interrogés sur le sujet, à la radio, à la télévision ou dans les couloirs de l’Assemblée Nationale, ont déclaré avoir regardé un épisode de l’émission de divertissement qui fait actuellement la fortune de M6, Loft Story.

N’étant pas personnellement dans ce cas, je suis donc dans l’incapacité de donner mon opinion sur Aziz, Jean-Édouard, Laure ou Kenza. Je me contenterai donc de quelques réflexions de simple bon sens.

Le jeu en question est un standard international connu de tous les spécialistes de la télévision sous l’appellation de « Big Brother » et il a été mis en œuvre, déjà, au moins dans une vingtaine de pays. À chaque fois, le succès populaire a été immense. Le succès de M6 était donc prévisible.

Chaque télévision ayant repris ce standard l’a adapté à son public. Ailleurs, les participants appartenaient à des catégories sociales et surtout à des catégories d’âge plus diversifiées. En France, la production a préféré privilégier un échantillon de jeunes sans doute parce que notre société a un problème plus grave que celle de nos voisins avec ses jeunes…

Les recettes mises en œuvre par Loft Story sont d’une grande simplicité et même peut-on dire, éculées. Les techniques du psychodrame sont connues depuis de nombreuses décennies par tous les psychologues, et souvent mises en œuvre, et pas seulement dans des thérapies de groupe, mais dans de simples ateliers de formation. L’élimination systématique d’un joueur à chaque phase du jeu ressemble exactement au jeu des quatre coins ou de la chaise musicale.

Quant au voyeurisme sur lequel repose, c’est certain, le succès de la série, on sait depuis toujours, qu’il est présent au plus profond de la nature humaine, laquelle est composée d’un grand nombre d’ingrédients qui ne sont pas tous de nature à la grandir.

Ce qu’il y a de nouveau, c’est la télé. Ou plutôt qu’elle ose mettre au service de cet éternel voyeurisme la puissance de son média. Et du coup, tout change. L’élimination d’Aziz, le jeudi 10 mai, prend la dimension d’un nouveau jeu du cirque où la foule de l’arène est remplacée par quatre millions de téléspectateurs, impatients de savoir qui va mourir et excité à l’idée de le vivre en direct. On dira – et je le dis – que nul n’est obligé de regarder Loft Story sur M6. Comme les Romains n’étaient pas davantage obligés d’aller au cirque. Il n’empêche que ce divertissement, celui-ci comme celui-là, caractérise une époque.

 Avoir honte 

Où l’on vérifie, pour ceux qui en douteraient encore, qu’un programme de télévision est et sera toujours une marchandise. La compétition entre les chaînes ne porte sur rien d’autre que sur l’audience. Et Loft Story fait vendre. Que ce soit les ménagères de plus ou de moins de cinquante ans ou bien encore les jeunes de onze à quatorze ans (qui ont été plus de 80 % le 11 mai entre 18 heures 15 et 18 heures 30 à regarder la télévision !), ce sont autant de téléspectateurs qui n’étaient ni sur TF1, ni sur France 2 ni sur France 3 ni sur Canal+ ni sur la Cinq.

On dira : « C’est évident ! » mais on comprend mieux dans ces conditions que Canal + ait divisé par quatre les moyens mis en œuvre pour couvrir l’événement du 54e festival de Cannes ; on comprend mieux que plus personne ne tourne de documentaire animalier (le mercredi en question « Le monde des animaux » a fait moins de 4 % d’audience). Et on comprend aussi pourquoi France 3 n’a plus à avoir honte de son émission « Questions pour un champion » quand celle-ci fait deux fois moins d’audience que Loft Story.

Toutes les télévisions sont des entreprises commerciales et rien d’autre. Les chaînes publiques n’échappent aux lois d’airain qui en résultent que pour se livrer à d’odieuses manipulations. De la désinformation politique systématique, comme nous en avons encore été les victimes à l’occasion du vingtième anniversaire de la prise de pouvoir par François Mitterrand, ou à l’occasion de la campagne électorale en Italie. Et nulle part, l’existence de chaînes publiques ne relève finalement le niveau moyen des entreprises utilisant ce média. Pas plus d’ailleurs que le Journal officiel ne relève le niveau moyen de la presse écrite…

Il y a un problème avec Loft Story. Il ne relève ni du CSA ni d’une nouvelle réglementation. Il relève de l’homme lui-même, et de ses œuvres. Car, hélas, mes contemporains sont libres de me faire honte…  

* Ceux qui vont vomir te saluent.