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Un
nouveau message pour la droite : « Enrichissez-vous ! »
Jean Rouxel
Après
l’Espagne, l’Irlande et l’Autriche, c’est donc au tour de
l’Italie de rejoindre le camp des pays membres de l’Union européenne
et pratiquant une politique économique résolument libérale. Si
l’on ajoute à cette observation le fait que Tony Blair, pour
travailliste qu’il soit, est aussi partisan d’une réduction de
l’intervention de l’État, en particulier dans le domaine
social, et le fait que Gerard Shroeder, en bon social démocrate, ne
répugne pas aux réformes comme on vient de le voir, outre-Rhin,
avec l’instauration de système de retraite complémentaire par
capitalisation, on mesure alors à quel point les socialistes français
doivent commencer à se sentir bien seuls.
Sans
doute cela est-il caché à l’opinion publique par la désinformation
dont les élections générales italiennes nous ont fourni un nouvel
exemple. À peu près tous les procédés ont été utilisés pour déconsidérer
internationalement Silvio Berlusconi. Même après la clôture du
scrutin, pendant de longues heures, les médias français ont fait
croire à une incertitude sur le sort des urnes.
En
fait, les électeurs italiens ont donné la majorité dans les deux
chambres au leader de Forza Italia. La coalition sortante,
soi-disant de centre gauche, mais où se retrouvaient un grand
nombre d’anciens communistes, a été désavouée. Le taux de
participation des électeurs au scrutin qui a dépassé le chiffre
de 81 % n’autorise aucun doute sur le caractère populaire du succès
de la droite rassemblée derrière le nouveau Premier Ministre.
Mardi
matin, l’éditorialiste du journal communiste français «
L’humanité » posait la bonne question : comment donc les électeurs
appartenant aux classes sociales populaires ou défavorisées
peuvent-ils voter pour des hommes politiques défendant clairement
des valeurs de droite ?
Tout
simplement parce que si la gauche, partout et de tous temps,
distribue généreusement aux plus pauvres l’espoir de s’en
sortir mieux par un surcroît de redistribution des revenus, la
droite, au contraire, pour séduire les mêmes catégories électorales,
doit employer un autre argument : celui de l’amélioration des
conditions de vie de tous et de chacun, par le progrès économique.
Si la révolution
promise par Silvio Berlusconi est mise en œuvre rapidement, avec
une forte diminution des dépenses publiques et une vraie décentralisation
en particulier, l’Italie peut retrouver très vite, en
Europe, un rôle de moteur économique dont les retombées
seront bénéfiques pour tout le monde : tous les Italiens et tous
les Européens.
Le
message implicite du milliardaire Berlusconi était, en quelque
sorte : « Avec moi, vous allez vous enrichir ». v
Sélection
: l’exemple irlandais
- Bernard Trémeau
Les
Irlandais du Nord ont installé depuis 1947 un système éducatif
basé sur la sélection et la concurrence. De plus, depuis 1992, les
résultats scolaires de toutes les écoles sont publiés. Chaque
parent peut diriger ses enfants vers les écoles de son choix.
L’enfant subit dès l’âge de 11 ans un premier examen. Les
enfants doués sont alors dirigés sur les 72 « grammars schools »
irlandaises et les autres sur les 238 « secondary schools ».
Seule,
dans tout le Royaume Uni, l’Irlande du Nord a adopté la sélection
dans ses écoles. Partout ailleurs, en Angleterre, la non sélection
a été adoptée. On peut donc faire d’intéressantes comparaisons
entre l’Irlande du Nord, sélectionnant ses élèves, et les
autres pays d’Angleterre s’opposant à la sélection.
Dans
toute l’Angleterre, comme en France, on vit sous le système de la
non sélection. On pense en effet que la sélection favoriserait les
enfants des classes aisées. On a ainsi créé en France une école
secondaire regroupant dans la même classe tous les élèves, quel
que soit leur niveau. Le fameux « tronc commun » du secondaire
français offre aux enseignants des classes totalement hétérogènes.
Les professeurs n’arrivent plus à enseigner, même en réduisant
de plus en plus le nombre des élèves de chaque classe. Nous avons
ainsi un système éducatif très coûteux et inefficace.
Premiers
chiffres intéressants. Tandis que seulement 3 % des élèves
quittent le secondaire sans aucun diplôme en Irlande du Nord, ce
chiffre monte à 6 % dans le reste de l’Angleterre.
L’utilisation de la sélection réduit de 50 % le nombre des
illettrés. Signalons qu’en France, notre système étant beaucoup
plus égalitariste, nous avons 10 % d’illettrés. Il est possible
que si nous rétablissions la sélection, nous en aurions seulement
3 %, comme en Irlande du Nord.
Deuxièmes
chiffres intéressants : 57 % des élèves d’Irlande du Nord
atteignent le niveau scolaire permettant d’entrer en Université
(le A-level), alors que dans l’ensemble de l’Angleterre, ce
chiffre tombe à 45 % seulement. Le système irlandais permet donc
d’élever jusqu’au niveau universitaire 12 % d’élèves en
plus. Ces chiffres confirment qu’un système éducatif basé sur
la sélection et fournissant aux enseignants des classes de même
niveau, permet à ceux-ci d’être bien plus efficaces. Tout
individu ayant un peu de bon sens ou d’expérience éducative le
savait depuis fort longtemps.
Troisièmes
chiffres bien plus intéressants encore. Plus de 31 % des élèves
issus des milieux défavorisés atteignent le niveau universitaire
en Irlande du Nord, alors que ce chiffre chute à 23 % dans le reste
de l’Angleterre. La sélection ne défavorise pas les enfants
issus des milieux défavorisés, elle les favorise au contraire de
façon importante.
On peut
évidemment refuser de lire, d’analyser et de comprendre la véritable
signification de tous ces chiffres. L’Irlande du Nord n’est pas
la France. On peut envisager toutes les hypothèses les plus
farfelues pour éviter de voir la réalité en face et rester
solidement calé dans ses fausses certitudes. Signalons que ces résultats
scolaires ont été obtenus dans un pays ensanglanté par la guerre
civile.
Jusqu’à maintenant, il semble qu’aucun parti
politique français n’a mis à son programme le rétablissement de
la sélection et de la concurrence à l’école. Pensée unique
oblige.

Nous
sommes tous des imbéciles !
- Marcel
Boisot
Qu’elle
soit de nature économique (tel un produit ou un service) ou de
nature politique (tel un bulletin de vote), la publicité et la
propagande – cette forme perverse de la publicité – présentent
un point commun : celui de prendre le consommateur/électeur pour un
imbécile.
Que de
simagrées linguistiques, de contorsions du verbe, de saynètes
stupides ou absurdes assaisonnées de regards coquins et complices
pour vous vendre une gymnastique électronique qui vous assurera le
passage de l’obésité à la taille d’une sylphide, pour vous
placer une assurance vous mettant définitivement à l’abri de
toute catastrophe y compris les tremblements de terre, ou encore
pour remplir votre soupière de spaghettis dont la seule vue ferait
damner un anachorète de la Thébaïde. Le tout, chaque fois articulé
dans un jargon infantile et infantilisant qui, ignorant les règles
élémentaires de la grammaire pour faire « popu », vous traite en
analphabète, en demeuré ou encore en enfant toujours coincé dans
son Œdipe.
Il est
intéressant de noter en passant que certains écrivains et «
penseurs », par coquetterie ou inattention, ne répugnant pas à
employer des néologismes barbares qui « positivent » ou «
positionnent » ou encore à invoquer la logique dans des sens qui
n’ont rien à voir avec la logique.
Alors
que par ailleurs, l’indigence intellectuelle de leur production se
camoufle pudiquement derrière un style dont les cheminements
labyrinthiques pourraient les faire passer aux yeux des naïfs pour
brillants.
Parmi
les subtiles et efficaces stratégies marketing, celle de
l’enfant, ou, plus exactement, l’émotion-par-l’enfant est
l’une des plus employées (à propos, avez-vous remarqué combien
l’émotion est à la mode ?). Comme tous les innocents qui tirent
leurs vertus de leur âge tendre ou encore de leur origine exotique
(tel le « bon sauvage » du 17e siècle), l’irrésistible chérubin
aux boucles blondes et au verbe incertain détient le mystérieux
pouvoir de vérité. La cible qu’est votre cœur a toutes les
chances d’être traversée par l’enfant-fusée.
D’instinct,
le petit gourou sait ce qui est bon pour le foie, quelle voiture
familiale choisir, ou encore conseiller l’acquisition d’un
ordinateur de la 5ème génération.
Pour ce
qui concerne les média, on aurait tort de penser que leur
motivation première épouse une quelconque idéologie, que le
spectacle de l’injustice dans le monde leur est insupportable, que
la recherche de la paix et l’instauration du bonheur
s’inscrivent parmi leurs préoccupations permanentes. Je crains
fort que la réalité, ici, soit décevante voire, peut-être même,
sordide. L’analyse de leurs méthodes révèle un savoir-faire
cynique, idéologique parce qu’entièrement dominé par l’esprit
démagogique (là, comme ailleurs) dont l’unique visée est la
conquête d’un marché de l’information qui, finalement,
transforme le lecteur et surtout le téléspectateur en consommateur
économique qu’aucune barrière n’est trop haute pour séduire.
Ceci, on s’en doute, avec la complicité tacite, sinon active, du
politique.
Il est
hilarant de lire les affiches qui, en période électorale, à
droite comme à gauche, vantent à qui mieux-mieux les mérites
exceptionnels de leur candidat respectif et qui, par la haute
moralité de leurs promesses, garantissent – enfin ! – le
nirvana de la prospérité fondu dans le paradis de la justice.
Ce
matraquage neuronal inlassablement poursuivi sous l’égide de la déesse
Démagogie (encore elle) insulte les grands idéalistes de la démocratie
qui de Platon à Marx, en passant par ceux des Lumières ont fantasmé
sur une société dans laquelle l’homme libéré pourrait enfin
accomplir son destin spirituel.
Vous
m’accuserez sans doute de mettre mon esprit critique au service de
l’ironie. Il n’en est rien. Car ce galimatias sémantice-idéologique,
cet amphigouri aussi pervers que coûteux, porte magnifiquement ses
fruits, puisque bien conditionnés, faisant de nous les enfants
satisfaits de la « pub », nous achetons ces produits mirobolants
et nous votons avec conscience et conviction pour les tartuffes de
la morale.
Ce qui provoque chez moi le comble de l’irritation
c’est que… je fais comme tout le monde et découvre que je suis,
moi aussi, un con de la « pub » et de la « prop ».
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Courrier
GASPI
Dans
une réponse à une question écrite posée par le député
RPR du vaucluse Thierry Mariani, Laurent Fabius vient de
reconnaître que le budget de l'Assemblée nationale et du Sénat
avaient respectivement augmenté de 27,7% et de 25,8% en huit
ans (1992-2000). Alors même que l'inflation cumulée,
au cours de cette même période, n'a progressé que de
12 % !
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Les
échos politiques de Georges Langlois
DISCRET
François
Hollande a gagné un surnom, rue de Solférino : « l’avion furtif
». Motif : le premier secrétaire du PS serait, devant Martine
Aubry, Laurent Fabius et Elisabeth Guigou, le mieux placé pour
concourir à la présidentielle dans le cas (bien improbable
cependant) où Lionel Jospin choisirait de s’effacer. L’air de
rien, Hollande aurait commencé à poser quelques jalons, au cas où…
CONSEIL
D’EXPERT
Toujours
Hollande, mais à propos du parti communiste, cette fois. Le patron
du PS a récemment confié qu’il voyait d’un très mauvais œil
le changement programmé de l’appellation « parti communiste Français
» en « Nouveau parti communiste », qui ne ferait, selon lui,
qu’accélérer la chute de ses meilleurs alliés. Hollande
rappelle que Mitterrand s’était montré hostile au changement
d’appellation du PS, envisagé après la déroute électorale de
1993 : « Quand on a une marque, on la garde. Sinon, il y a toujours
quelqu’un d’autre qui cherchera à s’en emparer »,
affirmait-il.
CONTRE-PIEDS
Coup
sur coup, François d’Aubert, pourtant réputé proche d’Alain
Madelin, a fait deux beaux croche-pieds à son patron. D’abord en
disant tout le mal qu’il pensait de Silvio Berlusconi, avant que
Madelin ne se félicite haut et fort de sa victoire, ensuite en dénonçant
avec virulence les accords de Matignon… soutenus par Madelin. Le
président de DL, qui comptait beaucoup sur le « punch » de d’Aubert
pour sa campagne présidentielle n’a que très modérément apprécié…
et le lui aurait fait savoir.
AMITIE
VIRILE
Le général
Aussaresse, dont le livre sur les tortures pendant la guerre d’Algérie
continue de faire grand bruit, avait failli témoigner ˜ à décharge
˜ au procès de Christine Deviers-Joncours. Aussaresse est, en
effet, un très proche de l’ancienne maîtresse de Roland Dumas,
qu’il avait rencontré lorsque celle-ci travaillait pour Elf et
lui-même comme conseiller pour l’armement à Thomson.
L'espérance
se cache au coin de la rue
Florence
Cersot
Parfois,
en lisant les « 4 Vérités », on sent émerger un certain découragement
devant le comportement des responsables politiques français
actuels. À quoi bon se battre et dénoncer les erreurs, ils en
rajoutent chaque jour un peu plus. À tel point que le 14 avril 2001
Guy Millière commence deux alinéas de son article par « Pas
d’espoir ». Avant de désespérer, vivons ensemble 60 ans en arrière,
et retrouvons les quelques années qui ont abouti au terrible mois
de mai 1941.
D’un
côté, les démocraties molles avaient choisi ne pas se battre. Le
Front Populaire français élu en 1936, unissant les forces de
gauche pacifistes, avait préféré les 40 heures et les congés payés
aux efforts qu’aurait dû exiger de la France le réarmement nazi.
En
septembre 1938 les responsables des démocraties, influencés par ce
doux pacifisme ambiant, s’étaient même inclinés lâchement
devant « Monsieur » Hitler. Notre Président du Conseil, le
radical-socialiste Daladier, était revenu en France, honteux de ce
qu’il avait signé pour elle. Il croyait qu’on allait le lyncher
: il a été ovationné ! En 1939 Déat, socialiste dissident,
titrait dans le journal de gauche « L’œuvre » un article fort
remarqué : « Mourir pour Dantzig ? »
De leur
côté, le 23 août 1939, les pouvoirs totalitaires nazi et
communiste avaient uni leurs forces en signant le pacte germano-soviétique.
Ces deux sanglantes dictatures s’étaient partagé le monde et les
communistes fournissaient aux nazis les matières premières dont
ils avaient besoin pour faire la guerre. Grâce à cet accord entre
deux rapaces, les nazis allaient pouvoir se lancer dans la «
Blitzkrieg » et les communistes occuper quelques petits pays. Le
parti communiste français devient alors l’allié des nazis. Ses
actions de sabotage obligent dès le 26 septembre 1939 l’homme de
gauche qu’était Daladier à dissoudre le parti communiste français
et à interdire « l’Humanité ».
Souvenons-nous
de 1941
Grâce
à l’accord germano-soviétique, les troupes nazies entrent en
Pologne le 1er septembre 1939 et bousculent en quelques jours
l’armée polonaise. La guerre commence. Le 17 septembre, les
troupes communistes entrent à leur tour en Pologne et occupent la
partie du pays qui leur revient. Les démocraties n’avaient pas
encore achevé leur mobilisation quand la Pologne capitulait sous
l’union des totalitarismes nazi et communiste. Quelques mois plus
tard, avec l’accord des nazis, les troupes communistes occupent
sans difficulté les 3 pays baltes, mais sont curieusement stoppées
par la Finlande qui résiste tout un hiver.
Le 8
avril 1940, les Allemands attaquent et prennent en quelques semaines
le Danemark et la Norvège. Le 10 mai 1940, la machine de guerre
allemande écrase la Hollande et submerge en quelques semaines la
France : Pétain devient vice-président du Conseil des Ministres le
18 mai. Peu après, Paris est évacué par le gouvernement français.
Le 16 juin Reynaud démissionne : le Président de la République désigne
alors Pétain pour lui succéder. Pétain signe l’armistice le 22
juin. Enfin, le 10 juillet 1940, 569 députés sur 88 élisent démocratiquement
Pétain chef de l’État Français avec pleins pouvoirs civils,
militaires et constitutionnels. La France est occupée, la troisième
République morte, mais la Démocratie est respectée…
Tandis
que des non communistes entrent immédiatement en résistance, dès
le 18 juin à l’appel du Général de Gaulle, le parti communistes
demande à l’occupant nazi l’autorisation de faire reparaître
son journal interdit, l’Humanité…
Le 8
avril 1941 les troupes allemandes déferlent sur les Balkans, et en
mai, ils sautent en parachute sur la Crête. L’alliance des
fascistes et des communistes triomphe partout, sans difficulté
apparente. Les USA, pacifistes, refusent d’intervenir. Seule la
petite Angleterre, isolée, résiste.
Terrible mois de mai 1941, où l’on espérait
malgré tout, et où on avait finalement raison d’espérer. Car le
22 juin les nazis envahissaient l’URSS : les communistes français
découvraient alors brusquement que la résistance existait. En décembre
les Japonais bombardaient Pearl Harbor, contraignant les USA
pacifistes à entrer en guerre : la victoire allait changer de camp.
Bien qu’en pleine guerre, Noël 1941 fut un beau Noël d’Espérance.

Écologie
de marché et principe de précaution
- Guy Millière
- Page Guy Millière
J’approuve
Pierre Lance lorsqu’il parle d’une écologie de droite. C’est
précisément l’écologie de droite que je défends. Je lui ai déjà
consacré un livre, élaboré avec mon ami Max Falque, consultant
international en environnement et appelé Écologie et liberté (Litec).
Un autre de mes amis, Gérard Bramoulé, a, de son côté, publié
un remarquable pamphlet sur la question : La Peste verte (Les Belles
Lettres). Au temps où je m’occupais de la revue Liberalia, j’y
avais fait paraître un dossier, complémentaire de ces livres et
appelé Environnement et liberté.
Le
travail représenté par ces différents textes doit être poursuivi
et le sera prochainement : pensant que les questions
d’environnement vont devenir primordiales et que l’écologisme
va être le nouveau visage du socialisme radical, je me fais une
priorité d’écrire un nouveau livre sur la question et de publier
de surcroît une version française du Rapport sur l’état de la
Terre, déjà diffusé dans le monde entier en anglais.
L’une
des priorités en ce contexte doit être, non pas de reprendre le
principe de précaution à notre compte, mais au contraire de le
montrer comme une imposture, un danger et un frein à toute
recherche scientifique : prendre des précautions face à un danger
clair et discernable, oui. Prendre des précautions face à un
danger dont rien n’indique qu’il peut survenir, non.
Si le
principe de précaution avait été appliqué au dix-neuvième siècle,
nous n’aurions ni chemins de fer ni électricité. Au moment du
projet de création des premières lignes de chemins de fer en
Grande-Bretagne, de doctes médecins (les Voynet de l’époque)
disaient que le corps humain ne pouvait supporter des vitesses aussi
folles que trente kilomètres heure et que les voyages en train
allaient occasionner des hécatombes dues à des hémorragies
internes et à des éclatements d’organe. Au moment de
l’invention de l’ampoule électrique par Thomas Edison,
d’autres médecins parlèrent du fait que les radiations émanant
des lampes électriques seraient susceptibles de déboucher sur des
tumeurs malignes en grande quantité. Ni les uns ni les autres
n’ont été écoutés et désormais, nous voyageons en TGV (quand
il n’y a pas de grève), et nous nous éclairons à l’électricité.
Le principe de précaution appliqué jusqu’au bout consiste
toujours à dire : que se passera-t-il, dans l’éventualité, même
très improbable, où de nouveaux paramètres inconnus jusqu’alors
apparaîtraient. L’émergence de nouveaux paramètres se fait
chaque jour dans la vie de milliards d’hommes : il y a parfois des
accidents, des meurtres, des vols.
La
seule possibilité d’appliquer le principe de précaution dans sa
vie est de ne plus sortir de chez soi : un chauffard peut toujours
surgir dans une rue et vous blesser, on ne sait jamais, de ne plus
manger au restaurant ou chez des amis des plats que vous n’ayez préparés
vous-même en contrôlant tout de la pousse des fruits et des légumes
au plat final, sinon qui sait ce qui peut s’introduire en cours de
route…
La vie
elle-même est un risque. Il n’y a de risque zéro que dans la
mort, et le malthusianisme écologiste est porteur d’une haine de
l’humanité qui pourrait bien conduire celle-ci à la mort.
Outre
la dénonciation de l’imposture inhérente à l’idée de
principe de précaution comme à celle de risque zéro, une écologie
de droite devra rappeler les données scientifiquement établies,
dire que les hypothèses de réchauffement global reposent sur des
modèles mathématiques sans cesse contredits par les données concrètement
recueillies, et, surtout, proposer des alternatives.
Bien
des « problèmes » souvent évoqués (la pollution des mers, par
exemple) peuvent être résolus par le recours aux droits de propriété
(on ne gaspille que ce qui n’appartient à personne),
l’affirmation juridique renforcée du principe de responsabilité
(une personne, physique ou morale, est responsable de ses actes et
des conséquences de ceux-ci), la reconnaissance de l’infinie supériorité
du marché sur toute solution planiste ou réglementariste : le
marché permet la liberté et la créativité, tout en encourageant
la responsabilité. On y passe des contrats et on y subit les conséquences
d’un manquement au contrat lorsqu’on en est la cause. Le marché
civilise les hommes, les incite à adopter une conduite qui, en
servant leur intérêt personnel, sert aussi l’intérêt général
et renforce la confiance en la possibilité pour l’être humain de
se conduire de manière raisonnable.
Le planisme et le réglementarisme, par essence
socialistes, rabaissent les hommes, broient leur créativité, leur
imposent une conduite et les mènent à la servitude.

Édouard
Balladur, Alain Madelin, comme tous les autres parlementaires
interrogés sur le sujet, à la radio, à la télévision ou dans
les couloirs de l’Assemblée Nationale, ont déclaré avoir regardé
un épisode de l’émission de divertissement qui fait actuellement
la fortune de M6, Loft Story.
N’étant
pas personnellement dans ce cas, je suis donc dans l’incapacité
de donner mon opinion sur Aziz, Jean-Édouard, Laure ou Kenza. Je me
contenterai donc de quelques réflexions de simple bon sens.
Le jeu
en question est un standard international connu de tous les spécialistes
de la télévision sous l’appellation de « Big Brother » et il a
été mis en œuvre, déjà, au moins dans une vingtaine de pays. À
chaque fois, le succès populaire a été immense. Le succès de M6
était donc prévisible.
Chaque
télévision ayant repris ce standard l’a adapté à son public.
Ailleurs, les participants appartenaient à des catégories sociales
et surtout à des catégories d’âge plus diversifiées. En
France, la production a préféré privilégier un échantillon de
jeunes sans doute parce que notre société a un problème plus
grave que celle de nos voisins avec ses jeunes…
Les
recettes mises en œuvre par Loft Story sont d’une grande
simplicité et même peut-on dire, éculées. Les techniques du
psychodrame sont connues depuis de nombreuses décennies par tous
les psychologues, et souvent mises en œuvre, et pas seulement dans
des thérapies de groupe, mais dans de simples ateliers de
formation. L’élimination systématique d’un joueur à chaque
phase du jeu ressemble exactement au jeu des quatre coins ou de la
chaise musicale.
Quant
au voyeurisme sur lequel repose, c’est certain, le succès de la série,
on sait depuis toujours, qu’il est présent au plus profond de la
nature humaine, laquelle est composée d’un grand nombre d’ingrédients
qui ne sont pas tous de nature à la grandir.
Ce
qu’il y a de nouveau, c’est la télé. Ou plutôt qu’elle ose
mettre au service de cet éternel voyeurisme la puissance de son média.
Et du coup, tout change. L’élimination d’Aziz, le jeudi 10 mai,
prend la dimension d’un nouveau jeu du cirque où la foule de
l’arène est remplacée par quatre millions de téléspectateurs,
impatients de savoir qui va mourir et excité à l’idée de le
vivre en direct. On dira – et je le dis – que nul n’est obligé
de regarder Loft Story sur M6. Comme les Romains n’étaient pas
davantage obligés d’aller au cirque. Il n’empêche que ce
divertissement, celui-ci comme celui-là, caractérise une époque.
Avoir
honte
Où
l’on vérifie, pour ceux qui en douteraient encore, qu’un
programme de télévision est et sera toujours une marchandise. La
compétition entre les chaînes ne porte sur rien d’autre que sur
l’audience. Et Loft Story fait vendre. Que ce soit les ménagères
de plus ou de moins de cinquante ans ou bien encore les jeunes de
onze à quatorze ans (qui ont été plus de 80 % le 11 mai entre 18
heures 15 et 18 heures 30 à regarder la télévision !), ce sont
autant de téléspectateurs qui n’étaient ni sur TF1, ni sur
France 2 ni sur France 3 ni sur Canal+ ni sur la Cinq.
On dira
: « C’est évident ! » mais on comprend mieux dans ces
conditions que Canal + ait divisé par quatre les moyens mis en œuvre
pour couvrir l’événement du 54e festival de Cannes ; on comprend
mieux que plus personne ne tourne de documentaire animalier (le
mercredi en question « Le monde des animaux » a fait moins de 4 %
d’audience). Et on comprend aussi pourquoi France 3 n’a plus à
avoir honte de son émission « Questions pour un champion » quand
celle-ci fait deux fois moins d’audience que Loft Story.
Toutes
les télévisions sont des entreprises commerciales et rien
d’autre. Les chaînes publiques n’échappent aux lois d’airain
qui en résultent que pour se livrer à d’odieuses manipulations.
De la désinformation politique systématique, comme nous en avons
encore été les victimes à l’occasion du vingtième anniversaire
de la prise de pouvoir par François Mitterrand, ou à l’occasion
de la campagne électorale en Italie. Et nulle part, l’existence
de chaînes publiques ne relève finalement le niveau moyen des
entreprises utilisant ce média. Pas plus d’ailleurs que le
Journal officiel ne relève le niveau moyen de la presse écrite…
Il y a
un problème avec Loft Story. Il ne relève ni du CSA ni d’une
nouvelle réglementation. Il relève de l’homme lui-même, et de
ses œuvres. Car, hélas, mes contemporains sont libres de me faire
honte…
* Ceux
qui vont vomir te saluent.
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