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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Swing

Tiger Woods, surnommé le petit génie du golf,a obtenu la somme de deux millions de dollars pour être présent au trophée Lancôme qui se déroulera à Saint-Nom-La-Bretèche du 20 au 23 septembre prochain.

Culture

Au cours des deux septennats de François Mitterrand le nombre de fonctionnaires du ministère de la culture a été multiplié par quatre. Le grands travaux du président ont couté 35 milliards de F…

Ce qui n’a pas empéché Paris de se faire rattraper par Londres et Berlin comme capitale culturelle.

dette

La charge d'intérêt de la dette de la France s'est accrue de 3,6 % en 2000. Elle représente la plus grosse part des dépenses de l'Etat, devant l'Education nationale.

chômage

Le nombre de sans-emplois en Suède est tombé à...3,7 % en avril 2001.

Lionel Jospin, avec 9 % de chômeurs, n'a vraiment pas de quoi pavoiser...

Interdits bancaires

Le nombre d'interdits bancaires est passé de 0,9 à 2,8 millions entre 1989 et 2000, soit une hausse moyenne de 11 % par an...

Violence

45 % des lycéens franciliens déclarent avoir été violentés dans leur établissement et 77 % d'entre eux disent avoir été témoins d'actes de violence. Plus de 69 % d'entre eux estiment qu'au lieu d'exclure du lycée le coupable, il faudrait le contraindre à effectuer des travaux d'intérêt général.

Criminalité

Après une augmentation officielle de 5,72 % (sic), du nombre des crimes et délits recensés dans les statistiques de la police et de la gendarmerie au titre de l’année 2000, les premiers chiffres pour le premier trimestre de 2001 seraient catastrophiques : on parle de 18 % d’augmentation sur tout le territoire pour la gendarmerie, 8 % pour la police, avec des pointes à 15 % en Seine-Saint-Denis et 20 % dans le Val-de-Marne.

Selon les spécialistes,les statistiques officielles recensent moins de la moitié, voire le tiers seulement, de la réalité…

DIVERS FAITS 

Talibans

Les islamistes au pouvoir à Kaboul ont décidé d’imposer le port d’une pièce d’étoffe jaune aux afghans de confession hindouiste afin que la police puisse plus facilement les distinguer de leurs concitoyens musulmans…

À noter : là-bas même les femmes hindoues doivent porter le voile intégral comme les musulmanes, par décret du ministre de « la promotion de la vertu et la prévention du vice ».

Viagra

Déjà 410 000 adeptes du Viagra dans l’hexagone. Mais son producteur, le laboratoire américain Pfizer, a cinq concurrents à ses trousses : Lilly, Bayer Pharma, Takeda, Pharmacia et Abott…

Irak

Les USA et l'Angleterre pourraient voter une proposition de l'ONU visant à assouplir significativement les sanctions imposées à l'Irak depuis onze ans. Colin Powell ne serait pas étranger à ce virage américain.

Bêtise

Jean-François Pernin, conseiller UDF du XIIe arrondissement de Paris, n'a rien trouvé de mieux que de proposer de donner le nom d’un personnage illustre à chaque école publique de la capitale... au moment où la gauche, majoritaire au Conseil, aura la possibilité d'imposer ses choix. Attendez-vous à voir fleurir des écoles "François Mitterrand", "Jean Jaurès" ou "Pierre Mendès-France", grâce à la fausse droite...

Droite

Fait significatif passé sous silence par les médias français : le succès de la droite italienne auprès des jeunes. Au Sénat, élu par les électeurs de plus de 25 ans, la Maison des Libertés obtient 56 % des sièges, contre 58,25 % à la Chambre, laquelle est élue par tous les citoyens de plus de 18 ans.

Croatie

18 mois après leur défaite aux législatives, les nationalistes croates viennent de remporter les municipales. Ils seraient en tête dans 14 des 21 comtés en jeu.

Harkis

Le Comité National de liaison des harkis a décidé de déposer une plainte pour crimes contre l'humanité contre la France devant le tribunal de grande instance de Paris et devant la Cour européenne pour abandon des harkis "torturés ou exécutés" à l'issue de la guerre d'Algérie.

MEDIAS

Publicité

L'Union Européenne examine en ce moment une proposition suédoise visant à interdire la publicité de produits destinés aux moins de douze ans. La France, l'Allemagne et l'Angleterre sont contre.

 Loft Story

La tornade Loft Story continue : jeudi 17 mai, M6 a obtenu 36 % de part de marché (avec une pointe à 10,5 millions de téléspectacteurs lors du départ d'une candidate), devançant TF1 (32 %) et France 2 (15,5 %). Et lundi soir, à 19 h, M6 a réuni 6,1 millions de téléspectateurs, obtenant 36,2% de part d’audience sur les quatre ans et plus, contre 3,5 millions à TF1 qui, pour son Bigdil, a du se contenter ce soir-là de 22,7% (alors que la moyenne d’audience de ce jeu, depuis le début de l’année, est supérieur à 30 %).

À noter : 77 % des téléspectateurs 15/24 ans regardaient M6…

 Sondage

Avec une cote de popularité de 28 %, M6 est devenue la chaîne préférée des moins de 35 ans, devançant Canal + (17 %) et TF1 (16 %). France 3 et France 2, avec seulement 8 % chacune, se classent bonnes dernières, derrière...la Cinquième (9 %). Apparemment, le public n'aime pas le service public...

 Mise en page

Le Monde s'apprête à lancer en janvier prochain une nouvelle formule "rajeunie", après accord de la rédaction.

 Cannes

Le dernier film d’Eric Rohmer, « l’Anglaise et le duc », a été écarté de la sélection officielle du Festival de Cannes, « parce que la tradition  veut que la sélection  française soit plutôt de sensibilité de gauche » (dixit le journal Libération ».

SIC   

Révolution

« C’est tout l’Etat qu’il faut refaire. Je compte réviser tous les codes juridiques ; je veux réunir dans un seul code des impôts les 3 000 lois fiscales qui, laissées à l’interprétation arbitraire de l’administration pénalisent les entrepreneurs. Je suis décidé à tailler dans le maquis des 100 000 lois contradictoires qui étouffent l’initiative » (Silvio Berlusconi).

 Francophonie

Roger Cukierman, nouveau président du Crif, Conseil représentatif des institutions juives de France, se déclare « choqué que le demi million de juifs francophones soient exclu de l’Organisation mondiale de la francophonie ».

Mais les bretons francophones le sont aussi…

 Copinage

"Dans une loge, on peut tomber sur un entrepreneur qui ne vous fera pas payer la TVA."(Bruno Etienne, essayiste, membre du Grand Orient).

 Licenciements

"Croyez-vous que, s'il n'y avait pas de mondialisation, les entreprises auraient des effectifs fixes, pour toujours et au même endroit ? Cela n'a jamais été le cas en France, même quand il y avait des barrières douanières"(Edouard Balladur).

 Bon sens

"Sur les licenciements, on ne fera rien de plus : sanctionner ou interdire n'a aucun sens économique et social. (...) On ne peut pas se mettre à la place d'une entreprise quand, pour des raisons stratégiques, elle décide de licencier"(Martine Aubry, qui semble réactiver ses réseaux patronaux).

 

 

 

Les 4verites N°307 mai du 26 mai  2001

 Sommaire:

Éditorial de Jean Rouxel:....................................Vive la révolution fiscale mondiale!
Bernard Trémeau...............................................Santé publique l'État protège d'abord les producteurs !
Les échos politiques....................................................... de Georges Langlois
Exprimez vous....................................................................... Forum
                                                                          Courrier des lecteurs
Fred Aftalion :...............................................Fausse route, de Rio à Kyoto 
Guy Millière................................................. .Le modèle Berlusconi

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la révolution fiscale mondiale
 Jean Rouxel

 

Pour accéder au pouvoir, la droite doit évidemment séduire toutes les catégories sociales y compris les électeurs appartenant aux familles matériellement les plus modestes. La gauche, dira-t-on, est exactement dans la même situation. Mais on sait, depuis longtemps, et même sans doute depuis toujours, qu’elle ne répugne pas à l’utilisation des arguments les plus démagogiques, sur le thème éternel de la redistribution des revenus, et de toutes ses variantes, qui reviennent finalement à justifier l’appropriation des biens légitimes d’autrui.

La droite peut essayer de concurrencer la gauche sur ce terrain même. C’est en gros la stratégie de la fausse droite française depuis près de trente ans. Celle-ci lui a permis d’accéder au pouvoir, en 1986, en 1993, puis en 1995, mais les résultats des politiques mises en œuvre ne furent pas suffisamment probants, aux yeux des électeurs et, à chaque fois cette majorité de droite fut renvoyée.

On peut en dire autant des majorités de gauche dont les résultats ne furent jamais non plus à la hauteur des promesses. C’est la raison pour laquelle tous les grands partis politiques démocratiques du monde entier, avec réalisme, ont adopté depuis dix ans, des programmes où la priorité est donnée à la croissance économique et donc à la recherche de l’efficacité en vue de la prospérité générale.

Or, les recettes de cette prospérité, bénéficiant à tous – et en particulier aux plus pauvres, ceux qui sont toujours les premières victimes de la mauvaise gouvernance, qui courent les plus grands risques de tomber dans la misère où le chômage – sont disponibles et connues. Il faut et il suffit de limiter le rôle de l’État pour laisser ou rendre aux individus et à leurs entreprises la part la plus grande possible de leurs revenus. Cela veut dire concrètement réduire les dépenses publiques afin de pouvoir réduire, sans déficit budgétaire, les dépenses collectives.

C’est la politique menée aux Etats-Unis depuis plusieurs années et accentuée par l’équipe de George Bush avec le soutien d’une partie de la majorité démocrate. Le taux maximum d’imposition, là-bas, va être progressivement ramené à 36 % alors qu’il est encore de 53,3 % en France. Et, comme les excédents budgétaires continuent à s’accumuler, l’administration américaine envisage tout simplement d’abolir… tout impôt sur les sociétés (ceci n’étant jamais que des impôts payés indirectement par des personnes physiques).

Silvio Berlusconi a le même programme. Lui, c’est l’impôt sur les héritages qu’il envisage de supprimer ! Le travailliste Tony Blair déclarait la semaine dernière : « Mon désir n’est pas de rendre les riches plus pauvres, mais les pauvres plus riches ! »…

En France, seul Alain Madelin prône une telle révolution libérale et tranquille. Lionel Jospin ne fera pas du Tony Blair. Quant à Jacques Chirac, avec lui, comme toujours, tout est possible…

Santé publique: L'Etat nous protège mal

Bernard Trémeau

L'Etat est responsable de notre protection contre les maladies et c'est lui qui doit prendre les mesures qui s'imposent. Il le fait avec plus ou moins d'efficacité et de rapidité.

Rappelons la triste histoire du sang contaminé. Bien que parfaitement informé des dangers que couraient les hémophiles, l'Etat et les centres de transfusion dépendant de l'Etat ont continué pendant un certain temps à utiliser du sang contaminé. Le responsable des centres de transfusion a été reconnu coupable et condamné, mais les hommes politiques responsables des centres de transfusion n'ont finalement pas été condamnés.

Opposons à ce comportement fautif de l'Etat, la façon dont a été géré en France la lutte contre l'épidémie de rage qui a déferlé sur l'est du pays en 1968. Toute une série de mesures efficaces ont été prises. On a en particulier massivement disséminé par hélicoptère des appâts vaccinant les renards. Aucun humain n'est finalement mort de la rage et aujourd'hui, la France est le seul pays d'Europe du nord  où aucun cas de rage n'est plus observé. Pasteur peut reposer en paix.

 

Un solide rapport du Sénat publié le 17 mai met en lumière le curieux comportement des Etats, et de l'Etat français tout particulièrement, dans la lutte contre l'épidémie de la "vache folle". Dès le 14 juin 1994, le ministère français de la santé a indiqué au ministère de l'agriculture qu'il y avait un risque de transmission de la maladie de la vache folle à l'homme. Le ministère de l'agriculture "s'étonne de la position du ministère de la santé"! Alors que les Anglais décident dès 1990 de ne plus inclure les abats porteurs de prions dangereux dans les aliments pour bétail, le ministère français de l'agriculture s'oppose jusqu'en juin 1996 à une telle mesure demandée par le ministère de la santé. Dès 1996, Bruxelles demande que l'on chauffe les farines animales à 133° pour détruire les prions dangereux. Le ministère français de l'agriculture s'y oppose jusqu'en 1998, pour ne pas remettre en cause la façon dont fonctionne la production d'aliments pour bétail en France. Enfin, dès 1996, les Anglais ont découvert qu'il existait un risque de contamination croisée entre les espèces animales: ils ont interdit l'utilisation de viandes animales pour tous les animaux. Les Français ne les ont pas suivis, malgré des rapports des services techniques, et malgré plusieurs réunions interministérielles. La mesure ne sera prise que le 14 novembre 2000.

Notons dans le comportement de l'Etat français une série d'erreurs.

Première erreur. Il s'agissait de toute évidence dès le mois de juin 1994 d'un problème de santé publique. Or c'est le ministère de l'agriculture qui a toujours pris les décisions. Le ministère de la santé n'intervenait qu'à titre consultatif. Jamais un premier ministre n'a rendu le ministre de la santé responsable de la crise.

Deuxième erreur. Dans toute la gestion de la crise, ce sont indiscutablement les services des ministères qui sont intervenus et non les ministres en personne. Le ministre n'est apparu en première ligne qu'à la fin de 1999.

Troisième erreur. Le ministère de l'agriculture, bien que responsable des aliments mis sur le Marché, n'a pas montré que son premier souci était la qualité des aliments produits. Il a plusieurs fois montré par ses décisions qu'il défendait plus volontiers les producteurs d'aliments que les consommateurs.

 

Quand une maladie bien connue comme la rage touche le pays, l'Etat réagit correctement. Quand une maladie nouvelle apparaît, l'Etat réagit avec une lenteur évidente, voire refuse de réagir pendant un certain délai. Il "innove" très mal.

Signalons qu'un grand laboratoire privé français, se procurant du sang en le récoltant dans les placentas humains, a un jour été informé d'un risque potentiel qu'il faisait courir à ses clients: 24 heures plus tard, la vente des produits potentiellement dangereux était stoppée. Elle a repris une fois le problème résolu. Il est tout à fait possible de réagir en 24 heures quand on veut efficacement protéger nos santés

Précaution principe ou prétexte ?

Joseph Clavel

Quand les hommes de l'Etat, au nom d'une plus grande richesse de leur peuple, se mêlent de manipuler les monnaies, c'est la catastrophe: Law en 1720, les assignats révolutionnaires en 1792, ou la crise de 1929 le prouvent. La valeur de la monnaie, au lieu d'être aussi solide que l'or, se comporte comme neige au soleil. Puis quand l'Etat doit ensuite intervenir pour réparer ses bêtises, il met des millions d'individus au chômage. On tombe de Charybde en Scylla. Heureusement, depuis l'école monétariste américaine, les Etats ont enfin confié à une autorité non politique- une banque centrale indépendante- le soin de veiller sur la monnaie, et tout va beaucoup mieux.

Quand les hommes de l'Etat, au nom d'une amélioration de la race de leur peuple, se mêlent de manipuler la génétique, c'est l'horreur. On tue ceux qui ne sont pas "purs" dans les camps de concentration et on crée des centres de reproduction génétiquement contrôlés. Heureusement les armées Américaines nous ont libérés des états racistes et tout va beaucoup mieux depuis.

Quand les hommes de l'Etat, au nom de la "justice sociale",  se mêlent de remplacer le Marché, le libre comportement des individus, par une économie dirigée, c'est encore l'horreur. Il faut mettre au goulag des millions d'opposants. L'économie s'enlise dans une effroyable médiocrité qui appauvrit tout le monde (sauf les hommes de l'Etat qui ont leurs propres magasins), voire plonge les pays dans d'effroyables famines. Heureusement pour nous, en 1950, les troupes américaines ont stoppé l'expansion triomphante du Marxisme qui envahissait militairement la Corée du sud. Ensuite l'économie libérale américaine a fait le reste: le marxisme s'est effondré tout seul en 1989 avec la chute du mur de Berlin et partout se rétablit le retour au libre comportement économique. Malheureusement pour les Français, beaucoup d'entre eux n'ont pas encore compris que l'intervention de l'Etat en matière économique était une grave erreur qui nous appauvrissait tous.

Quand les hommes de l'Etat, au nom du principe de précaution établi pour protéger nos enfants, se mêlent de sélectionner dans l'innovation ce qui est bon ou mauvais pour l'humanité, l'évolution du monde subit trois nouvelles contraintes.

D'abord elle se fait beaucoup plus lentement. Toute innovation se trouvant placée sous contrôle est immédiatement stoppée si des "experts" (choisis par les hommes de l'Etat) trouvent que cette innovation fait courir un risque. Ainsi, un riz génétiquement modifié et riche en vitamine A n'est pas planté dans les pays où des millions d'hommes souffrent et meurent d'avitaminose A. La construction d'une autoroute qui permettrait d'éviter des dizaines de morts par an est stoppée du fait que son trajet perturberait le milieu écologique d'une race de punaises des bois. La disparition de ces punaises rendrait-elle la vie de nos enfants moins heureuse? Le principe de précaution nous maintient dans la pauvreté et tue.

Ensuite l'évolution se fait dans la direction choisie par les hommes de l'Etat. Au lieu de mettre en concurrence diverses innovations possibles pour sélectionner la meilleure, l'Etat impose son choix, après avoir consulté des experts. Faire le bilan d'une nuisance passée, objective et réelle oppose déjà les experts. La détermination d'un risque potentiel, futur et hypothétique est encore bien plus difficile, pratiquement impossible. Les experts seront toujours divisés. Qui croire? Finalement le pouvoir politique prend ses décisions en fonction de ses convictions intimes, trouvant toujours un expert pour justifier sa décision.

Enfin le choix par l'Etat de la "bonne innovation" transforme tous les producteurs en irresponsables: ils ont reçu l'autorisation de l'Etat. Or la responsabilité individuelle est une réalité: celui qui met sur le Marché un produit dangereux fait une faute et sera puni, toujours civilement, parfois au pénal. Un Etat qui autorise un produit dangereux n'est pas puni. Un état qui maintient une nuisance mortelle en interdisant une autoroute n'est pas puni. Il est responsable, certes, mais non coupable…

Chassés du contrôle de la monnaie par le monétarisme, chassés du contrôle de l'économie par le libéralisme, les hommes de l'Etat se précipitent sur le principe de précaution: cela leur permet d'avoir un nouveau pouvoir justifiant leur coût, tout en séduisant certains électeurs.

 Les échos politiques de Georges Langlois 

AMBIANCE

Le délégué général de Démocratie libérale, Xavier Chinaud n'est pas prêt de pardonner à Philippe Séguin son échec dans le XVIIIe arrondissement : 3ème de liste, il n'a même pas été élu au conseil de Paris. Seule solution pour Chinaud d'y siéger un jour : que Séguin démissionne. Aussi a-t-il plutôt mal pris l'élection de son ancienne tête de liste à la présidence du groupe RPR, puis son déménagement à l'hôtel de Ville (90 cartons de livres !) le 20 mai : « Je ne le voyais pas rester, confie-t-il. Il me paraît incapable de rassembler l'opposition ». L'ambiance au conseil d'arrondissement du XVIIIe (où Séguin et Chinaud siègent ensemble) risque d'être plutôt agitée

 SOUTIENS

Christine Boutin, qui doit recueillir 500 signatures d'élus pour pouvoir se porter candidate à la présidentielle, est plutôt optimiste. La raison : elle se dit persuadée que l'Elysée lui donnera discrètement un coup de pouce pour y arriver. D'après les « stratèges » chiraquiens, en effet, une candidature Boutin aurait le double mérite d'affaiblir à la fois François Bayrou (UDF comme elle) et Jean-Marie Le Pen au premier tour.

 

ROCARD EPINGLE

Jusque là épargné par les soupçons « affairistes », Michel Rocard vient d'être épinglé ˜ dans l'indifférence médiatique générale ˜ par le journaliste Frédéric Ploquin dans son livre « Une affaire sous François Mitterrand : La Française des Jeux » (éditions Fayard). Ploquin y raconte que confronté à la montée en puissance de l'affaire Urba en 1990, Henri Nallet, alors ministre de la Justice de Rocard était, sur les conseils de Mitterrand, allé voir le premier ministre pour savoir comment il convenait de réagir. Réponse de Rocard, entouré de tous les caciques du PS convoqués pour l'occasion à Matignon : « Tu donnes l'ordre au procureur de Marseille de classer le dossier »∑

 LETTRES ANONYMES

Le député PS du XVIIIe et nouvel adjoint au maire de Paris chargé de la questure, Christophe Caresche, assure recevoir régulièrement des lettres anonymes d'employés de la Ville de Paris dénonçant les emplois fictifs de chargés de mission ou les agissements, activités extérieures ou opinions politiques de tel chef de service. Caresche assure qu'il « refuse de les lire ». Mon oeil !

EXCUSE

L'ancien bras droit de Charles Pasqua, le député européen William Abitbol, en rupture de ban avec son ancien patron, pronostique en privé la mort du RPF : « J'espère qu'il n'existera plus d'ici à quelques mois », dit-il. Selon lui, Pasqua ne serait guère plus optimiste sur la pérénité de son parti : « La seule question qu'il se pose encore, c'est : « comment sauver la face ? », poursuit Abitbol. Et sa réponse sera : c'est la faute aux juges ! »

 AVEU

La garde rapprochée de François Bayrou a commencé à chiffrer le coût prévisible de sa prochaine campagne présidentielle : 95 millions de francs. Un chiffrage (de premier tour sec) qui sonne comme un aveu : malgré les déclarations de façade, même les plus fervents bayroutistes n'envisagent pas une seconde d'être présents au second tour ! 

VIGILANTE

Les rumeurs de dissolution de l'Assemblée nationale, propagées par le DL José Rossi ˜ qui, interrogé sur RMC, a expliqué que celle-ci était « aujourd'hui dans toutes les têtes » ˜ ne sont pas prises au sérieux par ses collègues, de droite, comme de gauche. « C'est n'importe quoi ! », réagit le RPR Patrick Devedjian ; « Si Chirac fait ça, c'est qu'il est vraiment dingue ! » rigole le PS Vincent Peillon. Rossi, lui-même, a fini par faire machine arrière. Il n'empêche : pas rassurée, Michèle Alliot-Marie a demandé à son équipe d'être vigilante, « au moins jusqu'à la rentrée ».


De Rio à Kyoto: histoire d'un échec mérité

Fred Aftalion 

 Le refus du Président Bush de faire adhérer les Etats-Unis au protocole de Kyoto sur le changement climatique a provoqué, comme on pouvait s’y attendre, les sarcasmes des Verts et de tous ceux qu’irritent les prises de positions américaines.

Le protocole de Kyoto qui date de 1997 était, en quelque sorte, le couronnement d’une démarche commencée avec le Sommet de la planète Terre à Rio en juin 1992 auquel participèrent une centaine de nations et de nombreux supposé de notre planète par effet de serre et pour cela, de réduire notablement la consommation de combustibles fossiles qui, en brûlant, émettent du gaz carbonique (CO2).

L’effet de serre, phénomène bien connu, a, en fait, un aspect bénéfique car si les gaz qui le provoquent, principalement le CO2, la vapeur d’eau, le méthane n’agissaient pas comme des pièges pour les radiations infrarouges du soleil, la température ambiante s’abaisserait à –5°C et toute vie deviendrait impossible.

Après avoir craint, dans les années 70, un retour à une période glaciaire, certains observateurs, dix ans plus tard, on crut, au contraire, que la Terre allait se réchauffer et l’on a parlé alors d’une augmentation de température d’1/2°C sur cent ans.

Depuis lors, les satellites qui ont analysé l’atmosphère ces 21 dernières années sur tous les points du globe n’ont pu déceler aucun réchauffement sur cette période comme vient de le souligner la National Academy of Science des Etats-Unis.

Par ailleurs, il n’a pas pu être observé non plus de corrélation directe entre l’augmentation de température d’1/2°C évoquée plus haut et la teneur en CO2 de l’atmosphère.

Il faut remarquer aussi qu’outre le CO2, la vapeur d’eau et le méthane jouent un rôle important dans l’effet de serre.

Or, la production de méthane résulte de l’élevage du bétail et de la culture du riz et ne peut être réduite si l’on veut éviter d’affamer les populations de Chine, de l’Inde et du Sud Est asiatique.

Le protocole de Kyoto se fondant sur une menace non confirmée de changement climatique qu’il attribue à la seule émission de gaz carbonique par les nations industrielles constitue lui-même une menace pour les économies du monde libre.

En effet, la diminution de 30 à 40 % sur 10 ans des consommations des sources d’énergie fossile par les pays industrialisés qu’il implique devrait s’avérer des plus coûteuses.

Le Département de l’énergie américain estime que son application signifierait en 2010 une réduction de $397 milliards du PIB des Etats-Unis et un accroissement de 86,4 % des prix de l’électricité.

Sous la pression des écologistes, les Américains ont dû renoncer à construire de nouvelles centrales nucléaires et à exploiter les riches gisements de pétrole de l’Alaska où paissent les caribous.

On comprend que le Président Bush, déjà confronté au problème de la fourniture de courant en Californie n’ai pas voulu engager son propre pays dans de nouvelles contraintes.

Au lieu de l’en blâmer, les dirigeants européens devraient se rendre compte que leurs Verts les conduisent aux mêmes incohérences.

Ainsi, l’Allemagne continue à subventionner ses charbonnages mais a décidé de mettre un terme à son programme d’électricité nucléaire qui lui éviterait pourtant d’émettre le CO2 tant redouté.

L’énergie des barrages, elle aussi non polluante, ne se développe plus de peur qu’elle ne porte atteinte à la beauté des sites environnants.

Pense-t-on que les éoliennes soient plus plaisantes à regarder ?

Mais surtout, le protocole de Kyoto se heurte au fait qu’il ne peut s’appliquer de manière égale aux différentes nations de la planète alors que la pollution atmosphérique ne connaît pas de frontière.

Si l’on exonère des contraintes qu’il impose des nations en plein développement comme la Chine ou l’Inde, qui, dans leur immensité, constituent des sources importantes de gaz à effet de serre, ce sont les pays industrialisés de l’Occident qui se verront pénalisés dans leur conquête des marchés et dans leur bien-être.

Si l’on voulait, par contre, faire participer à l’effort commun, les nations en voie de développement, on s’apercevrait très vite qu’elles ne pourraient ni ne voudraient le faire.

En nous obligeant à réfléchir aux conséquences d’initiatives malheureuses comme celles poursuivies de Rio à Kyoto, c’est au monde entier que le Président Bush aura rendu service.

Si l’expérience Berlusconi faisait tache d’huile?

Guy Millière 
Page Guy Millière

Les titres des principaux journaux et magazines européens l’ont souligné pendant des semaines, du quotidien français Le Monde à l’hebdomadaire libéral modéré anglais The Economist et du quotidien El Pais en Espagne à Die Zeit en Allemagne : une victoire de Silvio Berlusconi aux élections italiennes serait une abomination, un danger, un crime presque...

La presse italienne ayant retranscrit avec diligence ce qui s’écrivait ailleurs, les Italiens auraient dû, bien sûr, se sentir honteux, intimidés et renoncer au dernier moment... Il n’en a rien été, heureusement, et Berlusconi sera le prochain Président du Conseil italien.

 Y a-t-il de quoi s’alarmer? Non, bien sûr. Tout au contraire.

 Si Berlusconi va jusqu’au bout de ses promesses (et tout indique pour le moment  qu’il ira jusqu’au bout), il procédera à la réforme fiscale la plus radicale, la plus profonde et la plus  libérale qu’ait connu un pays d’Europe occidentale depuis longtemps. Il cassera la progressivité de l’impôt sur le revenu, et abolira l’impôt sur les successions. Il réformera l’état, recentrera ses activités vers les missions de justice et de sécurité, tout en diminuant le nombre de fonctionnaires.

Enfin, il donnera une impulsion neuve à la politique étrangère italienne.

Berlusconi veut d’une Europe forte, dynamique, mais dans le respect des nations et dans le cadre d’une alliance occidentale qui n’oublie pas que l’Occident est aussi l’Amérique du Nord.

Les conséquences européennes de tout cela vont se faire sentir, bien sûr. Déjà, les technocrates de Bruxelles s’inquiètent et disent que l’Italie risque de se retrouver en contradiction avec diverses directives, entre autres celles concernant «  l’harmonisation fiscale ».

Les gouvernants français n’osent pas crier au loup comme ils l’ont fait lors de l’arrivée au pouvoir du parti de Jorg Haider en Autriche: la posture fate du donneur de leçon impuissant ne sortira pas du magasin des accessoires où elle a été rangée. Mais il est clair qu’ils sont mécontents, déstabilisés, et que l’Italie les inquiète. Un article paru sur le net voici quelques jours sur le site de Courrier International résume vraisemblablement leur état d’esprit: « Souhaitons que l’expérience Berlusconi en Italie s’interrompe au plus vite, sinon elle risque de faire tache d’huile ».

 Et justement: si l’expérience Berlusconi faisait tache d’huile? Si, après les Italiens, d’autres Européens voulaient une réforme en profondeur de l’Etat et de la justice, une baisse profonde des impôts, un respect du sentiment national, et une réorientation de la politique étrangère dans un sens plus conforme à la défense de la civilisation occidentale toute entière?

Imaginez. Et vous verrez pourquoi votre rêve ressemble au cauchemar de tant d’hommes de l’Etat socialiste et de tant de leurs serviteurs zélés. Imaginez. Une concurrence fiscale tirant peu à peu toutes les fiscalités vers le bas.

amaigrissement des structures administratives. Un retour généralisé vers l’esprit d’émulation et d’entreprise. L’abandon graduel des fort coûteuses politiques redistributives européennes et une Europe qui devienne enfin un grand marché ouvert au reste du monde. Le recadrage de la politique de défense commune dans une direction qui ne serait pas celle de la myope et rivalité ressentimentale avec les Etats Unis, mais celle du pilier européen de l’alliance occidentale. Imaginez...

 Ce n’est pas impossible. Le gouvernement autrichien se félicite clairement de l’arrivée de Berlusconi au pouvoir. En Espagne, José Maria Aznar se sent moins seul pour affronter l’hydre rose-rouge-verte. L’Irlande court moins le risque de se voir montrée du doigt et désignée comme le mauvais élève ultra-libéral de la classe. Il en faudrait plus pour que la France bouge, me direz-vous? Bien sûr: il

faudrait un Berlusconi français. Il faudrait un homme d’affaire fier de sa réussite et qui se dise prêt à diriger le pays avec la même efficacité qu’il a dirigé ses entreprises. Il y faudrait dans son entourage des politiques et des intellectuels qui aient le courage de dire aux Français que ce pays est au bord du cataclysme, mais que tout n’est pas perdu si l’on a du courage. Il y faudrait une presse qui échappe à l’emprise de l’Etat. Nos hommes d’affaire sont timides, discrets et souvent énarques. Nous manquons d’hommes politiques courageux. Les intellectuels politiquement incorrects sont étouffés sous l’omniprésence de la pensée conforme et les espaces de liberté dans la presse se raréfient. Alors? Espérons un sursaut. Et pour le moment, regardons comme un espoir ce qui se passe en Italie.

                                  

Un président de la iVe République élu au suffrage universel !
Alain Dumait
Page Alain Dumait

 La campagne pour l’élection présidentielle de 2002, dans moins de douze mois, a démarré depuis longtemps, sans doute depuis ce jour de 1997 où Jacques Chirac, à la suite d’une initiative malheureuse, s’est retrouvé avec, à l’Assemblée Nationale, une majorité de la gauche plurielle et dans l’obligation de faire appel comme premier ministre à celui qui avait été son adversaire deux ans plus tôt.

Depuis que le Parlement a définitivement adopté la modification du calendrier électoral, les perspectives se dégagent. Nous ne sommes pas encore dans le galop final ni même dans la dernière ligne droite mais le coup de cloche pour le dernier tour va bientôt retentir.

C’est dans ce contexte que les coups bas se multiplient. Une association créée pour la circonstance, a demandé à un juge d’entendre Lionel Jospin sur une affaire d’emplois fictifs au Conseil général de la Haute-Garonne. Au RPR, on cache à peine qu’il s’agit ni plus ni moins d’une réponse du berger à la bergère.

Après le développement de deux affaires qui mettent nommément en cause le président de la République, au temps où il était à la fois maire de Paris et président du RPR – à savoir le dossier des fausses factures des HLM de la ville de Paris et d’autre part les emplois fictifs mis à jour à l’hôtel de ville de Paris, l’entourage du président de la République ne pouvait que considérer comme un casus belli l’initiative du député PS, Arnaud Montebourg, et avocat ayant eu à connaître professionnellement du dossier des HLM de la ville de Paris, ami du juge Halphen, et créature politique de Pierre Joxe, devenu entre temps membre du conseil constitutionnel.

Personne n’avance à l’Élysée que la demande de traduction du président de la République devant la Haute Cour de Justice, présentée par le député de la Saône-et-Loire, ait pu être soufflée par le premier ministre lui-même. Mais personne ne doute que Lionel Jospin avait les moyens d’étouffer dans l’œuf cette opération. Il aurait suffi, par exemple, qu’il fasse savoir à l’intéressé et à ses vingt-neuf autres complices, qu’il y allait, demain, de leur réélection…

Qu’on ne s’attende pas à ce que le débat d’idées sur l’opposition et sur le programme soit l’essentiel de cette campagne. Avec les médias, où les différentes chapelles de la gauche sont comme chez elles, toujours en quête de sensationnel, on peut faire le pari que bien d’autres affaires vont être jetées en pâture à l’opinion publique pourtant déjà largement rassasiée.

Pour l’instant, il est impossible de dire qui, de Jacques Chirac ou de Lionel Jospin, profitera au mieux de cette trouble situation.

Une comparaison vient immédiatement à l’esprit : celle des dernières années de la IVe République. Cette comparaison est développée par Thierry Desjardins, dans son nouvel ouvrage « Chirac, réveille-toi ». L’auteur, s’adressant à l’intéressé, déclare : « Depuis 1997, vous avez été un excellent président de la… IVe République. Bien meilleur que ne l’ont été Auriol ou Coty ».

En effet, pendant que le gouvernement dit gouverner, qu’il est bien obligé de se coltiner avec les syndicats, les agriculteurs, les camionneurs, les infirmières… le président de la République remet des décorations, fait des petits voyages en province ou à la Réunion et il a tout le temps nécessaire pour peaufiner quelques considérations vachardes sur « son » gouvernement.

On déplorera bien sûr cette funeste cohabitation, si contraire à l’esprit des institutions de la Ve République, surtout, qui conduit l’action gouvernementale à l’impuissance, à moins qu’elle ne fasse que l’excuser.

Mais on sait par ailleurs que les Français ne détestent pas se souvenir de la IVe République, cette période où, après la défaite et l’occupation, sur le mythe de la participation des armées de la France à la victoire, la prospérité économique était galopante.

Dans la bouche de Thierry Desjardins, la comparaison n’est certainement pas désobligeante. L’auteur, adjoint au direction général du Figaro, dont l’un des livres précédents était déjà consacré à Jacques Chirac (« Un inconnu nommé Chirac »), est aussi un familier du chef de l’État. Comme le titre de son livre l’indique, son admonestation est amicale. Son livre est d’ailleurs très intéressant, notamment par toutes les remarques et anecdotes qu’on lui trouve.

Si Chirac l’emporte l’an prochain, ce sera notamment parce qu’il aura su ramener la pratique des institutions de la Ve République à celle de la IVe. L’héritier de Georges Pompidou sera plutôt pour l’histoire le successeur de François Mitterrand.