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la révolution fiscale mondiale
Jean Rouxel
Pour
accéder au pouvoir, la droite doit évidemment séduire toutes les
catégories sociales y compris les électeurs appartenant aux
familles matériellement les plus modestes. La gauche, dira-t-on,
est exactement dans la même situation. Mais on sait, depuis
longtemps, et même sans doute depuis toujours, qu’elle ne répugne
pas à l’utilisation des arguments les plus démagogiques, sur le
thème éternel de la redistribution des revenus, et de toutes ses
variantes, qui reviennent finalement à justifier l’appropriation
des biens légitimes d’autrui.
La
droite peut essayer de concurrencer la gauche sur ce terrain même.
C’est en gros la stratégie de la fausse droite française depuis
près de trente ans. Celle-ci lui a permis d’accéder au pouvoir,
en 1986, en 1993, puis en 1995, mais les résultats des politiques
mises en œuvre ne furent pas suffisamment probants, aux yeux des électeurs
et, à chaque fois cette majorité de droite fut renvoyée.
On
peut en dire autant des majorités de gauche dont les résultats ne
furent jamais non plus à la hauteur des promesses. C’est la
raison pour laquelle tous les grands partis politiques démocratiques
du monde entier, avec réalisme, ont adopté depuis dix ans, des
programmes où la priorité est donnée à la croissance économique
et donc à la recherche de l’efficacité en vue de la prospérité
générale.
Or,
les recettes de cette prospérité, bénéficiant à tous – et en
particulier aux plus pauvres, ceux qui sont toujours les premières
victimes de la mauvaise gouvernance, qui courent les plus grands
risques de tomber dans la misère où le chômage – sont
disponibles et connues. Il faut et il suffit de limiter le rôle de
l’État pour laisser ou rendre aux individus et à leurs
entreprises la part la plus grande possible de leurs revenus. Cela
veut dire concrètement réduire les dépenses publiques afin de
pouvoir réduire, sans déficit budgétaire, les dépenses
collectives.
C’est
la politique menée aux Etats-Unis depuis plusieurs années et
accentuée par l’équipe de George Bush avec le soutien d’une
partie de la majorité démocrate. Le taux maximum d’imposition, là-bas,
va être progressivement ramené à 36 % alors qu’il est
encore de 53,3 % en France. Et, comme les excédents budgétaires
continuent à s’accumuler, l’administration américaine envisage
tout simplement d’abolir… tout impôt sur les sociétés (ceci
n’étant jamais que des impôts payés indirectement par des
personnes physiques).
Silvio
Berlusconi a le même programme. Lui, c’est l’impôt sur les héritages
qu’il envisage de supprimer ! Le travailliste Tony Blair déclarait
la semaine dernière : « Mon désir n’est pas de rendre
les riches plus pauvres, mais les pauvres plus riches ! »…
En
France, seul Alain Madelin prône une telle révolution libérale et
tranquille. Lionel Jospin ne fera pas du Tony Blair. Quant à
Jacques Chirac, avec lui, comme toujours, tout est possible…
Santé publique:
L'Etat nous protège mal
- Bernard Trémeau
L'Etat
est responsable de notre protection contre les maladies et c'est lui
qui doit prendre les mesures qui s'imposent. Il le fait avec plus ou
moins d'efficacité et de rapidité.
Rappelons
la triste histoire du sang contaminé. Bien que parfaitement informé
des dangers que couraient les hémophiles, l'Etat et les centres de
transfusion dépendant de l'Etat ont continué pendant un certain
temps à utiliser du sang contaminé. Le responsable des centres de
transfusion a été reconnu coupable et condamné, mais les hommes
politiques responsables des centres de transfusion n'ont finalement
pas été condamnés.
Opposons
à ce comportement fautif de l'Etat, la façon dont a été géré
en France la lutte contre l'épidémie de rage qui a déferlé sur
l'est du pays en 1968. Toute une série de mesures efficaces ont été
prises. On a en particulier massivement disséminé par hélicoptère
des appâts vaccinant les renards. Aucun humain n'est finalement
mort de la rage et aujourd'hui, la France est le seul pays d'Europe
du nord où
aucun cas de rage n'est plus observé. Pasteur peut reposer en paix.
Un
solide rapport du Sénat publié le 17 mai met en lumière le
curieux comportement des Etats, et de l'Etat français tout
particulièrement, dans la lutte contre l'épidémie de la
"vache folle". Dès le 14 juin 1994, le ministère français
de la santé a indiqué au ministère de l'agriculture qu'il y avait
un risque de transmission de la maladie de la vache folle à
l'homme. Le ministère de l'agriculture "s'étonne de la
position du ministère de la santé"! Alors que les Anglais décident
dès 1990 de ne plus inclure les abats porteurs de prions dangereux
dans les aliments pour bétail, le ministère français de
l'agriculture s'oppose jusqu'en juin 1996 à une telle mesure demandée
par le ministère de la santé. Dès 1996, Bruxelles demande que
l'on chauffe les farines animales à 133° pour détruire les prions
dangereux. Le ministère français de l'agriculture s'y oppose
jusqu'en 1998, pour ne pas remettre en cause la façon dont
fonctionne la production d'aliments pour bétail en France. Enfin, dès
1996, les Anglais ont découvert qu'il existait un risque de
contamination croisée entre les espèces animales: ils ont interdit
l'utilisation de viandes animales pour tous les animaux. Les Français
ne les ont pas suivis, malgré des rapports des services techniques,
et malgré plusieurs réunions interministérielles. La mesure ne
sera prise que le 14 novembre 2000.
Notons
dans le comportement de l'Etat français une série d'erreurs.
Première
erreur. Il s'agissait de toute évidence dès le mois de juin 1994
d'un problème de santé publique. Or c'est le ministère de
l'agriculture qui a toujours pris les décisions. Le ministère de
la santé n'intervenait qu'à titre consultatif. Jamais un premier
ministre n'a rendu le ministre de la santé responsable de la crise.
Deuxième
erreur. Dans toute la gestion de la crise, ce sont indiscutablement
les services des ministères qui sont intervenus et non les
ministres en personne. Le ministre n'est apparu en première ligne
qu'à la fin de 1999.
Troisième
erreur. Le ministère de l'agriculture, bien que responsable des
aliments mis sur le Marché, n'a pas montré que son premier souci
était la qualité des aliments produits. Il a plusieurs fois montré
par ses décisions qu'il défendait plus volontiers les producteurs
d'aliments que les consommateurs.
Quand
une maladie bien connue comme la rage touche le pays, l'Etat réagit
correctement. Quand une maladie nouvelle apparaît, l'Etat réagit
avec une lenteur évidente, voire refuse de réagir pendant un
certain délai. Il "innove" très mal.
Signalons
qu'un grand laboratoire privé français, se procurant du sang en le
récoltant dans les placentas humains, a un jour été informé d'un
risque potentiel qu'il faisait courir à ses clients: 24 heures plus
tard, la vente des produits potentiellement dangereux était stoppée.
Elle a repris une fois le problème résolu. Il est tout à fait
possible de réagir en 24 heures quand on veut efficacement protéger
nos santés

Précaution
principe ou prétexte ?
Joseph Clavel
Quand
les hommes de l'Etat, au nom d'une plus grande richesse de leur
peuple, se mêlent de manipuler les monnaies, c'est la catastrophe:
Law en 1720, les assignats révolutionnaires en 1792, ou la crise de
1929 le prouvent. La valeur de la monnaie, au lieu d'être aussi
solide que l'or, se comporte comme neige au soleil. Puis quand l'Etat
doit ensuite intervenir pour réparer ses bêtises, il met des
millions d'individus au chômage. On tombe de Charybde en Scylla.
Heureusement, depuis l'école monétariste américaine, les Etats
ont enfin confié à une autorité non politique- une banque
centrale indépendante- le soin de veiller sur la monnaie, et tout
va beaucoup mieux.
Quand
les hommes de l'Etat, au nom d'une amélioration de la race de leur
peuple, se mêlent de manipuler la génétique, c'est l'horreur. On
tue ceux qui ne sont pas "purs" dans les camps de
concentration et on crée des centres de reproduction génétiquement
contrôlés. Heureusement les armées Américaines nous ont libérés
des états racistes et tout va beaucoup mieux depuis.
Quand
les hommes de l'Etat, au nom de la "justice sociale",
se mêlent de remplacer le Marché, le libre comportement des
individus, par une économie dirigée, c'est encore l'horreur. Il
faut mettre au goulag des millions d'opposants. L'économie s'enlise
dans une effroyable médiocrité qui appauvrit tout le monde (sauf
les hommes de l'Etat qui ont leurs propres magasins), voire plonge
les pays dans d'effroyables famines. Heureusement pour nous, en
1950, les troupes américaines ont stoppé l'expansion triomphante
du Marxisme qui envahissait militairement la Corée du sud. Ensuite
l'économie libérale américaine a fait le reste: le marxisme s'est
effondré tout seul en 1989 avec la chute du mur de Berlin et
partout se rétablit le retour au libre comportement économique.
Malheureusement pour les Français, beaucoup d'entre eux n'ont pas
encore compris que l'intervention de l'Etat en matière économique
était une grave erreur qui nous appauvrissait tous.
Quand
les hommes de l'Etat, au nom du principe de précaution établi pour
protéger nos enfants, se mêlent de sélectionner dans l'innovation
ce qui est bon ou mauvais pour l'humanité, l'évolution du monde
subit trois nouvelles contraintes.
D'abord
elle se fait beaucoup plus lentement. Toute innovation se trouvant
placée sous contrôle est immédiatement stoppée si des
"experts" (choisis par les hommes de l'Etat) trouvent que
cette innovation fait courir un risque. Ainsi, un riz génétiquement
modifié et riche en vitamine A n'est pas planté dans les pays où
des millions d'hommes souffrent et meurent d'avitaminose A. La
construction d'une autoroute qui permettrait d'éviter des dizaines
de morts par an est stoppée du fait que son trajet perturberait le
milieu écologique d'une race de punaises des bois. La disparition
de ces punaises rendrait-elle la vie de nos enfants moins heureuse?
Le principe de précaution nous maintient dans la pauvreté et tue.
Ensuite
l'évolution se fait dans la direction choisie par les hommes de l'Etat.
Au lieu de mettre en concurrence diverses innovations possibles pour
sélectionner la meilleure, l'Etat impose son choix, après avoir
consulté des experts. Faire le bilan d'une nuisance passée,
objective et réelle oppose déjà les experts. La détermination
d'un risque potentiel, futur et hypothétique est encore bien plus
difficile, pratiquement impossible. Les experts seront toujours
divisés. Qui croire? Finalement le pouvoir politique prend ses décisions
en fonction de ses convictions intimes, trouvant toujours un expert
pour justifier sa décision.
Enfin
le choix par l'Etat de la "bonne innovation" transforme
tous les producteurs en irresponsables: ils ont reçu l'autorisation
de l'Etat. Or la responsabilité individuelle est une réalité:
celui qui met sur le Marché un produit dangereux fait une faute et
sera puni, toujours civilement, parfois au pénal. Un Etat qui
autorise un produit dangereux n'est pas puni. Un état
qui maintient une nuisance mortelle en interdisant une autoroute
n'est pas puni. Il est responsable, certes, mais non coupable…
Chassés
du contrôle de la monnaie par le monétarisme, chassés du contrôle
de l'économie par le libéralisme, les hommes de l'Etat se précipitent
sur le principe de précaution: cela leur permet d'avoir un nouveau
pouvoir justifiant leur coût, tout en séduisant certains électeurs.
Les
échos politiques de Georges Langlois
AMBIANCE
Le délégué général de Démocratie
libérale, Xavier Chinaud n'est pas prêt de pardonner à Philippe Séguin
son échec dans le XVIIIe arrondissement : 3ème de liste, il n'a même
pas été élu au conseil de Paris. Seule solution pour Chinaud d'y
siéger un jour : que Séguin démissionne. Aussi a-t-il plutôt mal
pris l'élection de son ancienne tête de liste à la présidence du
groupe RPR, puis son déménagement à l'hôtel de Ville (90 cartons
de livres !) le 20 mai : « Je ne le voyais pas rester, confie-t-il.
Il me paraît incapable de rassembler l'opposition ». L'ambiance au
conseil d'arrondissement du XVIIIe (où Séguin et Chinaud siègent
ensemble) risque d'être plutôt agitée
SOUTIENS
Christine Boutin, qui doit recueillir 500
signatures d'élus pour pouvoir se porter candidate à la présidentielle,
est plutôt optimiste. La raison : elle se dit persuadée que l'Elysée
lui donnera discrètement un coup de pouce pour y arriver. D'après
les « stratèges » chiraquiens, en effet, une candidature Boutin
aurait le double mérite d'affaiblir à la fois François Bayrou
(UDF comme elle) et Jean-Marie Le Pen au premier tour.
ROCARD EPINGLE
Jusque là épargné par les soupçons «
affairistes », Michel Rocard vient d'être épinglé ˜ dans
l'indifférence médiatique générale ˜ par le journaliste Frédéric
Ploquin dans son livre « Une affaire sous François Mitterrand : La
Française des Jeux » (éditions Fayard). Ploquin y raconte que
confronté à la montée en puissance de l'affaire Urba en 1990,
Henri Nallet, alors ministre de la Justice de Rocard était, sur les
conseils de Mitterrand, allé voir le premier ministre pour savoir
comment il convenait de réagir. Réponse de Rocard, entouré de
tous les caciques du PS convoqués pour l'occasion à Matignon : «
Tu donnes l'ordre au procureur de Marseille de classer le dossier »∑
LETTRES
ANONYMES
Le député PS du XVIIIe et nouvel adjoint au
maire de Paris chargé de la questure, Christophe Caresche, assure
recevoir régulièrement des lettres anonymes d'employés de la
Ville de Paris dénonçant les emplois fictifs de chargés de
mission ou les agissements, activités extérieures ou opinions
politiques de tel chef de service. Caresche assure qu'il « refuse
de les lire ». Mon oeil !
EXCUSE
L'ancien bras droit de Charles Pasqua, le député
européen William Abitbol, en rupture de ban avec son ancien patron,
pronostique en privé la mort du RPF : « J'espère qu'il n'existera
plus d'ici à quelques mois », dit-il. Selon lui, Pasqua ne serait
guère plus optimiste sur la pérénité de son parti : « La seule
question qu'il se pose encore, c'est : « comment sauver la
face ? », poursuit Abitbol. Et sa réponse sera : c'est la
faute aux juges ! »
AVEU
La garde rapprochée de François Bayrou a
commencé à chiffrer le coût prévisible de sa prochaine campagne
présidentielle : 95 millions de francs. Un chiffrage (de premier
tour sec) qui sonne comme un aveu : malgré les déclarations de façade,
même les plus fervents bayroutistes n'envisagent pas une seconde d'être
présents au second tour !
VIGILANTE
Les rumeurs de dissolution de l'Assemblée
nationale, propagées par le DL José Rossi ˜ qui, interrogé sur
RMC, a expliqué que celle-ci était « aujourd'hui dans toutes les
têtes » ˜ ne sont pas prises au sérieux par ses collègues, de
droite, comme de gauche. « C'est n'importe quoi ! », réagit le
RPR Patrick Devedjian ; « Si Chirac fait ça, c'est qu'il est
vraiment dingue ! » rigole le PS Vincent Peillon. Rossi, lui-même,
a fini par faire machine arrière. Il n'empêche : pas rassurée,
Michèle Alliot-Marie a demandé à son équipe d'être vigilante,
« au moins jusqu'à la rentrée ».
De
Rio à Kyoto: histoire d'un échec mérité
Fred Aftalion
Le
refus du Président Bush de faire adhérer les Etats-Unis au
protocole de Kyoto sur le changement climatique a provoqué, comme
on pouvait s’y attendre, les sarcasmes des Verts et de tous ceux
qu’irritent les prises de positions américaines.
Le
protocole de Kyoto qui date de 1997 était, en quelque sorte, le
couronnement d’une démarche commencée avec le Sommet de la planète
Terre à Rio en juin 1992 auquel participèrent une centaine de
nations et de nombreux supposé de notre planète par effet de serre
et pour cela, de réduire notablement la consommation de
combustibles fossiles qui, en brûlant, émettent du gaz carbonique
(CO2).
L’effet
de serre, phénomène bien connu, a, en fait, un aspect bénéfique
car si les gaz qui le provoquent, principalement le CO2, la vapeur
d’eau, le méthane n’agissaient pas comme des pièges pour les
radiations infrarouges du soleil, la température ambiante
s’abaisserait à –5°C et toute vie deviendrait impossible.
Après
avoir craint, dans les années 70, un retour à une période
glaciaire, certains observateurs, dix ans plus tard, on crut, au
contraire, que la Terre allait se réchauffer et l’on a parlé
alors d’une augmentation de température d’1/2°C sur cent ans.
Depuis
lors, les satellites qui ont analysé l’atmosphère ces 21 dernières
années sur tous les points du globe n’ont pu déceler aucun réchauffement
sur cette période comme vient de le souligner la National Academy
of Science des Etats-Unis.
Par
ailleurs, il n’a pas pu être observé non plus de corrélation
directe entre l’augmentation de température d’1/2°C évoquée
plus haut et la teneur en CO2 de l’atmosphère.
Il faut
remarquer aussi qu’outre le CO2, la vapeur d’eau et le méthane
jouent un rôle important dans l’effet de serre.
Or, la
production de méthane résulte de l’élevage du bétail et de la
culture du riz et ne peut être réduite si l’on veut éviter
d’affamer les populations de Chine, de l’Inde et du Sud Est
asiatique.
Le
protocole de Kyoto se fondant sur une menace non confirmée de
changement climatique qu’il attribue à la seule émission de gaz
carbonique par les nations industrielles constitue lui-même une
menace pour les économies du monde libre.
En
effet, la diminution de 30 à 40 % sur 10 ans des consommations des
sources d’énergie fossile par les pays industrialisés qu’il
implique devrait s’avérer des plus coûteuses.
Le Département
de l’énergie américain estime que son application signifierait
en 2010 une réduction de $397 milliards du PIB des Etats-Unis et un
accroissement de 86,4 % des prix de l’électricité.
Sous la
pression des écologistes, les Américains ont dû renoncer à
construire de nouvelles centrales nucléaires et à exploiter les
riches gisements de pétrole de l’Alaska où paissent les
caribous.
On
comprend que le Président Bush, déjà confronté au problème de
la fourniture de courant en Californie n’ai pas voulu engager son
propre pays dans de nouvelles contraintes.
Au lieu
de l’en blâmer, les dirigeants européens devraient se rendre
compte que leurs Verts les conduisent aux mêmes incohérences.
Ainsi,
l’Allemagne continue à subventionner ses charbonnages mais a décidé
de mettre un terme à son programme d’électricité nucléaire qui
lui éviterait pourtant d’émettre le CO2 tant redouté.
L’énergie
des barrages, elle aussi non polluante, ne se développe plus de
peur qu’elle ne porte atteinte à la beauté des sites
environnants.
Pense-t-on
que les éoliennes soient plus plaisantes à regarder ?
Mais
surtout, le protocole de Kyoto se heurte au fait qu’il ne peut
s’appliquer de manière égale aux différentes nations de la planète
alors que la pollution atmosphérique ne connaît pas de frontière.
Si
l’on exonère des contraintes qu’il impose des nations en plein
développement comme la Chine ou l’Inde, qui, dans leur immensité,
constituent des sources importantes de gaz à effet de serre, ce
sont les pays industrialisés de l’Occident qui se verront pénalisés
dans leur conquête des marchés et dans leur bien-être.
Si
l’on voulait, par contre, faire participer à l’effort commun,
les nations en voie de développement, on s’apercevrait très vite
qu’elles ne pourraient ni ne voudraient le faire.
En nous
obligeant à réfléchir aux conséquences d’initiatives
malheureuses comme celles poursuivies de Rio à Kyoto, c’est au
monde entier que le Président Bush aura rendu service.

Si l’expérience
Berlusconi faisait tache d’huile?
- Guy Millière
- Page Guy Millière
Les titres des
principaux journaux et magazines européens l’ont souligné
pendant des semaines, du quotidien français Le Monde à
l’hebdomadaire libéral modéré anglais The Economist et du
quotidien El Pais en Espagne à Die Zeit en Allemagne : une victoire
de Silvio Berlusconi aux élections italiennes serait une
abomination, un danger, un crime presque...
La presse
italienne ayant retranscrit avec diligence ce qui s’écrivait
ailleurs, les Italiens auraient dû, bien sûr, se sentir honteux,
intimidés et renoncer au dernier moment... Il n’en a rien été,
heureusement, et Berlusconi sera le prochain Président du Conseil
italien.
Y a-t-il de
quoi s’alarmer? Non, bien sûr. Tout au contraire.
Si
Berlusconi va jusqu’au bout de ses promesses (et tout indique pour
le moment qu’il ira
jusqu’au bout), il procédera à la réforme fiscale la plus
radicale, la plus profonde et la plus
libérale qu’ait connu un pays d’Europe occidentale
depuis longtemps. Il cassera la progressivité de l’impôt sur le
revenu, et abolira l’impôt sur les successions. Il réformera
l’état, recentrera ses activités vers les missions de justice et
de sécurité, tout en diminuant le nombre de fonctionnaires.
Enfin, il donnera
une impulsion neuve à la politique étrangère italienne.
Berlusconi veut
d’une Europe forte, dynamique, mais dans le respect des nations et
dans le cadre d’une alliance occidentale qui n’oublie pas que
l’Occident est aussi l’Amérique du Nord.
Les conséquences
européennes de tout cela vont se faire sentir, bien sûr. Déjà,
les technocrates de Bruxelles s’inquiètent et disent que l’Italie
risque de se retrouver en contradiction avec diverses directives,
entre autres celles concernant « l’harmonisation
fiscale ».
Les gouvernants
français n’osent pas crier au loup comme ils l’ont fait lors de
l’arrivée au pouvoir du parti de Jorg Haider en Autriche: la
posture fate du donneur de leçon impuissant ne sortira pas du
magasin des accessoires où elle a été rangée. Mais il est clair
qu’ils sont mécontents, déstabilisés, et que l’Italie les
inquiète. Un article paru sur le net voici quelques jours sur le
site de Courrier International résume vraisemblablement leur état
d’esprit: « Souhaitons que l’expérience Berlusconi en
Italie s’interrompe au plus vite, sinon elle risque de faire tache
d’huile ».
Et
justement: si l’expérience Berlusconi faisait tache d’huile?
Si, après les Italiens, d’autres Européens voulaient une réforme
en profondeur de l’Etat et de la justice, une baisse profonde des
impôts, un respect du sentiment national, et une réorientation de
la politique étrangère dans un sens plus conforme à la défense
de la civilisation occidentale toute entière?
Imaginez. Et vous
verrez pourquoi votre rêve ressemble au cauchemar de tant
d’hommes de l’Etat socialiste et de tant de leurs serviteurs zélés.
Imaginez. Une concurrence fiscale tirant peu à peu toutes les
fiscalités vers le bas.
amaigrissement des
structures administratives. Un retour généralisé vers l’esprit
d’émulation et d’entreprise. L’abandon graduel des fort coûteuses
politiques redistributives européennes et une Europe qui devienne
enfin un grand marché ouvert au reste du monde. Le recadrage de la
politique de défense commune dans une direction qui ne serait pas
celle de la myope et rivalité ressentimentale avec les Etats Unis,
mais celle du pilier européen de l’alliance occidentale.
Imaginez...
Ce
n’est pas impossible. Le gouvernement autrichien se félicite
clairement de l’arrivée de Berlusconi au pouvoir. En Espagne, José
Maria Aznar se sent moins seul pour affronter l’hydre
rose-rouge-verte. L’Irlande court moins le risque de se voir montrée
du doigt et désignée comme le mauvais élève ultra-libéral de la
classe. Il en faudrait plus pour que la France bouge, me direz-vous?
Bien sûr: il
faudrait un
Berlusconi français. Il faudrait un homme d’affaire fier de sa réussite
et qui se dise prêt à diriger le pays avec la même efficacité
qu’il a dirigé ses entreprises. Il y faudrait dans son entourage
des politiques et des intellectuels qui aient le courage de dire aux
Français que ce pays est au bord du cataclysme, mais que tout
n’est pas perdu si l’on a du courage. Il y faudrait une presse
qui échappe à l’emprise de l’Etat. Nos hommes d’affaire sont
timides, discrets et souvent énarques. Nous manquons d’hommes
politiques courageux. Les intellectuels politiquement incorrects
sont étouffés sous l’omniprésence de la pensée conforme et les
espaces de liberté dans la presse se raréfient. Alors? Espérons
un sursaut. Et pour le moment, regardons comme un espoir ce qui se
passe en Italie.

- Un
président de la iVe République élu au suffrage universel !
- Alain Dumait
- Page Alain Dumait
La campagne pour
l’élection présidentielle de 2002, dans moins de douze mois, a démarré depuis
longtemps, sans doute depuis ce jour de 1997 où Jacques Chirac, à la suite
d’une initiative malheureuse, s’est retrouvé avec, à l’Assemblée Nationale, une
majorité de la gauche plurielle et dans l’obligation de faire appel comme
premier ministre à celui qui avait été son adversaire deux ans plus tôt.
Depuis que le
Parlement a définitivement adopté la modification du calendrier électoral, les
perspectives se dégagent. Nous ne sommes pas encore dans le galop final ni même
dans la dernière ligne droite mais le coup de cloche pour le dernier tour va
bientôt retentir.
C’est dans ce
contexte que les coups bas se multiplient. Une association créée pour la
circonstance, a demandé à un juge d’entendre Lionel Jospin sur une affaire
d’emplois fictifs au Conseil général de la Haute-Garonne. Au RPR, on cache à
peine qu’il s’agit ni plus ni moins d’une réponse du berger à la bergère.
Après le
développement de deux affaires qui mettent nommément en cause le président de
la République, au temps où il était à la fois maire de Paris et président du
RPR – à savoir le dossier des fausses factures des HLM de la ville de Paris et
d’autre part les emplois fictifs mis à jour à l’hôtel de ville de Paris,
l’entourage du président de la République ne pouvait que considérer comme un
casus belli l’initiative du député PS, Arnaud Montebourg, et avocat ayant eu à
connaître professionnellement du dossier des HLM de la ville de Paris, ami du
juge Halphen, et créature politique de Pierre Joxe, devenu entre temps membre
du conseil constitutionnel.
Personne
n’avance à l’Élysée que la demande de traduction du président de la République
devant la Haute Cour de Justice, présentée par le député de la Saône-et-Loire,
ait pu être soufflée par le premier ministre lui-même. Mais personne ne doute
que Lionel Jospin avait les moyens d’étouffer dans l’œuf cette opération. Il
aurait suffi, par exemple, qu’il fasse savoir à l’intéressé et à ses vingt-neuf
autres complices, qu’il y allait, demain, de leur réélection…
Qu’on ne
s’attende pas à ce que le débat d’idées sur l’opposition et sur le programme
soit l’essentiel de cette campagne. Avec les médias, où les différentes
chapelles de la gauche sont comme chez elles, toujours en quête de
sensationnel, on peut faire le pari que bien d’autres affaires vont être jetées
en pâture à l’opinion publique pourtant déjà largement rassasiée.
Pour l’instant,
il est impossible de dire qui, de Jacques Chirac ou de Lionel Jospin, profitera
au mieux de cette trouble situation.
Une comparaison
vient immédiatement à l’esprit : celle des dernières années de la IVe
République. Cette comparaison est développée par Thierry Desjardins, dans son
nouvel ouvrage « Chirac, réveille-toi ». L’auteur, s’adressant à
l’intéressé, déclare : « Depuis 1997, vous avez été un excellent
président de la… IVe République. Bien meilleur que ne l’ont été Auriol ou
Coty ».
En effet, pendant
que le gouvernement dit gouverner, qu’il est bien obligé de se coltiner avec
les syndicats, les agriculteurs, les camionneurs, les infirmières… le président
de la République remet des décorations, fait des petits voyages en province ou
à la Réunion et il a tout le temps nécessaire pour peaufiner quelques
considérations vachardes sur « son » gouvernement.
On déplorera
bien sûr cette funeste cohabitation, si contraire à l’esprit des institutions
de la Ve République, surtout, qui conduit l’action gouvernementale à
l’impuissance, à moins qu’elle ne fasse que l’excuser.
Mais on sait par
ailleurs que les Français ne détestent pas se souvenir de la IVe République,
cette période où, après la défaite et l’occupation, sur le mythe de la
participation des armées de la France à la victoire, la prospérité économique
était galopante.
Dans la bouche
de Thierry Desjardins, la comparaison n’est certainement pas désobligeante.
L’auteur, adjoint au direction général du Figaro, dont l’un des livres
précédents était déjà consacré à Jacques Chirac (« Un inconnu nommé
Chirac »), est aussi un familier du chef de l’État. Comme le titre de son
livre l’indique, son admonestation est amicale. Son livre est d’ailleurs très
intéressant, notamment par toutes les remarques et anecdotes qu’on lui trouve.
Si Chirac
l’emporte l’an prochain, ce sera notamment parce qu’il aura su ramener la
pratique des institutions de la Ve République à celle de la IVe. L’héritier de
Georges Pompidou sera plutôt pour l’histoire le successeur de François Mitterrand.
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