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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Sénat US

Suite à la défection du sénateur du Vermont, James Jeffords, qui a quitté le groupe des élus républicains pour devenir indépendant, la Chambre haute américaine a changé de titulaire. Un démocrate de la Virginie de l’Ouest, de 83 ans, Robert Byrd, remplace un républicain de la Caroline du Sud de 98 ans, Strom Thurmond.

CHÔMAGE

Le nombre de sans-emplois en Suède est tombé à… 3,7 % en avril 2001. Lionel Jospin, avec 9 % de chômeurs, n’a vraiment pas de quoi pavoiser…

ESPAGNE

Le taux de chômage outre-Pyrénées est passé de 9,08 à 8,76 % entre avril et mai, plus bas niveau depuis 1979.

SIDA

Le premier cas de Sida a été répertorié il y a vingt ans. Depuis, il a tué 22 millions de personnes à travers le monde. Aujourd’hui, 36,1 millions de malades vivent avec.

INTERDITS

Le nombre d’interdits bancaires est passé de 0,9 à 2,8 millions entre 1989 et 2000, soit une hausse moyenne de 11 % par an…

LOGEMENT

Depuis le 1er juin, la loi interdit toute division d’immeuble en vue de créer des locaux à usage d’habitation d’une superficie et d’un volume habitable inférieurs respectivement à 14 m2 et 33 m3.

Everest

Un aveugle de 32 ans a pour la première fois escaladé les 8 850 mètres du Mont Everest jusqu’en haut. Il était accompagné d’un médecin de 64 ans qui a battu le record d’âge. Plus de 1 000 personnes ont déjà atteint ce sommet à la suite d’Edmond Hillary en 1953. 170 alpinistes y ont aussi trouvé la mort…

DIVERS FAITS 

 Religieuse

6 % des 172 000 marines américains sont des femmes. Après 20 ans de service actif le sergent Mary Perrot est entrée directement au couvent des Ursulines de l’Immaculée Conception de Louisville, dans le Kentucky.

 Chien

Un chien de 2 ans, de race Basenji, a remporté, devant 20 000 autres participants, le concours canin Crufts, organisé par le Kennel Club, au National Exibition Center de Birmingham. Son cri – il n’aboie pas, il ioule… – s’apparente aux vocalises des tyroliens…

 ECHECS

L’Université d’Aberdeen, en Écosse, propose le premier doctorat au monde de jeu d’échecs : elle cherche à recruter une quarantaine d’étudiants pour suivre trois années de cours. Garry Kasparov serait parmi les enseignants.

 PEROU

Le candidat populiste de centre-gauche Alejandro Toledo est devenu président du Pérou avec 53 % des voix, contre 47 % pour Alan Garcia, le prédécesseur social-démocrate d’Alberto Fujimori.

Encore une défaite pour la gauche…

 ARABIE

La justice saoudienne a condamné quatre britanniques à des peines de prison et à des coups de fouet pour avoir fait commerce d’alcool, ce qui constitue un délit pour la charia.

 STASI

Un cousin du chancelier Schroeder, Renate Gritze, a déclaré au Times avoir naguère travaillé pour la Stasi. Il a ajouté n’en éprouver « aucun regret »…

 BOUTIN

Pour Philippe de Villiers, l’éventuelle candidature de Christine Boutin serait soutenue activement par l’Élysée, certain que celle-ci appellerait ses troupes à voter Chirac au deuxième tour…

MEDIAS

20 heures

Dès septembre, l’équipe d’« On a tout essayé » de Laurent Ruquier occupera sur France 2 la tranche horaire précédant le 20 heures.

Skyrock

Le CSA a entendu mardi dernier, le président de la radio Skyrock convoqué pour s’expliquer sur les injures publiques, généralement scatologiques, tenues sur son antenne, notamment à l’égard des participants à l’émission Loft Story de M6. Il a invoqué la liberté d’expression. Il était accompagné du président de SOS Racisme, Malek Boutih. Et Jack Lang avait pris sa défense quelques jours auparavant. Le CSA n’a jamais envisagé qu’une sanction symbolique…

Sony

Sony a dû reconnaître que David Manning, critique cinématographique, applaudissant systématiquement les productions de Sony Films, était un personnage fictif qui n’a jamais existé…

INTERNET

France Télécom, l’Institut national de recherche en informatique et le groupement des écoles de télécommunications (GET) vont expérimenter un réseau internet nouvelle génération qui devrait garantir 40 gigabits par seconde, ce qui multiplie par 500 les capacités du haut débit classique.

Vacherie

« Michel Drucker, qui a été mis à l’antenne par la grand-mère de Clémence Arnaud, a un problème d’ordre psychanalytique à régler. Il a été le premier à attaquer notre animatrice. Il y disait que deux personnes l’avaient déçu : il a d’abord tiré sur une ambulance en citant André Lamy, qu’il a ensuite associé à Clémence » (Jimmy Lévy, ami et producteur de « Fou d’humour », l’émission de Clémence Arnaud, qui va disparaître des programmes de France 2).

SIC   

 RESPONSABILITÉ

« Les historiens de l’avenir jugeront sévèrement les responsables de l’État qui ont laissé s’installer sur le sol de la patrie des blocs de population étrangers à son identité, indifférents à son histoire et rebelles à ses valeurs » (Henry de Lesquen, président du Club de l’Horloge).

 IMMIGRATION

« On se sent un peu envahis. Les Asiatiques profitent du système, ils raflent les aides sociales et finalement deviennent plus riches que nous. Les belles maisons dans les quartiers chics, ce sont eux qui les achètent. »

Alek, chauffeur de taxi à Leicester, ville dont le taux de non-Blancs est passé de 5 % en 1968 à 30 % aujourd’hui. Il devrait dépasser la barre des 50 % d’ici 2010…

 PROJET

« Jacques Chirac ne défend plus aucunes des idées sur lesquelles ont été bâtis le gaullisme et le RPR. Il est sympathique mais […] les Français n’iront pas voter en fonction d’un coefficient de sympathie, plutôt en fonction d’une perspective » (Charles Pasqua).

 ANGLETERRE

« Tony Blair est lié par une politique qui aboutira à l’extinction progressive du Royaume-Uni en tant qu’État-nation indépendant » (Lady Thatcher).

 FRANCE

« L’influence de la France en Europe s’amenuise, et devrait, à l’avenir, se dissiper d’avantage encore […] La classe politique française tarde à moderniser le pays […] Quelques représentants de l’élite française cultivent la conviction d’une exception française et le mépris pour tout ce qui est pensée « anglo-saxonne » ou « libérale ». De sorte qu’il est plus difficile de digérer les idées économiques que beaucoup d’autres pays ont embrassées » (The Financial Times).

 

 

 

Les 4verites N°309 du 9 juin  2001

 Sommaire:

Éditorial de Jean Rouxel:....................................L'exemple anglais que Jospin n'a pas voulu suivre !
Bernard Trémeau.....................................................................Productivité: une chance pour l'emploi
Marcel Reyes:..............................................................................................Les hypocrites de la torture
Les échos politiques....................................................... de Georges Langlois
Exprimez vous....................................................................... Forum
                                                                          Courrier des lecteurs
Claude Reichman :................................Les "rééduqués"
Guy Millière................................................................... Moyen-Orient l'enjeu d'un conflit millénaire
La chronique d'Alain Dumait:...................................Complaisance médiatique pour les trotskistes

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L’exemple anglais que Jospin n’a pas voulu suivre !
 Jean Rouxel  

Si les élections présidentielles françaises avaient lieu demain, plutôt que dans onze mois, et selon le dernier sondage publié (CSA pour BFM et Libération), Jacques Chirac l’emporterait sur Lionel Jospin, par 51 % des voix contre 49 %, au deuxième tour. Même si, au premier tour, il était légèrement distancé par son rival (27 % des intentions de vote contre 28 % à son Premier ministre). Robert Hue et Jean-Marie Le Pen obtenant l’un et l’autre 8 % des suffrages, Arlette Laguiller 6 %, et derrière, à égalité, Noël Mamère, François Bayrou et Alain Madelin, avec 5 % chacun. Mais c’était avant la révélation de la longue appartenance du futur candidat socialiste à la secte trotskiste…

Cette incertitude tranche avec la situation, de l’autre côté de la Manche, du rival social-démocrate du chef du gouvernement français. Tony Blair, après quatre années de gouvernement, non seulement fait l’unanimité de la presse d’opinion, y compris les représentants les plus prestigieux de la pensée libérale ou conservatrice (« The Economist » et « The Times ») mais encore obtient l’approbation publique des milieux d’affaires qui lui reconnaissent, dans une lettre ouverte, avoir « créé l’environnement stable que requièrent les entreprises et les investisseurs étrangers ».

Car ce que requiert en effet une bonne politique économique, c’est l’application de principes sains et stricts dans la durée.

Tony Blair, sans jamais céder aux sirènes syndicales, a résolument continué la politique déjà mise en œuvre par ses prédécesseurs conservateurs. Non seulement les dépenses publiques n’ont pas été augmentées, mais la dette publique a été réduite, et le déficit transformé en excédent. La banque d’Angleterre, devenue indépendante, a contenu l’inflation à moins de 2 % par an. Du coup, la livre britannique est demeurée une monnaie forte quand l’euro dégringolait de 25 % par rapport au dollar sur son cours d’introduction…

Quand les citoyens contribuables sont satisfaits de leurs dirigeants, ils leur renouvellent leur confiance. Cela vaut pour tous les gouvernements, de droite comme de gauche.

L’exemple britannique était à la disposition de Lionel Jospin, libre de tous droits d’auteur. Son pragmatisme aurait dû l’entraîner dans cette direction-là. Il aurait pu préférer l’exemple allemand avec un chancelier qui a le courage d’introduire une réforme du financement des retraites en y introduisant une dose de capitalisation. Point n’était besoin d’aller chercher ailleurs d’autres recettes, ni en Italie, ni en Espagne, ni en Autriche. Encore fallait-il admettre qu’un grand vent de réformes anti-étatiques souffle sur l’Europe depuis plusieurs années, du nord au sud et d’est en ouest.

Avec un gouvernement socialiste, depuis 1997, la France croit pouvoir être épargnée par ces changements. Les politiciens au pouvoir s’imaginent pouvoir s’en sortir en mettant les entreprises en accusation. Le temps passe. Pour beaucoup de Français, il sera perdu.

Productivité et licenciements

Bernard Trémeau

Pour les communistes, une entreprise qui fait des bénéfices n’a pas le droit de licencier. Cette conviction crée une profonde brèche dans la majorité plurielle.

 Schématiquement, quand une entreprise de 100 salariés améliore de 5 % sa productivité, elle produit autant avec 95 salariés qu’avec 100, ou alors elle produit environ 5 % de plus en conservant le même nombre de salariés.

Si le Marché n’est pas saturé, la demande peut croître de 5 % et l’amélioration de productivité permet aux 100 salariés de l’entreprise de satisfaire 5 % de clients supplémentaires.

Quand le marché est saturé, avec une demande stable, une amélioration de productivité de 5 % met sur le Marché 5 % de produits en trop. Pour rééquilibrer l’offre et la demande, l’entreprise doit réduire les effectifs de 5 emplois. L’augmentation de productivité est source de licenciements. Depuis 1936, la demande de blé est pratiquement stationnaire en France, tandis que la productivité agricole progresse rapidement : des millions d’agriculteurs ont quitté la terre.

 L’amélioration de la productivité est le seul moyen pour un pays de s’enrichir. Tout le monde en profite : les actionnaires voient leurs dividendes augmenter, les salariés sont mieux payés et les clients, grâce à la concurrence, payent tout ce qu’ils achètent de moins en moins cher.

Mais chaque entreprise réalise ses propres progrès de productivité. Certaines bien gérées vont progresser très rapidement, d’autres au contraire iront bien plus lentement. La marge des premières augmentera, tandis que la marge des secondes restera faible. Les premières pourront abaisser leurs prix tout en continuant à faire de solides bénéfices. Les secondes ne pourront pas abaisser leurs prix, perdront des parts de marché, donc seront contraintes de licencier pour ne pas déposer leur bilan.

Telle est la réalité économique. Les améliorations de productivité, lorsqu’elles aboutissent à la saturation du marché, ne peuvent qu’engendrer des licenciements. Et dans un marché saturé, il est évident que les premières entreprises licencieront en faisant des bénéfices, tandis que les secondes licencieront en subissant des pertes.

 Deux erreurs économiques graves

 Quand le pouvoir politique veut s’opposer aux licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, il commet plusieurs erreurs. Il refuse d’abord de voir la réalité économique en face.

Au nom de quel principe maintenir dans une entreprise des salariés dont on n’a plus besoin pour satisfaire la demande ? Ces salariés seront bien plus utiles dans des secteurs où la demande est forte. Une société qui améliore sa productivité est une société qui modifie en permanence le travail de tout le monde. C’est à ce prix qu’on devient de plus en plus riche.

Ensuite, pénaliser une entreprise bien gérée qui fait des bénéfices, et ne pas pénaliser, voire aider, une entreprise qui est au rouge, car non compétitive, sont deux erreurs économiques graves. L’État dilapide notre argent. Les dirigeants de l’entreprise qui fait des bénéfices devraient au contraire être félicités, voire aidés, car l’argent qu’ils utilisent est très productif. Il fournit aux salariés qui y travaillent un outil particulièrement performant. Aider une entreprise qui marche mal, c’est confier des capitaux à de mauvais gestionnaires.

Enfin, dans une économie mondialisée, la France a un immense besoin de capitaux pour investir et ainsi créer des emplois. Quand les conditions sont meilleures à l’étranger, les entreprises françaises délocalisent. Les capitaux étrangers avaient déjà tendance à fuir notre pays : la nouvelle contrainte les fera fuir encore plus rapidement.

Le pouvoir politique a un autre rôle essentiel à jouer : il doit veiller à ce que celui qui est licencié ait les moyens de vivre normalement et retrouve le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions possibles un emploi. Le progrès de productivité donne au pays les moyens financiers de réaliser cette politique de reconversion.

Tortures en Algérie : assez d’hypocrisie !

En guerre subversive, la stratégie s’appuie sur la conjonction de la terreur et de son exploitation par les médias, plus ou moins complices, en vue d’amener le pouvoir en place à la capitulation… Les conflits futurs auront principalement cette forme, compte tenu de l’importance prise par la manipulation de l’opinion publique et par l’évolution des armements.

En guerre subversive, l’arme principale des terroristes est la dissimulation dans la population. On est à l’inverse du combat en uniforme régulé par les conventions de Genève. Pour percer cette opacité qui protège le terrorisme, il y a certes différents moyens « policiers » mais, depuis toujours, l’interrogatoire appuyé sur la souffrance psychologique ou physique semble efficace, surtout quand le temps presse. D’ailleurs, sur nos petits écrans, c’est un spectacle qui nous est infligé plusieurs fois par semaine, avec des scénarios qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Bien naïf, ou de mauvaise foi, celui qui croira que la redoutable efficacité passée et actuelle des services israéliens dans l’élimination physique des responsables du terrorisme est basée sur des renseignements obtenus par des caresses. Mais la législation israélienne l’autorise et les controverses sur ce sujet n’y sont plus de mise depuis le retour du terrorisme.

En guerre subversive, la manœuvre des médias est fondamentale pour la manipulation de l’opinion publique. Il convient donc de souligner la formidable victoire « a posteriori » remportée par les séides français du KGB, en ligne ou en soutien, dans ce qu’il est convenu d’appeler « la Bataille d’Alger ».

À l’origine, Alleg le chef communiste d’Alger qui y fut soumis, appela son interrogatoire avec usage de la douleur physique « La Question », ce qui était du bon et honnête français.

Le mot « torture » avec sa connotation abjecte et avilissante lui fut vite substitué, car bien plus efficace en guerre subversive, généralisé et martelé à longueur d’émissions et de colonnes. Malhonnêtement, le contexte dramatique des effets du terrorisme bien plus infamant et douloureux, avec son cortège de vies brisées pour les nombreuses victimes dont il fallait à tout prix éviter la multiplication, fut totalement occulté. La mise à mort sous la torture, ce qui n’était pas le cas, fut suggérée, ce qui ajoute encore à l’infamie. Aujourd’hui encore, après avoir manipulé un vieil officier en mal de gloire sénile, ils tentent de relancer leur exploitation subversive.

Les tortures sadiques du FLN

 Oui, il y a eu torture généralisée à un point qu’il est difficile d’imaginer, pour nos malheureux soldats et civils, femmes ou enfants, Français ou Algériens tombés entre les mains du F.L.N. Était-ce pour les faire parler lors d’interrogatoires ? Non ! seulement pour le plaisir sadique de bêtes humaines. Plusieurs dizaines de milliers de Harkis, qui étaient des militaires français – faut-il encore le rappeler – furent, avec leurs familles, femmes et enfants, mis à mort dans d’effroyables tortures au cours de l’été 1962.

À ce propos il convient de souligner que ceux qui traversèrent la Méditerranée, le firent grâce au sens de l’honneur d’officiers qui n’hésitèrent pas à transgresser les ordres formels reçus.

 Oui, s’il y a repentance à faire, c’est de la part du gouvernement français, pour les avoir sciemment abandonnés à leurs bourreaux.

Sujet de réflexion sur un cas d’école à peine imaginaire. Un groupe terroriste, pour contraindre le gouvernement à se plier à sa volonté, a placé dans plusieurs grandes ville françaises des bombes en nombre indéterminé, qui peuvent faire, lors de leur déclenchement, de très nombreuses victimes. Il ne s’agit pas de bluff, certaines ont fonctionné. Nos services ont réussi à mettre la main sur quelques membres du groupe. Le temps presse. À tout moment l’hécatombe peut avoir lieu. Que faire ? Laissons à chacun le soin de répondre suivant sa conscience, bien que « conditionné » par nos « belles âmes » depuis de nombreuses années…

 

 Les échos politiques de Georges Langlois 

COHABITATION

Le délégué général de Démocratie Libérale, Xavier Chinaud, devra travailler en « binôme » avec Philippe Dominati, président du groupe parlementaire DL au conseil régional d’Ile de France, pour le choix des investitures aux législatives de 2002 en région parisienne. Ainsi en a finalement décidé Alain Madelin, au grand dam de Xavier Chinaud qui espérait que la candidature tibériste de Philippe Dominati dans le VIIIe arrondissement de Paris lui vaudrait (comme son frère Laurent) d’être « suspendu ». Las, les instances de DL ont estimé qu’élu régional, Philippe Dominati ne pouvait être sanctionné par la fédération de Paris. Après son échec dans le XVIIIème arrondissement (3ème de la liste Séguin, il n’est que simple conseiller d’arrondissement), c’est un second coup dur pour Xavier Chinaud. Et la poursuite, une génération plus loin, de la vieille rivalité entre Roger Chinaud et Jacques Dominati, entamée à l’époque des Républicains Indépendants…

LETTRES ANONYMES

Le député PS du XVIIIème et nouvel adjoint au maire de Paris chargé de la questure, Christophe Caresche, assure recevoir régulièrement des lettres anonymes d’employés de la Ville de Paris dénonçant les emplois fictifs de chargés de mission ou les agissements, activités extérieures ou opinions politiques de tel chef de service. Caresche assure qu’il « refuse de les lire ». Mon œil !

BREGANCON

Jacques Chirac passera ses vacances du mois d’août au Fort de Brégançon (Var) et non plus, comme l’année dernière, à l’Ile Maurice, où son séjour de « millionnaire » avait déclenché une vive polémique dans la presse et la classe politique. À moins d’un an de la prochaine élection présidentielle, Chirac a, en effet, considéré, qu’il valait mieux passer des vacances plus « discrètes ». C’est ce qu’il vient de confirmer, par téléphone, au directeur de l’hôtel « Royal-Palm », lui promettant cependant de retourner chez lui au plus vite, mais après l’élection.


Les rééduqués, d’ici et d’ailleurs…

Claude Reichman

quand Chow Ching Lie, une Chinoise établie en France où elle a fait fortune dans les affaires tout en poursuivant, non sans difficultés, une carrière de pianiste, apprend que son frère aîné, Ching Son, vient d’être libéré, en Chine, au bout de vingt ans de travaux forcés pour « droitisme », elle se précipite dans son pays natal pour le revoir. Comme il faut encore se méfier de tout, il lui donne rendez-vous, à Pékin, à un arrêt d’autobus. Les minutes passent sans qu’il arrive. Soudain elle voit un homme en haillons courir derrière l’autobus dont il vient de descendre, réclamant sa monnaie au chauffeur. Celui-ci lui jette un billet. L’homme se lance dans la circulation au risque de se faire écraser et, à quatre pattes, se saisit de la petite coupure. Le cœur serré, Chow Ching Lie se détourne de la scène. Toujours pas de Ching Son. Soudain, derrière elle, une petite voix murmure : « Ma sœur ». « Je me retourne d’un bloc, écrit-elle *. Devant moi, se tient un homme dépenaillé, presque un vieillard, la peau sur les os, les mains déformées par les engelures. Sous la casquette informe qui dissimule à demi son visage, le regard seul semble encore vivant. Il y reste une petite flamme, une toute petite flamme, qui me permet de reconnaître Ching Son. » C’était lui, le miséreux qui courait derrière sa monnaie. « Ainsi, poursuit-elle, mon grand frère Ching Son, le héros de mon enfance, si beau, si fier, si élégant, courait comme un mendiant après deux centimes ! Qu’a-t-on fait de lui ? Comment est-il devenu cette pauvre créature ? » Il a survécu au camp de « rééducation », mais il en restera marqué à jamais. Sa sœur observe qu’il est constamment sur le qui-vive. « Même libéré, même réhabilité, il se sent guetté par un tout-puissant surveillant. Il craint toujours une nouvelle humiliation, une nouvelle punition. Il transpire la peur. » Et ce n’est pas tout. « Après ces vingt années passées à courber l’échine, à subir les vexations, à craindre les coups, il affiche une obséquiosité qui me désole. » Elle a beau le secouer, rien n’y fait. « Ce comportement est devenu une seconde nature. Il ne peut s’empêcher de se répandre en courbettes, en plates excuses et en attitudes serviles. »

Comment ne pas reconnaître, les traits asiatiques en moins, le portrait des politiciens de la droite française ? Voilà plus de vingt ans qu’ils sont « rééduqués » par la presse de gauche — autrement dit par la presse, tout simplement, puisqu’il est établi par les enquêtes d’opinion et par la simple observation des faits qu’elle est presque unanimement de gauche. Voilà plus de vingt ans qu’ils subissent sans protester l’insulte et l’outrage. Voilà plus de vingt ans qu’ils se répandent en courbettes devant le moindre plumitif ou le plus médiocre bavasseur, espérant finir par mériter sinon leur considération, du moins leur indulgence. Et c’est comme cela que ces politiciens s’imaginent pouvoir convaincre l’opinion !

On ne gagne pas en politique en s’humiliant devant l’adversaire. Les politiciens de la droite française ne savent plus agir autrement. Ils sont donc condamnés. Une génération politique va disparaître. On ne la regrettera pas. Les jeunes hussards de la ve république, les quadras flamboyants, les « rénovateurs » ambitieux, sont devenus des sexagénaires sans âme. Ils n’ont même plus cette petite flamme dans le regard qui a permis à Chow Ching Lie de reconnaître son frère. Ce ne sont plus que des morts vivants. Par bonheur, notre société ne croit pas à la réincarnation. Car ce serait vraiment l’horreur s’il l’on devait être condamné à les revoir !  

Chow Ching Lie

 Dans la main de Bouddha

Récit recueilli
par Isabelle Garnier

 Presses de la Renaissance

321 pages – Prix : 129F

Israël et le monde arabo-musulman

Guy Millière 
Page Guy Millière

Depuis quelques mois, les incidents au Moyen Orient s’intensifient et prennent chaque jour davantage la tournure d’une guerre aux nuances terroristes. Les Occidentaux souhaiteraient la paix, bien sûr. Nombre d’Israéliens aussi. Je suis loin d’être certain qu’on puisse en dire autant des populations arabes du Moyen Orient. Et j’ai bien peur que la façon qu’ont eue régulièrement les Occidentaux de parler de paix n’ait contribué à favoriser la guerre.

Jamais les Arabes n’accepteront vraiment l’existence de l’état d’Israël. Je l’ai déjà dit. Et je pense utile de le répéter. Au mieux, les Arabes se résigneront à l’existence d’Israël. Un Arabe plongé dans un contexte de civilisation occidentale pourra se rapprocher du modèle occidental. Un Arabe placé dans un contexte massivement arabo-musulman se conduira comme le contexte implique qu’il se conduise : en membre de la umma, communauté musulmane des croyants, soumis à la volonté de Dieu et aux appels de ceux qui le représentent, ulema, docteurs de la foi, ou mufti. Si le mufti (ce qui est le cas pour le mufti de Jerusalem aujourd’hui) appelle à la guerre sainte, djihad, il mènera la guerre sainte, même si celle-ci implique qu’il sacrifie sa vie. Si ses chefs lui rappellent que dans l’Islam, il n’y a jamais que deux territoires, le territoire de l’islam, dar el islam, déjà musulman, et le territoire de la guerre, il comprendra ce qui lui reste à faire : défendre le dar el islam et combattre pour qu’il s’étende. Il se souviendra de surcroit que dès lors qu’un territoire a fait partie du dar el islam, il en fait partie pour toujours. Tout le territoire d’Israël a fait un jour partie du dar el islam : un bon musulman doit par conséquent se battre pour mettre fin à ce sacrilège qu’est l’état d’Israël en lui-même. Et tout le reste n’est que littérature.

Au moment des accords d’Oslo, Israël était en position de force. Une paix de résignation aurait été possible. Depuis, chaque geste conciliant qui a été fait par Israël a été interprété par les arabo-musulmans comme un signe de faiblesse et comme un encouragement à se battre. Les positions prises par Ehud Barak à Camp David ont été prises par la partie adverse non comme des gestes généreux, mais comme des preuves de lâcheté et ont par conséquent fait l’effet de l’huile sur le feu.

Ce qu’Ariel Sharon tente de faire aujourd’hui, et que, bien sûr, les Occidentaux ne comprennent pas, est de revenir à la situation d’avant Oslo et de faire comprendre à ses adversaires qu’Israël ne cèdera pas d’un pouce et qu’ils doivent l’accepter. Si Sharon peut mener sa politique jusqu’au bout, un certain résultat sera obtenu et ce résultat sera la survie d’Israël, et une paix froide et armée avec les pays arabes voisins. Si Sharon ne peut mener sa politique jusqu’au bout, ce sera l’embrasement et la guerre. Les arabo-musulmans, c’est une évidence, souhaitent la guerre et pensent pouvoir la gagner : Israël à leurs yeux a fléchi avec Barak et peut fléchir encore. Les Occidentaux, par ailleurs, semblent divisés et indécis. Israël ne peut pas perdre la guerre et les Occidentaux le savent.

Si la guerre éclate, ils seront donc impliqués, et cette implication sera coûteuse dans tous les sens du terme.

Le pire n’est pas encore sûr. Mais pour qu’il ne survienne pas, il serait très largement temps que les diplomates européens et américains comprennent que lorsqu’ils parlent à des interlocuteurs arabo-musulmans, ils ne parlent pas avec des Occidentaux, mais avec des gens qui ont dans la tête une façon tout autre de voir les choses et des règles du jeu très différentes.

Pour que les conséquences multiples du pire ne surviennent pas, il serait très largement temps aussi que les diplomates européens et américains comprennent que ce qui se joue dans le conflit israélo-palestinien n’est, dans la tête de millions de gens du monde arabo-musulman, que l’un des épisodes du conflit millénaire entre la civilisation occidentale et la civilisation musulmane. À trop jouer l’atermoiement, les Occidentaux pourraient bien un jour finir par s’apercevoir qu’eux-mêmes ne paraissent pas très courageux et pas très respectables aux membres de la civilisation musulmane à qui une victoire sur Israël ouvrirait sans doute l’appétit.

Lentement, l’idée que l’Islam va triompher fait son chemin dans les terres d’Islam. Déjà, les Occidentaux ont reconnu l’existence d’un peuple palestinien, peuple dont on aurait peine à trouver trace dans un livre d’histoire. Déjà les Occidentaux disent que ce peuple a droit à un État et semblent ne plus se souvenir de ce qui s’est passé voici un peu plus de cinquante ans lorsqu’Israël a vu le jour. Déjà les Occidentaux acceptent de financer une entité palestinienne où leur argent sert non pas au développement et à la stabilité, mais à l’achat d’armes et d’explosifs et au maintien des populations dans la famine et le fanatisme propice au sacrifice humain. Les Occidentaux n’ont plus de mémoire et plus de discernement.

Complaisance médiatique pour les trotskistes
Alain Dumait
Page Alain Dumait

L’aveu que vient de faire Lionel Jospin, d’avoir appartenu clandestinement au mouvement trotskiste, et même d’avoir conservé des liens avec celui-ci jusqu’en 1987, oblige tout observateur indépendant à faire les observations suivantes :

1) Lionel Jospin a menti. Il y a quelques années encore, il disait n’avoir jamais été trotskiste. Aujourd’hui, c’est seulement à la suite de témoignages indiscutables et accablants qu’il reconnaît les faits. Comme l’a déjà dit Philippe Seguin : « Heureusement pour lui que nous ne sommes pas aux États-Unis ! »… Car Jospin se retrouve dans la même situation que Clinton, Monika Lewinsky en moins… Un mensonge est toujours un mensonge.

2) Non seulement Lionel Jospin a été trotskiste mais il est fier de l’avoir été. « J’ai trouvé cette aventure intellectuelle tout à fait passionnante ». Il ne renie rien.

Or qu’est-ce que le trotskisme ? Du point de vue de son organisation, en France comme ailleurs, il s’agit d’une secte politique adorant un gourou, Léon Trotsky, assassiné par Staline il y a soixante ans, endoctrinant ses adeptes, obligeant ceux-ci à lui verser au moins 10 % de leurs revenus, à pratiquer toutes sortes de rites secrets. Du point de vue de sa doctrine, c’est celle de la révolution permanente internationaliste.

On peut prétendre, comme Lionel Jospin l’a fait lui-même mercredi matin, à l’occasion de l’interview qu’il a accordée au complaisant Jean-Pierre Elkabach, qu’il s’agissait d’une théorie politique, adaptée à des circonstances particulières aujourd’hui disparues, qui aurait en tout cas perdu toute actualité et toute pertinence avec l’effondrement du communisme et la disparition de l’URSS.

Mais ceci n’est qu’à moitié vrai car un trotskiste, d’aujourd’hui comme hier, conteste l’idée même de l’économie de marché, nie le concept de la souveraineté de l’individu, lutte contre le principe même de la propriété privée. Pour lui, quelques agitateurs déterminés et bien formés peuvent toujours l’emporter sur toute autre force politique, indépendamment de toute considération morale ou simplement démocratique. Un trotskiste n’est pas un démocrate. C’est un comploteur. Et dès que l’occasion se présente, un casseur. Pour qui la force prime le droit. Le peuple est son prétexte. La violence, sa profession de foi.

 Un réseau actif et efficace

 Lionel Jospin, se plaçant sur le terrain de la bourgeoise liberté de penser et de croire, se refuse donc à faire amende honorable. C’est avouer non seulement qu’il a bien été trotskiste mais qu’à certains égards il le demeure. Dit-il d’ailleurs autre chose quand il ajoute : « J’ai l’expérience de la radicalité… Je comprends mieux que d’autres les mouvements radicaux rattachés à l’extrême gauche ».

Dans ces conditions, on peut imaginer que le Premier ministre doit se réjouir de la poursuite du déclin du parti communiste, son allié, et de la multiplication des initiatives des groupuscules gauchistes, écologistes et anti-capitalistes, tous ses complices…

3) On observera enfin la différence de traitement réservée par les médias aux péchés de jeunesse de nos hommes politiques. Avoir été trotskiste dans sa jeunesse, et même au-delà de l’âge de 50 ans, ne serait pas une tare. Raymond Barre trouve même inquiétant qu’on puisse faire un reproche de cette nature au Premier ministre. Si, du côté de l’opposition parlementaire, on est choqué par le mensonge, on ne dit rien de la doctrine mortifère qu’il recouvre.

On ose à peine envisager la campagne de presse qui aurait été déclenchée si on avait découvert que le même homme, ou l’un de ses pairs, avait dans sa jeunesse, eu la moindre sympathie avec un groupuscule qualifié d’extrême-droite ! Quelle horreur ! Même des hommes politiques ayant eu de tels engagements, jusqu’à l’âge de 22 ou 23 ans seulement, se le voient toujours reprocher.

Tant il est vrai que la seule secte politique qui trouve grâce en France aux yeux du tribunal des médias est justement celle des trotskistes, qui le noyautent systématiquement et efficacement depuis plus de trente ans.

Repentis ou non, les trotskistes sont non seulement très présents dans les partis de gauche, dans les syndicats, dans les médias, dans la magistrature comme dans la franc-maçonnerie. Ce sont tous les camarades de Lionel Jospin. Ils peuvent compter sur lui. À la condition qu’il puisse compter sur eux. Et c’est précisément, exactement, ce que l’on vient de voir.