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L’exemple
anglais que Jospin n’a pas voulu suivre !
Jean Rouxel
Si les
élections présidentielles françaises avaient lieu demain, plutôt
que dans onze mois, et selon le dernier sondage publié (CSA pour
BFM et Libération), Jacques Chirac l’emporterait sur Lionel
Jospin, par 51 % des voix contre 49 %, au deuxième tour. Même si,
au premier tour, il était légèrement distancé par son rival (27
% des intentions de vote contre 28 % à son Premier ministre).
Robert Hue et Jean-Marie Le Pen obtenant l’un et l’autre 8 % des
suffrages, Arlette Laguiller 6 %, et derrière, à égalité, Noël
Mamère, François Bayrou et Alain Madelin, avec 5 % chacun. Mais
c’était avant la révélation de la longue appartenance du futur
candidat socialiste à la secte trotskiste…
Cette
incertitude tranche avec la situation, de l’autre côté de la
Manche, du rival social-démocrate du chef du gouvernement français.
Tony Blair, après quatre années de gouvernement, non seulement
fait l’unanimité de la presse d’opinion, y compris les représentants
les plus prestigieux de la pensée libérale ou conservatrice («
The Economist » et « The Times ») mais encore obtient
l’approbation publique des milieux d’affaires qui lui
reconnaissent, dans une lettre ouverte, avoir « créé
l’environnement stable que requièrent les entreprises et les
investisseurs étrangers ».
Car ce
que requiert en effet une bonne politique économique, c’est
l’application de principes sains et stricts dans la durée.
Tony
Blair, sans jamais céder aux sirènes syndicales, a résolument
continué la politique déjà mise en œuvre par ses prédécesseurs
conservateurs. Non seulement les dépenses publiques n’ont pas été
augmentées, mais la dette publique a été réduite, et le déficit
transformé en excédent. La banque d’Angleterre, devenue indépendante,
a contenu l’inflation à moins de 2 % par an. Du coup, la livre
britannique est demeurée une monnaie forte quand l’euro dégringolait
de 25 % par rapport au dollar sur son cours d’introduction…
Quand
les citoyens contribuables sont satisfaits de leurs dirigeants, ils
leur renouvellent leur confiance. Cela vaut pour tous les
gouvernements, de droite comme de gauche.
L’exemple
britannique était à la disposition de Lionel Jospin, libre de tous
droits d’auteur. Son pragmatisme aurait dû l’entraîner dans
cette direction-là. Il aurait pu préférer l’exemple allemand
avec un chancelier qui a le courage d’introduire une réforme du
financement des retraites en y introduisant une dose de
capitalisation. Point n’était besoin d’aller chercher ailleurs
d’autres recettes, ni en Italie, ni en Espagne, ni en Autriche.
Encore fallait-il admettre qu’un grand vent de réformes anti-étatiques
souffle sur l’Europe depuis plusieurs années, du nord au sud et
d’est en ouest.
Avec un gouvernement socialiste, depuis 1997, la
France croit pouvoir être épargnée par ces changements. Les
politiciens au pouvoir s’imaginent pouvoir s’en sortir en
mettant les entreprises en accusation. Le temps passe. Pour beaucoup
de Français, il sera perdu.
Productivité
et licenciements
- Bernard Trémeau
Pour
les communistes, une entreprise qui fait des bénéfices n’a pas
le droit de licencier. Cette conviction crée une profonde brèche
dans la majorité plurielle.
Schématiquement,
quand une entreprise de 100 salariés améliore de 5 % sa
productivité, elle produit autant avec 95 salariés qu’avec 100,
ou alors elle produit environ 5 % de plus en conservant le même
nombre de salariés.
Si le
Marché n’est pas saturé, la demande peut croître de 5 % et
l’amélioration de productivité permet aux 100 salariés de
l’entreprise de satisfaire 5 % de clients supplémentaires.
Quand
le marché est saturé, avec une demande stable, une amélioration
de productivité de 5 % met sur le Marché 5 % de produits en trop.
Pour rééquilibrer l’offre et la demande, l’entreprise doit réduire
les effectifs de 5 emplois. L’augmentation de productivité est
source de licenciements. Depuis 1936, la demande de blé est
pratiquement stationnaire en France, tandis que la productivité
agricole progresse rapidement : des millions d’agriculteurs ont
quitté la terre.
L’amélioration
de la productivité est le seul moyen pour un pays de s’enrichir.
Tout le monde en profite : les actionnaires voient leurs dividendes
augmenter, les salariés sont mieux payés et les clients, grâce à
la concurrence, payent tout ce qu’ils achètent de moins en moins
cher.
Mais
chaque entreprise réalise ses propres progrès de productivité.
Certaines bien gérées vont progresser très rapidement, d’autres
au contraire iront bien plus lentement. La marge des premières
augmentera, tandis que la marge des secondes restera faible. Les
premières pourront abaisser leurs prix tout en continuant à faire
de solides bénéfices. Les secondes ne pourront pas abaisser leurs
prix, perdront des parts de marché, donc seront contraintes de
licencier pour ne pas déposer leur bilan.
Telle
est la réalité économique. Les améliorations de productivité,
lorsqu’elles aboutissent à la saturation du marché, ne peuvent
qu’engendrer des licenciements. Et dans un marché saturé, il est
évident que les premières entreprises licencieront en faisant des
bénéfices, tandis que les secondes licencieront en subissant des
pertes.
Deux
erreurs économiques
graves
Quand
le pouvoir politique veut s’opposer aux licenciements dans les
entreprises qui font des bénéfices, il commet plusieurs erreurs.
Il refuse d’abord de voir la réalité économique en face.
Au nom
de quel principe maintenir dans une entreprise des salariés dont on
n’a plus besoin pour satisfaire la demande ? Ces salariés seront
bien plus utiles dans des secteurs où la demande est forte. Une
société qui améliore sa productivité est une société qui
modifie en permanence le travail de tout le monde. C’est à ce
prix qu’on devient de plus en plus riche.
Ensuite,
pénaliser une entreprise bien gérée qui fait des bénéfices, et
ne pas pénaliser, voire aider, une entreprise qui est au rouge, car
non compétitive, sont deux erreurs économiques graves. L’État
dilapide notre argent. Les dirigeants de l’entreprise qui fait des
bénéfices devraient au contraire être félicités, voire aidés,
car l’argent qu’ils utilisent est très productif. Il fournit
aux salariés qui y travaillent un outil particulièrement
performant. Aider une entreprise qui marche mal, c’est confier des
capitaux à de mauvais gestionnaires.
Enfin,
dans une économie mondialisée, la France a un immense besoin de
capitaux pour investir et ainsi créer des emplois. Quand les
conditions sont meilleures à l’étranger, les entreprises françaises
délocalisent. Les capitaux étrangers avaient déjà tendance à
fuir notre pays : la nouvelle contrainte les fera fuir encore plus
rapidement.
Le pouvoir politique a un autre rôle essentiel à
jouer : il doit veiller à ce que celui qui est licencié ait les
moyens de vivre normalement et retrouve le plus rapidement possible
et dans les meilleures conditions possibles un emploi. Le progrès
de productivité donne au pays les moyens financiers de réaliser
cette politique de reconversion.

Tortures
en Algérie : assez d’hypocrisie !
En
guerre subversive, la stratégie s’appuie sur la conjonction de la
terreur et de son exploitation par les médias, plus ou moins
complices, en vue d’amener le pouvoir en place à la
capitulation… Les conflits futurs auront principalement cette
forme, compte tenu de l’importance prise par la manipulation de
l’opinion publique et par l’évolution des armements.
En
guerre subversive, l’arme principale des terroristes est la
dissimulation dans la population. On est à l’inverse du combat en
uniforme régulé par les conventions de Genève. Pour percer cette
opacité qui protège le terrorisme, il y a certes différents
moyens « policiers » mais, depuis toujours, l’interrogatoire
appuyé sur la souffrance psychologique ou physique semble efficace,
surtout quand le temps presse. D’ailleurs, sur nos petits écrans,
c’est un spectacle qui nous est infligé plusieurs fois par
semaine, avec des scénarios qui n’ont rien à voir avec le
terrorisme. Bien naïf, ou de mauvaise foi, celui qui croira que la
redoutable efficacité passée et actuelle des services israéliens
dans l’élimination physique des responsables du terrorisme est
basée sur des renseignements obtenus par des caresses. Mais la législation
israélienne l’autorise et les controverses sur ce sujet n’y
sont plus de mise depuis le retour du terrorisme.
En
guerre subversive, la manœuvre des médias est fondamentale pour la
manipulation de l’opinion publique. Il convient donc de souligner
la formidable victoire « a posteriori » remportée par les séides
français du KGB, en ligne ou en soutien, dans ce qu’il est
convenu d’appeler « la Bataille d’Alger ».
À
l’origine, Alleg le chef communiste d’Alger qui y fut soumis,
appela son interrogatoire avec usage de la douleur physique « La
Question », ce qui était du bon et honnête français.
Le mot
« torture » avec sa connotation abjecte et avilissante lui fut
vite substitué, car bien plus efficace en guerre subversive, généralisé
et martelé à longueur d’émissions et de colonnes. Malhonnêtement,
le contexte dramatique des effets du terrorisme bien plus infamant
et douloureux, avec son cortège de vies brisées pour les
nombreuses victimes dont il fallait à tout prix éviter la
multiplication, fut totalement occulté. La mise à mort sous la
torture, ce qui n’était pas le cas, fut suggérée, ce qui ajoute
encore à l’infamie. Aujourd’hui encore, après avoir manipulé
un vieil officier en mal de gloire sénile, ils tentent de relancer
leur exploitation subversive.
Les
tortures sadiques du FLN
Oui,
il y a eu torture généralisée à un point qu’il est difficile
d’imaginer, pour nos malheureux soldats et civils, femmes ou
enfants, Français ou Algériens tombés entre les mains du F.L.N.
Était-ce pour les faire parler lors d’interrogatoires ? Non !
seulement pour le plaisir sadique de bêtes humaines. Plusieurs
dizaines de milliers de Harkis, qui étaient des militaires français
– faut-il encore le rappeler – furent, avec leurs familles,
femmes et enfants, mis à mort dans d’effroyables tortures au
cours de l’été 1962.
À ce
propos il convient de souligner que ceux qui traversèrent la Méditerranée,
le firent grâce au sens de l’honneur d’officiers qui n’hésitèrent
pas à transgresser les ordres formels reçus.
Oui,
s’il y a repentance à faire, c’est de la part du gouvernement
français, pour les avoir sciemment abandonnés à leurs bourreaux.
Sujet de réflexion sur un cas d’école à peine
imaginaire. Un groupe terroriste, pour contraindre le gouvernement
à se plier à sa volonté, a placé dans plusieurs grandes ville
françaises des bombes en nombre indéterminé, qui peuvent faire,
lors de leur déclenchement, de très nombreuses victimes. Il ne
s’agit pas de bluff, certaines ont fonctionné. Nos services ont réussi
à mettre la main sur quelques membres du groupe. Le temps presse.
À tout moment l’hécatombe peut avoir lieu. Que faire ? Laissons
à chacun le soin de répondre suivant sa conscience, bien que «
conditionné » par nos « belles âmes » depuis de nombreuses années…
Les
échos politiques de Georges Langlois
COHABITATION
Le délégué
général de Démocratie Libérale, Xavier Chinaud, devra travailler
en « binôme » avec Philippe Dominati, président du groupe
parlementaire DL au conseil régional d’Ile de France, pour le
choix des investitures aux législatives de 2002 en région
parisienne. Ainsi en a finalement décidé Alain Madelin, au grand
dam de Xavier Chinaud qui espérait que la candidature tibériste de
Philippe Dominati dans le VIIIe arrondissement de Paris lui vaudrait
(comme son frère Laurent) d’être « suspendu ». Las, les
instances de DL ont estimé qu’élu régional, Philippe Dominati
ne pouvait être sanctionné par la fédération de Paris. Après
son échec dans le XVIIIème arrondissement (3ème de la liste Séguin,
il n’est que simple conseiller d’arrondissement), c’est un
second coup dur pour Xavier Chinaud. Et la poursuite, une génération
plus loin, de la vieille rivalité entre Roger Chinaud et Jacques
Dominati, entamée à l’époque des Républicains Indépendants…
LETTRES
ANONYMES
Le député
PS du XVIIIème et nouvel adjoint au maire de Paris chargé de la
questure, Christophe Caresche, assure recevoir régulièrement des
lettres anonymes d’employés de la Ville de Paris dénonçant les
emplois fictifs de chargés de mission ou les agissements, activités
extérieures ou opinions politiques de tel chef de service. Caresche
assure qu’il « refuse de les lire ». Mon œil !
BREGANCON
Jacques
Chirac passera ses vacances du mois d’août au Fort de Brégançon
(Var) et non plus, comme l’année dernière, à l’Ile Maurice, où
son séjour de « millionnaire » avait déclenché une vive polémique
dans la presse et la classe politique. À moins d’un an de la
prochaine élection présidentielle, Chirac a, en effet, considéré,
qu’il valait mieux passer des vacances plus « discrètes ».
C’est ce qu’il vient de confirmer, par téléphone, au directeur
de l’hôtel « Royal-Palm », lui promettant cependant de
retourner chez lui au plus vite, mais après l’élection.
Les
rééduqués, d’ici et d’ailleurs…
Claude
Reichman
quand
Chow Ching Lie, une Chinoise établie en France où elle a fait
fortune dans les affaires tout en poursuivant, non sans difficultés,
une carrière de pianiste, apprend que son frère aîné, Ching Son,
vient d’être libéré, en Chine, au bout de vingt ans de travaux
forcés pour « droitisme », elle se précipite dans son pays natal
pour le revoir. Comme il faut encore se méfier de tout, il lui
donne rendez-vous, à Pékin, à un arrêt d’autobus. Les minutes
passent sans qu’il arrive. Soudain elle voit un homme en haillons
courir derrière l’autobus dont il vient de descendre, réclamant
sa monnaie au chauffeur. Celui-ci lui jette un billet. L’homme se
lance dans la circulation au risque de se faire écraser et, à
quatre pattes, se saisit de la petite coupure. Le cœur serré, Chow
Ching Lie se détourne de la scène. Toujours pas de Ching Son.
Soudain, derrière elle, une petite voix murmure : « Ma sœur ».
« Je me retourne d’un bloc, écrit-elle *. Devant moi, se tient
un homme dépenaillé, presque un vieillard, la peau sur les os, les
mains déformées par les engelures. Sous la casquette informe qui
dissimule à demi son visage, le regard seul semble encore vivant.
Il y reste une petite flamme, une toute petite flamme, qui me permet
de reconnaître Ching Son. » C’était lui, le miséreux qui
courait derrière sa monnaie. « Ainsi, poursuit-elle, mon grand frère
Ching Son, le héros de mon enfance, si beau, si fier, si élégant,
courait comme un mendiant après deux centimes ! Qu’a-t-on fait de
lui ? Comment est-il devenu cette pauvre créature ? » Il a survécu
au camp de « rééducation », mais il en restera marqué à
jamais. Sa sœur observe qu’il est constamment sur le qui-vive. «
Même libéré, même réhabilité, il se sent guetté par un
tout-puissant surveillant. Il craint toujours une nouvelle
humiliation, une nouvelle punition. Il transpire la peur. » Et ce
n’est pas tout. « Après ces vingt années passées à courber
l’échine, à subir les vexations, à craindre les coups, il
affiche une obséquiosité qui me désole. » Elle a beau le
secouer, rien n’y fait. « Ce comportement est devenu une seconde
nature. Il ne peut s’empêcher de se répandre en courbettes, en
plates excuses et en attitudes serviles. »
Comment
ne pas reconnaître, les traits asiatiques en moins, le portrait des
politiciens de la droite française ? Voilà plus de vingt ans
qu’ils sont « rééduqués » par la presse de gauche —
autrement dit par la presse, tout simplement, puisqu’il est établi
par les enquêtes d’opinion et par la simple observation des faits
qu’elle est presque unanimement de gauche. Voilà plus de vingt
ans qu’ils subissent sans protester l’insulte et l’outrage.
Voilà plus de vingt ans qu’ils se répandent en courbettes devant
le moindre plumitif ou le plus médiocre bavasseur, espérant finir
par mériter sinon leur considération, du moins leur indulgence. Et
c’est comme cela que ces politiciens s’imaginent pouvoir
convaincre l’opinion !
On ne
gagne pas en politique en s’humiliant devant l’adversaire. Les
politiciens de la droite française ne savent plus agir autrement.
Ils sont donc condamnés. Une génération politique va disparaître.
On ne la regrettera pas. Les jeunes hussards de la ve république,
les quadras flamboyants, les « rénovateurs » ambitieux, sont
devenus des sexagénaires sans âme. Ils n’ont même plus cette
petite flamme dans le regard qui a permis à Chow Ching Lie de
reconnaître son frère. Ce ne sont plus que des morts vivants. Par
bonheur, notre société ne croit pas à la réincarnation. Car ce
serait vraiment l’horreur s’il l’on devait être condamné à
les revoir !
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Chow
Ching Lie
Dans
la main de Bouddha
- Récit
recueilli
- par
Isabelle Garnier
Presses
de la Renaissance
321
pages – Prix : 129F |

Israël
et le monde arabo-musulman
- Guy Millière
- Page Guy Millière
Depuis
quelques mois, les incidents au Moyen Orient s’intensifient et
prennent chaque jour davantage la tournure d’une guerre aux
nuances terroristes. Les Occidentaux souhaiteraient la paix, bien sûr.
Nombre d’Israéliens aussi. Je suis loin d’être certain qu’on
puisse en dire autant des populations arabes du Moyen Orient. Et
j’ai bien peur que la façon qu’ont eue régulièrement les
Occidentaux de parler de paix n’ait contribué à favoriser la
guerre.
Jamais
les Arabes n’accepteront vraiment l’existence de l’état
d’Israël. Je l’ai déjà dit. Et je pense utile de le répéter.
Au mieux, les Arabes se résigneront à l’existence d’Israël.
Un Arabe plongé dans un contexte de civilisation occidentale pourra
se rapprocher du modèle occidental. Un Arabe placé dans un
contexte massivement arabo-musulman se conduira comme le contexte
implique qu’il se conduise : en membre de la umma, communauté
musulmane des croyants, soumis à la volonté de Dieu et aux appels
de ceux qui le représentent, ulema, docteurs de la foi, ou mufti.
Si le mufti (ce qui est le cas pour le mufti de Jerusalem
aujourd’hui) appelle à la guerre sainte, djihad, il mènera la
guerre sainte, même si celle-ci implique qu’il sacrifie sa vie.
Si ses chefs lui rappellent que dans l’Islam, il n’y a jamais
que deux territoires, le territoire de l’islam, dar el islam, déjà
musulman, et le territoire de la guerre, il comprendra ce qui lui
reste à faire : défendre le dar el islam et combattre pour qu’il
s’étende. Il se souviendra de surcroit que dès lors qu’un
territoire a fait partie du dar el islam, il en fait partie pour
toujours. Tout le territoire d’Israël a fait un jour partie du
dar el islam : un bon musulman doit par conséquent se battre pour
mettre fin à ce sacrilège qu’est l’état d’Israël en lui-même.
Et tout le reste n’est que littérature.
Au
moment des accords d’Oslo, Israël était en position de force.
Une paix de résignation aurait été possible. Depuis, chaque geste
conciliant qui a été fait par Israël a été interprété par les
arabo-musulmans comme un signe de faiblesse et comme un
encouragement à se battre. Les positions prises par Ehud Barak à
Camp David ont été prises par la partie adverse non comme des
gestes généreux, mais comme des preuves de lâcheté et ont par
conséquent fait l’effet de l’huile sur le feu.
Ce
qu’Ariel Sharon tente de faire aujourd’hui, et que, bien sûr,
les Occidentaux ne comprennent pas, est de revenir à la situation
d’avant Oslo et de faire comprendre à ses adversaires qu’Israël
ne cèdera pas d’un pouce et qu’ils doivent l’accepter. Si
Sharon peut mener sa politique jusqu’au bout, un certain résultat
sera obtenu et ce résultat sera la survie d’Israël, et une paix
froide et armée avec les pays arabes voisins. Si Sharon ne peut
mener sa politique jusqu’au bout, ce sera l’embrasement et la
guerre. Les arabo-musulmans, c’est une évidence, souhaitent la
guerre et pensent pouvoir la gagner : Israël à leurs yeux a fléchi
avec Barak et peut fléchir encore. Les Occidentaux, par ailleurs,
semblent divisés et indécis. Israël ne peut pas perdre la guerre
et les Occidentaux le savent.
Si la
guerre éclate, ils seront donc impliqués, et cette implication
sera coûteuse dans tous les sens du terme.
Le pire
n’est pas encore sûr. Mais pour qu’il ne survienne pas, il
serait très largement temps que les diplomates européens et américains
comprennent que lorsqu’ils parlent à des interlocuteurs
arabo-musulmans, ils ne parlent pas avec des Occidentaux, mais avec
des gens qui ont dans la tête une façon tout autre de voir les
choses et des règles du jeu très différentes.
Pour
que les conséquences multiples du pire ne surviennent pas, il
serait très largement temps aussi que les diplomates européens et
américains comprennent que ce qui se joue dans le conflit israélo-palestinien
n’est, dans la tête de millions de gens du monde arabo-musulman,
que l’un des épisodes du conflit millénaire entre la
civilisation occidentale et la civilisation musulmane. À trop jouer
l’atermoiement, les Occidentaux pourraient bien un jour finir par
s’apercevoir qu’eux-mêmes ne paraissent pas très courageux et
pas très respectables aux membres de la civilisation musulmane à
qui une victoire sur Israël ouvrirait sans doute l’appétit.
Lentement, l’idée que l’Islam va triompher fait
son chemin dans les terres d’Islam. Déjà, les Occidentaux ont
reconnu l’existence d’un peuple palestinien, peuple dont on
aurait peine à trouver trace dans un livre d’histoire. Déjà les
Occidentaux disent que ce peuple a droit à un État et semblent ne
plus se souvenir de ce qui s’est passé voici un peu plus de
cinquante ans lorsqu’Israël a vu le jour. Déjà les Occidentaux
acceptent de financer une entité palestinienne où leur argent sert
non pas au développement et à la stabilité, mais à l’achat
d’armes et d’explosifs et au maintien des populations dans la
famine et le fanatisme propice au sacrifice humain. Les Occidentaux
n’ont plus de mémoire et plus de discernement.

- Complaisance
médiatique pour les trotskistes
- Alain Dumait
- Page Alain Dumait
L’aveu
que vient de faire Lionel Jospin, d’avoir appartenu
clandestinement au mouvement trotskiste, et même d’avoir
conservé des liens avec celui-ci jusqu’en 1987, oblige tout
observateur indépendant à faire les observations suivantes :
1) Lionel Jospin a menti. Il
y a quelques années encore, il disait n’avoir jamais été
trotskiste. Aujourd’hui, c’est seulement à la suite de témoignages
indiscutables et accablants qu’il reconnaît les faits. Comme
l’a déjà dit Philippe Seguin : « Heureusement pour lui que
nous ne sommes pas aux États-Unis ! »… Car Jospin se
retrouve dans la même situation que Clinton, Monika Lewinsky en
moins… Un mensonge est toujours un mensonge.
2)
Non seulement Lionel Jospin a été trotskiste mais il est fier
de l’avoir été. « J’ai trouvé cette aventure
intellectuelle tout à fait passionnante ». Il ne renie rien.
Or
qu’est-ce que le trotskisme ? Du point de vue de son
organisation, en France comme ailleurs, il s’agit d’une
secte politique adorant un gourou, Léon Trotsky, assassiné par
Staline il y a soixante ans, endoctrinant ses adeptes, obligeant
ceux-ci à lui verser au moins 10 % de leurs revenus, à
pratiquer toutes sortes de rites secrets. Du point de vue de sa
doctrine, c’est celle de la révolution permanente
internationaliste.
On
peut prétendre, comme Lionel Jospin l’a fait lui-même
mercredi matin, à l’occasion de l’interview qu’il a
accordée au complaisant Jean-Pierre Elkabach, qu’il
s’agissait d’une théorie politique, adaptée à des
circonstances particulières aujourd’hui disparues, qui aurait
en tout cas perdu toute actualité et toute pertinence avec
l’effondrement du communisme et la disparition de l’URSS.
Mais
ceci n’est qu’à moitié vrai car un trotskiste,
d’aujourd’hui comme hier, conteste l’idée même de l’économie
de marché, nie le concept de la souveraineté de l’individu,
lutte contre le principe même de la propriété privée. Pour
lui, quelques agitateurs déterminés et bien formés peuvent
toujours l’emporter sur toute autre force politique, indépendamment
de toute considération morale ou simplement démocratique. Un
trotskiste n’est pas un démocrate. C’est un comploteur. Et
dès que l’occasion se présente, un casseur. Pour qui la
force prime le droit. Le peuple est son prétexte. La violence,
sa profession de foi.
Un
réseau actif et efficace
Lionel
Jospin, se plaçant sur le terrain de la bourgeoise liberté de
penser et de croire, se refuse donc à faire amende honorable.
C’est avouer non seulement qu’il a bien été trotskiste
mais qu’à certains égards il le demeure. Dit-il d’ailleurs
autre chose quand il ajoute : « J’ai l’expérience de la
radicalité… Je comprends mieux que d’autres les mouvements
radicaux rattachés à l’extrême gauche ».
Dans
ces conditions, on peut imaginer que le Premier ministre doit se
réjouir de la poursuite du déclin du parti communiste, son
allié, et de la multiplication des initiatives des groupuscules
gauchistes, écologistes et anti-capitalistes, tous ses
complices…
3)
On observera enfin la différence de traitement réservée par
les médias aux péchés de jeunesse de nos hommes politiques.
Avoir été trotskiste dans sa jeunesse, et même au-delà de
l’âge de 50 ans, ne serait pas une tare. Raymond Barre trouve
même inquiétant qu’on puisse faire un reproche de cette
nature au Premier ministre. Si, du côté de l’opposition
parlementaire, on est choqué par le mensonge, on ne dit rien de
la doctrine mortifère qu’il recouvre.
On
ose à peine envisager la campagne de presse qui aurait été déclenchée
si on avait découvert que le même homme, ou l’un de ses
pairs, avait dans sa jeunesse, eu la moindre sympathie avec un
groupuscule qualifié d’extrême-droite ! Quelle horreur ! Même
des hommes politiques ayant eu de tels engagements, jusqu’à
l’âge de 22 ou 23 ans seulement, se le voient toujours
reprocher.
Tant
il est vrai que la seule secte politique qui trouve grâce en
France aux yeux du tribunal des médias est justement celle des
trotskistes, qui le noyautent systématiquement et efficacement
depuis plus de trente ans.
Repentis ou non, les trotskistes sont non seulement
très présents dans les partis de gauche, dans les syndicats,
dans les médias, dans la magistrature comme dans la franc-maçonnerie.
Ce sont tous les camarades de Lionel Jospin. Ils peuvent compter
sur lui. À la condition qu’il puisse compter sur eux. Et
c’est précisément, exactement, ce que l’on vient de voir.
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