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CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Urinothérapie

Pour rester en bonne santé et vivre plus longtemps, trois millions de Chinois boivent leur urine tous les matins…

Vaccinations

Un médecin américain sur trois avoue avoir pris l’initiative de déconseiller certains vaccins à ses patients depuis moins d’un an…

Automédication

Huit Français sur dix ont recours à l’automédication, selon un sondage Sofres, commandé par l’industrie pharmaceutique.

Puissance

46 % des visas accordés l’année dernière par les États-Unis à des informaticiens l’ont été à des Indiens.

L’Inde devient une superpuissance informatique. Ses exportations de logiciels sont passées de 50 millions à 5 milliards de dollars en dix ans. Le secteur connaît une croissance de 65 % par an !

LATCHÉ

La protection du domaine de Latché, résidence secondaire de l’ancien président de la République François Mitterrand, toujours assurée en permanence par un peloton de 18 militaires, représente un coût annuel de 2 384 640 F, selon les calculs du ministère de la Défense.

Diffamation

L’acteur américain, Tom Cruise, réclamera désormais cent millions de dollars de dommages et intérêts à toute personne propageant la rumeur selon laquelle il aurait eu dans le passé une relation homosexuelle avec un acteur de films pornographiques.

ENDETTEMENT

Les ménages japonais ont un endettement moyen de… 1120 % de leurs revenus, contre 103 % pour les ménages américains et 29 % pour les ménages français.

DIVERS FAITS 

 Ours BRUNS

Deux ours bruns de 140 kg chacun sont descendus des montagnes avoisinant la banlieue de Los Angeles pour faire une petite promenade dans la ville de Bradbury. Ils se sont trempés dans une piscine de jardin et ils sont repartis, sous la surveillance du shérif…

 CIA

Le gouvernement américain se refuse toujours à dévoiler le secret de l’encre invisible mise au point par la CIA, pendant la guerre 14-18, il y a plus de soixante ans.

 Herbe

Un jardinier allemand a mis au point à Essingen une plante, surnommée « la plante anti-pisse », tellement nauséabonde qu’elle coupe toute envie aux chats et aux chiens de venir faire leurs besoins aux alentours.

 « Israël »

Suite à une protestation d’organisations juives, l’organisation mondiale de météorologie a supprimé « Israël » de la liste des noms susceptibles de désigner les futurs ouragans dans la zone Pacifique nord-est. Il a été supprimé par « Ivo ». Les opposants à cette appellation estimaient que, si un ouragan Israël venait effectivement à exister, et s’il se révélait dévastateur, les conséquences seraient… dévastatrices sur le plan diplomatique, politique et symbolique…

 Greffe

Yigal Cohen, jeune père de famille israélien, va bientôt quitter l’hôpital de Jérusalem et reprendre à peu près une vie normale : grâce à la greffe du cœur du palestinien Mazen Djoulani, tué, selon ses proches, par des colons juifs. Don accepté par le père de la victime, Lofti Djoulani.

 KGB

Le seul musée du KGB destiné à perpétuer le souvenir de la terreur soviétique vient de fêter son dixième anniversaire à Vilnus en Lithuanie. Il accueille 2 000 visiteurs par mois.

MEDIAS

TF1

Anne Sinclair, 52 ans, ex-présentatrice de « 7/7 », estime avoir été « virée » par le PDG, Patrick Le Lay, après dix-sept ans de bons services. « Je ne peux croire que mon éviction soit due aux ennuis de mon mari (DSK) », a-t-elle déclaré, voulant  signifier que si son mari n’avait pas eu ses « ennuis », le patron de TF1 aurait sans doute eu un autre

comportement…

FAMILLE

Le PDG du Nouvel Observateur s’apprête à lancer un mensuel. Provisoirement baptisé Triba, il devrait sortir fin septembre, et sera consacré aux familles « recomposées »… tout comme la sienne…

M6

John de Mol, le créateur et producteur de « Big Brother », émission dont s’inspire « Loft Story » de M6, prédit un avenir de cinq à dix ans pour les émissions du style « Télé-Vérité ». « C’est un reflet de notre société », ajoute-t-il.

Le « Parisien »

Le groupe Amaury, après avoir pris la décision de distribuer par ses propres moyens le journal « Le Parisien » – 355 300 exemplaires vendus en moyenne chaque jour en 2000 – a fait le choix d’arrêter la version nationale du journal « Aujourd’hui en France » dont les ventes étaient pourtant de 127 900 exemplaires. Afin de respecter une décision de justice qui lui interdisait les deux titres par des réseaux différents.

France-Soir

Le plan social annoncé au quotidien France-Soir porte sur la suppression de 80 emplois sur un total de 190. Le titre ne compte plus que 57 journalistes titulaires d’une carte de presse. Le groupe italien Poligrafici Editoriale, qui a racheté le journal pour un franc symbolique en décembre dernier, s’est retourné contre l’ancien propriétaire, le libanais George Ghosn, pour trucage des comptes sociaux.

SIC   

 Lapsus

Dimanche dernier, à l’occasion d’un colloque du parti socialiste sur « L’idée socialiste », le premier ministre, Lionel Jospin, a estimé que la troisième loi proposée par le britannique Tony Blair n’était pas applicable en France. À cette occasion, voulant parler « des dirigeants travaillistes », il a commencé par dire « les trosk… ». Déclenchant une longue salve d’applaudissements des personnes présentes…

 Prudence

« Je recommande aux femmes ayant eu un cancer du sein ou un cancer du col de l’utérus, ou à celles qui ont dans leur entourage proche (mère, sœurs) une pathologie de ce type de ne pas prendre de DHEA » (Professeur Beaulieu).

 Extrême-gauche

Selon l’ancien ministre, Claude Allègre, « L’extrême-gauche peut parfaitement faire perdre la gauche, notamment aux élections législatives ».

 Insultes

Deux supporters du club de football de Strasbourg ont été condamnés, lundi dernier, par le tribunal correctionnel de la ville, à deux mois d’emprisonnement avec sursis : pour injures racistes et antisémites. Les faits remontent au 12 août 2000, à la suite d’un match de championnat de France de 1re division, opposant les équipes de Strasbourg et de Monaco. L’un des deux accusés a regretté avoir traité le joueur Bagayoko de « sale noir ».

Ni le club ni les joueurs concernés ne s’étaient constitués partie civile. Le MRAP et la LICRA ont obtenu 4 000 F chacun ; le Consistoire Israélite du Bas-Rhin a obtenu 3 000 F.

 PV

Prétextant leur immunité diplomatique, 178 missions de l’ONU ont accumulé à ce jour 132 356 amendes impayées auprès du Département des finances de la ville de New York. Pour un total de 14,2 millions de dollars. La palme des mauvais payeurs revient à l’Égypte, suivie du Koweit, du Nigéria, du Maroc, du Brésil et de l’Indonésie. Le plus mauvais élève de la classe européenne est la Grèce.

 

 

Les 4verites N°310 du 16 juin  2001

 Sommaire:

Éditorial de Jean Rouxel:....................................Construction européenne: l'avertissement irlandais
Bernard Trémeau.................................Un trotskiste est toujours violent
Nicolas Lecaussin:......................Des députés bien au chaud
Les échos politiques....................................................... de Georges Langlois
Claude Reichman:........................CSG: le gouvernement reconnaît son erreur
Exprimez vous....................................................................... Forum
                               Courrier des lecteurs                                          
Louis Albertelli :...................................Immigration un secret européen 
Guy Millière................................................. Le nouveau Laulan
La chronique d'Alain Dumait:...................Le peuple européen sous la menace d'une "dissolution"

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Construction européenne : l’avertissement irlandais
 Jean Rouxel   

Nice, sur l’élargissement de l’union européenne et la réforme de ses institutions, les Irlandais ont donné aux autres Européens, citoyens des quatorze autres pays membres, une leçon qui mérite d’être soulignée :

– l’Irlande est le pays qui, de loin, depuis son adhésion, a le plus largement profité de la manne européenne. Il ne suffit donc pas de profiter d’un système pour l’approuver. On est même dans ce cas-là bien placés pour apprécier sa perversité…

– l’Irlande est un petit pays qui n’a cessé d’être montré du doigt par les dirigeants des plus grands, notamment pour les avantages fiscaux qu’elle accorde généreusement aux sociétés qui s’installent sur son territoire. L’une des motivations des opposants au traité de Nice était leur hostilité farouche à toute harmonisation fiscale européenne. Le message s’adresse tout particulièrement aux dirigistes français, socialistes ou non.

– le vote a été acquis avec une participation des électeurs inférieure à 32 % du corps électoral. Seuls les opposants se sont mobilisés. Les autres, en grande majorité, sont allés à la pêche. L’Europe mobilise contre elle. Elle est incapable de rameuter ses propres partisans.

– l’Irlande est le seul pays où le traité de Nice a été soumis aux électeurs par référendum. Partout ailleurs, la procédure en cours est strictement parlementaire. L’opinion ne sera pas consultée. On comprend mieux pourquoi. En France, François Bayrou ajoute sa voix à ceux qui réclament une telle consultation. Elle a aujourd’hui moins de chances que jamais d’être organisée. Chez nous comme ailleurs, l’Europe se construit sans consultation véritable de l’opinion.

– qui plus est, non seulement l’opinion n’est pas consultée mais elle est systématiquement manipulée. Au lendemain de l’échec de Dublin, les commentaires autorisés indiquaient que le traité de Nice, faute d’être ratifié par chacun des quinze états membres, devenait forcément caduque. Puis, on a indiqué à Bruxelles qu’un nouveau référendum pouvait fort bien effacer le précédent. Aujourd’hui, on soutient, en particulier à Paris, que, même non ratifié par l’Irlande, le traité de Nice pourrait quand même s’appliquer et donc ne pas retarder le processus d’élargissement de la Communauté…

On baigne en plein imbroglio juridique et politique. On tourne le dos à tout fonctionnement démocratique. La machine fonctionne à vide. Faute d’être associés, les peuples ne pourront que se révolter. Attention, dès la fin de cette année, à l’échéance de la mise en place de l’euro…

Lionel Jospin : menteur et marxiste !

Bernard Trémeau

Lionel Jospin semble être le candidat de la gauche le mieux placé pour se présenter à la prochaine présidentielle qui aura lieu dans moins d’un an. Les informations que nous pouvons rassembler à son sujet concernent donc au premier chef notre avenir.

À plusieurs reprises, il a nié avoir fait parti du mouvement trotskiste. Il dit aujourd’hui pour se justifier : « je pensais que cela n’intéressait personne ».

Puis brusquement, peut-être sous la pression des médias, peut-être pour récupérer un électorat qui lui échappait, peut-être sincèrement, il décide d’avouer qu’il a été trotskiste et « cela a contribué à ma formation » précise-t-il. « C’était une façon de marquer pour moi… deux éléments essentiels dans mon mûrissement politique et dans mon engagement : l’anticolonialisme et l’antistalinisme ».

Si Lionel Jospin ne nous ment pas à nouveau, il nous indique que son engagement trotskiste n’est pas un petit péché de jeunesse oublié depuis longtemps. Mais bien une longue période de formation idéologique qui a modelé en profondeur sa personnalité. La durée de son engagement est là pour confirmer ce point essentiel : Lionel Jospin est entré en 1970 dans le mouvement trotskiste. Il y a exercé des responsabilités importantes. Il est entré au parti socialiste en 1971, mais, si les informations dont nous disposons sont exactes, il aurait eu ses derniers contacts avec le mouvement trotskiste en 1987 seulement. Il n’est donc pas sorti au bout d’un an ou deux de la mouvance trotskiste, le temps de réaliser que l’idéologie trotskiste était une idéologie totalitaire particulièrement perverse. Il y est resté au moins 17 ans. Pendant ces 17 années, était-il un trotskiste devenu une « taupe » dans le parti socialiste, ou était-il un socialiste heureux d’approfondir sa doctrine marxiste dans la mouvance trotskiste ?

Il existe de très nombreux courants marxistes, et le trotskisme en est un. Mais il existe aussi dans le trotskisme de très nombreux courants idéologiques. Contrairement à ce qu’avance Lionel Jospin, l’idéologie trotskiste n’est pas, parmi les idéologies marxistes, celle qui est la plus libertaire, celle qui de ce fait s’oppose aux oppressions du colonialisme ou du stalinisme. L’idéologie trotskiste est au contraire, dans l’idéologie marxiste totalitaire, une des plus pures, une des plus dures, une des plus exigeantes.

 Des redresseurs de peuples

 Elle prône d’abord la révolution permanente. Le trotskiste est celui qui, par ses actions violentes toujours renouvelées, cherche à prendre le pouvoir et contraint en permanence les états bourgeois à s’opposer par la force à ses actions. Un excellent exemple des actions de type trotskiste est celui que nous fournissent aujourd’hui José Bové et tous ses amis : La violence est maintenant au rendez-vous de toutes les grandes conférences internationales. On est obligé de créer des enceintes autour des salles de conférence pour que les responsables politiques et économiques puissent dialoguer en paix entre eux. La dernière de ces conférences a d’ailleurs été annulée, par peur des incidents.

Il est donc normal qu’un responsable trotskiste laisse un autre trotskiste « démonter », c’est-à-dire saccager, les Mac Do, symboles du vilain capitalisme américain. Il est donc normal qu’un responsable trotskiste ne s’oppose pas aux « Raves partys » qui ne sont pour lui que de joyeuses réunions où l’on se drogue en toute liberté et où on meurt aussi d’over-doses.

Enfin, une fois au pouvoir, le trotskiste n’hésite pas à utiliser la force publique et la violence pour imposer ses réformes économiques marxistes. Il recommande de le faire avec encore plus de rigueur que ne le faisaient les staliniens. Les trotskistes ne sont pas des enfants de chœur, comme l’a été le député Jean Luc Mélenchon dans sa folle jeunesse. Les trotskistes sont des idéologues purs et durs. Ils sont les acteurs violents d’un totalitarisme qui partout, sans aucune exception, a tué sans hésiter.

Lionel Jospin semble donc être un pur marxiste. Le suivre, c’est revenir cinquante ans en arrière. Il nous confiera peut-être un jour qu’il n’est plus trotskiste. Mais, comme il a déjà menti plusieurs fois, il n’est plus crédible.

 

Indemnités des ex-députés : une réforme bien cachée…

Nicolas Lecaussin < nlecaussin@ifrap.org >

http://www.ifrap.org 

Par un arrêté de juillet 1994, le Bureau de l’Assemblée nationale a décidé d’instaurer un régime de garantie de ressources pour les députés qui ne se représentent pas aux élections et pour ceux qui sont battus. Cet arrêté offre aux ex-députés une garantie de ressources dégressives pendant les deux années qui suivent la fin de la législature :

– tous les ex-députés perçoivent l’indemnité parlementaire de base ainsi que les indemnités de fonction et de résidence pendant un mois si l’Assemblée est allée au terme de son mandat, deux mois si elle a été dissoute ;

– jusqu’au terme des 6 mois suivant la fin de la législature, seuls les anciens députés, dont les ressources mensuelles sont inférieures à l’indemnité parlementaire, perçoivent l’indemnité de fin de mandat, dont le montant varie en fonction de ressources mensuelles de l’intéressé pour lui assurer un revenu mensuel égal à l’indemnité parlementaire de base. Cette indemnité est gérée par les services des affaires financières de l’Assemblée. Pendant les 18 mois qui suivent, les ex-députés dont les ressources personnelles sont inférieures à des plafonds variables en fonction de la période et de la situation de famille perçoivent une allocation spécifique (cette indemnité est gérée par les services des affaires sociales).

Les indemnités perçues par les ex-députés proviennent d’un Fonds de garantie de ressources alimenté par le produit de la cotisation de 0,5 % assise sur l’indemnité parlementaire de base, une contribution égale au double du montant de la cotisation et en tant que besoin d’une subvention d’équilibre. Au 31 octobre 1997, ces recettes avaient atteint 9,3 millions de francs dont 6,2 millions au titre de la contribution et 3,1 au titre de la cotisation.

131 députés ont perçu en 1998 l’indemnité de fin de mandat qui s’est élevée à 9 millions de francs. Le montant de l’allocation spécifique est déterminé en tenant compte des ressources personnelles, des droits à pension acquis et d’un plafond fixé en pourcentage de l’indemnité parlementaire de base. L’allocation spécifique est, en principe, égale à 60 % des droits à pension acquis par l’ancien député, sous la réserve d’un minimum égal à la pension correspondant à dix annuités, mais aussi sous la limite d’un plafond de ressources duquel doivent être déduites les ressources personnelles. Entre 1997 et 1998, 39 anciens députés ont bénéficié de l’allocation spécifique, pour un montant mensuel moyen de 9 137 francs.

– Cet arrêté de 1994, promulgué dans la plus grande discrétion, suscite quelques interrogations. Bien évidemment, le principe d’une garantie de ressources n’est pas en soi condamnable. Au contraire, il est tout à fait légitime de verser une aide à des députés non réélus qui se retrouvent au chômage, avec des ressources insuffisantes. On peut en revanche être surpris que ce système s’applique aux députés qui, volontairement, ne se représentent pas aux élections. Un travailleur qui, sciemment, cesse son activité, a-t-il droit aux indemnités de chômage ? Pourquoi un tel privilège pour les députés français ?

Mais le plus critiquable dans cette mesure est le procédé utilisé. Ce texte, qui est loin d’être un point de détail du droit parlementaire, a été adopté par un organe dont la compétence en la matière est, semble-t-il, douteuse, et avec une discrétion qui révèle la gêne des députés. Pourquoi l’Assemblée nationale a-t-elle agi aussi discrètement ? Avait-t-elle peur d’informer les citoyens ? Une réforme analogue a donné lieu à un débat parlementaire et au vote d’une loi en Allemagne et au Portugal. Rien de tout cela chez nous où la mesure fut décidée par un arrêté du Bureau de l’Assemblée Nationale.

En définitive, on ne peut que regretter l’absence de tout débat démocratique sur une telle réforme qui met en cause le budget de l’État et donc l’argent des contribuables. En outre, il aurait pu être intéressant d’étudier et de discuter des divers systèmes d’aide au retour à la vie professionnelle des anciens députés, dont le principe est tout à fait acceptable. Fallait-il opter pour un système indemnitaire comme en Allemagne, ou pour une simple obligation de réembauche par l’ancien employeur comme en Espagne ? Ou choisir un système d’indemnité forfaitaire comme au Royaume-Uni ou une indemnité compensatoire versée pendant plusieurs mois comme au Danemark ? Toutes ces questions auraient mérité un débat général et public.

Les députés s’indignent de l’antiparlementarisme dans notre pays. Croient-ils y mettre fin par de telles pratiques ? Le discours des parlementaires sur la démocratie et les principes républicains demeurent-ils crédibles quand on constate avec quelle discrétion ils s’accordent des avantages, sinon des privilèges ?  

CSG : le gouvernement reconnaît sa défaite !

Dr Claude Reichman, président du Comité CSG

page Claude Reichman

 La bataille contre la CSG vient de connaître son deuxième tournant décisif. Après avoir fait condamner la France par la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) pour avoir qualifié la CSG et la CRDS d’impôts, alors qu’il s’agit de cotisations sociales (puisqu’elles financent la Sécurité sociale), le Comité CSG vient de contraindre le gouvernement à modifier la législation relative à la CSG et la CRDS. En effet le Journal officiel du 3 mai 2001 a publié l’ordonnance n° 2001-377 qui stipule que ne sont assujetties à la CSG que « les personnes physiques qui sont à la fois considérées comme domiciliées en France pour l’établissement de l’impôt sur le revenu et à la charge, à quelque titre que ce soit, d’un régime obligatoire français d’assurance maladie. »

Par ce texte de quelques lignes, le gouvernement vient de reconnaître sa défaite et de condamner définitivement à mort la CSG et la CRDS. En effet la caractéristique d’un impôt est d’être appliqué à tous ceux qui résident fiscalement dans le pays. L’assortir d’une condition d’assurance maladie est évidemment admettre qu’il perd sa qualité d’impôt pour devenir une cotisation sociale. C’est ce que nous avions affirmé depuis l’origine, c’est que les pouvoirs publics français se refusaient à accepter, c’est que nous les avons contraint à avouer et à inscrire dans la loi.

Les conséquences sont évidemment à la mesure du poids que ces deux contributions ont pris en France : près de 400 milliards par an, c’est-à-dire beaucoup plus que l’impôt sur le revenu, et environ la moitié de ce que rapporte la TVA ! Il va désormais être impossible de financer la Sécurité sociale par ce moyen, puisqu’il n’était valable que dans la mesure où la CSG et la CRDS étaient des impôts payés par tous les Français et, de manière générale, par tous les résidents fiscaux en France. De par la loi, y échappent à présent tous ceux qui ne sont pas assurés à un régime français d’assurance maladie. Autrement dit des centaines de milliers de personnes, qu’il s’agisse des travailleurs frontaliers, des ressortissants de l’Union européenne résidant en France et de tous ceux qui ne sont pas assurés sociaux ou qui, usant des possibilités que leur confère l’abrogation du monopole de la Sécurité sociale, vont s’assurer librement pour la maladie auprès d’un assureur privé français ou étranger. On peut même dire que la CSG va devenir le meilleur argument commercial des assureurs privés, puisque contracter une assurance maladie auprès d’eux reviendra à ne plus payer la CSG et la CRDS ! Sans parler du fait que la Sécurité sociale étant désormais en concurrence avec les mutuelles et les sociétés d’assurance, lui affecter le produit de la CSG constituerait une aide d’État rigoureusement proscrite par les dispositions européennes !

 Ultime tricherie

De quelque côté que l’on se tourne, la situation est désespérée pour les pouvoirs publics français. Ils ont certes réussi à tenir six ans et à engranger des centaines de milliards, versés dans le gouffre sans fond de la Sécu, depuis que nous avons lancé notre offensive, mais aujourd’hui l’heure de vérité a sonné.

Pour tenter de gagner encore un peu de temps – « Encore une minute, Monsieur le Bourreau » -, le gouvernement a décidé de tricher une dernière fois. On sait que la CSG est payée sur les revenus d’activité et de remplacement (salaires, revenus non salariaux, retraites, allocations de chômage), mais aussi sur les revenus du patrimoine et de placement. Or s’il a bien pris les dispositions nécessaires pour se plier aux arrêts de la CJCE qui l’avaient condamné, il a maintenu la CSG et la CRDS sur les revenus du patrimoine et de placement. La CJCE n’avait en effet été saisie que du cas des revenus d’activité et de remplacement et, bien entendu, n’avait eu à se prononcer qu’à ce sujet. Mais son analyse de la nature des deux contributions contestées avait été exhaustive et elle avait été amenée à conclure que la CSG étant « affectée spécifiquement et directement au financement de la Sécurité sociale en France » (Arrêt C-169/98, point 35), et la CRDS ayant « pour objet spécifiquement et directement d’apurer les déficits du régime général de Sécurité sociale français » (Arrêt C-34/98, point 37) et par conséquent étant « affectée de manière spécifique et directe au financement du régime de Sécurité sociale français » (Arrêt C-34/98, point 38), ces deux contributions relèvent du champ d’application du règlement n° 1408/71 et constituent des prélèvements visés par l’interdiction de double cotisation.

La nature des revenus auxquels sont appliquées la CSG et la CRDS ne change strictement rien au raisonnement adopté par la CJCE puisque la destination du produit de ces prélèvements reste la même, à savoir le financement du régime de Sécurité sociale français. De ce fait, les personnes résidant fiscalement en France et ne relevant pas d’un régime de Sécurité sociale français continuent d’être soumises, sur une partie de leurs revenus, aux cotisations sociales françaises, en dépit du principe de l’interdiction de double cotisation.

Nous avons bien entendu saisi aussitôt la Commission de Bruxelles de ce nouveau manquement de la France et l’on ne prend aucun risque à affirmer que si notre pays ne se plie pas rapidement à la règle européenne, il s’expose aux sanctions dont la menace l’a contraint à modifier, mais incomplètement, la législation relative à la CSG et la CRDS.

 Il faut frapper le gouvernement à la caisse

Quoi qu’il en soit, la CSG et la CRDS sont frappées d’une illégalité patente. Tous ceux qui les ont payées depuis l’origine, à savoir 1991 pour la CSG et 1996 pour la CRDS, sont donc fondés à en demander le remboursement. C’est la démarche qu’ont déjà accomplie des milliers de Français, regroupés au sein du Comité CSG, que j’ai créé avec Alain Dumait, et qui, fiers de constater qu’ils ont fait mettre un genou à terre au gouvernement, voient arriver le moment où ils vont pouvoir recueillir les fruits de leurs efforts.

Pour que chacun puisse prendre la mesure de la dette que l’État a à son égard, nous avons calculé le montant des sommes illégalement prélevées au titre de la CSG de la façon suivante :

– pour 10 000 F de salaire ou de revenu brut mensuel : 6 910 F de mai 1995 à mai 1997, plus 390 F par mois depuis cette dernière date jusqu’au 31 décembre 1997, plus 750 F par mois (280 F pour les pensions de retraite) depuis le 1er janvier 1998.

– pour 20 000 F de salaire ou de revenu brut mensuel : 13 820 F de mai 1995 à mai 1997, plus 780 F par mois depuis cette dernière date jusqu’au 31 décembre 1997, plus 1 500 F par mois (560 F pour les pensions de retraite) depuis le 1er janvier 1998.

– pour 30 000 F de salaire ou de revenu brut mensuel : 20 730 F de mai 1995 à mai 1997, plus 1 170 F par mois depuis cette dernière date jusqu’au 31 décembre 1997, plus 2 250 F par mois (840 F pour les pensions de retraite) depuis le 1er janvier 1998.

– À quoi il faut ajouter, bien entendu, les sommes payées au titre de la CSG de 1991 à 1995 (et que nous n’avons pas fait figurer dans ce calcul pour ne pas allonger le propos) et celles payées au titre de la CRDS.

Il est encore temps de faire valoir vos droits à remboursement. Vous avez là une occasion unique, non seulement de sanctionner les menées illégales de nos mauvais gouvernants, mais encore de marquer votre volonté de voir enfin mis un terme à l’augmentation incessante et vertigineuse des prélèvements sociaux.

Cette action relève d’une attitude citoyenne. NE RIEN FAIRE, C’EST LAISSER FAIRE.

L’action anti-CSG

- Elle est civique, nous utilisons les dispositions légales offertes aux citoyens pour faire valoir leurs droits.

- Elle est utile à notre pays : quand des citoyens réclament leur dû, ils contribuent à faire régner l’état de droit.

– L’action anti-CSG est utile à ceux qui l’entreprennent : ils se donnent chance de récupérer la plus grande partie de ce qui leur a été illégalement prélevé au titre de la CSG et de la CRDS.

– L’action anti-CSG est des plus simples. Elle consiste en l’envoi de quelques lettres, dont le modèle est fourni par le Comité CSG.

– Le comité CSG pilote toute l’action juridique et suit chaque dossier individuellement.

Vous recevrez en retour le mode d’emploi et les lettres type.

Pour adhérer, il suffit d’adresser un chèque de 350 F (somme destinée à couvrir les frais administratifs et juridiques du Comité) à : Comité CSG, 165, rue de Rennes 75006 Paris.

Vous recevrez en retour le mode d’emploi et les lettres type.

 Les échos politiques de Georges Langlois 

PARACHUTAGE EN VUE

Roselyne Bachelot, député RPR de Maine-et-Loire se cherche une nouvelle circonscription pour 2002. La « madone » du PACS craint, en effet, pour sa réélection dans une circonscription très conservatrice. Aussi réfléchit-elle très sérieusement à un parachutage à Paris, où son nom avait déjà été évoqué à l’occasion des municipales. Très populaire dans le milieu « gay », elle pourrait venir défier Laurent Dominati dans la 1re circonscription de la capitale regroupant les Ier, IIe, IIIe et IVème arrondissement.

CONGRES PAYANT

Les temps sont décidément durs pour Charles Pasqua. Plusieurs intervenants initialement prévus ont préféré renoncer à participer au deuxième congrès du RPF, le 9 juin à Versailles. Un millier de militants étaient présents (contre 7 000 pour le 1er congrès). Et les finances du parti souverainiste sont complètement à sec. C’est ainsi que, pour la première fois, Pasqua avait décidé de faire payer (100 F) l’entrée du congrès aux participants. Une méthode copiée sur le Front National…

DONNANT-DONNANT

Christian Poncelet s’inquiète pour sa réélection à la présidence du Sénat en septembre prochain. Aussi vient-il de discrètement inviter à déjeuner Jean-Claude Gaudin, président du groupe des libéraux et indépendants pour s’enquérir de ses intentions. Soulagé, Poncelet a appris que Gaudin ne se présenterait pas contre lui. Mais le sénateur-maire de Marseille lui a aussi annoncé envisager de briguer la présidence dans trois ans. « Je t’aiderai », l’a assuré Poncelet, qui a promis de « raccrocher » d’ici là.


Immigration : intégration ou désintégration ?

Louis Albertelli  

Selon l’Office statistique des communautés européennes, fin 1999, l’Union comptait 376,4 millions d’habitants. Mais sur le million de nouveaux Européens enregistrés cette année là, les trois quart étaient des immigrés (l’accroissement naturel des européens ayant été de 266 000 individus). Par ailleurs, une étude des Nations unies montre que près de la moitié des Européens auront passé l’âge de la retraite en 2050.

Force est de constater que la « vieille Europe» n’a pas su adopter des mesures favorisant les femmes ayant des enfants, en leur permettant de travailler (ou de ne pas travailler, si un salaire ou une indemnité de femme au foyer avait été prévu).

Les experts et les gouvernants des Etats de l’Union ont négligé de veiller à la protection de cette fonction vitale qu’est la reproduction des populations, sans laquelle toute communauté se trouve irrémédiablement vouée à la disparition. Ces résultats ont amené certains économistes et politiques à considérer que la solution à ce «vieillissement» était d’admettre encore plus d’immigrés, pour rajeunir une population européenne «à bout de souffle».

Car avant de proposer l’intégration de certaines populations «à risques» — manifestant déjà, d’évidents «rejets» culturels et cultuels de la civilisation européenne – quelles mesures énergiques concrètes, dynamisant l’augmentation de la natalité européenne, ces experts ont-ils envisagées ?

Comme beaucoup de citoyens de cette Europe, je n’ai malheureusement pas connaissance d’une telle mobilisation vitale, permettant de préserver l’identité, l’héritage des valeurs culturelles et humanitaires de cette «vieille Dame». Des valeurs qui orientèrent notre civilisation et peuvent encore guider les peuples sur des chemins de liberté et d’humanisme. Mais les enfants de Léonard de Vinci, Montaigne, Goethe, Shakespeare, Cerventés… ont-ils la juste conscience du danger actuel qu’ils encourent ? Un sursaut salvateur est-il encore possible, au-delà de la suicidaire démagogie de «l’immigration en masse», présentée comme solution unique au problème économique ?

Au dernier sommet de Nice, le «rapport Watson», adopté par le parlement européen (à une large majorité : par 323 voix pour contre 212), donne la qualité de «regroupant» non seulement aux immigrés légaux, mais aussi aux personnes bénéficiant du statut de réfugié. Et les bénéficiaires du regroupement familial ne sont plus seulement le conjoint et les enfants mineurs, mais aussi le partenaire non marié, les enfants majeurs, les ascendants du «regroupant», ceux du conjoint et des partenaires non mariés. Toute la tribu, en somme !

Une telle Europe, soumise à l’envahissement, pourra-t-elle surmonter la crise d’identité, qui ne manquera pas de se produire. Est-ce bien l’idéal de l’Europe de pratiquer la colonisation «à domicile», par besoin économique, sans se préoccuper du choc culturel ? Force est de constater que ces immigrés, en grand nombre, ne sont pas disposés à s’intégrer. Il importe de le répéter aux démagogues : les ghettos existant dans les villes d’Europe ne sont pas toujours dus à une discrimination raciale. Ainsi, alors que s’offrent d’autres possibilités d’habitat (relogement décent), des communautés d’immigrés se regroupent naturellement, voulant recréer, en pays européen, les conditions de développement de leur identité cultuelle et culturelle : elles refusent d’être «dissoutes» dans la masse européenne. La France, comme d’autres pays, connaît quotidiennement ces «rejets culturels», dans certaines de ses banlieues. Une telle situation explosive se propage…

« Toute idée fausse finit dans le sang, mais il s’agit toujours du sang des autres. C’est ce qui explique que certains de nos philosophes se sentent à l’aise pour dire n’importe quoi. ». Ceux qui prônent et votent pour l’immigration en masse devraient méditer cette réflexion d’Albert Camus.

Courrier 

C’est un vrai B… qui nous attend !

À moins d’être des demeurés, il faut bien se rendre à l’évidence : que fera une France collectiviste dans une Europe libérale ? Aznar est libéral, Berlusconi est carrément atlantiste, Schröder et Blair sont des sociaux-démocrates non collectivistes ainsi que les Portugais.

Tous ces messieurs avancent et nous, on recule. Ils vous nous dire : « Messieurs les Gaulois vous nous emm… ».

Seuls contre tous, quelle chienlit en perspective !

Rosamund Oudart – 75

Entrer en résistance

Guy Millière 
Page Guy Millière

Dans son précédent ouvrage, « Les nations suicidaires », Yves-Marie Laulan mettait le doigt sur le problème le plus crucial parmi tous ceux auxquels les sociétés occidentales sont confrontées : le vieillissement et son corollaire, la dénatalité. Il ajoutait que ce problème était soigneusement laissé de côté par les hommes politiques. Il notait enfin que si nulle action n’était menée, la situation allait encore empirer, jusqu’à l’irréversible : la disparition de l’Occident. Trois années se sont écoulées. Comme Laulan le prévoyait, le discours des hommes politiques n’a pas changé. Et la situation s’est fortement aggravée.

Sans espoir concret, mais au nom d’une éthique de l’espérance et de la « volonté d’espérer », Laulan publie un nouveau livre aux fins de « faire comme s’il était possible de renverser la tendance et de redresser le courant ». Le titre indique ce qui est en jeu et ce pour quoi il faut, malgré tout et contre toute adversité, se battre : Pour la survie du monde occidental. Le sous-titre donne l’une des clés du combat : Demain, la femme. Au cœur du glissement de l’Occident vers le suicide, ce qui est survenu au statut de la femme semble en effet, essentiel à Laulan. Les techniques contraceptives font que donner la vie est désormais une décision volontaire. C’est un fait et nul ne reviendra sur ce fait. La volonté de donner la vie pourrait en ce cadre rester forte. Or, elle s’affaiblit.

À la racine de l’affaiblissement, Laulan place le féminisme et toutes les perversités dont il s’est trouvé porteur. L’objectif des féministes n’a jamais été (la première partie du livre le montre magistralement) l’égalité de droit, mais la masculinisation des femmes. À un discours humaniste disant que tous les êtres humains sont respectables dans leurs différences et leurs complémentarités, s’est substitué un discours constructiviste et imprégné de relents marxistes selon lequel les femmes sont les opprimés et les hommes les oppresseurs, et au bout duquel les femmes libérées occcuperaient les positions autrefois occupées par les hommes. Les effets de ce discours sont partout autour de nous : des femmes de plus en plus nombreuses veulent faire des métiers d’homme, pratiquer des sports sur un mode masculin et selon une logique masculine. Une femme qui, en ce contexte, veut être mère de famille et s’occuper de sa maison paraîtra passéiste et ringarde. La tâche, noble, fondatrice, qu’est la mise au monde des enfants et la préparation à travers eux d’une génération future se trouve sans cesse davantage moquée.

Le résultat immédiat est aussi clair qu’il est triste : une société

de femmes masculinisées et d’hommes féminisés, avec sur la marge des femmes que la haine entretenue des hommes a mené à préférer les femmes, et des hommes que la femme masculinisée perturbe et qui se tournent vers les hommes, une société où les familles déstructurées, décomposées ou recomposées sont plus nombreuses que les familles à part entière et surtout, une société où chacun vit pour soi, dans l’instant présent et où l’enfant se raréfie. À l’horizon de deux ou trois décennies : une société de vieillards, une dépopulation, et, la nature ayant horreur du vide, une repopulation par des immigrants que nous n’aurons plus ni la force ni la volonté d’intégrer. L’Europe et la France existeront encore géographiquement mais auront disparu en tant que civilisations.

Pour « faire comme si », Laulan, plutôt que des solutions, propose des pistes. Certaines de celles-ci peuvent laisser sceptiques. Les allocations familiales créent de facto un effet de rente et poussent des gens de milieux pauvres ou d’immigration récente à faire ce que les assistantes sociales appellent les « enfants casse-croûte », enfants que l’on a pour l’argent, qu’on délaisse ensuite et qu’on retrouve adolescents dans les bandes de banlieue : augmenter les allocations renforcerait cet effet de rente. D’autres pourraient être fécondes si une volonté et une prise de conscience existaient. À une Europe technocratique et rigide qui, écrit Laulan, n’est « qu’une bureaucratie adossée à une monnaie » devrait se substituer une Europe des nations, car seules les nations (à ne pas confondre avec le nationalisme) ont une histoire et des « ressources spirituelles ». À un fonctionnement stérilisant tel celui de la France aujourd’hui où une personne sur trois travaille pour l’État, il faudrait substituer un fonctionnement dynamique où l’on souhaiterait entreprendre, s’intégrer, prévoir un avenir. Les blocages destructeurs dans lesquels nous sommes ne sauteront, cela dit, ajoute Laulan, que si nous rentrons en résistance…

Yves-Marie LAULAN

 Pour la survie du monde occidental 

le cherche-midi éditeur

 Prix : 95 F

Le peuple européen sous la menace d’une « dissolution » !
Alain Dumait
Page Alain Dumait

Au-delà du refus des électeurs irlandais de ratifier par référendum le traité de Nice (notre éditorial p.1), une question plus large doit être désormais posée au plan du fonctionnement des institutions politiques européennes comme d’ailleurs au plan du fonctionnement des institutions politiques de la plupart des pays membres (Irlande excepté…) : c’est celle du souverain, du dépositaire de la souveraineté naturelle des individus, de sa représentation et de son expression, au sein de cet ensemble de près de quatre cents millions d’habitants.

Nos leaders politiques répètent à l’envi que l’Europe est le berceau de la démocratie, l’inventeur des droits de l’homme, le précurseur de tous les systèmes représentatifs. Nous devrions donc avoir à cœur de montrer l’exemple.

Or, le fonctionnement concret des institutions européennes et des États-nations qui composent cette Europe va de plus en plus souvent et de plus en plus clairement à l’inverse des principes élémentaires de la démocratie représentative originelle.

À la base de celle-ci, faut-il le rappeler ? il y a l’idée que la majorité du peuple a toujours raison, à la seule condition que les questions auxquelles il est appelé à répondre, soient conformes aux principes contenus dans un texte solennel qu’on appelle la Constitution et, par extension, à l’ensemble des textes et des jurisprudences fondateurs de notre État de droit.

La simple décence voudrait que le peuple soit systématiquement et directement consulté dans tous les domaines au moins où son destin est en cause. A fortiori dans un pays comme le notre qui a inscrit la pratique du référendum dans sa constitution.

Or, non seulement les dirigeants politiques de notre pays, y compris ceux qui s’y étaient engagés, se refusent à consulter les électeurs sur le traité de Nice, comme ils s’y étaient refusés d’ailleurs sur les traités précédents, mais encore ils nous expliquent qu’il n’en est pas question et que c’est à tort, certainement, que le gouvernement irlandais a procédé différemment. Comme si l’Europe pouvait redevenir une entreprise populaire en écartant le peuple de sa construction…

L’idée selon laquelle une société devrait savoir évoluer, y compris en allant à l’encontre des vœux clairement exprimés par une majorité de citoyens, fait progressivement son chemin. L’immense majorité des Européens, en France, en Allemagne comme en Grande-Bretagne, était par exemple hostile à l’intervention de l’OTAN en Serbie. Rien n’y a fait…

 Anti-racisme européen

 Une politique européenne de l’immigration, de fait, a été mise en place sans la moindre consultation des peuples européens dont les opinions y seraient sans doute majoritairement hostiles (voir p. 7). Rien n’y fait. Et on devine même une volonté implacable pour diaboliser et même pénaliser tous ceux qui, demain, oseront s’élever contre de telles politiques. Car tel a été sans doute, bel et bien, l’objet des discussions bilatérales franco-allemandes de Fribourg concernant, soi-disant « la lutte contre le racisme et la xénophobie », objet d’une déclaration commune et solennelle des gouvernements français et allemands. L’objectif est de réduire au silence tous ceux qui, avec lucidité, contestent l’idée même que la survie démographique de l’Europe puisse être assurée durablement par l’importation d’immigrés de moins en moins bien assimilés.

 Communautarisme de fait

 Pire : dont l’assimilation n’est plus à l’ordre du jour. Dont l’idée même est déjà devenue suspecte. Car la politique officielle en matière d’immigration, sans qu’on ne nous l’ait jamais dit clairement, est passée, en une période d’environvingt-cinq ans, de l’intégration au communautarisme. Ce qui met en péril, ni plus ni moins, notre civilisation propre.

Une nouvelle règle du jeu politique s’est mise en place. Le peuple n’aurait raison que lorsqu’il veut bien approuver ses dirigeants. Autrement, il a tort ! Il est sommé d’accepter l’euro, tout comme l’élargissement de l’union européenne à la Turquie. Il n’a pas le droit de contester la funeste politique de regroupement familial. Il n’a pas à savoir que celle-ci vient d’être considérablement élargie. Il doit être contre la peine de mort. Pour l’immigration sans contrôle. Ou se taire. Dans les rares cas où il a le droit de parler, il doit le faire dans des formes de plus en plus convenues, c’est-à-dire politiquement correctes.

Les révolutionnaires sont là, trokskistes ou pas : toujours prêts à dissoudre le peuple… vprêts à dissoudre le peuple…