Réagir à un article:  Le Forum

 

 

CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Bio

Les ventes de produits alimentaires naturels aux États-Unis sont en plein boum. Les spécialistes de la distribution s’attendent à une augmentation de 18 % par an au cours des cinq prochaines années.

Ceylan

La guerre de l’armée Sri-lankaise contre les tigres tamouls, qui réclament l’indépendance du nord et de l’est de l’île, a déjà fait 64 000 morts depuis 18 ans.

Pour permettre à l’armée de recruter davantage de soldats, le gouvernement de Colombo a décidé de revenir sur sa politique de restriction des naissances et, au contraire, de favoriser les familles nombreuses…

Amérique du Sud

L’Équateur envisage de remettre au Venezuela un gramme des cendres du révolutionnaire Antonio Jose de Sucre, en échange d’un gramme des cendres d’un autre héros, Simon Bolivar.

Central Park

Un alligator de quarante-cinq à soixante centimètres aurait été repéré dans un petit lac au coin nord-est de Central Park à New-York. Il pourrait s’agir d’un bébé alligator capturé en Floride et ensuite abandonné par son propriétaire.

Les pompiers parisiens estiment qu’environ deux cents grands fauves africains vivent captifs dans des appartements parisiens…

INVESTISSEMENT

Selon une enquête du cabinet Ernst & Young, réalisée auprès de 350 dirigeants de filiales françaises de groupes internationaux, 65 % pensent que si, aujourd’hui, leur entreprise décidait d’investir en Europe, ce ne serait plus en France !… 56 % d’entre eux déclarent même que leur entreprise prévoit de délocaliser une partie de ses activités. Enfin, 93 % estiment que le poids des prélèvements obligatoires est le principal handicap de la France.

DIVERS FAITS 

 Mozart

Selon un médecin américain de Seattle, Mozart pourrait être mort le 5 décembre 1791 des suites d’une trichinose, infection due à la consommation de viande de porc mal cuite…

Comme le corps du musicien a été déposé, sans autopsie, dans une fosse commune, d’autres hypothèses demeurent possibles…

 PIT-BULL

Une américaine de 73 ans a mordu un chien pit-bull qui s’était jeté sur son jeune terrier écossais, lequel allait se faire dévorer…

 35 HEURES

Selon François Fillon, si la droite chiraquienne arrivait au pouvoir en 2002, elle prendrait des mesures concernant les 35 heures, notamment son report… (NDLR : il convient de noter que la généralisation des 35 heures est prévue pour le 1er janvier prochain, soit avant les élections générales. D’autre part, report ne veut pas dire suppression...).

 ADOPTION

Aucune grande figure de l’opposition n’a daigné signer la pétition de Renaud Muselier, contre l’adoption d’enfants par les couples homosexuels.

 RUSSIE

Pour la première fois depuis la fin de l’URSS, le projet de budget du Kremlin prévoit un excédent, égal à 1,3 % du PIB. Ce même projet inclut aussi le paiement intégral des échéances dues sur la dette extérieure.

 BONBON DIVIN

L’Eglise orthodoxe russe veut interdire les marques de bonbons et d’alcools portant des noms de fêtes religieuses, qui représenteraient selon elle, une offense aux croyants.

 HOMOS

Les scouts américains reviennent sur l’exclusion pratiquée jusqu’alors à l’égard  des « gays ». Et l’église presbytérienne envisage d’accepter l’ordination des gays et des lesbiennes…

MEDIAS

Publicité

Les investissements publicitaires ont encore fortement baissé au mois de mai : de 7,8 % pour le seul support télévisuel par rapport au même mois de l’année précédente. Sur les cinq premiers mois de l’année, le recul est de 3 %. Mais il atteint 43 % pour les services internet et plus de 30 % pour les télécommunications…

Portables

Selon une étude américaine, les hommes sont plus bavards sur leurs téléphones mobiles que les femmes. Chacune de leurs conversations dure en moyenne 35 % de plus. C’est exactement l’inverse sur les téléphones fixes…

MUSIQUE

La fête de la musique célèbre cette année sa vingtième édition. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas une idée de Jack Lang mais du directeur de la musique de l’époque, ex-journaliste au Nouvel Observateur, Maurice Fleuret. Jack n’a fait qu’entériner.

SPECTACLE

Gonzague Saint-Bris vient de prendre la tête de la rédaction du mensuel « Spectacle du Monde », qui appartient à Olivier Dassault, groupe Valeurs Actuelles. Il quitte donc son poste actuel de directeur de la stratégie et du développement du groupe Hachette Filipacchi.

SERBIE

Microsoft sera le consultant du gouvernement serbe en matière d’introduction des nouvelles technologies dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des douanes et du système de taxes, a annoncé Zoran Djindjic, le Premier ministre.

TELE REGION

Le groupe Sud-Ouest vient de lancer TV 7, télévision régionale basée à Bordeaux et diffusée sur l’analogique hertzien, le câble et Internet. Les programmes seront diffusés 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

SIC   

RAVE-PARTIES

« Ça nous a fait de la peine pour nos récoltes : c’était notre gagne-pain qui s’était volatilisé. »

Magali Garcia, paysanne de 32 ans, dont le champ a été saccagé lors d’une rave-partie pirate. 50 000 F de pertes…

LIBERTE

«Je hais l’expression « société multiculturelle » car elle est en opposition avec la valeur suprême : la liberté, et il n’y a de liberté qu’avec un peuple homogène et uni » (Lady Thatcher).

FRANCE v

« La France est pour moi un concept qui ne signifie rien. Ma patrie, c’est l’Afrique. »

Dieudonné M’Bala, candidat au poste de chef de l’État français…

DOPAGE

Selon un sondage paru dans le magazine Eurêka, 12 % des cadres consommeraient du cannabis, 5,2 %, des amphétamines et 10,2 %, des opiacés divers. Aux États-Unis, 196 des 200 plus grosses entreprises pratiquent des tests urinaires à l’embauche…

DESINFORMATION

À propos de la campagne référendaire irlandaise, le Figaro, par la plume d’Alexandrine Bouilhet, s’est encore illustré dans la propagande europhile. Évoquant les arguments « simplistes » utilisés par les opposants à l’Europe fédérale (sans expliquer en quoi ils seraient simplistes) et leur « matraquage publicitaire » (comique lorsqu’on sait que l’Église, les principaux partis et les syndicats se sont tous prononcés pour le oui), la journaliste ajoute l’argument imparable : la formidable croissance économique irlandaise serait due aux… 30 milliards d’euros accordés par Bruxelles depuis 1973. Un simple calcul montre que cette aide équivaut à… 173 francs mensuels par habitant, sur la période.

IRLANDE

La dernière estimation des résultats du référendum irlandais donnait 45 % pour le « oui », 27 % pour les « sans opinions » et 28 % pour le « non ». À comparer aux 54 % que les eurosceptiques ont obtenus…

 

 

Les 4verites N°311 du 23 juin  2001

 Sommaire:

Bernard Trémeau.......................................................................................La leçon irlandaise.
Claude Reichman :...................................................Sécurité Sociale : pourquoi le black-out.
Les échos politiques....................................................... de Georges Langlois
Exprimez vous....................................................................... Forum
                                                                          Courrier des lecteurs
Pierre Lance :...................................................Démographie européenne : un faux problème
Guy Millière................................................................................................ Imposture onusienne
La chronique d"Alain Dumait:.........................................Les silences des violences urbaines

Recevoir la version complète du journal par la poste

Sécurité Sociale : quand les yeux commencent à s’ouvrir !
 Jean Rouxel  

Il ne faut certainement ni minimiser ni exagérer l’importance de la décision prise par le MEDEF, et annoncée de vive voix par les dirigeants de celui-ci mardi dernier, au Premier Ministre lui-même : à savoir que les administrateurs d’origine patronale des caisses de Sécurité Sociale ne seront pas renouvelés par leurs organisations au-delà du 30 septembre.

Tout d’abord, comme on l’a vu avec l’affaire de l’UNEDIC, le gouvernement est tout à fait capable de mettre de l’eau dans son vin, et le patronat de revenir sur sa décision…

Mais, même si l’intéressé revenait partiellement sur sa détermination, c’est quand même un coup de semonce. Car, depuis 1945, les organisations patronales (CNPF puis MEDEF d’un côté, CGPME de l’autre) ont été en France les complices actifs de la collectivisation et de l’étatisation de la couverture de tous les risques sociaux. Il fut même des moments où le patronat allait au-delà des demandes des syndicats, anticipait les vœux des pouvoirs publics. Comme ce fut le cas en 1974, sous l’attelage Giscard-Chirac en ce qui concerne la couverture du risque chômage. Que le patronat crie aujourd’hui oh-là ! est déjà un changement important.

Mais ce changement, hélas ! pour l’instant, n’appelle pas à une révolution mais plutôt à une conservation. Le patronat appelle au respect « des missions de la sécu » ; demande « une consultation préalable des partenaires sociaux avant toutes extensions de ses missions » ; « le respect de la loi de 1994 sur l’autonomie des dépenses et des recettes de chacune des branches de la sécu » ; la « compensation intégrale par l’état de toutes nouvelles charges » ; la « transparence des budgets et des comptes et la certification de ceux-ci par un organisme indépendant » ; « la prise en compte des avis des conseils d’administration » ; l’affectation prioritaire des excédants aux remboursements de la dette sociale… Rien de révolutionnaire. Que des demandes qui se caractérisent par une grande orthodoxie.

Sans doute faut-il tenir compte du souci du patronat à ne pas heurter de front ses partenaires syndicaux habituels. On peut compter sur l’habilité et la finesse d’Ernest-Antoine Seillière pour s’efforcer de prendre à leur propre piège, et donc à leurs propres mots, ses anciens complices.

Dans le même temps, en Grande Bretagne, les travaillistes de Tony Blair engagent la privatisation du service national de santé. En Allemagne, les retraites complémentaires par capitalisation sont établies. Et, aux États-Unis, Georges Bush, après l’adoption de son plan de réduction massive des impôts, – qui sera actualisé chaque année –, s’engage maintenant sur le terrain de la privatisation de la Sécurité Sociale, terme qui là-bas, ne concerne que la retraite obligatoire de base.

Quand, en France, les esprits avancent d’un tout petit pas, dans le même temps, ailleurs, ils le font par de grandes enjambées…

Les Irlandais contre l’Europe de Nice

Bernard Trémeau

Nous avions souligné, il y a quelques semaines, dans les « 4 Vérités », les problèmes fiscaux et monétaires que posait à l’Europe keynésienne l’Irlande libérale presque en surchauffe.

Les dirigeants irlandais ont compris une chose toute simple : quand on impose peu les entreprises et les hommes, ils sont heureux de s’installer chez vous. Grâce à cette politique de bon sens, l’Irlande a attiré irrésistiblement les capitaux et les cadres dynamiques, les investissements et les entreprises. Son chômage a chuté de 17 à 4 %, la progression de son PIB a bondi à 9 % par an, et ses excédents budgétaires lui ont permis de réduire sa dette publique de 118 % à 39 % de son PIB.

Pendant ce temps-là, les pays européens, et la France tout particulièrement, encore tout imprégnés de l’idéologie trotsko-marxiste datant du siècle dernier, restent persuadés que les méchants « capitalistes » exploitent toujours les pauvres « travailleurs ». Ils accumulent donc à longueur de législature les lois ou réglementations réduisant le pouvoir et la liberté des entrepreneurs. Ils réglementent la durée du travail ou le licenciement des employés.

Les résultats d’une telle politique sont faciles à prévoir. Les entreprises étrangères qui avaient investi en France ont totalement stoppé leurs investissements et envisagent maintenant de poursuivre ailleurs leurs activités, malgré la bonne qualité de la main-d’œuvre française. Les entreprises françaises délocalisent et surtout les jeunes cadres dynamiques français vont faire fortune ailleurs. Les résultats de cette politique de gribouille sont là. Notre chômage se stabilise à 9 %, notre progression du PIB descend en dessous de 2,5 % par an et notre dette passe en 10 ans de 1 782 milliards à 5 500 milliards. De quoi ne pas être fier. Notre ministre des Finances actuel, un peu plus lucide que son trotskiste de premier ministre, vient de condamner la nouvelle loi réglementant les licenciements.

L’Europe keynésienne avait essayé le printemps dernier d’imposer à l’Irlande libérale sa politique fiscale et les Irlandais n’avaient absolument pas apprécié cette ingérence dans leurs affaires. D’autant plus que les Européens faisaient alors remarquer aux Irlandais qu’ils avaient été les grands bénéficiaires de la politique agricole commune. Les Irlandais préfèrent, on les comprend totalement, utiliser une politique qui dynamise leur économie et les enrichit tous.

 Le peuple contre ses dirigeants

 Ensuite tout est apparemment rentré dans l’ordre. Les Français « trosko-keynésiens » ont continué à rajouter des contraintes sur leurs entreprises, les Irlandais « libéraux-friedmaniens » ont continué à attirer les capitaux en réduisant encore leurs contraintes et leurs impôts.

Le 8 juin est arrivé le référendum demandant aux Irlandais d’approuver le traité de Nice. Les quatre principaux partis du pays, représentant 80 % des électeurs, les syndicats ouvriers, les organisations agricoles et l’église catholique, très influente en Irlande, ont tous fait une campagne favorable à ce traité. Tandis que 67 % des Irlandais allaient taquiner le saumon au lieu de voter, 54 % des votants s’opposaient au traité de Nice. Un immense coup de tonnerre éclatait dans le ciel européen. L’Europe keynésienne se scandalise. On reproche aux Irlandais d’utiliser l’Europe pour toucher des subventions et d’utiliser leur fiscalité pour attirer les capitalistes américains. Le vote négatif d’un petit pays ne doit pas remettre en cause le traité de Nice difficilement obtenu. Pas question de renégocier le traité. Il faudra que les Irlandais retournent aux urnes, et votent « bien »…

Le peuple irlandais n’a pas suivi ses leaders politiques, syndicaux ou religieux. On a observé le même phénomène en France quand le peuple français a adopté le traité de Maastricht. Il l’a fait avec une très faible majorité, alors que les principaux partis politiques de l’époque, très largement majoritaires, y étaient tous favorables.

Chaque peuple a sa propre spécificité, sa propre langue et sa propre histoire. Chaque peuple est plus ou moins imprégné de troskisme ou de libéralisme, de catholicisme ou d’anticléricalisme. Les Irlandais ne veulent pas que l’Europe leur impose sa façon de vivre. Si on interrogeait les peuples des quatorze autres pays membres de l’Union européenne, il n’est pas sûr qu’ils répondraient autrement….

Monopole de la Sécurité Sociale : les raisons du silence

par Claude Reichman

page Claude Reichman 

Pourquoi ce silence dans les médias ? Beaucoup de nos lecteurs s’étonnent que la fin du monopole de la Sécurité Sociale ne fasse pas la une de tous les journaux. Ils ont évidemment raison. À ceci près qu’ils ignorent que notre pays est soumis à une des plus féroces censures de son histoire et que le black out sur la Sécurité Sociale est strictement identique à celui qui règne dans bien d’autres domaines jugés sensibles par les princes qui nous gouvernent.

De même qu’on ne demande jamais son avis au peuple sur les sujets qui engagent l’avenir du pays, de même se refuse-t-on à l’informer des droits qu’il tient, depuis près de neuf ans, de la présence de notre pays au sein de l’Union européenne. On va nous infliger de force le changement de notre monnaie, mais on ne nous juge pas dignes de choisir notre assureur pour la maladie ou le chômage, ni de préparer notre retraite autrement qu’en faisant confiance à la sinistre escroquerie qu’est le système français de répartition, qui va ruiner des générations entières de retraités et de cotisants.

La censure fonctionne selon des règles non écrites mais parfaitement codifiées. Les journalistes savent quels sont les sujets qu’ils n’ont pas le droit d’aborder et ceux dont ils peuvent parler à condition de taire certains faits essentiels. En matière d’insécurité, par exemple, il n’est pas question de révéler le véritable chiffre des crimes et délits, afin de ne pas provoquer la révolte des citoyens. Ainsi tous ceux qui sont victimes d’un vol ou d’une agression s’imaginent être les seuls dans leur cas. Leur malheur est dû à la malchance, et en aucun cas à la scandaleuse impéritie des pouvoirs publics. En parallèle, les délits financiers présumés sont soigneusement montés en épingle, de façon à ce que le peuple sache que les puissants ne sont pas à l’abri d’une rude sanction, ce qui doit le rassurer sur le sens de la justice dont nos gouvernants sont animés. Sévérité envers les grands, amour des petits et des faibles, l’alchimie du pouvoir royal est à nouveau mise en scène par l’oligarchie républicaine, à son exclusif profit.

Veut-on une illustration de la technique de désinformation utilisée par le pouvoir ? À l’occasion de son trentième anniversaire, Le Quotidien du Médecin vient de publier un numéro spécial dans lequel il évoque de nombreux sujets qui ont illustré l’actualité au cours des dernières décennies, ainsi que les évolutions prévisibles de notre société. Sur la protection sociale, le journal donne longuement la parole à l’ancien premier ministre Michel Rocard, ainsi qu’à MM. Guy Sorman et Jean-Paul Fitoussi. Un politicien au rancart, donc censé être au-dessus de la mêlée, et deux intellectuels, l’un socialiste, l’autre libéral, l’équilibre et l’impartialité de l’information semblent garantis. Des six grandes pages qui leur sont consacrées, il ressort que, même si l’on peut envisager une certaine « diversification des modes de protection sociale », et une très lente « homogénéisation des dispositifs existants », « le système à la française n’est pas menacé ».

La question qu’on peut se poser est la suivante : ces personnages mentent-ils effrontément ou sont-ils ignorants des réalités ? On est tenté de répondre : un peu des deux. Ils font tout ce qu’il faut pour ne pas savoir, notamment en passant leur temps à parler et à écrire et non à s’informer, mais si par hasard une information dérangeante leur parvient (et je peux personnellement prouver qu’au moins MM Rocard et Sorman sont dans ce cas), ils prennent soin de la taire.

La presse française, pendant la dernière guerre, n’agissait pas autrement. Du moins avait-elle l’excuse de l’occupation étrangère. Et la censure était visible et connue de tous. Aujourd’hui, on cache la vérité par des moyens mis au point par les marxistes et que les innombrables anciens, ou encore actuels, trotskistes français manient à la perfection.

Qu’on se rassure toutefois. Sans recourir aux effets d’annonce ou à sensation, de très nombreux concitoyens sont en train de prendre leur liberté et d’échapper aux griffes des caisses monopolistiques. La contagion sera bientôt irrésistible. Et ce jour-là, les désinformateurs devront affronter la colère du peuple.

 

 Les échos politiques de Georges Langlois 

AMBITIONS

Passées quasiment inaperçues, les déclarations très sécuritaires de Nicolas Sarkozy, la semaine dernière, à l’occasion d’une réunion militante, ont pourtant fait l’effet d’une bombe dans le microcosme. Sarkozy se déclare, en effet, favorable à la création d’un « ministère de l’Ordre public » regroupant police, douane et gendarmerie. L’ancien premier lieutenant de Balladur propose aussi la « suppression des allocations familiales » pour les familles de mineurs délinquants. Des propos aussitôt interprétés comme une candidature Sarkozy pour le ministère de l’Intérieur, dans le cas d’une victoire de Chirac en 2002.

ETIQUETTE

Le PCF ne changera finalement pas de nom. Alors que Robert Hue souhaitait transformer son appellation en NPC – Nouveau parti communiste – et avait même contacté plusieurs agences de communication pour plancher sur une future campagne d’adhésion d’un PC « relooké », les militants ont été plusieurs centaines à écrire ou téléphoner place du Colonel Fabien pour s’opposer au changement de sigle. Des réactions spontanées confirmées par un récent « sondage » interne auprès des responsables de section. À plus de 90 % les adhérents du parti, interrogés par questionnaire ou au cours de réunions internes, souhaitent garder l’étiquette PC.

ENTRISME

Renaud Dutreil n’est pas le seul responsable de l’opposition à tenir les cordes du site « gauchestory. com », qui relate, sur le modèle de celui de M6, les histoires d’un loft imaginaire où se cotoient les ténors de la gauche plurielle. Si Dutreil a financé l’opération, le concepteur du site n’est pas non plus un inconnu. Arnaud Dassier, professionnel reconnu de l’Internet, est aussi et surtout un très proche d’Alain Madelin. Ancien délégué général des jeunes de DL, Dassier pourrait même, dit-on, faire partie de la garde rapprochée de Madelin dans sa campagne présidentielle.




Le faux problème de la dénatalité européenne

Pierre Lance 

Le N° 310 des « 4 Vérités » consacrait deux articles à cette question de la dénatalité européenne, l’un de Louis Albertelli et l’autre de Guy Millière, auxquels venait s’ajouter une bonne part de la chronique d’Alain Dumait. C’est dire si ce sujet est une source de tracassin. Mais à vrai dire, et comme ces trois rédacteurs l’ont souligné conjointement, il devient surtout inquiétant dans la mesure où les nations occidentales « compensent », volontairement ou non, la réduction de leur natalité par l’immigration, ce qui risque d’aboutir à la désintégration ou à la dissolution de la civilisation européenne. J’en suis bien d’accord, ce qui m’amène à dire que le vrai problème n’est nullement celui de la dénatalité européenne, mais bien plutôt celui de l’explosion démographique du tiers-monde, qui est évidemment la cause directe de la pression migratoire.

Aussi je crois que ce serait une immense erreur que de prétendre résister à cette pression en accroissant notre propre natalité par toutes sortes d’artifices aux effets pervers. C’est pourquoi j’ai pleinement apprécié les propos empreints de sagesse et de prudence de Guy Millère, qui, en commentant le livre d’Yves-Marie Laulan, a fort justement dénoncé « l’effet de rente » des allocations familiales, qui sont certainement la forme la plus détestable des politiques natalistes. (Je laisserai nos lecteurs décider si ce système est d’origine catholique ou socialiste, puisque pour moi, c’est du pareil au même.) C’est en tout cas un système collectiviste, destructeur de la responsabilité individuelle, donc, à terme, de la civilisation. Je travaille pour les enfants que je fais, pas pour ceux que font les autres.

Au reste, je considère pour ma part toute politique nataliste comme illusoire et utopique. La natalité ne se décrète pas. Elle est le fruit naturel d’un climat psychologique résultant lui-même de conditions socio-économiques assurant aux citoyens, comme le dit Guy Millière, la liberté d’entreprendre et de prévoir un avenir. Que l’on débarrasse les Européens de toutes les entraves socialo-étatistes, de tous les blocages bureaucratiques et fiscaux qui les empêtrent et les démotivent ; ils retrouveront alors confiance en leur destin et ils feront des enfants, ni trop ni trop peu, mais ce qu’il faut pour assurer le renouvellement équilibré des générations.

 Contraception pour tout le monde

 Quant aux pays que l’on prétend pudiquement « en voie de développement », mais dont la plupart sont loin d’être entrés dans cette voie, et précisément en raison d’une natalité excessive, il est absolument nécessaire, tant pour l’équilibre du monde que pour leur propre évolution, qu’ils réduisent leur natalité. On m’objectera qu’ils n’en ont aucune envie et qu’ils sont encore emprisonnés dans des mentalités archaïques incompatibles avec le « planning familial ». Voilà qui demande examen.

En 1990, un rapport des Nations Unies (du docteur Nafis Sadik) mentionnait les résultats d’une enquête réalisée, de 1972 à 1984, dans 41 pays en voie de développement. Elle révélait qu’il existait partout un besoin non satisfait de programmes de contraception. On a calculé que si toutes les femmes qui déclaraient ne plus vouloir d’enfants avaient eu accès à la contraception, le nombre des naissances diminuerait de 27 % en Afrique, de 33 % en Asie et de 35 % en Amérique latine.

Pourquoi toutes ces femmes n’avaient-elles pas accès à la contraception ? Chacun connaît la réponse : à cause des traditions religieuses. Le Brésil, par exemple, qui dépasse les 180 millions d’habitants (dont 110 millions de catholiques), compte environ 65 millions d’enfants dont plus du tiers vivent dans la misère, 10 millions d’entre eux étant à l’abandon dans les rues.

Au Mexique, qui compte plus de 110 millions d’habitants (dont 90 % de catholiques), les moins de 15 ans représentent 36 % de la population. La seule ville de Mexico augmente de 1 000 personnes par jour. C’est la ville la plus polluée du monde, où 70 % des enfants sont contaminés par le plomb (cf. « Quid »). C’est dans cette même ville que M. Karol Wojtyla, évêque de Rome, alla prononcer voici quelques années un discours retentissant condamnant la contraception..

L’ONU : une imposture dangereuse

Guy Millière 
Page Guy Millière

Voici quelques semaines, la Commission des Droits de l’homme de l’ONU a exclu de ses rangs les États-Unis. Les journaux français et européens ont trouvé immédiatement les explications. Les États-Unis, de nombreuses fois, se sont montrés « arrogants », n’est-ce pas… Cette impudence à parler de respect de la personne humaine aux dirigeants chinois. Cette obstination à défendre la démocratie israélienne, alors qu’il y a tant de dictatures arabes avec lesquelles on peut faire des affaires si on sait se taire au bon moment. Et puis, a-t-on idée de refuser les accords de Kyoto, un si bel instrument de planification et de dirigisme…

Peu de journaux, cela dit, ont noté, en détail, qui entrait à ladite Commission pendant que les États-Unis sortaient : ils auraient pu tomber sur le nom du Soudan, si respectueux des êtres humains qu’il les réduit encore à l’esclavage ou qu’il pratique vis-à-vis d’une partie d’entre eux le génocide par la famine. Peu ont noté qui siège déjà à ladite Commission : l’Iran, Cuba, la Chine, la Syrie, la Libye, le Sierra Leone. Que des pays exemplaires en somme. Peu ont noté que si les États-Unis sortaient, trois pays européens entraient ou gardaient leur siège, dont la France, qui a fait presque l’unanimité des votants et dont beaucoup pensent qu’elle a joué un rôle dans l’éviction des États-Unis.

Le résultat ? Non pas une humiliation pour les États-Unis comme l’écrivait un chroniqueur du Monde. Les États-Unis sont assez puissants pour ne pas accorder trop d’importance à ce genre de péripétie. Un abaissement de l’Europe et de la France en particulier, par contre : que des dictatures plus ou moins sanguinaires et des régimes barbares aient pu se dire que la France se tairait là où les États-Unis parlent (car c’est de cela qu’il s’agit) devrait nous faire honte si nous avions encore quelque honneur.

Au-delà de l’abaissement de l’Europe et de la France : un soulignement supplémentaire de ce que, si l’Organisation des Nations Unies fut une belle idée (américaine d’ailleurs) au moment de sa création, elle n’est plus désormais qu’une hideuse et grotesque caricature sans légitimité, voire une imposture dangereuse.

Si au début des années cinquante, la majorité des pays représentés à l’ONU étaient des démocraties, désormais l’immense majorité est constituée de dictatures. Et rien n’est plus facile que d’y obtenir un vote massivement majoritaire au profit d’une crapule ou d’un tyran. Rien n’est plus facile non plus, si une décision qui déplaît à un dictateur marxiste ou islamiste est prise, de la conduire à l’enlisement.

Si, au départ, faire appel aux Nations Unies pouvait sembler un geste vers la paix, désormais, les appels aux Nations Unies ne se font plus, c’est un fait avéré, que si on veut au contraire maintenir une situation de guerre ou un statu quo bancal.

Les défenseurs de l’institution vous diront, malgré tout, que celle-ci constitue encore un moindre mal, je sais. Répondez-leur en évoquant ce que font concrètement les Nations Unies aujourd’hui.

Quelques rares missions de « paix » où les « casques bleus » sont désormais et depuis longtemps des observateurs impuissants condamnés à voir s’accomplir les pires exactions sans réagir.

Des résolutions votées régulièrement en assemblée générale où les fils spirituels de Joseph Staline, Adolf Hitler et l’ayatollah Khomeiny font part de leur réprobation vis-à-vis des agissements de telle ou telle démocratie occidentale.

Des instances bureaucratiques, aussi, où se concoctent des projets de régulation planétaire et de dirigisme mondial. Sans les Nations Unies, les grandes peurs de l’écologisme idéologique trouveraient moins de relais et ne pourraient prendre la forme, par exemple, des accords de Kyoto. Sans les Nations Unies, ceux qui rêvent de taxe sur les transactions financières sur toute la planète ne pourraient espérer voir leur rêve se réaliser.

Grâce aux Nations Unies, non seulement leurs espoirs vivent, mais ils prennent forme. Parmi les projets évoqués à l’ONU l’automne dernier lors du Sommet du Millénaire : non seulement la taxe Tobin et des réglementations à l’infini concernant l’environnement, mais des projets de « gouvernance globale » visant à gérer des « biens planétaires » tels que l’atmosphère, l’eau, les mers et océans, la biodiversité. Derrière les réglementations et leurs objets se lit, sans peine, une hostilité à tout ce qui ressemble au marché, à la libre entreprise, aux règles de droit ou à la liberté individuelle et un amour immodéré pour le planisme, un espoir de surveillance bureaucratique généralisé et la possibilité pour des gens qui ont pillé leurs propres pays de faire les poches des populations occidentales jusqu’à y prendre le dernier sou.

Les silences des violences urbaines
Alain Dumait
Page Alain Dumait

Malgré l’absence, depuis longtemps, de conflits mondiaux, nonobstant l’écroulement des grandes machines totalitaires qui ont massivement ensanglanté le xxe siècle, loin de reculer, la violence a plutôt tendance à augmenter, et cela dans le monde entier. Cela est dû non seulement au développement du terrorisme, dont les médias nous parlent abondamment, mais aussi au développement des violences urbaines, sur lesquelles les médias sont autrement plus discrets.

 Les faits entrant dans cette catégorie des violences urbaines sont quotidiens et de plus en plus graves. Et aussi de plus en plus nombreux, même selon les statistiques de la police et de la gendarmerie, qui ne sont certainement pas d’une parfaite fiabilité.

Malgré cela, les médias hésitent manifestement à en rendre compte. Ils le font avec des pincettes, en les minimisant toujours.

Dimanche dernier, à Lannion, dans les Côtes-d’Armor, à deux heures du matin, le commissariat est littéralement attaqué par une quinzaine d’Antillais qui, à coup de battes de base-ball, entendent libérer trois de leurs camarades interpellés pour avoir aspergé avec une bombe lacrymogène un agent de police, qui leur avait demandé de baisser un peu le niveau sonore de la radio de leur voiture. Les dégâts matériels sont importants. Deux policiers ont été gravement blessés. Deux des personnes en garde à vue ont réussi à fuir malgré leurs menottes. Sept agresseurs identifiés courent toujours. Le député-maire socialiste de la ville, Alain Gouriou, minimise l’affaire : « ils n’ont tué personne… ce ne sont que des dégâts matériels… ».

Mardi soir, dans le Val-d’Oise, à Montigny-les-Cormeilles, une patrouille de Police-Secours prend en chasse un scooter chevauché par trois « jeunes » non munis de casques. Le conducteur s’affole, perd le contrôle de son véhicule, et trouve la mort dans l’accident. Aussitôt, la cité se mobilise pour protester contre ce drame dont la responsabilité est immédiatement attribuée à un excès de zèle des forces de l’ordre. Le député de la circonscription, un certain Robert Hue, lance un appel au calme…

 

Les actes de violence de cette nature ont pour caractéristique, semble-t-il, « d’être gratuits », si l’on peut dire. Sans doute, s’y mêle-t-il une part de délinquance comme dans les autres faits de criminalité classique (vols, agressions à main armée, extorsion de fonds…). Mais la part d’irrationnel semble l’emporter. En effet, personne ne tire le moindre profit de bagarres au couteau entre bandes rivales, de l’incendie de plusieurs milliers de voiture chaque année, du saccage d’immeubles entiers et même de commissariats de police. Certains actes vont même à l’encontre de l’intérêt apparent ou rationnel des intéressés. Quand ces rebelles mettent à sac une école, on pourrait soutenir qu’ils se privent ainsi d’un moyen de formation qui leur serait bien utile pour s’intégrer dans la vie active.

Mais, justement, si ces violences urbaines ont un sens, c’est de tourner le dos à tout processus d’intégration. Or, l’éducation a toujours été le moyen privilégié de l’intégration des minorités. L’échec de l’intégration des immigrés, chez nous, est la marque la plus tangible de la faillite de notre système éducatif.

Tout se tient : l’immigration incontrôlée, la débandade de la décolonisation, le renoncement à l’intégration des populations venues d’ailleurs, la destruction du système éducatif, aussi bien que le laxisme social en général, policier en particulier.

Ceux qui défendent l’idée du caractère positif de l’émigration, s’ils étaient logiques, devraient être également partisans, au moins dans le seul but de la paix sociale, d’une politique d’intégration, d’adaptation du système scolaire et d’une ferme répression de tous les faits de délinquance.

À cet égard, les succès enregistrés depuis un peu plus dix ans aux États-Unis nous enseignent que, loin de s’opposer, comme le croient encore la plupart des politiciens français, les concepts de prévention et de répression sont indissociables. Toute prévention doit contenir de la répression, et inversement.

Chez nous, la prévention seule est jugée politiquement correcte, parce que soi-disant exempte de toute forme de racisme. Quand la gauche, et tous les bons esprits qu’elle influence, reviendra sur cette idée reçue, elle aura procédé à une révolution comme celle qui lui a fait admettre les mécanismes économiques de marché. Une partie de cette gauche semble d’ailleurs y être prête. Pour les politiciens français, l’heure a sonné, qui est toujours (selon le joli mot de Jean-François Revel), leur moment préféré pour agir : lorsqu’il est trop tard !