Réagir à un article:  Le Forum

 

 

CHIFFRES SIGNIFICATIFS

MULTIETHNISME

Lors du dernier recensement, et pour la première fois de leur vie, les Américains étaient interrogés sur leurs origines ethniques et avaient le choix entre six « races » : blanc, noir, asiatique, améridien, hawaïen-insulaire du Pacifique ou « autres ». Sept millions de personnes, soit moins de 2 % de la population, ont coché plusieurs cases, revendiquant ainsi un héritage « multiple ».

PORTABLES

Itineris, devenue Orange, demeure le premier réseau français de téléphonie portable, avec 98 % de la population accessible. Mais, en terme de territoire, cela ne représente que 89 %.

Violence

L’augmentation du nombre de crimes et délits en France devrait atteindre 12 % pour le premier semestre 2001. Selon plusieurs spécialistes de ces questions, la violence, rapportée au nombre d’habitants, est désormais plus forte en France qu’aux États-Unis…

POUTINE LIBÉRAL

La Douma vient de voter un nouvel élément de la réforme fiscale voulu par Vladimir Poutine : l’impôt sur les bénéfices des entreprises passe de 35 à 24 %. En contrepartie, toutes les exonérations sont supprimées…

ITALIE

Silvio Berlusconi réunira dans un seul code les 3 000 lois fiscales qui, « laissées à l’interprétation arbitraire de l’administration » (Berlusconi dixit), pénalisent les entrepreneurs…

FRONT NATIONAL

Même en donnant son siège social « Le Paquebot », estimé à 37 millions de francs, en garantie hypothécaire, le Front National n’est pas encore parvenu à trouver du crédit bancaire pour financer la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen.

DIVERS FAITS 

RENAISSANCE

Henry de Lesquen, déjà président du Club de l’Horloge et du MAUD, Mouvement associatif pour l’union de la droite, a remplacé Paul Lambert à la présidence de Renaissance-95, « La voix des Français », association qui milite pour « une politique de l’immigration conforme aux volontés du peuple français »…

 Papon

Les avocats de Maurice Papon, 90 ans, ont déposé une nouvelle demande de grâce humanitaire et médicale auprès du Président de la République.

 TERRORISME

Les États-Unis viennent de donner l’ordre à leur flotte de guerre dans le Golfe Persique de prendre la mer, en raison de menaces d’attaques terroristes.

 GUERRE DES ÉTOILES

L’Espagne veut participer au bouclier antimissile américain. Sa marine, notamment, pourrait équiper ses quatre frégates achetées aux États-Unis avec de la technologie américaine, afin de surveiller la Libye en cas de crise. George Bush considère l’Espagne comme « un des alliés les plus fiables des États-Unis ».

 MEGRET

La Cour de Cassation a cassé un arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui avait condamné le 9 mars Catherine Mégret pour des propos jugés racistes et publiés dans le journal Le Monde.

 SNCF-PRIDE

La SNCF examine la possibilité d’accorder aux couples homosexuels des congés supplémentaires lors de la signature d’un PACS, ou pour s’occuper d’un « conjoint » malade.

 IMMIGRATION

L’OCDE vient de rendre publique une étude selon laquelle le recours à l’immigration, pour pallier les pénuries de main-d’œuvre, ne peut pas constituer à lui seul une solution aux besoins d’ajustement du marché du travail.

MEDIAS

TV5

La chaîne satellite francophone à vocation internationale, TV 5, s’est rebaptisée « TV 5 Monde ». Dotée d’un budget de 520 millions de francs, elle compte renforcer sa présence à l’étranger par la création de deux signaux destinés aux États-Unis et à l’Amérique du Sud.

PIVOT

Bernard Pivot, 66 ans, qui vient de présenter son dernier numéro de « Bouillon de culture », avait un cachet supérieur à 200 000 F par émission. Guillaume Durand, son successeur, ne veut pas accepter moins…

PERNAUD

Huit milliards de francs : c’est la somme d’argent public gaspillé relevée depuis dix ans par les enquêteurs de « Combien ça coûte », l’émission présentée par Jean-Pierre Pernaud et produite par Christophe Dechavanne, qui repart pour une onzième saison.

FRANCE 2

Gérard Holtz : « j’ai la culture du service public ».

Mais est-il cultivé pour autant…

OM STORY

Des rumeurs courent selon lesquelles Loana, la blonde pulpeuse de Loft Story, se verra proposer d’animer une émission sur OM-TV, la chaîne de l’Olympique de Marseille…

INTERNET

AOL France, qui représente 20 % du temps passé sur le réseau, en France, vient de franchir la barre du million d’abonnés.

CINEMA

L’ensemble des studios américains prépare le lancement d’une plate-forme commune sur internet qui permettra la distribution de films sur Internet et leur téléchargement (gratuit ou payant) à la demande. Un concurrent de MP3.com d’Universal.

SIC   

ÉVASION

« Pourquoi reprocher à un pays de faire payer moins d’impôts qu’un autre ? « (Paul O’Neil, secrétaire américain au Trésor) En application de quoi l’évasion fiscale est un droit…

 MAINS PROPRES

« Aux temps de l’offensive des « mani pulite », les juges d’instruction ont éliminé tous les partis qui avaient dominé la vie politique depuis la guerre. Sauf, bien sûr, le parti communiste. » (Silvio Berlusconi).

 RACISME

« Quand un gouvernement n’a pas de bons résultats, il lui faut des excuses. Les Blancs sont des boucs émissaires, bien que l’on ne puisse plus tout mettre sur le dos de l’apartheid. » (Sipho Seepe, intellectuel sud-africain).

 DEPENSES

« Je conteste le principe selon lequel plus on est dépensier et irresponsable, plus on est à gauche. Au nom de quoi entrerait-on dans cette logique absurde ? » (Laurent Fabius).

 JOSPIN

« Si Jospin, au vu des sondages, se retire, Fabius sera le seul capable de le remplacer » (Pierre Bergé).

 MAFIA

« Il y aurait un contrat sur ma tête. Ici, ce n’est pas encore la mafia à l’italienne, mais parfois cela y ressemble » (Le juge Éric de Montgolfier, qui enquête à Nice sur les franc-maçons…)

 TROTSKY

« (Jospin)… est touché là où il est le plus vulnérable, puisqu’il voulait être rigoureusement transparent. C’est même ainsi qu’il s’est affirmé dans sa critique de François Mitterrand » (Roland Dumas).

 DROITE MOLLE

« Une partie de la droite commence à se dire qu’il faut changer de sensibilité sur les sujets de société […] Je ne suis pas fixé sur la question de l’adoption (d’enfants par

 

 

Les 4verites N°312 du 30 juin  2001

 Sommaire:

Bernard Trémeau........................................................................L’atome revient.
Claude Reichman:.................................Société civile contre fonction publique .
Les échos politiques............................................................ de Georges Langlois
Exprimez vous....................................................................... Forum
                                                                          Courrier des lecteurs
Christian Lambert :..............................................................Décolonisation catastrophique
Guy Millière...........................................................................a Lu .« Le diable est-il libéral ? ».

Recevoir la version complète du journal par la poste

Bourse, économie, immigration, violences urbaines…

Risque de dévissage généralisé !

 Jean Rouxel  

En Bourse, à Paris comme à Wall Street, les dévissages se multiplient. Mardi dernier, le titre Cap Gemini, sur l’annonce d’un plan de suppression de 2 700 emplois perdait 23 % de sa valeur en quelques heures. Le même jour, le géant hollandais Philips annonçait qu’il laissait tomber la fabrication de téléphones portables et préférait repasser le bébé à une entreprise chinoise. Les anticipations euphoriques sur la nouvelle économie sont finies.

La conjoncture économique continue à se dégrader.

C’est dans ce contexte que commence la mise en jambe, toujours très particulière en France, de la campagne pour la prochaine élection présidentielle. On peut raisonnablement faire l’hypothèse qu’elle se déroulera dans un climat économique sombre. Et cela modifiera forcément, et sans doute fortement, son déroulement (voir la chronique d’Alain Dumait, p. 8).

Il y a quand même une différence importante entre la dégradation de la conjoncture aux États-Unis et de ce côté-ci de l’Atlantique. Là-bas on croit à une reprise, dès le quatrième trimestre. Mais en Europe, et particulièrement en France, le moral des consommateurs baisse tous les jours. Même les conjoncturistes stipendiés de Bercy ne sont plus tout à fait sûrs d’un taux de croissance de 2 % pour l’année en cours.

Là-bas, il y a eu dix années de croissance ininterrompue. Du coup, non seulement les familles ont reconstitué leurs revenus et leur patrimoine, mais encore, dans la foulée du redressement économique on a assisté à une amélioration de tous les indicateurs sociaux. Avec la quasi-disparition du chômage, l’insécurité a reculé. Les taux de divorce aussi. Et même le nombre des naissances dans les familles monoparentales. Grâce à la prospérité retrouvée, l’Amérique va mieux.

Chez nous, la croissance n’a été qu’un feu de paille. Violences et insécurité continuent d’augmenter à un rythme extravagant. L’éducation des jeunes en moyenne recule. Les familles se dissolvent. Ce n’est pas seulement la croissance qui recule, c’est aussi l’espoir, en particulier celui d’une solution durable à des problèmes de société devenus lancinants.

Aux États-Unis, aucun observateur ne s’attend à une crise politique. Les cent premiers jours de George W. Bush sont jugés excellents même par ses adversaires politiques. C’est exactement l’inverse chez nous. Tous les matins une soudaine déflagration sociale est possible.

L’atome est l’avenir de l’ozone !

Bernard Trémeau

Depuis des milliers d’années, le climat change sans arrêt : les périodes chaudes succèdent aux périodes froides et les périodes froides succèdent aux périodes chaudes. Quand le climat se réchauffe, les glaces fondent et le niveau de la mer monte. Nous savons que sous l’influence de ces variations climatiques, le niveau des mers a varié de 150 mètres il y a à peine 10 000 ans. Paris étant à 26 mètres d’altitude, le réchauffement devient le thème d’un magnifique roman d’horreur. Le réchauffement planétaire est une certitude : personne ne le conteste. Les montagnards voient baisser au fil des ans le niveau de la Mer de Glace. Mais, ce qui est bien moins sûr, c’est l’influence exacte que peut avoir sur ce réchauffement le gaz carbonique émis par la société industrielle. Les experts européens ont tendance à donner à ces émissions un rôle très important, d’où la nécessité de réduire d’urgence nos émissions nocives. Les experts américains, eux, ont tendance à considérer ce rôle comme peu important, voire négligeable. Il est donc pour les Américains urgent de ne rien faire. Une fois de plus, les experts étant choisis par les politiques, ils trouvent ce que les politiques ont envie qu’ils trouvent…

Le développement industriel ne touche actuellement qu’une faible partie des 6 milliards d’individus vivant sur la terre. Si la production de gaz carbonique réalisée par moins d’un milliard d’individus « industrialisés » perturbe aujourd’hui le climat de l’ensemble de la terre, il faut de toute urgence « désindustrialiser » les pays industriels, changer sa voiture contre une bicyclette, faire tirer sa charrue par sa femme plutôt que par son tracteur et se laver à l’eau froide tirée du puits. Il faut revenir à la société artisanale, car la terre n’est pas faite pour accueillir une société industrielle, c’est évident. Et il faut surtout laisser les cinq milliards d’individus encore non industrialisés dans leur société artisanale et pauvre. Introduire le développement chez eux, c’est accélérer le processus de destruction de la planète.

Une lueur d’optimisme apparaît cependant à l’horizon : dans un siècle ou deux, les puits de pétrole et les mines de charbon seront totalement épuisés. Nous ne pourrons plus envoyer vers le trou d’ozone nos gaz toxiques. Nous serons enfin contraints de ne plus polluer.

Tandis que la France politique et écologique s’agite – et elle doit le faire pour que l’opinion publique soit informée – la France technologique avance plus discrètement.

D’abord le Président américain a pris une option énergétique très importante : il relance la production d’énergie atomique et signale au passage que dans ce domaine la France a une longueur d’avance sur tout le monde.

Ensuite le commissariat à l’énergie atomique (notre fameux CEA) embauche. Plus de 150 chercheurs supplémentaires vont étudier l’utilisation de l’hydrogène comme énergie non polluante dans les transports. Au lieu de produire du gaz carbonique, les voitures produiront de la vapeur d’eau. Mais, petit détail très intéressant, pour faire de l’hydrogène, il faut casser la molécule d’eau en hydrogène et en oxygène par électrolyse. Il faut donc disposer d’électricité. Et dans l’état actuel des technologies, seule l’électricité d’origine atomique ne perturbe pas la couche d’ozone. La captation de l’énergie solaire par des piles installées sur des satellites, et son transport vers la terre, reste encore pour longtemps du domaine de la science-fiction.

Enfin le CEA meurt, et naît le TOPCO, nouvel ensemble industriel regroupant toutes les activités nucléaires françaises, dont le CEA, Framatome et la Cogema. La France met à l’heure de la mondialisation ce secteur très pointu de son industrie, secteur somnolent depuis quelques années. Que disent les responsables de ce futur groupe ? La technologie française apporte maintenant des réacteurs atomiques produisant de moins en moins de déchets, bien plus petits, donc bien plus facilement exportables dans le monde entier, et surtout encore bien plus sûrs. Enfin, dans le traitement des déchets atomiques, on progresse chaque année rapidement.

Les hommes politiques devront, dans les mois qui viennent, choisir entre polluer la terre avec du gaz carbonique ou avec des déchets atomiques. Les USA ont choisi l’atome. La France semble se préparer à les suivre. Nos écologistes ne vont pas être contents du tout.

La société civile doit reprendre le pouvoir

Claude Reichman

page Claude Reichman 

Il n’est plus tolérable que la société civile soit considérée comme une vache à lait par la fonction publique. Celle-ci se conduit à son égard comme une armée d’occupation. Elle vit sur l’habitant, lui dicte sa loi et exige constamment un alourdissement du tribut. Les politiciens sont tous à son service. Ils font parfois mine de plaindre le peuple, mais jamais ils ne prennent sa défense. Bien au contraire, ils cautionnent et votent tous les crédits dont l’occupant estime avoir besoin. Et d’ailleurs comment pourraient-ils faire autrement, ces politiciens ? La majorité d’entre eux fait partie de la famille. Ils ne vont tout de même pas se brouiller avec les leurs ! Quant aux autres, ils vivent dans la terreur de n’être pas reconnus dignes du titre envié de collaborateur, sans lequel ils ne peuvent espérer, pour eux et pour leur circonscription, le moindre concours de l’État.

Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement en réduisant à moins que rien la fonction parlementaire et en donnant tout pouvoir à l’exécutif. C’est l’œuvre de la Ve république. En moins d’un demi-siècle, elle a mis le pays au service de son administration, alors que c’est le contraire qui est naturel. La philosophie politique du général de Gaulle devait tout aux circonstances. Marqué par l’effondrement du pays dès le début de la guerre, il ne voyait de salut que dans le renforcement de l’État. L’impuissance de la ive république face aux événements d’Algérie ne fit que renforcer sa conviction. Le régime qu’il installa devait nous faire échapper à ces malheurs. Il a créé les conditions de beaucoup d’autres, sans pour autant nous protéger des anciens : qu’est devenue notre puissance militaire ? Il ne s’agit pas ici d’instruire le procès du Général, qui aurait assurément évolué et réagi, – lui qui proclamait que les prélèvements d’État ne devaient pas dépasser le tiers de la production –, mais bien plutôt de ses successeurs, qui ont tous laissé dériver les charges et les impôts, au point qu’ils dépassent aujourd’hui la moitié du produit intérieur brut, tandis qu’en même temps – et fort logiquement – s’instaurait la dictature de l’administration. 

Candidature civile

 Il est plus que temps de réagir. La société civile doit se révolter. Pour cela, elle doit résolument congédier tous les politiciens qui prétendent la représenter, alors qu’ils ne font que l’enfoncer. À toutes les consultations électorales désormais, il faut qu’il y ait des candidats de la société civile, à commencer bien sûr par l’élection présidentielle. Il n’est pas question, évidemment, de créer un « parti de la société civile », mais de réunir les divers mouvements et associations qui se battent contre la dictature de l’État en une confédération souple. Son objectif sera de désigner les meilleurs candidats possibles aux diverses consultations électorales et de les doter d’un programme simple et fort qui s’articulera autour de quelques grands thèmes tels que le rétablissement de la sécurité, la baisse radicale des prélèvements obligatoires et, de manière générale, la liberté d’entreprendre et de jouir du fruit de ses efforts.

Commençons donc par l’élection présidentielle, puisque c’est elle qui est la première à se profiler, et, dans la foulée, préparons nos candidats aux élections législatives. Les difficultés matérielles ne sont pas insurmontables. À l’élection présidentielle, l’argent n’est pas un problème, puisque les frais de campagne sont assumés par l’État. La seule difficulté est de recueillir les cinq cents signatures de parrainage. Mais l’immense majorité des 36 000 maires de France est elle-même membre de la société civile et comprendra la nécessité de présenter un candidat issu de ses rangs. Aux élections législatives qui suivront immédiatement, l’élan donné créera les conditions nécessaires au succès.

 

LOFT STORY

 Après plusieurs semaines de « Loft Story », il convient de faire un premier bilan :

– c’est la preuve absolue de l’efficacité de la vidéo-surveillance face aux tentations éventuelles de la délinquance,

– c’est la première fois que des millions de Français peuvent s’exprimer par vote alors que la classe politique leur refuse des référendums sur des sujets de société,

– qui plus est, les votes exprimés ne peuvent que confirmer le bon sens de la population et son refus des quotas politiquement corrects.

Enfin, à l’heure où Lionel Jospin veut imposer progressivement au pays le moule socialiste, cette émission fait la preuve que toute société repose sur l’exclusion de la sélection.

Aujourd’hui, avec le Parti socialiste, ce sont malheureusement les Français, les entreprises et les familles qui se sentent de plus en plus exclus de leur propre pays.

Franck Timmermans,

secrétaire général du MNR

 Les échos politiques de Georges Langlois 

INDEMNITÉS

Anne Sinclair, qui se répand dans la presse sur « l’ingratitude » de Patrick Lelay et des dirigeants de TF1 à son encontre – « ils m’ont licencié comme une malpropre ! », dit-elle – pourrait au moins avoir la reconnaissance du ventre : TF1 lui aurait, en effet, promis pas moins de 8 millions de francs pour solde de tout compte ! Trop peu, semble-t-il, pour Madame Strauss-Khan qui s’apprête à intenter un procès à son ancienne chaîne.

REPORT

Commentaire amusé d’un député RPR à propos de la multitude des « petites » candidatures – de nature à gêner les adversaires de Chirac – annoncées pour la présidentielle : Christine Boutin, Brice Lalonde, Antoine Waechter… « Sans consignes de l’Élysée aux maires, aucun d’entre eux ne pourra recevoir les 500 signatures, dit-il. Une bonne façon de négocier les reports pour le second tour avant même le premier ».

DONNANT-DONNANT

Échange de bons procédés entre François Léotard et Jacques Chirac. Nommé par l’Élysée au poste d’émissaire de l’ONU en Macédoine, l’ancien président de l’UDF, s’est vu en outre promettre un siège de sénateur. En contrepartie, Léotard s’est engagé à abandonner son siège de député du Var au profit d’un RPR. Cerise sur le gâteau : Léo – qui déteste Bayrou auquel il s’est rallié contraint et forcé – pourrait soutenir Chirac dès le premier tour de la présidentielle.

TRADITIONS

Patrick Balkany, réélu maire de Levallois après son inéligibilité pour cause de « prise illégale d’intérêt » n’a pas attendu longtemps avant de retrouver le goût de ses fastes d’antan. C’est ainsi qu’il a – discrètement – convié le 14 juin le Club des parlementaires amateurs de havanes, présidé par André Santini, à un dîner gastronomique spécialement concocté par un grand restaurateur parisien étoilé au « Michelin ». Payé sur le compte « réception » de la mairie, ce fastueux repas a eu lieu dans la grande salle de réception de l’Hôtel de ville de Levallois.

Colonisation, décolonisation : quelques contre-vérités !

Christian Lambert *

Le Président de la République a cru bon de prononcer publiquement au XXIe sommet France-Afrique, de Yaoundé, une très sévère condamnation de la colonisation en Afrique.

« Nous avons saigné l’Afrique pendant quatre siècles et demi, ensuite nous avons pillé leurs matières premières… Au nom de la religion, on a détruit leur culture… après s’être enrichi à ses dépens, on lui donne des leçons ».

Ces propos sont d’autant plus regrettables que la France fut, après la Grande Bretagne, le second pays colonisateur en Afrique aux xixe et xxe siècle, qu’elle est donc très concernée par les propos de Jacques Chirac, qui sont autant de contre-vérités.

Témoin naguère de la colonisation finissante puis de la décolonisation et ses effets catastrophiques, la vérité m’oblige à dire que la colonisation française fut en Afrique largement positive. En moins d’un siècle, administrateurs, médecins, enseignants, agronomes, missionnaires ont créé une administration, des hôpitaux et des dispensaires ainsi que des écoles et des voies de communications au profit de populations qui survivaient par la chasse et la cueillette en s’entre-tuant, surtout en Afrique centrale, avec de surcroît, dans toute l’Afrique sub-saharienne la pratique de l’esclavage.

Survint la décolonisation après une période de coopération avec le colonisateur que les nouveaux responsables africains s’empressèrent de rejeter afin d’être seuls aux « affaires ». Le bilan déjà s’impose. Tout n’est que guerres entre ethnies, génocides, destructions généralisées, coups d’état en permanence et corruption pharaonique.

Le revenu par habitant est aujourd’hui inférieur à celui des années soixante. La moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. L’espérance de vie a baissé de trente ans en dix ans. Les guerres tribales ont causé quelque quatre millions de morts, deux millions au sud-soudan, cinq cent mille au Ruwanda, plus encore au Congo ex belge, sans parler du Congo Brazzavile, du Tchad, du Liberia, de la Sierra Léone, de l’Angola.

Il va sans dire que dans une telle anarchie, l’économie est réduite à sa plus simple expression. Il ne s’agit plus que d’une économie de pillage. Aussi bien, l’Afrique sub-saharienne où vivent 621 millions d’habitants – un dixième de la population mondiale – pèse autant que l’Argentine. Avec 333.8 milliards de dollars, – grâce pour l’essentiel, au pétrole de quelques pays –, l’Afrique représente à peine 1 % du PIB mondial et 2 % des échanges internationaux. En revanche, 30 milliards de dollars d’aide internationale ont été détournés, selon un récent rapport des Nations Unies.

Nul n’ignore le train de vie de certains chefs d’état africains qui vont de palaces en châteaux, alors que les populations dont ils ont, dit-on, la responsabilité, meurent de faim.

Je terminerai par deux observations désastreuses pour l’avenir.

S’agissant du sida dont la faculté assure que le virus est originaire de l’Afrique de l’Est, il faut savoir que l’Afrique subsaharienne compte 25,3 millions de séropositifs sur 36 millions recensés dans le monde. Le Zimbabwe à lui seul, recense autant de séropositifs que l’ensemble des pays les plus industrialisés.

Enfermés dans une sorte d’enfer, les Africains, bien sûr, ne cherchent qu’à s’en échapper. L’émigration est le seul salut. On ne s’étonnera donc pas que les démographes s’accordent à dire que dans 50 ans – ce qui est un bref délai à l’échelle de l’histoire – la majorité de la population vivant en France sera d’origine africaine et en grande partie musulmane. Les conclusions sont faciles à tirer. Sinistres perspectives !

Peut-on encore être libéral en France ?

Guy Millière 
Page Guy Millière

Christian JULIENNE

 Le diable est-il libéral ?

 Les Belles Lettres

 270 pages - Prix : 110F

Dans un temps où le pluralisme à la télévision semble consister à donner la parole à tous les tenants de conceptions socialistes, gauchistes ou communistes, les libéraux font chaque jour plus clairement figure en France de parias ou de dissidents. Ils sont condamnés, à de très rares exceptions près, à publier chez de petits éditeurs, à voir leurs livres mal diffusés et très peu commentés. Sans doute est-ce pour cela que Christian Julienne, dans son dernier livre, choisit un ton prudent, feutré, un peu défensif qui pourra irriter ceux qui pensent qu’il faudrait au contraire dans pareil contexte assumer la position du dissident et poser les repères d’une alternative digne de ce nom, en prenant date pour le jour où tout s’effondrera.
Je dirai ici qu’il faut passer outre l’irritation, et voir le livre de Julienne, « Le diable est-il libéral ? » comme un manuel de démontage de la pensée unique néo-socialiste qui nous entoure et nous étouffe. Sur ce plan, le livre est une entreprise de salubrité publique. La France, rappelle Julienne, n’a rien, strictement rien d’une société socialiste. C’est un pays constructiviste qui glisse lentement vers le naufrage. Les plans, erronés par définition, les crises réglées de façon désastreuse, sont si nombreux qu’il faut pour en discerner l’ampleur en faire une liste récapitulative (p. 52-62). Lorsqu’on fait l’addition, on comprend pourquoi l’endettement atteint désormais 90 000 F par tête en France et pourquoi, comme dans un pays du tiers-monde, le simple service de la dette est le poste le plus important du budget du gouvernement. Le capitalisme détruit-il des emplois, comme l’affirment divers auteurs qui ont, à l’évidence, abusé jusqu’à l’overdose de ce que Raymond Aron appelait l’opium des intellectuels ? Non, bien sûr. Le capitalisme est au contraire la plus fantastique machine à créer des emplois et de la prospérité qui ait vu le jour sur cette terre. Les créations d’emplois sont moins nombreuses précisément là où, pour le malheur des populations, on emploie les recettes des intellectuels opiomanes.

La mondialisation n’est pas le fruit d’une conspiration libérale : elle est un fait, qui repose sur des technologies disponibles et efficaces qui démultiplient les transactions financières rapides, le recours à internet et à la réalité virtuelle. Le discours disant que mondialisation et appauvrissement d’une large part de la planète vont de pair est faux, ce que montrent les chiffres : « tandis que la population mondiale augmentait de 40 % entre 1975 et 95 », note Julienne, « la production mondiale de biens et de service augmentait, elle, de 364 %, et la croissance de la plupart des pays du Sud (à l’exception, hélas, de l’Afrique sub-saharienne et du monde arabe) a, le plus souvent été plus forte que celle des pays développés. La pauvreté, de même, ne s’accroît pas dans les pays développés : elle reste au même niveau ou diminue et, de toute façon, les plus pauvres dans les pays riches ont désormais un niveau de vie bien supérieur à celui de neuf habitants sur dix de la planète (être pauvre aux États-Unis, rappelle Julienne, c’est disposer d’une automobile, d’un téléviseur couleur, d’aliments suffisants pour manger à sa faim, et c’est, dans un cas sur deux, être propriétaire de son domicile).

Alors, demande Julienne, dictature cachée de l’ultra-libéralisme ? Plutôt stratégie léniniste du bouc émissaire. Les intellectuels opiomanes montrent du doigt le libéralisme, le caricaturent, le diabolisent et profitent de ce qu’ils ont détourné l’attention pour installer peu à peu leur propre dictature. Les grands médias sont pris en main et ne disséminent plus que des paroles opiacées. Le monde politique, sous couvert de démocratie, ressemble toujours davantage à une république bananière où une poignée d’individus sans éthique ni scrupules et d’accord sur l’essentiel (l’État, c’est nous) cherchent à conquérir le pouvoir non pour gouverner, mais pour distribuer prébendes et pots-de-vins, aux copains et coquins qui les entourent.

Pour parachever l’anesthésie du bon peuple, on dissémine des idées mortifères. « Le principe de précaution généralisé aujourd’hui avec une certaine outrance, écrit Julienne, aurait-il permis de nourrir 6 milliards d’êtres humains en 1999, alors que la planète ne comptait qu’1,5 milliard d’hommes en 1900 ? ».

Que faire en ces conditions ? Julienne s’essaie à proposer une alternance « raisonnable ». J’aimerais penser qu’il a raison.
Il dépend de cinq cents hommes libres que Jean-Marie Le Pen soit candidat ou non
Alain Dumait
Page Alain Dumait

Pour l’instant, on ne peut parler que de candidats à la candidature pour la prochaine élection présidentielle. Certains se sont d’emblée déclarés. D’autres se sont donnés un dernier délai de réflexion. (Lequel, pour plusieurs d’entre eux, pourrait très bien ne pas être qu’une simple formule de style. Compte tenu de son tempérament, Lionel Jospin, par exemple, ne se présentera certainement pas si les sondages lui sont trop défavorables. Et son mensonge sur son passé trotskiste le plombe, indubitablement. Qu’il ne se présente pas, et Martine Aubry rapplique illico. Et une femme, ayant, qui plus est, quitté le gouvernement depuis plusieurs années, cela risquerait de tout changer à la donne présidentielle…)

Avec ceux que nous n’avons pas formellement identifiés, il y en a sans doute déjà au moins une trentaine ! Deux trotskistes. Un communiste. Quatre écolos. Un socialiste. Trois ou quatre souverainistes. Un RPR. Un UDF. Un DL. Christine Boutin. Un MNR. Un FN. Un autre écologiste : Marc Jutier (mjutier@free.fr) : « Pour l’écologie et la solidarité ». Un candidat du Rassemblement du peuple gaulois, Bruno Riguidel. Mais aussi beaucoup d’autres, dont les médias ne parlent pas. Et dont nous sommes d’ailleurs navrés de ne pas être en mesure nous-mêmes de donner les noms…

L’étape suivante consiste pour chacun de ces candidats à trouver au moins cinq cents signatures de parlementaires, de maires, de conseillers généraux ou régionaux, acceptant de parrainer leur démarche.

Pendant les premières années de la ve république, version 1962, le nombre de ces signatures exigées n’était que de cent. C’est une réforme que l’on doit à Valéry Giscard d’Estaing qui a porté ce chiffre à cinq cents, qui s’avère difficile à atteindre, même pour des formations importantes.

Il convient ici d’évoquer le cas particulier de Jean-Marie Le Pen. On sait qu’il souhaite être candidat et il a d’ailleurs déjà commencé une campagne active de collecte de ces fameuses signatures. En 1988 comme en 1995, sa candidature avait recueilli 15 % des suffrages exprimés. Aujourd’hui, malgré la dissidence qui a dévasté ce parti politique, les études d’opinion le place en troisième position, avec 7 ou 8 % des intentions de vote. Pourtant, l’intéressé est loin d’être certain de recueillir les fatidiques cinq cents signatures. Les quatre écologistes, sans que cela soit certain, pourraient obtenir chacun les signatures dont ils ont besoin, et Jean-Marie Le Pen ne pas obtenir les siennes…

Ce serait un immense scandale ! Cela tient bien sûr à la diabolisation dont lui-même et son mouvement sont injustement l’objet depuis vingt ans. Cela tient aussi au contexte particulier qui préside à l’obtention de chaque signature. Prenons l’exemple d’un maire d’une petite commune rurale. Il détient l’une de ses précieuses signatures. Mais il ne fera sans doute rien sans consulter son conseil municipal. Et, souvent, sans demander l’avis du conseiller général et même du sous-préfet du coin. Entre le moment où il promet et le moment où il signe, les pressions risquent de se multiplier. Et l’on sait que les noms des signataires sont exposés en temps voulu sur les panneaux disposés devant l’entrée du Conseil d’Etat à Paris. On a vu dans le passé des menaces être proférées à l’égard de ceux qui seraient tentés de donner leur signature à Jean-Marie Le Pen. Je crois me souvenir que Philippe de Villiers aurait dit : « Ceux qui signent pour Le Pen, on saura les retrouver ! ». C’était en 1995. Depuis lors, la guerre civile française s’est beaucoup développée. Le pire est à craindre.

Car le pire serait quand même qu’il n’y ait pour cette prochaine élection présidentielle que les candidats ayant obtenu, à une époque ou à une autre, leur brevet de communisme, de trotskisme, de dirigisme ou de socialisme. Qu’il n’y ait que des candidats politiquement corrects ayant passé avec succès les épreuves de la pré-sélection médiatique.

C’est pourquoi je pense personnellement qu’il est du devoir de tout détenteur d’une telle signature, disposant encore d’une certaine liberté d’esprit, de la promettre dès maintenant au président du Front National. Et cela indépendamment de toute convergence ou de toute divergence politique. Pour la bonne santé de notre démocratie ou de ce qui en reste. C’est en tout cas ce que je ferais moi-même, si je disposais encore d’une telle signature…