Les 4verites N°315 du  28 juillet 2001

 

Éditorial de Jean Rouxel:
Bernard Trémeau:
Chiffres significatifs
Claude Reichman:
Divers faits
Dr Pierre Corson
Faut faire des trous !
Médias
Guy Millière:
Cinéma : un champ de navets
SIC
 
La chronique d'Alain Dumait:
 

 

Votre opinion nous intéresse:
Courrier des lecteurs du N°315
-La fin de l'Etat !
Jean-Brice Baizeau
-Hypocrites
Docteur J-M Vilain
-Rififi
Ph.Robert
-L'éternel retour des prvilèges
Marcel Boisot
-Les effets pervers des politiques natalistes
Pierre Lance

       lire le courrier

L’avion Concorde : un mauvais exemple pour la France !

 Un an après la catastrophe du Concorde qui s’est écrasé à Gonesse en faisant cent treize morts, on comprend facilement les raisons qui poussent à la fois les autorités aériennes, comme les responsables des deux compagnies concernées, à annoncer la reprise prochaine des vols du supersonique.

Elles sont avant tout d’ordre psychologique. Il s’agit de montrer que l’avion lui-même n’était pas en cause, même si l’explication du drame n’a toujours pas pu être fournie. (En effet, si, le 25 juillet 2000, le Concorde d’Air France a bien roulé sur une pièce métallique qui s’était détachée quatre minutes plus tôt d’un DC10 de Continental Airlines, laquelle pièce a fait éclater un pneu, dont un débris a touché le réservoir de l’aile gauche, on ignore toujours dans quelles conditions ce réservoir a pu exploser…). La fierté des compagnies comme celle des constructeurs (British Aerospace et Aérospatiale, devenue entre temps EADS) en dépendait.

Il est néanmoins piquant de voir le ministre communiste des transports, Jean-Claude Gayssot, se proposer d’être le premier passager du supersonique quand celui-ci reprendra ses vols dans quelques semaines. Non seulement parce que le prix normal du billet Paris-New-York, aller-retour, de l’ordre de 45 000 F, devrait faire réfléchir un homme politique qui n’a apparemment rien à faire là-bas, mais encore parce que le dossier de l’avion Concorde, au-delà de la question de sa sécurité, est plutôt l’illustration d’un entêtement dans l’erreur que d’un réel succès économique et commercial.

Les trente-quatre milliards de francs (valeur 1977) que ce programme a coûté, ont été entièrement pris en charge par les budgets publics, c’est-à-dire par les contribuables. Les centaines de commandes espérées au départ sont restées à l’état de mythe. Les quelques exemplaires fabriqués n’ont donc permis aucun amortissement. Et, si l’on considère isolément chaque appareil, un Concorde vole environ six cents heures par an contre cinq mille environ pour un Boeing 747 ou un Airbus…

Il serait paradoxal que l’accident du Concorde en juillet de l’année dernière aboutisse finalement à prolonger artificiellement la vie d’un avion qui, économiquement, n’a jamais rien été d’autre qu’un gouffre financier. C’est quand même ce qui risque fort de se produire. C’est un mauvais exemple. Celui d’un acharnement anti-économique, dont notre pays s’est, hélas, fait une spécialité.