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La tolérance
de l'intolérance doit avoir des limites !
Jean
Rouxel
Quinze jours après le déclenchement d'une nouvelle
guerre mondiale, à l'initiative d'une organisation terroriste
internationale multiforme, ayant sa principale base visible en Afghanistan,
mais dont les ramifications et les complicités couvrent une
bonne partie du monde, on commence à percevoir ce que sera
la nature et les modalités de la riposte américaine.
Il est possible d'évaluer les changements qui sont en train
d'intervenir dans le domaine des relations internationales. Les
états terroristes vont, non seulement, devoir mettre fin
à leurs rodomontades, mais aussi cesser tout encouragement
à quelque groupe terroriste que ce soit, même réduit
et isolé. Car la surveillance internationale qui se met en
place, en particulier s'agissant des opérations financières
(l'article de Bernard Trémeau, page 2) va être redoutable
et rapidement efficace. Même l'Arabie Saoudite devra mettre
un terme à son prosélytisme wahhabite.
Au plan économique, les secteurs directement ou indirectement
concernés par ce séisme commencent à être
bien identifiés. Ce qu'on mesure moins bien, c'est l'amplitude
des changements attendus car, s'il n'oublie pas, le consommateur,
comme tout être humain, revient, avec le temps, à ses
comportements d'antan. Aujourd'hui, il évite d'utiliser l'avion.
Comme hier, à Paris, on craignait de prendre le métro.
Et puis, le temps passe…
C'est finalement au niveau politique, c'est-à-dire celui
des décisions que doivent prendre les hommes de l'État,
que les révisions devraient être les plus nettes. Nous
avons fait fausse route en matière d'immigration, pour l'organisation
de la sécurité publique, c'est sûr. Mais, au-delà,
nous avons fait preuve d'un laxisme généralisé.
Trop souvent, nous avons accepté des accommodements honteux
avec les principes mêmes de nos institutions républicaines.
Voir par exemple à cet égard " l'affaire du foulard
islamique "… En matière de mœurs, de morale, de spectacles,
d'images, d'éducation, nous avons fait de la tolérance
une vertu absolue. Dire non, s'opposer, était devenu ringard.
Il nous faut d'autres hommes politiques que ceux qui nous ont conduits
là où nous sommes.
Encore, si ceux-ci savaient s'adapter aux nouvelles exigences de
la situation. Un homme politique de qualité comme Tony Blair
le fait. Londres était comme une zone franche logistique
du terrorisme. Le premier ministre britannique va y mettre fin,
revenant même sur les lois fort anciennes qui régissent
présentement l'extradition des résidents britanniques.
Mais on attend toujours, de la part de Jacques Chirac ou de Lionel
Jospin, des indications claires sur un changement de cap, dans le
sens de la fermeté, qu'une majorité de Français
attend pourtant.
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