Les 4verites N°320 du 29 septembre  2001

 

Éditorial de Jean Rouxel:
Bernard Trémeau:
Chiffres significatifs
Claude Reichman:
Divers faits
Lu pour vous:
Au nom d'Oussama Ben Laden
Nicolas Bonnal: 
L'Islam a la haine de l'Occident
Médias
Guy Millière:
En finir avec la reculade
SIC
La chronique d'Alain Dumait:
 

Votre opinion nous intéresse:
Courrier des lecteurs
  1. Concorde
  2. Haro sur les " curetons "
  3. Ordre moral
  4. Halte à l'hypocrisie
  5. On nous cache quelque chose
  6. Sur Guy Millière
  7. Tous concernés
  8. Le sandwich de Ben Laden

La tolérance de l'intolérance doit avoir des limites !

Jean Rouxel

Quinze jours après le déclenchement d'une nouvelle guerre mondiale, à l'initiative d'une organisation terroriste internationale multiforme, ayant sa principale base visible en Afghanistan, mais dont les ramifications et les complicités couvrent une bonne partie du monde, on commence à percevoir ce que sera la nature et les modalités de la riposte américaine.
Il est possible d'évaluer les changements qui sont en train d'intervenir dans le domaine des relations internationales. Les états terroristes vont, non seulement, devoir mettre fin à leurs rodomontades, mais aussi cesser tout encouragement à quelque groupe terroriste que ce soit, même réduit et isolé. Car la surveillance internationale qui se met en place, en particulier s'agissant des opérations financières (l'article de Bernard Trémeau, page 2) va être redoutable et rapidement efficace. Même l'Arabie Saoudite devra mettre un terme à son prosélytisme wahhabite.
Au plan économique, les secteurs directement ou indirectement concernés par ce séisme commencent à être bien identifiés. Ce qu'on mesure moins bien, c'est l'amplitude des changements attendus car, s'il n'oublie pas, le consommateur, comme tout être humain, revient, avec le temps, à ses comportements d'antan. Aujourd'hui, il évite d'utiliser l'avion. Comme hier, à Paris, on craignait de prendre le métro. Et puis, le temps passe…
C'est finalement au niveau politique, c'est-à-dire celui des décisions que doivent prendre les hommes de l'État, que les révisions devraient être les plus nettes. Nous avons fait fausse route en matière d'immigration, pour l'organisation de la sécurité publique, c'est sûr. Mais, au-delà, nous avons fait preuve d'un laxisme généralisé. Trop souvent, nous avons accepté des accommodements honteux avec les principes mêmes de nos institutions républicaines. Voir par exemple à cet égard " l'affaire du foulard islamique "… En matière de mœurs, de morale, de spectacles, d'images, d'éducation, nous avons fait de la tolérance une vertu absolue. Dire non, s'opposer, était devenu ringard. Il nous faut d'autres hommes politiques que ceux qui nous ont conduits là où nous sommes.
Encore, si ceux-ci savaient s'adapter aux nouvelles exigences de la situation. Un homme politique de qualité comme Tony Blair le fait. Londres était comme une zone franche logistique du terrorisme. Le premier ministre britannique va y mettre fin, revenant même sur les lois fort anciennes qui régissent présentement l'extradition des résidents britanniques. Mais on attend toujours, de la part de Jacques Chirac ou de Lionel Jospin, des indications claires sur un changement de cap, dans le sens de la fermeté, qu'une majorité de Français attend pourtant.