Les 4verites N°322 du 13 octobre 2001

 

Éditorial de Jean Rouxel:
Bernard Trémeau:
Chiffres significatifs
Jean Thouvenin:
Divers faits
Dr Sylvain Forest:
Un chrétien voulait détruire la Mecque...
Pierre Lance: 
Le monotéisme en question
Médias
Guy Millière:
Choisir entre la civilisation ou la barbarie
SIC
La chronique d'Alain Dumait:
Votre opinion nous intéresse:
Courrier des lecteurs

Effet de levier
Joseph Leddet

Violences
Marc Amblard
Israël
Michel du Val
Identité
Jean-Louis Chamouton
Enfant de Pétain
Fr. Le Meignen
Catastrophes et RP

Marcel Boisot

 

La Cour de Cassation couronne Jacques Chirac !

La Cour de Cassation, par un arrêt définitif, rendu public mercredi matin, vient de conférer une immunité pénale totale au président de la République. Selon les plus hauts magistrats de ce pays, un président de la République ne peut pas en effet être poursuivi pendant son mandat, pour des faits de droit commun, que ceux-ci aient eu lieu avant ou après son élection. Il ne peut même pas, pour de tels faits, être traduit devant la Haute Cour de Justice, juridiction composée de parlementaires. Du coup, le député socialiste, Arnaud Montebourg a aussitôt retiré sa résolution de renvoi de Jacques Chirac devant cette juridiction.
Même une convocation comme simple témoin paraît impossible aux dix-neuf magistrats de la Cour de Cassation. Seule concession admise par la Cour : les règles de prescription qui s'attachent aux affaires, touchant le président de la République, sont suspendues pendant la durée du (ou des) mandats du président.
Bien sûr, à la fin du mandat présidentiel, les poursuites contre lui peuvent reprendre, conformément au droit commun. Mais, s'agissant de Jacques Chirac, on imagine mal qu'un ancien président de la République puisse être traduit devant un tribunal pour des faits qui remonteraient, alors, dix ou quinze ans en arrière
Au-delà du cas d'espèce, il s'agit évidemment d'une nouvelle dérive monarchique de nos institutions. Le président de la République est désormais encore un peu moins un " citoyen comme les autres ". Il est un peu moins " humain ", et un peu plus " divin ".
Il est en outre remarquable que ce nouveau statut du chef de l'État soit fixé par des magistrats, évidemment nommés par le pouvoir politique, et non pas par un organe légitime et représentatif dans notre système démocratique, soit le peuple lui-même, soit le Parlement, ou bien encore le Conseil constitutionnel. Celui-ci d'ailleurs, par une décision du 22 janvier 1999, avait déjà interdit toute poursuite d'un président de la République devant un juge ordinaire, mais, à l'inverse de la Cour de Cassation, il estimait que la haute Cour de Justice était compétente.
C'est donc bardé de cette armure juridique que Jacques Chirac aborde les prochaines élections présidentielles. À un moment où l'opinion publique, du fait des événements internationaux, est plus légitimiste que jamais.
Partout, à travers le monde, les hommes de l'État doivent rabattre de leur superbe. Les privilèges des hommes politiques sont un objet de scandale dans une vraie démocratie. L'arrêt de la Cour de Cassation va à l'inverse d'une évolution constante. On connaît, depuis longtemps, en France, la pusillanimité de notre magistrature. Tout se passe comme si certains avaient fait un choix politique. Dont ils espèrent évidemment être rapidement récompensés.