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Le laxisme de la justice est
dénoncé par la police !
Jean Rouxel
Ce n'est certes pas la première fois que des policiers,
par milliers, descendent dans la rue pour manifester contre leur
employeur qui n'est autre que le Gouvernement. Mais, en général,
ils le font pour des motifs d'ordre matériel qui tiennent
à leurs conditions de travail ou même à leur
salaire. Cette fois-ci, c'était pour dénoncer le laxisme
de la justice, illustré par la mise en liberté d'un
assassin multi-récidiviste. Et, de toute façon, une
manifestation publique de la police est toujours le signe d'une
crise politique grave, c'est-à-dire d'une défaillance
de l'autorité de l'État.
Le Gouvernement socialiste de Lionel Jospin, qui fut unanime à
soutenir la loi Guigou sur la présomption d'innocence, est
dans ses petits souliers. C'est normal. Car il apparaît qu'alors
que se multiplient les agressions de plus en plus violentes, ayant
tour à tour pour auteurs des malfaiteurs classiques ou bien
des immigrés révoltés, de l'un ou l'autre de
nos mille quartiers de non-droit, le Gouvernement, son garde des
Sceaux, la hiérarchie judiciaire, l'establishment, avaient,
eux, pour priorité les droits des malfaiteurs plutôt
que ceux des victimes. Et quand celles-ci sont des policiers comme
au Plessis-Trévise, la semaine dernière, on conçoit
que la cocotte-minute explose…
On est davantage surpris par le comportement de l'opposition. Roselyne
Bachelot, députée du Maine-et-Loire et porte-parole
du RPR, déclare mercredi matin, que la loi Guigou sur la
présomption d'innocence est bonne, mais que les policiers
et les juges d'instruction manquent de moyens pour l'appliquer.
Comme si une politique publique, quelle qu'elle soit, pouvait être
appréciée indépendamment des moyens qu'elle
exige pour son exécution…
C'est d'ailleurs, avec la gauche comme avec la fausse droite, toujours
la même rengaine : l'administration manque de moyens. Alors
qu'en vérité, ce ne sont pas ses effectifs qui diminuent
- ils augmentent même - c'est son efficacité qui baisse.
Y compris s'agissant de la police et de la justice.
On aurait pu croire que, dans le contexte de l'après-11 septembre,
nos hommes politiques se seraient retrouvés unanimement pour
défendre le droit à la sécurité de tous
les Français. Il n'en est rien. La gauche campe sur les positions
" droit-de-l'hommistes ". Dépense à-tout-va
dans les banlieues. Tandis que la droite a toujours peur d'être
accusée de " sécuritarisme " et n'a pour
l'instant aucun plan de reconquête territoriale des quartiers
de non-droit.
Au fait, qui parle encore de contenir l'immigration ?
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