Les 4verites N°330 du 15 décembre 2001

 

Éditorial de Jean Rouxel:
Bernard Trémeau:
Chiffres significatifs
Claude Reichman:
Divers faits
Sylvain Forest:
Tant pis pour les bouseux
Reponse au courrier par Guy Millière:
Réponse sur l'Occident, l'islam et le monde arabe
Médias
Guy Millière:
On demande Tchatcher ou Churchill
SIC
 
La chronique d'Alain Dumait:
 

Votre opinion nous intéresse:
Courrier des lecteurs

 

Les politiciens français pactisent avec les fonctionnaires mutins !

Jean Rouxel

En bon français, le fait de se dresser contre une autorité légitime, comme les gendarmes l'ont fait la semaine dernière, s'appelle une mutinerie. Et composer avec des mutins, c'est reconnaître soit son impuissance, soit son illégitimité.
Impuissants, nos gouvernants le sont plus que jamais. Il suffirait, pour convaincre ceux qui en douteraient, d'égrener la longue liste des services publics en situation de révolte avec, en face, l'addition qui s'allonge des concessions vite lâchées par un gouvernement finissant et usé.
Le gouvernement de Lionel Jospin est également, aujourd'hui, illégitime. Non seulement, ses promesses n'étaient que des illusions, ou de simples mensonges, mais encore, loin d'obéir au peuple souverain, il apparaît de plus en plus clairement le serviteur soit de coteries, soit d'intérêts particuliers, en l'occurrence ceux de certaines catégories de fonctionnaires. La République française est, en fait, la République des fonctionnaires français.
C'est au moment précis où se déchire le rideau fragile qui recouvrait comme un voile pudique la réalité profonde de la société française que s'engage la campagne pour les prochaines élections présidentielles.
Si, officiellement, les premiers et deuxième tours ont été fixés au 21 avril et au 5 mai 2002, ils seront précédés d'un tour préalable qui ne concerne que les 37 000 grands électeurs, principalement les maires des communes de France, détenteurs d'une des 500 signatures de parrainage nécessaires à tout candidat. Or, faute de ces signatures, il est possible que seuls les candidats pourtant responsables en premier lieu de la situation de faillite de la sphère publique française soient en mesure de se présenter. Malgré le désaveu massif dont ils sont l'objet, et qui apparaît dans toutes les études d'opinion, il n'est pas impossible que, faute de concurrents agréés par le système, Lionel Jospin et Jacques Chirac se retrouvent en tête-à-tête au deuxième tour.
Bien sûr, théoriquement, le collège électoral préprésidentiel est en mesure d'agréer plusieurs dizaines de candidats. Mais beaucoup de maires, même parmi ceux qui ne doivent rien aux partis, ne donneront leur signature à personne, de peur, notamment, d'être montrés du doigt par les chiens de garde des médias.
Le Général de Gaulle disait vouloir libérer la République de la dictature des partis. Il n'aura fallu que quarante ans aux forces obscures du système pour reprendre en mains la vie politique française. Et la ramener à une situation d'impuissance.

 


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