Régulièrement, les médias stigmatisent la
violence, réelle ou fantasmatique, de l'extrême droite.
Si un crime sordide est commis, on commence, quand le contexte s'y
prête, par s'interroger sur - ou affirmer péremptoirement
- l'implication de groupuscules d'extrême droite.
Il est vrai que certains mouvements de cette tendance recrutent
des " paumés " souvent violents. Mais il est curieux
de constater avec quelle tendresse les mêmes médias
évoquent une autre violence, au moins aussi réelle
: celle de l'extrême gauche. La violence de droite serait-elle
plus sale que la violence de gauche ?
La destruction de quelques plants de maïs transgéniques
n'est pas bien grave, pense-t-on volontiers. Il n'y a pas mort d'homme
; c'est même au nom du très louable " principe
de précaution ", donc presque par dévouement
humanitaire, que José Bové et ses amis opèrent
un peu partout dans le monde.
Cette violence est cependant inacceptable. D'abord en ce qu'elle
viole le droit de propriété, l'un des plus naturels
des droits de l'homme, celui qui permet à l'homme d'exercer
pratiquement sa liberté. Si l'on donne à M. Bové
le droit de détruire un restaurant, fût-il de médiocre
qualité, au nom de quoi interdira-t-on à d'autres
de pulvériser tel bâtiment qui lui semble enlaidir
le paysage ou telle usine qui dégage une quantité
trop importante de dioxyde de carbone ?
Cette violence est également intolérable en ce qu'elle
accoutume à agir en dehors des règles communes de
la vie en société. On juge, à présent,
parfaitement normal d'aller frapper quelques dizaines de policiers
et de molester un ou deux parlementaires ou chefs d'entreprise,
pour leur apprendre que " les citoyens " n'approuvent
pas leur stratégie. Conséquence inéluctable,
et qui ne peut que s'aggraver : les manifestations de Gênes
ont déjà fait un mort, principalement par la faute
d'organisations criminelles dont la terreur est le mode ordinaire
d'expression.
Il n'est pas possible de prétendre lutter contre les méfaits
de l'insécurité, si l'on commence par cautionner,
par une risette à José Bové, un petit tour
à Porto Alegre ou une déclaration de sympathie pour
telle secte trotskiste, une forme de violence particulièrement
grave : le terrorisme politique. Mais il est vrai que celui-ci a
de " prestigieux " ancêtres en France