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Jacques Chirac est l'élu de la terreur médiatique
!
Jean Rouxel
Le dimanche 5 mai, ce sont moins les partis politiques que le pouvoir
médiatico-publicitaire qui a remporté la victoire.
Pendant 15 jours, nous avons eu droit à une campagne littéralement
hystérique, à laquelle ont participé les représentants
de tous les corps constitués, formant ensemble ce qu'il est
convenu d'appeler l'establishment, relayé par un matraquage
permanent des médias, en tête desquels, bien sûr,
les radios et les télés.
Jamais cette guerre psychologique n'avait été à
ce point développée. Jamais le parti pris médiatique
n'avait été si outrancier.
Foin de toute objectivité. Les règles les plus élémentaires
de l'égalité des chances des candidats n'avaient manifestement
plus cours, puisqu'il ne s'agissait de rien d'autre que de barrer
la route à l'hydre fasciste !
Les institutions, tel le CSA, Conseil supérieur de l'audiovisuel,
qui ont pourtant pour mission de faire respecter à la fois
l'équité et l'égalité de traitement
des candidats, sont restées parfaitement silencieuses.
Une étape a été franchie. Ce n'est plus de
la désinformation, c'est de la propagande pure et simple,
avec bourrage de crâne permanent.
Force est de convenir, au vue des résultats du 5 mai, que,
pour ses organisateurs, l'opération a été un
succès, permettant à Jacques Chirac de passer d'une
fois sur l'autre de 19 à 82 % des suffrages exprimés.
Mais, pour cela, il a fallu, en catastrophe, le 21 avril, organiser
une forme moderne de terreur, dont les médias tenaient les
rennes. La rue, où les groupuscules gauchistes font la loi,
a obtenu carte blanche. Or, il est plus facile de faire rentrer
des soldats dans leurs casernes que de ramener ces groupes-là
dans la légalité bourgeoise
La victoire de Jacques Chirac, dès 20 heures, a été
largement célébrée par des bandes qualifiées
de " blacks, blancs, beurs " par les journalistes eux-mêmes,
qui avaient manifestement été convoqués Place
de la République, et qui agitaient des drapeaux algériens...
Ce sont des éléments supplémentaires de l'équation
politique issue du 5 mai. Jacques Chirac doit son élection
à la mobilisation de la gauche, à l'activisme de groupes
gauchistes, y compris d'organisations marginales et peu claires.
Il devra compter avec eux. Ce qui ne va pas faciliter la réalisation
des réformes promises. En particulier sur le terrain de la
sécurité, préoccupation numéro un des
Français.
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